Sommes-nous constitués par notre passé ou par notre avenir ?
Écrit par Carlos Gravito   
19-01-2009

On ne pouvait mieux rêver. Après le temps bourru des derniers jours, le 18 Janvier nous avons eu, au café des Phares, le sourire radieux de Sylvie Petin, qui allait nous raconter la fable de « Perrette et le pot de lait », sous forme d’un rébus philosophique proposé par Alain : « Sommes-nous constitués par notre passé ou par notre avenir ? », une question qui ressemblait comme deux gouttes d’eau à une autre du 2/11/08, « Le devoir de mémoire empêche-t-il le futur ? », à une époque où l’on misait déjà beaucoup sur Obama dans le rôle de Picrochole et où les USA ressemblaient, depuis le désastre financier des 13/14 Septembre 08, au Royaume de Grandgousier décrit par Rabelais, qui ajoutait : « chier doncques nous fault, devant que le cul torcher ».

 Je ne vous raconte pas. Il me semble que l’auteur du sujet « se demandait si [pour plus d’informations se reporter à la ‘précision’ d’Alain, ci-dessous], vu notre implication dans le monde, nous ne nous projetions sur le futur plutôt que sur nos racines ». L’interrogation étant formulée au présent, seul témoin du temps, autant chercher à savoir « où est restée la vie que l’on n’a pas vécue ? », ou  se poser la troublante question psychique « ne pas avoir à travailler demain, grâce à un ‘arrêt-maladie’ d’aujourd’hui, n’est-ce pas la cause de ma chute d’hier sur le verglas ? » N’importe quel psychanalyste/psychiatre serait heureux d’avoir à se pencher sur cet insolite acte manqué, mais c’est à l’amateur de café qu’est revenue la tâche de disséquer la durée dans laquelle nous sommes jetés.

Ainsi, Nicole mit « cette problématique sur le compte de l’identité personnelle ou de la communauté, la question ‘qui suis-je ?’ se rapportant à notre passé qui fait l’Histoire et détermine notre avenir », Obama, « en raison de son entraînement », devenant pour Michel le leurre à suivre, Roshan voyant « plus de difficulté dans la réponse à ‘qui suis-je ?’ qu’à ‘qui sommes-nous ?’ », Charles, qui trouvait « le présent plein d’embûches, préférait la mise en acte aussi bien de notre passé que de nos projets », Sylvie concédant que « tout acte est créateur dont celui de la parole », même si, d’après l’intervenant suivant, « on ne peut pas être observateur et observé dans la question ‘qui suis-je ?’ », et Milo d’insister « héritage, le passé représente aussi une culpabilité, l’avenir équivalant, dès lors, à une fuite en avant ; la question qui reste est donc : ‘qu’est-ce que nous faisons au présent’ », tandis que Nadia « nous considérait issus d’un passé mais inscrits dans le futur », le tout devenant bizarre pour Alfred, « une réponse ‘oui/non’ étant requise pour la constitution d’un agrégat composé de 80% d’eau, dont on s’évertue à cribler le passé et l’avenir ».

- Lorsqu’il s’agit de l’humain, tout est complexe, expliqua l’animatrice, et il faut interpréter mais, pas convaincu, Alfred revint à la charge, arguant que « si l’avenir est rêve et projet, comment me constitue-t-il ? » pourtant, un autre participant faisait déjà référence « au déterminisme de quatre milliards d’années qui, la liberté étant illusoire, a fait, des contraintes initiales, un présent incontournable », et Sylvie rappela que « le mot et le langage étaient à l’origine déjà en projet, afin de pouvoir tout désigner, ‘arbre’ étant la représentation de toutes les espèces du même genre (dont ‘l’arbre à palabres’, comme c’était le cas de dire), motif pour lequel Victor Hugo et Baudelaire ont utilisé les mêmes lettres pour écrire des œuvres totalement différentes. Est-ce accident ou produit de la volonté ? », s’interrogeait-elle.

Chaque langue n’équivalant pas à une théorie du monde mais à une saisie du monde (résultat de pratiques qui façonnent l’expression de la pensée), on pouvait en rester là et, puisque le jargon encodé des financiers (des lieux morts sans cesse mis à jour avant de disparaître pour renaître), nous enferme dans une Babel qui, n’obéissant qu’à des mots-clé, fonctionne indépendamment de la volonté des individus, lié qu’il est au Supra Langage du Web, continuellement changeant dans sa façon de prendre la planète en otage attestant ainsi de l’incapacité chronique des Etats (décelée par Hegel) à tirer les leçons de l’Histoire, il était concevable de partir sur des paradoxes tels que « Le singe d’Emil Borel » capable de, frappant indéfiniment sur le clavier d’une machine à écrire, pondre tous le livres de la BNF, ou « De l’œuf et de la poule lequel fut le premier ? »

