La démocratie a-t-elle besoin de sauveurs ?
Écrit par Marc Goldstein   
10-11-2008

Tout d’abord, après mes rodomontades de la semaine dernière, je me réjouis du choix de ce sujet. Bravo à celui qui l’a proposé et bravo à l’animateur de l’avoir retenu.

Inutile de dire que je regrette de n’avoir pu me joindre à l’assemblée pour ce débat. En m’appuyant sur le compte rendu détaillé qu’en fait Marc, merci à lui, et au risque d’être un peu hors sujet, j’ai envie de réagir un peu à brûle-pourpoint.

 L’intitulé du débat pour commencer : « La démocratie a-t-elle besoin de sauveurs ? » D’emblée j’aurais naïvement envie de répondre : bien sûr que non, les messies c’est un truc pour les poltrons de l’existence ou les bigots. Ce dont elle a besoin, c’est d’hommes d’État intègres, bien informés, au jugement solide, capables de prendre, souvent dans l’urgence, des décisions difficiles et aussi sans doute être aptes à un minimum d’impopularité. Mais à bien y réfléchir, l’ironie implicite du terme « sauveur » est stimulante et, pour le coup, je trouve ce titre fort à propos.

En filigrane, du terme « sauveur », il me semble discerner, mais peut-être que je me trompe, une sorte d’aversion pour la notion de leader, de chef. De mec qui sort du lot, quoi. En creux, il y a le rêve d’une humanité pleinement mature, qui se gouvernerait par elle-même. Quel beau rêve que celui-là ! Même celui de MLK paraît dérisoire à côté. Il a animé nombre d’expériences révolutionnaires, collectivistes et anarchistes ces deux derniers siècles. Je ne suis pas historien et je m’attends là-dessus à des contradicteurs plus affutés que moi. Toutefois, il me semble que l’échec de ces tentatives possède une racine commune, et que sur cette question, on pourrait faire un peu de philo. La racine que je vois, c’est une forme d’aveuglement volontaire qui consiste à nier l’existence de la compétition inhérente non seulement à l’homme mais plus fondamentalement encore à la vie.

Ce truc si basique qu’est la compétition et la sélection, j’avoue qu’à titre personnel je vois mal comment on pourrait en faire l’économie et même comment on pourrait éviter d’en faire l’un des fondements d’une organisation sociale qui tienne la route. Bien entendu, par-dessus l’ADN et la sélection naturelle il y a l’Humanité, la Culture, la Civilisation et l’arrachement à la nature etc… qui fonde de manière très crédible la possibilité d’une auto-amélioration de l’homme. En définitive, il me semble que c’est là la clé de la différence entre ce qu’en politique on appelle depuis deux siècles la droite et la gauche. La gauche fait le pari de l’améliorabilité de l’homme. Voilà qui est certes noble et exaltant, mais aussi risqué. La droite en revanche cherche d’abord à organiser cette pulsion vitale compétitive pour, affirme-t-elle, le bien du plus grand nombre. Utiliser l’homme tel qu’il est en quelque sorte. C’est un peu moins exaltant mais difficile de nier qu’il y ait là un indéniable fond de sagesse. Il y a donc deux sagesses qui s’affrontent et aussi deux directions pour s’égarer.

Sur ces questions, il m’a toujours semblé qu’être très sûr de soi et avoir des convictions inébranlables témoignait tantôt d’une exaspérante mauvaise foi tantôt d’une morne simplicité d’esprit. Un exemple de ce manichéisme un peu bébête, qui est intervenu je crois durant le débat, c’est par exemple de prétendre que le mythe du self-made-man est incompatible avec la notion de solidarité. La société américaine en fournit une bonne illustration.

On a coutume d’entendre dire qu’en matière d’aide humanitaire, le gouvernement US est l’un des plus pingres qui soit. Sans vouloir rentrer dans une querelle de chiffres, je crois effectivement qu’une telle affirmation est assez fondée. Ce qui est vrai aussi, et que l’on s’empresse de taire chez nous, c’est que les dons volontaires des particuliers à des fondations de toutes sortes, que chacun peut faire dans n’importe quel centre commercial, est très significatif comparé à ce que nous-mêmes pratiquons. C’est donc une cuistrerie que d’affirmer que le mythe du self-made-man, qui effectivement sous-tend toute la mentalité américaine, empêche la fraternité avec ses semblables. Sur un plan strictement moral, le recours à la générosité individuelle m’apparaît même supérieur à notre générosité institutionnelle.

