Partager ce qui nous sépare.
Écrit par Carlos Gravito   
28-03-2009

Comme si on voulait exceptionnellement se prêter à un exercice philosophique sur le paradoxe, ce 22 Mars, au café des Phares, Roschan en a énoncé un, « Partager ce qui nous sépare », que l’animateur du jour, Daniel Ramirez, s’est disposé à soutenir. « Partager ce qui nous sépare » ! Ça voudrait dire, par exemple, que, « si des idées ou des opinions nous dissocient, rien ne nous empêche d’y adhérer » ; une absurdité. Ne s’agissant pas de logique, mais d’une de ces sornettes au goût des ergoteurs grecs, qui heurtent le bon sens et augurent souvent d’un futur préjugé, il m’a semblé, a priori, que la suite ressemblerait à quelque chose de burlesque façon Laurel et Hardy (imaginant qu’ils fussent siamois), le sophisme retentissant forcément sur le débat, car notre raison s’accommode de bien des abus.

 

- On est toujours lésé par certaines de nos réactions et il arrive que plus on se rapproche, plus on se sépare, justifia l’auteur du sujet. Comment faire pour partager ?

 

L’animateur voulut savoir « qu’est-ce que ‘partager’, ‘partition’. Séparation ? », et Michel jugea que « l’énoncé est mathématiquement bizarre, étant donné que ‘partager’, c’est séparer ; pas rassembler, par conséquent », Martine se référant « à un territoire ou à un gâteau, ‘partager’ étant donc ‘mettre en parts’ ce qui nous sépare » et, Daniel se demandant « quel est le ‘tout’ que l’on partage », Christiane opina que « c’est la nourriture mise en commun », une autre participante prétendant que « c’est la femme enceinte qui a un tout en elle et s’en sépare », Charles préférant aller « vers le partage des eaux qui, dans le contexte actuel, sépare les peuples », alors que l’intervenant suivant pensait que « l’idée était l’abandon de quelque chose de secret et le partage des responsabilités », Gunter faisant la distinction « entre le monde matériel (juste partition de la propriété selon les parts auxquelles on a droit), et le monde des symboles (participation à des idées d’après la singularité de chacun).

 

Et on a alors scindé la question, au lieu de différencier le problème ; donnant pour « terminée la première phase du débat (celle du paradoxal), l’animateur entama la deuxième (celle de l’individualité, indivisible), d’où vient la redondance de la séparation ontologique des êtres qui ferait de chacun un autre, mais le même (humain) », ce qui amenait la question « sommes-nous tous les mêmes ou tous autrui ? », Marlène revenant avec « la différence entre la mère et son nourrisson, reconnu, et objet de partage dans la dissemblance », concluant « qu’il faut reconnaître ses ennemis dans ce qui nous oppose à eux, pour négocier », Alfred insistant « sur le paradoxe (mettre en commun et séparer) et proposant deux pistes, celle initiée par Gunter pour le partage, plus les ‘castes indiennes’, comme exemple de séparation », Thierry « se cantonnant aux choses qui font sens, et faisant le pari de St. Augustin : ‘croire pour comprendre’ ce qui nous relie, chacun selon son parcours », tandis que Pierre-Yves s’intéressant « à l’interprétation perverse, celle des gens qui veulent faire croire que l’on veut partager, se prononçait pour le partage entre ‘moi et moi’ ».

 

Georges, ayant observé que « lorsque l’on distribue les parts d’un gâteau, on réunit ceux qui sont autour, et que l’idée de ‘liberté’ nous réunit sans nous séparer », Daniel évoqua « comme idée de gâteau, le ‘bouclier fiscal’ en matière d’impôts, explicitement le contraire d’une mise en commun de ce que l’on a », Pierre opinant « qu’en général on veut quelque chose que l’autre veut aussi », « ce qui est aux racines de la haine », d’après Martine, « œuvre diabolique (‘diabolus’, diviseur), selon l’animateur, Nadia précisant « qu’il n’y a rien à partager au temps des vaches maigres », John admettant que « les expériences partagées sont l’illusion et la solitude dans lesquelles nous vivons et qui nous divisent », « la cause », comme lui demandait l’animateur, étant « l’existence même ». Ensuite quelqu’un mentionna « la bande de Möbius qui nous présente toujours la même face », Michel enchaîna avec « la notion de temps et d’espace » Agnès avec « celle de pouvoir, qui se prend », Ahmed « les barres d’une partition qui séparent les mesures dans la musique », un autre intervenant « la nue propriété et l’usufruit », Gilles ajoutant : « Séquence, Partition, Répartition, Accouchement/ Se diviser, Unir, Réunir/ Partition, Fragmentation, Aimantation », et Olivier avouant « que l’on pédale dans la semoule s’enfonçant dans les jeux de mots ».  

