Est-il absurde de désirer l’impossible ?
Écrit par Alain Parquet   
02-07-2009
 Ce matin-là, notre animateur Gérard avoua un penchant irrésistible pour l’un des sujets du bac 2009, « Est-il absurde de désirer l’impossible ? ». Déçu par les sujets proposés, il choisit donc ce dernier tout en affirmant haut et fort sa volonté de le « problématiser » et de ne pas le laisser perdre dans les sables de l’analyse lexicale.

Le débat commença par quelques démêlés avec la logique. Quel rapport existe-t-il entre « désir » et « impossible » ? Ne désire-t-on pas que ce qui est tenu pour impossible ? Au contraire, peut-on désirer ce qui est tenu réellement pour impossible ? Ou bien, dès lors qu’un objet est connu, il peut être objet de désir, les seuls désirs impossibles étant pour des objets que l’on ne connaît pas. (En fait, on oppose deux types d'impossible : un impossible logique dans le premier cas, un impossible pratique dans les deux autres cas.)
Question structurante pour un plan (de bac philo ?) : le désir se construit-il avec de l’impossible ou avec du possible ?

L’impossible paraît d’abord inhérent au désir. Désirer n’est pas vouloir, ne suppose pas de devoir atteindre son objet. Désirer, c’est pouvoir être dans le rêve, le fantasme, le déraisonnable. Est-il absurde de rêver qu’une personne décédée est toujours vivante ? Pourtant le rêve « réalise » un désir impossible.
Et pourquoi n’aurais-je pas droit au désir si je prends conscience que je serais plus heureux en considérant quelque chose comme vrai ? Devrais-je m’interdire cette hypothèse ? Suis-je alors dans le vrai ou le faux, le possible ou l’impossible ?
Nous avons évoqué rapidement l’utopie et l’amour, en l’occurrence l’amour courtois même s’il est confondu à tort avec l’amour platonique, où il y a à la fois désir ET impossible (logique), et des faiseurs d’impossible (pratique).
D’abord, même si c’est une mauvaise nouvelle..., nos rêves sont censurés parce que l’inconscient, aussi, résiste. Il y a donc un rêve impossible : le rêve (nocturne) comme liberté absolue ! Ce fait indépendant de notre volonté n’interdit pas de désirer, mais d’un point de vue surréaliste il provoque un grand désenchantement...
La raison enfin : nous entretenons un rapport émotionnel avec l’objet du désir, et seule l’intervention de la raison peut mener à la conclusion que cet objet est impossible et, par conséquent, notre désir absurde. (Celui-ci a mauvaise presse chez Platon : voué à changer constamment d’objet, il est fauteur de trouble et de désordre et condamne le sujet au manque perpétuel.)

Au fait, parle-t-on d’impossible ou d’interdit ? Car l’idée de liberté est très présente dans ce sujet. « L’impossible », est-ce ce qui est déclaré comme tel par mes parents, ou bien est-il naturel (par ex. aller, aujourd’hui, sur la planète Mars) ? L’éducation inculque aux enfants des lois, des structures, des limites ; puis, devenus adultes, ils devront conquérir leur liberté par la transgression. Mais à quelle fin ? Si je ne fais rien de ma liberté, de mon désir, apparaît le sentiment de l’absurde. Alors c’est le désir lui-même qui se révèle comme « impossible ».
Avec Kant, la question de la liberté est différente : suis-je libre de choisir les objets de mes désirs ? à quoi il répond par l’universalisation : les autres doivent pouvoir désirer aussi ce que je désire sans entraîner d’impossibilité logique. Liberté relative donc, où l’impossible se définit par rapport à l’autre.

Mais l’idée que le désir est toujours désir d’impossible n’est pas partagée par tous. En pratique, le désir ne s’inscrit ni dans le champ du possible ni dans celui de l’impossible : comment pourrais-je prévoir s'il se réalisera ou non ? « L’impossible » est simplement ce qui se trouve hors du champ de mes représentations.

