Nous avons le regret de vous annoncer le décès de Gérard Tissier, fondateur et administrateur de ce site, animateur du café-philo des Phares, le 21/10/2017

La culture empêche-t-elle la violence ?
Écrit par Carlos Gravito   
26-01-2009

« Non-Violence » (1980) de Carl Fredrik Reuterswärd, siège des Nations Unies à New YorkLa veille du 25 Janvier, le jour où, au café des Phares, Gérard Tissier a entrepris de modérer le thème proposé par Michel : « Est-ce que la culture empêche la violence ? », j’avais assisté au Théâtre 71 (Malakoff), à la pièce « Les vipères se parfument au jasmin », et j’imaginai qu’il y a quelque chose de sensible dans ce faible de la vipère pour l’odeur intense de la fleur, alors que mordre, sans plus, est tout simplement sa nature, tandis que l’Homme, il la cultive, sa nature violente. Il est démuni de venin et de griffes, c’est donc la clé à molette de son cerveau qui doit tout faire. « Homo homini lupus », écrit, à peu près, Plaute dans « La comédie de l’âne », deux cents ans avant le Christ ; le meurtrier campe en effet dans le primate, et la lubie de tuer n’est certainement étrangère à aucun de nous.

Lorsque la colère s’empare du mammifère, il montre ses dents, ses poils se dressent, son rythme respiratoire s’accélère, ses muscles se contractent, sa digestion s’arrête, et avec elle l’assimilation de tous les impératifs, catégoriques ou pas. Le processus commence, parait-il, dans l’hypothalamus, qui se trouve alors sous le contrôle du cortex cérébral, feignant ne pas connaître ni les œuvres d’Aristote, ni les Evangiles, ni les formules mathématiques et même les traits de maman, afin d’agir sans concessions, et cet état ne s’apaise pas, tant que la bête n’a pas donné libre cours à son courroux. Comme la rose, la violence est sans pourquoi, mais complète la beauté des événements, qui mettent les Lois entre parenthèses au moment d’engager le fer contre le barbare, l’étranger, le sans culture, l’inoubliable mort restant accrochée aux murs des musées, aux tympans des mélomanes, aux étagères des bibliothèques et aux façades des édifices que l’on a su ériger, de l’âge du bronze à celle de l’uranium, de la vallée du Tigre et Euphrate aux jardins du bord de l’East River, où se trouve le refuge des idoines représentants des nations unies. Ruse de la raison, le Mal est bon et la violence utile, dès qu’ils servent des fins considérées supérieures.

« C’est pas évident, avoua l’auteur du sujet, étant donné que les gens sont violents mais que la plupart des guerres éclatèrent entre peuples cultivés » cependant, Roshan « ne voyait pas de lien entre culture et violence », Sabine rappela « que la culture, n’étant pas un ordre instauré ne peut pas empêcher la violence, alors qu’une accumulation de savoirs et le respect de l’autre peuvent le faire », Madeleine se demandait « à quoi sert la culture, étonnée que, lors des émeutes en banlieue (dans le 93), un philosophe, Alain Finkielkraut, ait pu prendre les positions qu’il a prises », et l’intervenant suivant invita « à ne pas confondre culture avec l’idéologie, qui exacerbe la première », donnant comme exemples « le conflit judéo- musulman et le film ‘Le pianiste’ de Roman Polanski, dans lequel dissensions et barbaries furent adoucies par la musique ». Alfred décela soudain « dans le sujet un piège qui consistait à prendre ‘culture et violence’ pour ‘cultures et violences’, donnant Gandhi comme exemple de culture sans violence et le nazisme comme celui d’une culture de la violence », Charles se prononçant « contre la culture, qui prône la violence, et pour la violence endogène à l’Homme ». Halima prétendit entre-temps que « la connaissance ne suffit pas pour résoudre les crises, mais la recherche de la vérité oui », ce qui amena l’animateur à penser « aux droits de l’Homme comme violence légitime », et Daniel « à prôner la contention de la violence sans se laisser leurrer par la pseudo culture, une ‘catharsis’ (exercice de purification) qui assourdit les crimes nazis ou mafieux, par exemple, tandis que la vraie culture peut, elle, produire de la violence symbolique, telle que celle de la révolution bolchevique contre l’exploitation bourgeoise », Nadia se référant « à la violence verbale et traumatisante des sociétés civilisées », Elisabeth « aux énergies (positives ou négatives) qui tendent à s’extérioriser dans un contexte spécifique que l’on ne peut pas contrôler », Milo « aux contours culturels que l’on donne à de simples assassinats, faisant de la violence une branche de la culture » et, essayant de contredire Daniel, Madeleine revint à la charge « en défense des ‘bonnes violences’ qui sont en nous et dont Freud s’est occupé ».

