Signal d'alarme
30-03-2008

Je suis très embêté. J’ai hésité entre écrire cet article et ne pas le faire. J’ai choisi de l’écrire. Quelle est la source de cet embarras ? Eh bien, c’est le fait qu’il n’y ait pas eu un gramme de philosophie aujourd’hui au café des Phares. Ça m’embête d’autant plus qu’une trentaine d’élèves d’une classe de Saint-Quentin dans l'Aisne, accompagnée de leur professeur de philosophie, ainsi que des étudiants en BTS audiovisuel se sont déplacés exprès pour assister au café-philo de ce jour. C’est un bien piètre spectacle que nous leur avons offert. Que s’est-il passé au juste ? Rien. Ou plutôt si, une caricature de café-philo, un florilège de ce qu’il ne faut pas faire. Parmi les dix sujets proposés ce jour-là, l’animateur choisit « Les trains se prennent en marche ». Effort louable de choisir la difficulté, le sujet le plus abscons, le moins « connu » possible. Jusque-là, rien à redire.

L’auteur du sujet l’introduisit en indiquant que dans les mouvements de pensée, il y a des catalyseurs. Or, les gens attendent les trains et souvent les ratent, ne sachant ni reconnaître ni saisir ces catalyseurs. Les premiers échanges ont permis de dégager deux tendances parmi les interventions. La première voyait dans le sujet une formulation positive, la seconde une formulation négative. Les tenants de la formulation positive virent dans l’énoncé l’apologie de l’anticonformisme, une invitation à l’action, à la prise d’initiative, de risques, à décider par soi-même au lieu de suivre le mouvement de la majorité. « La chance ne passe jamais qu’une fois, il faut la saisir au vol ou il est trop tard. » Les tenants de la formulation négative virent exactement le contraire : prendre le train en marche, c’est – déjà – avoir un train de retard, et donc c’est suivre les décideurs, la pensée dominante ; c’est se fondre dans la masse. « De toute façon, tout a déjà commencé ; on n’est jamais au début de quelque chose », mais on s’inscrit dans une histoire en marche qui a commencé et qui se terminera sans nous.

Comment expliquer qu’une même assertion puisse donner lieu à deux interprétations si diamétralement opposées ? C’est simple, les référentiels sont différents. D’un côté, les interprétations positives proviennent d’une analyse à partir du sens propre de la phrase ; de l’autre, les interprétations négatives sont issues d’une analyse à partir du sens figuré. Au sens littéral, « prendre le train en marche » représente un risque, un danger, et fait alors penser à un esprit frondeur, créatif, innovateur ; au sens figuré, la même expression évoque un manque d’initiative, le manque d’esprit d’un suiveur, de quelqu’un qui arrive « après la bataille ». Ce hiatus pourtant patent n’a pas été relevé. Du coup, les échanges se réduisirent à une valse de jeux de mots, certes dans la joie et la bonne humeur, mais qui n’avait à mes yeux rien à voir – de près ou de loin – avec un débat à connotation philosophique.

Pourtant, des questions intéressantes pointèrent le bout de leur nez, malgré tout. Si le train roule sur des rails, si les aiguillages ne sont pas à notre main, peut-on être maître de son destin ? Aucun homme n’est le conducteur du train, sauf à être un tyran. Est-on en phase ou en décalage par rapport à ce qui se passe autour de nous ? Y a-t-il un train du progrès, un train de l’histoire ? Devons-nous le rattraper ? Comment expliquer l’acte de création puisque tout est toujours en marche ? Le problème soulevé n’est-il pas celui de la décision : quel train prendre ? Ce train-ci ou celui-là ? Ne pas en prendre ? Le prendre à l’arrêt ou en marche ? Descendre à la prochaine gare ou descendre en marche ? Ne doit-on pas, à chaque âge, axer notre réflexion en fonction de ce qui se passe à l’extérieur de notre vie ? Ou alors, ne faut-il pas regretter les tortillards, où l’on pouvait monter et descendre en marche, aux TGV ? Ces derniers ne mettent-ils pas en exergue, du fait du cloisonnement des wagons et des temps de trajet toujours plus courts, le fait que la communication avec l’autre soit de plus en plus difficile ?

