Le partage, encore, dans la maison France, cette fois-ci.
Écrit par Carlos Gravito   
05-06-2009
 
Vue de loin, la maison France, où l’on devine une certaine noblesse à cheval sur les principes, a l’air d’un château opulent, bien tenu, embelli par des  jardins à la française et dans lequel on soupçonne le bon vin de ses sous-sols.

Vue de près, ce n’est plus la même chose. C’est un hôtel particulier divisé en salons, boudoirs et alcôves ornés de boiseries dorées et stucs capricieux, dans la cave duquel on suspecte la présence des bois de justice, mais où tout va à la venvole et où, dans son Salon Doré, pérore le délégué du souverain, environné d’un jardin à l’anglaise plus approprié pour des « garden party ».

Dans une Liberté imaginaire, réglée par les Droits de l’Homme, les rangs n’y sont pas confondus, ainsi, le maître et le serviteur ne s’assoient pas ensemble à la table de l’Egalité lorsqu’il s’agit de mettre de la morale dans les affaires sociales, par exemple, car le patrimoine n’est pas chose Fraternellement commune même si le haut train de vie côtoie sans façon la médiocrité de tous les jours. Ceci, ainsi que la hiérarchie de la bêtise, est inscrit aussi bien dans la somptuosité du cadre que dans l’épaisseur des institutions dévalorisées.  

C’est par une porte secrète que l’on passe obligatoirement du Salon Cléopâtre à tous les autres, et c’est dans le Salon Pompadour que le Président accorde ses audiences pour la mise en scène d’une autosatisfaction continuée dans la Salle des Fêtes, lieu des dîners d’Etat ainsi que des réjouissances de Noël, la platitude des intérêts formulant alors des rapports fantasmatiques qui disent le monde sans éprouver le besoin de le percevoir et les imposant même au concret, par le refus consenti de partager tout ce qui est là.

L’examen du Budget ainsi que des Engagements Publics de la Nation sont discutés au Salon Bourbon (dépôt national où s’assemblent les 577 entrepreneurs incontournables de la politique représentant les pedzouilles dont l’attention est déviée vers le récurrent rappel de ses dettes), pour être claironnés par les ministres de retour du Salon Murat, légitimant ainsi l’écart entre la France institutionnelle et la France sociologique, sur laquelle l’exécutif donne de la matraque lorsqu’elle se rebiffe. La désinvolture et l’absentéisme des législateurs sont acquis au moment de l’élection et, par conséquence, ne donnent pas lieu à un service minimum, tout comme la Crèche, conçue pour les enfants des collaborateurs de la résidence ne peut pas accueillir à elle seule tous les mômes des travailleurs lorsqu’ils sont en grève, ni le Mess ou la cantine ne peut désengorger les « Restaus du cœur » autant qu’ils soient.

Toutefois, alors que dans la Maison France tout semble paisiblement emmitouflé dans l’irresponsabilité, l’épicentre du fumeux « pouvoir d’achat » se trouvant concentré dans la sphère des plus hauts revenus, à ce moment-là (à l’occasion de la discussion du Budget et de la Dette de l’Etat), c’est le drame. La famille se déchire pour une enveloppe improbable ou pour l’amélioration impossible de ses conditions de vie, depuis qu’en 1914 Joseph Caillaux a institué un « impôt sur le revenu ‘frappant’ tous les citoyens » et qu’en 1954 Maurice Lauré a créé la TVA (qui fait de chaque entrepreneur un percepteur « assujettissant » le consommateur), ces mesures (sur lesquelles toutes les économies de la terre désormais reposent), étant d’ailleurs réconfortées par la Banque Mondiale qui s’est donné pour rôle d’étoffer essentiellement les marchés financiers, un agent économique parmi cinq autres.

Les dés sont pipés. Dans chaque produit se trouvant terré, à la base, le travail indispensable à sa création, le travailleur n’a aucun intérêt (au cœur d’un système où chacun échange certains biens contre d’autres d’un prix supérieur au coût du sien), à améliorer sa valeur aussi bien professionnelle qu’intellectuelle et, s’il poursuit sa pénible besogne, il ne peut y être encouragé que par la nécessité (la faim). Il lui faudrait, donc, d’entrée de jeu, la protection de la Nation qui, jouant de sa fonction régalienne, sanctionnerait tout individu ou collectivité qui s’approprierait les services du prolétaire sans en payer le juste prix. Or, comme en d’autres domaines, la Loi institue ce devant quoi elle s’efface.