Étant une énergie constituante de l’univers et un ressort structurellement nécessaire dans le règlement de conflits, la violence fut en effet objet de la réflexion de beaucoup de penseurs dont Platon, pour qui « les gens ne pratiquent pas la justice par goût d’elle-même, mais de peur de ce qui leur arriverait s’ils ne l’observaient pas ». Cependant, en contraste avec l’attendrissante sollicitude des instances d’Etat à panser les blessures de l’argent, la violence la plus odieuse va se nicher là où la mise à genoux est nécessaire au maintien de besoins aussi brutaux que la faim, dont le seul but est d’accréditer l’innommable idéologie de « la main invisible » qui préside à l’expression de la réalité, selon la Banque Mondiale. C’est clair. Les Hommes se méprisent avec un savoir-faire qui excède toute virtuosité : carnages acharnés, sadomasochismes fous, verte pornographie, désespérante paranoïa. Au nom de quoi ferait-on autrement ? À l’aide d’un savoir-penser qui ne me convient pas, dès qu’il a tout essayé ? L’amour, l’espérance, le respect, l’impératif catégorique ; que d’appels aux bons sentiments, émanant d’une raison qui ne tient pas compte de ce que nous sommes : des êtres ambigus. Malgré tout, mais sans répondre à la question d’Alain : « D’où viendrait-elle, une conscience morale ? », Gilles se mit à clamer : « Fraternité/ Convivialité/ Violence/ Non-violence/ Combat de franc-tireur... », bien qu’Irène crût « à la visée universelle de la culture si l’on s’abstenait de l’intolérance », Pierre affirmât que « la culture n’empêche pas la violence mais peut la légitimer, idée de Rousseau étant de départager ‘nature et socialisation’ », Laurence répétât que « la culture, ce n’est pas connaissance littéraire mais organisation de la nature », Simone souhaitant voir « la culture (dogme et pensée) au service de la violence », Claudine ne concevant que « l’éduction pour la juguler », Mireille n’apercevant « dans tout ça que l’affirmation de la vie », Martine « ‘l’enfantolatrie’ et la toute puissance accordée au bébé ».

Comment comprendre ceux qui ne peuvent être que là où ils sont, mais dont la peine de vivre n’appartient qu’aux avides souillons qui en profitent, se donnant à la lecture de « Forbes » ou « Fortune », censés entuber la raison de néophytes désireux de changer le monde, s’inspirant du palmarès des Crésus prêts à tout pervertir ? Comment comprendre ceux dont l’existence est balisée par la nécessitée de leur subsistance ou qui, croyant aux valeurs universelles, vivent dans la merde et s’en nourrissent chaque jour, tel qu’il est démontré dans « Le cauchemar de Darwin », le sidérant film de l’autrichien Hubert Sauper sur les enjeux économiques de la perche du Nil, comme paradigme d’une déshumanisation qui évide toute philosophie ? L’homme, sa raison et son imagination sont à l’origine de toutes les monstruosités ; il discourt sur des rassurants droits, vices ou vertus et a la velléité de vouloir se donner une éthique mais, qu’il dise oui ou qu’il dise non, il ne fait qu’acquiescer en somme aux convictions, principes et intentions que, soufflés par le profit, il s’assigne discrètement. Sa capacité de destruction du présent et du futur est supérieure à toute conception morale, en raison de la facilité de chacun à faire taire sa conscience, selon sa manière de comprendre le passé et de procéder à sa remémoration rituelle. Toujours liée à la frustration, la démesure, « hubris », est admise dans la violence comme dans l’art et dans l’érotisme en tant que plaisir alors que, anesthésiant, il nous approche de la limite, la perte de jouissance et de liberté.

Certes, chez les hominisés, comme chez les babouins, la cohésion est l’objectif principal du groupe pourtant, les principes, démocratiques ou pas, doivent être abandonnés lorsqu’il faut « agir comme un seul Homme ». Dans l’impitoyable jungle des rapaces à visage humain, il faut se méfier de la « loi du bec », dès que votre banquier, frustré de ne pas atteindre les objectifs de son incommensurable cupidité, rabat les oreilles vers l’arrière dans une régression finale. Paraphrasant alors Victor Hugo (‘L’aigle du Casque’), « j’appelle [donc] le ciel à témoin que l’homme est méchant » ; il est un insondable autre dont il ne reste rien d’édifiant, dès que, de peur, il joue le tout pour le tout. Que faire ?

