Quoi dire, quoi faire et quoi penser ?
Écrit par Marc Goldstein   
28-12-2008

On finit l’année en apothéose. Sur les douze sujets proposés par les participants au café-philo dominical, l’animateur choisit : « Quoi dire, quoi faire et quoi penser ? » J’ai immédiatement pensé à cet autre sujet, qui avait été naguère proposé par un ami, et non retenu – on se demande pourquoi –  « Pourquoi choisit-on si souvent des sujets nuls ? » L’animateur tendit le micro à l’auteur du sujet, qui avoua : « Cette question reflète l’état dans lequel vous m’avez mis. »  Autrement dit, on était dans la réaction instinctive, dans l’affectif pur et non pas dans une ouverture à la réflexion. Exit donc la philosophie. Sujet suivant, pensais-je. Que nenni ! C'était sans compter sur l’imagination débordante des cafés-philistes et l’envie de parler, de parler et encore de parler sur tout et n’importe quoi, envie consubstantielle au lieu. Je m'en vais vous raconter ce que j’ai retenu du débat, en l’émaillant de réflexions toutes personnelles. Je dois cependant préciser que mon point de vue ne reflète pas celui de l’assistance, car la grande majorité m’apparut très satisfaite du sujet choisi et de la qualité des échanges. Je vais donc passer une fois de plus pour le grincheux de service, mais après tout…

Les ShadoksTelle qu’elle est formulée, la triple question posée est étrange : est-ce le début d’un véritable questionnement ou sonne-t-elle comme un aveu d’impuissance ? Ou alors, s’agit-il d’opposer le libre arbitre au déterminisme spinozien ? Un intervenant vit dans les deux premières questions la mise en avant du sujet, alors que dans la dernière, l’esprit serait davantage à l’honneur ; en effet, « quoi penser » ne dépendrait pas du sujet, contrairement au dire et au faire, car les idées lui viendraient indépendamment de sa volonté. Cependant, l’intervenant suivant fit judicieusement remarquer que si l’on ne commande pas ses délires, on peut au moins orienter ses pensées... Certains s’étonnèrent que « penser » figure en dernier. Ne doit-on pas penser avant toute chose ? Apparemment non. Et surtout pas au café-philo ! aurais-je envie d’ajouter. Ce qu’il faut au café-philo avant toute chose, c’est… « dire » ! Parler. Ah ! Parler !... Ce n’est pas pour rien qu’il figure en premier dans le sujet : « Au commencement était le verbe »…

Le doute radical contenu dans le sujet fit dire à une participante qu’il n’y a pas de quoi sans pourquoi. Et que donc, c’est le pourquoi qui donnerait la réponse, et la clé serait dès lors dans l’intentionnalité, dans la motivation. Mais c’est bien sûr ! Eh bien non, ce n’est pas sûr du tout. Lorsque je me demande « quoi manger », je me fiche bien du pourquoi (le fait d’avoir faim, par exemple) mais je m’interroge sur quelle nourriture serait bonne pour moi au moment où je me pose cette question. Là encore, n’est-on pas à mille lieues d’un véritable questionnement philosophique ? N’est-on pas plutôt dans la construction mentale d’une justification d’un sujet qui n’a aucune visée philosophique ? Vous avez des doutes ? Je continue… après la pause « culture philosophique » que tout animateur se doit d’égrainer au cours d’un débat. Cette pause se traduisit en deux citations, une de Heidegger : « Rien n’est sans pourquoi », et une d'Angelus Silesius : « La rose est sans pourquoi », histoire d’enfoncer le clou sur le fait qu’on tenait là un bon, un vrai sujet philosophique. Je profite de l’occasion pour enfoncer un autre clou : on trouvera toujours – j’insiste sur le toujours – deux penseurs disant exactement le contraire sur n'importe quel sujet. C’est à se demander si le propre d’une idée philosophique n’est pas, justement, de ne jamais faire l’unanimité.

