Comment tirer la vie d’embarras ?
Écrit par Carlos Gravito   
15-09-2008

Ayant quitté le soleil étincelant du Portugal, c’est fredonnant joyeusement « Etonnez-moi, Benoît / Faites les yeux doux… » (une chanson de Patrick Modiano qui me paraissait de circonstance), que, ma casquette à la main, j’ai gagné le 14 septembre, la lumière intermittente des Phares, censée alerter les navigants des dangers dressés sur le chemin de la raison (d’après saint Augustin), et où Christiane Grazziani animait le débat proposé par Rocha : « A-t-on besoin de la foi pour donner sens à sa vie ? », un sujet qui « lui trottait dans la tête et peut-être dans celle de chacun, mais que l’on n’ose pas aborder parce que ça fait ‘bigot’ ».

 Le Pape se trouvait à Lourdes et, sous couvert que la contingence d’exister aurait un sens (va savoir lequel), il s’agissait là d’ouvrir une tribune aux agnostiques, ceux qui ne font rien sans y avoir droit, et ils n’ont pas manqué de s’y engouffrer, Michel ouvrant dès lors le feu, le premier, affirmant que « sa réponse était non, car c’est lui qui donne sens à sa vie », Olivier se demandant consciencieusement « ce qu’est ‘croire’, à quoi cela s’applique, et, la croyance s’adressant au futur et pas au passé, ce qu’est savoir ; se composent-ils, se juxtaposent-ils ? ».

- Il faut donc se questionner sur ce qu’est croire et ce qu’est savoir, proposa l’animatrice. Se complètent-ils, si l’on tient compte des arguments de savants comme celui de Pascal et son « pari » ?

Pierre-Yves reprit la parole pour, « misant sur la ‘super’stition’, établir deux axes : la foi et la loi », et concluant que « la foi surgissant du néant, tandis que sans confiance il ne pourrait pas agir, le sujet ne serait pas traitable », à la suite de quoi Marie-Sylvie invita l’assemblée à « s’interroger surtout sur la notion de ‘sens’ avant d’y appliquer la notion de ‘foi’, le ‘sens de la vie’ étant digne d’un débat en soi » et Pierre se demanda « si nous avons besoin d’un Pape et d’une idée qui nous transcende autre que celle de ‘Liberté, Egalité, Fraternité’ », Jean voyant dans « le bla-bla-bla de ‘Sarko’ le ressassement de la raison et de la foi depuis des milliers d’années », après avoir cité « L’Homme révolté » de Camus et « son absurdité de la vie ».

Annonçant que « c’est le vase qui donne forme au vide », Nadia reprit le flambeau affirmant avoir retenu d’un Prélat, « que la croyance est un acte de volonté » et Michel II, citant « La vie a-t-elle un sens ? », de Daniel Ramirez, entendait « qu’il faut dans la vie avoir confiance ne serait-ce que dans celui avec qui on parle et dans les billets de banque, sinon on est dans la merde », Samuel faisant ensuite savoir « qu’en hébreu, ‘confiance’ vient de ‘emouna’ qui a donné ‘amen’ », Alfred que « l’on peut donner un sens à la vie autrement que par la foi, qu’il reniait, mais par la ‘téléologie’ », alors qu’Agnès suggérait « que l’on se demande comment fonctionne tout ça si l’on écarte la démarche scientifique ».

Précisant le sens de « sens » et rappelant le mythe de Sisyphe, Daniel a soutenu que « la vie est la clé de voûte de la création et qu’elle serait absurde sans finalité ou sans les valeurs qui la dignifient, la foi étant une lutte intérieure pas rassurante et encore moins la dite ‘foi blessée’ », puis Ahmed fit d’elle « une posture mentale où l’on accepte de se dispenser de la preuve » alors que Gérard, jugeant « que la vie se porte », évoqua « autres formes de foi hors du monothéisme » ainsi que « les expériences de vie, leurs réalisations, incarnations et réseaux de significations », Christiane fit remarquer que ce sentiment « joue aussi en sens inverse, voir la foi dans un futur monde meilleur ». Martine enchaîna avec « l’importance, pour les ‘poilus’, de la ‘petite sainte Thérèse’ et de la prière », Irène, se détournant « d’une intentionnalité dans la nature », reconnut que « l’incertitude est le propre de l’Homme qui agit selon des présomptions et pulsions, nullement fondées sur la raison ou liées à la religion », Cathy avait « l’impression que l’on tournait en rond, ‘sens de la vie’, ‘foi’, ‘sens de la vie’, une question vieillotte que l’on ne pourrait pas poser à un gosse de quatorze ans, alors que l’on a foi en ses parents », Marie-Sylvie pensant à « la foi comme d’un concept qui produit une efficience, puisqu’on la dit même capable de ‘déplacer des montagnes’ » et Simone songeant à « la ‘transmission’, l’amour oblatif des parents comme preuve de la valeur de l’existence », Martine revenant sur le fait de « vivre ensemble qui nous rendrait moins fragiles et permettrait de vivre plus longtemps », après un exercice poétique de Gil.