  

Écouter le débat : c'est ici.

Sujet connexe : Comment se débarrasser de la violence sans être violent ? par Carlos ; par Gérard ; par Marc

 

LISTE DES COMMENTAIRES...


1. commentaire
Ecrit par Elisabeth. 27-01-2009
Merci bien pour la mention, mais j'aime pas trop la maniere dont vous incorporez mais idees dans un canon comprenant les droits de l'homme et les nazis car ca n'a rien a voir. Je parlais du fait que l'energie pour laquelle nous sommes un channel peut etre violent a vivre ou s'exterioriser dans la violence contre les autres, ca peut aussi bloquer, ou entrainer dans des cycles. Vous simplifiez la 'positive' 'negative', ce qui n'etait pas une expression de binary opposition, mais un moyen de decrire notre propre facon d'interpreter ces cycles. La culture, ca peut aussi etre defini par des cycles, dans des rituels, mais ca a un sens tordu quand on applique des ideologies aux cultures dans des lieux d'ecriture, ce qui est fait justement pour detenir le pouvoir. Eventuellement ca bloque les energies que nous avons parfaitement la capacite de channeler ensemble a tout moment par le contact humain. En effet la culture et la violence font partie d'un meme processus, qui forme et fait evoluer notre espece. Nous esperons toujours evoluer vers la paix, mais seulement l'equilibre en soi transmis parmi les autres peut mener a cela, car c'est un effort commun de rester sage. On peut le faire tranquillement dans son coin, mais si on ignore, ou one ne peut pas s'harmoniser avec ses voisins, cette harmonie en soi est une fausse illusion. On est tombe dans des ideologies, mais grave.

2. petit ajout
Ecrit par Elisabeth. 27-01-2009
D'ailleurs, c'est justement le retour aux canons et a l'analogie a la barbarie qui nous ramene a des conclusions si tristes, d'hommes mechants et regressifs. Nous sommes a la fois des etres intelligents et des animaux, mais juste parce qu'on est animal, et on le voit parce qu'on est intelligent, et le mal que peut faire l'animal... ne mene pas a la conclusion que nous sommes donc mechant et incapable de se controler. On peut excercer un pouvoir sur son destin au lieu de toujours agir contre quelqu'un ou quelque chose. On peut choisir de ni se mettre d'accord, ni se mettre apart, et d'etre a la fois present et loin, quand on communique et on laisse rentrer les gens sans les agresser ou s'agresser. C'est possible, et quand on se comporte comme ca on emene les autres au bonheur. Les guerres, les maladies, et les follies arrivent mais on a des cartes a jouer. Chacun peut jouer ses cartes, chacun peut gagner son tour, et on peut le faire sans agresser les autres.

3. La culture' empêche-t-elle La Violence ?, Michel T, Gérard Tissier
Ecrit par ROCA. 27-01-2009
La culture' empêche-t-elle La Violence ?, Michel T, Gérard Tissier,

culture culte de culture des cultures, savoir, et, savoir-faire civilisation,
École des Valeurs, issues de La nature', instinct, pulsion, réflexe', en tension, extension,
Vers L'intuition, de L'impulsion, de La réflexion, de socialisation, et, d'humanisation,
co-naissance co-créAction, éducation, pédagogie, héritage témoignage La transmission,
L'intériorisation, de La compréhension, Apprentissage', entendement, d'humanité,
force', intérieure', élan, Vitale L'énergie, de La recherche de L'universalité,
de notre Vérité, en ...quête', où L'âme'...agit, d'un " modus' Vivendi " À La fraternité,
La convivialité, La NON-Violence de tolérance différences' en NON-Violence', Actée,
essence d'existence culture du Sens', du monde L'Autre Soi, L'Histoire La Vie, quoi !
Mise' À L'étude mise' en cause', et, en question(s), À plat, en perspective La Libération,
Combat, de Franc-Tireur, propre révolution, de La Résistance' À notre Libération,
par Le Lien, Vers Le Lien, de notre, humain, chantier, Lien d'Amour d'Amitié, ma foi ! Gilles Roca,

Cas-fée Philo des Phares, et, de La culture, phare, en ces-jours de Pluviôse 25'. 1. 2009',
Pluie de Violences ... ose'!, et, de sa mise' À Neuf', GR

4. quelle "littérature "!
Ecrit par . 27-01-2009
Les débats ci-dessus sont intéressants mais c'est assez pénible à lire !
Ne serait-il pas possible que vos rédactions soient dans un français plus littéraire.
Je vous en serais mille fois reconnaissante.

