Michael Jackson était-il philosophique ?
Écrit par Daniel Ramirez   
07-07-2009
« Il faut avoir encore du chaos en soi pour accoucher d’une étoile qui danse »
(Nietzsche, Ainsi parla Zarathoustra, I,5)
 Des milliers d’habitants de Los Angeles et des millions de part le monde se préparent pour aller rendre hommage à cet artiste singulier, fauché par va savoir quel mélange pharmaco-financier. Que représentait-il vraiment ? Beaucoup de choses ont été dites, sur le personnage : la célébrité, la fortune, la fuite en avant chirurgicale, les frasques, le refus de vieillir, etc. Tout cela est bien vrai ; toutefois quelque chose dans le ton ne me convient pas tout-à-fait. Peut-être convient-il de mettre les choses dans l’ordre : c’était d’abord un artiste, et un grand. Comment ça ? Bien sur, il ne s’agit pas de sa musique en tant qu’art pur (qu’est-ce qui est pur, d’ailleurs), mais surtout de sa danse et de sa personnalité dans le spectacle.

On a connu des chanteurs qui bougent, qui s’agitent, ou qui dansent, mais aucun comme lui : il fallait le voir se déplacer, comme flottant dans l’air, défiant toutes les forces de la pesanteur. Seul Fred Astaire peut lui être comparé. Rares sont les danseurs qui inventent de toute pièces un mouvement unique. Bien sur, il y avait des sources : le hip-hop naissant mais totalement marginal à cette époque, le break avec ses mouvements saccadés qui rappellent les robots ; des formes artistiques typiques des banlieues noirs américaines ; il les a fondues en une forme absolument à lui de bouger, une danse dont il était le seul au monde à pouvoir exécuter ! Ce n'est pas rien !

Sa voix aussi, fluette, même criarde, mais parfaitement dans les tons, chose typique de ceux qui ont l’oreille absolue, même s’ils hurlent c’est juste : « Un danseur n’a-t-il pas ses oreilles dans ses orteils ! » (Nietzsche, Zar., III,1).
Cet enfant prodige sans enfance, exploité dès son jeune âge, préparé de main de fer pour le monde si dur du spectacle. Lorsqu’il explose littéralement dans les années 80, dans des clips portés au statut de véritables œuvres audio-visuels, c’est toute sa jeunesse de marathonien des scènes qui s’épanouit. Sous la houlette de son mentor, Quincy Jones, artiste engagée pour les droit civiques, proche de M. Luther King et qui a étudié tout de même avec Nadia Boulanger à Fontainebleau…

Son rock évoluera à mi chemin entre la musique blanche (Elvis ; ce n’est pas sans arrière pensée qu’il a épousé la fille du « King ») et la tradition noire, de la soul, James Brown, Stevie Wonder, Diana Ross… pas de mélodies inoubliables chez Jackson, mais des déferlements d’énergie, des masses de sons et des pulsions rythmiques irrésistibles, comme propulsées par une hubris chtonienne et aérienne à la fois. De l’inouï. Et au milieu ce corps, son corps ; véloce et précis, comme une concentré d’énergie maîtrisée et prête à exploser, des gestes coupants comme des sabres, une calligraphie d’un autre monde… Oui, cette perfection avait quelque chose de non humain. Et c’est un peu le drame de l’homme que d’avoir un corps : même s’il atteint le sommet, comme c’est les cas des grands sportifs, c’est de si courte durée !
C’est peut être l’origine de ce qui trouble, le point où sa vie bifurque de la notre et c’est pour cela qu’il est adoré ou qu’il provoque la répulsion.
Son androgynie par exemple : à côté de lui, celle d’un David Bowie ou un Mike Jagger font figure de des jeux de kermesse. Pourtant l’androgynie était une tendance forte dans la décennie précédente. Mais personne ne l’avais porté si loin.
Puis, les transformations corporelles, le blanchissement de la peau, qui blesse la sensibilité de ceux qui se sont libérés du racisme avec l’esthétique : « black is beautiful ». Mais l’idéal de la blancheur existe dans le font archaïque des bien de cultures, y compris africaines. Seulement personne n’avait osé cela comme lui. Il est trop simple de dire « je le préférais quand il était noir ». Mais lui, se préférait-il ainsi ? Bien sûr, tout cela est si politiquement incorrect !