Toute quête d’absolu mise à part, le désir se construit aussi avec du possible, et cette attitude pragmatique est même jugée plus efficiente que son contraire. Mais il s’agit, plus exactement, de ce que l’on croit possible. Or, comment sait-on ce qui est possible et ce qui ne l’est pas ?
Tout dépend de la connaissance que nous avons de nous-même et de nos potentialités.
De plus, avec des choix existentiels, nous définissons un champ du possible. Les épicuriens maintiennent l’économie du désir dans la sphère d'un « possible » qu'ils délimitent comme tel, s’épargnant ainsi frustrations et souffrances. D’autres, au contraire, entendent assumer le tragique de l’existence : le destin frappe à la porte, au prix de la souffrance, mais c’est dans cette épreuve avec le monde que je convoque ma liberté.
Et puis, un aventurier n’est pas dans la maîtrise, il s’expose à des obstacles, prend des risques, se confronte à l’inconnu. Il met aussi à l’épreuve ses limites, mais « à coeur vaillant rien d’impossible » (devise de Jacques Coeur, récupérée par les Scouts...).
Le bonheur au quotidien n’est que reproduction du même et, de ce point de vue, correspond à un état de mort existentielle.
On n’a pas noté, sauf oubli de ma part, que le sujet suppose résolue la question de l’autonomie de la volonté. Dans quelle mesure « choisit »-on entre ces attitudes ? Et cela est-il souhaitable ? Est-ce que je trouve du sens en exerçant mon « libre arbitre », comme un épicurien, ou en étant déterminé par quelque chose qui me dépasse, par... un impossible ? L’absurde est encore une fois hors de propos, à moins de ne donner du sens qu’à ce que je décide au nom de ma volonté.

Mais une nouvelle piste a été ouverte par l’introduction du temps : l’impossible devient parfois possible dans la durée, par ex. grâce aux progrès techniques, ou grâce à la réussite inespérée de nos entreprises. Car « point n'est besoin d'espérer pour entreprendre ni de réussir pour persévérer », suivant la fameuse devise de Guillaume d’Orange plaisamment retournée en celle-ci (par Gilbert Cesbron) : « Il est souvent nécessaire d’entreprendre pour espérer et de persévérer pour réussir. »
L’Histoire a plus d’une fois réalisé ce qui semblait a priori impossible. Exemple non cité : en 1980, le syndicat Solidarność fut fondé dans un contexte de glacis idéologique installé, croyait-on, pour 1000 ans. L’Histoire est mouvement, il ne peut pas être absurde d’y « désirer l’impossible ». (Remarque : c’est vrai de la chute du mur de Berlin comme de la solution finale, à laquelle les nazis rêvaient sans oser y croire ; d’où l’importance de la question de Kant !)

Grâce au temps et à l’Histoire nous sommes passés de l’individuel au collectif, de raisonnements centrés sur soi à des « machines désirantes » projetées et transformées dans l’espace des interactions sociales. Les désirs les plus importants à nos yeux s’inscrivent dans ce champ-là. Or, qui peut décider de ce qui est « impossible » en terme de progrès social ? Croire en la justice, en la liberté, etc. c’est inscrire dans la réalité un désir de possible. Y compris si ma croyance paraît aux autres farfelue ; je ne limite pas mes désirs en fonction des conflits qu’ils pourraient déclencher.
La question sociale, on l’avait oublié, a un souffle, elle donne un élan existentiel et salvateur ; je m’élève contre les bornes imposées par la société, pour la changer si nécessaire. Cela dit, comment faire dans une société où les individus désirent des choses (trop) différentes ? Peut-on fabriquer de l’utopie aujourd’hui ? Tout fout le camp, même l’impossible...

Mais le monde des idées est hors du temps, et l’on aime se donner des « frissons d’immortalité ». Gilgamesh, qui désirait l’impossible par excellence, peut-être le vrai moteur de ce sujet... : l’immortalité !, ne put empêcher que le monde physique et temporel le rattrape avec Ishtar, déesse de l’amour et de la guerre. Nos désirs les plus intimes transgressent la condition humaine. Mais dois-je me considérer comme « esprit » ou plutôt comme « matière » quitte à m’accaparer le monde ? 

LISTE DES COMMENTAIRES...