Mais ces questions intéressantes et à peine effleurées furent noyées dans la facilité de la métaphore. Pendant une heure et demie, on assista à un festival de culture ferroviaire : un train peut en cacher un autre, les rails, le chef de gare, le quai, les tunnels, les aiguillages, e pericoloso sporgersi, le conducteur, les bagages, le signal d’alarme, le train qui sifflera trois fois, le train-train quotidien… jusqu’à la brosse à dent ! Tout y est passé, même les philosophes, comparés à des vaches pensantes qui regardent passer les trains… Il ne manquait plus que l’arrière-train qui, curieusement, ne fut pas cité de peur peut-être de se faire botter.

En fin de débat, l’auteur du sujet nous confia que la phrase titre était attribuée à Althusser. Par curiosité, j’ai fait une recherche sur le contexte dans laquelle cette phrase aurait été formulée : « Un philosophe idéaliste est comme un homme qui sait d'avance et d'où part le train dans lequel il monte et […] où va le train. Le matérialiste, au contraire, est un homme qui prend le train en marche (le cours du monde, le cours de l'histoire, le cours de sa vie) mais sans savoir d'où vient le train ni où il va ». L’ironie du sort, c’est qu’on tenait là un beau, un vrai sujet philosophique sur deux visions antagonistes du monde. Tant pis, ce sera pour une autre fois…

 

LISTE DES COMMENTAIRES...


1. La préhistoire de notre Humanité
Ecrit par Nadia. 31-03-2008
L'idéalisme n'exclut pas le matérialisme mais l'inverse n'est malheureusement pas vrai. L'observation, l'expérimentation, l'usage de la raison sont absolument indispensables pour avoir une certaine "emprise" sur le monde tel qu'il nous apparaît. Cependant, il me semble impossible de s'en tenir uniquement à cette vision du monde qui nie et exclut de facto, ce qui lui échappe.
Cette métaphore met en évidence les efforts de ceux qui essaient de prendre le train en marche parce qu'ils n'étaient pas à l'heure. Elle évoque l'idée d'exclusion, des "laissés pour compte", ceux qui ont pris du retard.... à l'échelle individuelle mais aussi collective. Les irakiens,les moines birmans.....et récemment les thibétains ont été sacrifiés sur l'autel des intérêts économiques. Au lieu de leur envoyer des pelles pour enterrer leurs morts on leur vend des armes au nom de la fraternité entre les peuples, pour défendre les "droits de l'homme" et instaurer la "démocratie" . Quelle aberration!!!Si je me souviens bien, J.L. Mélanchon et Sarko ...même combat à propos de nos amis les hauts responsables chinois.C'est encore la préhistoire de notre humanité car la raison du plus fort est toujours la meilleure. Peut être finirons-nous, et là je parle en idéaliste, par en sortir avant qu'il ne soit trop tard ? Je pressens, malheureusement, un avenir sombre car tout s'achète et se vend y compris les armes de destruction massive ( les vraies!!!) et les intérêts particuliers l'emportent sur celui des peuples à vivre en paix.

2. A propos de métaphores
Ecrit par Gabriel. 31-03-2008
A la fin du café philo des Phares, du 30/03/08, certains participants se plaignaient du choix de métaphores comme sujets.
Le 18/04/1976, Hannah Arendt expliquait l'utilisation par les romains du mot " persona " au sens métaphorique. Elle ajoutait : " l'interprétation latine me semble utile pour mes considérations, parce qu'elles invitent à d'autres métaphores, les métaphores étant le pain quotidien de la pensée conceptuelle " . Cette façon de voir rejoint donc celle de la fin de l'exposé de Marc. Ainsi, s'il y a " déraillement " , c'est du fait des participants qui n'ont pas pris le train d' Althusser en marche.