Mais, le temps était réservé au sujet du jour et Martine réussit un fondu enchaîné avec « un film sur Luther vu à la TV, à propos de son opposition aux indulgences, interdites par la Bible ». Elle fut suivie de Linda qui mit l’accent sur « la rupture entre les générations, surtout à l’ombre de toutes les avancées technologiques qui changent le modes de vie et les valeurs morales » et de Charles qui évoqua « les similitudes génétiques entre l’Homme et le chimpanzé, tous embarqués dans un même vaisseau sur lequel on vogue au pif, peu importe ‘qui suis-je’ », l’animatrice en appelant alors à « Parménide pour affirmer la distinction que faisait le philosophe entre la voie de l’opinion et celle de l’être ».

Entendant que « l’on n’est pas constitué, Simone dit que l’on se constitue, par le passé, le présent et l’envie d’avenir, le ‘iota’ qui nous différencie des animaux et nous fait prendre conscience autant de la vie que de la mort », Mireille se « sentait agie et agir, laissant à l’imagination la place du futur, impossible à construire », et quelqu’un témoignait « de la difficulté à vivre dans le présent et de la nécessité d’une coupure pour se projeter ou se construire, renouvelé, dans l’avenir », alors que, pendant ce temps, je parcourais distraitement « Platon et son ornithorynque », un livre de Thomas Cathcart et Daniel Klein que m’a passé Marc en arrivant, dans lequel j’ai lu à-peu-près cette blague : « Marcel, s’étant constitué par les acquis de son passé, a voulu à un certain moment se renforcer d’un futur, qui l’amena sur un lit de mort, d’où il s’écria : ‘Dieu, comment peux-tu me faire ça, à moi ?’ et, venue des cieux, une voix lui répondit : ‘Je ne t’ai pas reconnu, Marcel ; tu n’es plus ce que tu étais’ ». Je suis revenu pourtant au débat, lorsque Gilles entama son poème : « Passé, présent/ Deviens ce que tu es/ Déconstruction, reconstruction/ Se coltiner des origines/ Arbres de connaissance/ Action, mutation/ Clé de voûte, essence/ Liens de lierre, liens d’amour/ Amitié », Pascal soutenant ensuite « que l’on est dans une répétition de bulles de passé et de futur qui éclatent dans le présent, la seule réalité, et que, peut-être, on vit dans un éternel présent », Martine envisagea « une mutation possible » et Alfred « retourna au point de départ, c’est-à-dire, 1) Nous sommes constitués par une pensée qui conduit notre destin, 2) conditionnés que nous sommes par notre avenir (celui du ‘self made man’ américain, de ‘l’Homme nouveau’ de Marx, de l’Homme Nietzschéen), dont la thérapie est la résilience (se raconter une autre histoire pour sortir de la souffrance) ».  

Pour finir, Milo proposa « la méditation, effort de conscience aussi naturel que marcher ou respirer, comme levier pour entreprendre du nouveau ou repousser ce qui nuit ». Puis, dans cet esprit, le futur ayant eu raison du passé, à treize heures, l’animatrice « termina notre effort de pensée par une boutade : ‘Qu’est-ce que résister ?’ C’est déjà venir au café philo’ » où l’on répète fréquemment, « on est philosophe du seul fait d’y être ». Je tiens à signaler avoir eu vent d’un qui, sans jamais être sorti de Königsberg, se demandait à la fin de ses jours, « qui pourrait se dire philosophe, étant donné que la philosophie n’existe toujours pas ? », concluant son jugement par « Das Ist Gut », « C’est Génial ».

Tenant compte des réflexions du maître, essayons encore une fois, et j’espère que ce sera la dernière : « Sommes-nous constitués par notre avenir ou par notre passé ? »

 

Écouter le débat : c'est ici.

Sujet connexe : La nostalgie du futur par Gunter ; par Marc

 

LISTE DES COMMENTAIRES...


1. Sommes-nous constitués par notre passé, ou par notre' Avenir ?, Sylvie Pétin
Ecrit par ROCA. 20-01-2009
Sommes-nous constitués par notre passé, ou par notre' Avenir ?, Sylvie Pétin,