Pour revenir à la question des convictions inébranlables, le véritable courage m’apparaît à l’inverse être celui du doute et du forum intérieur. Pour le dire autrement, il me semble qu’une partie significative des conflits politiques ou militaires qui déchirent notre planète pourraient être évités si une plus grande proportion d’individus acceptait de transférer une dose un peu plus grande de conflit à l’intérieur de leur propre cervelle. C’est pas très confortable certes, mais en définitive c’est peut-être ça le vrai progrès.

Bon, alors comment on met un place en tel programme ? Ben.... je sais pas trop… Encouragé par l’exemple pionnier du NPA, je crois quand même que je vais me présenter aux prochaines élections non sans avoir au préalable fondé le PPCI : le Parti Pour le Conflit Intérieur. Tout comme l’illustre facteur charismatique, je ne sais pas trop où je vais, mais c’est pas trop grave… Allez premier sondage, qui vote pour moi ?

OK, assez déliré, je reviens au sujet du jour. L’aversion pour la désignation d’un leader, d’un chef vient du fait qu’il existe une assez curieuse perversion de la notion d’égalité entre les hommes. On a coutume de la nommer égalitarisme, bien que le vrai sens philosophique, je crois, soit assez différent et plus nuancé. Alors que l’égalité des hommes, fondée en dernier ressort sur l’existence d’un libre arbitre, concerne leurs droits, leurs devoirs et leur dignité, les exaltés de l’égalitarisme voudraient quant à eux aller encore plus loin. Et revendiquer par exemple l’égalité matérielle.

Dans sa forme extrême l’égalitarisme est incarné par ces personnages toxiques et sinistres que sont les psychopathes qui veulent faire le bien de l’humanité, en quelque sorte, « malgré elle ». Genre Robespierre avec ses imprécations à la Vertu. Talibans, Staline, Robespierre même combat : celui de la pureté idéologique. Les antipodes du forum intérieur.

Sur un versant plus politique le courage du forum intérieur, c’est peut-être le pragmatisme. Et en pensant ici à la gestion dans l’urgence de la crise financière en Europe par le trio Sarko, Merkel, Brown, disons pour rester modeste, qu’on aurait pu tomber plus mal que sur ce trio-là. On peut lui reconnaître je pense d’avoir mis, pour un temps, les idéologies au placard. Et Obama qui affirme cette chose toute simple « vouloir prendre le temps de réfléchir », je trouve que, ça aussi, c’est plutôt de bon augure. Désolé Günter d’être si optimiste !

Le pragmatisme est-il forcément un renoncement ? Un manque de vision ? Pas sûr, peut-être qu’on peut aussi y voir une forme de courage, celui d’accepter qu’une partie de la complexité du monde nous échappe et qu’il y a surtout des urgences à résoudre. Peut-être entrons-nous dans une période où la complexité et le chaos planétaire nécessitent, non pas des sauveurs, mais des individus capables avant tout de penser en temps réel la nouveauté. Qu’on apprécie ou non leurs actions ou leurs intentions, Sarko et Obama me semblent appartenir à cette catégorie d’hommes politiques pragmatiques et non sectaires.

Voili, voilou…

Enfin, moi aussi, 45 ans après MLK, je formule un rêve ;-) : celui de voir dans nos débats (aux Phares comme dans leur prolongation sur ce site) remplacer les élucubrations de 2 lignes, la poésie trash, les introspections nombrilistes des innombrables bobos de l’âme, les interminables tirades pseudo-étymologiques, les calembours à deux balles recelant je ne sais quelle ineffable vérité, les voir remplacer dis-je, par l’instauration d’une pratique de débat argumenté, contradictoire et vigoureux, exprimé dans une langue intelligible à tous et sans recours exagéré aux mêmes sempiternelles figures tutélaires, à propos de thèmes (dont il ne faut pas inventer pendant deux heures un sens qui n’existe pas) qui nous incitent chacun à réfléchir sur notre le rôle dans la vie de la cité.

 

Écouter le débat : c'est ici.

Sujet connexe : En démocratie, le peuple a-t-il toujours raison ? par Carlos ; par Marc

 

LISTE DES COMMENTAIRES...


1. élucubration de 2 lignes + calembour à 2 balles
Ecrit par pauvre illettrée. 11-11-2008
"yes we can", moi aussi je peux (faire le café). Et "cogito ergo sum", moi aussi je pense (des bêtises). Les phrases avec un sujet et un verbe, ça me laisse sur ma faim. Pas vous ?
Je m'appelle Blond. Jaimes Blond. Et je vous serais reconnaissante de bien vouloir éviter de porter un jugement aussi prétentieux sur nos commentaires.