Puis la chirurgie ; ce mal si actuel, symptôme de riche plutôt moche. Mais lorsque c’est un jeune d’une beauté naturelle qui le fait, cela effraie. Pourquoi le fait-il ? Où va-t-il ? Mais le savait-t-il lui-même ?
Le refus de vieillir, bien sur, le rêve faustien d’éternelle jeunesse, devenir Dorian Grey à une époque qui ne condamne plus les Oscar Wilde. Encore là, qui ne l’a pas, quelque part, ce rêve ? Beaucoup diront que non ; mais sont-il crédibles ? Le malheur est que ce petit Dorian Grey est devenu lui-même son portrait, avec des relents du fantôme de l’opéra. Refus du corps devenu une pratique du corps : une dernière influence de la « ex-carnation », mauvais démon du christianisme, dont le génie était l’incarnation. Il voulu, dit pertinemment P. Bruckner, « devenir un corps glorieux et incorruptible, d’après le jugement dernier. Rencontre sur la scène du pop de Frankenstein et de saint Paul ». Car la cher reprend ses droits. Il a été, en effet, fasciné par la question de la monstruosité ; on sait qu’il à voulu acheter le squelette de John Merrick, l’homme éléphant. La beauté ne se mesure qu’à l’aune de la laideur et le sublime côtoie le monstrueux. D'accord avec Pascal : il a voulu faire l’ange et il a fait la bête. Mais là encore, pas n’importe quelle bête : un prédateur, sans doute, puissant et irrésistible qui est devenu une proie et il a encore joué de cette métamorphose. Un apprenti sorcier qui a ouvert des boites de Pandore en pensant trouver des trésors de comptes de fées ; il a déclenché les furies, les parques, réveillée les Erinyes de notre monde.

La transgression. Oui ; il s’y connaissait. Il s’est permis de défier un des tabous les plus durs de notre époque, fournisseur de boucs émissaires si prisés par la bien-pensance : la pédophilie. Un transgresseur bien aimé et aimante : ne se priver de rien, tout réaliser. Le mythe de l’amour pur, enfantin ou adolescent, non encore défini sexuellement, celui avec lequel d’ailleurs jouent des comptes pour enfants. Mais réalisé ! Pire encore : vu, exposé, trahi par la société du spectacle, exploité pour extorquer des millions ; le rêve de beauté et de jeunesse devenu encore une fois laideur, intérêt, rage vengeresse. Comment un seul homme pu déclencher autant de forces ?

Mais revenons un instant à la transformation corporelle. Cela se pratique un peu partout, dès rites initiatiques, scarifications, aux tatouages ; marquages de la peau, body art : faire de son corps un signifiant, encore une chose si humaine. Mais qui effraie. Lui a voulu devenir, par la blancheur, un écran où se projetteraient les rêves ; un tatouage total, digne de Malevitch : Peau blanche sur fond d’artiste noir.
Des figures comme Orlan et bien d’autres, à force de modifications, cherchent à devenir autres que soi, autres que l’humain. Ce qui est en jeu dans cette hubris-là, c’est bien le "post-humain". Pourquoi le fait de naître homme ou femme, noir ou blanc, seraient des déterminations définitives ? Normalement on les accepte, mais est-ce là le destin de l’homme ? Même l’humanisme n’était pas ce conformisme-là. Pic de la Mirandole avait fait l’éloge de l’homme, cette créature qui décidera elle-même ce qu’elle deviendra. Mais, l’a-t-on entendu ?
Il y a du religieux dans le refus de changer l’humain. C’est pourquoi Nietzsche parlait de surmonter l’homme, « cette corde tendue entre la bête et le surhomme, tendue sur un abîme » (Zar. I,4). C’est pourquoi l’amoralisme (contre la morale du ressentiment), c’est pourquoi la transgression, la glorification du corps (contre saint Paul), la volonté de puissance (contre le ressentiment), le goût de la force et l’idéalisation de l’artiste comme créateur de soi-même et de ses valeurs (contre tous les philistins).
« Bambi » était-il nietzschéen ? Mais, Nietzsche lui-même l’était-il ? Ce grand malade cherchant le soleil du midi, finalement réduit au silence, cet Icare s’étant brulé les ailes de l’esprit par trop de proximité avec le soleil de Dionysos, cet antichrétien fasciné par les prophètes, devenu martyr. Qui pourrait réussir la métamorphose de soi-même au-delà des toutes les conventions, au-delà du tout conformisme, au-delà de tout moralisme, sans se bruler ? Zarathoustra, ce sage qui dansait, peut-être. Pas nous.

