Qualités essentielles
Écrit par Carlos Gravito   
09-06-2008

Poser nue librement met en valeur certaines qualités...Quoique depuis la veille les footballeurs de l’Euro 2008, pour une coupe vide, gambadassent pour trois semaines dans les stades afin de renvoyer une pelote dans le but adverse, assis derrière leurs tasses, le 8 juin, au café des Phares, les penseurs de toujours s’efforçaient de saisir un gros ballon d’essai : « Est-ce que l’exercice de la liberté altère (ou améliore) les qualités essentielles de la personne ? », lancé en l’air par Sylvie et dont Gérard Tissier essayait d’orienter la course. En cas de nécessité, il y avait de quoi en faire trois sujets : (« Qu’est-ce qu’une qualité essentielle ? », « La liberté est-elle un exercice ? », « Se peut-il qu’améliorer soit altérer aussi ? »), mais, la pénurie ne se faisant pas sentir, on en est restés là.

« Se référant au code civil », l’auteur du sujet a donc jugé que « ‘ça’, la libre expérience sexuelle face au dépit amoureux, pouvait être traité du point de vue juridique si la virginité devait être essentielle pour conclure un mariage, la liberté devenant alors difficile à mettre en œuvre, vis-à-vis des personnes ».

Il était, de toute évidence, question de revenir sur un mariage, cette noce de la carpe et du lapin qui venait d’être annulée par le Tribunal de Grande Instance de Lille, fondé sur des « qualités essentielles », c’est-à-dire, pour un défaut de « virginité » qui aurait déçu l’époux, et nous voilà pris au piège du droit dit, devant lequel la loi des quota exigeait le même traitement pour les petites bites. Il nous fallait, en tout cas, tabler sur les « qualités essentielles de la personne », à moins qu’elle ne fût qu’un masque théâtral, « persona », ne pouvant ni altérer ni améliorer le personnage assujetti à son rôle. Placés ainsi, d’entrée de jeu, à cheval sur le terrain du juridique, la vérification gynécologique et les loups carnavalesques, le débat était forcément « travesti ». Quand on pense que « personne » peut très bien être un (une) artiste déguisé(e), il est naturel que tout le monde se soit cru embarqué dans une mascarade ou transporté dans une boîte de nuit en plein jour.

Séduits par la beauté du nu et malgré l’absence de champagne, nous nous sommes alors laissés enivrer par la licence absolue pourtant, étant entendu que la liberté est une possibilité d’agir, dès que l’action s’engage, elle cesse d’exister pour céder la place à un rapport de pouvoirs, d’où l’éventualité d’être soumis à un jugement, en l’occurrence contesté. Si, par ailleurs, on admet qu’au lieu d’avoir tout simplement des qualités bonnes ou mauvaises, voire plus ou moins grandes (auxquelles on attribue en général une valeur morale ou sociale), la personne possèderait aussi des caractéristiques essentielles, par définition celles-ci ne sont pas accidentelles (dues au hasard) et, en conséquence, elles ne peuvent pas souffrir d’altération ni d’amélioration.

Pas étonnant que Daniel avertît l’animateur du « dilemme  qui se dessinait : parler de l’affaire du jugement ou de la promesse, alors que l’on ne peut pas faire les deux », citant « Paul Ricœur pour qui l’essence de la liberté est de promettre des choses, ce qui exige une maîtrise du temps puisque ‘demain je ne serai plus le même’ », et, une fois qu’un interlocuteur se soit demandé « qu’est-ce que c’est une ‘qualité essentielle’ : norme, qualification, dénombrement ? », quelqu’un a ajouté que « la liberté est inimaginable sans loi », un autre que « la liberté est un fourre-tout », Sabine disant en plus « qu’il y a une liberté intérieure, personnelle, plus celle du couple et que quand on comprend tout d’une analyse, c’est que ça va très mal ».

Roscha estimait que « la liberté existe en dehors de son rêve et qu’après le divorce on ne sait plus quoi faire », Simone que « mentir est aussi une qualité, l’exercice de la liberté étant un rapport avec une autorité extérieure, une exigence réelle qui révèle et permet », Nadia que « le libre arbitre métamorphose l’individu, face au choix (ce qui est valable aussi pour le juriste) mais que l’humanisme l’emporte », puis Alfred proclama que « 1) vouloir définir la personne par des ‘qualités essentielles’ était assez réducteur, 2) prétendre faire la même chose avec la liberté serait se foutre du monde, 3) que les lois de cause à effet le transforment (en menteur s’il ment) », et Gérard exulta du fait que l’on soit « enfin arrivé à la notion ‘d’expérience’ ».

