Qu’est-ce qui nous fait tenir ?
Écrit par Carlos Gravito   
07-03-2009

     En ce jour sombre du premier Mars, le café des Phares se trouvait en deuil, en raison de la douloureuse perte, une dizaine de jours auparavant, de Marc Goldstein, le dévoué Administrateur de son site Philo. Une fois que Gunter en fit l’annonce, Marie-Sylvie a lu un sonnet en hommage à Marc, puis Pirmin parla en termes éloquemment élogieux de sa compétence technique, de sa valeur d’écrivain et des qualités morales de l’homme, motif, peut-être, pour lequel Marie-Sylvie, proposa que l’on réfléchisse sur « Qu’est-ce qui nous fait tenir ? », une problématique qui a suscité l’intérêt de l’animatrice, Sylvie Pétin, abasourdis que l’on était par cette disparition.


L’auteur du sujet argua donc que « c’est l’interrogation posée par toute personne qui se trouve confrontée à la mort volontaire d’un proche, sentiment qui, réactivé par celle de Marc, demande à être mûri et partagé, mon premier réflexe étant de dire, que vivre est un acte volontaire puisque tout humain peut en décider autrement », l’animatrice manifestant que « c’est une question forte qui ramène celle du sens », et Pierre-Yves, « se référant à un aphorisme ésotérique, avança que ‘ce que tu es, est à l’intérieur de toi’, concluant ‘qu’il n’y a que moi qui m’intéresse’ et que ce qui nous fait tenir, c’est ‘moi’ », Pirmin étant d’avis que, « face au regard de l’autre qui nous fait craquer, il faut opposer l’indifférence », et Roschan « que pour elle, ce sont ses enfants, la méditation et la marche qui l’empêchent de basculer ».


- Pas l’écoute des autres ?, s’étonna Sylvie, puis Gunter insista que « c’est le ‘nous’ qui nous tient debout » ; citant ensuite Régis Debré et Luther, il rapporta que « ‘ce sur quoi tu t’appuies, c’est ça ton Dieu’, Camus considérant, lui, le suicide comme le ‘seul vrai problème philosophique’», cependant Nadia résolvait, « la proposition originale par le retour à la nature dans son plein sens du terme », Sabine revenant « à Dostoïevski et à ‘la petite mort’, l’épilepsie ou la permanente reconstruction de sa vie », Alberto pensant « à ce que l’autre veut nous dire à travers le suicide qu’il nous laisse », ce qui amena Marie-Sylvie à répondre que « le ‘pourquoi nous continuons de vivre’ compte davantage que celui ‘pour lequel l’autre a renoncé’, car le ‘vouloir durer’ est plus important ». Milo a alors attribué « le geste suicidaire à une situation intenable, dont nous ne pouvons pas juger, d’autant plus que la douleur est une expérience qui fait tenir les sages », Michel y découvrait « un message comme celui de Bérégovoy, après avoir été humilié », Charles se dit « porteur de la mémoire de ses morts », Martine y voyait « un sentiment de la fragilité de l’humain qu’il faut savoir écouter », Pierre « une douleur fondamentale de l’être que l’on soulage avec des affects et pas avec des concepts », Michel II laissant entendre « qu’avec l’amour on résiste mieux pour croire au lendemain et à sa propre importance dans le monde », l’animatrice y ajoutant un peu de Spinoza pour qui « le bonheur est de se croire nécessaire » et du Heidegger « ‘dansant entre les berges de l’être’, inscrits que nous sommes dans la nécessité du rapport des uns aux autres ». Marlène trouvait « la force pour dépasser l’intenable dans le sourire, la nature et les projets que l’on fait ensemble », l’intervenant suivant considérant « le suicide comme un inachèvement, une porte qui claque, une révolte, tandis que 80% des donneurs de leçon vivent dans la résignation », et Georges rebondit, rappelant « que les enfants vivant dans des conditions épouvantables ne ‘tiennent que grâce à la résignation’, d’un intérêt plus vital que la liberté, alors que le suicide consiste dans le fait de ne pas se résigner », Sylvie refusant la résignation « comme moteur de la vie, qui, lui, réside plutôt dans la philosophie, la réflexion, l’échange » et, faisant, appel à Darwin, un autre participant nous demanda « d’imaginer ce qu’il en serait des humains, si un de nos ancêtres avait été faible », pour en déduire que « nous sommes les descendants des plus malins ».