1. Lune
Ecrit par Michel. 02-07-2009
Il y a les rêves "possibles" et les rêves "impossibles". Il y a un demi siècle, il semblait évident au gamin que j'étais de pouvoir aller se promener plus tard (aujourd'hui) sur la Lune tous les week end. Plus tard j'ai eu un autre rêve mais cette fois impossible, un téléphone qu'on aurait avec soi sur son vélo (j'allais en classe à vélo). En 2009, je participe à des projets de type humanoïdes à commandes inspirées du cerveau qui réaliseront peut-être (pas) les rêves de gamins d'aujourd'hui ?

2. A propos de l'obscur objet...,
Ecrit par Carlos. 02-07-2009
... toujours très attentif aux débats, Alain nous a fait un compte-rendu fidèle, judicieux et assuré. Chapeau.

3. merci Alain
Ecrit par Gérard. 02-07-2009
Si la règle veut que la première fois ne soit pas toujours à la hauteur, Alain nous rappelle que c'est bien l'exception qui confirme la règle. Merci à lui pour cet essai réussi.

4. de la logique à la philo..
Ecrit par Gérard. 03-07-2009
D'un point de vue logique, le café-philo partant d'un sujet de bac( pour une fois) donnant 4 heures pour cogiter, il aurait été absurde de répondre OUI ( il est absurde de désirer l'impossible) et de rendre sa copie.Par conséquent,toutes les pistes qui ouvrent, pondèrent,ou questionnent les notions pour saisir le dépassement de la contradiction apparente sont dans le sujet, l'évidence ne relèvent pas de la philo - sauf pour Descartes qui s'est longtemps interrogé sur son existence..(ce qui crée un certain doute sur le personnage ).
Pour justifier le choix de ce sujet "évènementiel et d'actualité"j'avais alerté sur la profusion de commentaires sur le net.je mets en lien le forum de l'étudiant sur le sujet
http://forum.letudiant.fr/bac-philosophie-f57/bac-philo-est-absurde-desirer-impossible-t3758.html
Le corrigé fournit en base de discussion du forum conclut :" ce qui serait absurde c'est de ne pas désirer l'impossible !" Of course.Non ?


5. est-il absurde de désirer l'impossible?
Ecrit par Hamm Robert. 03-07-2009


Ainsi existe-il des cas où désirer l'impossible n'est pas incroyable.....

Car ces cas sont vraiment impossibles:on peut en être sûr.....
Là ,par contre, montre le désire son identité impossible....

Il n'est plus question d'une chose mais, plutôt, d'une question de principe....
Il est question d'avoir raison....

Qu'on y perde donc,par exemple, sa maison,sa fortune ou même autre chose n'a aucune importance....
...Même une condamnation à mort n'y ferait rien: on veut avoir raison.....
Cette volonté,ainsi, peut être une force absurde ou non:une qui se cache derrière la notion de désire,elle-même déjà absurde....

Car,qu'est-ce le désire?

Le vrai désire n'est pas fondé et ne peut se suffire d'un résultat.Il est souffrance....
Souffrance déchaînée qui refuse les limites du réel,de croire que ce qui correspond à son vœux puisse être réalisable.....

Un vrai désire,ainsi compris,est toujours impossible parce qu'il ne peut accepter la réalité,le destin d'une limitation.... comme tout ce qui existe....
"Vraiment",ainsi compris, ne peut-il exister que des désirs impossibles....

Le tout,maintenant, serait de "voir" s'il s'agit-là de quelque chose d'absurde.....

Mais qu'est-ce qui est absurde dans le désire et non pas dans autre chose?

...Car la définition "implicite à toute thématique est son unité sémantique....
Ainisi,en aucune manière, est-il question de comprendre un sujet comme une addition restaurante ou le désire de raconter "des salades"....


Il s'agit donc,ainsi, toujours d'un goût "en bloc":on en peut comprnd l'unité "de sens" ou rien....

Revenons en donc,s'il vous plaît, à notre proposition:existe-il un point de vue absurde "dans" un désire impossible?

Malheureusement,semble-t-il,est-il pourtant question de deux folies différentes:l'absurde comme art possible de l'inversion par rapport au normal n'a rien à voir avec une impossibilité de réalisation...Dans les deux cas l'on ne s'intéresse pas pour la même chose....
Autrement formulé.
Une discontinuité sémantique apparaît entre un sens et une limite....

Mais que veut-on donc "dire" de cette "manière"?

