La raison du plus fort
Écrit par Carlos Gravito   
05-01-2009

Jean de La FontaineLe 4 Janvier, une fois terminées les réjouissances habituelles de la période charnière du calendrier, pour ce premier débat de 2009, l’an dont le dessin est d’expédier sans état d’âme les années à double zéro, les habitués du café des Phares, venus y lutiner la philosophie, se sont trouvés face à la bienveillante question posée par Nadia : « Que peut-on opposer à la raison du plus fort ? », que l’animateur, Daniel Ramirez, choisit de dépiauter, l’auteur du sujet ayant dévoilé « l’origine de son idée, tirée de la moralité ‘La raison du plus fort est toujours la meilleure’, recelée dans la fable ‘Le loup et l’agneau’, de La Fontaine, au moment où l’on voit tout ce qui se passe à Ghaza, des dizaines de personnes y étant tuées lors de la recherche d’une autre ».

« La raison du plus fort est toujours la meilleure ! » Belle mentalité, n’en déplaise au poète moraliste, qui fait passer le plus faible pour un idiot, malgré les bonnes raisons qu’il a de défendre la convenance de sa conduite ; le simple bon sens laisse entendre, en effet, que le plus fort est celui qui a la logique la mieux fondée or, dans le cas du loup, sa raison se convertit en... En quoi ? En mauvaise foi, une inexorable défaite de toute réflexion, devenue inutile devant la force, qui s’avérerait la meilleure option pour les cas de mésentente. Ça me contrarie ! Tout se passe comme si Voltaire disait « Je ne partage pas vos idées, raison pour laquelle je n’en ferai qu’une bouchée ! »

- C’est un texte que je traite avec mes élèves, dit Annick, car on peut remarquer qu’à chaque argument et contre argument, se suivent d’autres allégations. Le rapport de force n’est donc pas seulement physique.
- Mais la fable commence par la morale, répliqua l’animateur et, évoquant Machiavel aussi bien que Nietzsche, il mit l’accent sur la fascination de la force dans la pensée politique du XIX siècle.

Quelqu’un rappela alors que « sur la terre les éléphants sont les animaux les plus forts tandis que sur la mer ce sont les baleines, toutefois cette force est inutile vis-à-vis de l’agilité des autres bêtes », Pierre-Yves insistait « la morale se dégage normalement de la fin et, si l’auteur la place au début, c’est pour assurer la circularité du temps et du raisonnement », Martine se référa « au droit comme tentative de justification », Daniel fit remarquer « les deux sens de plus fort : raison dont le plus fort fait état, et raison qui n’est pas celle du plus costaud », Gérard s’appuya « sur l’argument de Nietzsche qui ne donne pas au plus fort une possibilité d’avoir raison mais d’user de magnanimité », et Alberto évoqua « le symbolisme du loup dans notre civilisation, ainsi que de l’agneau, victime sacrificielle, figure de l’innocence ».

Agnès pensait que « la faiblesse affichée crée un sentiment de peur et que, afin d’être fort, on se bat pour le pouvoir politique et intellectuel. Il faut se demander en premier lieu pourquoi est-on faible ; peut-être en raison de la désunion ou de l’adversité », occasion pour l’animateur d’annoncer « les raisons des victoires de Mao, basées sur les stratégies de retrait et de harcèlement développées par Lao Tseu, qui ne démontrent pas une faiblesse mais le parti que l’on peut en tirer, bien que ça marche de moins en moins bien », et pour un intervenant de citer le « si tu veux la paix prépare la guerre » de Végèce (‘Traité d’art militaire’) ».

- On est toujours le faible ou le fort de quelqu’un, précisa un autre participant, les faibles n’existent pas sans un fort, même en biologie bien que, pour Darwin, il soit question du plus apte, dans le domaine de la reproduction.

