Doit-on rechercher la cohérence ?
Écrit par Alain Parquet   
01-08-2009
 Sylvie Pétin, animatrice de ce dimanche 26 juillet, choisit parmi les propositions le sujet suivant : « Doit-on rechercher la cohérence ? »

Son auteur fit part de ses interrogations sur les fondements d’une opinion, constatant nombre de contradictions. A quelle logique intérieure obéit-elle ? Car un conflit surgit aussitôt entre logique et cohérence, cette dernière étant conçue par rapport à soi, la première « scientifiquement ». Il pointa également des conflits entre nos idéaux romantiques et nos pratiques au quotidien. La cohérence serait-elle un « Graal inaccessible » ?...

Sans en donner de définition, nous avons parlé de « cohérence » en jouant de très nombreuses associations d’idées : harmonie, propriété émergente, création, confort, adaptation, cohésion, interprétation, complétude, détermination, rationalité, système, connaissance, poésie, sens, (non) contradiction, (non) transparence, paix, compréhension, collectif, unité, identité, verticalité, (non) universel, objectif, projet, abstraction, repère, organisation, temps, équilibre, ordre, altérité, ontologie, plaisir...
Un terme pourrait servir de définition : « non-contradiction », un autre est presque synonyme : « cohésion », de même étymologie : cohærere « adhérer ensemble » ; les autres désignent des moyens mobilisés pour une « recherche de cohérence » ou bien les effets de cohérence perçus dans les résultats obtenus (comme harmonie, équilibre, paix, unité, ordre, plaisir).
Nous avons navigué de cohérence externe (avec l’autre, l’objet, la nature, le monde) en cohérence interne (pensée, actes, projet, sens...) sachant que l’enjeu de la première est en réalité la seconde.
(N.B. J’ai fait en sorte que ce compte rendu soit d’une longueur raisonnable !)

Question préalable : la cohérence est-elle dans la chose ou dans l’idée, dans l’objet ou dans la perception que j’en ai ? Penser qu’il y a adéquation entre les deux, suivant la définition classique de la vérité, est une abstraction... qui produit peut-être de l’incohérence.
La Sagrada Família d’Antoni Gaudí, commencée en 1882 et dont l’achèvement est prévu vers 2040, sera composée d’éléments apparemment incohérents. Mais ne serait-ce pas moi qui ne sais pas lire la cohérence de l’objet ? Une oeuvre d’art classique semble plus facile d’accès car son esthétique assure, au moins, un effet de cohérence. Braque, Picasso, c’est « incohérent », une statue grecque antique c’est l’harmonie. La cohérence, solution de facilité et de confort...

Plus généralement, ce qui m’apparaît comme incohérent est peut-être ce que je ne sais pas expliquer. Ainsi les Anciens voyaient-ils le mouvement des « astres errants ». La cohérence enferme dans un horizon borné, mais les choses sont tellement compliquées à comprendre...
On nous exposa, avec force exemples scientifiques, la notion de propriété émergente. En physique, les propriétés d’un corps sont différentes de l’addition de celles de ses éléments. Appliqué à notre sujet, cela signifiait qu’une mise en rapport des éléments constituant le monde donne de celui-ci une intelligibilité. Cette « recherche de cohérence » est interprétation, et elle crée du nouveau.
Ce n’est pas le cas lorsqu’on établit une identité, au sens de « idem » : par ex., au début de l’univers il y avait 1027 atomes d’hydrogène identiques.
Nous avons parlé d’entropie, mais une théorie scientifique ne peut pas être balayée en si peu de mots. (Celle-ci permet en tout cas de méditer sur la notion d’ordre. Y a-t-il plus d’ordre dans un flacon où des molécules se déplacent rapidement et s’entrechoquent que dans un grand espace où elles vont à l’équilibre ? D’un point de vue entropique la réponse est oui.)
Si la cohérence est complétude et détermination, nous devons en faire notre deuil, même si Einstein « ne [pouvait] pas croire que Dieu joue aux dés ». Appréhender la totalité du réel est impossible à la fois logiquement et expérimentalement, comme le théorème d'incomplétude de Gödel (un système axiomatique ne peut pas être à la fois cohérent et complet) et le principe d'indétermination de Heisenberg l’ont établi.