" présent passé / passé présent ", Eugène Ionesco, en de(ux)Venir, nous', À-Venir, en projet, projection,
" deviens ce que tu es ! ", DÉCONSTRUCTION, reconstruction, ________________________
L'Histoire que L'on fait, " du plus' Au mieux "', À naître', et, " de L'Avoir À L'Être ", Edgar Morin,
des' Ailes' Aux racines, Ascendantes futures, colline d'origine', et, de source', embouchure',
Arbre de co-naissance', et, de co-créAction, Éthique co-naît ...sens', de nature ... culture,
de notre construction, notre constitution, découverte', invention, recul, hauteur, distance ... La distanciation,
mise' À distance de ... La conscientisation, La prise' en considération, L'évolution, demain,
de notre propre' révolution ... Au présent, Le chemin, Passion, Le présent, en nos mains,
Action, de notre mutation, contre L'Aliénation, __________________________________________
" nous faisons notre' Histoire, mais nous ne savons pas L'Histoire, que nous faisons ",
d'Après Marx', " La seule certitude que j'Ai, c'est d'être dans Le doute ",
Pierre Desproges, du présent, À L'écoute, " Justice Vérité Libre quoi qu'il en coûte ",
T C, Avec espoir, À L'horizon, résilience ... Nouvelle' Alliance', ______________________________
événement, Avènement, de ce qu'on' est, La clef de Voûte', essence ...
d'existence', quatre saisons, ____________________________________________________________
et, de La nuit, Au jour, de L'ombre', À La Lumière,
de notre Vie, nos jours, en Lien, Liane, Liant, Lierre',
en deux', À deux, moitiés, Lien entier', en chantier,
_____________Lien d'Amour d'Amitié,_____________ Gilles Roca,

Cas-fée Philo des Phares, passé, À-Venir, phare, 18'. 1. 2009', en ces-jours de Nivôse,
passé, À-Venir, Neuf', devenir, présent, ose !, G R

2. Nombreux sont "ceux" qui vivent en nous ...
Ecrit par Crémilde. 20-01-2009
Il m’arrive de dessiner du regard la ligne d’horizon et … aussi le fil d’eau ou ses points imaginaires, là où la rivière à l’embouchure de l’océan se jette dans ses vagues.
Ce dimanche, après « des phares », mes traits tirés à l’infini de mes pensées, et poussée à les comparer au présent, au futur et au passé, je n’arrive toujours pas à trouver l’orée entre eux, comme si un va-et-vient incessant les mélangeait, les confondait.
Mon pied droit devançant mon pied gauche se pose exactement la même question : lequel est, sera ou était ?
L’équilibre/déséquilibre et mes mouvements intérieurs/extérieurs d’où viennent-ils ? Je « joue » mes jours avec ce pied devant l’autre et avec tous ceux posés le long d’un chemin de toutes couleurs, de toutes largeurs.
S’il y a une bordure, même étroite, entre mes présents, mes futurs et mon passé, je n’arrive pas à la définir précisément. Ceci me fait dire que je suis toujours « en mouvement » et que je trouve ces vies, de là, d’ici, d’après, conjuguées au gré des situations, plein mes poches, mes tiroirs, mes pleurs, mes rires, mes sommeils, mes réveils. J’ai par habitude de les appeler mes clés de Sol, dont une se trouve obligatoirement en toute journée, me portant ici et ailleurs …
Constituée par mon passé ou par mon avenir ? …
«Nombreux sont ceux qui vivent en nous» … « si je pense, si je ressens, j’ignore qui est celui qui pense, qui ressent » de Fernando Pessoa.

3. Tant que j'ai encore la force de réagir...
Ecrit par Marc. 20-01-2009
Mon commentaire n'a rien à voir avec le sujet du jour (quoique). Il concerne les effets secondaires et insidieux que peuvent produire les écrits de Gilles Roca, surtout sur un site à vocation philosophique. Que je vous explique (si ça intéresse quelqu'un...). Au début, dès que j'entendais ou que je lisais les premiers mots de sa prose, j'avais des convulsions, des envies de meurtre. J'aurais volontiers étranglé un lapin nain (si j'en avais eu un), arraché le papier peint avec les ongles, ou pire latté l'écran plat de mon PC.

Or avec le temps (va, tout s'en va, comme dit le poète), je suis de moins en moins irrité par ces sornettes. Et je me surprends à ne plus rien en penser, à les ignorer. Quelque chose a changé ? Oui, moi. Je me suis ramolli. Je suis devenu -- non pas tolérant, faut pas exagérer, mais -- plus permissif. Le temps a fait son œuvre, la force de l'habitude aussi. J'ai mis en berne mon esprit critique, ma conscience, mon essence. Je prends sur moi, je ne bronche plus. Et ça m'emmerde bien. Ça m'emmerde de me laisser lobotomiser par quoi que ce soit sans rien faire.

Bien sûr, bien sûr, vous allez me dire que ces écrits ne font de mal à personne (contrairement aux miens), que tous les goûts sont dans la nature, que le fait que ce soit ou non de la poésie est secondaire, qu'il faut être tolérant, avoir l'esprit ouvert, qu'il y a des choses plus importantes dans la vie, etc. etc. etc. Et vous n'aurez pas complètement tort. Et quelque part j'en conviens, puisque je laisse faire.