3. Est-ce (vraiment) philosophique ?
Ecrit par Gunter Gorhan. 01-04-2008
A la première occasion, je suspendrai l’échange dominical au sujet du thème retenu pour mettre en débat la « définition » de la philosophie : l’objection : « ce n’est pas de la philosophie » ou la question (anxieuse): « est-ce (encore) philosophique ? » resurgit en effet comme un serpent de mer les dimanches matin aux Phares. Il est bien connu que chaque philosophe a sa propre définition et le fait que ce soit un seul mot (la philosophie) qui recouvre une telle diversité de disciplines et de pratiques fait partie de la notoire pauvreté de la langue. Un seul exemple : qu’est-ce qui réunit un philosophe analytique et, par ex., un phénoménologue, un nietzschéen, heideggerien, etc. ? Pour le moment, juste ceci : pour moi, la philosophie, contrairement à toutes les autres « disciplines » n’a pas d’objet propre, elle s’occupe de tout, elle a la tâche, l’ambition de « penser tout le pensable », et lorsqu’elle se prend elle-même pour objet (mon intuition : c’est alors que certains caféphilistes des Phares et ailleurs soupirent soulagés et rassurés : « on fait enfin de la philosophie ! »), nous sommes dans l’histoire de la philosophie (une expertise), dans l’argumentation (une technique) ou dans une Méthode qui balise, rassure, met sur des rails et tue dans l’œuf la possibilité d’un événement, d’un moment philosophique, d’une rupture de clôture (de l’expertise, de la technique, de la méthode). L'objet de la philosophie proprement dite est par définition non-philosophique, hors philosophie.
Dès que j’aurai le temps, je rédigerai ma « profession de foi d’animateur » qui sera plus explicite et complète…
P.S. : Une autre définition de la philosophie que j’affectionne : « Prendre de la hauteur sans perdre pied ». C’est vrai que dimanche dernier nous sommes restés, en grande partie, plaqués au sol de la formule ferroviaire, mais je n’aurais pas été plus content si nous avions passé notre temps à planer dans le ciel des concepts et idées hérités. C'est faire le lien entre les deux qui est le plus difficile et qui comme la mayonnaise ne prend pas toujours et surtout pas pour tout le monde de la même façon. Heureusement, les Phares ne sont pas sur des rails avec destination à bon port (gare) garantie, penser ou plutôt réfléchir s'y pratique (c'est en tout cas mon souhait) comme aventure. D'autre part, cette aventure et à la différence de l'enseignement (d’une expertise, technique ou méthode), dépend en large partie des participants et c’est vraiment dommage que le chroniqueur (Marc) s’en exclut. Pour quelle raison ? Profiter d’une place divine, surplombante, « sub specie aeternitatis », à part des autres ? Ne sommes-nous pas tous dans le même bateau, je voulais dire "train"- sans rails, s’entend ?

4. Althusser, Althusser...
Ecrit par Carlos. 02-04-2008
Contrairement à lui, je pense que l’idéaliste a les rêves d’un utopiste, (il épouse une idée et vogue la galère !) Le matérialiste, en revanche, a une pensée immédiate, liée à un résultat (le prix du billet, d’où vient et où va le train). Entre une horloge de gare cassée (bloquée à midi, par exemple) et une autre qui retarde de dix minutes par jour, le matérialiste prendra celle qui donne l’heure au moins deux fois par jour (midi et minuit), et l’idéaliste, dans son bon sens, optera pour celle qui marche, tout simplement.

5. LE TRAIN-TRAIN ou LA FANTAISIE N'EST PAS NUISIBLE
Ecrit par Adèle B.S.. 02-04-2008
... C'est ce que j'ai immédiatement pensé (ce que Carlos vient d'écrire ), mais flattée de me sentir matérialiste pour une fois dans ma vie, tétanisée, je ne me suis pas révoltée...

Cela dit, il faudrait songer aux liens organiques entre la philosophie et les performances théâtrales (le geste, la voix, la peau, la poésie). Pour moi les deux (Philosophie et Théâtre) sont indéniablement liés.
En en prenant de temps en temps acte, on pourrait alors supporter le politiquement incorrect et surtout la dérision... S'il vous plait.

6. À propos de la métaphore des trains...
Ecrit par Marc. 02-04-2008
Je me suis moi aussi posé la question, comme Carlos et Adèle B.S., de la pertinence de la métaphore d'Althusser. J'ai trouvé notamment ce texte sur le matérialisme aléatoire. En page 8 nous est narrée l'histoire des 2 philosophes et des deux trains. Plusieurs choses m'épatent dans cette histoire. D'abord, le fait que le philosophe idéaliste est en fait monsieur-tout-le-monde. Rien ne le distingue d'un autre passager, il prend le train comme vous et moi pour aller d'un point à un autre. Ainsi, tous les usagers de la SNCF seraient des philosophes idéalistes ? Ensuite, le fait que tout ne soit qu'affirmation dans cette histoire : l'idéaliste est buté, insociable, méprisant, il n'apprend rien -- bref c'est le méchant ; le matérialiste est ouvert, sociable, autodidacte, il change -- bref c'est le gentil. Pas la moindre argumentation. L'histoire ne démontre rien, elle affirme. En gros, Démocrite c'est bien, et Platon c'est mal. Enfin, quel est l'intérêt des trains ? Althusser aurait aussi bien pu prendre le café des Phares comme cadre pour ses deux protagonistes : le premier y venant pour boire un verre tout en lisant son journal, et le second ne sachant pas ce qu'est un café, mais liant facilement connaissance et s'enrichissant aux contacts des autres.
Pour résumer, 2 philosophes dont un qui n'en est pas un, un parti pris sans nuance pour le matérialisme, deux trains qui ne servent à rien. On dira ce qu'on veut, Platon peut dormir tranquille, ce n'est pas cette historiette qui fera de l'ombre à l'allégorie de la caverne...

