Qu'est-ce que l'argent ?
Écrit par Carlos Gravito   
27-10-2008

« Messieurs-dames, je suis dans un sale pétrin ! » adjurait un jeune chômeur dans le métro, « Auriez-vous une petite pièce qui me permettrait de prendre un repas chaud, dormir dans un lit ce soir et pouvoir rester propre ? ». On était le 26 octobre et, au café des Phares, Michel lança soudain à la corbeille « Qu’est-ce que l’argent ? », une action qui a suscité un vif intérêt chez l’animateur, Gunter Gorhan, et sur laquelle, craignant une éventuelle sacrée galère, les assistants se sont investis comme s’il s’agissait de leurs bijoux de famille.

Que dire ? J’avoue que, depuis belle lurette, je me suis fait tatouer un euro sur le sexe parce que, d’après mon conseiller en placement, j’aurais quatre avantages : 1) faire croître mon capital, 2) prendre plaisir à toucher mon euro, 3) être le seul à décider où le placer, 4) ne pas éprouver d’inconvénient à ce que l’on me pompe mes économies.

Le fait est que, tout le monde avait dormi une heure de plus, ce matin-là, et puisque c’est le matin en général que les affaires sont à la hausse (moment de sortir ses billes), le café des Phares ressemblait au Palais Brongniart, tellement les mains se levaient redoutant certainement que, si une baisse de la cote venait à s’enregistrer, il faudrait attendre une nouvelle poussée de testostérone, personne ne voulant se laisser rouler dans la farine. Ainsi, de Charybde en Scylla, on n’a pas eu de mal à ouvrir sa bourse, l’auteur du sujet ayant l’intention de « lier la question à la crise » et l’animateur l’acceptant « philosophiquement, au même titre que ‘l‘amour’ ou ‘la liberté’ » et ajoutant que « la réalité n’est pas ce qui est, mais ce que nous voulons qu’elle soit », ce que Marc II trouva « curieux, l’argent étant lui-même un moyen d’échange pour se rapprocher de la valeur » et que Michel III « ne comprit pas car, l’argent, instrument d’estimation de la valeur des objets, est devenu un objet lui-même », Agnès clamant que « dans une société communiste il n’est pas nécessaire », Martine II s’interrogeant sur « la valeur ou puissance, liberté ou pouvoir de l’argent, le communisme finissant en ‘goulag’ » et Britt pensant « qu’à notre époque l’argent est roi, formaté pour un rêve à atteindre et dominant nos désirs ; or la crise actuelle  remet en question ce rêve-là ».

Linda établit « la différence entre ‘valeur’ et ‘prix’ », donnant comme « exemple l’œuvre d’art dont le prix est fonction de la notoriété de l’artiste » et Marie revint sur « l’argent roi comme nécessité au niveau des rêves », un autre intervenant « pour le juger pratique, divisible, inaltérable » et quelqu’un d’autre encore pour rendre hommage « aux tricheurs du Moyen Age, ‘les rogneurs’ d’infimes particules des pièces de monnaie qui, collectées formaient des coquettes sommes », à la suite de quoi, Alfred en fit l’éloge pour être « sûr, multiforme et positif en philosophie », Gunter en résuma le « principe circulaire marxiste, ‘MAM’ (marchandise, argent, marchandise) », Nadia le désigna « d’imagination en mouvement qui, y intégrant la richesse, le fantasme, le rêve, l’eldorado, nous distancie du réel », Alain II ne voyant là « autre chose que le prix de la vie et de la liberté ».    