Mais d'un point de vue purement philosophique, ça me pose un problème. Jusqu'où laisser faire ? À quel moment réagir ? Quand laisser faire devient entériner, approuver tacitement ? Où est la frontière entre l'hypocrisie et la complicité ? Si ce n'est pas important de décrédibiliser les mots, la pensée, la poésie, s'il convient de se taire plutôt que de dénoncer l'imposture, que ce soit par lâcheté ou parce qu'on ne sait même plus la reconnaître, alors... à quoi bon s'intéresser à la philosophie ?

4. Du nerf (réponse à Marc/3)
Ecrit par Internaute. 20-01-2009
Cher Webmaster,

Au début, je pensais que la poésie de ce monsieur était juste intermittente sur ce site et je n'étais pas du tout d'accord avec la manière dont vous le jugiez.
Mais en effet, cette façon de s'imposer en force sur ce site me semble nocive et me fait l'effet d'une publicité obligatoire.
Et j'avoue que ce site devient pesant depuis que la poésie est devenue obligatoire.
Quant à vos écrits provocateurs, ils ne m'ont personnellement jamais fait de mal. Et ce serait dommage que vous n'écriviez plus votre "billet d'humeur" un peu provocateur qui suscite tant de commentaires.
Alors merci de veiller encore.
Bien à vous.

5. En pleine forme !!!
Ecrit par Nadia. 20-01-2009
Je m'inquiétais depuis quelque temps, je te pensais peut-être, un peu dépressif, un peu blazé....mais NON! Et ça fait plaisir!! Tu es en pleine forme , tu as retrouvé ce qui te caractérise : l'humour et le sarcasme. C'est sans concession y compris pour toi même et souvent très grinçant. Concernant la poésie, il faut en convenir.... Rien ne vaut Char, Rimbaud, Baudelaire etc... Certains s'y essaient avec plus ou moins de succès et il faut bien l'avouer, plutôt "moins" que "plus". Le talent ne court pas les rues!!! Cette forme d'écriture peut être comprise comme une sorte de catharsis, d'où le lien avec la philosophie. J'ai appris à faire le grand écart comme tu peux le constater.

6. Chacun à sa place
Ecrit par Daniel Ramirez. 21-01-2009
Je me suis déjà prononcé sur ce sujet, et vous connaissez le peu de goût que j'ai pour une production qui relève du jeu de mot bien plus que de la poésie. Mais cela ne demande pas une décision personnelle du webmaster, qui devrait ou pas "prendre sur soi" et s’exposerait à recevoir les foudres de ceux qui ne manqueraient pas de l'accuser de censure. Cela demande une décision concertée des responsables.
Quelques éléments :
Il était un temps ou Gilles Roca demandait toujours la parole en fin de débat pour recueillir (pour lui) les applaudissements qui se produisent (je n'ai jamais compris pourquoi d'ailleurs) à la fin des débats. Ce qui me paressait plus nuisible c'était que l'image, ou plutôt les mots, la sensation qui reste d'un événement est fortement empreinte des derniers mots. Il arrive que de gens ne retiennent que ceux-là. J'ai commencé en conséquence par lui demander d'intervenir, s'il le voulait, en milieu du débat et non pas à la fin, en sachant que je ne lui donnerais pas la parole pour faire de sa lecture une conclusion. Cela l'a effarouché pour un temps et il a déserté les Phares (il a dit, d'ailleurs qu'on l'avait chassé). Mais voilà, il est revenu, en prouvant au passage qu’on ne l’avait pas chassé, mais bon ; et à la faveur du site, ses productions systématiques, dont Marc a raison de dire qu'elle "ne font pas mal", mais qui placées toujours tout de suite après le compte-rendu, encore une fois, donnent le ton (pas le juste) aux échanges. L'expression "la poésie obligatoire" de l'internaute (4) est parlante. C’est fatigant, encombrant et cela donne une mauvaise image de nos échanges (logorrhée). De plus, cela encourage d'autres (voire Sylvia, ou ici, Crémilde, certes bien plus joli); comme si nous n'avions rien de philosophique à commenter sur les débats.
Voici ce que je propose, donc (Malheureusement, cela doit encore donner du travail au webmaster) :
Créer une rubrique appart dans l'espace Forums. Ainsi, comme il ya « Vos questionnements philosophiques » et « propositions de sujet de disputation », il y aura "poèmes", ou "commentaires poétiques", "digressions", rêves", on peut l’appeler comme on voudra. Mais pour l'amour du ciel, sans un message d'appel dans la page d'accueil. Comme ça, justice est faite à ceux qui adorent la poésie (de Roca, de Sylvia ou d'autres, même les contributions de Georges de Bruxelles), ils pourrons aller consulter ces "poèmes" (on pourra savoir combien y vont, d’ailleurs !) et la paix est faite à ceux qui désirent (le site a été créé pour ça) débattre sur le plan des idées, dans lequel la poésie (la vraie), l'art et la littérature, la musique et le cinéma évidemment ne sont pas exclues mais n’ont pas donner le ton.
Pas de censure, pas d’abus non plus. Ca vous va ?