Sylvie prétendit alors que, « nos expériences nous modifiant, les ‘qualités essentielles’ différaient selon les individus, les unes nous détériorant, d’autres nous enrichissant, la ‘virginité’ étant programmée pour disparaître », Étienne, « en tant que juriste, jugeait que le débat était contaminé par le juridique, bien que la ‘qualité essentielle’ soit la liberté de faire ce qui ne nuit pas à autrui », tandis que pour Xavier, « les ‘qualités essentielles’ de l’Homme étaient le pouce opposable ainsi que le développement du lobe frontal qui permit à Socrate de faire un choix, fondé,  entre le poison et l’exil » et pour Gabriel « la soumission à un principe de réalité qui établit la différence entre le résistant et le collabo ».

Quant à Irène, elle « voyait mal en quoi la liberté pouvait altérer les ‘qualités essentielles’ d’une personne », alors que, « gêné par la démagogie », Charles en déduisait, étonné, que « pour les dictateurs, c’est la dictature qui améliore les qualités de l’Homme », Michel II, appuyé sur « Jankélévitch et Wittgenstein, affirmait que ‘l’on ne peut rien entreprendre pour que ce qui fut n’ait pas été’, chacun de nous étant construit par nos décisions et faits de notre choix ; nous sommes des promesses sur pattes qui peuvent en détruire d’autres, comme c’est le cas du traître », Nicole, aidée par le « ‘Deviens ce que tu es’ de Nietzsche, sentait enfin l’Humanité dans le dépassement de soi même par la reconnaissance des actes que l’on pose », et Marie-Claude, confessant « être là pour la première fois », compatit « avec le père qui, appartenant à une ethnie déterminée se trouve, sans liberté, sous une épée de Damoclès lorsque, face à la prescription du groupe, il doit circoncire sa fille ; que faire ? Essayer de vivre ! »

A la fin du temps réglementaire, le ballot fut finalement botté en touche mais, en raison donc de ce qu’on a entendu ou que l’on aperçoit ici et là, à toutes fins utiles, j’adresse un solennel conseil à tous les blancs-becs qui ne voient que du bleu : 

L’Homme n’est jamais assez exigeant dans le domaine des « qualité essentielles » ; il faudra donc redoubler de vigilance et être méticuleusement attentif, au cas par cas, si on ne veut pas se faire gruger comme des pigeons par n’importe quelle inconduite, une de ces fâcheuses déconvenues étant arrivé à Gabriel, à l’en croire. Ayant acheté des copies dans une papeterie, le commerçant lui a fourgué un certain nombre de feuilles déjà noircies et il a justement intenté un procès contre le coquin. Gabriel l’a en définitive perdu, au motif qu’il aurait dû vérifier auparavant, une à une, si elles étaient toutes vierges !

 

LISTE DES COMMENTAIRES...


1. LIBERTÉ, EGALITÉ, SEXUALITÉ
Ecrit par BRITT (animatrice du. 10-06-2008
Il faut croire que la liberté et l'égalité s'arrêtent dans le domaine de la sexualité....

Une qualité essentielle et acquise depuis seulement 40 ans, depuis notre "révolution" de Mai 68, est celle de la liberté des femmes de disposer de leur corps.
Une autre qualité essentielle est d'avoir de l'amour ou du moins du respect pour "l'élue de coeur", ce qui aurait empêché de la renvoyer comme une marchandise avariée. Heureusement l'amoureuse s'est aperçue qu'elle aussi s'est trompée sur la qualité de son élu qu'elle croyait "un homme bien" qui l'aurait choisie pour ses qualités essentielles et NON INTERCHANGEABLES de personne. Seulement même en notre République laïque deux poids et deux mesures: elle n'aurait pu le renvoyer.