Gunter soupçonnait « que nous nous sommes laissez piéger par le langage, là où ‘raison’ a le sens de ‘motif’ (pas forcément rationnel) qui fait agir la puissance », Alfred essayait « de comprendre si le loup aurait besoin de se justifier, au cas où l’agneau fut un bélier. Dans notre sujet il y a une relation symbolique avec les instincts de l’Homme ; notions de force (pouvoir), et d’arguments (soumission), comme on le voit chaque jour », Daniel mentionnant « d’autres récits similaires, tels que celui d’Œdipe et du Sphinx, d’après lequel celui qui répondait à l’énigme ne serait pas bouffé », alors qu’un nouvel argument faisait valoir « que ce n’est pas si manichéen que ça, le plus fort pouvant se trouver en position de faiblesse et vice-versa, comme en mathématique et comme au Tibet, où les moines doivent s’interroger eux-mêmes sur leur avenir ». Pierre a ensuite « voulu savoir pourquoi parler de l’agneau, dans un rapport de forces où il est question d’autorité et de légitimité ; force et autorité sont liées, pourtant on peut perdre les deux dès qu’elles se privent de légitimité, philosophique ou morale », Roschan décela « un paradoxe dans la dualité ‘fort/faible’, Gandhi y ayant répondu par la non-violence », Gabriel regretta « le peu de force manifesté dans les grèves en France », Christiane revint « à la mauvaise foi qui piège le faible mais peut éveiller en lui une fierté guerrière », ce qui a amené Nadia « à juger que la force, ainsi que la faiblesse peuvent être ‘cagoulées’ », Martine « à s’interroger sur la stabilité du sens de la justice », Michel à affirmer « que la tyrannie s’applique sans raison » et, Annick étant retournée « à la représentation des nobles comme loups, dans l’esprit de La Fontaine, maintes fois condamné pour le dénoncer », l’animateur finit par faire une synthèse, au cours de laquelle il se demanda « pourquoi le loup cherche une justification, ou une raison, pour quelque chose qui sera résolu par la force. Ça a l’air d’une imposture parce que, tôt ou tard, le fort se dispense de légitimité pour imposer sa force et ses raisons. Pourquoi ça continue toujours à se passer ainsi ? Parce que la non-violence ne marche pas et que les ruses de l’intellectuel ne s’aventurent pas sur le terrain lorsqu’il y a des brutalités dans les Etats modernes. Conclusion : c’est de la philo que l’on a besoin ».

Certes, mais notre destin est le monde entier or, sans savoir où trouver notre humanité, nous restons rivés à la raison, une nébuleuse, pas à chercher, mais à redéfinir va savoir comment ; elle sait tout justifier, le bien comme le mal, sans autre forme de procès que le « fait accompli », après de vaines plaidoiries. Où est la raison (la meilleure) du plus fort, dans une affaire qui se solde toujours par la mort du plus faible ? Que penserait-on de nos débats si, tous les arguments tombant à l’eau, non pas qu’ils fussent dénoués de pertinence mais parce qu’une raison supérieure, celle des crocs de toute espèce, se trouvait être la plus raisonnable en toute circonstance, et ils finissaient en carnage, l’entendement confisqué par des loups qui auraient fait mine de débattre, une heure trente durant ?

Ces types de loups sont exécrables. Ils cherchent des noises au vivant, alors que la vie n’a rien à voir avec leurs spécieuses explications (qui ne convainquent personne), lorsqu’ils ont en tête de l’effacer doctement ou occasionnellement, surtout que l’on entend les mêmes s’insurger, comme il convient, contre les barbaries du siècle dernier, mais pas à l’égard de celles qui vont venir. Le tout me fit penser à « Biquette qui ne veut pas sortir du chou » ; « en vain, on lui envoie le chien qui ne réussit pas à la faire s’en départir, puis le loup pour forcer le chien, puis le bâton pour contraindre le loup, puis le feu pour brûler le bâton, puis l’eau pour étendre le feu, puis le veau pour boire l’eau, puis le boucher pour tuer le veau, et enfin le diable pour emporter le boucher ». Rien n’a marché, malgré les manèges employés ; Biquette n’est pas sortie du chou, prouvant que la raison en cascade du plus fort n’est pas toujours la meilleure.