Comme si on était bourrés aux as, on boursicotait dans le domaine de l’aisance sans nous soucier de la précarité, lorsque Michel évoqua « le côté physiquement sale et malodorant de l’argent qu’il faudrait traduire en lettres et pas en chiffres » alors que, effectivement, on dit être dans la dèche, dans la panade ou dans la purée, lorsque l’on veut annoncer que l’on est dans la merde ; « la merde d’un seigneur au splendide chignon, assise au pied d’un champignon… », comme poétisa Victor Hugo dans « La Mouise ». En définitive, la pertinence de l’argent tourne autour d’une dette obsessionnelle dont les uns ne s’acquittent jamais et que d’autres paient chèrement ; étrange catégorie du rien, dont on perçoit difficilement la nécessité, mais qui circule allègrement dans les pages de nos grammaires, le verbe « chier » se conjuguant à « faire ». D’une certaine manière, comme le jeune chômeur du métro, nous étions dans le pétrin, sans savoir comment l’utiliser : version mixeur ou saladier ? En tout cas, l’engin tourne tout seul et on peut même faire autre chose entre temps, sans oublier toutefois de surveiller sa montre, sinon tout se trouve en purée. On en n’était pas loin, Pierre-Yves, tel s’il déversait sur les présents une « cornucopia » de soporifiques à dormir debout, nous gavant longuement d’une « histoire où il était question d’Héphaïstos qui, après avoir trahi quelqu’un d’autre (que je n’ai pas retenu mais qui, logiquement, ne pouvait être que Niké), aurait confondu ‘passion’ et ‘raison’ et baisa ainsi Athéna par les mollets, ce qui donna naissance à la valeur de l’argent ».   

Satisfait, pourtant, François entendit « que l’on avait là touché une notion fondamentale, la liberté, et qu’il fallait distinguer la morale (les Commandements) de l’éthique (façon de conduire sa vie », à quoi Martine ajouta une « couche d’or, celle qui recouvre la déesse Athéna et qui est expression de la beauté et de la lumière dans les icônes byzantines, magnifiant ainsi le précieux », Irène y vit « une tentative de quantifier le qualitatif ; un outil aussi parfait qu’une voiture si l’on sait conduire », Jacques jugea que « l’argent n’est pas l’infini ou l’absolu, mais un équivalent universel de la valeur et employé, comme la parole, pour séduire (une femme ou une affaire) », Nicole l’absout « parce qu’utile à la recherche et porteur d’autres côtés positifs, en tout cas pas un mal » et Gilles le chanta comme « Un ver dans le fruit / Argent roi / Prix et valeur / Prédateurs : prix-acteurs / Instrument : instru-ment / Population : aliénation / Une vie aliénée, Karl Marx ».

Un nouveau intervenant « tenta l’analogie avec les ondes hertziennes et considéra l’argent comme un fluide, tel que l’amour », Roschan trouva « moins de satisfaction dans le paiement que dans l’acte bénévole », Gabriel s’aperçu que « l’on ne peut pas définir l’argent, aujourd’hui, face à des enfants terribles, les traders », Francis critiqua « ‘l‘art-gent’ dans une époque d’argent mort pour des fous comme Van Gogh, la folie étant au prix des ‘croûtes’ », Jacques II se référa au « petit ‘a’ de Lacan, objet du désir, jamais fini, irremplaçable ‘l‘autre’ qui joue un rôle de frein, comme il arrive avec le radin se gardant de faire avec son argent ce qui l’empêcherait d’en rêver », Josepha rappela « l’amour entre les citoyens dans le donner et recevoir », Michel III le « ‘money talk’, tel un ‘espéranto’ » et Gunter mit fin à la séance, condamnant « le fétichisme de l’argent ».

Pourtant, n’oublions pas qu’il y a de l’espoir puisque, d’après ceux qui en ont, « l’argent ne fait pas le bonheur ». C’est un sacré réconfort pour les pauvres et, avant de terminer, je veux témoigner de deux fables de La Fontaine ; l’une décrit « Le fou qui vend [bêtement] la sagesse » du sens donné aux choses, et l’autre dépeint « Le savetier et le financier », le premier, qui chantait du matin au soir et dormait parfaitement la nuit, ayant préféré récupérer ses chansons et son sommeil quitte à rendre au deuxième les cents écus avec lesquels il les avait achetés. Moralité, dans l’océan agité de la finance mondiale, il ne faut pas se décourager dès que l’on a des dirigeants sages, inventifs et déterminés, connaissant de surcroît la caresse lubrifiée. Parce que je ne suis pas cachottier et tiens à redonner assurance au brave peuple suzerain, je vous fais donc part d’une probable confidence de son représentant, Monsieur Sarkozy :

