Sommes-nous responsables de nos échecs ?
Écrit par Carlos Gravito   
16-02-2009

Me sentant fautif après un récent fiasco, afin de m’assurer une petite chance de succès pour un vœu fait le jour de la saint Valentin, j’expérimentai une série de patiences mais, ces réussites étant peu probantes, ce n’est qu’au Café des Phares, le lendemain 15 Février, que la seule question que j’aurais dû me poser fut formulée par Milo : « Sommes-nous responsables de nos échecs ? » à laquelle Gérard Tissier attacha un intérêt à la hauteur des obligations morales suscitées par le contrit point d’interrogation auquel les philosophes sont si attachés.

Évidemment, assuré qu’en général le hasard fait bien les choses et allant à l’encontre de mon conséquent sentiment de culpabilité, j’étais enclin à plaider non coupable, répondant « Non », puisque, sans que j’y fusse pour quelque chose, l’outrecuidance et les échecs ont toujours été les expériences les plus enrichissantes de ma vie, mais la majorité des voix qui s’élevaient dans la salle discordaient d’une telle posture et j’essuyai un nouveau revers. Recroquevillé dans mes agissements regrettables, j’entendis ainsi l’auteur du thème appuyer sa question affirmant que « son idée venait du titre d’un livre qui interpellait l’individu ainsi que le collectif au sujet des changements du monde et considérait, dans un tel agencement, le rôle du Mal et de la Liberté déstabilisant pour le Bien », l’animateur pointant sur le champ « des responsables pour l’échec du libéralisme alors qu’ils savaient pertinemment que ça ne pouvait pas marcher ».

Notre démarche paraissait hypothéquée. D’un côté, l’animateur doit assurer un certain résultat du fait d’être chargé du déroulement du processus dominical dont une non-réponse serait déjà un échec, de l’autre on doit se garder de donner comme exemple d’échec ce qui n’est pas explicitement sacrifié, nommément la Liberté entravant le bonheur ou les lieux communs tels que la pollution de la planète et l’effondrement de l’économie globale comme freins du Bien. Mais enfin. Simone trouva « qu’il faudrait être tout puissant pour se considérer responsable de chaque événement », Olivier lia « l’échec au projet », Nadia pensait « que celui qui réussit ne va pas bien loin et que dans ‘échec’ il y a ‘choir’, de ‘cadere’, chute, culpabilité, ‘échec et mat’, roi mort », Gérard rapprochant le tout, « le bien comme le mal, du péché originel, un projet non abouti », tout en s’inquiétant de savoir « qu’est-ce qu’une vie réussie ? », à quoi l’intervenant suivant riposta « que l’on est certes responsable de nos échecs mais, échoue-t-on vraiment dans la vie ? », Irène considérant « que certains projets sont réalisables dans un environnement donné, d’autres pas, la responsabilité ne s’appliquant qu’aux premiers » et un autre participant se dit « en désaccord avec la notion de culpabilité et de l’‘inquiétante étrangeté’ freudienne, parfois un refoulement surgissant chez des sujets incapables de réussir leur vie, sans savoir pourquoi », tandis que Agnès penchait « pour l’irresponsabilité des échecs, plutôt constructifs » et quelqu’un remettait en cause « l’étymologie d’‘échec’ par rapport à ‘choir’, le cas d’un bateau qui échoue en attendant la nouvelle marée ; l’échec peut donc être formateur ». Jacques observa que « nous faisons des projets exacts et si nous ne voulons pas avoir d’échec, il faudrait ne pas se donner d’objectifs », André précisa « qu’il y a des réussites dans l’échec, Freud confirmant que ‘l’échec n’en est pas un’, Rousseau étant lui un parfait exemple du bénéfice que l’on peut en tirer », puis Pierre-Yves, « optant pour un choix ‘idéel’, repris le radical « cadere » pour ‘faire tomber’ le mal à l’intérieur de son jardin (pas de chance), ou du jardin de son voisin qui devient alors méchant, d’où malchance ou méchanceté, impliquant la nécessité de se battre ; il y a là, dans le sujet, une notion de limite à cadrer et il me faut anticiper, prévoir ; voilà la responsabilité ».   