La question demeure donc. Comment avoir un Budget équilibré, si l’argent va là où il veut et la dérégulation financière ainsi que ses effets pervers polluent toute la planète ? Pourquoi ne pas laisser filer la Dette (dite flottante), si le FMI ne sait pas comment maîtriser l’économie mondiale et se limite à émettre des communiqués auxquels personne n’accorde du crédit ? Quand la Banque Mondiale parviendra-t-elle à contrôler les paradis fiscaux et à forcer les boîtes noires ? Quelle confiance accorder aux tenants de la combine si leurs mains sont sales et, ayant les « stock-options » en ligne de mire, ils changent sans cesse la donne ?
Que faire ?

C’est par une porte secrète que l’on passe obligatoirement du Salon Cléopâtre à tous les autres, mais il ne faudrait pas que la Maison France ressemble à un Train Fantôme. La mauvaise gouvernance répond à une stratégie cynique ; c’est une mise en scène de la peur et point l’effet de la naïveté ou d’une mauvaise conjoncture. Certainement en raison d’une répartition injuste des parts entre patrons, actionnaires et travailleurs, en 30 ans, la richesse de la Maison France s’est accrue du double mais, le premier réflexe de l’autorité étant de se défaire de l’argent public, elle le dilapide en cadeaux fiscaux aux plus mariolles et autres bulles, provocant la baisse du pouvoir d’achat des classes laborieuses, ainsi que le trou de la Sécurité Sociale ou le creux de la Dette, d’autant plus que les budgétivores crânes qui se penchent depuis plus de 25 ans sur l’assiette des recettes et leur répartition, n’ont pas la moindre bluette d’idée susceptible de désenfler le budget, comme si le « report » et la mise en « débet » étaient les seules rubriques lisibles pour la Cour des Comptes.

Parce qu’il découle de la pulsion instinctive de donner forme à l’utile, au-delà du loisir intérieur que l’accomplissement recèle, le travail est certes devenu un concept philosophique pourvu de sens depuis Hegel mais, n’assurant même pas la subsistance d’une bonne partie de la maisonnée, il sera considéré tout simplement comme un exercice fatigant, dégradant et déshumanisant, tel qu’Aristote le définit, si au sein de la Maison France ne restent plus des Hommes assez libres pour dénoncer et réparer l’injuste répartition des richesses, dans la mise en œuvre du réel, propre à la « Condition Humaine ».

LISTE DES COMMENTAIRES...


1. seul un français peut critiquer la France
Ecrit par . 05-06-2009
ils s'asseyent, pas ils "s'assoient".
Et si la maison France vous déçoit,
essayez la Russie, l'Italie, la Roumanie ?
ou restez dans votre pays,
c'est au choix.

2. Seul un benêt peut penser ainsi
Ecrit par Marianne à 1. 05-06-2009
Ah bon, on est français à partir de quand ? Il vous faut les certificats de naissance des deux parents et remonter aussi jusqu'aux arrières-grands-parents? Moi, je pensais que Vichy c'était fini.
Mais c'est vrai, vous avez raison Paris devrais rester aux parisiens, vu ce pitoyable commentaire.

3. Padam, padam, padam
Ecrit par 2. 05-06-2009
Oui, Paris tu devrais, j'ai l'habitude de tutoyer Paname. Parfois l'amour fait faire des fautes d'ortografe.

4. au noniste patenté (non à l'Europe, non à la France qui ne lui en donne pas assez, non à tout )
Ecrit par pas parisien. 06-06-2009
on est français quand on a le droit de vote en France.

5. Remarquable !
Ecrit par Ni parisien ni nonis. 06-06-2009
Oh que ça vole haut tout ça. Bravo ! Une chose est claire : les commentaires sont à la hauteur de l'article.

6. Bis à 5
Ecrit par . 06-06-2009
Confortable la position du ni-ni. Votre commentaire est remarquable d'auto-satisfaction et de mépris bête (critiquer l'article sans argumentation ). Il est sans doute à votre hauteur.