7. De la philo ?
Ecrit par François. 06-04-2008
En tou cas, ce jours-là, on n'a pas pris le train de la philosophie, même en marche.
C'est quand même important de savoir s'il y a ou s'il n'y a pas de la philosophie dans un café-philo, non ? L'auteur de l'édito affirme qu'il n'y avait pas un gramme de philosophie. Peut-être qu’il y avait quelques milligrammes. L'animateur se défend en disant que chacun a sa définition de la philosophie. C'est un peu facile... il donne les exemples : un philosophe analytique, un phénoménologue, un nietzschéen, un heideggérien, c'est très prestigieux ! Mais, son exercice d'association d'idées autour du thème ferroviaire, que l'éditorialiste appelle avec raison "un florilège de ce qu'il ne faut pas faire", était-il nietzschéen, phénoménologique ou heideggérien ? Dommage pour les élèves qui étaient là… après on s’étonne qu’il n’y ait pas des jeunes !

8. LE TRAIN OU L'ASCENSEUR ?
Ecrit par Adèle B.S.. 07-04-2008
Je crois que les "jeunes" (on dit les Djeun's) sont occupés à réviser leurs cours et ont assez à faire avec leurs professeurs de philosophie... Ils ont d'autres lieux tout simplement. Des lieux où ils ne sont tout simplement pas Elèves.
Le propre du post-modernisme est la tribu.. Je vous conseille d'aller vous rassurer dans les institutions philosophiques accréditées. Leur pédagogie est séculaire et vous pourrez dormir sur des rails.
Dommage pour certains animateurs de considérer le café philosophique comme un ascenseur social, frustrés sans doute de n'avoir pu avoir eu accès à une chaire quelconque.
S'il pouvaient risquer leur peau de temps en temps plutôt que de rester médusés devant leur nombril...

9. Réponse à "De la philo" (François)
Ecrit par Gunter Gorhan. 07-04-2008
Pourquoi François ne donne-t-il pas Sa définition de la philosophie ? Comment en discuter si on ignore les unités de mesure (du plus ou moins philosophique) de ceux qui dialoguent sur ce sujet ? Les milligrammes invoqués ne sont qu’une métaphore, est-ce philosophique selon les critères même de l’interlocuteur ? Lisez d’urgence « La pensée vive » de Marianne Massin sur l’inspiration en poésie et en philosophie ! En outre, peut-on encore philosopher de la même manière depuis que nous savons qu’une certaine pratique de la philosophie n’est qu’un symptôme, celui d’une défense appelée à juste titre « rationalisation ». Au lieu de guérir, la philosophie risque alors de nous enfoncer encore davantage dans notre auto-aveuglement. C’est peut-être ce qui est cherché, sans qu’ils le sachent, par certains caféphilistes qui ont dû lire Descartes à l’envers, ce qui donne : « Or, c’est proprement avoir les yeux fermés, sans tâcher jamais de les ouvrir, que de vivre en philosophant »…

10. Une définition ?
Ecrit par François. 08-04-2008
La belle affaire! Nous savons tous qu'il y a beaucoup de définitions de la philosophie, toutes "falsifiables"... Allons, à défaut de définition, va pour une pensée, en souvenir de mes études en Belgique : "... il ne faut pas avoir peur de parler des grands problèmes qui agitent les hommes depuis l'aube des temps, car si la philosophie a un sens, c'est bien en ce qu'elle seule envisage les questions ultimes dans une plus ou moins grande systématicité selon les époques" Michel Meyer : Qu'est-ce que la philosophie ? biblio/Essais, le livre de poche, 1997.
Et la votre ?

11. La définition : la Belle affaire !..
Ecrit par Adèle B.S.. 08-04-2008
S'il vous plait, François, retournez donc en Belgique. A Paris on fait le révolution !..
Que ne vous as t-on pas fait pour que dans votre écriture Ping-Pong, on devine du ressentiment voire de la haine ? Vous n'avez pas pris le train en marche ?
Votre définition de la philosophie aurait l'art de glacer n'importe quel élève.
Bonne journée.