C'est à Pirmin que je réponds bien sûr. Ses "rodomontades" m'avaient déjà lassée, mais jamais je n'aurais imaginé qu'il grimperait sur le piédestal de Martin Luther King pour nous balancer un pavé aussi indigeste aujourd'hui. Pour qui se prend-il :
ça veut dire quoi "être très sûr de soi témoigne d'une morne simplicité d'esprit" ? Vous parliez de vous ? excusez-moi mais je dois avoir un QI de coccinelle.

2. "timidité mienne!
Ecrit par carrera nicole. 11-11-2008
si je ne m'exprime sur ce site,c'est tout simplement que je ne me sens pas"a la hauteur c'est la réponse que j'adresse a Daniel en particulier.néanmoins j'apprécie les dimanches passés au café des phares.

3. Un vers vert en col ère ?!
Ecrit par ailes sur toiles. 11-11-2008
à la hauteur de quoi ? PAR RAPPORT à QUI ET POURQUOI FAIRE ? SOMMES NOUS DANS UN CLUB SPORTIF ? ALLEZ LAISSONS LES MAUX ...
Et au Café des Phares prenons un vers !

VERS ton verre je m'incline et d'un revers de main j'aperçois à l'orée d'un pré vert une source où le vers qui sort vert ne manque pas d'éclat mais peu importe sa forme, vermoulue, vert ou gris ,rouge sang, vers à soi , sens inVerse,il est là l'Animal !
Animalus des vers verts du désert ou nageants en eaux troubles, je repars de ce pas reprendre une autre goutte de ce vers qui laisse le goût et l'odeur vers l'essence du bonheur
un zeste qui reste sur le rebord d'un verre comme un parfum de rêve
Sylvia vous salue Vertuellement

4. Jeux de mots à la con...
Ecrit par Golgoth. 12-11-2008
Je vous le dis tout net : si Gilles et Sylvia se mettent ensemble, c'est pas moi qui garde les gosses.

5. mdr
Ecrit par Sylvia. 12-11-2008
il est drôle le garçon !!

tu sais pas ? j'ai une nounou de 69 ans qui cherche du taff alors no soucis pour nos gosses !
( en plus là on était plutôt en forme ...alors imagine !
mais non tu peux pas ... faut être con naisseur !)

6. et si Pirmin n'avait pas tort?
Ecrit par right way. 12-11-2008
on a beau citer maints exemples historiques de démocratie en danger recadrée, revigorée, refondée par des leaders plus ou moins charismatiques, non la démocratie à besoin de personne.il y a le peuple ( nous ) le peuple et le peuple. les élites cela n'existe pas ( où on leur coupe la tête ) C'est terrible, il y a la crise en france apres 12 ans de Chirac et on attends personne,surtout pas de sauveur en 2007. tout le monde s'en fout puisque la démocratie cela tourne tout seul !ben oui l'égalitarisme démocratique, c'est le truc où tout le monde est d'accord ! on parle d'un noir à la tête de la plus grande nation et le mythe du self made man ressort alors qu'il est ce president issu des grandes école.
le probléme" c'est toujours de relier le discours au faits !et d'arrêter de penser à ce que pense le voisin.. Pirmin par contre nous parle de la rivalité, de la compétition.Un truc de mec, non ? et avant l'individualime , c'était quoi , la guerre des groupes, des clans. De même essence? non car le "nous" qui identifiait les hommes, exclut, c'est tout.
Quand à Robespierre, il disait ,il n'y a pas de République sans vertu.j'aimerais bien que l'on me démontre qu'il avait tort, lui.surout maintenant.non ?

7. Pseudos, courage & co.
Ecrit par Paul. 12-11-2008
right way et réparateur, c'est Gérard, non ? J'dis ça parcequ'on comprend rien a ce qui raconte, c'est un signe... :-D

8. Pirmin , j'ai pas voté pour lui. C'est quoi son programme déjà
Ecrit par l'illettrée. 12-11-2008
il disait quoi Robespierre ? moi je croyais qu'il était mort. Mais je me trompe peut-être, je suis pas philosophe.