 Le fait est que, l’Homme étant pieds et mains liés à son être, ni la raison ni la reconnaissance d’un Dieu ne peuvent optimiser davantage sa situation. Rien ne différencie une vie de ce qui n’en est pas une, le lieu où, détourné du sens, se tient le néant. Nous savons presque tout de ce qui se trouve dans l’espace et dans le temps mais ignorons, hélas, la totalité de ce qui est en dehors. En somme, il ne nous reste qu’à croire ; le savoir ne nous est pas donné et on le tient d’autrui. « La foi et les affaires du monde, d’après Galilée, ne se servent pas du même langage pour nous aider à saisir le sens ; la première nous l’apprend par la munificence de la grâce, les autres par la force de leurs lois » alors que, croire à l’émergence de ce qui a été voulu implique un sérieux regard ontique et pas le petit sourire du mécréant, prosélyte de la plus irrationnelle des croyances, celle qui n’admet que la science et la technique pour instance directrice. Comme d’autres ont foi au paradis, il croit à la raison (qui, parce que pure, se fait naïvement blouser) et à l’irréfragable continuum de l’utile, l’exaltant mutisme d’urnes angéliques ; Guernica, Lidice ou Oradour, Wound Knee, Auschwitz ou Hiroshima, autant de cruels itinéraires de la réalité ruisselant dans l’océan de la création.   

D’abord, nous n’avons pas besoin de justifier notre existence. « La rose est sans pourquoi » (Angelus Silésius) et à part être le personnage principal entre les humains (sans l’avoir voulu), nous ignorons également qui nous sommes. Dans son auto communication à sa créature, le Créateur s’est arrangé pour qu’elle ne sache pas que sa vie n’a pas plus de sens que celle d’une amibe, d’un perce-neige, d’une mésange ou d’une comète, car,  si elle le savait ce serait pire. L’univers n’est pas là pour nous et n’a pas besoin de la vie que l’on mène ni de ce que nous supposons en savoir ; ses lois sont invariables et quand il nous repousse c’est en le repoussant que l’on est. Mais, ne vous faites pas de mouron ; l’existence a une seule issue et elle est fatale. Tâchez donc de souffrir le plus possible ou de jouir sans entraves tant qu’il est temps, parce que cela ne dure pas toujours.

Nous sommes, ontologiquement, des êtres dont la pensée admet l’existence mais, métaphysiquement, des êtres dont l’essence nous est insaisissable. Pourtant, pas plus inquiets qu’un pigeon qui aurait perdu son message, Proust, Rilke, Stendhal, Kierkegaard, Pessoa, Unamuno, Jaspers arrivent à dissimuler une deuxième vie derrière un mot ou une phrase ; comme si l’Etre était d’abord, la langue le place là où la réalité veut qu’il soit.  

Notre vie, qui appartient au monde des autres par la grâce de la réalité, vaut certes la peine d’être vécue mais nous ne savons rien sur l’arbitraire de son sens. Epuisé le dernier effort, celui de Chantal Sébir, pour le droit de « mourir dans la dignité », que reste-t-il ? Un nouvel univers qui voit le jour à chaque instant, sans que l’autre ne soit tout à fait évincé, nous tirant vers ce que l’on n’est pas (le cul de sac où se tapissent nos derniers désirs) et parfumant le terme du voyage d’un corps auquel seule la douleur fait savoir qu’il existe toujours. Par quelle raison le stoïque, qui réclame l’autorisation de décéder, se moquerait-il donc de ceux pour qui la supplique sert à canaliser ses peines ?

« Etonnez-moi, Benoît / Encore un Avé Maria… ». Lorsque les jeux sont faits, l’enroulement des prières est aussi apte à donner un sens à la butée de la vie, qu’une patère pour suspendre sa casquette, dès que l’on ne peut plus l’avoir à la main.

 

LISTE DES COMMENTAIRES...


1. A-t-on besoin de La foi pour donner [’un ] sens’ À sa Vie ?
Ecrit par ROCA. 16-09-2008
A-t-on besoin de La foi pour donner [’un ] sens’ À sa Vie ?,
*
donner sens’ À sa Vie ... d’abord, y croire’, “ Amen ” !,
“ Et ...Mouna ”, qui n’était pas croyant’, y croyait ...
il est mort en disant : “ Vive L’utopie !” Amen’,
Absurdum’, Utopia ... La Vie ? Le peuple’...y ...est, Arbre ... de Vie, de co-naissance ...
de La Vie ... du sens’,
et du sens’, ... de La Vie, qui, ma foi !, co-naît ...sens’,
et, nous ... re-connaît ...sens’,
un peu d’espérance ...
mais’ ... Aucune’ Assurance’, un peu de croyance’,
une ... certaine ... confiance’, foi est ...sens’ de sa Vie,
foi est ...sens’ de La Vie,
en Pensée, en Parole’, en’ Acte ... Volonté, un “ désir ...
d’À-Venir ”, Le moteur, de sa Vie,
Au moteur, foi est ...sens’,
c’est Le sens’
de La Vie,
par manque ... Vacuité, À ...Vide ... plénitude’,
en Vitale’ Attitude, comme’...un besoin, Vital,
commun, élan, Vital,
comme’...une ... foi, Vitale,
comme’...union, Vitale ... du Lien,
qui Vient,
Lien d’Amour d’Amitié,
humain, Vital, chantier ... “ ici, et maintenant”, “ c’est’ ici Le chemin”,
du besoin ... de La foi, don du sens’ ... À sa Vie,
promesse ... pari ...si ! Ainsi pensent ... mes mains,
ici, en mains ...tenant ... don du sens’ ... À La Vie,
ma Pensée, mon Souci ...
Les, deux, fleurs, À La foi(s) ...
de ma Vie, de ma foi,
sens’ et Vie, À La foi(s),
sens’, en ...vie, de ma foi,
de La Vie, de La foi ...
Le moyen, de La fin,
non finitude ... mais