Dire,ainsi, que la porte est fermée,qu'il n'est pas question de la casser,qu'on a perdu la clef et que l'on veut absolument entrer sans en avoir aucun moyen
n'est pas absurde mais idiot....Désirer l'impossible,ici,(que la porte s'ouvre d'elle-même,par exemple)est également idiot....

Le thème ici en question,pour avoir un sens, doit donc se laisser diviser entre impossibiltés concrètes et abstraites....

De cette manière avons nous,aussi,la définition typique du sujet de dissertation insatisfesant:
la formule est trop courte pour qu'une solution puisse être précisée....

Aurait-on,ainsi, limité l'objet en jeu à une abstraction aurait-il été possible de mesurer une distance entre l'absurde et l'impossible....
Mais non.
Nous voilá,une fois de plus, à la croisée d'un chemin qui ne mène nulle part:
l'impossible entre versant concret et abstrait....

....Une réponse "impossible"....

6. Inaccessible
Ecrit par jean louis. 03-07-2009
Quand on rêve de choses impossibles, on ne les désire pas - cela, c'est le point de vue d'un observateur extérieur rationnel - on les possède en imagination. On en jouit fantasmatiquement. Le rêveur est satisfait.

En revanche, je ne vois pas que l'on puisse désirer quelque chose d'impossible - disons d'inaccessible. On voit bien que c'est l'éventualité d'obtenir la chose, la pensée des moyens pour y parvenir, qui fait naître et entretient le désir. Le désir est très fort quand sa satisfaction est proche ou imminente.
On ne pense même pas à une chose que l'on sait inaccessible et pourtant désirable.

jean louis


7. Rèponse au commentaire ayant pour objet l'inaccessible
Ecrit par Hamm Robert. 04-07-2009
Il me semble que l'inaccessible peut plutôt être compris matériellement.

Il n'a que figurativement une acception abstraite....Par contre l'impossible me semble être "également " concret comme abstrait:ce qui est impossible l'est de toute manière`(ce qui,si vous voulez bien le remarquer,est encore une abstraction différente...).

Ainsi ,en fait,l'impossible et l'inaccessible ne sont,réciproquement, que synonymes à 50%....
D'autre part il faut bien,évidemment, se tenir aux termes du sujet posé.....

Pourquoi?

Parce qu'un changement terminologique est toujours un changement thématique,un hors sujet....

Par contre j'ai bien essayer de comprendre ce que vous vouliez me dire,peut-être....
La difficulté donc,dans ce que vous semblez vouloir exprimer est le caractère "imaginaire des désires".

Le sont-ils ou le sont-ils ainsi parfois ou toujours?

Une épistémologie du désire n'existe pas parce que l'autre,celle de l'imaginaire, n'est pas "en vogue",aujourd'hui.....

Par contre,lorsque vous dites que le rêveur est satisfait ne pouvez-vous parler que d'une conjugaison au mode personnel, me semble-t-il.....

Je pense,d'ailleurs que,psychologiquement parlant, vous vous tromper involontairement....

Un désire revient toujours,là se trouve une tragédie humaine inscrite en lettres imaginaires.....Que quelqu'un puisse être satisfait
n'est qu'une autre illusion.....

Exemple: après avoir fumé une cigarette on peut très bien n'avoir nullement envie de fumer une autre.....
Elliptiquement donc formulé:
a)distinguer entre un imaginaire"fantastique" et un "vicieux" est un non-lieu:
le désire est également dans les deux domaines....

b) il vaut mieux s'en tenir "a la lettre du problème" pour l'investir systématiquement,histoire d'éviter des redites et pouvoir,peut-être, déterminer des solutions "utilisables"(pour soi-meme,d'abord,de préférence, pour en tester la valeur)

Avec mes salutations.

