Qu’est-ce qu’un avenir incertain ?
Écrit par Marc Goldstein   
31-08-2008

 En ce dimanche de prérentrée aux Phares, pas moins de douze sujets furent proposés par les amateurs et amatrices de café-philo présents. Parmi ces sujets, l’animateur du jour choisit : « Qu’est-ce qu’un avenir incertain ? » et demanda d’emblée : est-il besoin des deux mots ? L’auteur du sujet, quant à lui, l’introduisit en insistant sur le mot « avenir », différent de « demain » et poursuivit par : « Pourquoi lorsque je me penche sur l’avenir, il me paraît incertain ? Pour répondre à cette question (traiter ce pourquoi), il faut auparavant définir ce qu’est un avenir incertain, d’où cette proposition de sujet. »

Qu’est-ce qu’un avenir certain ? demanda la première intervenante. Une fatalité, un enchaînement. Le propre de l’avenir n’est-il pas justement d’être incertain ? Et c’est heureux ! fit remarquer l’intervenante suivante, car c’est un rempart contre le déterminisme. Mais l’avenir existe-t-il seulement ? objecta un troisième participant. N’est-on pas à l’arrêt ? Pour incertain que soit l’avenir, il n’en est pas moins partiellement gérable, enchaîna l’intervenant suivant. En effet, nous disposons d’outils pour nous permettre de réduire cette incertitude et de prévoir l’avenir, comme l’approche probabiliste (pour les cours de la bourse, notamment). Un participant distingua le futur de l’avenir en établissant d’une part, que le premier est plus lointain que le second et en faisant remarquer d’autre part, que nos prévisions sur le futur très lointain semblent paradoxalement plus sûres que celles sur l’avenir proche (l’extinction du soleil, par exemple). Pour d’autres, le futur est l’autre nom du « temps qui est devant nous » tandis que ce que l’on nomme l’avenir serait « ce qui va arriver au cours de ce temps futur ».

Très vite, la notion d’incertitude de l’avenir allait s’avérer problématique. D’un côté, chacun se réjouissait de cette incertitude non dirigiste, garante d’une certaine liberté, intrinsèquement créatrice, riche en potentialités et porteuse de nouveautés et d’un autre côté, reconnaissait le besoin de sécurité inhérent à l’être humain, ce besoin d’être rassuré, de faire des projets et donc de pouvoir compter sur un avenir serein, de bâtir sur un sol ferme plutôt que sur du sable, bref de maîtriser ce qui va arriver. L’avenir incertain serait cet avenir auquel nous ne serions pas capables de donner un sens (pour nous rassurer). En effet, l’avenir c’est l’inconnu, et l’inconnu fait peur. D’où le recours à toutes formes de procédés pour conjurer cette peur, qu’ils soient rationnels comme les mesures de précaution, de prévention, d’anticipation, les garde-fous, les systèmes de sécurité, les assurances, etc. ou moins rationnels comme le recours aux devins, aux prophètes et autres cartomanciens.

Si par définition nous ne pouvons pas savoir à quelle sauce l’avenir nous mangera, les questions qui découlèrent naturellement furent : quel pouvoir avons-nous sur l’avenir ? Et quel degré d’incertitude sommes-nous capables de supporter ? Car à l’évidence, et quel que soit notre penchant pour l’amor fati, nous ne sommes pas de taille à faire face à un avenir d’une totale imprévisibilité, fit remarquer un intervenant. Nos sociétés, nos structures sociales reposent sur la notion de prévision (agriculture, commerces, alimentation, projets,…). La contraignante nécessité de pouvoir à tout moment tabler sur l’avenir fit dire à un participant que la lâcheté (ou résignation ?) collective est de nature à nous empêcher de parvenir à un monde meilleur, car c’est toujours l’avenir le plus sécuritaire – donc le moins créatif, le moins révolutionnaire – qui aura la préférence du collectif. Une participante, militante syndicaliste, renchérit en résumant les trois avenirs qui l’attendaient : « À court terme, la fin des 35 heures ; à moyen terme, une retraite trop maigre ou inexistante ; et à long terme, il n’y a que la révolution ! »