Le moyen, de La fin,
finalité, Aimée,
dépassement,
Aimant ... _____________________
faim d’une fin, ci-Gîlles
_____________________ Gilles Roca,
*


Cas-fée Philo des Phares,
14. 9. 2008,
foi, don, sens’, et Vie, phares,
foi, sens’, Vitale’- poursuite, ces-jours de Fructidor,
foi, sens’ et Vie, fruits d’or, philosophie d’Amour,
don du sens’,
De L’Amour,
serviteur, troubadour,
Gilles Roca d’Humour

2. La vie du sens
Ecrit par Daniel Ramirez. 16-09-2008
Bienvenu Carlos! qui en venant du Portugal n'a visiblement pas fait escale à Lourdes. Comme il était un peu prévisible le connaissant, tant soit peu, il allait conclure à l'inutilité de la recherche de sens. Pour ceux qui liraient trop vite, et avec Carlos, en général, il vaut mieux pas, car s'il écrit vite il ne le fait pas à la va vite: à partir de la moitié de son article le "compte-rendu" s'arrête pour donner place à sa propre prise de position. Ce qui est de bonne guerre mais pas de bon augure. On peut s’attendre à une douche froide. Ce qui n'est pas contestable parce que prévisible mais prévisible parce que contestataire et contestataire parce que désenchanté. En fait, cela revient à dire aux pauvres humains en quête de sens : arrêtez, c'est inutile. Il n’y en a pas. Ou alors, et ça c'est Freud qui le dit : le sens (la direction finale) de toute vie est la mort. Mais, les arguments ne sont pas plus solides que chez Camus et le fait qu'il fasse chaud sur une plage à Alger, peut être plus un argument pour appuyer sur une détente que pour prouver que la vie n'a pas de sens.
Voyons un peu: que l'univers se fiche de nous, qu'il a ses lois et qu'on n'y peut rien ? Bien sûr, c'est ce que des braves types comme Albert Jacquard ne cessent de dire: ce n'est pas la planète qu'il faut sauver, elle n'est pas en danger : c'est nous.
Que la vie ne se différentie pas de la non vie... Est-ce si sûr ? Déjà ce n'est pas la non-vie, ni la vie chez l'amibe, ni celle du perce-neige ni de la rose, et encore moins la comète qui tire de plans sur quoi que ce soi. Comme Carlos ne doit pas l'ignorer, lorsqu'on parle de "sens", on parle d'un phénomène humain, non pas amibien, ni perce-neigien, ni cométiste ni rosien. L'humain produit et interprète du sens : des paroles, des écrits, des images, des gestes et des projets. Que tout cela n'existât point au-delà d'Alfa du Centaure (et d'ailleurs rien n'est moins sûr), ne change rien, car ici cela existe bel et bien : il y a de choses qui ont un sens : des panneaux de circulation, des bibliothèques, des symphonies, des techniques de massage pour bébés, des cérémonies et de théorèmes. Et même si la rose est sans pourquoi et "se fiche d'être regardée" (traduction de café de commerce), pour Rilke ou Baudelaire, pour Neruda ou Lorca, elle n'est pas qu'une machine à pollen (Angelus Silessius n’était pas une abeille). Ainsi, la vie, ce n'est pas même notre vie en tant qu'activité animale (Zoon) mais celle qui peut-être racontée (Bios), celle qui peut avoir une cohérence, une valeur, ou ne pas en avoir, pour celui qui souffre d'insignifiance, d'abandon ou pour celui qui est en crise. La propre vie comme objet de récit, comme auto-construction est une question de sens. Le fait qu'on va mourir ne change rien à cela, il ne met que la limite finale, comme la fin de tout récit. Et ce n’est pas parce qu’un récit a une fin qu’il n’a pas de sens. Et pour celui qui approche sa mort, ou celui qui côtoie celle des autres, il n'est de question plus brulante : « tout ceci a servi à quelque chose ? », « ais-je donné assez ? », « laisse-je quelque chose derrière moi ? ». C'est la vieille question du salut, celle qui a été remplacée par celle du bonheur et qui n'a qu'un rapport très secondaire avec le paradis ou avec l'au-delà. C'est pourquoi on peut sincèrement se demander si on n'a pas besoin d'une sorte de foi pour donner (ou pour accéder à) un sens à l'existence. Foi en l'homme, en soi-même, foi en l'amour ou en l'intelligence, foi comme « fides » (confiance) plus que comme croyance; foi qui peut venir ou se perdre, changer ou être blessée, comme a été dit dans ce beaux débat, dimanche au Phares. On a besoin d'une foi mais la fois n'est pas suffisante. Car l'homme n'est pas auto-suffisant ("athéisme blessé", modernité désenchantée), c'est l'être pour lequel le sens vient au monde, justement parce qu'il ne se suffit pas à lui-même, contrairement à l'amibe, la mesange ou la comète, et comme il ne se suffit pas à lui-même, il donne vie au sens à défaut de donner sens à la vie.
Daniel