Mais la cohérence comme non-contradiction devait nous conduire au cœur du « sujet » lui-même.
Par exemple avec l’adaptation, car c’est l’inadaptation de nos réponses aux questions posées qui crée l’incohérence.
Sans trop nous y attarder, la relation entre l’homme et l’oeuvre a été abordée à propos de Nietzsche, atteint de démence, et Heidegger, vu ses accointances avec le nazisme. Des auteurs si « grands » dans de si faillibles personnes... Etre cohérent, serait-ce trop fort pour l’homme ? Alors, ayons l’humilité de reconnaître notre incohérence.

La cohérence est-elle une valeur en soi ? Que prouve-t-elle ? Quel rapport peut-elle avoir avec la logique, les valeurs, le sens, la vérité ?
La politique de Hitler fut en adéquation avec la réalité pendant un temps, sans respecter les valeurs. Le sens est complexe car nos objectifs sont multiples ; de plus, il peut changer avec le temps ; aujourd’hui il est plus à chercher avec le savoir qu’avec « Dieu ». En poésie, on cherche « le son qui fait sens ».
Que fait le discours philosophique ? Tout armé de rationalité, il tend bien sûr vers la cohérence... et renvoie à une opposition entre Apollon et Dionysos, entre Descartes pour les grands systèmes de pensée et Nietzsche comme prophète de la « mort de Dieu » qui a cassé les systèmes. Mais la recherche de vérité (un désordre, inscrit dans cette recherche, peut alors être nécessaire et productif) ou d’unité (chez Platon, recherches de vérité et d’unité - le Beau, le Bien - se confondent) n’est pas affaire de « cohérence ».

Les interrogations de l’auteur du sujet se confirment : la cohérence serait fondamentalement impossible.

Une solution serait peut-être qu’on abandonne l’universel ; elle se porte beaucoup mieux en étant définie localement, et a plus de chance d’être ainsi réalisée.

Essayons avec l’autre. Pour vivre en paix avec lui, il ne faut pas chercher à tout expliquer, à tout justifier, les explications étant toujours tellement dérisoires... Il faut respecter et intégrer son mystère, ne pas exiger de lui la transparence (Lévinas).
Recherchons plutôt une cohérence-compréhension. Non au chaos destructeur ! Ne faut-il pas savoir vivre avec des contradictions ? On peut « mourir d’incompréhension ».
Un autre point de vue est proposé avec le collectif.
Dans « co-hérence », il y a « errance ensemble ». C’est ce que font les hommes qui fondent une Cité, répondant à un besoin universel de « civilité » ; un projet commun est en débat, et permet en son sein une certaine incohérence... plus ou moins redoutée (désordre, conflits, « différences »...).

Tentons encore notre chance avec soi et créons de la cohérence avec un objectif ou un projet.
Réguler l’incohérence dans un débat peut en être un... Ou plus fondamentalement un projet de vie. La « cohérence » n’est pas un idéal, mais simplement l’aboutissement logique de ce que l’on désire et que l’on a décidé. Il engage l’être tout entier, son corps, ses actes, et non partiellement comme le « projet pédagogique » de Heidegger. Et ce qui dépasse le projet initial est toujours cohérent.
Une piste inattendue : la cohérence comme principe de plaisir.
Découvrant un fil, je goûte au « plaisir de la cohérence », que je cherchais sans le savoir. On a besoin de repères pour pouvoir penser, vivre, regarder le monde. Mais il est tout aussi vital d’« aller totalement vers l’incohérence » pour chercher la synthèse et l’unité. Entrer dans une oeuvre d’art, c’est être vierge, « lâcher prise ».

La question touche donc à l’intime. Qu’est-ce que l’existence sinon « la recherche de ce qui nous constitue » et dont nous n’avons pas conscience ? Plutôt qu’une recherche d’unité, une recherche de verticalité, comme une colonne vertébrale, à la fois solide et souple. L’homme a une « essence de verre », comme le dit Isabella à Angelo dans « Mesure pour mesure » de Shakespeare (acte 2, scène 2).
Sur fond de chaos intérieur et d’éternel recommencement, rien ne peut être acquis, c’est le temps, non la vitesse, qui donne de la cohérence à l’humain. Plus qu’une recherche d’unité, une recherche d’identité : qui suis-je ?