Des malins, l’univers ne connaît que ça, puisque le temps sème la zizanie dans la nature. Nous étions, donc, « mutatis mutandis » réduits à un état semblable à celui du bigorneau, que les vagues menacent à tout instant de balayer du rocher auquel il est accroché pendant les six heures de marée basse, la lute pour la survie ou la reproduction l’obligeant à une grande capacité d’adaptation ; le cas échéant, si jamais la furie de la mer le détache de la pierre où il se trouve cramponné, il remet tout en question se laissant dériver pour coloniser une autre région de l’océan. Ce n’est pas sorcier. Sans point fixe, l’existence est déjà une résistance ; on y invente toujours des nouveaux coups, l’expérience de chacun devenant dès lors un trésor pour tous, au-delà de l’imposture d’une raison vacillante.


Thierry avoua « avoir l’espoir d’accéder un jour à sa vérité, à l’instar de Marc-Aurèle et de Nietzsche pour qui ‘tout ce qui ne le tue pas le rend plus fort’ », puis, une intervenante qui songeait à une pièce de théâtre de Bernanos, estima « que la partie la plus tendre de nous est la peur, et que c’est elle qui nous aide dans notre fragilité », Alfred se trouvant « perplexe devant l’irrationalité du suicide, malgré Freud et l’instinct de mort », et Dorothée « qui semblait avoir été suicidaire, déclara s’être mise au yoga et, depuis, ne plus être pressée ».
Gilles appela au « Regard de l’autre/ Du berceau au caveau/ Emerveillement, vie, naissance/ Nécessité d’être/ On engrange, vendange/ Je ne suis ni l’origine ni le bout », Malic regrettait « notre incapacité d’agir du fait qu’en philosophie les questions se trouvent dans la pensée, alors que la réponse est dans l’action », Jean-Luc proclamant que « ce qui fait tenir, c’est le plaisir », attitude à laquelle, pour terminer, Marie-Sylvie « s’opposa car, si l’on est dans le bonheur et le plaisir, le problème ne se pose plus ; la question est prégnante  lorsque ça ne va pas mais que l’on veut persévérer, ce qui nous rend inégaux devant le destin et ne facilite rien, l’Humain étant une drôle d’espèce, assez impressionnante dans le Bien comme dans le Mal ». 


 En définitive, si j’ai bien compris, « je » se tient à moi, « tu » à toi, « il » à lui, « nous » à nous autres, « vous » à vous autres, « ils » à eux, et chacun, sans réfléchir qu’il vit, se rend à la case départ, baladant la mort, tout simplement. Elle ne vient pas d’un quelconque ailleurs ; nous la portons. Elle est dans le fait que l’on existe et n’a rien à voir avec la science, la volonté ou l’imagination ; c’est de l’existentiel hors de ses causes et hors du néant, l’autre manière d’être, en somme, qui s’y refuse admettant donc la fatigue d’exister ou le souhait d’en finir, s’en écarter, ne plus demeurer ce que l’on est. Sortir du labyrinthe, finalement, en en faisant une ligne droite.


Le cerveau de chacun est unique, car nous ne sommes pas le résultat d’équations de la relativité générale, mais un mystère impénétrable vêtu d’une camisole morale raide, sévère, pénible qui nous oblige au-delà de ce que l’on peut assumer, chargeant notre futur de chimères et le passé d’une insupportable part d’ombre, alors que l’être s’épuise complètement dans le présent, seule réalité apte à nous distraire de la compagnie obstinée du temps qui rabote inexorablement nos existences.