 

 En fait, rien n’a été démontré, malgré l’étalage de raisonnements captieux qui pourraient illustrer n’importe quelle thèse sur « le dévouement », c’est-à-dire, le morcellement des sensibilités selon les intermittences ou inconstances du cœur, là où, à l’origine du débat, il y avait désir de possession,  bien que nous vivions tous de la même vie.

 

Au fond, « Rien » ne nous sépare ; c’est le « Tout » inaccessible qui s’en charge et dans l’affectif, l’être à atteindre n’est que nous-mêmes ; la découverte du « je » se fait à travers le « je ». Ma souffrance, mon désir, ma crainte, ça veut dire que je souffre, que je désire, que j’ai peur ; ces êtres existent comme moi j’existe et ne sont pas des objets à partager. Partager un repas, une exposition ou un concert, c’est découper dans la réalité d’un dîner, d’un musée, d’un orchestre et même, à la rigueur, dans le regard de l’autre, aspects concrets d’une épreuve réelle, où chacun fait signe d’une émotion qui lui est particulière ; plaisir, joie, espoir sont, en tant que sentiments, des affections et, s’il y a affection, ça ne peut être qu’affection de soi, bref, se sentir soi-même, une manière d’être dont parlait Hésiode au sujet des prédilections mais, en tout cas, la conscience affective n’est pas un savoir. 

 

La vie, le désir, les douleurs ou inquiétudes, chacun a les siennes et il n’est pas question de les partager ; elles laissent entière l’unité du « moi », nécessaire à la conscience de « soi ». Et l’empathie, alors ? Même touchés par un malheur commun, les gens restent confrontés à des sentiments contrastés, car l’individu ne vit qu’aux dépens de ses propres tissus. La nature d’un être est d’être ce qu’il est ; il n’appelle rien à soi pour se compléter, se gardant de toute relation avec ce qui n’est pas lui. Si, attiré par l’autre, un désir de partage l’envahit, il témoigne d’un manque subi, créé par le dépassement de ce qu’il n’est pas, mais qui se produit en lui. En d’autres termes, le désir disperse les Hommes, la peur les rassemble.

 

Habitués aux  raisonnements subtils accréditant n’importe quelle thèse ou, comme des oiseaux, captifs d'insidieux sophismes, nous nous laissons leurrer par notre propre raison et, d’après moi, la leçon de cet exercice est que l’espace de la parole est toujours rempli, sans le hiatus où pouvait se glisser le doute, pivot pourtant de la quête philosophique. En effet, les bien-pensants ont abhorré les « partageux », qui voulaient tout unir bâtissant une société sans classes, et voilà, qu’à présent, les mêmes veulent faire des individus (par définition indivisibles), au mieux des « autres », comme il en fut la vogue, au pire des moutons, dans une Babel globalisée, alors que chaque corps vivant « s’efforce de persévérer dans son être pour une durée indéfinie » (c’est Spinoza qui le dit) et que, renfermé en soi, chaque être humain est donc considéré distinct de ses semblables, voire un peu hostile à eux.  

 

Moralité : « Pour partager plus, séparons davantage », c’est-à-dire, « si tu as de l’argent, je t’en donne ; si tu n’en as pas, je t’en prends », une répartition tout à fait au goût du jour. Mieux : peut-être que ce n’est pas courant, néanmoins, il se pourrait qu’un riche en bonne santé échangeât avec un malade et sans le sou, ce qui les séparait, l’argent ; le premier se retrouva ainsi pauvre et bien portant, le deuxième fortuné mais souffrant. La parabole est peu probable, surtout par temps de crise mais, au café des Phares on ne manque pas de fantaisie.