On a donc attribué « échec » à « choir », de « cadere », à proprement parler « chute », comme celle du jour, de l’eau, des feuilles ou de mes cheveux, des phénomènes qui ne constituent vraiment pas des échecs. Près de « Hattat », mot hébraïque qui implique le soupçon envers un Dieu aux affinités électives, germe d’un meurtre fondateur, l’« échec », dont on parle ici, est (du persan ‘sakk’), ce qui de l’homme échappe à l’homme, entraînant un péril, une résistance, un obstacle auxquels on se heurte et est susceptible de conduire à des situations d’impuissance (pour le roi, dans le cas du jeu). Et pour cause, je ne peux pas tout ce que je veux et encore moins tout ce que je dois, car il n’y a aucune solidarité entre mon vouloir et ma décision ; elle me trompe avec le premier venu, que ce soit ce que je veux, peux ou sais. La contingence de mon projet me délie de l’incontournable nécessité de la nature mais, sous l’apparence d’une liberté, il est enchaîné au présent, un ordre pré-établi par l’éphémère fulgurance de mon vouloir qui, tributaire du temps, n’est plus en mon pouvoir. Admettant un libre-arbitre, nous croyons avoir un libre choix, alors que les produits que l’on veut nous vendre sont étalés sur les gondoles à portée de main et à la hauteur de nos yeux.

C’était un peu l’idée de Charles, pour qui « les jeux sont faits » et, alors que Marlène soumettait « le succès ou l’insuccès de l’entreprise à sa propre histoire, la difficulté résidant dans la façon d’assumer », un « rapprochement fut fait avec l’anglais ‘failure’ qui rappelle la ‘faille narcissique’ », Alfred jugeant « que chacun a sa chance, ce qui favorise quelques découvertes chez les chercheurs », Simone prétendait « qu’il faut savoir pourquoi on fait ce qu’on fait », Line se demandait « si la mort est un échec », Milo se réjouissait « de pouvoir rejouer aux échecs après une partie perdue, tandis que dans la vie c’est joué une fois pour toutes : succès ou échec », l’animateur fit « état des vies accomplies selon leur vocation ou sens investi, qui fait que notre vie va là où elle devait aller, une voie immortalisée par les poètes », dont Gilles se fit le porte parole : « L’Homme est/ un risque à courir/ Et la femme à rattraper/ Pas responsables du visage que l’on a/ Responsables de la gueule que l’on fait ».

Comme il a été relevé, beaucoup d’échecs, par rapport à des normes conventionnelles, sont finalement des réussites en tant que refus du modèle traditionnel auquel on se heurte. Notre force est dans l’irresponsabilité, la velléitaire intention dont la pensée nous distingue et, pas soumise à une quelconque efficacité, la raison a plus d’une carte dans sa manche pour nous innocenter. Devant le tribunal de notre conscience, nous sentons, peut-être, une certaine culpabilité pour nos défaites, mais pas responsabilité, et nous nous considérons responsables, mais pas coupables, lors que nous sommes punis pour nos actes malveillants.

La conformité est une voie d’échec pour les bien-pensants. Obsédés par la crainte du déséquilibre, ils s’accommodent d’hébétude, de vraisemblance et de fidélité, des bénéfices secondaires qui empêchent toute transformation. Celle-ci n’est obtenue que par la discordance, le vagabondage, la transgression, la subversion, l’originalité et l’imaginaire, des insolences inaccessibles aux inconditionnelles rengaines de béni-oui-oui qui répètent, niaisement, le « yes, we can » d’un petit avocat de province, Abraham Lincoln, au cimetière de Gettysburg en 1863.

Le monde est l’ensemble de toutes les pertinences où nous échouons et où nous durons sans pouvoir faire autrement, réussite et échec, ne connaissant qu’une seule et même loi, « que ma volonté soit faite ». Si je me ramasse une veste, je doute. Si je doute, je pense ; si je pense, j’existe et exister c’est agir. Ayant donc agi prenant place dans une loge du Palais Garnier, je me préparais à assister à « Fidelio », l’unique opéra de Beethoven (qui fut un échec lors de sa création en 1805, à Vienne), lorsque j’entendis un étrange boucan, et un passionné de bel canto m’y rejoignant s’excusa, en raison de ma stupéfaction :

- Pardonnez-moi, mais mon manteau est tombé ; je n’y peux rien.
- C’est pas possible ! Il ne peut pas faire un tel bruit, m’étonnai-je.
- C’est que je le portais.