9. La démocratie A-t-elle’ besoin de sauveurs ? ( Gérard Tissier )
Ecrit par ROCA. 14-11-2008
La démocratie A-t-elle’ besoin de sauveurs ? ( Gérard Tissier ),
____________________________________
*
un dimanche ... midi, Brumaire ... 2008’, Au “ Cas-fée des Phares ” ... “ premier Bistrot-Philo”,

Paris, intra muros’, où filent ... bas, filent’...haut, s’étirant, Vers Le bas, s’étirant, Vers Le haut,

paroles ... des ...pensées, des ...mots, des ...bas, des hauts,

bière ... philosophale, dominicale-poursuite, À ...prendre ... La Bastille, À ...prendre ... La pastille, et ...maux,
des ...mots’, entre ... troublants ... trous noirs, en geyser’, entonnoir, éclaireur, éteignoir, des ...mots,
pleins, des ...liés’, égrainé, sablier, petit blanc, petit noir,

dit(s) ...vain(s), paradisiaque(s), des ...mots ...niaque, sur L’échiquier, damier, blanc et noir,

mots - passoir(e)s, des phares, de La pensée, de La Pensée, des Phares, ...

*

“ Ils’ ont’ échoué, parce qu’ils n’Avaient pas commencé par Le rêve ”... Shakespeare,

Le “ rêve’ Américain”, Martin Luther King’, Jesse’ Jackson’, rêve sauveur, Libérateur,
Barack’...a son’ histoire, “ L’histoire qui nous fait ... Le cœur meilleur,

Les’ yeux confiants ”, ... Voltuan, ... de ses’ enfants, pour un monde meilleur,

pas’ un monde de fées ... Au bas mot ... Obama !, initiateur, innovateur, refondateur, transformateur,
de nos Valeurs, non pas L’Argent,

maître(s) du monde, Dieu, et, Mammon, mais, bien, L’Art ...gens !,

non de démocratie du Leurre, mais, bien, de L’heure, de La démocratie, “ maintenant’, et, ici ”,
de nos Pensées, Soucis, mais non, mais non ... Mais ...si ! Pensée, Souci, deux fleurs,

de La Philosophie, du monde ... L’Autre ... Soi, de notre, humain, défi,

ma foi !, notre’ humaine Valeur ... Gilles Roca,
*

Cas-fée-Philo des Phares, de La démocratie, 9.11. 2008,

démocrate poursuite’,

en ces-jours de Brumaire,

démocrates brumes ... errent, G.

10. Noir Désir , Obama ou B. Cantat ?
Ecrit par une passante. 14-11-2008
C'est ça "la poésie trash" ? BRAVO ROCA !
C'est Pirmin qui va être content.
Pour compléter rêve de PL/MLK , il ne manque plus que "la tirade pseudo-étymologique" : alors rappelons-nous que trash en américain ça veut dire corbeille à papiers, et que ça vient de Tactically Random A(?) Spam Heuristic, et reprenons les paroles des assassins de "la Bastille à prendre , la Bastille, à prendre etc" sur un air de B Cantat (vous savez, celui qui a échappé au sacro-saint devoir de mémoire, il tue une femme et 4 ans après c'est lui le gagnant des perdants).
Au siècle dernier on l'aurait envoyé à Cayenne, jouer de l'harmonica au violon, mais puiqu'il va nous donner des cours de morale et de philosophie politique maintenant, vive le sauveur de la la gauche !

11. démo crash he
Ecrit par Sylvia. 15-11-2008
POUR passante !!!qui es tu toi qui juges ?
file au s'off !
...............................
*******************************

Mon rêve familier je le raconte aux ombres
Qui viennent chaque soir s’asseoir auprès de moi
Je les sens sans les voir silencieuses personnes
Et lorsque mes larmes coulent
elles ne me jugent pas

( voilà , comme ça en passant des mots de moa à vous )
et ailes sur toiles vous CHANTE aussi le temps des cerises ( magnifique reprise ): M sans N
:)

12. réponse à Sylvia
Ecrit par la passante. 15-11-2008
Je ne juge pas, je suis très choquée, c'est tout. Maintenant on va arrêter d'embêter Pirmin avec nos plaisanteries à 2 kopecks et vos poèmes heu... trop beaux. Je préfère rire avec un texte dit sérieux (merci Pirmin) que de m'attrister devant un texte dit drôle (style Dieudionné ou Bigard), et j'espère que demain le débat nous permettra de partager des points de vue différents sur un sujets inédit.
J'espère aussi que Pirmin est sans rancune, et je lui souhaite un bon week-end. La squaw qui passait par là.