- Le fameux « coup de pouce » à donner au « pouvoir d’achat » n’étant pas adapté à la nouvelle conjoncture monétaire, tenez-vous bien - dit-il - nous allons changer de doigt ; désormais ce sera le médius, ou le majeur, pour être clair, et ceci à partir de la Troisième.

 *   *   *

NDW : une analyse du film d'animation de Paul Grignon (ci-dessus) par l'équipe d'Arrêt sur images est également disponible sur Dailymotion.

 

LISTE DES COMMENTAIRES...


1. traduttore traditore
Ecrit par mécréant. 27-10-2008
Entre le site d'Oraison (funèbre ?)et les photos des chefs religieux (le prêtre, le rabin, l'imam, l'orange c'est le bouddhiste ?) je me suis demandée si c'était les religions qui étaient à l'origine de la traduction étonnante de "financial haven". Aux USA , la résidence secondaire de Dieu , les évangélistes conseillent à leurs ouailles de mettres leurs picaillons à l'abri : haven veut dire abri, = secret bancaire + loin du fisc. En traversant l'Atlantique, haven se prononce heaven ? alors ça veut dire paradis !
On passe de la planque fiscale au paradis fiscal.
Je sais bien que ça fait rêver, toutes ces îles offshore, les Seychelles, Maurice ou les Caraïbes, ça fait paradis sous les cocotiers, mais quand même je trouve ça rigolo. Surtout que, comme disait Polnareff, "on ira tous au paradis!"
Bon enfin la question n'est pas métaphysique, elle est juste linguistique, mais j'ai tellement ri en lisant Carlos que je me permets de poser cette question qui me fait rire aussi.

2. Qu’est-ce que L’Argent ?, Gunter
Ecrit par ROCA. 28-10-2008
Qu’est-ce que L’Argent ?, Gunter,
*
Argent, moyen, Valeur, objet, Pouvoir,
échange ...
change,
Le Ver est dans Le fruit, L’Avoir, Argent Roi, de L’Avoir,
Argent Roi, du Pouvoir, Le Prix, et, La ...Valeur,
de L’Argent, L’...Avaleur,
Valeur Travail, et, Valeur Bien,
ou, Valeur Lien ?, doute ... questionnement, question :
quelle priorité, de ... Valeur, en question ?
- “ Valeur 1 : Dieu, Valeur 2 : L’Argent”,
un “ juif errant”,
- “ Valeur première, Valeur unique, L’Argent”,
un’ Américain, black, errant,
jungle ... zoo,
Le casino, Loto ... “ sclérose’, en plaques” ?,
Le Marché,
Le Tout-Marché, de L’Argent,
Le marcher,
Le coût, marcher, de L’Art ...gens !, c’est Le prix, c’est Le temps,
on Le prie, on L’Attend ... Achat, Vente’, intérêt, richesse’,
sécurité, nécessité, réalité,
du prédateur, du prédaté ...
“ Votre’ Argent m’intéresse”,
un’ outil, instrument,
L’Argent, un’ intru, ment ... Argent, Dieu, Mammon, Lors,
Présent’, Étalon, Or ... “ Payez,
Payez, Payez pour nous ” * !, Pauvres ... Prêteurs,
* ( R Devos ), Pêcheurs, Prêcheurs, Pécheurs,
Pauvres ... “ gnous” !,
et, d’Aval en’ Amont, ( M Jolivet ),
Possédés du démon,
de L’Argent, Le timon,
des merveilles ... des ...monts,
de L’Argent,
troc’, Art ...gens !, marchandise ... Profit,
et, Accumulation,
de L’Avoir, Possession,
Argent, fin, Le défi ... croissance’, économique’, et, marchandisation,
y croît ...sens’, du trafic ... Argent, spéculation,
financiarisation,
Argent, fascination, niches ...
fétiches,
banque’...y’...est
Grand’ Argentier ... et, Accumulation
y est’ Aliénation ... “ Moins Vous’ êtes,
et, d’Autant plus Vous’ Avez,
et, d’Autant plus grande’ est
Votre Vie Aliénée ”, Karl Marx, / Gilles * Roca,
Cas-fée Philo des Phares, 26. 10. 2008, en ces-jours de Brumaire,
La Parole’, Argent, phare’, Argent, triviale’- poursuite, Argent, “ quai des brumes”, erre, G R