 

Écouter le débat : c'est ici.

Sujet connexe : Qu'est-ce qu'être responsable ? par Carlos ; par Daniel ; par Marc ; par Pirmin

 

LISTE DES COMMENTAIRES...


1. responsable???
Ecrit par amapola. 16-02-2009
comment peut on ^etre responsable?nous serions bien pretenteux!!!

2. Cave ne cadas
Ecrit par internaute. 17-02-2009
Quelle différence entre celui qui tombe parce qu'il a mal lacé ses chaussures et celui qui tombe parce que quelqu'un lui a fait un croc-en-jambe ?
Le résultat est le même, alors à quoi bon chercher la responsabilité.
Il y a ceux qui ont la force de se relever tout seuls, d'autres non. On ne choisit pas sa force, responsabilité zéro.
Il y a ceux qui sont aidés pour se relever, d'autres qui sont laissés par terre. Responsabilité aucune, la vie n'est qu'une suite de hasards.

3. Sommes-nous responsables de nos' échecs ?, Gérard Tissier
Ecrit par ROCA. 17-02-2009
Sommes-nous responsables de nos' échecs ?, Gérard Tissier,

Si " L'homme' est' un projet ", Sartre', il n'est pas' Abouti, " Non irréalisable, mais', irréalisé ",
échecs, et, réussites ... de L'homme', " Utopie ", Théodore Monod, L'homme ... conscientisé, responsabilisé,
Le monde ... L'Autre ... Soi, travail, et, jeu, d'échecs, ouvert(e)s, fermé(e)s, entrebâillé(e)s,
Les portes de La Vie," Les portes de La nuit ", d'échecs," Le roi se meurt ", Ionesco, Le roi est mort, ça y' est,
Vive' Le roi !, et, faire', Avec, comprendre ... prendre', Avec, En ...Vie, cocréActeurs, de sort, perdu, gagné,
échec et mat', et pat', et, succès, réussite', À L'épate', Ah, c'est bath !, capacité, À réagir, Anticiper,
Les moyens, de changer', Avancer, transformer, en recherche ... de fin, et, d'y participer',
entreprendre', Aboutir, répondre' Au programmé, en faisant Le chemin, découvrir, inventer',
innover', échouer, tomber, se relever, Louvoyer, s'échouer, s'Arrêter, repartir, À L'Assaut, du succès,
en direction du port, de but' en chutes, de chutes' en but', En ...Vie, Et ...sens', Accès,
Atteindre ... dépasser, courir, se dépasser, s'Aboutir, Accomplir,
" Courage !, L'homme' est' un risque' À courir ",
Le crocodile, Kofi Yamgnane', et La femme', À Le rattraper, Le dépasser, bondir, et, rebondir,
de son' emprise ... s'échapper, Passion, Passage ... de témoin, " c'est', ici, Le chemin ", un ...possible,
fait, défait, refait, qui fait, refait ... " Tout Le monde savait que c'était' impossible .
Il est Venu un' imbécile, qui ne Le savait pas, et qui L'A fait ...", Marcel Pagnol,
Idiot ...gêne', E-Diogène, pas' un guignol,
" Si L'on n'est pas responsable du Visage, que L'on' A, on' est responsable de La gueule, que L'on fait ..."
Visage ... face, gueule, de L'emploi, Est-ce' Levinas', Emmanuel, qui se déploie ?, ou son' effet,
mon texte'...à ...pile', ou face, qui perd gagne ... La face,
ma Vie, un ...père', et passe', une reste ... L'un ...passe,
" Comme Le Vent qui Souffle', où il Veut, et dont' on ne sait ni d'où il Vient, ni où il Va,
une force', inconnue, m'entraîne, dont je ne sais, encore, ni L'origine, ni Le but' ...", Le but', finalité,
de ma Vie, jeu, d'échecs, et, de travail, sur moi, responsable', Aux' échecs ... Aux succès, çà et Là,
réussite', inch' Allah ! Gilles Roca, ma responsabilité,

Cas-fée-vrillée-Philo-Sophie-bistrot-des Phares, ce 15'. 2. 2009', en ces-jours de Pluviôse',
échecs, et, réussites phares, en responsable Neuf', et, en responsable', ose !, G R