D’un côté, étant donné que la réalité ne réside pas dans l’épaisseur de ce qui est déjà tout fait, mais dans ce qui est en train de se constituer, il est bien difficile de s’y tenir ; de l’autre, si nous étions libres nous ne serions pas là. La contingence de la vie, comme celle de la mort, ne réside pas dans le moment, d’avant ou d’après, mais bel et bien dans ce qui brûle à chaque instant et, si la pensée a des beaux jours, c’est aussi bien devant que derrière, sachant que les principes philosophiques, comme dirait Marc, « ne nous fournissent pas toujours ce qu’il nous faut », parce que les idées n’existent pas toutes faites ; il faut les engendrer et il en manque toujours un morceau. La mort étant la raison finale de toutes, le suicidaire se sent pressé d’aller au bout des choses. En effet, comme des trous noirs, nous sommes voraces dès la naissance et, objets d’une pensée plus ravageuse que le CO2, nous nous trouvons capables de laisser la planète cul nu, avant de devenir des cadavres galactiques.


Râpures du passé, notre seule dette est celle que l’on a envers la mort, vis-à-vis de laquelle, la vie n’est qu’un dépôt de garantie, « qui nous fait tenir », avec la même constance que celle du bigorneau.

 

Cliquez ici pour écouter le débat :  Qu’est-ce qui nous fait tenir ?

 

LISTE DES COMMENTAIRES...


1. c'est quoi un "suicidaire" ?
Ecrit par perplexe. 08-03-2009
Alors il y a des gens "suicidaires" et d'autres pas ? Dorothée fut suicidaire et ne l'est plus ?
Si le "suicidaire" a un profil pré-établi, celui qui "se sent pressé d'aller au bout des choses " par exemple, les jeux sont faits.
J'ai peur que le suicide, sauf cas pathologiques (dépressions ou autres maladies) ne correspondent à un choix ponctuel : dans une situation sans solution possible, après mûre réflexion, et non pas parce qu'on est répertorié "suicidaire" on peut opter pour cette formule. Les seuls à l'abri de ce choix sont les lâches : contrairement à ce que pensent ceux qui ne sont jamais passés par là, il faut être très courageux pour passer à l'acte. Ceux qui ont malheureusement été réveillés de force le savent. Enfin ceux qui sont atteints d'une pathologie , dépressions etc je ne sais pas, mais les gens qui choisissent en pleine possession de leurs moyens le savent. D'ailleurs l'euthanasie est un suicide assisté, qui permet de ne pas se rater et c'est souvent la seule solution possible à un problème insoluble.
Je suis étonnée aussi que personne n'ait évoqué les suicides imposés dans certaines civilisations : chez les inuits autrefois il y avait des femmes qui devaient aller au bout de la banquise ....et ne plus revenir; "la balade de Marayana" (ou un titre du même genre mais j'ai oublié) racontait comment les vieilles femmes devenues inutiles dans la société asiatique devaient partir dans la forêt.... et ne plus revenir non plus.
Je ne parle pas des samouraïs avec leurs codes de l'honneur etc, je me contente de dire que il existe des contextes différents, et des choix qui ne correspondent pas forcément à un profil pré-établi de "suicidaire".
Maintenant je remercie Carlos d'avoir le courage de nous offrir encore des comptes-rendus :
il nous sera impossible d'ouvrir ce site sans penser à Marc, mais je pense qu'il n'aurait pas aimé qu'il soit fermé. Après les mutineries et le sabordages, seuls les rats qui le navire n'est-ce pas. Carlos est très courageux et j'espère que les internautes continueront à échanger des points de vue différents après la lecture de ses remarquables comptes-rendus.

2. Suicidaire...
Ecrit par Carlos. 08-03-2009
...celui qui est "prêt" au suicide comme, pour un acte de volonté, je dirais "volontaire". Mais, restons-en là.

3. on s'exprime comme on peut
Ecrit par 1. 08-03-2009
oui, excusez-moi. J'ai eu tort d'écrire. Mais comme Marc avait mis fermeture "provisoire", j'ai pensé que, pour lui , il fallait continuer à s'exprimer. Et il avait tellement bien géré le site que l'allusion aux tentatives de sabordage s'adressait à Gilles Roca: j'ose espérer qu'il continuera à s'exprimer oralement seulement, pas ici , en souvenir des réclamations de Marc. Mais bien sûr c'est la capitaine du navire qui choisit : l'animateur du jour ou le nouveau webmaster.