Ce qui rend l’avenir incertain, c’est le fait que nous demandons à l’avenir de s’accomplir selon nos désirs. Or certaines choses ne dépendent pas de nous. Et c’est tout l’enseignement des Stoïciens (cités à plusieurs reprises), eux qui avaient intégré les préceptes contenus dans le manuel d’Épictète : « Ne demande point que les choses arrivent comme tu le désires, mais désire qu'elles arrivent comme elles arrivent, et tu prospéreras toujours ». Mais nous avons bel et bien perdu cette sagesse antique, nous qui exigeons de l’avenir à la fois suffisamment de liberté mais également des garde-fous ! Nous voulons faire de notre avenir la substance incarnée de notre moi désirant, constata l’auteur du sujet.

Mais comment assumer ses responsabilités, comment gérer son quotidien, comment pouvoir « répondre de » ce qui va arriver sans avoir un minimum de confiance dans l’avenir ? Dans un avenir éthique, responsable, engageant. S’agissant de l’avenir, l’incertitude concerne essentiellement la vie à deux, le rapport à l’autre, remarqua un participant. Ces rapports-là ne sont jamais écrits à l’avance et sont à construire au quotidien. Pour autant, la bonne approche consiste-t-elle à essayer de réduire le champ des possibles pour sécuriser cet « à venir » ? Rien n’est moins sûr. La question initiale s’ouvrit alors sur une autre, moins abstraite et plus féconde : et si un avenir « certain », c’était un avenir « humain » ? Pour que l’avenir soit humain (certain, donc), il faut avant même de le prévoir, le vouloir ! Ainsi rejoignait-on la notion d’engagement dans l’avenir que l’on veut se donner, chère aux Stoïciens, c’est-à-dire un engagement sans réserve dans ce qui dépend de nous.

 

Sujets connexes :

- La nostalgie du futur par Gunter ; par Marc
- Ça nous pend au nez
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LISTE DES COMMENTAIRES...


1. certain-incertain
Ecrit par Georges. 01-09-2008
Est-ce parce que l'avenir du patron est certain que celui des employeurs sera incertain ?

par Geo Brux Belg

2. comme ça en passant du centre de l'interrogation à la pensée powéthique ( sourire)
Ecrit par Sylvia. 01-09-2008
L'avenir est-il une histoire de mots ?

Jonglent les mots
Les mots se contorsionnent
Sautent à la figure, déchirent ou font rire.
L’air de rien en un tour de main,
Comme un clown et son nez rouge,
Ils transforment en éclats de rire
Et jeux de mots les enfants Lune.
Les mots chant de la Diva
Sur l’âme d’un fond d’air d’Opéra sont
Les mots bulle d’un bain Callas.
D’un coup d’oeil le blanc des mots révélateurs
Reste dans l’air c’est un mystère.
Pied de nez aux mots courbant le dos
Leur silence nous interroge,
Ce sont les mots des yeux qui tournent en rond
Ils lisent mais ils se taisent !
Les mots tabous deviennent mystère,
Sans mots les mots sont-ils moins sots ?
Aux starting-blocks les mots s’entravent,
Et dans leur course s’emballent,
C’est le lapsus qui marque sa place.
Sur les panneaux l’union se mobilise,
Des mots passants défendent les mots sans droit.
Des licenciés, refusés, mal menés,
Les mots en lutte sont en action,
Les mots en marche font les démarches,
La coupe est pleine de mots silence et de l’amer.
Les mots violences de Liberté défendue puis perdue
De cette guerre civile venue d’Espagne,
Les mots absents des réfugiés de l’autre terre,
Bâillonnés, rejetés, enfermés, affamés, humiliés dans
Ces mots concentrés qui tuent des camps de concentration,
Où ces mots oubliés pleurent quand ils ont peur.
C’est le silence des mots d’une foule recueillie
Sur les poèmes de Machado, Lorca où Neruda,
Qui nous laisse sans voix et crie des entrailles,
« El crimen fue en Granada »
Les mots empreints de Semprun de sa véracité,
Par les mots riches des sans toit,
Face aux mots nantis du sens propre,
Qui n’écoute pas le mot commun.
Les mots haineux des béotiens,
Des mots anti de la culture celle qui diffère,
Se sont les mots analphabètes la peste brune !
Les mots missives terrassent en pleine face
Comme un missile explose les visages.
Le choc des mots non -dits,
Racine du mal des bleus à l’âme.
Les mots tordus du soir aspirent les mots d’amour
Et les mots doux se murmurent à l’oreille, pourquoi ?