Mais permettez-moi de ne pas cracher sur ceux qui sont allé plus loin, trop loin, et qui se sont brisés dans les limites de l’humain, trop humain. Je n’hurlerai pas avec les loups (des moutons, en réalité) ni me moquerai de ceux qui n’on pas pu devenir des « êtres au monde » ; ils ont essayé de devenir « êtres contre le monde » ou au-delà du monde ; êtres sans corps ou au-delà du corps.
Le post humain est certainement dangereux, mais aucun principe de précaution pour élus craignant des procès ni aucune morale de petite nature ne seront efficaces. Rien n’arrêtera le rêve de devenir plus, de devenir autre –et encore moins avec la génétique et les bio-nanotechnologies–, l’ivresse d’aller plus loin, d’échapper aux contraintes de la nature et du destin, des couleurs et des genres, des conditions, d’origines et d’histoires. Il faudra s’y faire ; il faudra le penser, au lieu de se sauver en courant.
C’est pourquoi ceux qui ont voulu dépasser leur propre destin, vers une improbable destinée, ces prométhéens enchaînés, méritent mon intérêt et mon respect, et ceux qui l’on fait avec génie mon admiration et mon amour.

Cela n’empêche pas le jugement, rassurez-vous. Mais qui a vibré avec des courants trop puissantes de la vie ne peu se contenter de petits arrangements avec la finitude. Même si l’infini tue, même si le trop détruit.
Je reste ainsi avec l’image dans ma tête de ce jeune homme qui dansait comme un ange (n’en déplaise à Pascal) ; –les anges n’ont pas de couleur de peau– avant de devenir un ange déchu, un humain déchu. Terriblement mortel.  

LISTE DES COMMENTAIRES...


1. Quelle admiration pour cet androgyne qui niait sa couleur, son genre, son âge, son identité
Ecrit par . 07-07-2009
Le grand homme, c'est Quincy Jones !
Bravo pour ses clips : à l'époque de la mondialisation, quelle réussite financière !
Vous savez bien que ce n'est pas le pauvre Bambi qui a inventé le Moonwalk , c'est son vieil ami Marcel Marceau qui lui a appris à danser : reculer en donnant l'illusion qu'on avance, quel symbole magnifique du monde actuel .
Ce n'est pas lui non plus qui a pondu toutes ses musiques: il a plagié tant d'artistes que les tribunaux ont vu la valse des avocats interposés.....
Vous connaissez "Soul Makossa" , du camerounais Manu Dibango ? Ecoutez ça et vous verrez si ça ne vous rappelle pas qqchose....l'une des chansons de Thriller peut-être ? Etonnant, non !
Et vous connaissez Danny et Eddy Van Passel en Belgique ? Ecoutez "If we can start all over ou you're not alone" et vous vous poserez des questions.......
Et la liste est longue. Mais le silence s'achète vous savez. Combien de dollars pour le silence sur ses attouchements pédophiles ? eh bien pour le chanteur camerounais en 1972 ce furent 2 millions de francs, et pour les musiciens flamands pas contents du tout du tout, je ne sais plus mais l'important est qu'on n'en parle plus n'est-ce pas, et srtout que la foule en délire ne le sache pas.
Je suis un peu sidéré de voir que vous considérez ce pauvre pantin désarticulé comme un "philosophe". Quelle tristesse..... cet homme que son père traitait de "sale nègre avec un gros nez" avait 2 obsessions, changer de peau et changer de nez. Les chirurgiens esthétiques sont allées si loin que ce sont peut-être aux les criminels. Un bon psy aurait sûrement été plus utile.
Last but not least, enterrer un "noir qui voulait devenir blanc" l'année de l'élection d'Obama...je vous laisse réfléchir à la symbolique.
Votre hymne à la gloire de ce pauvre pantin désarticulé s'arrête au chanteur et au danseur, on va donc s'arrêter là. Silence sur l'homosexualité notoire du personnage, ses attouchements pédophiles, ses 3 enfants génétiquement programmés (vous êtes pour l'eugénisme?).

2. à l' enterrement de Stendhal, il n'y avait que 3 personnes.......
Ecrit par . 07-07-2009
" Mozart est mort dans le silence, il fait encore du bruit,
Michael Jackson est mort dans le bruit, ...............