4. Comment dépasser la souffrance d'un deuil
Ecrit par aliette. 08-03-2009
J'ai été aussi abasourdie par la mort de Marc. Ayant moi même connu souvent des périodes de désespérance, je me suis sentie confraternelle.Il n'existe pour moi que deux sortes de mort: "mourir de sa belle mort", comme mon père, René Lucot, qui s'est éteint à 95 ans après une vie bien remplie.D'ailleurs je me charge de prolonger son oeuvre en lui dédiant un site virtuel, et les morts prématurées (accident, suicide, maladie).
On dit souvent," le plus dur, c'est pour ceux qui reste. C'est vrai.A nous de donner de sens à ce qui peut paraitre absurde. A nous de comprendre,et éventuellement de prolonger le passage de Marc parmi nous . POurquoi pas en faisant un livre qui rassemblerait ses travaux , avec les témoignages de ceux qui l'ont connu mieux que moi?
Solidairement vôtre
Aliette

5. Avec les meilleures intentions du monde
Ecrit par Nadia. 08-03-2009
Je sais par expérience qu'il faut faire très attention à l'auditoire avant d'aborder un sujet brûlant.Personne ne s'est posée la question de ce qui pourrait se passer dans l'assistance à l'annonce du décès de marc. J'ai assisté en direct, désemparée, à un véritable psychodrame. Une femme dans l'assistance s'est mise à pleurer alors qu'elle ne le connaissait pas. Je n'ai pas cherché ses confidences mais j'ai appris, sans le vouloir, que son gendre avait été assassiné quelques mois plus tôt et que sa fille unique n'avait pas pu le supporter. Elle s'est donnée la mort! Inutile de dire mon désarroi. J'ai longtemps hésité avant d'en parler. Peut être faudrait il prendre davantage de précautions(dans la forme) avant d'asséner certaines vérités d'une violence insoutenable? Amitiés à tous

6. correction de mes propos
Ecrit par Pirmin Lemberger. 08-03-2009
Au début de l'article de Carlos m'attribue un propos que j'ai du mal exprimer ou alors il m'a mal compris. J'aimerais le corriger car ce que j'ai voulu dire est tout différent et sur un sujet aussi grave cela m'ennuie d'avoir été compris de travers.

Je n'ai pas du tout voulu dire : que, « face au regard de l’autre qui nous fait craquer, il faut opposer l’indifférence ».

Mais plutôt j'ai voulu exprimé l'idée que d'une part pour tenir, le regard bienveillant des autres nous est indispensable et qu'à l'inverse l'indifférence des autres est ce qu'il y a de plus cruel. L'indifférence est sans doute plus blessante que toute forme d'agressivité directe. J'ai donc du particulièrement mal m'exprimer.

7. parler ou écrire , c'est continuer à vivre ?
Ecrit par 1. 09-03-2009
Nadia et Pirmin soulignent le double danger de cette info, balancée sans ménagements sur un auditoire possiblement fragile. L'indifférence dans laquelle vivent beaucoup d'enre nous est un terrain miné, et parler sans tenir compte de l'oreille qui écoute peut être lourd de conséquences.
Autant le suicide de Anne nous laissa relativement sereins parce qu'on la savait atteinte de problèmes psychologiques graves, autant celui de Marc me laisse ... perplexe (le mot est faible).
Mais "restons-en là" m'a demandé Carlos, donc je me tais excusez-moi.