3. Fier de moi
Ecrit par Serge. 16-09-2008
Lors de ma dernière présence à ce café philo je me suis encore tu et j'ai bien fait car comme disait le bouillant Ludwig Wittgenstein : " Ce dont on ne peut parler il faut le taire"

4. Nous et l'Univers
Ecrit par Pirmin. 16-09-2008
Carlos dit : "l’univers n’est pas là pour nous ..."
Daniel dit : "que l'univers se fiche de nous..."

C'est marrant car je ne vois pas du tout les choses comme ça.

Il me semble plutôt que nous sommes une partie de l'univers. Une partie extrêmement significative même, car dans celle-ci justement, l'univers se "réfléchit" en lui-même. Du moins en partie et, soyons optimistes, un peu plus d'ici quelques mois, une fois qu'auront été débroussaillé les premières gerbes de particules du tout nouveau LHC.

Je ne sais pas si tout ceci obéît à un dessein quelconque ou si cela un sens (pour qui d'ailleurs ?) mais c'est sans aucun doute le phénomène le plus remarquable de l'univers connus et ceci mérite qu'on s'en étonne. Ce phénomène de "miroir de l'univers en lui-même" est d'ailleurs à l'origine du questionnement scientifique. Pour les esprits qui se consacrent pleinement (à cette quête/immersion) cela confère une indéniable dose de sens à leur vie même si la quête DU sens (de la vie) n'en fait pas partie (pour autant que cette dernière question ait un sens ce qui reste à démontrer...).

Cela dit, la dichotomie que vous opérez tous les deux entre "nous" et "l'univers" me semble fausse et/ou obsolète. Et comme chacun sait, à partir d'une affirmation logiquement fausse, on peut conclure rigoureusement ... n'importe quoi...

Un peu de prudence svp messieurs les philosophes !

Sinon, j'avoue que j'ai pas tout compris et donc peut-être me trompe-je après tout !

5. Non-sens
Ecrit par Marc. 17-09-2008
En fait tout m'horripile dans ce sujet, à commencer par les présupposés : 1. a priori, une vie par elle-même n'a pas de sens ; 2. ce sens ne peut être donné que par le sujet concerné ; 3. mais le sujet seul ne suffit pas à donner un sens à sa vie ; 4. il a besoin d'autre chose, de quelque chose de transcendant. Des présupposés dont la plupart sont pour le moins discutables. Je vous laisse le soin de trouver lesquels et de les démonter un à un. Essayez ! vous verrez, c'est très facile...

Franchement, a-t-on vraiment besoin de donner un sens à sa vie ? Est-ce que ce n'est pas déjà vouloir faire quelque chose de différent que de vivre ? Comme si vivre était en soi tellement pauvre, tellement peu satisfaisant ou insuffisant qu'il s'agirait de chercher une compensation, quelque chose de mieux à faire ? Est-ce que ce n'est pas déjà une manière de fuir la vie ? Voilà qui n'aurait pas plu à Montaigne... Et à supposer qu'on ait besoin de donner un sens à sa vie, cela dépend-il uniquement de notre volonté ? Par exemple, peut-on décider d'avoir la foi (religieuse ou autre) ?

Marlon Brando (je sais, je sais, ce n'est pas un philosophe... et alors ?) avait écrit sur la porte de sa chambre d'hôtel dans sa jeunesse : « On ne vit pas si on ne le sait pas », reformulant sans doute à sa façon la fameuse devise socratique : « Une vie sans examen ne vaut pas la peine d'être vécue. » Mais qu'en savons-nous ? Pourquoi une vie sans examen mais parfaitement bien vécue par l'intéressé ne vaudrait-elle pas celle de cet autre en mal d'introspection ? Ce principe, que d'aucuns tiennent pour une question fondamentale de la philosophie, m'a toujours semblé curieux : prendre conscience n'est pas vivre, c'est juger sa vie.