Sylvia BLOG : AILES SUR TOILES

3. De la pensée powéthique à la philosophie ... :-)
Ecrit par Georges. 01-09-2008
Sylvia:
>L'avenir est-il une histoire de mots ?

Georges:
L'avenir des café-philo sera-t-il l'Histoire des histoires minuscules et MAJUSCULES.

Sylvia:
Jonglent les mots
.................
Comme un clown et son nez rouge,
Ils transforment en éclats de rire
Et jeux de mots les enfants Lune.
..................

Georges:
Jouer avec les mots ou être leur jouet ?...c'est ça la question.
Est-ce parce qu'elle a été fécondé par le Soleil que la Lune est plaine ?

Sylvia:
.................
>Face aux mots nantis du sens propre,
Qui n’écoute pas le mot commun.
.................

Georges:
Le sens commun + le sens propre = paradoxe/sophisme.
Comment il sera juste de dire; sens propre ou mal-propre ?
C'est pour ça que Lao Theu a dit que le peuple est à limage de son gouvernement.

par Geo Brux Belg
;-)

4. L'avenir est-il incertain ?
Ecrit par Linda. 02-09-2008
Poser cette question exprime à l’évidence une peur pour sa vie. Bien sûr l’avenir ne peut être qu’incertain. Et Borges enfonce le clou de l’énigme lorsqu’il écrit : « L’avenir est inévitable, mais il peut ne pas avoir lieu ». Pourtant l’avenir contient autant d’espoir et de promesses que de risques.
Cette angoisse existentielle est alimentée par l’injonction de la société de réussir sa vie. Elle est renforcée par la pression qu’exerce l’annonce des menaces qui pèsent sur le futur de l’humanité : risques climatiques, armement, mondialisation, dangers pour la santé, pour l’alimentation, etc.
L’homme est libre et responsable de ses choix et de ses actes, non seulement de ceux qui dépendent de lui, comme le recommandait la sagesse stoïcienne.
Il serait aussi comptable de ce qui se fait sans lui et qui comporte des risques imprévisibles à plus ou moins long terme pour la planéte, face auxquels il se sent impuissant. Ainsi se profile la vision de la catastrophe. C’est sur cette vision catastrophiste que le philosophe Hans Jonas fonde son heuristique de la peur comme éthique du futur (responsabilité des actions présentes pour les générations futures). Selon lui, la peur ne paralyse pas l’action mais mobilise la raison pour agir. Cette philosophie a inspiré le principe de précaution inscrit dans le droit français et international. Si l’on peut déplorer certaines applications contestables de ce principe, il met l’accent sur l’incertitude des connaissances scientifiques dans certaines décisions politiques ou économiques.
J.P. Dupuy, qui prône un « catastrophisme éclairé » pousse plus loin la logique de H. Jonas en posant la catastrophe comme inéluctable pour susciter un sursaut nécessaire pour la prévenir.