4. hypothèse nécessaire
Ecrit par Alain. 17-02-2009
Comme l’a fait remarqué un intervenant pendant le débat, on n’a pas posé la question pour la réussite. Celle-ci, en France pays très catholique, reste suspecte parce qu’elle met son auteur hors norme. Et l’on a bien pris soin d’insister sur le fait que personne ne pouvait se considérer comme seul auteur de sa réussite ; si l’on y regarde de près, ce n’est même pas vraiment lui qui a réussi...
Mais la question n’aurait pas été posée il y a trente ans. Aujourd’hui, la France est devenue aussi très protestante, et l’individualisme libéral fait porter à l’individu le poids de ses « échecs », définis au regard de la société bien sûr, même s’ils sont largement provoqués par des circonstances qui lui échappent.
Alors, comme individu-sujet relativement autonome et acteur de ma vie, je suis obligé de reconnaître ma responsabilité comme « hypothèse nécessaire », mais je ne peux pas non plus être dupe. Sans vouloir faire du Bourdieu de comptoir, la question ne se pose pas de la même façon suivant notre point de départ dans l’échelle sociale. Pour qui a eu les meilleures cartes, la réponse à la question ne peut être que positive, mais qui a eu de mauvaises cartes ne peut pas être maître de grand chose, le moindre problème familial, le moindre faux pas dans sa carrière scolaire, le moindre risque pris dans son parcours de vie pouvant lui être fatals. Les sentiers sont bien balisés !

5. Je croyais que la route passait par l'homme, et que de là devait déboucher le destin ( cent poèmes
Ecrit par Nadia. 17-02-2009
"J'avoue que j'ai vécu" dirait Pablo Néruda. Etre heureux exige de nous bien des "sacrifices", bien des renoncements et c'est là toute l'ambiguïté. Ce bonheur là, on le voudrait facile, allant de soi, sans efforts et pourtant il n'est rien de plus difficile que de renoncer au confort ronronnant, aux habitudes "assassines", qui ne sont finalement que de douillettes petites "morts". Nous sommes bien souvent responsable, en partie au moins, de la médiocrité de nos existences "avec retour sur investissement", "sans perte, ni fracas". Je ne résiste pas à l'envie de vous faire partager ce poème de notre ami P. Néruda :

IL MEURT LENTEMENT CELUI QUI....

Il meurt lentement
celui qui ne voyage pas,
celui qui ne lit pas,
celui qui n’écoute pas de musique,
celui qui ne sait pas trouver
grâce à ses yeux.

Il meurt lentement
celui qui détruit son amour-propre,
celui qui ne se laisse jamais aider.

Il meurt lentement
celui qui devient esclave de l'habitude
refaisant tous les jours les mêmes chemins,
celui qui ne change jamais de repère,
Ne se risque jamais à changer la couleur
de ses vêtements
Ou qui ne parle jamais à un inconnu.

Il meurt lentement
celui qui évite la passion
et son tourbillon d'émotions
celles qui redonnent la lumière dans les yeux
et réparent les coeurs blessés

Il meurt lentement
celui qui ne change pas de cap
lorsqu'il est malheureux
au travail ou en amour,
celui qui ne prend pas de risques
pour réaliser ses rêves,
celui qui, pas une seule fois dans sa vie,
n'a fui les conseils sensés.

Vis maintenant!
Risque-toi aujourd'hui!
Agis tout de suite!
Ne te laisse pas mourir lentement!
Ne te prive pas d'être heureux!

6. Les goûts et les couleurs, les finances et la santé... qui choisit vraiment sa vie Nadia !
Ecrit par internaute 2. 18-02-2009
C'est Kant qui aurait été content de lire ça ! Sans passion amoureuse ni rêves coquins, fantaisiste en rien, les mêmes repères et le même chemin, la même température de radiateur et les mêmes bouquins..... évidemment il n'évoluait pas dans le monde diplomatique : les voyages de Pabla Neruda (consul du Chili si j'ai bonne mémoire) étaient payés par l'ambassade.
Celui qui va au café-philo tous les dimanches matins, vêtu de noir ou le même jeans sur les fesses depuis l'enfance, il vit pourtant ! Il y a des gens habitudinaires, et heureux comme ça. Il y a aussi des écolos qui sont heureux de ne jamais voyager, c'est un choix, et puis il y a ceux qui sont trop fauchés pour le faire. Il faut de tout pour faire un monde, et tous à leur mort pourant dire "j'avoue que j'ai vécu". Même Kant "sans passion et sans tourbillon d'émotions".
Maintenant je suis plus sensible à la musique de Neruda qu'à celle de Roca, alors je remercie Nadia de nous avoir permis de sortir de cette routine imposée. Que fait la poli.... heu, Gabriel ADN !