Aussi n'est-il pas étonnant que la philosophie soit davantage l'apanage des vieilles barbes que des jeunes pousses. L'enfant ne se pose pas la question du sens de sa vie (encore moins de la vie) : il vit, il gambade, il déborde d'énergie et c'est très bien ainsi. En revanche, le vieillard qui fait le bilan de sa vie et se demande si elle a eu un sens me semble aussi ridicule que pathétique. La vie d'une fourmi (comme Kant) a-t-elle plus de sens que celle d'une cigale (comme Bob Marley) ? Ainsi, contrairement à ce que nous dit Épicure, il ne me paraît pas évident qu'on puisse philosopher à tout âge. On philosophe toujours après. Après avoir vécu. Il paraît que les plus doués - on les appelle les philosophes - peuvent faire les deux (vivre et philosopher) en même temps. Autant lacer ses chaussures en marchant...

6. Sens dessus dessous (réponse à 2)
Ecrit par Carlos. 17-09-2008
Effectivement, Daniel, cette année, « ayant le choix dans la date », j’ai voulu faire des Prières à Lourdes (ville du sud-ouest) et me suis trouvé « avec des Messes à Faverge » (ville du sud-est). Le périmètre étant sécurisé, je fus fourvoyé par des facétieux panneaux indicateurs, une « vie du sens » que j’ignorais. Peut-être que tout a une vie et qu’il suffit de le dire : le sculpteur donne vie à la pierre, le cadavre donne vie au cercueil, Lourdes donne vie aux jambes de bois. Sans doute, tout aurait également un sens, des doubles sens, des contresens, des non-sens, à partir du moment où l’on s’exprime ainsi, des acceptions burlesques obtenues d’habitude par l’interversion d’éléments, ce qui est en général propre aux contrepèteries (Voir des exemples plus haut, entre guillemets). Or la signification, ou le sens, ne dénote quoi que soit sans un rapport avec autre chose ; une réalité (la vie) ne renvoie à rien d’autre qu’elle-même, car elle n’a pas de but ni de sens en soi. Le sens est absent de la vie, alors on essaie certes de lui en donner un, mais par pure crainte pour elle, vu sa nature arbitrairement changeante. Voilà pourquoi, au lieu d’une vie à un sens, je voudrais bien deux ou trois. « [Une vie à trois sens, une vie à cent sens, une vie à mille sens], / Et Paris qui bat la mesure, / Lalala la lalala… », avec la musique de Jacques Brel.

7. Réponse à Pirmin
Ecrit par Gunter. 17-09-2008
Réponse à Pirmin : S’il est certain que nous sommes au monde il n’est pas sûr du tout que nous soyons (entièrement) du monde. Nous sommes certainement composés de matière dont la physique tente de percer le mystère, nous sommes certainement un amas de cellules qu’étudie la biologie et également des primates, objet d’étude de l’éthologie.
Mais au-delà de tous ces éléments qui nous constituent nous avons la possibilité (pour moi, le devoir) d’en prendre une distance (la position « méta »), de ré-fléchir sur nous-mêmes au lieu de simplement penser des objets, de résoudre des problèmes.
Si nous étions entièrement du monde, comment pourrions nous comprendre notre insertion dans celui-ci ?
Comment un poisson qui ne quitte jamais la mer, peut-il savoir que et comment il y est immergé ?
Certains neuro-scientifiques, pas tous heureusement, il y en a qui ont un savoir ou simplement une intuition « philosophique », ont la prétention de réduire (plutôt de pouvoir réduire un jour) ce moi conscient à un fonctionnement physico-chimico-biologique.
Ils ne se rendent pas compte, qu’à l’instar du pauvre baron de Münchhausen, ils espèrent ainsi se tirer par leurs propres cheveux hors du marais logique dans lequel ils sont tombés.
En « expliquant » scientifiquement la conscience, d’une part, il n’est plus possible de distinguer le vrai du faux, puisque la description se boucle sur elle-même (« c’est ainsi » et rien de plus), et d’autre part : qui décrira scientifiquement leur propre conscience ? Ils butent alors sur l’impasse logique d’une « regressio ad infinitum ».

8. Réponse à Marc
Ecrit par Gunter. 17-09-2008
Réponse à Marc : Je suis d’accord avec toi qu’il est difficile, voire impossible de vivre et « philosopher » en même temps. C’est pour cela que nos échanges de réflexion sont pour moi des moments d’arrêt, des pauses dans les « tumultes » de nos vies. Un moment qui sert à quoi ?
Tout le monde n’a pas attrapé le virus de la philosophie. Il y en a, et des plus estimables, qui n’éprouvent pas le besoin de ré-fléchir sur leurs vies, de mettre à l’épreuve des autres leur façon de s’orienter dans leur existence.
Il faut accepter que le pur plaisir d’exister, la fameuse « présence » des sagesses orientales, incompatible avec ce qu’ils appellent le « mental » suffit amplement ( ?) à certains, que d’autres se fient à leurs intuitions non thématisées (le cas de beaucoup d’artistes, pas de tous) pour s’orienter. Ces derniers fuient même comme la peste toute formalisation, mise en concepts de leur vitalité créatrice.
Ceux, en revanche, qui ont été contaminé par le virus de la philosophie pensent que porter leurs intuitions, leurs moments de pure présence, au langage peut enrichir leurs vies, les faire exister plus pleinement, individuellement et collectivement.
C’est pour cela que, pour moi, la philosophie ne peut être coupée des intuitions des artistes, peintres, poètes, romanciers, etc. Il y a beaucoup, beaucoup de philosophie en dehors de la philosophie en tant que discipline qui ne demande, comme la Belle au bois dormant, qu’à être réveillée par un prince charmant philosophant…
Il en va de même pour les recherches scientifiques dont il s’agit également de dégager le "noyau ontologique" - sachant que depuis Kant c’est l’éthique (question de la vérité du désirable, car la vérité est à faire, elle est normative et non pas déscriptive) qui détient le secret de toute ontologie.