8. Le suicide en question
Ecrit par Gunter. 09-03-2009
J’aurais préféré rester silencieux pendant un certain temps, le geste de Marc m’a sidéré. C’est « perplexe » (n° 1) qui m’oblige à dire quelques mots : le suicide n’est ni un acte de courage ni de lâcheté. Un tel débat (dangereux : il y en a qui veulent se montrer courageux) se pratique surtout entre ados où les uns plaident pour le courage de vivre et les autres pour le courage de s’en aller. Or, il faut absolument éviter cette fausse alternative, si l’on veut aider les jeunes et les moins jeunes à devenir un peu plus lucide à propos du suicide.
Le suicide n’est pas une question de courage ou de lâcheté mais de souffrance et de désespoir : « Tous les hommes désirent être heureux, jusqu’à ceux qui vont se pendre » (Blaise Pascal). Personne n’échappe au désir de bonheur ou plutôt d’une visée de « vie bonne ». Autrement dit, si on ne désirait plus approcher le bonheur-vie bonne, on ne désirerait pas non plus être mieux, on ne chercherait pas à supprimer ses douleurs à l’arraché, dans l’impatience du repos (éternel ?).
A ce sujet il y a une anecdote sur le père du cynisme, Antisthène, le maître de Diogène, anecdote souvent tronquée pour en faire une apologie du suicide : Antisthène sui souffre d’une grave maladie s’écrie : « Ah ! Qui donc me délivrera de mes maux ? » « Ceci », dit Diogène, en montrant son couteau – et Antisthène de répondre : « J’ai dit de mes maux, je n’ai pas dit de ma vie ! »
Tout suicide, y compris celui d’Anne, reste un mystère et toutes les statistiques sur d’éventuels liens de causalité entre « maladies mentales » (auxquelles je ne suis pas le seul à ne pas croire du tout, il n’y a que des crises existentielles qu’une psychiatrie moliéresque transforme en maladies mentales), situation sociale, âge, traumatismes divers etc. et le risque de suicide sont erronés : « Les forces, les pulsions, les crises qui le (suicide, G.G.) provoquent sont d’abord et avant tout individuels. Contrairement à ce qui se passe dans l’école, la plu grande partie des populations qui cumulent tous les facteurs sociaux associés ne se suicide pas. L’immense majorité des Bretons veufs ou célibataires âgés de plus de 60 ans qui vivent dans une communauté rurale du Morbihan ne se suicide pas. Quant aux populations qui cumulent tous les facteurs de protection, elles connaissent tout de même des suicides. Femme, mariée, catholique, mère de deux enfants, vivant dans une petite ville de province, protégée par toutes ces apparences, Lise Delamare, qui a servi de modèle à Madame Bovary, a cependant mis fin à ses jours. » Ch. Baudelot et Roger Establet « Suicide » (l’envers de notre monde), Seuil, 2006).
Toutes les sociétés dites développées connaissent une augmentation du suicide des jeunes depuis une trentaine d’années (en France entre 5 et 10 % par an), elles sont donc devenues « suicidogènes » (ibid.)…J’avoue que je m’en sens responsable (mais non coupable) : « En tant que cet événement (le suicide, G.G.) nous arrive, nous sommes sommés d’y répondre. Nous nous trouvons en quelque sorte dans la position de Caïn interpellé par Dieu après qu’il a tué son frère Abel : « Caïn qu’as-tu fait de ton frère ? » (cf. la trinité républicaine « : « Liberté, égalité, FRATERNITE, G.G.). Telle est la question qui nous assaille à la survenu d’un suicide : qu’avons-nous fait de lui, d’elle, plus généralement du monde humain pour que cet être fasse « le choix » de s’en aller définitivement et brutalement. Car nous savons bien, par devers nous, que le suicidé, par son geste, nous adresse un message, quelque chose comme : « Ce monde est trop dur et trop sourd ». (Hugues Poltier in « Suicide », La fin d’un tabou ?).
Que dire de plus ? Ceci : L’entourage de Marc (marié, quatre enfants) « n’a rien vu venir » (sic, sa femme que j’ai eu au téléphone 2 jours après). La question se pose : Pourquoi, pourquoi, pourquoi Marc n’a-t-il pas demandé de l’aide. Comme toujours après un suicide, - il faut le savoir - l’entourage se sent, aussi (à côté de la douleur extrême), trahi : Pourquoi ne m’a-t-il pas demandé de l’aide ????