3. Réponse à 1. Quel mépris de la part de quelqu’un qui ne lit même pas attentivement.
Ecrit par Andrea Koennig. 07-07-2009
Il n’est pas dit que Michael Jackson était philosophe mais « philosophique », et comme une question! Daniel Ramirez parle bien de Quincy Jones, de la question des millions payés… du déni de la couleur, etc. Vous n’avez peut-être pas lu, simplement. Car le fond de l’affaire est la réflexion sur le sens de la transformation corporelle dans une voie de démesure et de volonté de puissance. Si on vient dans un site philo c’est pas pour rester avec le j’aime, j’aime pas, ça me plait, ça me plait pas. C’est la différence entre un article ici et ceux, abondants dans les médias. Je ne connais pas Soul Makossa ou Van Pessel, désolée. Peut-être qu’il y a eu plagiat, ce n’est pas la question, car Daniel dit justement que ce n’est pas la musique qui est le plus génial. A moi, elle me plaisait bien. Mais vous avez l’air de savoir très clairement où est le bien et où est le mal. Daniel nous montre, avec une inspiration nietzschéenne, que ce n’est pas si clair, qu’il y a de personnes qui nous posent question et qui nous dérangent. Il y a de l’émotion dans ce texte. C’est rare chez les philosophes ! Ca vous dérange aussi, peut-être. Chez vous il n’y a que du rejet. Et de l’homophobie évidente.

4. aucun mépris, simple consternation
Ecrit par . 07-07-2009
C'est ça, allez donc à Los Angeles avec la foule en délire.
Plus philosophique de Jackson tu meures.

5. Laissons 3 à ses émotions : elle aimait la musique de Bambi et aime le texte de DR
Ecrit par . 07-07-2009
Où Andrea Koennig a-t-elle lu que le n° 1 aimait ou n'aimait pas M. Jackson ? S'il en a une qui ne sait pas lire, c'est bien elle. Cela lui évite de lire des infos qui lui serait peut-être utile pour comprendre le pauvre homme qu'on enterre aujourd'hui. Qu'il repose en paix.

6. qu’est-ce qui est pur, d’ailleurs
Ecrit par Crémilde. 07-07-2009
« ……cet homme que son père traitait de "sale nègre avec un gros nez…" avait des cauchemars effrayants et désirait des possibles : ne plus être nègre et se défaire d’un nez pour ne plus ressembler à ce père qui frappait, violait et exploitait.
Si Marceau a été son inspirateur, son professeur, merci à Michael J. d’avoir si bien appris et de nous avoir donné l’envie de « musicaliser » nos gestes… nous remplissant d’une joie enfantine. Son corps en mouvement n’est ni abstrait ni figuratif, probablement l’union de celui-ci à son âme… et au Monde qu’il souhaitait avant tout… qui sait ?
Unique, je crois qu’il n’imitait rien, ni personne, souhaitant singulièrement vivre l’avant d’une vie qui lui a été volée dès le « début »…
Il a allumé une d’étincelle en frottant ses sens à sa sensibilité créant ce rythme sensible qui doublera l’oubli.

Et pour finaliser, je m’étonne de certains jugements… Etiez-vous témoins et physiquement présents pour avancer ainsi ces propos ?

7. Un problème avec les émotions d'autrui ?
Ecrit par Constance. 07-07-2009
Je crois que le numéro 1 a la philosophie chevillée au corps : Voici, Gala etc. Il ou elle va trop chez le coiffeur. Je vois que nous avons les mêmes lectures. Quant à Andréa qui prend le risque de venir sans pseudonyme, elle n'est peut-être pas venue ici pour se faire agresser mais peut-être pour philosopher.

8. Résumons.
Ecrit par . 07-07-2009
Un homme qui fait des plagiats est un voleur.
Un homme qui dit qu'il a inventé le moonwalk est un menteur
Un homme qui fait des attouchements sexuels sur mineurs est un pédophile.
Un homme qui présente son fils en la balaçant par la fenêtre est un irresponsable .
Un homme qui ne veut pas vieillir est un névrosé.
Un homme qui dit être père alors que sa femme n'a jamais couché avec lui est un homme qui cache sa sexualité très perturbée
Un homme qui refuse sa peau, son nez, etc (pas la peine de radoter Crémilde, tout a été dit avant vous).
Mais surtout un homme qui achète le silence de tous avec des milliards de dollars est un salaud.
Bon à partir de là si vous vous demandez si c'est philosophique tout ça..... je reste sans voix.

9. Tourner sa langue sept fois
Ecrit par Constance. 07-07-2009
Pourquoi transformer tout en gadoue alors que philosopher relève de l'alchimie ? Et pourquoi les "monstres" ne seraient-ils pas des sujets de philosophie ?