Personnellement je préfère, et de loin, « la raison du plus faible », glanée chez Etienne Ganeau, dans la fable de « La chèvre et le loup », d’après laquelle une chèvre qui broutait en haut d’une montagne, se fit inviter par un loup, sous prétexte que l’herbe était plus fraîche près de lui : « Quoiqu’un conseil paraisse bon, Pour n’être dupe de personne, Il faut savoir quel est celui qui nous le donne ».

  

Sujet connexe : Comment se débarrasser de la violence sans être violent ? par Carlos ; par Gérard ; par Marc

 

LISTE DES COMMENTAIRES...


1. Que peut'-on opposer / Quelle' Alternative' À " La raison du plus fort est, toujours, La meilleu
Ecrit par ROCA. 05-01-2009
Que peut'-on opposer /
Quelle' Alternative' À " La raison du plus fort est, toujours, La meilleure " ?, ... Nadia, Daniel Ramirez',

de L'instinct, de ... conservation, À L'instinct de ... conversation ... un Va-et-Vient, Aller-retour, temps-heure,
La raison Appartient'-elle ... toujours ... Au plus fort, est'-elle ... La meilleure ... toujours ?,
d'instinct en' intuition, réflexe' en réflexion, force', et raison ... ont différents' ... Atours', et cours ...
raison, de La force ... force ... de La raison, raison de force, force ... raison, fort, et meilleur...
ne sont pas synonymes, intérieur, extérieur, qui nous' Animent, for... intérieur, saule ... pleureur, rieur,
rapport(s) de force(s) ... Au cœur ... du paradoxe', entre ... Le fort, dominateur, et La raison, dite ... meilleure',
Et ...Les raisons', Ailées raisons, du cœur ... La raison, du plus fort, n'est, jamais, La meilleure !, ...
____________________________________face' À La force ... d'Âme ... dame' !, À La raison du cœur ...
force ... raison, de L'innocence ... clairVoyante, force ... d'Âme ... naïveté, fondamentale',_______________
ou, force ... d'inertie, non Violente ... mentale',_________________________________________
une' éthique ... morale', une ... force', éveillante', Éveil, Au Souffle ... de L'Esprit, soleil, Le ...Vent,
de Liberté, Libération, " Soulèvement de La Vie ...Vent ", du cœur ... Aimant,____________________
grande' Âme', Aimante ... qui ... Aimante', Au cœur, La magnanimité, Vie ...Vente ... Vérité !
Morale', Actée, MORALITÉ : Le Loup, L'Agneau, pascal, sauté d'Agneau ... Verbal, Verbe ... Parole', Acté(e),
intelligence, du cœur, mange ... La force', Armée, du fort, dominateur, illusoire ... Vainqueur,
______________________________________________________Vain ...cœur,
Vent ...d'Ange ... des raisins ... de La raison, d'Aimer, de La force ... d'Aimer, de notre ... force', Aimée,
PAS La raison, " La Passion, de ... L'humanité ", J C, Jean Cardonnel, Ardente ... Vie ...Vente ...
La contagieuse ... foi, force ... raison, de joie, dans L' À-Venir, Le devenir, de notre' humanité,
féeminité, finalité, Fin, FiliAgapÈros', Un, Tout', Unis ...Vers ..."sel ... j'...aime', ... de La terre' ", Aimante'...
et Verbe', Esprit, Un ...carné ... d'Adresse', Un ...corporé, dans L'Autre', incorporé, dans L'Un, Aimant'...Aimé,
Et ...Sens'-Spirit'-uel, qui naît, meurt, Est, nôtre ... qui Était, Vient, re-naît', et, co-naît ...sens',
re-connaît ...sens', La raison, du plus faible', est, toujours, La meilleure' ! ", Est La Fin, Est Le Sens',
de La fable ... fond ...de ... L'Éveilleur ... de notre' humanité !______________________Gilles Roca,
________________________________________________________________
Cas-fée Philo des Phares, et de La raison phare, 4'...1 / 2009', en quatrains / de L'An Neuf',
en ces-jours de Nivôse', où force ... raison, du ... faible', est La meilleure', ose' !, Au gué L'An Neuf ! G, Là ...