13. AILES SUR TOILES
Ecrit par AILES SUR TOILES. 15-11-2008
PHILOSOPHIE D'UN POEME , dîtes ... IDEE A METTRE EN PLACE ?! ...PEUT-ETRE dirait Gide :)
Vous me tenez la main cruelles certitudesEt le soir m’entraînez dans les ténèbres brunesPas un jour ne passa sans un élan de plumesOù ensemble nous marchions pour rejoindre la Lune.Vous dire que la vie n’a pas vraiment d’éclatJe joue, je ris mais ce n’est qu’un combatCet espace qui rime au son de votre voixC’est l’ envie qui m’habite et ne me quitte pas.Mon rêve familier je le raconte aux ombresQui viennent chaque soir s’asseoir auprès de moiJe les sens sans les voir silencieuses personnesEt lorsque mes larmes coulent elles ne me jugent pas.Si un jour vous croisez deux ormes témoins Caressez leurs écorces avec douceur et voluptéIls vous diront les choses qui dansent avec le ventMais que seul un poète comprend et puis ressent

ALLEZ 7 FOIS J'FILEEEEEEEEE

14. encore des poèmes ?
Ecrit par 13. 16-11-2008
Youlountas aussi écrit des poèmes ! Comme il sera aux Phares dimanche prochain, entre Roca et Sylvia tout le monde sera heureux : il nous expliquera très poétiquement comment O. Besancenot, entouré de ses 2 copains assassins à la prochaine fête de l'huma (Rouillan et Cantat), va faire sa révolution anticapitaliste. Pourvu que Pirmin garde son calme.
La passante, pas superstiteuse vous voyez Pirmin : je signe n°13. Et j'ajoute que vos commentaires sur Obama outre-Atlantique m'ont peut-être fait rire, mais que je suis tout à fait d'accord avec votre point de vue politique et économique côté France et Europe. Je trouve Gunter très philosophe mais j'ai du mal à le suivre quand il parle politique, d'où mes réclamations répétées pour qu'on évite de se battre là-dessus aux Phares.

15. Mais de quoi parlez-vous ?
Ecrit par Perdu dans l'espace. 16-11-2008
Bonjour, la passante. D'accord pour l'exaspération vis-à-vis de la mauvaise poésie et de l'abus de ceux qui s'autodénominent (ou chargent ses copains de le faire) poètes. Encore pire : poètes - philosophes. Rien que ça !
Mais, enfin, quel rapport ? Peut-on savoir qui est Rouillan (sorry pour l'ignorance) ? Et d'où tenez-vous que B.Cantat va nous "donner des cours de morale et de philosophie politique" et se présenterait comme le sauver de la gauche à côté de Besançenot ?

16. réponse à 16
Ecrit par 15. 16-11-2008
Bonjour Perdu dans l'espace. Pour avoir plus d'info côté ultra extra gauche, lisez peut-être l'huma ?
Je personnellement n'ai entendu que des discours de Besancenot à la radio : il protégeait Rouillan à sa sortie de prison. Et Bertrand Cantat a écrit 2 chansons pour revenir sur scène. Je le pensais en liberté conditionnelle mais je vois que la vie d'une femme ne vaut pas grand chose en France.
Donc ce B. Cantat chante joyeusement "le temps des cerises" + un "gagnants-perdants" très gôcheboborévolutionnaire. Quand j'ai appris que lui aussi irait chanter à la prochaine fête de l'huma, je me suis dit que le Youlountas de service dimanche prochain serait ravi. Entre poètes n'est-ce pas ...
Une précision s'impose : que la vie d'une femme, une maman en plus, ça ne vale pas grand-chose d'accord. Mais côté Rouillan, ce n'est pas une quantité négligeable qu'il a assassiné, c'est un riche PDG ! ça change tout pour un gauchiste, non ? Bon alors à la radio Besancenot disait à sa veuve (Mme Besse) que "le passé était le passé" et que bla bla , j'ai éteint parce que au palmarès de Rouillan je crois qu'il y a aussi un ingénieur, abattu froidement dans je ne sais plus quel contexte. Conclusion la vie humaine dans la démocratie ça ne vaut pas grand chose et vive la révolution !

17. on vous dit que des sauveurs,y' en a eu !
Ecrit par right way. 30-11-2008
je viens de passer 2 jours à Ivry.il y a une rue Robespierre et un rue ST Just.je ne sais pas s'il y a aussi la rue des saints sauveurs mais bon c'est démocratique et républicain,Ivry. non ? alors la démocratie et les sauveurs, vous en pensez quoi ?toujours le peuple, le peuple?