5. Certainement incertain ?
Ecrit par Daniel Ramirez. 02-09-2008
C'est bien vu, Linda, citer J-P Dupuis : "Pour un catastrophisme éclairé. Quand l'impossible est certain" Seuil, 2002 (On le trouve aussi en poche). Cela aurait pu faire partie de notre débat, néanmoins conduit avec panache par notre invité Eric Auzanneau.
L'enjeu était de tirer une visée philosophique d'une phrase reconnue comme un pléonasme dès le début du débat : l'avenir, c'est l'incertain par définition, cependant que le passé est le certain (ce qui est arrivé est arrivé d'une fois pour toutes). Lorsque l'on évoque l'incertain, ici, c'est bien par peur que le pire arrive; l'issue proposée par J-P Dupuis c'est de faire comme si le pire était certain, ainsi, peut-être arriverons-nous à l'éviter. C'est un peu comme le jeu d'échecs avec la mort du personnage du 7e sceau de Bergman, un jeu que l'on ne peut que perdre ; mais il vaut mieux quand même jouer la partie que renoncer tout de suite.
Ce qui s'est avéré comme le moins intéressant et difficile à avaler c'étaient les propositions de l'ordre à "vivre l'instant présent", à « prendre l'avenir comme il se présente », avec toute la lourdeur du plat stoïcien réchauffé à la façon nouvelle cuisine que des écrivains philosophiques à succès affectionnent aujourd’hui. Qu'on m'explique comment aimer le destin (amor fati)ou même l'accepter lorsqu'on se retrouve dans la rue, malade dans un hôpital de la banlieue de Bucarest ou dans les geôles de Bush ! Par ailleurs les éloges de l’incertain en vue de créativité artistique ne me convainc pas non plus : dans l’antiquité, la consultation d’oracles, autrement plus enracinée que les horoscopes d’aujourd’hui, la certitude d’une prophétie ou l’attente certaine de la fin des temps (proche), n’on jamais empêché la construction de temples de plus beaux qu’il soit et la création des tragédies et des poèmes que nous bouleversent jusqu’à maintenant.
Qu’en est-il aujourd’hui ? La stratégie de l’autruche, mentionnée par Pierre-Yves lors du débat, paraît être la réponse la plus répandue : devant l’incertain, enfouissons la tête dans le sable et éclatons-nous, jouissons des plaisirs de ce qui reste du banquet de la modernité et de la richesse des nations. Lorsqu’on entend que tout repose sur quelque décimaux de plus de croissance, lorsque l’on voit que plus le pétrole monte, plus il y a de pub pour des quatre-quatre (!), le pire est donc, vraiment assuré. Mais non pas pour ouvrir une fenêtre d’espoir, car il ne s’agit pas de la lucidité du « catastrophisme éclairé » mas mais de se rassurer dans une sorte de nihilisme inconscient. Il n’est éclairé que par l’éclat d’obus dans les multiples petites guerres de frontières que les puissances n’arrivent pas à empêcher, par peur de perdre des marchés ou parce que ce sont elles mêmes qui les déclenchent. Les débuts du XXI siècle prennent l’allure des débuts du XXe, les demoiselles d’Avignon et la relativité en moins. L’avenir est certainement incertain. Heureusement, il nous reste la philosophie, l’amour n’est pas que triste et je n’ai pas encore lu tous les livres.
Daniel

6. Geôles et catastrophisme
Ecrit par Serge. 03-09-2008
Certes il faut critiquer Bush (peine de mort etc) mais est-ce encore bien nécessaire après la somme d'ouvrage qui prolifèrent çà et là ? Il est des geôles qui ont autrement pu sévir dans l'espace comme dans la durée. Et que vive Poutine ...

7. Quelle lecture !
Ecrit par Daniel Ramirez. 03-09-2008
Serge, vous avez compris que le but de cette contribution était de "critiquer Bush" ?
Et que vive Serge... Prokofiev !

8. Prokofiev
Ecrit par Serge. 04-09-2008
Prokofiev est un bon compositeur.

9. Apres nous
Ecrit par Le dernier Homme .. 04-09-2008
Apres nous le déluge . voila bien à quoi se resume la conception de l avenir de tant d entre nous .
qu elle soit explicite ou non . avant que d'etre incertain ou non , l avenir du moins celui de l humanité indiffere .
on s en inquiete mais mollement ...jusqu au jour ou nous devrons rendre des comptes de leur avenir confisqué , aux
jeunes , aux africains . le continent qui rejette le moins de CO2 ; la belle recompense , ils disparaitront les premiers .