2. Liberté et contractualisme
Ecrit par Daniel Ramirez. 10-06-2008
Je regrette, Britt, de ne pas pouvoir assister à la rencontre avec G. Fraisse, qui a beaucoup réfléchi à ces questions… J’aurait bien voulu lui poser quelques questions. Mais dans « l’affaire » qui a motivé ce sujet, il y a autre chose que le machisme ou le deux poids deux mesures (qui reste à prouver : comme on sait, des hommes on été « renvoyés » par impuissance…). Les juges on maintenu cette procédure des annulations, principalement pour protéger des femmes lors des mariages forcés. Il y a eu peut-être maladresse mais non pas mauvaise intention.
Plus philosophiquement, comme je l’ai suggéré lors de débat, le fait d’utiliser l’expression « qualités essentielles » dans la loi est problématique en soi. Et contradictoire avec la modernité. Pour moi , le problème n’est pas de savoir si la virginité est ou pas une qualité essentielle, car je me fiche de la virginité, plus au moins autant que de l’infaillibilité du Pape. Le problème est de comment faire pour vivre dans une société libérale (dans les meurs et dans le droit), c'est-à-dire de droit contractuel, dans laquelle vivent aussi des gens pour qui la virginité est bel et bien une qualité essentielle. De quel droit, dans une telle société, moi, moderne, libertaire et même peut-être un peu libertin, vais-je leur imposer à eux ma propre conception du bien, de l’homme, de la liberté et de l’épanouissement de la vie humaine ? Comment faire cela et en même temps me réclamer de la tolérance, de la pluralité des conceptions du bien (libéralisme politique) ? Si pour eux, la virginité (et aussi la véracité, car il y eu mensonge avoué) est une qualité essentielle, et bien, ce sont eux qui se marient sous ce contrat, pas moi… c’est à eux de le respecter, surtout pas à moi ; ni à Geneviève Fraisse ni à toi… Donc, le problème n’est pas un ponctuel outrage à l’égalité des femmes (il faut pas lutter contre des moulins à vent), mais une persistante évolution des sociétés modernes vers une contractualisation de tous les rapports, et un abandon du questionnement sur les fins de la vie, sur ce que pourrait nous ressembler, nous faire construire un monde commun. Mais nous ne pouvons pas, dans une telle société, réclamer des libertés et des droits pour vivre nos convictions et en même temps leur refuser à ceux qui auraient des convictions contraires… C’est un problème, non ?

3. Solution de facilité
Ecrit par Pirmin. 10-06-2008
Peut être que la maladresse dont parle Daniel pourrait être qualifiée plus justement comme de la facilité. Voilà un jugement qui arrangeait tout le monde et qui passerait certainement inaperçu ! Une question que je me pose (et à laquelle je n'ai pas de réponse) est pourquoi cette procédure en nullité, un peu exotique sous nos latitudes, a-t-elle été préférée à la procédure usuelle et discrète de divorce par consentement mutuel ? Cette procédure de divorce est-elle plus fastidieuse pour la justice ? Est-elle acceptable au vu des convictions religieuses des deux protagonistes ? Si la réponse à la seconde question était non, il y aurait là effectivement, de la part de la justice une infraction au principe de laïcité dans la mesure où le jugement rendu était corrélé aux convictions religieuses des personnes jugées.

Deuxième point : Daniel dit, que le contenu du contrat (l'interprétation faite de la notion de qualité essentielle p.ex.) est finalement l'affaire de ceux qui le souscrivent ("ce sont eux qui se marient, pas moi..."). Il me semble au contraire qu'une loi bien faite ne devrait pas laisser la liberté d'interprétation et que ce contrat doit avoir le même sens pour tout le monde. Ce que montre cette affaire, selon moi, c'est simplement un déficit de précision dans la législation.