5. Qui, quoi peut faire reculer la violence ?
Ecrit par Crémilde. 27-01-2009
« …. la culture est un antidote à la violence, si elle nous convie à la tolérance et à la compréhension de l’autre ».

Culture comme frein à la violence ? quand il y a une certaine culture de celle-ci ?

Est-ce que trop de culture mal « distribuée », n’est pas un générateur de violence ?
L’écart se creuse entre ceux qui « savent » tout, qui « connaissent » tout et ceux qui sont entravés d’apprendre. - Croyons-nous que c’est en « jetant » de la nourriture et des médicaments aux affamés et malades, de par ce monde, qu’on empêche la violence de la faim, de la maladie … de la misère ? –

Il y a les mots, s’ils ne sont pas des pistolets chargés …
Il y a les mains, si elles s’offrent sans attentes …
Il y a les yeux, s’ils lisent dans l’autre leurs espérances …
Il y a l’écoute … si nos cœurs savent entendre …

Lire les mots des autres nous apporte leurs messages.
Toucher les mains des autres nous permet de les tenir et soutenir.
Regarder les yeux des autres nous permet de les découvrir et nous connaître.
Ecouter avec empathie nous permet d’entendre ce que l’autre a, et à nous dire.

Qui, quoi peut faire reculer la violence ?
Nous tous, sûrement !! Sans schémas prêts à l’emploi, sans vouloir ébaucher à notre image …. et encore moins en faisant semblant de comprendre que le français littéraire.

6. Le feu et la parole
Ecrit par Victor. 27-01-2009
Dans la rebellion au sudest du Mexique la question a été posé sur les chances de gagner une guerre contre un enemie tout puissant supporté avec les armes produites par la technologie d´une culture perfectionniste. On en a pas des chances c´etait la reponse. La parole produit de la reflexion et de la recherche de la verite peut, sur le long terme, avoir une chance. La parole est aussi une forme de culture et une arme plus puissante que le feu.

7. Réponse à 4
Ecrit par Elisabeth. 27-01-2009
Désolée, je suis anglaise et j'ai un peu de mal avec l'écriture en francais.

8. la culture , ou de la confiture ?
Ecrit par Gérard. 27-01-2009
Ce n'est pas parce que la culture n'empêche pas la barbarie que la barbarie est moins violente ou également violente par rapport à la culture. Soutenir qu'il n'y a pas de rapport entre eux est aussi rapide qu'un 20heures sur tfi pour parler des civilisations et de leurs ressorts. Pour simplifier, je dirais que "La" violence est ce qui est jugée comme "hors cadre" ( celui de "sa" culture qui tolère ou non des formes de brutalité ou les sublime, les ritualise etc ) Sans culture il n'y aurait pas de violence car pas de cadre pour la relever. La culture est un concept et la violence et physique ou psychologique. A-t-on vu que l'esprit empêche le geste ? Un peu facile alors de dire :non la culture ..
Que la socialité tente d'extirper la violence des rapports inter-personnels est aussi évident pour moi que, pour certains, la guerre est violente. Dans ce dernier cas, So what ? ( et alors) Peut-on juger les choses individuelle et collective sur le même plan.Entre la guerre, l'emeute, l'insurrection ou le lynchage et la lapidation, pas de différence? pas de catégorie morale, de contexte , de mise en perspective ? Constater les choses n'est pas les comprendre et dénigrer l'Humanité par ses turpitudes et faiblesses ce n'est en gros que parler de ses passions, de sa fragilité et de son ignorance ( Platon). Plus : revendiquer pour soi un appartenance à une espèce incapable de sortir de son animalité est le contre- sens de la culture qui se se croirait lucide -et bien le négativisme du temps C''est nier ce qu'elle produit, la croyance nécessaire en un progrès de l'Humain.(les Lumières) A force de se mal juger on se comporte comme ses représentations ou on les projete sur autrui pour finir comme les banquiers à leurs propres yeux: innocents de leurs tares et autant cupides que pragmatiques. Alain Badiou dit dans Libé que la culture occidentale exporte sa violence Quand on vous dit que les barbares , ce sont les autres.. sauf qu'entre nous ,on se civilise ..quand même un peu. Non ?
Dire que la culture peut aller jusque légitimer la violence est un contre-sens connotant un fondement violent des cultures sauf que la culture par esemple , a inventé la démocratie et le bien commun. Comme la force ne peut fonder le droit, c'est le droit qui encadre la force. La seule violence légitime c'est celle de l'Etat quand l'état est démocratique. Une fois une violence admise par la loi , la loi peut la défaire ( peine de mort par exemple) et cela c'est le débat, la raison et donc la culture !
Marlène à parlé de la violence par manque d'amour ou de reconnaissance. pourquoi ne pas le souligner? Une parole non conformiste et non désabusée cela peut s'entendre ! ? Et puis, l''amour, la compassion, la pitié, la fraternité, les religion, d'amour etc,c'est de la culture ou de la confiture?
Dernier point pour Carlos :si "la violence est sans pourquoi ", il vaut mieux tirer le premier, ou mettre les enfants à risque en surveillance, c'est cela?