Mais doit-on chercher la cohérence ? C’est un artifice contre la peur de l’incohérence.
En fait, cette recherche n’est pas nécessaire. Il suffit que le regard de l’autre m’interroge, provoquant des moments de crise, pour donner plus de place à l’être. Et le dialogue apporte questionnements et perturbations salutaires à une pensée trop figée.
Mieux encore, la cohérence est déjà là, il suffit de la reconnaître, comme le suggérait un autre sujet : « Chercher, est-ce fuir quelque chose ? » On sait où est notre vérité, on sait ce qu’il y a à faire et pourtant on n’y arrive pas. Pourquoi ? Il faudrait « arrêter de comprendre » et « tendre vers le bien ». Une cohérence trop forte pour nous, décidément...
Une solution radicale - mais plus difficile encore ? - serait de s’adapter à l’incohérence. « L’incohérence, on tombe dedans »... et vive l’incohérence ! Il y a un inconnu, un non-identifié en moi, que je cherche à travers l’inconnu du monde extérieur. Une perte de cohérence serait donc « destruction libératoire de l’individu » ; ne dites plus que Nietzsche est mort fou, le Christ victime de ses bourreaux !

Ceci sera donc une mauvaise nouvelle : du désordre, de l’inorganisation peut naître la cohérence. Un dialogue permanent existe entre cohérence et incohérence, dans un équilibre instable qui caractérise notre condition ; y compris pour définir la « santé » où dialoguent le normal et le pathologique.
(Dans la théorie quantique, une « théorie de la décohérence » explique le passage entre deux cohérences, les règles de la physique quantique et celles de la physique classique.)

De cohérence interne en (in)cohérence externe.
Toute subjectivité se modifie, et modifie l’autre ; est-ce de l’incohérence ? Et l’ouverture, l’inconnu ?... La cohérence est une réalité intérieure, ontologique. Ou bien, de la naissance à la mort tout est incohérence ; étant donné la « complexité du monde », la prétendue cohérence des systèmes de pensée est condamnée à terme. Une mise en suspens de la cohérence ne serait pas incohérente.

LISTE DES COMMENTAIRES...


1. Attente
Ecrit par Inconnaissance. 01-08-2009
Certes, la cohérence renvoie à une attente, à une idée préconçue, un projet etc (alors que le caractère illogique se donne dans l'instant)
On ne nous fera pas le procès d'incohérence si nous associons librement sur le divan d'un psychanalyste, si nous lançons des idées pour une publicité ou si nous essayons toutes sortes d'hypothèses pour résoudre un problème scientifique.
On est incohérent parce qu'on était censé ne pas l'être.
Peut-être que l'exigence de cohérence était posée trop tôt par rapport à nos connaissances, qu'elle découle d'une impatience ou d'une méconnaissance.
Ne fermons pas la porte à l'incohérence ou au non-sens.