4. L'article qui pêche
Ecrit par Gabriel. 10-06-2008
Il y a dans le libellè du sujet des choses qui gênent ; par exemple le fait qu'on puisse " exercer sa liberté " comme de temps à autre on exerce une force. Kant nous dit "la question de savoir comment une volonté libre est possible, est un problème insoluble pour la raison humaine ". Que penserait-on d'un salarié qui dirait , durant la semaine je travaille et le week-end j'exerce ma liberté ?
Sont aussi évoquées les "qualités essentielles" de la personne. Il ne faudrait pas découvrir aujourd'hui les opacités de certains textes officiels. Dans les Droits de l'Homme on relève : des salaires raisonnables, des besoins suffisants, des logements décents... Tous ces flous sont destinés à un maintien de l'ordre public : les citoyens discuteront 107 ans sur les normes de la décence... et aussi sur "l'essentiel". Kant déclare : " Toutes les qualités de l'homme qu'on peut mettre en avant peuvent être dommageables si la volonté qui s'en sert n'est pas bonne... le sang-froid du vaurien le rend plus dangereux ". Il serait donc souhaitable que l'article 180 n'utilise pas cette formule inexacte et fourre-tout en disant au juge : " débrouillez-vous avec ça ! "
Il utilise aussi une expression troublante " erreur dans la personne " en faisant comme s'il n'était pas question de tromperie, de malhonnêteté. Il laisse même à penser que celui qui découvre soudain une erreur ( sans qu'on lui ait menti ) peut demander la nullité, suite à une période d'étourderie. Cet article permet quand même à l'avenir de se servir d'un être humain comme moyen à fin de calmer les esprits. Le libéralisme ne se montre pas toujours aussi ambigü pour certains textes juridiques , loin de là. Ici c'est " l'erreur dans la personne " mais quand c'est " la personne dans l'erreur " la précision et la rigueur sont là. Il faut rayer cet article ou le proposer en contrat optionnel.

5. Réponse à Pirmin
Ecrit par Daniel Ramirez. 11-06-2008
Avant tout : j'ai oublié de dire que la photo choisie pour l'article de Carlos est tout simplement sublime !
Maintenant, pour ce qui est des "lois bien faites", dans un système libéral, moins les lois disent, mieux le système se porte. Au Royaume Uni, il n’y a même pas de constitution écrite (!). Les républicains français, à chaque fois qu'ils cèdent du terrain à des libéraux comme notre président, ne réalisent pas qu'ils minent les bases de la république elle-même, de la "chose commune", de l'espace de vie partagé. En effet, dans un libéralisme contractuel, il n'est pas question de consulter la morale partagée, mais de savoir ce que chacun attend de l'autre. Par exemple, lorsque les « gays & lesbiens » demandent le droit au mariage, il est évident qu'ils n'incluent pas la virginité comme qualité essentielle. Ce qui oblige à deux musulmans consentants et contractants, n'oblige pas à deux protestants, à deux laïques, à deux Francs-maçons, ni à deux lesbiennes ni à trois libertins. De la même façon, ce qui oblige à des juifs orthodoxes de porter la kippa, n'oblige pas à des cathos ni à des indoues. Ce qui oblige à des Sikhs à porter le tourbant n’oblige pas à des bouddhistes. Cela peut ne pas nous agréer, mais c'est le contractualisme. Il ne supporterait pas que les lois soient plus détaillées, plus précises, pour que tout soit réglementé. Souviens-toi que c'est la liberté des individus et rien d'autre qui fonde la morale dans un tel contexte et non pas la dignité, le respect, l'égalité ou une autre invention de l'humanisme. Neutralité et indifférence sont les maîtres-mots de cette façon de penser. Tant pis pour la morale, ce sont les intérêts qui comptent, tant pis pour la liberté si elle est vidée de tout contenu.

6. à Daniel
Ecrit par Pirmin. 11-06-2008
Pour ce qui est de la photo, je suis d'accord avec Daniel... difficile de se concentrer sur le texte de Carlos avec ça ;-)

D'accord dans l'ensemble avec ta critique sur l'idée ingénue de vouloir exagérément préciser le contenu d'une loi. Il me semble cependant qu'on pourrait/devrait quand même éviter des termes aussi fumeux que "qualités essentielles". Comme le dit Marc dans son article, il s'agit d'un abus de langage juridique. Concrètement il semblerait que cette formule désigne en fait des "choses attestées".

Sinon, je n'ai toujours pas de réponse à 2 questions : pourquoi la procédure de divorce plus appropriée n'a-t-elle pas été retenue, c'est peut-être pas très philosophique mais on ne peut éviter la question me semble-t-il. Y a-t-il eu anticipation de la part d'un juge de problèmes liés à une religion ? Si oui, cela ne constitue-t-il pas une atteinte caractérisée à la laïcité ?