2. La raison raisonnante
Ecrit par Marc. 05-01-2009
Voici 4 liens sur des commentaires, réflexions ou livre de penseurs en relation avec la fable de La Fontaine :
1. Chagall et Nietzsche
2. Alain et Rousseau
3. Paul Ricoeur et Eric Weil
4. Et la Petite philosophie pour le loup et l'agneau (2004), qui contient peut-être la réponse à la question du jour...

En lisant les commentaires des philosophes (liens 2 et 3), j'étais à la fois amusé et circonspect. Amusé par la faculté qu'a la raison de trouver des explications à tout ; circonspect par le fait que certaines analyses, au lieu d'éclairer la fable de La Fontaine, servent davantage de tremplin aux idées de leur auteur. Si les propos d'Alain et de Weil sont frappés au coin du bon sens (la force est effectivement étrangère à la justice, et tout échange ne vaut pas dialogue), ceux des deux autres philosophes me semblent pour le moins discutables. En effet, Rousseau se vautre allègrement dans le galimatias qu'il crée lui-même en introduisant les notions de devoir et de droit, absentes de la fable. Et les explications psychologisantes avancées par Ricoeur (le loup a besoin de justifier son agressivité, de la présenter comme une riposte légitime, il est conscient que la violence pure est inacceptable car la conduite entre individus doivent être guidée par la raison, etc.) sont à mon sens à côté de la plaque. Que faire sinon s'en remettre à sa propre intuition, à son propre flair, quand des raisons par trop raisonnantes nous paraissent, à tort ou à raison, déraisonnables ?

Pendant le débat, certains se demandèrent pourquoi le loup, dont on s'attend à ce qu'il dévore tôt ou tard l'agneau, éprouve le besoin de parler. Des éléments de réponse furent avancés qui rejoignent ceux de Ricoeur. Mon interprétation est plus simple, très simple, simpliste même : La Fontaine fait parler le loup pour donner chair à son propos, tout simplement. Sinon, cette belle fable se réduirait à une ligne : la morale. Il faut bien que le conteur conte ! Il faut bien que l'auteur, dont le principal talent consiste à dévoiler les travers humains, étaie un peu la morale de l'histoire, non ? Aussi fus-je étonné qu'on puisse se poser la question « pourquoi le loup parle-t-il ? » Le loup ne parle-t-il pas dans le Loup et le chien, le Loup et les sept chevreaux, le Petit chaperon rouge ou les Trois petits cochons ? Le loup parle ici pour que le lecteur comprenne que, même si ses raisons de dévorer l'agneau sont mauvaises, il le fera parce qu'il est le plus fort. Autrement dit, le chef (ici le plus fort) a toujours raison, même quand il a tort. Une autre question me tarabustait : pourquoi la raison du plus fort est-elle « la meilleure » ? J'aurais tendance à penser que, dans ce contexte, la meilleure signifie la plus efficace, hors de toute considération éthique. Mais est-ce bien le cas ?

3. Que faire?
Ecrit par Carlos. 06-01-2009
Et si on faisait de la logique, au lieu de tricoter de la Philosophie ? Le texte de Daniel, très bien ourdi, du reste, ne fait que rallonger la question et, ne s’interrogeant que sur un aphorisme, n’ajoute rien au schmilblick. « Que peut-on opposer à ‘La raison du plus fort est toujours la meilleure’ ? » Qu’est-ce que j’en sais ? Peut-être le bon sens..., écrire une fable et la conclure par une moralité, ou commencer par la conclusion et en rester là. Sinon, il suffit de puiser dans le vieux Esope, et on trouvera bien quelque chose du genre « Ne nous associons qu’avec nos égaux », qui clôt « Le pot de terre et le pot de fer ». Enfin, inventer « quelque chose qui puisse se murmurer à l’oreille d’un ivrogne ou d’un mourant », comme le conseille Cioran.