9. L'enfer...
Ecrit par Carlos. 28-01-2009
...est pavé de bonnes intentions, mon cher Gérard, car les Hommes cultivent aussi bien les roses que la violence et, en cas de duel, par exemple, il est conseillé, effectivement de tirer le premier ; du moins, c’est ce que je tenterais de faire. Pour ce qui est des « enfants à risque », de quels risques s’agit-il ? S’ils risquent un bombardement aveugle, il est prudent de les mettre à l’abri, bien sûr, si par bonheur quelque chose reste encore debout aux alentours ; s’ils risquent d’aller se faire exploser au milieu des leurs oppresseurs, il serait bien avisé de libérer leur territoire. Toutefois, tu voulais peut-être dire « des enfants à problèmes », et dans ce cas, c’est pareil : libérez leur territoire. « Territoire », figure-toi, est aussi un concept ; un concept en polémologie comme en psychologie. Mais, tu embrouilles tout avec tes « histoires d’amour », une eau de roses qui nuit à la nature sèche de la poudre, soit-elle d’escampette.

10. malaise dans la culture (civilisation) S. Freud
Ecrit par Nadia. 28-01-2009
La civilisation, selon S. Freud, est porteuse de souffrances, car elle suppose de la part des hommes un renoncement à leurs pulsions les plus instinctives. En imposant des restrictions à leur liberté sexuelle, elle génère des névroses. Mais elle tend également à réprimer leur agressivité. Sans pour autant faire l'éloge du bon sauvage, S. Freud estime que ce que l'homme civilisé a ainsi gagné en sécurité, il l'a perdu en bonheur. Toute culture fait place à un certain nombre de pratiques et de rapports ‎stables et pacifiés mais n'est pas nécessairement purgée de toute violence. Il est aisé de retrouver au sein de toute culture et à plus forte raison entre ‎les différentes cultures divers antagonismes et rapports de forces. Il parait ‎dès lors inévitable pour toute culture d'avoir à affronter et à gérer certaines manifestations de ‎violence.
La culture est violente dans la mesure où elle s'impose aux homme comme une nécessité pour vivre en société. cette violence est dévoyée et s'exprime d'une manière insidieuse et parfois d'une grande cruauté à travers le langage par exemple dans les rapports humains. A l'échelon international elle continue à faire des ravages pour répondre à des exigences économiques, pour le pouvoir etc... La violence est à la source de toute culture y compris des plus pacifiées. L'anthropophagie, par exemple, n'a pas complètement disparue. Il semblerait même que dans certaines cultures dites "civilisées", celui qui est capable de mmanger son semblable est quasi-divinisé. (voir.....)
Il me semble que la culture permet de mieux gérer, de canaliser, d'orienter et au mieux de sublimer cette violence naturelle ou plus précisement instinctive chez l'homme. Le fait même de se "cultiver", d'apprendre à mieux connaître l'autre nous permet d'échapper à la barbarie, d'atteindre une certaine transcendance pour employer "les gros mots". Amitiés à tous

11. P.S.
Ecrit par Nadia. 28-01-2009
P.S. :Nous sommes, à Paris, au mois de juin 1981. Un étudiant japonais de 32 ans, inscrit à la Sorbonne, invite chez lui une jeune Hollandaise de vingt-cinq ans, Renée Hartevelt.

Renée repousse alors ses avances, ce qui ne refroidit pas Segawa. Il la tue d'une balle dans la tête. La viole, et pendant trois jours va se « délecter » de son cadavre. Il la dépèce et la mange.

Après plusieurs péripéties, il réussit à se débarrasser du corps dans le bois de Boulogne. Malheureusement, pour lui, un couple de passant aperçoit son petit manége. Rapidement arrêté, il est reconnaît les faits pendant son interrogatoire avec force détails.