7. Ce n'est pas si virginal...
Ecrit par Carlos. 12-06-2008
… ce que nous sommes en train de faire, c’est-à-dire, céder à un politiquement correct qui érigerait la femme en paradigme de la virginité, soit-elle aliénée. Or, la virginité est plus qu’un syndrome de Fourniret ; c’est pudeur, c’est fraîcheur, c’est innocence, plus que tout respectable, de sorte que l’on ne peut pas dire « je me fous de la virginité comme de mon premier condom » et faire comme si foutre n’avait pas lieu. Peu importe ce que le suaire de nos fantômes fait du voile de nos fantasmes, ce fichu hymen est un sacré hymne en honneur de l’hyménée.

8. NI PUTES NI SOUMISES
Ecrit par BRITT (animatrice du. 12-06-2008
"Nous ne pouvons pas LEUR imposer notre conception du BIEN ?" écrit Daniel.
Mais il y a bcp de filles de la banlieue qui souffrent du code d'honneur patriarcal au nom duquel on va jusqu'à TUER la soeur non vierge ou vivant sa vie, qui aimeraient bien pouvoir trouver refuge dans la loi devant des absurdités coutumières archaïques répétées en boucle et jamais remises en question. L'association NI PUTES NI SOUMISES dont nous avions d'ailleurs invité la présidente Sihem HABCHI au CAFE PHILO AUTREMENT, se bat bien contre ce retour au relativisme culturel afin de faire évoluer les mentalités dans LEUR communauté. Devons-nous les laisser seules?

9. Ni Kate ni Mouse
Ecrit par Adèle. 12-06-2008
Merci Britt, je me sentais un peu seule. Et je ne trouvais pas le courage de répondre, surtout devant cette photo pseudo provocatrice de Kate Moss, l'anorexique androgyne de service de la boucherie Chanel. Mais bon, les goûts et les couleurs...

10. vous pas soumises à la loi ? vous pas diplomates en tout cas
Ecrit par moi pas pute. 12-06-2008
Dans la mesure où l'intéressée est très contente que son mariage soit annulé (le statut de célibataire lui étant préférable au statut de divorcée dans son contexte social) je me demande ce que "ni putes ni soumises" va faire là-dedans ! Ce n'est ni le rôle des philosophes ni celui des gens qui ne sont pas d'accord avec cette histoire-là d'imposer leurs points de vue. Laissez les autres faire leux choix, les avocats faire leur métier, et LA juge faire ce qui lui semble bien. Quant à la photo, c'est Kéte Moche ? je ne la trouve pas moche du tout maintenant que je la vois : la chirurgie esthétique a fait du bon boulot.

11. Toujours la même chanson
Ecrit par Chezestin. 12-06-2008
Au départ était un sujet de philosophie.
Les débatteurs s'en sont éloignés pour élargir les ébats et aborder un croustillant fait divers sur une affaire en cours où l'on va évoquer la fraîcheur, l'innocence... perdues.
Comme tout en France finit par des chansons , ils vont reprendre ensemble :
" C'est, c'est, c'est l'hymen! ".

12. question à Britt
Ecrit par nullissime. 12-06-2008
Philosopher aux Phares, c'est nul, philosopher AUTREMENT, c'est mieux ?

13. Conformisme dans les cafés philo?
Ecrit par BRITT (animatrice du. 13-06-2008
Réponse à Adèle: "je me sentais un peu seule"...
C'est terrible lorsqu'une majorité impose sa doxa. Alors les cafés-philo ce n'est pas mieux qu'ailleurs? On n'y ose pas penser contre une majorité qui s'exprime haut et fort? Pourtant la première exigence de la philosophie c'est: PENSER PAR SOI-MÊME. Au risque de déplaire.

Réponse à moi pas pute:
Qu'est-ce que vient faire NPNS là-dedans?
Cette association des femmes et des hommes de la banlieue (en fait de Français de la deuxième génération)a appelé la première a remettre en question le jugement de Lille.

Réponse à nullissime:
Pourquoi CAFÉ-PHILO, CAFÉ-DÉBAT dans la cité et CINÉ-PHILO AUTREMENT?
Parce nous avons RÉGULIÈREMENT DES INVITÉS: philosophes, penseurs, auteurs qui interrogent le temps présent et font avancer le débat de société. A quoi bon la philo si elle ne nous aide pas à mieux comprendre notre époque, à devenir acteur de notre vie et non consommateur passif.
Je ne viendrais pas aux PHARES si je considérais que c'est nul.