7. Vraie(?) philosophie et vraie(?) poésie ?
Ecrit par Gunter. 22-01-2009
Le texte de Daniel (me) pose trois questions :
1) Nos échanges dominicaux au café des Phares et ailleurs sont-ils réductibles à des débats d’idées ? Autrement dit, la philosophie est-elle soluble dans un ensemble d’idées ? Même Platon, qu’on cite toujours à tort lorsqu’on veut invoquer le primat de l’intelligible (des idées) sur le sensible (les émotions, les affects, la perception, le corps, etc.) ne peut-être réduit à une logique d’idées : le sensible participe, en effet, – il y a un très beau grec que j’ai oublié – à l’intelligible. Tout le courant existentialo-phénoménologique s’est donné pour tâche de revenir en-deça du Logos, d’explorer et d’élucider la couche préverbale, ante-prédicative de l’existence.

2) Quels sont les rapports entre philosophie et poésie (ou art en général) ? Pour Hans Blumenberg par exemple, philosophe allemand de première importance (1920-1996) et dont les œuvres commencent enfin à être traduites en français, la frontière entre poésie (et mythe) et philosophie est floue et poreuse. Selon Bachelard qui n’est même pas existentialiste ni phénoménologue, « les poètes ont les véritables maîtres du philosophe ». Nietzsche, Heidegger, Roland Barthes, Derrida (dénonçant inlassablement le phallo-logocentrsime d’une certaine philosophie) étaient également très proches d’une telle vision des choses. Une foule d’autres philosophes pourraient, devraient être cités ici…

3) La VRAIE poésie aurait donc sa place sous une rubrique à part du site. Mais est-ce qu’il n’y a vraiment que de la VRAIE philosophie sur notre site ?
Le point 2) ci-dessus ne veut absolument pas prêcher pour l’élimination d’une approche philosophique plus conceptuelle, logique, argumentative au profit d’une autre, plus poétique, inspirée, associative ; il s’agit simplement de ne pas confondre un certain type de philosophie avec la philosophie tout court. De même, est-ce que tous les textes philosophiques publiés sur le site sont-ils d’une qualité disons respectable ? Qui en juge ? Il y en a que MOI, JE (un moi d’humilité !) trouve plutôt soporifiques (rappelant vaguement ceux de la « Revue de morale et de métaphysique ») d’autres que je trouve d’une naïveté « philosophique » confondante que d’autres participants et/ou internautes trouvent certainement excellents. Mais qui juge ?
Mon opinion sur les textes de Gilles - je le lui ai dit souvent : ce sont des concentrés, des épices très forts ou des coups de marteau pour m’appuyer sur des images, il faut donc être concis, sinon l’auditeur ou le lecteur aura une indigestion ou la tête fracassée…

8. Vraie épreuve
Ecrit par Crémilde. 22-01-2009
Passer après Gunter me donne l’impression d’entrer dans une aventure herculéenne. Néanmoins, je tiens à vous dire et d’une manière claire, que je me sens responsable de ce "désordre", surtout en sachant pertinemment que la diversion à des "concepts" peut devenir impudente aux yeux et oreilles d’un et de tous.
Donc, sûrement mal accordée et autant inexpérimentée, cette épreuve me permet de prononcer des vœux de bonne conduite, si mauvaise il y avait.

9. "....comme si nous n'avions rien de philosophique à commenter sur les débats."
Ecrit par BRITT. 23-01-2009
En effet: Tout le débat ici tourne autour de ces poèmes de Gilles au lieu du débat animé par Sylvie Pétin. C'est dommage.
Alors je vote pour la proposition de Daniel de mettre la poésie dans une rubrique à part.

10. Catharsis, conscience et poésie
Ecrit par Nadia. 23-01-2009
La catharsis est selon Aristote une des fonctions de la tragédie. Dans "Noces Rebelles" de Sam Mendes, il fait dire à un de ses personnages qui est considéré comme aliéné ".... c'est sans espoir!" A voir absolument!!!