 

Cliquez ici pour écouter le débat : Partager ce qui nous sépare.

 

LISTE DES COMMENTAIRES...


1. Partager ce qui nous sépare
Ecrit par Hamm Robert. 28-03-2009
Partager quoi?
Est la question ici....
S'agissant de ce qui nous sépare
ce pourrait être "L'analyse" que chacun se fait de notre monde.....

Or,personne ne veut écouter l'autre,sérieusement.....
Chez les philosophes chacun "veut" et la recherche de la vérité reste solitaire.....

Que reste-t-il donc à partager si ce qui sépare est ce qui divise et ne peut donc être divisé?

L'analyse de notre monde,ainsi,se laisse presque toujours réduire à ceci....
Personne,ou presque, ne recherche un objectif précis,le résultat d'une recherche ayant "une valeur sémantique". Valeur sémantique de l'accessible,du désirable et de l'utile....

On préfére se perdre en conjectures inefficaces.....

Pour prendre son temps et faire des efforts opportuns il faut encore croire en soi,en sa propre Raison...

Or ce qui serait à partager,en a-t-il la valeur?
Et ce qui "sépare",
n'est-ce pas une "anti-valeur"?

Ainsi,par exemple, la connaissance"chez les philosophes " a un mauvais statut.....
Ils préférent l'opinion, le prévaloir,rien,en fait, de ce pourquoi il semble être uile de connaître: DES SOLUTIONS ....

Ce qui serait donc à partager ne devrait en aucun cas pouvoir séparer:
bien au contraire...
Par contre ce qui nous sépare est ,de toute manière,déjà partagé:c'est ce qui nous divise....

Or,la division doit être ce qui empêche le partage,ce qui est fait pour lui faire obstacle....

Parler donc d'un principe de redistribution,d'échange ou de redéfinition d'un avoir concret ou abstrait ne permet pas de faire l'économie d'une dispute ontologique sur le divisible et l'indivisible:
la pensée grecque,par exemple...

Car pour l'esprit de cette pensée le matérialisme des temps actuels est un non-lieu,une non-existence....

Inversement,pour comprendre la pensée antique,il faudrait(au moins)essayer de comprendre "pourquoi" la notion de "temps" chez eux était,autrefois, différente.....

Il s'agit donc d'une perception différente de la réalité,d'un partage verbal de ce qui sépare intellectuellement....

Même,pourtant,avec ce point de repère,paradoxalement,le litige "grecque" ne peut servir.....
Car la pensée antique se limitait aux affaires de l'Etat,à la résolutions de problèmes communs....

Or les problémes actuels,les crises des termps actuels,vont bien au-
-delà d'un contact du domaine privé avec le domaine public: il s'agit plus d'une "crise",il s'agit peut-être d'une remise en cause....

Finalement,certainement,ce qui restera à partager sera la misère dont plus personne n'arrivera à se séparer...

Mais,même s'il ne doit pas en advenir ainsi,l'élément séparatif,ne peut,formellement, faire l'objet d'une réévaluation, d'un partage.....

De même ce qui peut être dit ne peut réduire parfaitement à ce qui est pensé à une énumération totalisante...

Il reste donc toujours un noyau indivisible,un "ce pourquoi" partager ce qui nous sépare reste une utopie, un nommément rien....