14. Le devoir du café-philo
Ecrit par Adèle. 13-06-2008
Réponse à BRITT :

Je n'ai jamais cédé à la pression sociale de ma vie et je me suis toujours exprimée au risque de déplaire (je me contrefiche de déplaire à la majorité). J'ai exprimé cette solitude soudaine ou plutôt ma surprise affligée car justement je pense qu'il y a des lieux comme les café-philos qui ont le devoir urgent de ne pas être conformistes. J'aimerais être sans cesse sur le qui-vive. C'est très difficile mais je crois penser par moi-même et ne pas avoir peur d'exprimer mes pensées. Votre remarque m'a tout simplement permise de respirer un peu et d'avoir le coeur de continuer de me dépenser.
Bien à vous.

15. Conformisme, doxa ? Faire autrement ?
Ecrit par Daniel Ramirez. 13-06-2008
Je trouve un peu fatigante cette habitude de certains à essayer de nous mettre en concurrence les uns (les unes)contre les autres (voir par ex. commentaires sur un débat entre Carlos et Gunter), à voir des guerres des chefs chaque fois qu'il y a désaccord ou polémique. Ici il y aurait concurrence entre café-philo ? (Nullissime). Je pense que nous faisons tous "autrement" ; ou nous essayons, au moins, de faire autrement que ces personnes qui veulent des disputes, autrement que ceux qui se contentent des oukases, des attaques et des autodafés. Lorsque j'ai créé le "ciné-philo" (où il y a souvent aussi des invités) il y a déjà plus de 10 ans (c'est peut-être bon à savoir), je n'ai même pas eu besoin de l'appeler "autrement" simplement parce que cela n'existait pas ; mais j'ai reçu des critiques venant des collaborateurs du café-philo lui-même: "tu veux nous faire de la concurrence", "ce n'est pas un café-philo", etc. Chaque fois que des gens ont des initiatives, quelques uns s'en offusquent. Un peu comme la personne que dérange l'image de la fille, que je ne trouve pas vraiment "androgyne". Les mêmes personnes étaient sans doute contentes lors des caricatures du Prophète... vous voyez ? C'est pas simple... et il y a toujours plus démocrate que soi.
Maintenant, sur les gens qui se sentent un peu seuls face à une sorte de pensée unique. Je n'y crois pas une seconde. C'est vite fait de se considérer décalé, marginalisé ou contestataire face à une doxa majoritaire ; il est plus difficile de trouver des idées vraiment décalées. La personne qui s'exprime dans ces termes, je n'ai pas bien compris si elle critique le jugement de Lille ou si elle proteste contre la photo qui représente peut-être l'utilisation de l'image de la femme comme marchandise ? Les deux positions ne sont pas du tout marginales ni n'ont été esseulées par personne ; elles sont même majoritaires. Voyez ? Il y a toujours plus minoritaire que soi...
Croyez-moi que je me force particulièrement à combattre le conformisme dans le café-philo lorqu'il s'exprime, mais lorsque je suis animateur, mes armes ne peuvent être autres que le questionnement. Penser par soi-même n'est jamais un acquis et il ne suffit pas de le déclarer pour que ce soit le cas.
Carlos, lorsque j'ai dit que je me fiche (pas que je me fous) de la virginité, pour ensuite argumenter pour le droit d'exprimer et de vivre ses convictions, on ne va pas me mettre dans le camp, justement, de ceux qui ne respectent pas les valeurs des autres... le pluralisme est une réalité et un défi pour les sociétés actuelles.
Finalement, et pour les mêmes causes, Britt a raison d'inviter NPNS : il y a dans toute démocratie, des gens qui expriment des positions plus fortes que d'autres, ils ne représentent pas une communauté ni tout le monde, bien sûr ; dans son temps certaines associations gays, comme Act-Up avaient des positions qui agaçaient pas mal de monde… Finkielkraut, entre autres. Cela ne veut pas dire non plus qu’elles ont forcément raison…
Merci à tous pour faire vivre ce lieu d'échanges !
Daniel

16. conseil éclairé
Ecrit par 10. 13-06-2008
Ne sutor supra crepidam. A chacun son métier Britt, le monde judiciaire est au-dessus de vos chaussures, pardon, de vos considérations philosophiques dites féminines . En l'espèce, si l'on vous conseille de faire preuve de diplomatie, il serait prudent et urgent de vous renseigner.