Il est incarcéré jusqu'en 1983, il bénéficie alors d'un non-lieu pour démence au moment des faits. Il est ensuite interné dans un hôpital psychiatrique.

Un an plus tard, grâce à l'influence de sa famille, le « cannibale japonais » est de retour à Tokyo à la condition d'y suivre un traitement psychiatrique. Après examen, les psychiatres le déclarent sain d'esprit et le libèrent.

Sagawa devient en quelques mois une véritables star des medias. Sujet de plusieurs articles et documentaires, plus de 300 livres lui ont été consacrés (notamment en français Le Japonais cannibale de Patrick Duval et L'affaire Issei Sagawa œuvre collective parue aux Éditions Fleuve noir).

De la même façon, on ne compte plus ses apparitions télévisées en tant que critique culinaire (sic) ou sur grand écran (Shisenjo No Aria, The bedroom en anglais, un film qui parle de prostituées atrocement mutilées...).

Enfin, en vingt ans, il a publié une dizaine de livres avec des titres comme « L'affaire de la chair humaine de Paris », « Cannibale », « J'aimerais être mangé » ou encore « Ceux que j'ai envie de tuer ».

D'ailleurs, à l'heure actuelle, Sagawa vit en parti des royalties de ses livres, mais également grâce aux subsides que lui versent ses parents (à presque 60 ans !).

Même s'il est moins présent dans les medias japonais, il réapparaît de temps en temps. Les télévisions et les magazines étrangers continuent également de l'interviewer régulièrement.

Il se plait toujours à raconter ses sordides expériences « culinaires ». Sagawa joue la carte du cannibale sanguinaire au maximum. Récemment, lors d'une séance photos devant un grand magasin, tout en regardant les jambes du mannequin dans la vitrine, il a déclaré aux journalistes venus l'interroger : Quand je vois une belle femme dans le train, j'ai la sensation de la manger...

12. P.S.
Ecrit par Nadia. 29-01-2009
Voir sur D. Motion la vidéo . Ce type qui vit en liberté dans un quartier de Tokyo depuis 26 ans, a fait visiter son appartement à des journalistes et, au passage, il leur fait savoir qu'il aime écouter Mozart etc.... (L'article ci-dessus accompagnait la vidéo).La monstruosité, la violence la plus barbare n'a pas complètement disparu chez certains individus et continue à exercer une certaine fascination. On le voit à ce propos accompagné de deux jeunes femmes qui n'ignorent rien de son passé et acceptent de passer quelques jours en montagne, en sa compagnie. Ca fait froid dans le dos. L'histoire ne nous dit pas si elles sont encore vivantes!!!

13. LA MORT SPECTACLE
Ecrit par BRITT. 29-01-2009
Dans la même veine que l'histoire de Nadia je signale l'enquête de la philosophe Michela MARZANO "LA MORT SPECTACLE, ENQUÊTE sur l'HORREUR-RÉALITÉ" (Gallimard, 2007) qui montre l'engouement d'une frange grandissante d'internautes adeptes (ou plutôt addicts) de vidéos où les victimes sont mutilées ou mises à mort devant la caméra. Ainsi on peut voir sur internet à côté des films de viol ou de sadomasochisme des vidéos islamistes d'égorgement, comme la décapitation de Shosei Koda, un routard japonais de 24 ans, enlevé et exécuté "en direct". Autre exemple: le journaliste américain Daniel Pearl. Les spectateurs friands de ces vidéos sont en constante augmentation d'après les chiffres publiés par les différents sites, et les visiteurs des sites en discutent sur des forums comme s'il s'agissait d'une banale mise en scène. La violence est des deux côtés, du côté des acteurs comme du côté des spectateurs, elle participe d'un trait de notre culture: la réification de l'humain et la promotion/manipulation du pulsionnel.