Mais revenons au sujet dans lequel un participant vit trois pistes de réflexion : la première, c’est que quoi, pourquoi et « pour quoi » recouvrent trois interrogations différentes, c’est-à-dire engendrent trois sujets de réflexion différents ; la seconde, c’est que la frontière entre le faire et le dire est souvent floue, faisant référence à l’ouvrage Quand dire c’est faire de John Langshaw Austin : quand le maire dit « je vous marie », ce qu’il dit est en même temps un acte ; la troisième, c’est qu’il vaut mieux agir sans attendre d’avoir tout compris, sinon on n’agit jamais. Un autre participant défendit l’idée que dire, faire et penser vont nécessairement ensemble. Simplement, ils peuvent être faussés, subir des dérives : ainsi le dire peut-il devenir du blabla, le faire de l’affairisme et le penser des idées toutes faites. La vraie question serait alors : qu’appelle-t-on dire, faire, penser ? Ben non, la vraie question n’est pas là : « quoi dire ? » n’est pas la même chose que « qu’appelle-t-on parler ? » Pour d’autres, la vraie question était : « Qu’est-ce qui vaut la peine de… » Le sujet paraissant tellement flou, signe d’une formulation trop vague, les reformulations et autres tentatives de remplacement du vocabulaire ne tardèrent pas à faire leur apparition : il s’est alors agi d’opposer « penser » à « réfléchir » et d’entrer dans des considérations linguistiques permettant de faire la distinction entre « que dire ? » et « quoi dire ? » Et il en sortit… pas grand-chose ; sinon que pour certains « quoi faire ? » relèverait de l’énigme alors que « que faire ? » relèverait plutôt du choix de solution. Et alors ? Alors, on s’en fiche puisque le sujet contient « quoi » et non « que », pensais-je. Mais bon, ça a permis de tourner en rond quelques minutes de plus, et un tour de manège gratuit, ça ne se refuse pas.

À propos de tourner en rond, ce que fit remarquer un participant – oui, je me sentis moins seul l’espace d’un instant –, l’animateur justifia le choix du sujet par une rhétorique brillante à laquelle je n’ai strictement rien compris et dont je n’ai absolument rien retenu. Ce que j’ai retenu, en revanche, c’est le fait que l’absence de présupposé du sujet convoque la notion de liberté. Effectivement, ce qui peut effrayer dans l'énoncé du sujet, c'est le vertige que donnerait la liberté de tout dire, de tout faire et de tout penser, ou bien encore celle de dire, de faire ou de penser n'importe quoi. Mais cette liberté n'est-elle pas toute théorique ? Deux attitudes ont également été relevées par l’animateur, face au sujet : y a-t-il des choses qui doivent être dites (faites, pensées) ? ou faut-il plutôt examiner le désir sous-tendu par la question ? Question piège ou vraie question (question impliquante) ? Bien sûr, il convenait de ne pas trancher... Pourquoi ? On n’en a rien su. Pour faire dans le social, sans doute. Pour pouvoir élargir le champ du débat, pour pouvoir parler de plus de choses ayant moins de rapport avec le sujet. Allez savoir… Bref, ne pas trancher, c’est mieux.

« Sans salut, sans espoir, la question n’a pas de sens » finit par dire le père du sujet. On n'allait quand même pas donner dans le mystique, maintenant ? Sans attendre la réponse, je décidai de décrocher. Misère de misère. Le dernier café-philo de l’année, et le pire pour moi. Tous les ingrédients étaient réunis : sujet bateau qui ratisse large, absence de problématique, débat centré sur « comment donner de la consistance à un sujet qu’on ne sait pas par quel bout attraper ? » J’imaginais un instant le désarroi de Kant, si au lieu de choisir : « Que puis-je savoir ? Que dois-je faire ? Que m’est-il permis d’espérer ? » il s’était vu imposer : « Quoi savoir, quoi faire, quoi espérer ? » Et encore, il s’en serait peut-être sorti par une pirouette comme celle-ci : « Aie le courage de te servir de ton propre entendement ! » En effet, la réponse ne pourra venir ni de quelqu'un d’autre ni du café-philo ; seul celui qui se pose ces questions peut y répondre. Voilà, le débat aurait été plié. Il aurait duré moins d’une minute. On aurait enfin pu parler de tout et de rien. De rien, surtout. On aurait recommencé un café-philo, en somme.