12. Sans commentaire
Ecrit par Gunter Gorhan. 08-04-2008
Voici le mail que je viens de recevoir du professeur de philosophie du lycée de St. Quentin venu assister avec ses élèves au débat "Prendre le train en marche" :

Cher Gunter,

Merci pour votre message et sachez que nous (les élèves et moi) avons beaucoup apprécié le café-philo sur "les trains se prennent en marche". Ce n'est pas tellement différent de ce que nous faisons à Saint-Quentin. Mais Paris reste Paris!

Non seulement je serai très heureux que vous passiez à notre café philo, mais vous pourriez animer une séance, dans votre style à vous. Nous donnons parfois "carte blanche" à des animateurs extérieurs. Nous serions très honorés de votre présence. Généralement, on se réunit le 3ème jeudi du mois, de 19h00 à 20h30. Je vous inscrirai sur la liste de diffusion de l'association.

Le jeudi 15 mai, ça vous dirait de venir à Saint-Quentin (Aisne) pour animer le café philo?

Sinon, la journée de dimanche s'est poursuivie... sous la pluie, ce qui a donné une touche romantique à notre visite du Père Lachaise!

Bien cordialement.

Emmanuel Mousset

13. Chère Adèle, cher François,
Ecrit par Gunter Gorhan. 08-04-2008
Non, je souhaite sincèrement que François reste (au moins virtuellement) parmi nous, en France, au café des Phares. Cela fait du bien d’être contredit, cela oblige à préciser, à affiner sa propre réflexion et puis, j’ai un préjugé immensément favorable envers tous ceux qui, de près ou de loin, se sentent concernés par la philosophie - quelqu’en soit par ailleurs la définition, du moment qu’on s’entende un peu mieux sur nos préférences respectives. François est manifestement adepte d’une conception scientifique de la philosophie : il aime le système et la falsifiabilité (K. Popper). Pour moi - j’en dirai plus une autre fois - la science ne vise pas le vrai mais l’exact ; on parle de sciences exactes et non pas de sciences vraies et que ce soit en allemand ou en anglais, 2 et 2 ne sont pas vrai (wahr, true) mais seulement exacte (richtig, right). Il n’y a que la philosophie (une certaine, celle que j’aimerais pratiquer), l’art et la religion (sur ce point je suis hegelien) qui s’efforcent à viser le vrai – qu’elles l’atteignent ou pas c’est une autre question ; elles le visent comme leur étoile, leur horizon. Non pas le Vrai mais le vrai en tant qu’adjectif ou adverbe : par exemple, qu’est-ce qu’un vrai amour, un vrai travail, une vraie richesse, une vraie fidélité, une vraie philosophie, etc., etc. ? La réponse est forcément subjective sans être arbitraire, mais c’est encore une autre question…

14. Questions à Adèle et à Günter
Ecrit par François. 09-04-2008
Mais où est-ce qu’Adèle B.S. a cru voir de la haine ou du ressentiment ? Bizarre, non ? La phrase "retournez donc en Belgique" est la seule dans ce blog qui peut s'apparenter à de tels sentiments. Un autre exemple, l’intervention N°8 : « certains animateurs de considérer le café philosophique comme un ascenseur social, frustrés sans doute de n'avoir pu avoir eu accès à une chaire » . Qu’est-ce qui vous autorise à une telle accusation ? Quels animateurs visez-vous ?
Merci à l’animateur de souhaiter que je reste en France. A l’une comme à l’autre, je me permets de rappeler que la Belgique fait partie de l’UE, donc pas besoin de votre visa.
A Paris on fait la révolution, Adèle ? C’est sympa, ça ! Mais comment la faites-vous, cette révolution ? En chassant les étrangers ? En passant deux heures à faire de l’association d’idées sur le thème des trains ? Autant jouer avec un train électrique…
Il est certain que les définitions de la philosophie sont subjectives, comme le dit Günter, mais cela n’excuse pas de rester au ras du plancher, « plaqués au sol de la formule ferroviaire », comme l’avoue lui-même. Et on ne voit pas pourquoi s’élever un peu voudrait dire « planer dans le ciel des concepts et idées hérités ». Pourquoi héritées ? N’a-t-on pas le droit d’avoir ses propres idées ? et pourquoi les idées, les vrais, seraient l’équivalent de « planer » ?
La science ne vise pas le vrai ? Ca non plus je ne le comprends pas. Et encore pourquoi un peu de rationalité serait synonyme de « défense », « symptôme », « rationalisation » ? Que faut-il viser, donc ? L’irrationnel ?