2. Cohérence, coïncidence et adéquation
Ecrit par Gérard. 03-08-2009
Je trouve l'article-compte- rendu d'Alain riche d'ouvertures et fort de certaines des questions qu'il pose. Ainsi : la cohérence est-elle une valeur en soi ? Que prouve-t-elle ? Quel rapport peut-elle avoir avec la logique, les valeurs, le sens, la vérité ? Plus loin :"Mais la cohérence comme non-contradiction devait nous conduire au cœur du « sujet » lui-même." En effet il me semble que le « cœur du sujet » en tant que sujet de désir est le sujet de la promesse. Si l’on se situe au plan éthique. Promesse de soi à soi à soi par rapport à des normes adoptées et par rapport à autrui pour le préserver des conséquences d'une possible incohérence de notre part..
En recherchant quelques pistes sur le net, je suis tombé sur un texte du café–philo-sophia de février intitulé "la recherche de cohérence dans sa vie n'est- elle qu'un illusion?,"Superbe et très structuré dans sa cohérence interne En voici le lien :
http://cafephilo.unblog.fr/files/2009/05/recherchecoherence.pdf, ( avec leur autorisation à posteriori, j’espère)
On y lira quelque raisons de penser que la recherche de cohérence est non seulement la réponse inséparable d'une visée éthique de sa vie mais que, du point de vue de son identité narrative( la mise en récit de soi)" notre histoire personnelle se raconte en même temps qu'elle se fait. Par le nouage des 'évènements au regard d’une certaine permanence dans le temps de son identité et de son caractère "( je résume)
Je lis dans le compte- rendu d’ Alain que la cohérence de soi serait impossible( selon l'auteur du sujet). Alors, lutter contre la contradiction entre nos idées et nos actes, ne pas trahir la voix de l'Autre en soi,(le sur-moi de l'individu) impossible ?,Chercher l’unité d’une démarche,d’une posture, d’une prise de position existentielle dans la vie ,trop difficile?Se sentir en dette de ses engagements, idéaliste et culpabilisant? Préférer le zapping, le disparate et le dispersé, ce serait -préférablement- ,branché ? connecté ? léger ? mobile flexible , nomade ,,non, illimité ,.Oui? « parce que nous valons bien ?( sourire)
Et puis, l’hypocrisie et le double langage, la langue de bois et le positif de rigueur ne seraient-ils pas ..incontournables, socialement nécessaires , psychologiquement intégrés ? Mais pourquoi donc ? A cause des normes, de nos déterminismes, des autres qui sans cela ? ..Ah oui je vois ..à cause de l'inconscient, car c’est clair, depuis Freud, c’est dit : nous ne pouvons nous comprendre.
Grave question. . Aussi grave que le projet de l’entité dans les théories de la réincarnation. Ce qu’elle veut c’est ce qu’elle fuira dans sa vie jusqu’à l’épreuve, le tragique ou au choix , ce sera une vie pour rien , à côté et à refaire.
Bref , cela revient à se demander si nous savons ce que nous voulons ! ( que veulent-elles donc, disaient les hommes des femmes…avant ! )Eh bien je crois que Sartre ( je suis de sa croyance ) dirait : pour savoir ce que nous voulons , examinons ce que nous faisons ! Sans auto-justification , sans contorsions et repérons le principe de nos choix quand nous nous sommes sentis obligés de choisir, quand le monde( la situation) a convoqué notre liberté et nous a permis d’être cohérent .Faisons-le avec lucidité mais aussi -et surtout- avec empathie envers nous mêmes .Puisque - en tout cohérence - le droit de nous juger requiert aussi celui de nous pardonner.
En tout cas, ce qui me paraît intéressant dans ce sujet aux phares c’est qu’une fois avoir dépassé le plan de la simple cohérence de l’énonciation par rapport à son auditoire –cela s’apprend même pour des thèses fausses-, la question « doit- on rechercher la cohérence ? » pouvait, ou a pu,, –je ne sais pas ,- nous emmener très loin dans le discours sur l’homme et son existence. Entre conscience de soi , identités et historicité ( la capacité a construire son histoire) , il y a le fait de pouvoir penser la vie pour pouvoir bien se penser.
Sa propre coïncidence avec l'insondable profondeur du projet de soi, reste pour moi de l’ordre de la fulgurance,de l'expérience vécue de la subite et intime conviction de n’avoir pu jamais avoir été ailleurs que là où nous sommes, dans nos pas et sur un seul chemin.Le nôtre.
.