8. Désirer le possible
Ecrit par Daniel Ramirez. 04-07-2009
Très intéressant ce compte-rendu, du fait surtout que l’on comprend le cheminement des idées du débat. Comme je n’y étais pas, je ne peux en juger que par le compte-rendu. Et ce que l’on voit est aussi que le débat animé par Gérard a été très riche… Merci, Alain !
Je me permettrai d’ajouter une chose peut-être manquante, et quelques distinctions. En effet, désirer l’impossible paraît être une attitude plus courageuse, plus motivante, incluant le rêve, l’utopie et qui est à même d’impulser le cours de l’histoire. Dans la lignée de « soyez raisonnable, demandez l’impossible » (bizarrement pas cité). Mais à mon avis, c’est en grande partie parce que l’on se fait une piètre idée du possible et l’on croit entendre dans le mot possible le mot « réel » ou « existant », inspirés justement par une sorte de stoïcisme qui traverse aussi bien Descartes que Spinoza et certains vendeurs de papier d’aujourd’hui. Désirer ce que l’on a et non pas une étoile lointaine (pourtant « désirer » vient de de-siderare, perdre son étoile) assurerait être heureux, ou tout au moins préviendrait la frustration et la souffrance.
Avec cet héritage, c’était donc obligé que les esprits romantiques, libertaires ou poétiques préférassent la version « désirer l’impossible ». Les exemples donnés illustrent cette impression : la chute du mur, exemple de ce que l’on a tenu pour impossible ? Que nenni ! J’avais moi-même prévue la désintégration de l’URSS, avant que l’on parlât de « perestroïka ». Non pas que je sois très malin, simplement parce que je l’avais visité ; il suffisait de parler avec les uns et les autres pour s’en rendre compte ; tout le monde avait ras-le-parti (sauf les membres).
Je me réfère donc à une autre tradition de pensée, qui voit dans le possible, la "potentia" des scholastiques, la "dynamis" d’Aristote : l’élément potentiel du réel, qui contient ce qui peut advenir et qui deviendra (ou pas) "actus", "enérgeïa" : le réel, quoi. Le désir agit sur la potentialité du réel à advenir autre qu’il est, car il contient le non réel actuel mais potentiel. Mais il est très important de se représenter ce potentiel comme multiple, comme ouvert. C’est qui apparaît dans des philosophies comme celle de Bergson ou de William James : il est impératif de ne pas considérer le futur comme massivement prédéterminé (où l’on touche un sujet précédent : "l’irréversible…" ), mais comme un territoire ouvert où des choses, des événements viennent à l’existence tout en ayant pu ne pas advenir (le contingent). C’est le fait d’avoir été désirés qui le ramène à l’existence, ce qui n’a rien à voir avec les grandes catégories de "l’impossible" : l’utopie, le grand soir ou le salut du monde :
« Invoquez la logique, les catégories, l’absolu et out ce que vous pouvez trouver dans le grand bazar de la philosophie, selon moi, la seule vraie raison pour qu’une chose quelconque survienne, c’est que quelqu’un désire quelle soit. On la requiert par exemple pour venir en aide à une portion si petite soit-elle de la masse de l’univers. Il s’agit d’une "raison vivante", auprès de laquelle les causes matérielles et les nécessités logiques font bien pâle figure (W. James, Le Pragmatisme, 8e leçon, Ch/Flammarion,2007, p. 293) ».
Voilà. J’ajouterais que si l’on désire l’impossible, CE que l’on désire, on ne le désire pas "en tant qu’impossible", ce qui, pour le coup, serait vraiment absurde. En le désirant, on le tire, en quelque sorte de la catégorie de l’impossible vers celle du possible.
Comment cela est-il possible ? Parce que le possible ce sont DES possibles, c’est la potentialité infinie que recèle le réel. Il n’est pas donc absurde de désirer l’impossible, il est simplement impossible, et nous n'en n’avons pas besoin : le réel suffit, les possibles suffisent, car infinis ; mais c’est le fait de les désirer qui les rend réels, possibles, infinis.
Daniel

9. Ce n'est peut être pas la bonne question?
Ecrit par Evy. 04-07-2009
Peut-être ce sujet suscite-t-il une vraie réflexion philosophique, à la quête du dépassement des contradictions impliquées dans la question? Hum, peut-être... Mais que de détours, de flaneries intellectuelles, pour finalement, pas grand chose...
Le désir (sans e , par pitié) nous conduit de la réalité à l'imaginaire et dans l'imaginaire, il y a tous les possibles qui nous paraissent impossibles aujourd'hui. Le désir forme les premiers pas de l'enfant, les petits pas sur la lune et les grands pas de l'humanité...
Désirer, c'est introduire une relation entre la réalité et la fiction. Le cerveau humain a prévu pour cela la curiosité, l'ouverture à la nouveauté, la relativité des objectifs. La réflexion sur le bilan des acquits et l'opinion personnelle orientent ensuite notre décision de tenter ou non la réalisation de nos désirs, qui d'impossible devient parfois possible...
Bref, nous ne sommes que des petites machines à réfléchir dont le seul vrai carburant est le désir de l'impossible et le seul objectif est de le rendre possible...