2. ne partageons pas tout et n'importe quoi, respectons nos différences
Ecrit par internaute. 28-03-2009
On ne peut partager que ce qui ne nous appartient pas: par exemple on peut partager un moment ensemble, le temps ne nous appartient pas. Mais tous les couples séparés savent que c'est le notaire qui partage les biens !
Toute plaisanterie mise à part, je ne pense pas qu'il faille obligatoirement partager ce qui nous sépare :
par exemple autrefois seuls les explorateurs et les gens sufisamment aisés voyageaient sur des sites merveilleux (la banquise, les hauteurs inaccessibles etc). Maintenant tout le monde veut avoir droit à tout, résultat le tourisme de masse détruit la planète. Je ne vais pas parler de l'Alaska pour ne pas froisser Pirmin, mais Daniel Ramirez est peut-être catastrophé devoir le Villarica transformé en mont St Michel, cette flopée de campings jusqu'à Pucon... pourquoi accepter ce partage obligatoire du territoire ! c'est la mort de la planète. Je pense qu'au lieu de tout partager il faudrait tout respecter.
Un créatif ne partage rien ( secret de fabrications ! ) mais un gauchiste veut partager ceux que les autres ont et pas lui...(jalousie ?). En général ceux qui demandent le partage c'est pour recevoir, pas pour donner. Pour être généreux il faut avoir quelquechose à donner. Partager et donner ce n'est pas la même chose.
Et tous ceux qui demandent que le gateau soit partagé de façon équitable devraient peut-être commencer par vérifier s'il y a bien un gateau sur la table.....

3. Partager, car nous sommes les mêmes, malgré ce qui nous sépare...
Ecrit par Evy Gold. 29-03-2009
Ce qui nous sépare? Nos différences de cultures, de valeurs, de richesses... Finalement, ce ne sont que des dissemblances de façade. Ce que nous partageons? C'est justement d'être tous, nous tous, humains, hommes , femmes, enfants,de cette race de mammifères terriens à deux pattes soumis au désir et au manque. C'est sans doute l'incomplétude qui nous rassemble le plus et que nous pouvons partager le mieux... L'empathie fut ce cadeau empoisonné que nous reçûmes tous, sans savoir comment, et qui nous mène par le bout du nez. Voir cet autre, si différent et si semblable, qui aspire, comme moi, aux mêmes désirs et souffre, comme moi, des mêmes manques.
Cet autre, avec qui je partage l'enfer et le paradis, je ne peux le reconnaitre que dans la fascination de son regard... sur moi.

4. Partager ce qui nous sépare, Daniel Ramirez
Ecrit par ROCA. 30-03-2009
Partager ce qui nous sépare, Daniel Ramirez',

pain, rompu, partagé, séparé, mis' en parts, séquence ... partition, départir, et, départ, mise' À part,
part, qui part, et, participation, Au repas, réparti(s), parturition, Accouchement, part(s) ...
La sortie, séparation, rupture', en partage', en' éclat(s), La justice ... qui tranche', en juste(s), injuste(s) part(s),
se défaire ... de ce ... qu'on' A, qu'on s'Accapare,
se diviser, diversifier, s'unifier', en' éclat(s), de ce qu'on' Est, _______
qu'on devient, naît,
et, s'unir, réunir, se rassembler, distribuer, se partager, mettre' en commun, départager, part(s) ...
en commun, portée(s), de partition, du Lien, distribution, Lignes ... de partition, musicale(s) ... portée(s),
Ligne(s) ... démarcation, de L'échange', Apporté, quotepart, À ...portée, partition, fragmentée, ...
de notes' ... éclatées', en morceaux', Aimantés ... parts, en séparation, parts, en segmentation, des ...parts,
répartition, partage', Aimantation ... de fission en fusion, qui re-Lie, partition, des ...portées,
La Vision ... de La séparation, Le partage', en question(s) ... séparer ce qui nous partage, Gilles Roca,

Cas-fée-Philo des Phares, 22' mars' 2009', ces-jours de Germinal, de séparation, phare',
et sans fard, et de partage neuf', Au pavillon, fanal ... Aux Phares, G R

5. Pauvre roca
Ecrit par Acro. 30-03-2009
On finirait pas le haïr tellement il est déposte et le contraire de l'humilité. Pauvres poètes. Pitoyable.

6. honte à Roca
Ecrit par internaute 2. 30-03-2009
Roca veut la peau de qui, maintenant !
Daniel Ramirez peut-il ouvrir l'espace "poésie" qu'il envisageait précédemment ?
Séparons ce que nous ne partageons pas : la réflexion philosophique ici, les juxtapositions de mots à côté.