10. Mots powéthiques à fleur de peau d'un à venir et présent incertains
Ecrit par Sylvia (blog ailes s. 04-09-2008
Univers du Pouvoir


Séries noires des crises alimentaires
Crudités des fins de droits

Dans les bas fonds de la vie
Emeutes et désespoirs

L’Empire de la honte
Traduit l’objectif des profits

En stratégies d’intimidations
Et scénarios sciences fictions

Consommations transgéniques
Biocarburants alimentaires

Élargissent la taille des massacres
Et crimes contre l’humanité

(amitiés powéthiques et sourires du NET coincés par le contexte ambiant d'un régime révoltant ! )

11. De l'avenir incertain
Ecrit par jm-sb.spaces.live.co. 05-09-2008
Nous trouvons là, deux concepts : avenir et incertain.

Qu’est qu’un concept ?
Il est imaginé une idée, une opinion qui sont érigées en règle. La règle n’ayant pas de consistance en soi, elle est ensuite érigée en concept. En d’autres lieux et moments, le concept peut changer et être même contradictoire. Pas très solide comme fondation ; peut-il être construit quelque chose sur un concept ?

Qu’est ce que l’imagination ?
L’anticipation issue de la mémoire du passé.

Pourquoi l’avenir est un concept ?
Avenir, anticipation, imagination : la même chose dit avec un autre mot.

Il est imaginé l’avenir, en fait le temps ; disons le carrément, que est érigé en concept, pour y mettre quelque chose dedans, et, pourquoi pas d’incertain. Incertain qui reflète l’angoisse issue de l’ignorance de la nature des choses. Ne trouvant pas, il est remémoré le passé, imaginé l’avenir, tout cela injecté dans le présent.

Il est cherché partout sauf là où cela s’impose : le présent.

12. Beauté formelle
Ecrit par Serge. 05-09-2008
Une paix clefs en main

13. un certain lent demain
Ecrit par Sylvia ( ailes sur t. 05-09-2008
Georges:
Jouer avec les mots ou être leur jouet ?...c'est ça la question.
Est-ce parce qu'elle a été fécondé par le Soleil que la Lune est plaine ?

Sylvia :
C'est peut-être une faim de lissepoire ... en tout cas j'ai bien riz !

comme quoi à deux mains né pas un cerf teint !

14. Qu'est-ce qu'un avenir incertain?
Ecrit par Hamm Robert. 12-09-2008
Le propre d'une question bien formulée est de ne pas laisser sa réponse ni invisible ni imprévisible. Au contraire.... Elle doit donner la possibilité de "se" tromper. Ainsi doit-elle prendre le risque, également, d'avoir une valeur gnoséologique douteuse : la prétension de permettre un résultat concluant....

La mauvaise question,par contre,ne peut avoir qu'un avenir incertain.... Pourquoi donc? Parce que sa réponse éventuelle ne peut satisfaire.... Ainsi ressemble-t-elle à beaucoup d'autres questions.... Il lui manque,par exemple, ce très de caractère spécifique à la bonne question,sa vectorialité..... Ainsi, faut-il,en effet, toujours se reposer la même : quel est le chemin le plus court.....? Et comment le réaliser sans trop de détours inutiles..... Bien sûr....

Que veut-on donc bien dire au moyen d'une "bonne" question? Qu'est-ce qu'elle doit être impliquer univoquement selon un but précis,invariable ?: un savoir toujours plus précis au sujet d'une direction toujours précise, immuable: le libre progrès vers un savoir positif,par exemple... De cette manière,comme dans la réalité,l'avenir d'un texte est ce que l'on en fait pour devenir une certitude de fait: ce qu'il doit déterminer pour éliminer le doute,une solution sémantiquement valable,...

il ne sert donc à rien de parler de l'avenir comme d'une grandeur aléatoire. Au contraire.... Elle doit être le résultat d'une initiative consciente d'elle-même,d'un projet n'excluant pas l'échec,d'entrée de jeu.... le résultat,donc, d'un calcul lui-même prévisible: en quel sens,donc, une solution utile doit-elle permettre d'éliminer une difficulté "réelle"?

Ainsi pourrait-on donner un avenir consciemment certain au café philosophique des phares : un mode d'auto-orientation tactique intéressant, digne des meilleurs émules de la logistique:
1)Quelle question?
2)Dans quel contexte?
3)Entre quelles dates?