10. Résumez-vous
Ecrit par Crémilde. 07-07-2009
Personne ne gouverne seul sa propre vie, personne n'est seul , même quand il l'est le plus : il y a toujours des mains, parfois assasines, à l'autre extrémité des fils...
Et vous, comment vous décrivez-vous ... qu'on sache à qui on a à faire

11. réponse avec une autre citation
Ecrit par . 07-07-2009
"quand un philosophe vous répond on ne comprend plus ce qu'on lui avait demandé"... (Gide)
ah si ! qu'est-ce qu'il a de philosophique dans la jacksonmania ?

12. à 7 , dont le pseudonyme est Constance
Ecrit par 1. 07-07-2009
Si Gala et Voila sont des magazines que l'on trouve chez le coiffeur, pas de chance pour moi je n'entre jamais dans un salon de coiffure, c'est le coupe-chou qui se déplace chez moi. Mais si ces magazines sont si bien documentés, pouvez-vous me donner la liste complète des artistes qui ont été plagiés par M. Jackson ?
Les tarifs négociés par leurs avocats respectifs m'intéressent aussi. D'avance merci.

13. Un texte nietzschéen, ça dérange, forcément.
Ecrit par Andrea Koennig. 08-07-2009
Je ne vois pas trop pourquoi insister sur les torts du personnage, puisque toutes les critiques sont inclues dans l’article de Daniel Ramirez, à l’exception l’homosexualité, puisque le philosophe attitré du site est parfaitement dépourvu d’homophobie. Heureusement ! Mais les critiques sont tout en nuances, et ça fait une sacrée différence. En fait, Daniel fait vraiment une apologie de l’artiste tout en constatant la déchéance de l’homme. Il donne sa lecture de celle-ci, un peu à moitié du chemin entre les poètes maudits, je crois, et Nietzsche. C’est pour ça qu’il trouble les esprits simples, comme l’intervenant N°1. Il faut voir la charge de haine avec laquelle il revient dans son intervention N°8 (« Résumons ») : « voleur », « menteur », « pédophile », « salaud »… et j’en passe. Quelle personne moralement irréprochable doit être l’anonyme N°1 ! S’il avait été là lorsque le Christ défia les gens qui voulaient lapider une femme : « celui qui soir sans tache qui lance la première pierre », N°1 aurait été le premier à lancer. Il est l’exemple de ce que Daniel appelle dans l’article, les Parques, les Furies, les Erinyes de notre monde, et la « rage vengeresse ».
Daniel nous pose, sans le dire une autre question philosophique : peut-on faire l’éloge esthétique d’un homme dont la morale est plus que douteuse ? Et il la répond en le faisant, avec lucidité et sens critique, mais avec beaucoup d’empathie et de compassion pour l’artiste et avec beaucoup trop de lyrisme et de force pour les esprits coincés dans des convictions morales. Au fond, c’est un écrit vraiment nietzschéen. C’est très rare dans notre époque moraliste. Forcément, il dérange. Sans être une spécialiste, je retrouve la joie, l’ivresse dionysiaque et en même temps le sentiment tragique. Ca me fait penser aussi à la fin du Don Giovanni de Mozart.
Il n’a pas fini de réveiller des Parques et des Furies, c’est sûr.

14. On peut passer à autre chose ?
Ecrit par le dit-"haineux". 08-07-2009
Michael Jackson était "philosophique" et le texte de Daniel Ramirez est "nietzschéen".
Bon, maintenant que Andréa Koennig est justifiée dans son ivresse dionysiaque, je me pose une queston :
n'eut-il pas été plus intéressant de se demander comment, et surtout pourquoi un pipeul pouvait monopoliser ainsi les télévisions du monde entier ?
Il se passe des choses si graves en Chine, en Corée du Nord et en Iran que l'hystérie autour de cet enterrement m'a posé beaucoup de questions. Que demande le peuple, du pains et ces cerceaux ? Bon ma traduction est folklo mais tout le monde voit ce que je veux dire.
Laissons dormir le pauvre Bambi dans son cercueil à 25 000 dollars, la guerre autour de son héritage (actif et passif)ne fait que commencer. Il va falloir vendre beaucoup de compil' pendant que l'ivresse est encore chaude....triste société de consommation.