3. après haven ou heaven avec un e ....
Ecrit par mécréant e. 28-10-2008
ROCA a recours aux paradis artificiels ? tabak prozak ou schnouffette en plaque, le résultat est le même alors on est nombreux à lui demander d'aller s'exprimer sur un site d'appellation poétique.
D'avance merci Gilles,
si l'animateur du café des Phares vous donne la parole, vous pouvez parler bien sûr, mais par écrit ici on n'entend plus rien (entendre au sens de ouïr mais surtout au sens de comprendre).

4. Douteux
Ecrit par Jeanne. 28-10-2008
L'article de Carlos est drôle, c'est vrai, mais le contenu est rien de plus éloigné d'un débat philo. Peut-être que c´était comme ça le débat ? Si décousu ? Une si longue collection d'opinions au premier dégrée? Je voudrais bien savoir. Et puis, quel est le besoin d'introduire de blagues grivoises macho-phalocratiques ? Vous avez fait rire qui ? On vous reconnaît un certain talent de plume, mais sachiez qu'il n'est pas à toute épreuve...

5. Désoeuvrement
Ecrit par Odile alias Jeanne 1. 28-10-2008
Voler les pseudos des gens est d'une stupidité grave. En effet, je reconnais là la verve de certains désoeuvrés idiots et frustrés. Carlos est trop fin pour faire des blagues douteuses. Merci, grâce à des personnes malveillantes comme vous, plus personne ne s'exprime sur ce site. O.

6. Les prénoms Odile et Jeanne sont des pseudos ?
Ecrit par 1. 28-10-2008
Jeanne = 1 ? Ah non, 1 et 3 c'est moi, la mécréante , et j'assume mes 2 textes.
Mais je reconnais que moi aussi on m'avait pompé mes premiers pseudos, c'est pour ça que je change tout le temps. Je comprends la contrariété de 5 , et comme elle j'ai peur que bientôt personne n'ose plus s'exprimer ici. Ce serait dommage.

7. Vierges, d'accord...
Ecrit par Carlos. 30-10-2008
... mais pourquoi effarouchées ? Et les saints innocents ? Faudra-t-il les porter à la boutonnière ?

8. Le sujet du film ?
Ecrit par 5. 30-10-2008
Carlos, vous êtes fin, mais vous n'avez rien pigé au film. Le n°4 s'est fait passer pour moi alors qu'il est tout simplement un homme "café-philiste passablement éméché. Quant à moi, à 58ans, je suis encore vierge mais pas effarouchée. Si votre instrument fonctionne encore, on pourrait peut-être essayer d'oeuvrer. Ca aidera peut-être au bon fonctionnement du site. Ou au sujet peut-être ? Cordialement. Odile T.

9. Pseudos
Ecrit par Raphaël. 31-10-2008
Voilà à quoi ça mène cette habitude d'utiliser des pseudos. Autant signer les articles clairement. Vierges effarouchées, pseudos piqués, saintes fachées. Carlos, lui, n'a pas besoin de pseudo pour balancer des blagues, pafois quand même d'un mauvais goût certain, comme celle du sexe tatoué.... Il y a de quoi émécher nos dévotes.