7. où est la philo là-dedans ?
Ecrit par . 06-06-2009
Carlos traite les français de "pedzouilles" qui "pérorent", le 2 traite le 1 de "benêt", le bis (encore 2 ?)traite le 5 de auto-satisfait plein de mépris bête, il faut reconnaitre que le ton était donné dès le début de l'article : critiquer la France et les français.

8. c'est quoi tout çà ?
Ecrit par brisonslaglace. 07-06-2009
Je pensais que Carlos avait le sens de l'auto-dérision philosophique en faisant du Carlos. Maintenant voilà qu'il nous fait du café du commerce.C'est sa vérité ou de l'humour ?

9. Bienvenue chez les chtis
Ecrit par livebox pirate. 19-06-2009
On a cru que vous aviez des emmerdes avec le 101 de la rue de Grenelle !

10. N'importe quoi
Ecrit par n'importe qui. 19-06-2009
Ennuyeux et passablement francophobe, cet article. Carlos se prend pour un éditorialiste de Charlie ou du canard. Il n’a pas de problèmes avec la rue de grenelle, mais avec son ego.

11. Un torchon sans papier
Ecrit par Pas n'importe qui. 19-06-2009
Est-ce que les responsables ici pensent vraiment que ce pamphlet populiste a sa place dans un site philosophique ? C’est un édito politique, oui, mais il n’est même pas bon pour Charlie Hebdo ou pour Le canard enchaîné, comme le pense 10. En tout cas c'est sûr c’est pas de la philo, même si l’auteur pense que mentionner Hegel et Aristote vers la fin suffit pour duper tout le monde. C’est normal que les commentaires deviennent bêtes, même xénophobes. Pourquoi publier un truc pareil ?

12. les commentaires ne deviennent pas tous bêtes.
Ecrit par 1. 19-06-2009
Ne pas confondre xénophobie et indignation devant un texte francophobe . Il est heureux que qq'un ait mis les pieds dans le plat.
Un webmaster qui efface joyeusement les commentaires hors pensée unique locale devrait peut-être commencer par réfléchir à la question de 11 = pourquoi publier un truc pareil.