15. Les courants trop puissant
Ecrit par Pirmin. 09-07-2009
La phrase suivante m'interpelle beaucoup:

"Mais qui a vibré avec des courants trop puissants de la vie ne peu se contenter de petits arrangements avec la finitude."

car on peut naturellement l'associer à une très longue liste les créateurs de génies qui ont sacrifié leur vie à leur art et qui se sont brûlé les ailes en allant "au-delà de l'humain". Qu'ils s'appellent Van Gogh, Gödel, Miles Davis, Boltzmann ou Yourcenar. Evoquer à leur encontre la notion d'homme équilibré est sans doute ridicule et dérisoire dans le sens où justement, ils ont sacrifié leur équilibre et leur vie à quelque chose de plus grand que leur petite existence, de plus universel. L'unique voie du génie passe-t-elle par ce sacrifice ultime ? Je n'en suis pas persuadé, il y a bien du y avoir dans l'histoire, un ou deux génies équilibrés. Mais enfin, ce n’est pas la question, même si ces individus hors-normes ne sont pas des exemples de sagesse, l’humanité peut bien leur être reconnaissant d'avoir simplement existés. A eux seuls ils ont ensemencé son aventure sur notre petite planète. A eux seul, ils rajoutent une bonne dose de sens à la vie de beaucoup de gens. C'est tout le paradoxe de l'art: on profite de la démesure des artistes car on n'a pas le courage d'être soi-même fou.

16. Choisir une vie équilibrée ("des petits arrenements...") ou la passion qui brule ?
Ecrit par Un prof. de philo. 09-07-2009
En effet, c’est une parmi bien d’autres phrases percutantes et profondes de cet article. Je ne croyait pas que les cafés philosophiques pouvaient autant sortir des vulgatas sur Platon ou Descartes. La réflexion de Pirmin est pertinente : il y a quelque chose d’insaisissable chez les grands artistes, que les mets un peu appart du reste de l’humanité. Ca explique que de gens comme l’intervenant 1, sont pleins de haine, même s’ils le nient : car de tels artistes leur renvoient l’image de leur médiocrité. Il a répété deux fois dans sa première intervention l’expression « ce pauvre pantin désarticulé ». Je voudrais bien voir comment il bouge, lui.
Mais, revenons à la questio de Pirmin: est-ce une nécessité de se bruler les ailes ? Peut-être pas. On peut citer des génies dont la vie a été parfaitement équilibrée et maîtrisée : J.S Bach et Haydn, Picasso peut-être, sont des exemples de vies maîtrisées. Kant chez les philosophes. Mais qui choisi une vie équilibrée ou le contraire ? Qui peut choisir entre Apollon et Dionysos ? On est plutôt choisit, non ?

17. 16 = prof de philo ? pauvres élèves......
Ecrit par 1. 09-07-2009
Picasso ou Kant comme exemples de vies maîtrisées et équilibrées ? ouaf ouaf ouaf ! ! ! L'un était d'une pervesité rare (quand vous admirez son tableau "la femme qui pleure", n'oubliez jamais que c'était une femme qui pleurait vraiment avec ce monstre) et l'autre était si habitudinaire que votre qualificatif me rend hilare.
Merci pour ma "médiocrité", et n'oubliez jamais, monsieur le professeur, qu'en vous adressant à un internaute pour prenez le risque d'injurier une personne dans un fauteuil roulant. Dans votre classe vous traitez de médiocre qui vous voulez bien sûr, c'est une preuve de votre haute intelligence.

18. Le médiocre sommeille en chacun de nous.
Ecrit par Constance. 09-07-2009
Ceci dit, je trouve les questions de 14 (1) loin d'êtres médiocres.

19. Ce qu'il faut savoir sur le vitiligo
Ecrit par . 09-07-2009
Michael Jackson état atteint par le vitiliog. Il l'a dit, redit, encore et encore ! Quelle mauvaise foi !!!

Aucun homme noir ne peut devenir aussi blanc par le seul fait des produit éclaircissant ! Il n'y a que cette maladie qui peut vous faire arrver à un tel résultat. Voici un lien :
http://www.elusiveshadow.com/la-couleur-de-peau-de-michael-jackson-le-vitiligo-perspectives-medicales-et-explications.php

Il serait bien que vous parliez de la bouche d'Emmanuelle Béart pour changer.

20. on se fout de son prétendu vitiligo, ce n'était qu'un mensonge parmi d'autres
Ecrit par 1. 09-07-2009
Je croyais qu'on arrêtait de parler de ce pauvre gamin, sacrifié au nom du dieu dollar.
Les commentaires 14 et 15 proposaient des ouvertures, aucun sujet ne vous intéresse ?



 
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