 

Sujet connexe : À quoi bon ? !

 

LISTE DES COMMENTAIRES...


1. Quoi dire, quoi faire', et quoi penser ? Éric Auzanneau
Ecrit par ROCA. 30-12-2008
Quoi dire, quoi faire', et quoi penser ? Éric Auzanneau,

Quoi dire ... faire ... penser ... nous Laisse-t-il ... coi ?, dire ... ce que L'on pense, penser ce que L'on dit, si !,
dire ... ce que L'on fait, faire ... ce que L'on pense ... dit ... faire, ... pourquoi ... Pour ... quoi ?
La Vie, quoi !, de L'eau ... de ...Vie ... quoi !, de quoi ... À ...quoi !,
quoique ... quoi ... que ... quid' est' ?, être ... soi-même, dis, fais, pense, par toi-même !,
sois ce que tu Veux, Aime !, sois ce que tu es, sème !,
" Les mots sont Les passants ... mystérieux, de L'Âme, Car Le mot, que L'on sache', est' un' être ... Vivant, Car Le mot, c'est Le Verbe', et Le Verbe ... c'est Dieu ", Victor Hugo, Alter' Hugo, mais non,
mais non ... Mais ...si !
Le Verbe créateur, de L'Agir, créActeur, " doute ... questionnement ", de L'Âme, dire ... faire ... penser, Vie...Vent
mystérieux, intention, et, motivation, causalité, complexité, méditation, et, réflexion, Acquise ... non' innée,
cueillir, et, Accueillir, et recueillir, se recueillir, Parole ... Pleine', en' Acte', ... Incarnée, qui co-naît,
Parole ... Vraie, L'impact', s'impliquer, s'expliquer, présupposés, oser ! ... Dire ... faire ... penser ...
passé présent, passer ... de ...Venir ... À ...Venir, de Le forme' Au fond, passe, ... passer,_____________
se dépasser ...
" La forme ... c'est Le fond, qui monte' À La surface ", Victor Hugo, Alter' Hugo, dire ... faire ... penser ...
c'est La porte ... d'entrée, La porte ... de sortie, du trait, et du retrait ... La clef ... des ...plaies, c'est ...
L' Émoi ... " Chuchotements', Et ...Cris ", Ingmar Bergman', Porte ... Parole, Forte ... Parole, c'est dit,
" Fermez La porte ... derrière' moi, Dites ... que je serai parti . Tout ce que je ... n'Vous' Ai pas dit,
Derrière' La porte, sera écrit ", Djoudi Larbi, co-naître ... faire ... connaître ... ce qu' espérer ... Kant' ... À penser ... c'est prononcer ... qu'est'-ce que L'homme ? ... Créer ... procréer ...
co-créer ... co-naît ...sens', ________________________________________________________________
du monde ... L'Autre ... Soi, de L'Histoire, de La Vie, c'est Le Sens' ! ... Gilles Roca,
________________________________________________________________
Cas-fée Philo des Phares, en dire ... faire ... penser ... phare, 28. 12. 2008', en ces-jours de Nivôse,
dire, faire, penser, triviale'- poursuite, ... de présupposés ... ose !, G R