7. choisir sa vie ???
Ecrit par Nadia. 18-02-2009
Il n'est pas question de choisir sa vie mais plutôt de faire des choix de vie qui donnent un sentiment de plénitude, d'épanouissement . Il est vrai comme dirait un autre poète "chansonnier " Le forestier, maxime de son prénom :
On choisit pas ses parents,
on choisit pas sa famille
On choisit pas non plus
les trottoirs de Manille
De Paris ou d’Alger
Pour apprendre à marcher
Etre né quelque part
Etre né quelque part
Pour celui qui est né
C’est toujours un hasard

Est-ce que les gens naissent
Egaux en droits
A l’endroit
Où ils naissent..etc.... Tout ceci est d'une évidence folle.Un certain nombre de facteurs entrent en ligne de compte dans les choix, à des degrés divers, que nous faisons en raison de l'inégale répartition des moyens dont nous disposons qu'ils soient intellectuels, émotionnels, matériels ...... Il y a un monde entre celui qui est incapable de lacer ses chaussures et celui qui participe à la fabrication d'une fusée par exemple. Bonne soirée à tous

8. à Nadia
Ecrit par 2. 19-02-2009
Il y a ceux qui n'ont pas appris à lacer leurs chaussures, il y a ceux qui ne peuvent pas le faire pour raisons de santé, paralysie ou autre pathologie des mains, il y a ceux qui voient mal, il y a des lacets de mauvaise qualité, il y a le hasard qui les délace pendant la marche à pieds : il n'y a pas que des incapables Nadia. D'ailleurs ce n'était qu'une métaphore, liée au "cave ne cadas".
Mais je te laisse construire tes fusées, tu lances de beaux poèmes sur le site.
Avec Roca, le porte-parole des cas-phares, le site devient bigrement poétique.

9. sans ambiguïté
Ecrit par Nadia. 19-02-2009
P.S. : par "incapable", j'entendais "incapacités", c'est à dire toutes les difficultés auxquelles tu fais allusion. Rien de péjoratif, seulement une réalité indéniable,incontournable. Amitiés

10. Les échecs sont aux réussites les plus proches des rois ...
Ecrit par Crémilde. 19-02-2009
et si la réussite est l’échec de l’échec ?
et si la poésie, par des voies inégales et feutrées nous mène au pays de la première fois ?
Comme pensait Leonardo da Vinci, la poésie est une peinture qui se sent au lieu de se voir …
Comme pensait Marcel Proust il n’y a pas de réussite facile ni d’échecs définitifs …

11. à 2
Ecrit par Crémilde. 19-02-2009
Chaque minute sans cas-phares nous priverait de 120 autres d’écoute, du labeur de la pensée ... des différences ...

12. 2 à 11
Ecrit par 2. 19-02-2009
Hermétique à la littérature de Crémilde autant qu'à celle de Gilles Roca, je suis au regret de vous informer que je zappe vos commentaires. Il m'est donc impossible de vous répondre.

13. Souhaitons-nous être responsables de nos actes?
Ecrit par gtissier. 02-03-2009
Notre webmaster à disparu.( voir la rubrique forum) Nous reprenons avec quelques difficultés la gestion du site.le texte ci dessous était destiné à paraitre en tant qu'article.

Le volet compte-rendu de Carlos témoigne en tous cas de la formidable imagination de notre contemporain- tel que représenté en ce dimanche aux phares- sur la question de l’auto-attribution du résultat de ses actes. J’y retrouve le peu de disposition des français à l’essence de libéralisme : en gros on est responsable de sa condition et de ses échecs à en sortir. On y retrouve aussi, comme j’ai tenté de le dire dans mon animation, le spectre de la mauvaise foi sartrienne, savoir le contournement de sa responsabilité et donc de sa liberté agissante dans une situation donnée.

Il n’a pas suffit ce matin-là de fournir une définition de l’échec issue d’un dictionnaire de philosophie ( un projet élaboré et mené avec toute latitude mais qui n’a pas abouti) pour que d’autres interprétations surgissent relativisant, pondérant, contextualisant ou approfondissant la question pour en définitive ne pas y répondre. Mais alors, oui ou non, suis-je responsable de mes échecs ?