7. oxymoron
Ecrit par . 04-04-2009
Le sujet proposé ressemble à un oxymoron (1765 de "oxus"=aigu et "moros"=fou): figure qui consiste à allier 2mots de sens contradictoire pour leur donner plus de sens, ex: un merveilleux malheur de Cyrulnic.
La difficulté vient de la polysémie du mot partager:
1Diviser en éléments qu'on peut distribuer
2partager qqchose avec qq'un, lui en donner une partie
3Avoir part à qqchose en même temps que d'autres....
Pour faire simple , si, aux phares, il n'y avait qu'un sénacle de gens qui n'ont que des valeurs partagées, il n'y aurait aucune joute verbale possible.
cependant, je dois avoir qu'en dehors des phares je rencontre des gens si éloignés des valeurs de ce lieu, qu'ils pourraient penser que leurs différences au lieu d'alimenter le débat ne feraient que les renforcer dans leur sentiment d'exclusion.
PS Je dis au nommé Roca, même s'il s'est indûment pris pour Joyce ou pour Rabelais, que ses associations de mots m'ont agréablement interloquée.

8. RE à 7
Ecrit par . 05-04-2009
"en dehors du café des Phares vous rencontrez des gens éloignés des valeurs de ce lieu" dites-vous ? Pourtant le mépris des cafés-philo (bobos-pseudo-intellos) envers les cafés du commerce (trop prolos pas assez intellos) et les cafés gauche-caviar (Flore ou 2 magots) me laisse penser que les cafés parisiens sont tous des QG de gauchistes.
Même si vous chipotez sur les mots, avec des 1°, 2°, 3°, c'est quand même globalement la pensée unique.
Et si un élément nouveau vient en observateur, il lui est conseillé de se taire, sous peine d'être exclus vertement. Alors il est content de quitter le café pour retrouver son club, ses amis, ses voisins : pour lui vivre c'est agir, et non pas discourir sans fin.

9. Pensée unique ? Plus grave c'est le mensonge !
Ecrit par habitué du café-phil. 05-04-2009
L'intervenant (8) dit : "Et si un élément nouveau vient en observateur, il lui est conseillé de se taire, sous peine d'être exclus vertement". Passons sur la contradiction: conseiller de se taire à quelqu'un qui viendrait en observateur, elle ne nous renseigne que sur le niveau intellectuel de (8). Mais, et c'est bien plus grave, tout connaisseur, même une fois suffit pour s'en apercevoir, sait très bien que c'est un mensonge pur et simple. Tous les animateurs se forcent de donner la parole en priorité à un "élément nouveau", comme à toute première intervention. Pourquoi cette contre-vérité flagrante ici? Quel est son but ?

10. à 7 (oxymoron) et à 9 (pensée unique)
Ecrit par . 05-04-2009
Si l'internaute 7 dit que "les associations de mots de Roca l'ont agréablement interloquée", c'est peut-êre parce que elles reflètent bien cette pensée unique du café des phares ? on remet les mêmes mots dans un sac, on secoue, et on les re-sort dans un ordre différent mais c'est toujours la même chose.
Un observateur sait avant d'arrriver qu'il vaut mieux se taire, et sur place il comprend pourquoi.