4. La Fontaine source de réflexion
Ecrit par Gabriel. 07-01-2009
L'apparition d'un phénomène peut produire la nécessité immédiate de mon action (acte réflexe par exemple), en vue de le modifier, de l'annuler, de le prolonger... Le phénomène est cause de mon action. Dans le cas où l'immédiateté de ma réponse s'efface en vue d'un besoin de compréhension, d'analyse de la situation, alors se met en place un cheminement de ma raison qui va aboutir à une décision d'agir (ou non). Cette dernière sera fonction de mes principes, de mes valeurs à cet instant. Dans ce cas, je ne peux plus dire que le phénomène est cause de mon action car je n'ai pas agi lors de son déclenchement, c'est ma raison elle-même qui est cause de ma décision d'agir. Le phénomène est cause de l'activité de ma raison qui est cause de mon action. Il y a enchaînement de causes : ma raison devient la cause ultime de l'action (il y a bien assimilation de la raison à une cause).
Que peut bien vouloir dire : "la raison du plus fort est toujours la meilleure" ? Si deux mathématiciens interviennent dans un domaine avec les mêmes axiomes au départ de leur théorie, dire que l'un "raisonne mieux" que l'autre paraît avoir un sens : la comparaison peut avoir lieu du fait des axiomes communs, sinon elle serait difficilement envisageable.
Pour deux hommes n'ayant pas les mêmes principes, les mêmes croyances, munis de leurs intimes convictions, puis-je dire que la raison de l'un est meilleure que celle de l'autre ? La raison est un cheminement de l'esprit qui englobe mes convictions initiales. La sentence de La Fontaine peut être lue en adoptant le point de vue du tyran ou celui de l'opprimé. Si elle adopte le point de vue de ce dernier, elle ne peut être qu'ironique et inciter à la révolte (La Fontaine veut-il amener à rompre le silence des agneaux ?) Si je la lis en tant que tyran et à l'usage de mon caprice, elle me convient parfaitement, au premier degré. La Fontaine nous encourage peut-être à imaginer qu'un jour il n'y aura pas qu'un seul agneau devant un loup.
Durant le débat, nous avons évoqué Machiavel; dans ses Discours et dans Le Prince il écrit en s'exprimant du point de vue du peuple. Il excuse le crime de Romulus, sans déclarer que n'importe quelle fin justifie des moyens "hors la loi" : "un esprit sage ne condamnera jamais quelqu'un pour avoir usé d'un moyen "hors les règles ordinaires" pour régler une monarchie ou fonder une république. Ce qui est à désirer, c'est que si le fait l'accuse, le résultat l'excuse; si le résultat est bon, il est acquitté. Tel est le cas de Romulus. Ce n'est pas violence qui répare, mais la violence qui détruit qui est à condamner". Machiavel excuse le crime, non en tant que bon vouloir d'un tyran, mais en geste fondateur d'un nouvel état avec un prince qui ne peut qu'être seul et devra ensuite rechercher le consentement de son peuple. Même si la force armée de l'état est nécessaire, jamais elle ne pourra vaincre la force d'un peuple animé par la haine. "on ne peut honnêtement et sans faire tort aux autres contenter les grands, mais certes bien le peuple; car le souhait des peuples est plus honnête que le souhait des grands...". Quand Machiavel écrit : "si le résultat est bon" il suppose que le geste débouche sur la formation d'un état solide que le peuple respecte et qui respecte le peuple.
Dans un édito récent je lisais : "...Israël a t-il cru , un instant, pouvoir se débarrasser du Hamas ? La réponse est éclatante : non, évidemment non. Mieux que personne, les Israëliens savent à quel point le Hamas est désormais ancré au plus profond du peuple palestinien... On ne gagne pas une guerre contre des lanceurs de roquettes* adulés par leur peuple. Tôt ou tard on négocie...". On retrouve là les mêmes termes que chez Machiavel en 1513 : la force, les violences, le peuple, la religion, l'Etat... Sa lecture nous amène à penser : "la raison du plus fort ne pourra jamais se mesurer à celle de tout un peuple méprisé". Sans arrêt, Machiavel y insiste.
* Omar Shaban, résidant à Gaza, déclare : "tout le monde sait que 80% des habitants de Gaza sont contre les tirs de roquettes !".

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