9. La bonne et la mauvaise foi
Ecrit par Georges. 17-09-2008
A-t-on besoin d'une foi philosophique (fidelité aux Principes) pour donner sens à ses arguments ?
A-t-on besoin d'une mauvaise foi pour donner un sens-insensé à son cynisme ?

par Georges de Bruxelles / Geo Brux Belg

10. il était une fois
Ecrit par Sylvia ( ailes sur t. 17-09-2008
La foi, celle qu'on nous vante comme un jacuzzi en paiements différés n'est qu'un leurre, une autre prison. Combien sont morts dans la geôle de " ce pseudo confort"?
Notre Liberté ,(ma foi), mérite d'avoir 25 ans toute ta vie, insoumise à mort. C'est une posture intérieure non violente, courageuse, parce qu'elle bute aussi sur la solitude et l'incompréhension, sur le jugement d'autrui.
et quand le sens se perd trouvons l'essence... au bout, peut-être, il y a de la poésie !
"en vers ou conte" (tout contre)
sourire joint

11. Réponse à Marc (commentaire 5.)
Ecrit par Daniel Ramirez. 18-09-2008
Qu’a-t-il d’horripilant dans tout cela, Marc. Tout au plus, on aurait pu dire que l’on enfonçait des portes ouvertes, ce qui n’est pas un reproche à faire à la philosophie, comme tu sais, c’est notre spécialité. Voyons tes quatre points :
1. Une vie par elle-même n’a pas de sens. Mais cela n’a rien de bizarre, Marc, rien n’a de sens par lui-même (sauf Dieu, pour les croyants). Si l’on s’en tien à Wittgenstein, il disait que le sens du monde doit être autre chose que le monde, il n’est donc pas dans le monde.
2. Il ne peut être donné que par le sujet concerné… plus exactement par un sujet (le sens est de l’ordre du subjectif), et il vaut mieux qu’il soir concerné (c’est pourquoi l’allusion à des étoiles lointaines).
3. Le sujet seul ne suffit pas à donner un sens : mais Marc, le « sujet seul » n’existe pas, le subjectif n’existe que dans l’intersubjectif.
4. Il a besoin d’autre chose ; quelque chose de transcendant. Cela est presque la conséquence du point 3 et c’est aussi presque une redondance : « autre chose », c’est forcément transcendant (qui ne veut pas dire surnaturel). Si l’on reste au sujet lui-même dans son immanence, soit c’est une contenu de conscience (intentionnelle, donc conscience d’autre chose), soit c’est le sujet lui-même (solipsisme).
Que l’on puisse vivre sans donner un sens à sa vie, cela a été examiné lors du débat, c’est une position qui existe, personne ne le nie : « vivre au jour le jour », etc. Et qui peut-être réfutée ; on l’a fait en partie. Ce n’est pas forcement que la vie serait pauvre sans lui « donner un sens », si elle est très riche nous pouvons aussi nous demander pourquoi, avoir un sentiment de gratitude qui peut nous mener à une certaine forme de sentiment mystique (bien loin de « vivre au jour le jour »).
Que des personnes ait eu une vie exceptionnelle sans être philosophes, c’est évident ; un exemple à tout hasard : Saladin. Une vie bien remplie ! Mais qui te garantie qu’il ne l’a pas, à un moment ou un autre, solitairement, examinée, sa vie ?
Que le petit qui gambade ne philosophe pas, c’est évident. En revanche, dès la première adolescence des questionnements essentiels viennent ronger l’immédiateté de la vie, malgré l’énergie ou l’élan vitale des jeunes pousses. Lorsque l'on referme vite les portes de ces questionnements, il y a plus de chances qu'ils deviennent vite barbants bien avant d'être de vielles barbes.
Daniel