11. Philosophie, poésie et colère
Ecrit par Gunter. 24-01-2009
Non, le débat ne tourne pas uniquement autour des poèmes de Gilles mais autour de la question « Qu’est-ce que la philosophie ? », une question que surtout la philosophie ne doit pas cesser de se poser, vu que, contrairement aux autres « disciplines », elle n’a ni objet ni définition bien établis.
Il ne semble pas exagéré de dire que chaque véritable philosophe (il n’y en a que deux ou trois par siècle) a sa propre définition de la philosophie et de son objet.
La situation s’aggrave puisque même ceux que certains appellent les anti-philosophes (Pascal, Rousseau, Kierkegaard, Nietzsche, Wittgenstein, Lacan) font partie des philosophes.
Pourquoi ne pas créer également une rubrique « sciences dures » et une autre « sciences « molles » », une autre encore « politique » ? Certains textes sur le site mériteraient d’y figurer si on adopte une définition étroite – laquelle ??? - de la philosophie.
Il pourrait même y avoir une rubrique « défoulement » où pourrait avoir sa place le texte ci-dessus (n°3) de notre estimé et apprécié webmaster, avec, éventuellement, le commentaire « philosophique » suivant : « L’émotion, par exemple, est la modification de nos rapports avec le monde qui a lieu lorsque nous renonçons à une action ordonnée, qui tienne compte des rapports de causalité et qui soit une action vraie, pour passer à une transformation immédiate, magique et fictive de la situation. C’est le cas de l’homme en colère qui renonce à agir de telle manière à dénouer le nœud d’une ficelle ou d’un lacet de soulier, et qui casse la ficelle ou le lacet de soulier, ce qui ne résout pas le problème du nœud, mais le supprime. Le rapport ordonné avec le l’objet, avec le monde est remplacé par un rapport irrationnel, dans lequel tout se passe comme si la volonté inconditionnelle du sujet pouvait obtenir son résultat en se projetant dans l’objet, sans intermédiaire et sans moyen». Merleau-Ponty, « Parcours deux ». Bien d’autres textes que celui de Marc pourraient l’y rejoindre…
Une petite perle pour finir, elle est de Wittgenstein : « Je pense que j’ai résumé mon attitude à l’égard de la philosophie lorsque j’ai dit : la philosophie devrait être écrite comme une composition poétique » (Tractatus, 6.421).

12. Imposture intellectuelle
Ecrit par Sokallet et Bricmont. 24-01-2009
Ne soyez pas impressionnée, Crémilde (N° 8, c'est une imposture intellectuelle. Il n’y a pas d’autre nom pour qualifier ce style avec lequel Günter n’arrête pas d’assommer le lecteur. L’objet d’un exposée en trois points (N°7) est justement d’impressionner : pas moins de 7 philosophes (« de première importance », évidemment) cités ! Dans la dernière contribution il y a en 8 (!), sans parler du « courent existentialo-phénoménologique » (Sic), et sans compter avec « Une foule d’autres philosophes qui pourraient, devraient être cités ici… ». C’est risible : toute une pseudo métaphysique des Idées, du rapport poésie-philosophie, et du VRAI et de la « couche préverbale, ante-prédicative de l’existence » (ben voyons, un peu de respect!). Tenez vous bien maintenant : «Le rapport ordonné avec le l’objet, avec le monde est remplacé par un rapport irrationnel, dans lequel tout se passe comme si la volonté inconditionnelle du sujet pouvait obtenir son résultat en se projetant dans l’objet, sans intermédiaire et sans moyen ». Fallait y penser !
Tout cela pour défendre un scribouillard envahissant qui s’étale dans des jeux répétitifs et fait oublier (la preuve par Britt) les débats philo. Il était prévisible (et prévu par Daniel Ramirez) que des défenseurs profiteraient pour se donner le beaux rôle. Il était aussi prévisible que « monsieur citations » essaierait de se démarquer d’une proposition de Ramirez. Il ne peut pas s’en empêcher, on l’a tellement vu ici, malgré que celle-ci soit visiblement équilibrée : il ne demande même pas de virer Roca comme j’aurais préféré (je ne suis pas le seul), mais de lui réserver une place moins omniprésente.
Il n’y a rien d’autre dans ce débat, et sans doute pas la question « qu’est-ce que la philosophie », car si on devait la confondre avec la poésie (je ne vois pas ce que l’on gagnerait) comme Günter le martèle à force de citations prétentieuses et noms prestigieux pour impressionner, ce ne serait sans doute pas la poésie de Roca.

13. Sommes-nous constitués par notre passé ou par notre avenir ?
Ecrit par Internaute (4). 24-01-2009
Je suis tout à fait d'accord : la poésie de Gilles est "omniprésente". D'ailleurs, je pense qu'il gagnerait vraiment beaucoup à songer à faire un Blog. Le webmaster pourrait faire un lien. Et la proposition de Daniel Ramirez est "équilibrée".
Mais, il faudrait aussi, comme le suggère Gunter, une rubrique "défoulement". Les interventions de numéro 12 sont aussi très prévisibles et très fatigantes. Son disque est rayé.
De plus, je crois que Crémilde doit être assez grande pour se faire son propre jugement. Pourquoi infantiliser les personnes ? Ce n'est pas vouloir les impressionner ?
Sommes nous constitués par notre passé ou par notre avenir ?

14. Sommes nous abroutis par notre paasé ou par notre avenir
Ecrit par Passant. 25-01-2009
Allons-y pour le défoulemtent. Les interventions du numéro 13, prévisibles et fatigantes, pourront y être inclues.