14. Quelle violence ?
Ecrit par Gunter. 30-01-2009
Est-ce que j’ai mal lu, mais je n’ai trouvé aucune appréciation positive de la violence, ni dans le compte-rendu, ni dans les commentaires. Or, ne faut-il pas distinguer la violence de la brutalité, haine, bestialité, sadisme, etc. ?
L’étymologie habituelle renvoie pourtant au mot latin « vir », la force et, pour certains, au mot grec « bios », la vie.
Deux livres de Jean Bergeret, psychiatre et psychanalyste lyonnais, « Freud, la violence et la dépression » et « La violence et la vie » portent sur la découverte d’un instinct violent primitif, qui n’a rien à voir avec la haine, le sadisme, etc., et qui est commun à l’homme et aux animaux.
Heureusement que les résistants à l’occupation nazie ont su mobiliser leur violence, pour ne citer qu’un seul exemple d’une violence (positive). On les qualifiait et traitait d’ailleurs à l’époque de terroristes !
S’il n’y a pas de violence légitime, il ne peut y avoir non plus de guerre légitime. Est-ce évident ?
La distinction entre « bonne » et mauvaise violence (brutalité, sadisme, etc.) est très bien illustrée par le film « Une histoire de violence » de Cronenberg.
Alexandre Lowen, l’un des deux élèves de Wilhelm Reich, définit ainsi l’acte d’amour : exprimer un maximum de violence avec un maximum de tendresse.
La haine contemporaine de toute forme de violence me parait donc suspecte et fait penser à un désir de domestication de l’homme qui rendrait (enfin) possible « le meilleur des mondes ».
Quant à la culture, il me paraît incontestable que lorsque le coup de poing ou de massue a été remplacé par l’injure, l’humanité a fait un progrès vertigineux…(Freud, cité librement).

15. "Légitime", mouais...
Ecrit par Diplômate à la retra. 02-02-2009
Mal lu, en effet, car si vous aviez bien lu, vous auriez compris que les adorateurs (ou justificateurs) de la violence n'étaient pas les bienvenus dans ce débat, tout juste sortant de la terrible "operation" faite à Gaza. Le vrai défi de la pensée est de trouver comment s'én sortir de la spirale de la violence, toujours "légitime" pour celui que la pratique.

16. Gunter,au risque de persister..
Ecrit par Gérard Tissier. 02-02-2009
Gunter merci tout de même de lire le commentaire N°8 de ton serviteur. Je te signale que, non sans témérité, j’ai, en tant qu’animateur, terminé le débat en le clôturant sur l'idée d'une violence légitime de l'Etat -j’ajoute de droit-nous venant de Max Weber. C'est vrai que la salle était quasi-unanimement contre la violence et dans le refus de voir dans la culture un rempart symbolique contre la violence. Et pourtant, depuis Freud, Lévi Strauss et surtout René Girard nous devrions tous deviner ou entendre que la culture est la religion archaïque par laquelle les mœurs, les mythes, les rituels et les modes de vie) ont encadré la violence physique tout en lui laissant des exutoires sous le visage de victimes expiatoire ou de bouc émissaires.
Ce qui est terrible c'est de toujours constater dans un groupe le rôle du mimétisme qui amplifie la violence réactionnelle et le déni massif de points de vue différents, plus nuancés et ultra minoritaires ce qu’il laisse à leurs défenseurs potentiels que l’alternative du silence ou de la provocation. Que de certitudes sur un sujet aussi complexe alors que je m’attendais à déboucher sur deux visions de l’homme en société selon la bonne opposition entre le loup pour l’homme ( Hobbes)et le bon animal dénaturé par la société.(Rousseau) tout en me sachant très loin d’un cours de philo. Naturellement la question posée porte sur l’homme Historique sur l’homme de l’anthropologie, du passé et de l’avenir dans un mouvement ascendant de la complexité sociétale. Comment peut-on être sûr de l’homme de l’avenir si on a pas commencé à comprendre son évolution dans sa socialité et son individuation progressive ? Le consensus sur le fait de dire que la guerre est violente ne produit rien en termes d’intelligibilité sur la fonction de la guerre et ses raisons. La guerre est la guerre et l’insurrection ou la résistance sont tout aussi violentes mais différentes dans leurs légitimités. Si la guerre est violente le crime de guerre l’est davantage, est-ce la violence qui est le critère ou la « culture » de la guerre qui n’est plus respecté, sachant que cette culture vise entre autre à dépénaliser la neutralisation de l’ennemi ? Si on en en reste au refus d'une vision culturelle de la guerre, alors on abandonne la culture comme Raison,ou(Esprit) en tant quemoteurs des progrès de l’humanité et ce, sans voir que là où dans nos vies,-et dans nos villes-, la culture recule, la violence avance jusqu'à en devenir indéchiffrable au point d’évoquer la barbarie et de susciter le réflexe mimétique d'une contre violence sécuritaire. Ainsi se poursuit la prophétie évangélique " malheur à celui par qui le scandale arrive»..Dans le refus de mettre ses croyances un moment de côté pour ouvrir les yeux et savoir où poser ses pieds dans un chemin qui mènerait,- sait-on jamais ?- un peu plus loin.