17. Pour en finir avec la photo / Réponse à Daniel Ramirez
Ecrit par Adèle. 13-06-2008
Je ne suis pas "offusquée" par l'image de la "fille" (?) : elle est d'un mortel ennui artistiquement parlant et si certains y trouvent de l'initiative originale, je suis au regret de vous dire que cette photo est partout et que je la trouve fade. J'aurais juste préféré voir Monica Bellucci. Une femme, quoi ! That's all ! Et pour votre culture personnelle : ce mannequin international est en effet un modèle pour les jeunes filles anorexiques et joue très souvent de son côté androgyne dans des marques bi. Why not ? Chacun ses goûts.. Merci.

18. à promouvoir comme aphorismes svp !
Ecrit par Pirmin. 14-06-2008
Les deux phrases ci-dessous, pleines de lucidité et bon sens, m'ont mis de bon humeur. Merci Daniel. Ça serait bien de les publier dans la rubriques aphorismes.

"Penser par soi-même n'est jamais un acquis et il ne suffit pas de le déclarer pour que ce soit le cas."

"C'est vite fait de se considérer décalé (...) il est plus difficile de trouver des idées vraiment décalées."

19. Top maigrichonne ?
Ecrit par Daniel Ramirez. 14-06-2008
La seconde de ces phrases, Pirmin, j'y suis arrivé à force d'entendre trop souvent dans les cafés-philo "je m'inscris en faux contre tout ce qui a été dit ici" ou "je regrette de vous contredire tous", par des personnes qui ne faisaient que répéter quelque chose dite quelques minutes avant ; c'est drôle mais fatigant à la fin.
Peut-être bien Adèle, que je manque de culture en ce qui concerne les top modèles. J'aime beaucoup Monica Bellucci, mais je ne vois pas pourquoi elle serait "une femme, quoi", et non pas Kate Moss (si c'est elle). Lui manque-t-il quelque chose ? Du volume quelque part ? Et c'est cela qui définit la femme ? Qu'en diraient les féministes !? Moi, j'ai des amies comme ça, je les trouve bien « femmes ». Monica B., oui. On a le droit de préférer aussi, comme moi, Cate Blanchett ou Rokia Traoré (je sens que cette dernière ne sera pas une colle pour Pirmin). Les femmes comme les hommes, sont si différentes. J’approuve la position des stylistes espagnols, qui ont mis un frein à la course à l’anorexie chez les mannequins. Il y a des raisons à cela. Faut-il pour autant censurer les maigrichonnes ? Je ne pense par moins que la fille de la photo est parfaitement féminine, le montage, provoquant et rigolo. Et puis, si cela choque, vous ne répondez toujours pas à ma question : quid de l’affaire des caricatures du Prophète ? Ne s’agissait-il pas d'images qui dérangent quelques uns ? Comme ici ?
On voit bien qu'il s'agit de la question des valeurs, des conceptions de ce qui compte pour les uns et non pas pour les autres, comme la question de la pudeur, de la virginité, du sacré... soit la loi s'en mêle, mais qui a raison ? La majorité ? Soit il s'agit des libres contrats... signés par ceux qui y croient, évidemment, et non pas par ceux qui s'en fichent...

20. Ce n'est pas une question de volume
Ecrit par Adèle. 15-06-2008
Cher Monsieur Daniel Ramirez,
L'affaire des caricatures du prophète ? Je n'étais ni pour ni contre et je ne me sentais pas concernée. Je ne vois pas le rapport avec ce mannequin placardé partout. Et je n'aime pas être matraquée. Nul besoin de culture, il suffit d'observer l'imaginaire publicitaire et les gens dehors. Il n'y a pas que les copains et le café dans la vie. Les maigres ne me dérangent nullement et je ne doute pas une seule seconde de votre aptitude à apprécier les vraies femmes. Moi, j'avoue ne pas avoir de dispositions pour. Mais les conversations de camionneurs (je ne les hais point) qui ne sont pas concentrés sur le texte avec "çà" ne me semblent pas respectueux des femmes. Quand à mes goûts de femme : J'aime les hommes grands, virils, de préférence avec les yeux bleus et calmes. Mais je ne suis pas aussi cultivée que vous en matière d'acteurs. D'autres questions ?



 
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