Plutôt qu'une question sur le désir de l'impossible, ce qui est une sorte de tautologie, en fait, il serait bon de se demander si on peut vivre sans désir.. non?


10. Prise de conscience
Ecrit par Inconnaissance. 05-07-2009
" J’ajouterais que si l’on désire l’impossible, CE que l’on désire, on ne le désire pas "en tant qu’impossible", ce qui, pour le coup, serait vraiment absurde. En le désirant, on le tire, en quelque sorte de la catégorie de l’impossible vers celle du possible. "
dites-vous Daniel.

L'imagination se moque de la vraisemblance. Rien de tel que de voir ou de prendre conscience à quel point la satisfaction de notre désir est invraisemblable, ou de voir à quel point tout cela n'était qu'un rêve pour être libéré d'un désir impossible.

11. est-il absurde de désirer l'impossible?
Ecrit par Hamm Robert. 05-07-2009
Le propre d'une théorie de la définition est de ne pas être personnelle....

But clairement défini:empêcher que l'on brûle les dictionnaires en public....
De même il n´existe pas de "liberté" dans la manière de définir.....
Et,ici,en matière de désir,encore moins qu'ailleurs.....

Ainsi l'amour de la sagesse(la philosophie) présuppose une sagesse.....Et celle-ci ne peut pas
se résumé à une somme de mauvais conseils....
Au contraire....
Ce que l'on attend de la sagesse ce sont des conseils précis,exacts et utiles.....
immédiatement.....Qu'il s'agisse uniquement de l'amour de celle-ci ou plus....

Ainsi:est-il bon de se "laisser-aller" à ses désirs?

Seulement si j'en ai le contrôle.....

Or,qui contrôle"suffisamment" sa propre imagination?

Les fumeurs,alcooliques et autre obsédés,non.....
Même la liberté peut devenir un vice si on ne l'utilise que pour se prévaloir.....
Là,pour le philosophe, existe-t-il TOUJOURS UN DANGER RÉEL.....

Il faut donc utiliser la liberté avec parcimonie:
uniquement,de préférence, et le plus souvent possible POUR ce que l'on sait être TOUJOURS EXACT.....

De là le crédo déjà entonné:ne pas se fier à des définitions personnelles....

L'envie d'obtenir quelque chose pour en avoir du plaisir RESTE la définition exacte,conceptuelle,à approfondir sémantiquement sous la forme de l'infinitif
désirer dans son acception avec l'impossible,le tout étant mis "en interrogation"
au moyen de la séquence"est-il absurde" relié au groupe qui nous intéresse
par le connecteur"de"....
les autres théories grammaticales permettant,terminologiquement, d'analyser "autrement"
sont,sémantiquement,moins bien utilisables pour faire voir les correspondances dont je parle....

Désirer l'impossible est donc bien avoir envie de quelque chose dont on connaît
la non-réalité.....

ON "SE"MENT....

Et le fait d'interroger ceci du point de vue de l'absurde est un euphémisme grossier...
Car,qui rend un désir impossible,possible?

L'IMAGINATION....

Une instance obscure ,négative avec un auréole illusoire,abrutissante....

Elle ne fait pas que " faire rêver"...Elle rend somnolant,inattentif et provoque,ainsi, des accidents mortels....

Le désir,ainsi,n'est absolument pas ce que vous croyez....

Il est dépourvu de toute liberté,ne peut rendre,à la longue,que de plus en plus bête
et le genre d'absurdité qu'il provoque est d'une sorte de drôlerie idiote...
Il n'est donc pas absurde de désirer l'impossible.....

C'est imaginaire....

Avec mes salutations

12. ce n'est pas absurde de désirer l'impossible, c'est impossible de faire autrement!
Ecrit par evy. 06-07-2009
L'IMAGINATION....