Avec mes salutations,Robert

15. En marge de l'avenir incertain : Déterminisme et liberté
Ecrit par Michel Julian. 13-09-2008
Nous sommes tous persuadés de bénéficier du libre-arbitre. Nous savons tous que, lorsque nous avons une action à mener, une décision à prendre c’est (compte tenu des contraintes extérieures) nous qui, en dernier ressort prenons cette décision. C’est nous qui arbitrons librement entre différentes options.

Examinons de plus près ce processus d’arbitrage.

Pour choisir entre deux (ou plusieurs) options, il faut tout d’abord les élaborer mentalement. Pour cela, nous disposons de modèles, de représentations du monde réel et nous sommes capables de simuler nos actions, à l’aide de ces modèles, afin de prévoir les conséquences de telle ou telle décision. En fonction des résultats obtenus, nous décidons de choisir l’option dont le résultat nous paraît le plus favorable.
Ce qui permet d’utiliser des modèles prédictifs, c’est un principe de base de l’univers dans lequel nous évoluons, qui affirme que les mêmes causes produisent toujours les mêmes effets. En un mot, il s’agit du déterminisme.
Il ne s’agit pas pour autant d’affirmer ici l’universalité de ce principe. Lorsque nous cherchons à modéliser la matière dans sa structure la plus intime, au niveau de la mécanique quantique par exemple, il devient vite évident que les modèles intuitifs auxquels nous sommes habitués ne fonctionnent plus.
Mais dès qu’on dépasse le seuil de décohérence quantique (quelques particules en interaction, quelques degrés au dessus du zéro absolu) le déterminisme et nos modèles matériels reprennent leur pertinence.
Il n’y a pas lieu de le regretter, car en l’absence de déterminisme rien ne serait prévisible et il n’y aurait pas de liberté possible!

Le déterminisme est une condition “sine qua non“ de la liberté!

L’immanence du déterminisme à notre échelle ne signifie aucunement que lorsqu’un système physique est modélisé il est ipso facto prévisible.
Même en supposant qu’on dispose d’un processeur capable d’en simuler le fonctionnement, il est fort possible que ce système soit, comme on dit : “sensible aux conditions initiales“ et dans ce cas, bien qu’entièrement déterminé, il reste parfaitement imprévisible. C’est ce que les journalistes ont appelé “l’effet papillon”.

Ce qui est totalement déterminé n’est pas forcément prévisible

Un système qui, à l’évidence, relève de cette définition est l’encéphale humain. D’une part les modèles les plus sophistiqués réalisés actuellement ne concernent qu’un faisceau d’une dizaine de milliers de neurones, d’autre part il s’agit de modèles à structure fixe alors que les réseaux encéphaliques modifient en permanence leurs connexions et les caractéristiques des ces dernières.

N’y a-t-il pas contradiction entre cette prévalence absolue du déterminisme à notre échelle et la liberté vécue du libre-arbitre?

Il suffit, pour résoudre cette apparente contradiction, de nous pencher sur le terme “nous” dans la proposition “nous sommes libres de nos décisions”. En effet qui est ce “nous” (ou individuellement ce “je”) qui décide?
C’est un encéphale humain : véritable concentré de déterminismes, depuis le déterminisme génétique qui a présidé au schéma initial de cablage de son réseau neuronal, les conditions d’alimentation et de stimulations sensorielles qui ont permis à cette structuration initiale de se faire dans de bonnes conditions, déterminisme social, conditions d’éducation et d’enseignement, déterminisme environnemental etc etc.
En clair nous sommes une partie du déterminisme universel et c’est cette partie du déterminisme qui nous constitue et qui prend librement les décisions.
C’est à l’enseignement et à l’information que nous devons la plus ou moins grande qualité des modèles mentaux qui vont nous permettre d’exercer notre libre arbitre. On comprend bien que la part du déterminisme qui transite par notre structure cérébrale est forcément ridiculement petite à l’échelle du reste de l’univers. La solution est évidemment de ne concentrer que le déterminisme utile à notre survie et à notre reproduction et aux objectifs que nous nous fixons, attitude que nous avons intégré sans même en avoir conscience.
Depuis peu nous commençons à nous rendre compte que des modèles trop centrés sur nos intérêts immédiats sont insuffisants pour assurer la survie de notre espèce à long terme.