2. fau-t-il commenter ou rendre compte ?
Ecrit par Olivier V. prof de p. 01-01-2009
A mon avis, si les commentaires se font rares, c’est en grande partie parce que les comptes-rendus des débats sont de plus en plus souvent négatifs. Il faut voir ici celui de Marc, qui de plus, est le webmaster, qui dit que le débat était « le pire de l’année » (!). Quelle politesse faite à l’animateur, qui, me semble-t-il, était un invité ! Il termine ainsi : « …parler de tout et de rien. De rien, surtout. On aurait recommencé un café-philo, en somme ». C’est ça l’idée qu’il se fait d’un café-philo le webmaster d’un site consacré au… café-philo. Ce n’est pas un peu le monde à l’envers ?
Comment voulez-vous que de gens s’intéressent à des débats auxquels les acteurs, les gens impliqués (au moins sur ce site), n’y croient pas ? Ne serait-il plus logique de charger des gens qui croient aux débats de faire ce compte-rendu ? Par expérience, quand on décroche, d’une conférence, d’un exposé ou d’un cours, par manque d’intérêt, j’imagine que pour un café-philo ça ne doit pas être très différent (au niveau de l’attention), on n’y comprend pas grand-chose. Je donne pour preuve cette « pause culture philosophique » (il est vrai que l’expression est drôle), que Marc rapporte comme « …en deux citations, une de Heidegger : "Rien n’est sans pourquoi", et une d'Angelus Silesius : "La rose est sans pourquoi", sans relever (s’il s’agissait d’être critique) que la première n’est pas une idée de Heidegger, mais que remonte à Aristote, et surtout à Leibniz, le « principe de raison suffisante », et que Heidegger travaille pour la mettre en question. Le même échange est rapporté par M. Gravito ici, comme ça : « deux propos, l’un de Heidegger ‘rien n’est pourquoi’ et l’autre de Silesius ‘la rose est sans pourquoi’ ». On est en plein n’importe quoi ! Gravito n’a pas bien entendu, c’est possible, mais qu’il n’a pas compris non plus, ça c’est sûr.
Alors, deux possibilités :
1) Le débat était si nul et incompréhensible que ça. Dans ce cas c’est Britt qui a raison (qui « comprend la frustration de Marc et Carlos devant le blabla d’un café-philo… », qui n’apporte de solution ni à l’intégrisme, ni à la guerre ni à la crise. Comme c’est touchant !). Mais ça tombe bien, non ? Cela lui permet de faire la pub pour SON café-philo puisqu’il tente de faire « autrement », si j’ai bien compris). D’ailleurs deux de précédents débats, « la complexité du monde… » et aussi « ce que le jour doit à la nuit » paraissent également futiles et suscitent peu de commentaires. Je vous conseille alors de vous abstenir de compte-rendu (et, du coup, du galimatias de Roca). Personne n’en mourra, mais le café-philo ne perdra pas semaine après semaine de sa crédibilité.
2) Les rapporteurs, par manque de culture philosophique ou par mépris (mais une chose va souvent avec l’autre), et sans doute par manque d’humilité, ratent le fond de l’affaire, ne suivent pas, et forcément trouvent ça nul. Je reviens donc à ma première considération : pourquoi le compte-rendu sont faits par des gens (au moins c’est clair, dans le cas de Marc) qui visiblement n’aiment pas le style, le ton et l’esprit des café-philo ?
Une proposition complémentaire : Que Marc anime un café-philo de temps en temps… puisqu’il semble aussi bien savoir ce qui est philosophique ou non. On verra bien.

3. Réponse à Olivier V.
Ecrit par Gunter. 02-01-2009
L’analyse d’Olivier V. me paraît tout à fait pertinente et me donne une forte envie de lui proposer de venir un dimanche matin animer les Phares. Je suis sûr que les autres animateurs seront d’accord avec cette proposition.
Les profs de philo qui acceptent d’animer un café philo ne sont pas, en effet, légion, surtout à Paris…Mais peut-être Olivier V. n’est pas Parisien – cela fait partie des mystères du monde virtuel…
P.S. : La tonalité des comptes-rendus publiés sur le site ne semble pas avoir un impact sensible sur les participants réels, « en chair et en os » puisque leur nombre ne diminue pas depuis des années. Par ailleurs, il me semble pratiquement impossible de rendre compte de nos échanges de façon fidèle, il y manquera toujours un élément essentiel : l’épaisseur de la parole (orale), la présence réelle qui met en jeu bien plus que des idées et des concepts.