10. il n'y a pas que les clients du café parisien qui lisent ce site
Ecrit par paodile. 31-10-2008
ça c'est ben vrai, msieu rafaèl, quand on habite la Motte Beuvron faut signer de son vrai nom. Comme ça on est reconnu tout de suite.
Et pi d'abord si Jeanne est un homme aux Phares, moi chui pas parisienne alors faut m'expliquer les moeurs de la capitale.
Et chui d'accord,les blagues de Carlos il yen a de drôles et yen a de très mauvais gout. Mais on lit ce qu'on veut ici, on ne critique pas ce qu'on ne lit pas et pi c'est tout.

11. Parisien ou pas, ça change quoi ?
Ecrit par Raphaël 2 (qui n'est. 01-11-2008
Pochuible, Sainte odile, ex-Jeanne (moins sainte mais toujours vierge). Même à la Motte Beuvron, on a une opinion et on ne voit pas pourquoi se priverait-on de l'exprimer. Cha vou plé pa ? Qu'est-ce que ça peut me faire ?

12. une philosophie de l'argent aux phares?
Ecrit par Georg Simmel ( 1858-. 01-11-2008
Bonjour amis. Je suis connu comme ayant développé une démarche intellectuelle particulière et comme l’auteur de la "Philosophie de l'argent".
Je me suis penché sur la transformation du lien social qui résulte des sociétés modernes en tant que cette transformation aura été largement éclairée par le rôle de la monnaie qui est au centre de l'articulation entre l'individuel et le collectif.
En effet l'argent a servi historiquement, à mesurer non seulement les choses mais aussi les hommes. ( la valeur d’une vie en termes de compensation de la perte économique ) Si l’argent a participé à la liberté individuelle il est aussi devenu une fin en soi -et non plus un simple moyen d'échange- il participe à la tragédie de la culture moderne où la valeur des choses prend le pas sur les personnes, puisque la possession de l'argent est devenue supérieure à la possession des biens.
Ce qu’il faudrait bien comprendre selon moi aujourd’hui , c’est qu’avec l'économie monétaire, la "sphère de l'être", se sépare de la "sphère de l'avoir", L'immédiateté des rapports d'individu à individu de type communautaire a été remplacée par la mise en place les structures supra-individuelles d'une société moderne. Ici encore, l'individualisation s'en trouve renforcée en n’épargnant que la famille et l’amitié, et, à un autre extrême, le sentiment patriotique ou de l’appartenance à une communauté humaine.

L'usage de l'argent, en rendant les relations économiques plus objectives, tend à "lisser" les fluctuations économiques.( par le crédit et les transferts sociaux) Pourtant, cela n'empêche pas la possibilité de crises financières car celles- ci proviennent du fait que l'argent est en train de perdre ses aspects "objectivants". En effet, en cas de "bulle financière", les individus fixent la valeur des choses, et de l'argent, non plus en fonction d'une donnée "objective" mais en fonction de ce qu'on estime être l'estimation faite par les autres, d'où les phénomènes de "bulle spéculative" et de "panique boursière"; il s'agit donc d'un retour vers la fixation "subjective" de la valeur de l'argent.(j’ai trouvé cette grille de lecture développée par un économiste contemporain, et j’y souscris totalement )

Bref, en développant le "relativisme" et la capacité de comparer, l'argent risque toujours de mener à un excès ; qu'on finisse par penser que "tout vaut tout". Dans ce cas l'argent reste alors la "valeur ultime". (la télévision et à l’audimat, par exemple, ou au cinéma,...) Cela aboutit au déclin de la « distinction » (au sens que chaque chose est différente d’une autre et non interchangeable) L'effet "niveleur" qui touche les objets s'exercera également sur les individus chacun devenant semblable à son prochain, on ne distingue déjà plus les compétences des uns et des autres ce qui n'est pas sans rappeler la "tyrannie de la majorité" de Tocqueville.
J’espère encore que trois domaines resteront épargnés de ces effets niveleurs de l'argent : la culture, le corps et la dignité humaine mais je vois bien que le fait de m’être mis là ou je suis me rend trop optimiste.
Je vous laisse donc à votre avenir puisque comme disait Woody Allen ,c’est là où vous passerez vos prochaines années.Bon courage.