15. En toute amitié
Ecrit par Nadia. 25-01-2009
L'amour de la poésie n'est pas incompatible avec l'amitié pour Gilles, bien au contraire. Comme je l'ai fait savoir précédemment, le talent ne court pas les rues et c'est évidemment valable pour moi aussi.Franchement, qui peut prétendre véritablement philosopher (pas moi en tous les cas). Je jette souvent à chaud , comme une bouteille à la mer, des idées qui me traversent l'esprit après un débat qui m'a intéressé. Mais est-ce de la philosophie ? Je n'ai aucune prétention à ce sujet. Ce sont souvent des opinions qu'on peut discuter, contester et très souvent contestables, ce qui nous ramène à notre sujet : "...Mais qu'est-ce donc que philosopher, qu'est-ce que la philosophie ????" Honnêtement, je n'en sais rien!!!. L'idée de discuter de tout et de rien, surtout de rien me plaît. Voilà une discipline qui ne sert à rien mais qui peut bouleverser tous nos repères en changeant notre regard sur le monde. C'est peut être l'art de s'interroger, d'interroger les autres, de faire du lien , d'observer et de rendre compte....Le terme " philosopher" suppose un esprit éclairé où les vents les plus divers soufflent et se muent parfois en brise légère. Il faut de la curiosité, un bon esprit d'analyse, être capable d'argumenter, autrement dit de la profondeur dans la réflexion, d'être capable de mettre en lumière ce qui échappe à la raison, de mettre en perspective dans le temps et dans l'espace des éléments éparses que rien ne semble relier et qui pourtant mis bout à bout finissent par faire sens. On peut peut être comparer cet exercice difficile aux douze travaux d'hercule et plus précisément à "la descente aux enfers". En surmontant la mort, Héraclès gagna finalement l'immortalité. Philosopher, n'est ce pas finalement faire un pied de nez à notre finitude, une sorte de "trompe la mort". Amitiés Nadia

16. Retour sur Bricmont/Sokal (n°12)
Ecrit par Gunter. 25-01-2009
Il aurait fallu en dire un peu plus des compères Bricmont/Sokal !
Ils ont, en effet, publié en 1997 un livre « Impostures intellectuelles » (Odile Jacob) que Jean-Marc Lévy-Leblond, l’un des plus compétents parmi les philosophes des sciences en France, commente ainsi :

« Que des physiciens tournent en ridicule des sociologues, que des biologistes témoignent de leur mépris pour les psychologues, montre précisément l’absence généralisée d’une culture qui mettrait les premiers à même de comprendre la complexité supérieure des tâches des seconds (auxquels il faut ajouter les philosophes, vilipendés par les compères, G.G.). C’est l’essence même des sciences humanes (et de la philosophie, G.G.) d’entretenir avec la langue, et plus largement avec la culture, un rapport autrement plus subtil que la manipulation des symboles et d’appareils qui rabat trop souvent les sciences, que l’on est alors tenté d’appeler inhumaines et asociales, au rang de simples techniques instrumentales » (in « La science en mal de culture »)

Une réfutation collective de ces scientisme et positivisme venus d’un autre âge a par ailleurs été publiée dans « Impostures scientifiques », Alliage n° 35-36, 1998.

Mais oui, je cite encore ; je cite les philosophes pour les rendre présents, les inviter à participer à un échange entre « amis en philosophie ». Je ne vois pas d’ailleurs comment on peut aimer la philosophie – et je pars du postulat que tous ceux qui participent à ce site aiment la philosophie – sans aimer les philosophes, sans aimer les citer. Je répète pour la nième fois qu’aucun philosophe cité ne peut l’être (cité) pour faire autorité. Nous ne sommes plus au temps des scolastiques…

Lorsque je ne suis pas d’accord ou que je critique Marc, Daniel, Gérard et d’autres, pourquoi y voir systématiquement de l’agressivité ou de l’inimitié ? N’avons-nous pas le devoir de critiquer nos amis en général et nos « amis en philosophie » en particulier, lorsque nous pensons –peut-être à tort – qu’ils se trompent ou qu’ils laissent échapper une partie de ce qui est à penser (la fameuse tache aveugle que nous avons tous) ?
Je répète donc ceci aussi pour la nième fois : qu’on me montre enfin une agressivité ou inimitié dans mes critiques ou désaccords exprimés sur ce site ! Je ferai « amende honorable »…
P.S. : Au moment de mettre mon texte sur le site, je découvre celui de Nadja : il me comble, je le relirai plusieurs fois…

17. Des mots et des gestes
Ecrit par Electre. 25-01-2009
La philosophie et la poésie ne sont heureusement pas que des mots. Elles sont aussi un savoir-vivre, une musique incessante dans nos vies, une civilité. C'est pourquoi il est important de voir le visage des philosophes et des poètes, d'entendre leurs voix et de les regarder marcher, et, de les voir faire autant que de les lire. C'est parfois cocasse. C'est un art de vivre, l'essentiel de tous les arts, disait Bertold Brecht, dramaturge qui en connaissait un brin sur la marche du temps.