4. Je ne suis pas ce que je sais...
Ecrit par Carlos. 02-01-2009
... et ne trouve rien à redire au chant des coucous; si Olivier V. est quelque chose, il n’a pas fini avec son fardeau. Irrité par le café philo de Britt, il « ‘racle’ si bien le fond de l’affaire », qu’il veut que l’on ‘croie’ aux débats des Phares. Tiens, j’y pense ! Ne pas y ‘croire’ ne signifie pas en décrocher, bien au contraire, c’est s’inquiéter du cours des événements et ne pas rester envoûté comme moineau par une dérisoire faute de frappe. En outre, que le bon mot « ...sans pourquoi », vienne de Leibniz ou d’Aristote et que celui de « la rose... » soit de Silésius ou de Duns Scott, ce n’est pas un ‘suppositoire’ pour moi. La philo n’est pas une idole ; « si elle fleurit, c’est parce qu’elle fleurit ».

5. Réponse à la réponse..
Ecrit par Olivier. V. 02-01-2009
Justement, je suis bien loin de Paris. C’est pour ça que je profite (je profitais ?) de ce site pour m’informer, car la démarche des cafés-philos m’intéresse. Mais, même si j’étais de passage sur Paris, je n’accepterais pas votre aimable invitation à animer. Je commencerais pour venir en tant que participant, pour voir, justement, comment faites- vous, les animateurs expérimentés, et cela plusieurs fois, car d’après ce que j’ai compris, vous êtes bien différents.
Vous me rassurez si vous dites que le niveau des participants ne change pas. Car à la lecture on ne pourrait pas l’imaginer. On songerait à une désertification galopante. Et m’en voilà doublement frustré, car je n’ai toujours pas de réponse à ma double alternative. 1) Les débats sont-il si mauvais ? 2) Ou les rapporteurs sont-il bêtes et méchants ?
Développons : 1a) Les animateurs son bêtes. 1b) Les participants sont bêtes et les animateurs sont incapables d’élever le niveau 2x) Les rapporteurs sont méchants. 2y) Les rapporteurs sont bêtes.
Mais si 1 n’est pas vrai, 2 doit l’être, soit dans la version x ou dans la version y ou les deux. Si 1 est vrai soit en a ou en b, 2 n’est pas vrais et il faudrait la corriger : Les rapporteurs sont intelligents et bienveillants et on devrait leur être gré de nous délivrer de l’imposture des cafés-philos, dans laquelle une bande de rigolos (combien sont-ils au fait, au café des Phares ?) animés par un incompétent, tournent en rond d’une façon navrante pendant deux heures.
A ce titre, je trouve bien rigolote la réaction de Carlos Gravito. Vous critiquez mais on ne peut pas vous critiquer. Déjà ma remarque visait bien plus l’article du webmaster, mais bon, c’est vous le plus susceptible.
Bien sûr que « le fond de l’affaire » (Passons sur la faute de frappe… tout le monde en fait) n’est pas de savoir si c’est Sibelius ou Mr. Scott (de Star Treck), encore qu’il vaille mieux ne pas les confondre, au risque de conclure que Le Nom de la Rose est « sans pourquoi ». Le fond de l’affaire est dans votre phrase : « Ne pas y ‘croire’ ne signifie pas en décrocher, bien au contraire, c’est s’inquiéter du cours des événements». Je crois à moitié : parce que, justement « croire » n’est pas adhésion béate ni fois du charbonnier. C’est comme si je manifeste pour la paix, c’est bien que je crois à la paix, non pas comme si par miracle tout le monde allait se donner la main. « Croire » ici, c’est la souhaiter, la préférer, même si elle n’est pas pour demain. C’est un minimum de désir de comprendre, d’amour pour l’objet, une disposition à trouver ce qui a de bon. C’est le « Je crois pour comprendre », de Sait-Augustin. Cela s’appelle aussi la bienveillance. Et la générosité aussi : donner ce qu’il faut pour que cela devienne bon. Tenter le coup, persévérer. Les animateurs, je pense, «croient» aux débats, mais dans ce sens, les participants aussi. Et je ne pense pas qu’ils soient naïfs ou qu’ils se laissent tous bercer par de chants de coucou.
Mais répondez, enfin : ce sont les débats ou vos compte-rendus qui sont mauvais?