18. Quand on doit tuer quelqu'un ça ne coûte rien d'être poli (W. Churchill)
Ecrit par Nadia. 01-12-2008
La démocratie a besoin d'hommes d'envergure,de redoutables stratèges sachant s'entourer car la politique est plus dangereuse que la guerre. A la guerre, on ne peut être tué qu'une seule fois. En politique, on peut l'être plusieurs fois. Notre malheur, c'est d'avoir laissé la voie libre aux opportunistes de tous bords qui n'hésitent pas à retourner leur veste (Besson &co). Ils sont légion !!!

19. La vie ou la voie libre ?
Ecrit par Marc. 01-12-2008
Je prends comme exemple le commentaire de Nadia [18] pour illustrer la difficulté de se faire comprendre (quand on écrit) et de comprendre (quand on lit), les différents niveaux de lecture et la diversité des interprétations possibles.

1) Lecture dite rapide : La politique est plus dangereuse que la guerre parce qu'on peut être tué plusieurs fois. Notre malheur, c'est d'avoir laissé la vie aux opportunistes au lieu de les abattre.

2) Lecture dite logique : La politique est plus dangereuse que la guerre parce qu'on peut être tué plusieurs fois. Cette assertion est fausse pour deux raisons. D'abord, le terme « tué » est employé au sens propre dans un cas et au sens figuré dans l'autre, donc ne recouvre pas la même réalité (l'homme politique est toujours en vie). Ensuite, le fait de pouvoir être tué plusieurs fois est bien moins dangereux (et non pas plus dangereux) que de mourir du premier coup ; ainsi, disposer de plusieurs vies est plus enviable que de n'en avoir qu'une. Enfin, quel lien logique établir entre le fait de pouvoir être tué une ou plusieurs fois et celui « d'avoir laissé la voie libre aux opportunistes » ? Aurait-il fallu les envoyer à la guerre ? Regrette-t-on qu'ils aient plusieurs vies ?

3) Lecture dite interprétative : Le métier de politicien comporte des dangers et demande de la force et de la stratègie. Mais il ne tue pas, contrairement à la guerre. Tantôt en disgrâce ou placardisés, tantôt à nouveau sur le devant de la scène, les hommes politiques disposent en quelque sorte de plusieurs vies virtuelles, comme dans les jeux vidéo. Ce qui permet aux opportunistes, aux moins scrupuleux, de toujours rebondir en retournant leur veste. C'est parce qu'ils défendent avant tout leurs intérêts au lieu de défendre ceux de la communauté que les opportunistes sont condamnables.

4) Lecture dite critique : Quelle organisation a besoin de minables, de piètres stratèges ? En quoi la politique est-elle plus dangereuse que la guerre ? Est-ce parce qu'elle en décide ? Décider de tuer est-il plus dangereux que de tuer ? Est-il plus dangereux de faire de la politique ou de risquer sa (seule et unique) vie à la guerre ? En quoi notre malheur est-il dû aux opportunistes ? Le fait de retourner sa veste est-il toujours condamnable ? Etc.

5) Autres lectures : Les lectures et interprétations ci-dessus ne représentent qu'un échantillon parmi des dizaines d'autres.

20. Qu'est-ce qu'une pensée sans affect ?
Ecrit par Nadia. 03-12-2008
Tout ça est très intéressant mais franchement, j'ai écrit ces deux lignes à "la va vite" comme d'habitude, sans relecture car malheureusement je n'ai pas le temps d'écrire comme je le souhaiterais. Il est vrai que ce sont souvent des idées "à chaud" que je jette non pas sur le papier mais directement sur l'écran. J'aimerais rassurer tout ceux qui se promènent sur ce site. Ce n'est pas un appel au meurtre!!! Je n'ai aucunement l'intention d'attenter à la vie de qui que ce soit. Evidemment c'est une boutade! Par ailleurs, j'ai grandement apprécié les diverses interprétations de marc . La prochaine fois j'essaierai de limiter les dégâts en étant plus explicite mais honnêtement je ne crois pas pouvoir échapper ,au pire à la dissection et, au mieux au contentement. Quant à une pensée asséchée, sans affect, je m'en méfie comme de la peste. Elle fait de nous des animaux dénaturés sans âme. Amitiés à tous Nadia



 
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