13. N'est pas chauvin qui veut.
Ecrit par Carlos. 24-06-2009
« C’est vrai qu’ils sont plaisants tous ces petits villages,
Tous ces bourgs, ces hameaux, ces lieux-dits, ces cités
Avec leurs châteaux-forts, leurs églises, leurs plages.
Ils n’ont qu’un seul point faible et c’est d’être habités,
Et c’est d’être habités par des gens qui regardent
Le reste avec mépris du haut de leurs remparts
La race des chauvins, des porteurs de cocardes
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part. »
Ceci n’est pas un hymne, messieurs dames, et ça ne se joue ni ne se siffle donc pas ; c’est une chanson. C’est une chanson de Georges Brassens qui, comme le fado, tire son sens des mots, et je vous épargne la suite qui pourrait nuire à votre indécrottable frénésie de tout inscrire dans un domaine géographique où l’on vénère les racines au point de délaisser les branches ; où l’on fait plus cas de sa souche que de sa destinée.
Dès lors, la question se pose : « Faut-il être Français pour être chauvin ? » Effectivement, la naïveté et le dévouement d’un brave soldat, Nicolas Chauvin, furent popularisés au XIXème siècle comme exemple du ridicule par une comédie de Cogniard, « La cocarde tricolore ». Pourtant, alors que notre « Chauvin » se référait à une réelle échelle de valeurs et se battit pour l’Empire, son crédit lui est à présent disputé par un nouveau genre, le « Minus habens » dont l’imbécillité est endémique et qui, ne sachant qu’y consentir, astique ses boutons dès que les convenances l’exigent. Parce qu’il associe le mot « français » à des idéaux qui vont à l’encontre de ceux du « chauvin », il professe une morale que se refuse n’importe quel Homme libre et sa devise va se résumer à une « Défense de vivre », car la vie est changement et le minus exige la fixité.
Nés sous le signe de l’hexagone, ces incapables civils enjoignent donc le métèque de se soumettre, ce qui équivaut à en nier l’existence, autrement ils s’agitent, s’inquiètent. Ils exigent que l’on ferme sa gueule, que l’on ne se prononce pas sur le monde en gestation, que l’on renonce à regarder en face le visage du temps, que l’on s’abstienne de réfléchir ou de participer aux affaires de la cité, domaine où « la politique » acquiert d’ailleurs un sens hautement philosophique au même titre que le bien et le mal, le beau et le laid, l’utile et le nuisible, la distinction entre l’ami et l’ennemi prenant en compte la logique et l’éthique. Mais ça, c’est trop pour un minus au cœur sec. Le courage de lutter, aux côtés de son empereur, était pour le chauvin le moyen d’atteindre le frisson intérieur. La trouille est pour le minus un motif plus que suffisant pour se hérisser, imperméabiliser, défendre ; une autre culture qui va toujours buter sur la déraison qui l’incite à décocher des ruades, le verbe qui est sorti de « chauvin », « chauvir », s’apparentant, du reste, à l’ânerie (bouger les oreilles) qui va comme un bonnet au « minus habens ». Le hi-han au lieu du cocorico.
Voilà pourquoi, afin de donner un coup de pouce à la politique du chiffre, « nos minus du Site » me voyaient à l’Hôtel Rothelin-Charolais (le fameux 101 rue de Grenelle dont ils parlent), une sorte de Secrétariat à l’Epuration où, après avoir fait état de sa race, on a droit à l’attribution des rosettes tricolores, histoire de s’inscrire toujours dans le même scénario, le plus facile à retenir. Constatant donc que « l’autre » sépare plus que la barrière du poste de douane, j’avoue tout. Je fais des comptes-rendus ; je ne rends pas des comptes mais, pour gagner du temps, je vais vous dire : je ne suis pas français ni immigré. J’habite à Paris ; vous permettez ? Et je m’y plais ; ça ne vous dérange pas ?
Peut-être que oui, mais tant pis. Le minus se sent menacé par tout ce qui est et, dès lors, sinistre comme le regard d’un mort sur lequel rien ne se reflète, ses principes sont arrêtés, d’où l’immobilité de sa pensée, qui ne dissimule pas des projets, parce qu’il n’en a aucun et, s’il lui arrive d’aligner quelques mots, de formuler quelques insatisfactions, c’est pour survivre dans son monde familier ou afin que la médiocrité sorte de la discrétion. Le problème est que ça fait un peu hi-han et point de cocorico. Le cocorico suggère toute la joie du matin ensoleillé ; le hi-han, la blessure du bât, retour des champs ; un crépuscule.



14. "messieurs dames" ?
Ecrit par 1. 24-06-2009
Mesdames et messieurs, vous aviserez.

15. Puisque vous demandez ... je signifie.
Ecrit par Crémilde. 24-06-2009
Ma Terre ce sont toutes les langues que je parle.
Je ne suis pas française ni immigrée. J’habite aussi à Paris ; je m’y plais intensément et si ça dérange ! … tant pis.
"Stand up ... Speak up"

16. Crémilde n'étant pas française, je l'informe que
Ecrit par . 24-06-2009
aviser ne veut dire ni signifier, ni assigner, ni parler pour ne rien dire.
Paris est hors sujet.

17. Depuis le temps..
Ecrit par Françoise à 16. 24-06-2009
Je connais de très bons stage "Cri primal ". Je vous recommande ? Inutile pour vous de consulter. Avec un cerveau reptilien, impossible.

18. bon stage ou bons stages ?
Ecrit par 16 à Françoise. 24-06-2009
Vos recommandations à un inconnu sont nulles et non avenues.
Cerveaux reptiliens hors sujet.

19. La prose du haineux
Ecrit par . 25-06-2009
François et caetera, je vous ai reconnu, vous n'êtes pas un inconnu mais une inconnue. inutile de me parler pluriel quand on a une prose laborieuse. Je pense aussi vite que vous dégainez péniblement.

20. Apercevoir...
Ecrit par Crémilde. 25-06-2009
Après toutes ces menu ailles, (aviser = faire remarquer) je peux toujours signifier (dire, exprimer) mon opinion.
Eh oui, je ne suis pas française, mais j’habite Paris, qui est en France, qui est l’Europe, qui est dans le Monde sur cette Terre.



 
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