9. Passage à l'acte
Ecrit par aliette. 09-03-2009
Je suis totalement d'accord avec ton texte, Gunter. Je n'y ajouterai que quelques mots.
Qui n'a pas eu le désir de: "mourir, dormir, rien de plus" (Hamlet). Mais entre désir de mort, tentative de suicide et passage à l'acte irréversible, il s'en faut de beaucoup. Dieu a été vache avec Caïn en ne retenant pas son bras. Il a été plus sympa avec Abraham!
Accident, meutre ou suicide, l'issue fatale est toujours le résultat d'un malheureux concours de circonstances.
A posteriori, on peut toujours penser que ça aurait pu être évité. La seule issue, pur ceux qui restent, est d'essayer de comprendre, et d'être vigilent pour intervenir et éviter que de tels actes se rerpoduisent.
Marc était très intelligent. Il a surement fait en sorte que personne ne se doute de ses intentions afin que l'on le laisse libre de son choix.Mais nous, les survivants, puisqu'il n'est plus là pour nous contredire, qu'ils nous laisse libre, post mortem, d'essayer de comprendre son acte. Effectivement, cet acte peut être vécu comme une trahison. Je souhaite très sincèrement, qu'il ne soit pas mort pour rien et que l'on rassemble ses écrits pour essayer de le comprendre.

10. A l'attention de Gunter
Ecrit par 3. 09-03-2009
De ce que j'ai pu lire de votre commentaire, je n'ai que du mépris pour vous.

"Que dire de plus ? Ceci : L’entourage de Marc (marié, quatre enfants) « n’a rien vu venir » (sic, sa femme que j’ai eu au téléphone 2 jours après). La question se pose : Pourquoi, pourquoi, pourquoi Marc n’a-t-il pas demandé de l’aide. Comme toujours après un suicide, - il faut le savoir - l’entourage se sent, aussi (à côté de la douleur extrême), trahi : Pourquoi ne m’a-t-il pas demandé de l’aide ????"

Comment pouvez-vous crier sur les toits ce qui vous a été confié (d'autant plus dans un moment douloureux) ? Pourquoi ce manque de pudeur ? Ce manque de savoir-vivre ? Comment pouvez-vous parler au nom de la famille, qui vous a sûrement rien demandé, êtes-vous omniscient ? Avez-vous pensé à sa réaction si elle lisait vos lignes ?

La forme a son importance, comme le précisait Nadia dans son commentaire ; votre message aurait pu être le suivant : "Que dire de plus ? Apparemment son entourage « n’a rien vu venir ». La question se pose : Pourquoi, pourquoi, pourquoi Marc n’a-t-il pas demandé de l’aide. Comme toujours après un suicide, j'imagine que l’entourage a dû se sentir (à côté de la douleur extrême), trahi : Pourquoi ne m’a-t-il pas demandé de l’aide ????"

L'information est toujours là, avec peut-être une touche d'humilité, qui peut-être n'est pas en accord votre style.

11. attention à ne pas mélanger les numéros.
Ecrit par internaute 1. 09-03-2009
N°3 n'est pas "Perplexe". Attention à ne pas mélanger vos numéros. Internaute n°1 + 3 + 7 = la même personne.

12. le numéro 10 prétend être le numéro 3, c'est faux.
Ecrit par 1. 09-03-2009
Je précise bien : je veux parler du deuxième numéro "3" ci-dessus, ce numéro 10 qui écrit "à l'adresse de Gunter"!
oh j'arrête d'écrire sur ce site, c'est vraiment du n'importe quoi.

13. Pour 1
Ecrit par 3 du 10 et 13. 09-03-2009
Où est-ce que j'ai dit que je n'étais pas perplexe ? Ma remarque précédente repose uniquement sur la forme de trois lignes d'un commentaire. A bon entendeur.