17. Le plaisir en question
Ecrit par Nadia. 02-02-2009
Le terme même de "violence" suppose l'action d'une force non contenue, d'un acte brutal, de contrainte de l'autre en abusant de sa force. Il y a dans la violence l'idée d'une force irrésistible et néfaste même si elle est orientée vers un but légitime dans le cas, par exemple , d'une agression, de légitime défense. Il n'en demeure pas moins qu'elle exprime une forme de sauvagerie. Quant à l'acte d'amour comme expression brutale et naturelle des sentiments, il se distingue des autres formes de violence par la quête d'un plaisir partagé.Autrement dit, la source de toute violence ne serait elle pas dans le plaisir ,quel qu'il soit, qu'elle procure à ceux qui s'y adonnent ?

18. Se civiliser est normatif
Ecrit par Alain. 03-02-2009
A propos de la fascination morbide de quelques-uns pour la violence, des femmes qui demandent en mariage de grands criminels, etc., je trouverais plus intéressant pour la "culture" qu’ils soient fascinés par la création de bien vivre et de richesse, personnellement... Il y a implicitement dans le sujet une condamnation de la violence. De la perversion, des actes de barbarie, il en restera toujours suffisamment pour rassurer ceux qui se verraient vivre en pays fasciste parce que ces indépassables expressions de la liberté humaine auraient disparu ! Mais je reconnais volontiers quelque chose de normatif dans l’idée de progrès et de civilisation.

La culture sert donc à sublimer la violence et nous humanise, mais on peut aussi avoir un doctorat et être violent (encore que je ne connaisse aucun exemple...) : un doctorat, est-ce de la "culture" ? Et la démocratie permet la gestion civilisée des conflits (lutte de classes oui, guerre des classes non !) ; la violence, fût-elle "légitime", conduit la révolution à la dictature.

Mais je préfère traiter d’un point de vue qui est resté pratiquement absent du débat : la culture ne s’opposerait pas à la violence mais la produirait. Voir le forum "questionnements philosophiques".

19. peut -on enfin s'entendre ?
Ecrit par Gérard Tissier. 04-02-2009
Nadia.je te propose cet extrait de texte trouvé sur wikipedia" Les motivations de la violence sont l'objet de vifs débats dans les champs scientifiques, juridiques, philosophiques et politiques. Dans l'approche de beaucoup de praticiens de la psychologie, de l'aide sociale ou du droit (côté défense), la plupart des personnes adoptant des comportements de prédation et/ou de violence relèvent de la sociopathie ou d'une problématique sociale et/ou économique. D'autres approches, notamment en éthologie appliquée à l'espèce humaine, et certains chercheurs (dont Konrad Lorenz, ainsi que beaucoup de behavioristes) estiment que les personnes adoptant des comportements de prédation et/ou de violence ne le font pas forcément par manque de ressources, d'éducation, d'émotion ou d'empathie (les séducteurs et les manipulateurs n'en manquent souvent pas, soulignent-ils) mais par choix narcissique, en vertu du principe du plus grand plaisir et/ou de la plus grande facilité/rentabilité. Les points de vue les plus extrêmes (qui ressurgissent régulièrement malgré la réprobation de la communauté scientifique) vont jusqu'à affirmer que ces comportements seraient génétiquement inscrits et héréditaires. D'autres spécialistes de l'éthologie humaine, tels Boris Cyrulnik et les cognitivistes, nuancent ces points de vue et récusent tout héritage génétique de la violence."
Pourquoi aller chercher le sauvage et l'irrépressible? Il y a différentes formes de violence dont les contours se déssinent en fonction d'une éthique de la légitimité
Non seulement la culture EST la réponse historique à la violence primitive ( le meutre fondateur du père pour Freud) mais n'existe que parce que les concepts de dignité de respect, de responsabilité etc.. ont été inventés par la culture pour la nommer en tant que telle,la réprimer, la dénoncer et en éradiquer les formes les moins acceptables ( ex : le supplice de la roue, )
De plus si tous les sauvages trouvés sur terre avaient été violents cela se saurait Enfin le policier qui maitrise violemment un délinquant dangereux est dans la maitrise et le controle.Pas dans une forme de sauvagerie.
Qu'il y aient des narcissiques pervers et sadiques sans doute.Pour moi la question n'est pas la violence mais qu'est ce que la culture, sa géographie , son histoire sa portée par rapport à elle .Comprendre qu'un mode de vie partagé l est tourné vers la paix et le vivre ensemble c'est déjà cesser d'avoir des opinions violentes parce qu'elles jugent tous ceux qui sont contre les bonnes causes ( ici l'abolition éternelle définitive et sans recours de la violence, la belle affaire ! )

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