Georg Simmel a construit une "sociologie formelle". Cette démarche signifie que pour appréhender une réalité insaisissable, parce que trop complexe, il est nécessaire de s'appuyer sur des modèles, ou constructions mentales qui permettent de comprendre les réalités sociales.

13. ça s'en va et ça revient!
Ecrit par gabriel. 01-11-2008
"....Des millions au ministre,dont il est défendu de lui demander compte,des primes qui tournent au profit des sangsues du peuple ,la liberté indéfinie du commerce.....Les erreurs ou on est tombé à cet égard me paraissent venir de deux causes principales:les auteurs de la théorie du libre marché.....Vous,législateurs, souvenez vous,que vous n'etes point les représentants d'une caste de privlégiés,mais ceux du peuple français,......" . En raison de l'automne, catastrophique socialement,un député s'est exprimé ainsi devant la chambre des représentants.....C'était le 2 décembre 1792,il s'appelait Maximilien.

14. effets niveleurs de l'argent ?
Ecrit par B. Cassine. 01-11-2008
Eh oui...ce cher Maximilien, c'était la belle époque ça ! ce temps où grâce à la guillotine on pouvait faire des assassinats sous les applaudissements de la foule !
Bon alors revenons zà nos moutons. Ce futur où nous passerons nos prochaines années comme disait si bien Woody Allen :
l'effet niveleur de l'argent, je comprends mal, "Georges" peut expliquer mieux ?
Et quand je pense aux fortunes dépensées en chirurgie esthétique ( silicone dans les seins ou dans les fesses suivant les pays)je ne vois pas où le corps est protégé ....de quoi dites-vous ?
Aux états-unis on sait bien que pour espérer devenir président il faut disposer d'une somme d'argent colossale, pour une campagne électorale spectaculaire etc etc je ne sais pas si la politique qui suivra sera différente quelque soit l'élu : voir du côté de l'armement, toujours l'argent !
Bon alors je vais finir moi aussi avec une note d'humour un peu sioux, un noir à la maison blanche, c'est un impératif catégorique pour une démocratie , au nom des minorités invisibles : les daltoniens.

15. Qu'est ce que l'argent?
Ecrit par roshan. 01-11-2008
Nous savons tous pourquoi l'argent souscite une polémyque (qu'on vient de lire dans toutes ces commentairesles), émotions déchainées, les proverbes azymuts, les citations moralistes ou contraire. C'est parce que l'argent nous touche tous, ceux qui l'ont et ceux qui n'en ont pas. On peux ne pas reconnaître Dieu ou douter de son existence, renier les réligions, mais quelqu'un qui dit très désinvolte que l'argent ne l'intéresse pas, est soit un hypocrite, soit un milliardaire qui l'a hérité tout bêtement par chance. Certes, l'argent n'est pas tout! Parfois, ce n'est même pas assez! En fait, avec tous les prêts, cartes, crédits et hypotdhèques qu'on peut obtenir aujourd'hui (d'accord, pas aujourd'hui), quelqu'un qui n'est pas endetté à mort n'a pas vraiment fait l'effort!

16. L'argent c'est de la M...
Ecrit par Une sainte. 01-11-2008
Je regrette, ça arrive que l'argent n'intéresse pas. Ni milliardaire, ni hyprocrite, tout simplement à côté de la plaque peut-être et surtout très tenace. Seulement on ne vous croit pas ou on vous prend pour un idiot(e). C'est terrible : on ne peut plus dire que nos valeurs premières sont l'amour, l'amitié, tout ce qui a trait à l'esprit, on vous fait interner tout de suite en HP.