Il était pourtant plus courageux voire plus gratifiant d’assumer ses échecs que l’inverse puisqu’ils ont tendance à nous grandir. La position dominante fût que l’échec n’existe pas vraiment et qu’a tout le moins, cela se discutait dans une relativité temporelle. Exit donc la question de la responsabilité -en quelque sorte par non-lieu.

Quelle explication à ce paradoxe ? Le piège était-il dans le « nous » de la question ( sommes-nous ..de nos ..) Car enfin, aucune culpabilité existentielle parmi nous ? Point d’autocritique pour témoigner du doute, des regrets ou des remords, de l’erreur d’appréciation, de la naïveté, du déni des autres ou du réel. ?

Fallait-il convoquer Freud et Bourdieu pour expliquer que décidément, le fantasme d’un impossible désir d’inceste produit du sabotage, la honte de ses origines produit l’imposture de vraies- fausses- réussites et la névrose d’échec, avatar d’une enfance malmenée rend la question trop binaire pour être honnête. Si le oui ou le non font parti pris, font-ils encore partie de l’air du temps ?

N’y- a- -t-il pas à poser l’hypothèse nécessaire d’une totale responsabilité dans la peur et la perte de confiance en soi qu’elle provoque, dans l’angoisse de quitter sa zone de confort par une réussite qui lancerait de nouveaux défis, dans l’effort, qu’il vaut mieux répéter par échecs successifs plutôt que de rentrer dans le plaisir éphémère de la réussite ?
Bien entendu, le fait que nous nous attribuions plus facilement nos réussites que nos échecs a été dit. Il reste que l’attribution de responsabilité assez peu partagée dans les énonciations de ce café philo pose question à la valeur de l’autonomie du sujet, cette valeur sacrée que promeut l’occident et qui découle de la liberté érigée au plus haut degré. Serions--nous, comme les Grecs, propagateurs de nos mythes sans vraiment y croire ?
Je propose ici à la réflexion l’idée que le projet de soi dans sa vie est l’originaire de la volonté, le projet primordial de l’être au monde. C’est le « je » du sujet en formation car si nous ne sommes pas responsables de ce qui nous arrive, nous en sommes pourtant à l’origine. Par un maillage de l’emprise des âmes sur la novation du monde dont nos serions les co-auteurs, comme une marque de l’Esprit vers une humanité en question d’elle-même. .
Si nous échouons, c'est nous-mêmes qui sommes échoués. Et si je trouve que le destin aveugle ou la méchanceté universelle est la source de mes échecs, c’est que peut-être, je n’ai rien à m’attribuer : pas de traces et de mémoire, rien que de la vanité : celle de l’illusion et de la fuite.

Etre responsable c'est avoir à répondre des conséquences de ses actes...Surtout pour ses échecs ! Alors, si j’élimine la complaisance, je me demande encore pourquoi il a été si difficile d’enfourcher un cheval si altier. A quoi cela sert-il d’affirmer la valeur de la vie sans tourner autour du sens de son existence ? Et bien comme quelques-uns l’ont dit : pour faire chemin. Tout simplement.


14. Les échecs
Ecrit par Nadia. 02-03-2009
Les amoureux des échecs savent ce qui se joue dans une partie. En vérité,c'est une histoire de Vie et de Mort. Cette expression vient du persan shâh mât, « (le) roi (est) mort », qui a donné en français "échec et mat" et en arabe "cheickh mat".A y regarder de plus près, l'échiquier est un champ de batailles. Les pions sont des fantassins qui progressent lentement puisqu'ils vont à pied. Ce sont des soldats courageux qui ne reculent pas sur un terrain souvent miné. Ils protègent les autres pièces. Quant au fou, il fait barrage à l'ennemi. Il est ausi puissant que les princes. Au jeu d'échec les fous sont les plus proches des rois. Quant à la dame , elle est la pièce la plus puissante du jeu et la plus précieuse après le roi. Elle protège le roi au début des combats et met au point une stratégie offensive. Chaque pièce est porteuse de symboles. Faire "échec et mat" du vb "mott" (mourir), c'est gagner la partie !On ne perd aux échecs que par sa faute. Bonne soirée à tous Nadia