18. re-retour sur Bricmont et Sokallet
Ecrit par Crémilde. 26-01-2009
Qui vous dit que j’étais ou suis-je impressionnée ? Quelle prétention !!!! et de surcroît double.

Premièrement, Sokallett et Bricmont, je n’ai pas écrit cela et deuxièmement en essayant de vous lire, de déchiffonner votre « page », j’ai eu « l’impression » de regarder un bariolage de vieilles affiches, collées dans tous les sens, me faisant dire que là il y a un manque d’esthétique considérable et, de SENS ...
Merci Nadia pour cette BELLE DESCENTE AUX JARDINS DE LA TOLERANCE. J’y trouve beaucoup de beauté et de couleurs, ... je vais consommer sans modération.

19. Nouveau réglement
Ecrit par Gabriel. 28-01-2009
Devant les polémiques soulevées par certains commentaires, il apparaît urgent d'établir un règlement en plusieurs points, qui mettra un terme à cette situation.
1) Tout commentaire, simple activité écrite, se devra d'être en rapport clair avec le sujet concerné. Son sens sera celui que son auteur lui imprime.
2) Le webmaster sera seul compétent quant à la qualité du commentaire, forme et contenu.
3) Les commentaires qu'il admettra, il les répartira en deux catégories dont les dénominations suivent : C1 : "commentaires classiques"
C2 : "commentaires poétiques"
Il sera donc habilité à juger de la forme de l'écrit. S'il lui semble qu'elle relève de la vraie poésie (celle que connaissent bien certains de nos participants), il le placera dans la 2ème catégorie; NB : toute personne écrivant son commentaire en vers ne pourra ainsi viser que la 2ème catégorie.
4) La 2ème catégorie inclura des auteurs de commentaires qui sont de vrais poètes, sans nécessairement soutenir la comparaison avec les grands noms de notre littérature dont le talent est bien sûr inégalable (A. Rimbaud, C. Baudelaire, R. Char...).
Cette 2ème catégorie n' apparaîtra plus d'emblée à l'écran pour la totalité des participants. Elle ne sera accessible que pour ceux qui le souhaitent (une procédure sera précisée ultérieurement).
5) Lorsqu'un commentaire sera publié, son sens étant celui indiqué au point 1) pour tout ceux de la 1ère catégorie, seront désormais prohibés les échanges et partages tendant à vouloir lui attribuer de nouvelles significations. Quant aux polémiques portant sur la 2ème catégorie, celle ayant trait à la poésie, on sait d'après 4) qu'elles n'apparaîtront plus à l'écran, étant réservées aux amateurs de poésie.
6) Les participants sont informés du fait que, si, malgré ces nouvelles dispositions, ils persévéraient à polémiquer à propos d'un article publié en 1ère catégorie, alors ils provoqueraient à terme l'exclusion de son auteur. Celle-ci n'aurait aucun caractère discriminatoire à son égard; c'est pourrait-on dire, la solution démocratique qui l'emporterait au final.

Illustrons sur un exemple l'efficacité attendue de cette nouvelle réglementation. Imaginons comme sujet sélectionné "la finalité du langage" et comme commentaire reçu ce qui suit : "oui, voici maintenant le seul visage auquel puisse servir désormais le langage, un moyen de folie, d'élimination de la pensée, de rupture, de dédale de déraisons, et non pas un dictionnaire où tels cuistres des environs de Seine canalisent leurs rétrécissements spirituels".
Que ferait désormais le webmaster ? Il placerait ce commentaire en 1ère catégorie car sa forme n'est nullement de nature poétique. Dans un second temps, soulignant le caractère éminemment attentatoire de son contenu, il pencherait pour la non-publication de ce texte, devançant ainsi conflits et retrait ultérieur comme précisé au point 5).
Ce nouveau règlement, dès le 1er février, amènera à une évaluation dès la fin du mois de mars. L'amélioration devrait être sensible durant ces 2 mois.

20. Tous législateurs
Ecrit par Député amateur. 29-01-2009
Ce qui est drôle sur Internet, c'est que tout le monde s'improvise législateur. En même moment où l'assemblée nationale devient une ridicule chambre d'enregistrement. Ici c'est pareil, beaucoup de bonnes idées. Même tout un règlement avec Gabriel, plus procédurier tu meurs, avec des jolies perles de démocratie comme sa règle 2) "Le webmaster sera seul compétent quant à la qualité du commentaire, forme et contenu". Mais, rassurez-vous, rien ne se passera. Comme à l’assemblée.



 
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