En résumé Il est vain de rechercher les conditions de notre liberté dans une quelconque forme d’indéterminisme. Notre liberté ne nous est jamais acquise. Contrairement à ce qu’en pensait Pic de la Mirandole, elle n’est pas un « don de Dieu“. Elle est comme l’intelligence une forme émergente dans le règne animal. Elle dépend de la qualité de nos modèles et de nos représentations, de la nature du déterminisme que nous parvenons à intégrer à nos structures cérébrales, et, de plus en plus, de la part de l’humanité qui parvient à atteindre ce niveau de compréhension et à prendre conscience de la responsabilité correspondante.

16. bravo et merci
Ecrit par gérard. 13-09-2008
Très intéressant;j'aime beaucoup l'idée qu'il n'y a pas de liberté sans déterminisme.cela rejoint l'idée de Sartre selon laquelle la question n'est pas ce que la vie fait de nous mais ce que nous faisons de ce que la vie fait de nous.merci

17. 31 Août 2008 : Qu’est-ce qu’un’ Avenir incertain ?
Ecrit par ROCA. 16-09-2008
31 Août 2008 : Qu’est-ce qu’un’ Avenir incertain ?, Éric Auzanneau,

Avenir incertain,
un certain’ À ...Venir, certain’,
incertain ... futur, demain,
qui fait peur, est ...craint,
L’écrin, de L’À ...Venir,

petits’, et, grands, désirs ... Aléatoire(s),
Allez ... L’espoir !,
certitude ...
d’incertitude’, Angoisse de manquer,
ou, incapacité ...
de nous donner’ un sens’,
qui en re-connaît ...sens’
de L’être co-naît ...sens’,
souffrance de L’Absence’,
ou, de La non-maîtrise’,

ou, du pouvoir, d’emprise’, ou, détermination,

de notre projection,

Prométhée ...
promettait, Liberté,
non’ Actée, ou, dépit,
d’utopie, un ...connu
inconnu,
un ...prévisible’
imprévisible’, un ...fini
infini, À ...Vide devant soi,

de “ La Vie devant soi” ...

potentiel(le), Volonté,
destin, fatalité,
destinée,
incarnée ... d’Adresse d’À ...Venir,
incertain, mais’, À quel degré ?,
et, de force’, ou de gré,
d’instants’, en devenir ... concertation,
cocréation, composition,
nos partitions,
de L’humanisation,

sa finalisation,

À fleur de peau ...éthique’,
et, dans La peau ...éthique ... d’être’, en devenir,
mieux’ être’, À L’À ...Venir, essai ...
À transformer,

À ...Venir, À Aimer ... “ La fatalité ...
ou L’humanité ! ” Gilles Roca

18. L'AVENIR DANS L'DOS ?
Ecrit par Sylvia ailes sur toi. 17-09-2008
enfin quelqu'un qui cause bien sur la toile !
nain porte quoi ? NON je vous rat sure
++++++++++++++++++

Arc et type De l’air mite Prit sNobel

Cadre dîne au Zor en col air
Le sup ère vise heure cale Qle
Logis que guère hier deux conques êtes
Cap Itèn uni t’es de Pro duc " Si on "
Lens le raide US (si nerf git Daix Clusion )
L’antre prise con troll dupe Rcut
Colis mate heure Co con vent d'heurts
Des mass jazz’ euses
Stress enceinte home
Ment songe poste trop mate IC

Deux l’eau très quotté du mi roi 'r
L’un visible deux l’après cari thé
Mix’ âge de l’un sale lu brie thé
Inter i Mairet soustrait temps
Poing t’eux le Plon d’en l’El
Culte Ur t’es moins de deux mains
Mus Ica noce tale git
Sal'ânées des truies en tout
Sète un con pré en cible


bonbon ! j'ai déjoué les mots , je rep'ose le jeu .
( quoique )

19. réponse à 4 de linda
Ecrit par bizon fûté. 29-11-2008
Ce qui est propre à l'humain c'est qu'il sait que la catastrophe va arriver, mais.. il n'y croit pas!

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