15. Réponse à Françoiset françois, citoyens du monde
Ecrit par Adèle B.S. 09-04-2008
Je réponds en mon seul nom (Je ne sais pourquoi il s'adresse collectivement à moi) car je ne peux tout de même pas me faire insulter gravement, moi qui suis cosmopolite et étrangère. Je ne souhaite pas polémiquer avec vous car vous êtes plaqué au sol du prosaïque. Je ne me prends pas au sérieux et votre réponse est très perverse. De temps en temps, j'aime l'ironie celle dont parle Yankélévitch. Je ne donne les noms de personnes, Monsieur.

16. Réponse 2 à françois et sois-franc citoyens du monde
Ecrit par Adèle B.S.. 09-04-2008
La phrase exacte : "S'il vous plait François , retournez donc en Belgique. à Paris on fait la révolution". Si vous n'y voyez pas du second degré c'est vraiment par mauvaise foi. (Ca pouvait tout aussi bien dire : retournez à vos études...)
Vous souhaitez croiser le fer dans la haine: très peu pour moi. Merci de ne plus m'adresser la parole après les propos minables que je viens de lire.
Mon intuition est bonne : vous avez des comptes à régler.
Pour moi, il n'y aucune frontière. Et La Turquie et le Mali font partie de l'Europe. Merci de ne pas venir me demander mes papiers.
Je vois que vos nuits sont très occupées à ruminer. Désolée, moi je n'ai pas le temps. Je n'ai pas besoin de la philosophie pour être aux cieux.

17. Reponse 3 à françois, citoyen du ras du sol
Ecrit par Adèle. 09-04-2008
Cela dit, oui, je l'avoue j'adore jouer aux petits trains... Peut-être qu' en y jouant de temps en temps, vous pourriez peut-être à la hauteur et auriez-vous encore une certaine fraicheur et une puissance propre à l'enfance de l'art ?

P.S: : J'aime les animateurs du monde entier, du moment qu'ils aient un peu d'humour et ne se prennent pas au sérieux.

S'il vous plait, François, retournez-donc dans vos nuits, voir si j'y suis.. (les nuits sont elles étrangères ?)

18. Très drôle
Ecrit par Peter Pan. 10-04-2008
Ce petit échange de mails entre François et Adèle B semble traduire le faîte d'un embarras profond. Le Phare serait-il l'éclaireur de l'ennui de quelques uns ? Pourquoi ne pas, mais à force de craber en rond dans le panier des habitudes philosophiques, les trains finissent par ce demander pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien.

19. Si j'ai bien compris
Ecrit par Serge MARTY. 17-04-2008
Francois et Günter disent différement qu'il y a du vrai quelque part. Mais ou est-ce? Dans les sciences vraies dans la philosophie certifiée exacte. Ou est la limite entre le vrai et l'exact? C'est un peu cucu tout çà !
Serge MARTY

20. Embarras ou malaise, philosophie ou jeu des mots...
Ecrit par Robert. 17-04-2008
C'est assez drôle : Adèle dit ne pas vouloir polémiquer avec François, mais elle ne fait pas moins de trois communications pour lui répondre ( !). Elle reviens sans cesse, sans pour autant répondre à la question de qu'est-ce qui l'autorise à attaquer de cette sorte les animateurs : "Dommage pour certains animateurs de considérer le café philosophique comme un ascenseur social, frustrés sans doute de n'avoir pu avoir eu accès à une chaire quelconque. S'il pouvaient risquer leur peau de temps en temps plutôt que de rester médusés devant leur nombril..."
Aucune explication pour cette haine et ce ressentiment...
Je coïncide avec Peter Pan, ces échanges révèlent un malaise, et Marc, l'auteur de l'édito, commence bien en disant "Je suis très embêté..."
Peut-être bien que cela dépend quand même une peu de l'animateur, sans vouloir le critiquer avec la violence d'Adèle, mais pourquoi ne rien tenter pour mener le débat vers autre chose que des voies de garage, pour continuer la longue litanie des images du monde du rail.
Peut-être vers la philosophie, comme le souhaite François. Sinon, pourquoi ne pas appeler cet endroit "café d'association libre" ou bien "bistrot du jeu des mots". Les slameurs et rapeurs font aussi bien, ou même mieux dans le genre...

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