15. fatalisme ? déterminisme ? on est tous condamnés à perdre, Nadia
Ecrit par 2. 03-03-2009
Les joueurs d'échecs ne sont pas des amoureux, mais de froids calculateurs.
Et la vie n'est pas un jeu.
On nait par hasard, on vit comme on peu, et on meurt.
Aux échecs les rois ne sont jamais morts : l'un des 2 finit difficulté (mat ou pat) et il rejoue toujours entouré des mêmes chevaux et des mêmes tours, avec les mêmes fous du roi et les mêmes pions. Dans la vie on retrouve rarement les mêmes autour de soi, et en cas d'échecs on se retrouve généralement seul.
Quand tu dis qu'"on ne perd que par sa faute", je maintiens que non : tu ne choisis pas ton niveau intellectuel, ta capacité à anticiper les événements, ta force de concentration (tu peux être parasitée par un autre souci ou une douleur que tu caches) ne sois pas dure Nadia, un peu de compassion pour les perdants s'il te plait. Dans la vie comme aux échecs.

16. On ne perd aux échecs que par sa faute.
Ecrit par Nadia. 04-03-2009
Peut être me suis-je mal fait comprendre ? A capacité intellectuelle égale ou supérieure à celle de son adversaire (sinon ,bien évidemment, la partie est perdue d'avance), le joueur peut décider de jouer "à qui perd gagne". Il se distingue par son éthique. Prenons l'exemple du torero qui, après un combat féroce, décide de ne pas donner le "coup de grâce" et sort de l'arène sous les huées, les sifflets venant des tribunes. Il tombe en disgrâce, mais a-t-il pour autant perdu ?Autre exemple,on fait parfois des choix de vie qui ne vont pas dans le sens de son désir pour éviter à ceux qu'on aime la souffrance, la solitude etc... Je ne faisais évidemment pas référence à ceux que la vie a abîmé et qui n'ont qu'une faible marge de manoeuvre. Je n'ai rien à ajouter là-dessus!! Amitiés Nadia

17. réponse à 2
Ecrit par Nadia. 04-03-2009
P.S. : Tous les joueurs d'échecs ne sont pas de vils calculateurs. Il me semble, par ailleurs, que notre regretté marc était aussi un amoureux d'échecs.

18. Pourquoi y a-t-il des gens responsables de leurs échecs ? et d’autres pas ?
Ecrit par Crémilde. 04-03-2009
Peut-être tous ceux qui veulent être responsables d’eux-mêmes et assumer à eux seuls leur vie individuelle et en communauté, tantôt en échouant et autant en réussissant, sans chercher la responsabilité ailleurs.
La facilité que nous avons à nous justifier par : je suis née au mauvais endroit, dans la mauvaise famille, dans le mauvais pays, etc., est trop souvent mentalisée.
Serait qu’être née chez le roi, dans une cabane, dans un château en Espagne, chez le président de la République, chez Onassis, ou dans la rue, change quoi que soit à sa responsabilité de vie, soit elle semée de réussites ou d’échecs ?

ON N’EST PAS RESPONSABLE DE LA TETE QU’ON A, MAIS DE LA GUEULE QUE L’ON FAIT !!

Et d’autres pas ?

Et si le mental, l’égo et le paraître, armes redoutables qui prennent souvent le pouvoir et le contrôle d’une vie, nous entraînant dans des PEURS, des SOUFFRANCES, des LIMITATIONS et parfois dans des situations que nous sommes incapables de maîtriser.
Qui est responsable de son mental,de son égo et de son paraître ?

19. A Nadia
Ecrit par Crémilde. 04-03-2009
Merci Nadia pour la générosité, la fraternité et la luminosité que tu nous apportes.

20. échec et pat
Ecrit par 2. 04-03-2009
Je sais bien que les joueurs d'échecs ne sont pas "vils", comme tu dis. Marc était quelqu'un de très bien, et je joue moi-même avec grand plaisir. Mais ce sont les gens avec qui je joue que j'aime, le jeu reste un jeu dont on ne peut pas être amoureux : simples objets qui permettent anticipations et froides stratégies sur l'échiquier.
Maintenant on ne va pas se battre là-dessus, on va dire que je me suis mal exprimée.



 
< Précédent   Suivant >

Qui est connecté


personnes ont visité ce site.