Une instance obscure ,négative avec un auréole illusoire,abrutissante....

???????

Il (le désir) est dépourvu de toute liberté,ne peut rendre,à la longue,que de plus en plus bête
et le genre d'absurdité qu'il provoque est d'une sorte de drôlerie idiote...

?????????

Ne manquait-il pas à ces "vértités" platoniciennes et d'une subjectivité sans pareil, quelques points d'interrogation??????



13. Cas de figure
Ecrit par Inconnaissance. 06-07-2009
Essayons d'être un peu concret. Plusieurs raisons peuvent expliquer qu'une chose désirable soit impossible à obtenir.
- cette chose n'existe pas.
- je n'ai pas les moyens d'obtenir cette chose. (Je voudrais bien courir le 100 m en dix secondes, mais même en m'entraînant, c'est perdu d'avance vu ma morphologie et mon âge)
- je me trompe sur mon désir ou je me trompe sur la nature de ce que je désire. Quand je vais prendre conscience de la nature de la chose, elle ne me fera plus envie.

Désirer l'impossible ? Tout dépend si cet impossible se présente comme tel au début, ou à la fin.
Dans le cas 2 : je ne vais jamais désirer courir le 100 m en dix secondes. Je suis conscient dès le départ que c'est un désir absurde.

Dans le cas 3, je vais désirer au départ, et je me rendrai compte, à la fin, que ce désir était impossible à satisfaire. L'objet désiré n'existe pas en réalité.

Le cas 1 semble le même que le précédent. Mais ce n'est pas sur la nature de la chose que je me trompe, c'est sur son existence.
Pure création mentale, je risque de désirer cette chose, de rêver éternellement.

14. Désir principal
Ecrit par Inconnaissance. 06-07-2009
Le cas 3 est évidemment le plus fréquent et le plus interessant.
On est nombreux, sans doute, à désirer être autre chose que ce que l'on croit être. C'est tout le sens de la vie.
Seulement si on se trompe sur ce que l'on est, si ce que l'on croit être est faux, comment satsfaire ce désir qui part sur de mauvaises bases ?

15. Mais enfin..
Ecrit par Inconstance. 07-07-2009
.. il n'y que l'impossible qui est désirable !..
Pas besoin de cas de figures ou de dessin.


16. Est'-il Absurde de désirer L' impossible ?, ( sujet du bac ), Gérard Tissier
Ecrit par ROCA. 07-07-2009
Est'-il Absurde de désirer L' impossible ?, ( sujet du bac ), Gérard Tissier,

de L'Absurde ... sourd ... L' écoute ... de L' impossible',
entente', entendement, de L' inattendu, cible,
du désir, d' impossible',
" étoile', inaccessible",
Jacques Brel, El ingenioso hidalgo Quijote de la Mancha, impossible',
un ...possible',
inatteignable', inconnaissable', un ...connaissable', inconnu, un ...connu, espérer', entreprendre ... préhensible ... L' incompréhensible,
" soyons raisonnables ... demandons L' impossible ! ",
Mai 68', un ...compréhensible',
et Voyons, regardons, de nos, cinq', sens', sensibles,
Avec cibles,
Le sens', imperceptible',
un ...perceptible',
et un désir, des ...corps, de L'envers, du ... des ...corps, L'âme'...agit, d' impossible',
esprit, Au cœur, espace-temps, de L' impossible,
désiré, désirable ... désirant, désir, " machine désirante " ... de rester désir, de L' impossible',
À ...vide plénitude', Absence, de sens', quête ... du sens', incertitude ... doute ... questionnement, de L' indicible',
un ...dicible,
" Heureux celui qui sait qu'Au cœur de tous Les Langages s'élève L' indicible ! ",
Rainer' Maria Rilke', invisible',
un ...visible',
et " Tendre de toute son' Âme Vers La Vérité ", Platon, Le travail sur soi, cible ...
sensible',
et remise' en question(s), du monde ... L'Autre ... Soi, c'est La foi, en question(s), La bible ?, ...
je suis Chinois, un ...désirant, ma ...Chine ... désirante', en ...quête ... de L'Autonomie, de Volonté, exigible,
de désirer ... crever L'écran, des ...normes ... structurantes, des' énergies, de L'Alchimie, d'Autorités, Visibles,
des' interdits ... de La " Cité ... interdite ", m' interdisant ... de désirer', en' Artisan, de façonner, Lisible, ...
L' humanité ... en nous conscientisant, des relativités, d' impossibilités, en reValorisant ... Le sens', sensible,
du désirant, de L' impossible', errant ... et Vive ... L'Utopie !, non L' irréalisable ... L' irréalisé, tangible,
caché ... sous Le ... tapi(s) ... du réalisable ... sens', À réaliser', un ...sensé !, un ...possible !, Gilles Roca,