14. Que peut on expliquer ? Il ne reste rien qu'un immense chagrin!!!
Ecrit par Nadia. 09-03-2009
Durkheim s'aperçoit que la notion même de suicide est difficile à définir parce qu'elle recouvre un même phénomène dont les "causes" (suppositions que tout cela) peuvent être très différentes. En comparant l'évolution des taux de suicide des divers pays, Durkheim s'aperçoit que ceux-ci sont fonction des groupes sociaux. Il en conclut que le suicide est un fait social, indépendant de chaque décision individuelle.Est on obligé d'être d'accord avec ça ? de sauter à de telles conclusions même si elles ont l'apparence de la vérité. Durkheim isole tour à tour les divers facteurs : sexe, état-civil, religion, pour en mesurer l'importance. Il est également le premier à avoir utilisé la "variable intervenante", c'est-à-dire le facteur non compris dans une statistique, mais que l'on soupçonne d'agir, et dont il faut trouver un indice révélateur mesurable. C'est le cas par exemple de la cohésion sociale. Posant alors le problème des degrés d'intégration à la société, il découvre la notion d'anomie" qu'il rendit célèbre et que l'on peut définir comme l'état de trouble, d'absence d'intégration sociale qui fait suite au dérèglement des besoins par rapport aux possibilités qu'offre la société de les satisfaire. N'y a -t-il pas là quelques projections , une interprétation toute personnelle.Durkheîm était sûrement un homme très intéressant qui a fait de sérieuses étude statistiques, sociologiques mais ce n'est pas pour autant parole d'évangile. Que savait il des véritables motivations ? A ce que je sache, aux dernières nouvelles, on ne peut pas encore interroger les défunts. Hypoothèses que tout cela ! Parolé, parolé, parolé.. Respectons leur ultime silence sans culpabilité. Amitiés Nadia


15. Qu'est-ce qui nous fait tenir ? Sylvie Pétin
Ecrit par ROCA. 25-03-2009
Qu'est-ce qui nous fait tenir ?, Sylvie Pétin,

ce qui nous fait tenir ? Notre force' intérieure', en nos tripes, en notre cœur, en notre cerveau,
et notre Lien À L'Autre', une force' extérieure', en Le regard de L'Autre, du berceau Au caveau ...
" maintenant' et ici ", deux fleurs, Pensée, Souci, du monde ... L'Autre ... Soi, notre bouquet ... ma foi !
Un Va-et-Vient, entre Le monde ... L'Autre ... Soi, c'est' ici Le chemin, Pensée, Parole', Action, La foi,
cocréAction, faits d'émerveillement, nature', étonnement, doute ... questionnement, Vie, Volontairement,
La question, Vie, naît ...sens', du début À La fin, du désir, soif et faim, en co-naît, re-naît ...sens', Aimant,
Aimantation, Appui, soutien, étai ... Automne, hiver, brin ...temps, de témoigner, transmettre',
en porteur, en passeur, de mémoire, d'À ...Venir, en Ville', Au chant ... donneur, et receveur, d'être',
en Lien, d'Amour d'Amitié, L'important ... du sens', " du plus' Au mieux ", et, " de L'Avoir À L'Être ",
Edgar Morin, À-Venir, devenir, en passant par Le Faire ... savoir, ou, Paraître, La nécessité d'être,
nécessité de naître, ...
comme'...un Lien, transcendant, humain, qui Vient', Ardent(s) ... éclat(s) d'humanité,
" tel(le) qu'en nous-même', en ...fin, L'humanité nous change ", " quelque part, dans L'inachevé ",
Vladimir Yankélévitch, changé, Acté, d'humanité, À son chevet ...
semailles' ... et moisson, du dialogue ... L'échange ... qu'on' engrange ... Vendange,
" comme Le Vent qui Souffle', où il Veut', et dont' on ne sait ni d'où il Vient, ni où il Va,
une force', inconnue, m'entraîne, dont je ne sais, encore, ni L'origine, ni Le but' ..." Gilles Roca,

Cas-fée-Philo des Phares, 1er mars' 2009', en ces-jours de Ventôse,
de ce qui nous fait tenir, phare, Neuf', si tu oses !, G R

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Dernière mise à jour : ( 28-03-2009 )
 
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