12. Réponse à Pirmin (intervention 4.)
Ecrit par Daniel Ramirez. 18-09-2008
Pirmin, ce n’est pas de la dichotomie entre nous et l’univers, qui viennent les positionnements. La phrase « l’univers se fiche de nous » c’était pour essayer de résumer le scepticisme désenchanté de Carlos. Tu as raison, avec Spinoza, que « l’homme n’est pas un empire dans un empire », nous faisons partie de l’univers (de la substance disait le même). Que la science soit le lieu où l’univers se reflète lui-même, c’est peut-être aller un peu loin dans l’ontologie hégélienne. Mais qui sait ? La question est que le « sens » ou le phénomène de sens n’apparaissent pas pour des cailloux sur Pluton (et ce n’est pas parce que déclassé), mais pour des humains sur terre, et éventuellement pour d’autres êtres intelligents dans la galaxie. Si l’on reste hégélien, on pourrait dire : c’est par l’avènement de la conscience (réflexive) du sujet que le sens advient au monde, car quelque chose se vie comme séparée et comme réfléchissante. Même, si comme rappelle Gunter, nous ne sommes pas (entièrement) « du » monde (c’est une phrase de la sagesse antique, beaucoup utilisée par la suite par les Soufis), c’est parce que nous sommes « au » monde que la question du sens advient et elle a une vie, n’en déplaise à Carlos, qui soi dit en passant, tourne en rond : « une réalité (la vie) ne renvoie à rien d’autre qu’elle-même, car elle n’a pas de but ni de sens en soi ». Ceci est une confirmation de tout ce que je disait : elle n’a pas de sens « en soi » mais « pour » quelqu’un, pour nous, en l'occurence. Ceci dit, « la valse à mil sens » me plait beaucoup !

13. Sens de la vie = énigme
Ecrit par Gabriel. 18-09-2008
Hannah Arendt écrivait : " Le problème de la nature humaine paraît insoluble ".
La question "qui suis-je?" débouche toujours sur "ce que je suis".
Elle ajoutait : "l'activité de penser est aussi incessante, aussi répétitive que la vie, et la question de savoir si la pensée a un sens se ramène à l'énigme sans réponse du sens de la vie".
Cela s'accorde bien avec le titre choisi par Kant : "Comment s'orienter dans la pensée?" Et non pas "Comment orienter ma pensée ?" . Kant y écrit : "...Une pure croyance de la raison est donc le poteau indicateur ou la boussole qui permettent au penseur spéculatif de s'orienter lors de ses incursions rationnelles dans le champ des objets suprasensibles, mais aussi à l'homme de tracer son chemin... s'orienter par son seul besoin propre dans la pensée, dans l'espace incommensurable et pour nous , empli d'une nuit épaisse, du suprasensible".
Ainsi, faut-il peut-être renoncer à donner un sens à la vie puisque c'est une énigme.
Par contre, puisque nous sommes jetés dans un vaste "espace inconnu" tentons, par tâtonnements, essais, expériences, etc... d'affermir notre raison. C'est la foi en la raison qui permettra de s'orienter dans cet "espace".
L'exploration commence très tôt : "pourquoi que...?" , "comment se fait-il que...?" , etc... Les enfants nous assaillent de leur questionnement. Les questions n'attendent pas du tout l'âge des cheveux blancs !

14. Comment oser dire que le sujet seul n'existe pas !!! I
Ecrit par Serge (individualis. 19-09-2008
Prenons un individu sur une île déserte ( cela peut tout aussi bien être un paysan isolé dans une ville coincé dans son paradigme) La conscience donc est la chose la plus mystérieuse entre toutes elle peut être "univoque" "équivoque" ou "multivoque", peut être peut elle réconcilier le pape et M. Onfray. Car enfin de quoi parle-t-on lors que l'on parle de Dieu d'un" Grand Abstrait" ? D'un réfractaire a la sexualité ? On peut relire Nietzche et la bible et dans un mouvement critique. Ce qui fait que l'on se sent plus proche de l'un ou de l'autre c'est alors tout un enchainement de circonstances depuis que l'on a perçu la première couleur ?

15. Précision
Ecrit par Serge. 19-09-2008
A partir d'aujourd'hui je prendrais comme patronyme "Ulrich"

16. Le principe de réalité
Ecrit par bertel. 20-09-2008
Mon Dieu !

Que de questions... et de réponses !

Pendant tout ce temps, avez-vous vu la fleur de votre jardin éclore... le sourire de celui que vous croisez tous les jours... l'attention que vous portent vos proches... ?

Je vous le demande

17. Le montage métaphore de la mort
Ecrit par Chézestin. 20-09-2008
Pasolini, dans l'expérience hérétique (1967) : "L'homme s'exprime surtout par son action... mais son action manque d'unité, c'est à dire de sens, tant qu'elle n'est pas accomplie... Mourir est donc absolument nécessaire parce que, tant que nous sommes en vie, nous manquons de sens et le langage de notre vie est intraduisible : un chaos de possibilités, une recherche de relations et de significations sans solution de continuité.". "Il y a toujours devant chacun d'entre nous une caméra virtuelle à la capacité illimitée qui tourne le film de notre vie de la naissance à la mort". Pour Pasolini, cinéaste, la vie est une longue séquence et la mort apparaît comme le montage du film de notre vie. Le montage est une métaphore de la mort, qui sélectionne et réunit en une séquence bien définie les seuls moments significatifs de notre vie.
Oh! mais qu'est-ce qu'il est compliqué ce Pasolini !