Cas-fée-Philo des Phares, 28'. 6'. 2009', ces-jours de Messidor, Absurde désir des' ... impossibles ...
dits Phares, jeunes Vieux, toujours neufs' !, mais non, mais non ... mais ...si ! d'or ... un ...possible !, G R

17. Hélas...
Ecrit par Inconstance. 07-07-2009
... la poésie à heure fixe peut nuire au désir de lire...

18. Mais enfin ....bis
Ecrit par gtissier. 07-07-2009
C’est étonnant cette difficulté pour certains, de dépasser la problématique du « désirer l’impossible c’est absurde ». On s’en sort par l’impossible ne l’est pas vraiment, par désirer c’est rêver, par le désir c’est de l’imaginaire, un rapport entre le réel et la fiction. Et si philosopher c’était ratiociner ?
Une autre chose étrange : j’ai donné un lien avec le forum de l’étudiant et Daniel a produit un texte lumineux sur la question. Comment se fait il que l’on puisse camper sur une opinion sans se poser la question des fenêtres des autres pour élargir son point de vue.
Inconstance a raison, le « mais enfin ! » nous vient aux lèvres ( Platon et sa caverne ) Comment ne pas penser aux grandes tendances du contemporain qui confond le désir et l’envie ( le moteur profond de la société) ou qui tente de réduire le désir à une volonté raisonnable ou au besoin ? Ne serait-ce pas une stratégie défensive contre la frustration, la souffrance, un grand bon en avant vers une conception du bonheur « au quotidien »qui cesserait en fin d’être inaccessible. ( Platon , Freud)
Un autre couple de la question est « désirer –absurde ». Désirer est il absurde ?) Non. Désirer que le possible ne serait-il pas que désirer ce qui est ? Oui. Serait- il absurde de ne désirer que ce qui est ? Oui
Bon alors le désir c’est quoi ? Disons que c’est le moteur qui peut faire apparaitre un objet et en changer tout en gardant un fil rouge plus soit personnelle et plus ou moins enfouie ou plus universelle : obtenir une reconnaissance totale, retrouver la plénitude perdue, gagner sa dignité, produire une œuvre, tendre vers un absolu .De ce point de vue, est-ce toujours possible ? Est-ce une bonne question de se dire c’est possible ou pas possible puisque qu’on le désire ?
A u fait d’après un prof de philo du forum de l’étudiant la problématique.
« Est il rationnel de désirer l’impossible en tant que le désir devrait être conforme aux exigences de la raison et à nos intérêts?. Est-ce raisonnable en regard de la dualité de l’Homme :être de raison et être de désir?.
..D’où en philo, ce qu’on apprend d’abord c’est à trouver la question sous la question et si l’analyse des mots peut y aider, il faut surtout ne pas s’y arrêter.

19. La philo es de retour !
Ecrit par internaute de retour. 07-07-2009
Je suis d'accord avec Tissier. Je salue le retour de la philosphie sur ce site. Ca commençait sacrément à manquer. Avec un tel compte-rendu et la contribution de Daniel, il y a de quoi potasser. On a pas du mal à passer de la poésie bidon. Ca change beaucoup. Bravo !

20. Autorisé
Ecrit par Inconnaissance. 07-07-2009
N'ayez pas peur, c'est impossible - et non pas absurde qui est un jugement de valeur - de désirer l'impossible en étant pleinement conscient que c'est de l'impossible, mais ce n'est pas interdit et l'esprit fournit de multiples ruses pour éviter la prise de conscience que la satisfaction du désir est définitivement impossible.

Si ce n'était pas le cas, que de projets, d'aspirations, de désirs s'écrouleraient, et le sujet du désir avec.



 
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