17. la peau-rouge sioux, blanchie à la Michael Jackson pour l'effet niveleur, répond à roshan
Ecrit par B. Cassine. 01-11-2008
Ceci n'est pas une polémique, c'est une réflexion. D'ailleurs plus je relis la démarche intellectuelle de Georg Simmel, mieux je la comprends; donc je commence par remercier la personne qui nous a permis d'y accéder.
Maintenant si je vous dis " désinvolte(?)que l'argent ne m'intéresse pas", ce n'est pas pour les hypothèses que vous soulevez (avec la jalousie qui accompagne toujours le mot héritage aux Phares) mais parce que c'est son utilisation qui m'intéresse. Et comme je suis paresseuse (eh oui je ne suis pas "endettée à mort, alors j'ai vraiment pas fait d'effort") eh bien je ne vais pas perdre mon temps à vous énumérer tous les Al Gore qui financent les vaccins etc, etc, (ah les sales bourges) je me contente de chanter avec Gabriel (commentaire 13), l'argent "ça s'en va et ça revient " on en a on n'en a plus et la vie continue.

18. Si l'argent n'a pas d'odeur pourquoi le blanchir ? !
Ecrit par Georges. 01-11-2008
La monnaie nationale de la Roumanie (jusqu'au 2005) a été LEUL, le Lion (trad.fr).
Le comble des aberrations de l'économie communiste était le fait que le communisme, via sa monnaie nationale, été représenté par le symbole du capitalisme, le Lion, comme predateur et roi des animaux.

Voir la Chine et son système communiste-capitaliste!

par Georges de Bruxelles, Geo Brux Belg

19. Le coût (goût) de la vie
Ecrit par Carlos. 02-11-2008
Consterné d’avoir reployé sur leur pudibonderie les âmes quinteuses, sans montrer du dédain je donne quittance d’un débat dont je me moque et sur lequel, non sans faire le tri de mes paroles, j’ai pris le parti de me dilater la rate, jouant ainsi le tout pour le tout, afin de garder ma mise après l’inconvénient d’avoir consenti au jeu.
Beaucoup se sont hérissés en rince-bouteilles, alors que, n’en déplaise aux lecteurs de « La Philosophie de l’Argent » de Simmel Georg, parue en 1900, il me semble que l’argent n’est pas un objet philosophique. Certes, d’après l’auteur, « il permet aux individus de s’affranchir de la puissance des choses », bien qu’il soit lui-même une chose et qui plus est, « une chose qui ne sert à rien en [elle-même] à part être convertible en une marchandise ou une autre », ce qui ferait d’elle « un élément de la liberté des Hommes vis-à-vis de leur environnement… permettant aux catégories plus susceptibles d’être opprimées de subsister (notamment les étrangers, les émigrés ou les spéculateurs) et de surmonter des situations de crise. »
Désolé mais, si Simmel qu’il fut, l’argent dont parle Georg, c’est de la monnaie (pas ce qu’elle représente) et une étude de sa nature ou de son action ne trouve pas de place dans le connaître philosophique ; même s’il a des aspects scientifiques, tout rapport à l’argent est aux antipodes de la sagesse et, ne recelant aucune éthique, n’a pas d’assise philosophique, tant que le mendiant ne fait pas lui-même le choix de sa condition de désargenté.
En somme, il n’y a pas de quoi fouetter un chat (pour rester dans le lyrisme pudique), et il faut bien que je me réserve de quoi vivre, tellement j’ai peur de mourir sans avoir suffisamment ri.

20. devoirs et droits
Ecrit par la mécréante. 02-11-2008
Plus on nous enquiquine avec la crise financière par-ci les OGM par là, plus j'ai envie de rire moi aussi. Mais comme le café des Phares n'est pas un lieu possiblement décontracté ( entre le devoir de ceci, le devoir de cela, le devoir de mémoire aujourd'hui, ouhla !) je pensais que le droit à l'humour existait encore sur ce site ? Alors merci de continuer Carlos.



 
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