18. Merci à la vie
Ecrit par Jeanne. 21-09-2008
C'est miracle de se réveiller le matin. C'est inouï d'être en vie.
Je ne crois pas que la vie ait un sens et je me sens toujours submergée par un vif sentiment d'absurde toute la journée.
Camus en a si bien parlé dans "L'étranger" et ailleurs. Son livre et sa philosophie ont été le révélateur d'un sentiment indicible que j'avais d'être au monde. La mort accidentelle d'Albert Camus lui aura sans doute donné raison. Ce qui ne l'a pas empêché, sans être croyant, d'avoir foi en l'homme en "s'engageant".

Si un jour(ça arrive inéluctablement), nous connaissons la perte (la mort d'un proche ou d'un être cher, une rupture) l'injustice des hommes, tout simplement une "épreuve" (mot qui rassure car il donne sens), la vie est non-sens, ABSURDE. On ne peut plus dire mot. Que dire devant l'indicible ? Que dire après les génocides du Rwanda en 1994, alors qu'après la Shoah, on entendait le fameux "plus jamais ça"? On en reste muet.

On peut toujours aller voir un psychanalyste. C'est une porte comme une autre pour donner un sens. Tous les parisiens sont sur le divan. La position horizontale(seul) n'est peut-être pas la meilleure façon d'être-ensemble. On va finir par se parler par divan interposé. Pourquoi pas?
Être lucide n'empêche pas de résister et d'aimer vivre. J'ai une sainte horreur des petites phrases de Schopenhauer sur la vie.

Je me souviens de ce film, les "invasions barbares" (?!!!...) (pas vraiment adoré en raison de son pessimiste "Après nous, les intellectuels des années soixante, le déluge"). L'acteur principal qui se meurt, après avoir eu une vie trépidante, se demande quel est le sens de "tout ça". Sa conclusion est celle d'un esthète : la vie, c'est l'amour de ses amis et la beauté du monde; un autre film. Le non-sens est terrifiant dans "Match point" de Woody Allen (très beau film). La vie n'est qu'un affolant coup de dé, sans scrupules. On a de la chance ou en a pas. Très bien. En même temps, une telle morale nous fait baisser les bras car tout est vain, et, neutralise en nous, tout projet, tout devenir.

Pour ma part (très humblement), quand je lis les grands poètes et les grandes poétesses (de Marina Tsvetaeva à Henri Michaux), que j'écoute Mozart, je ne doute plus (le temps de l'écoute) que la vie ait un sens, qu'un au-delà, que le SUBLIME existe. La poésie, la musique, la peinture révèlent tout le MERVEILLEUX du monde. L'artiste ne le perd jamais de vue (c'est sa raison d'être : rendre visible l'invisible).

Aussi, je préfère CROIRE que nous sommes encore des enfants et qu'on joue tous et toutes avec bonté et cruauté. Mais le fond de ma pensée c'est que l'HUMAIN n'est pas encore né et ne naîtra jamais (ouf ou hélas ?). On sait aussi qu'il y a des espèces qui disparaissent. Je ne l'espère vraiment pas. Aussi, je chante cette sublime chanson de Violetta Parra "Grazias a la vida". Être ou ne pas être n'est pas ma question : maintenant qu'on est là, que fait-on ? Si on n'est pas content, on peut toujours rêver. Ou chercher midi à quatorze heures.

19. Entre le beau et la mal
Ecrit par gérard. 21-09-2008
J'aime beaucoup ce que dit jeanne sauf peut-être le couplet ( inévitable? )sur l'enfant. Non, je crois que nous sommes appelés appelés à devenir adulte et donc à accepter nos frustrations ( dixit Freud)et à purifier nos intentions des scories précisément de l'enfance.Pour le reste,je retiens cette idée d'un sens de la vie entendu de la bouche d'un contemporain sur france-culture :nous avons comme bornes à nos existences :le Beau et le Mal.Le premier nous est donné comme exemple par la nature et le corps humain.Le second est notre choix.Alors que fait-on si nous voulons , comme Sénèque, apprendre à mourir ?

20. pourquoi aurions-nous besoin d'avoir confiance ?
Ecrit par gérard tissier. 27-09-2008
Il existe une relation forte entre besoin de pouvoir faire confiance et le sentiment dit de "sécurité ontologique" qui concerne notre être-au-monde.
Cela s'applique à la confiance dans la poursuite de notre identité et dans la constance de notre environnement matériel et social.Nous croyons a priori à la fiabilité des choses et des personnes.Il s'agit de quelque chose d'émotionnel qui prend sa source dans l'inconscient.Nous devions faire confiance à notre mère à défaut de ne pouvoir imaginer l'impensable.D'ailleurs sommes-nous certains de pouvoir répondre positivement à la question" est-ce que j'existe vraiment ?



 
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