6. Va savoir ce qui est mauvais !
Ecrit par Carlos. 02-01-2009
Je me disais bien que, pure esbroufe, la faconde d’Olivier V. n’allait pas plus loin que le M. Scott des séries télévisées et autres Star Trek que j’ignore. Je lui parlais de John Duns Scott, moine et philosophe franciscain du XIII siècle, béatifié en 1993.

7. hommage à Louis
Ecrit par Gabriel. 02-01-2009
Dans une lettre à Jean Lacroix du 25-12-1949,Louis Althusser évoque la photographie publiée en première page de l'Humanité avec la légende suivante:un groupe de cheminots attend le train officiel pour faire connaître au ministre socialiste l'opinion des travailleurs du rail."Je joins à cette lettre la photo des cheminots de Dijon...J'espère qu'on ne dira pas de nous un jour,devant la force tranquille et la dignité de ces hommes:Le philosophe n'était pas venu au rendez-vous des cheminots."
Soixante ans après, des hommes meurent dans les rues,la misère sociale explose,des cheminots sont en grève...Au Café des Phares on se demande:Qoi dire?Quoi faire?Quoi penser? On ressent l'impuissance devant ces questions.
Si dans ces commentaires, des philosophes professionnels interviennent,ils devraient venir au rendez-vous des gens qui cheminent vers des réponses à ces questions,à la manière de Louis Althusser,et non pas nous faire retomber dans des zizanies d'écoliers dont la quantité chutait.

8. LA PHILOSOPHIE DANS LA RUE
Ecrit par BRITT. 03-01-2009
Bravo, Gabriel, de nous ramener aux réalités de la rue. A gloser ainsi dans les hautes sphères de l'abstraction conceptuelle et à chipoter sur la provenance des citations - Leibniz, Heidegger ou Aristote ? - on oublie trop facilement ce qui nous entoure. Le but des cafés philo n'est-il pas précisément de faire descendre la philosophie dans la rue ? (sans pour autant en faire une philosophie de comptoir). Mais sortons donc des querelles académiques, pour que la pensée devienne enfin un instrument à la portée de celui qui veut bien s'en servir pour penser AUTREMENT que le prêt-à-penser et toutes ces méthodes ayant prise sur notre inconscient (nouveau management, psychologisation des rapports, développement personnel) veulent nous imposer. Sortons de ce que Bernard Stiegler appelle la "chrétinisation" (voulue!) pour devenir acteurs de notre vie et de notre société. Socrate est bien descendu dans l'agora d'Athènes pour poser les questions essentielles aux protagonistes de la cité. Tout commence par la remise en question - les philosophes sanctifiés ne devraient pas en être exclus.

9. Quoi dire, quoi faire, quoi penser pour que l'année 2009 devienne l'an neuf ?
Ecrit par Yannis Youlountas. 04-01-2009
Salut Marc, Gunter et les autres,

C’est toujours un plaisir de vous lire à quelques centaines de kilomètres. Votre verve nous ravive dans la grisaille froide et immobile de la société.

Pour info, je viens de commettre un édito sur ce sujet, avec une légère touche d’optimisme qui vous surprendra peut-être : “Pourquoi l’an 2009 peut devenir l’an neuf”.

À mon prochain repas, je lèverai mon verre (de Gaillac rouge) à votre santé pour avoir le plaisir de vous lire encore longtemps...