11. Comme le morceau de craie
Ecrit par Gabriel. 15-04-2009
Dans un commentaire de Heidegger, Jean Wahl écrit : "...l'effort de Heidegger consiste à définir cette participation à la craie... nous nous partageons la craie sans la diviser; nous nous la partageons parce que nous la voyons tous. Donc, elle est non partagée, et nous nous la partageons en un sens qui ne sera plus un sens matériel. Nous la laissons donc dans son intégrité, et nous la considérons... Or, qu'est-ce que c'est que se partager la craie de cette façon , dans ce séjour auprès d'elle qui va se révéler comme étant la vérité ? Nous laissons la craie rester ce qu'elle est... Donc, nous laissons la craie être comme elle est... Nous acceptons les choses comme elles sont, et c'est cela la connaissance... Cette indifférence de l'être humain, ce n'est pas une passivité, ce n'est pas faire rien. C'est un acte profond et qui n 'est possible que sur le fondement de la liberté de l'homme."
Qu'est-ce qui nous sépare ? C'est tout d'abord une distance spatiale. Je remarque que, généralement, d'eux-mêmes, les hommes tendent naturellement à la diminuer quand l'autre lui apparaît un autre moi, quand il révèle une ressemblance plus qu'une différence. Cela s'observe dans bien des domaines : observez sur une plage de 10 kilomètres de long 50 touristes qui viennent s'agglutiner en une zone restreinte, etc... Si l'autre apparaît trop différent, alors l'homme cherche plutôt à accroître la distance pour ne plus voir la différence. Dans le cas où l'éloignement physique a été annulé, par instinct, car l'autre est apparu un semblable, que se passe-t-il ? Une différence s'avère alors, différence de point de vue, de croyance, de vision du monde, avec pour origine des causes issues du sensible ou de l'intelligible. Alors cette différence, l'homme tente de l'annuler en voulant utiliser la raison dans tous les cas, et en tentant d'amener l'autre à adopter ses propres vues, de manière égoïste, sans partage. Un peu comme si dans le commentaire de Jean Wahl, un homme voulait soustraire le morceau de craie aux yeux des autres pour l'empocher subrepticement, à son seul avantage. Quelle attitude prône le commentaire ? Il nous incite à considérer la différence avec autrui, en la laissant être ce qu'elle est, sans tenter de la modifier. Par le fait que nous participons ensemble à la vision de cette différence, nous pouvons dire que, comme pour la craie, nous nous la partageons en la laissant intacte. Ceci n'est pas une solution de passivité car nous venons de voir précédemment que l'homme tente d'annuler une différence irrémédiable en la repoussant, et d'effacer une différence, vue après rapprochement, par des arguments rationnels. Le "ne rien faire" ou le "faire rien" va donc à l'encontre du désir habituel de l'homme qui supporte mal la différence. Au contraire, le "faire rien" nécessite la volonté et repose sur le fondement de la liberté (qui me permet d'agir à l'encontre de mon désir)
Ainsi, le partage en commun de la différence permet de dévoiler sa vérité. C'est à partir d'elle que les hommes pourront agir ensuite en connaissance de cause...
Le seul fait de considérer ensemble la différence, de la partager entre nous avec la volonté de ne pas la modifier, est le fondement de la connaissance de cette différence.

12. Partager ce qui nous sépare
Ecrit par Crémilde. 13-10-2009
Ce titre est très évocateur de la réalité, d’une réalité et que j’ai envie d’abonder dans ce que Michel a dit ce jour aux Phares : « partager est séparer, pas rassembler ».

Où je veux en venir ? Le 8 de ce mois-ci, j’ai écris à Cedrick (webmaster ou caféphiliste, c’est comme vous voulez) pour lui faire part que je n’avais plus la possibilité d’accéder au site des Phares depuis le 13 septembre. Il va de soi, qu’entre le 13 du mois dernier et le 8 de celui-ci, j’ai mis tout en œuvre pour comprendre ce mystère. Ayant un accès Internet libre, via mon entreprise, j’ai demandé aux spécialistes de cette branche au sein de celle-ci, de me rétablir l’accès, croyant que le problème était local. Quel fut mon étonnement quand on m’a informé et confirmé que l’accès m’avait été supprimé par l’infogérance du site des Phares.
Il va de soi, aussi, que le webmaster n’a pas eu la lumineuse idée de prendre en compte mon courriel et de me répondre, au moins par politesse ; il va de soi que tous ceux qui se réclament philosophes on d’autres chats à fouetter. Pour les alchimistes du Moyen Âge on pourrait imaginer qu’ils seraient à la recherche du cinquième élément, la pierre philosophale, l’équilibre. Mais comme nous montre la Réalité on ne transforme pas les métaux non-précisieux en or.
D’habitude on dit : désolé(e) de vous tenir informés de ces faits, mais il va de soi que ceux derniers doivent être connus. Vous savez, les « guerres » occultées sont difficilement décryptées et les non-dits asphyxient.
Il y a des hauts et des bas et il y des hauts et des pas. J’ai rédigé ce pas parce que derrière tout ce rideau « virtuel » il y a des mises en scène… et cette censure vis-à-vis de moi, je trouve que c’est une poisseuse « story »…

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