Encore merci de votre accueil aux Phares, le 23 novembre dernier ("L'espoir est-il une illusion ?").

Fraternellement à vous et à vos lecteurs,

Y.Y.

10. Des leçons de café-philo?
Ecrit par Françoise. 04-01-2009
Gabriel nous sort Althusser et Britt applaudi. Quelle trouvaille ! Comme si maintenant il fallait aller à la rencontre des cheminots pour trouver quoi dire, quoi penser, quoi faire. Et pourquoi voudriez-vous qu’un ouvrier ait de meilleures réponses qu’un philosophe, universitaire ou pas ? A l’époque on pensait savoir quoi faire: faire la révolution. Bien sûr, quand on pense comme ça, on sait bien quoi dire. Le débat de ce dimanche avait le mérite de nous montrer qu’un dire vrai, un penser vrai et non pas tout fait, et un faire intelligent et non pas une simple agitation, ce sont les choses les plus difficiles à trouver. L’idéologie toute faite a pu être d’une certaine aide dans les décennies de la guerre froide, elle ne l’est plus. Quand à descendre dans la rue, c’est toujours la même démagogie: « arrêtez vous de penser, il faut agir » ; ne voyez-vous pas que entre ça et l’anti-intellectualisme d’un Sarko il n’y a pas de différence ? Qu’est-ce que c’est que faire descendre la philosophie dans la rue ? Arrêter de philosopher, se mettre à manifester ? Mais qui vous dit que nous n’allons pas manifester, que personne ici n’est engagé dans le syndicalisme ? Mais quand on fait de la philo, c’est justement pour prendre du recul. Et on a bien envie de laisser les banderoles au vestiaire.
M. Britt fait un café-philo avec des intervenants illustres (vont-ils à la rencontre des ouvrier ?), donc une conférence-débat au lieu de donner la parole aux gens, il est bien mal placé pour venir nous dire ce qu’un café-philo devrait être puisqu’il n’en fait pas un. Ici, nous essayons de penser, c’est tout. C’est la philo, bonne ou mauvaise. Et nous avons le droit. Pas besoins de leçons de moral politique de Gabriel ni de la pub de Britt. Ce n’est pas chipoter sur la provenance des citations, ce sont les comptes-rendus qui posent problème : très bien exposé par Olivier V., puisque quelque messieurs, surtout le webmaster, se sont donné le droit de trouver mauvais tous les débats. Mais que font-ils ici, donc ? Allez dans la rue avec Britt! Ou au collège de France avec Marc ; tout le monde sera content !

11. Quel sens de l'humour !
Ecrit par Olivier V.. 04-01-2009
Carlos, vous perdez bien vite votre légendaire sens de l'humour. Bien sûr que je savais que vous parliez de Duns Scott. c'était une blague! C'est fou comme vous vous prenez au sérieux tout d'un coup ! Le webmaster, lui, l'a compris, qui m'a mis une jolie photo de Mr. Spock en lien. Sauf qu'il pense que je confondais à mon tour avec celui-ci. En fait c'est lui qui a oublié (eh oui, le temps passe !) qu'à bord de l'Enterprise, il y avait un Mr. Scott, l'ingénieur chef, un Ecossais. Il faut réviser ses classiques... Je sais, on est loin de Descartes ou Kant, mais bon, si vous aviez relevé Sibelius à la place de Silesius, vous auriez compris. Maintenant, vous n'avez qu'à écouter le poème symphonique « Finlandia » pour vous calmer. Ou lire Le pèlerin chérubinique. Et il vaut mieux, car vous n'avez toujours pas répondu à ma (facile) question à alternatives multiples. Ni Marc, d'ailleurs, qui est bien plus concerné que vous.

12. Non, Olivier,
Ecrit par Carlos. 04-01-2009
je ne cherche pas la mésentente et, soyez-en sûr, j'apprécie toute sorte de contestation, dont la vôtre; c'est toujours un moyen d'avancer.

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