3. limites de la "cohérence"
Ecrit par Alain. 04-08-2009
Je me retrouve bien dans Sartre, involontairement d'ailleurs car cet auteur ne m'a jamais attiré. Incohérence ? Méconnaissance surtout. La "cohérence", me semble-t-il, n'est pas le résultat d'une intention mais de la qualité de notre conscience de soi, de notre désir, de notre rapport à l'autre ; question d'éthique, d'intégrité, de "recherche de vérité" donc. La "cohérence", c’est ce qui apparaît après coup, à la fin de la vie, y compris dans ce que nous croyions incohérent faute d’une lecture d’ensemble. (Point de vue qu’on m’a rapporté après la rédaction de ce compte rendu, où il n’est pas dit explicitement.)
Je crois aussi qu’il y a une certaine illusion à donner un sens à sa vie en la constituant comme fiction, censée être cohérente. Certaines choses sont irréductibles au sens, par ex. perdre ses parents dans un accident provoqué par un tiers conduisant en état d’ivresse ; on dit volontiers que la guerre est absurde, je trouve pour ma part que c’est la bêtise humaine qui est productrice d’absurdité, dans la société civile d’une manière beaucoup plus constante que dans la guerre.
D’autres éléments fondamentaux de notre existence, que nous ne choisissons et ne maîtrisons pas, ne plaident pas non plus en faveur du sens, par ex. les déterminations sociales qui balisent à 95% le champ du possible, les problèmes psy individuels ne faisant que les aggraver. Se responsabiliser, oui... de ce qui reste.


4. limites avec Sartre
Ecrit par Alain. 04-08-2009
C'était encore un rendez-vous manqué avec Sartre. Et pourtant je suis d'accord : me reconnaître dans ce que je fais, dès lors que c'est au plus proche de moi.

5. Calibré ou irrégulier ?
Ecrit par Crémilde. 04-08-2009
Dimanche dernier aux Phares, Alfred se demandait si le « doit-on chercher la cohérence ?», ne devait pas plutôt être « peut-on chercher la cohérence ?».
Doit-on chercher la cohérence ?, c’est comme : doit-on chercher le bonheur ? Qui est une euphorie utopique, une furie.
Peut-on chercher la cohérence ?, c’est comme ne pas compter sur tous les imprévisibles, déjà par rapport à soi (l’humain est un être obscur) et par rapport à l’extérieur (humain est un être influençable).

Chercher la cohérence et/ou l’incohérence montre une errance perpétuelle et entre les deux il y une coexistence illimitée.

Peut-on ou doit-on chercher la cohérence ? Peut-on ou doit-on chercher le calibré ? Peut-on ou doit-on chercher l’irrégulier ?

6. OUI, il faut rechercher la cohérence (qui n'est pas la régularité, les convenances ou la rigidité)
Ecrit par Jules.LT. 11-08-2009
Atteindre le bonheur ou la cohérence est peut-être utopique, mais il serait absurde d'arrêter de les rechercher pour autant.
Ce sont des idéaux vers lesquels tendre, pas à espérer atteindre.

Pour moi, la non-contradiction est un principe de base auquel il faut se référer en permanence (un peu de rigueur s'il vous plaît: la cohérence n'est pas le "calibré" et "l'irrégulier" n'est pas nécessairement incohérent).

Si le "lâcher-prise" fait peur et peut donner l'impression de vous faire aller vers l'incohérence, c'est qu'il consiste à lâcher les principes auxquels on se conforme en société sans les avoir réellement intégrés.
L'incohérence entre les principes qu'on croit avoir et nos actes est une simple méconnaissance des principes qui sous-tendent réellement nos actions. Sartre écrivait dans Huis clos: "Seuls les actes décident de ce qu'on a voulu."

Pour voir la cohérence apparaître, *connais-toi toi-même*.
Oui, ce "nous-même" comporte une part d'animalité. Et cela n'a rien d'incohérent.
Il faut comprendre nos limites pour pouvoir les repousser.

7. euh.. pas tout à fait, vous permettez, Jules ?
Ecrit par gtissier. 11-08-2009
Si l’on s’en tient à Sartre qui vise l’homme comme projet, la cohérence n’est pas dans le « connais toi- même « mais dans la question de l’ordre de ses préférences ou de ses engagements dans les « situations ou un choix était possible et donc dans l’actualisation d’une liberté. Aussi, dans les postures existentielles adoptées dans des situations problématiques alors que les connaissances acquises et les habitudes de comportement se trouvaient en échec
Entre le projet central, dominant dont découlent les autres ( l’introjection : par exemple sois fort ) ou dans les ruptures et les bifurcations biographiques, le "connais- toi moi-même" ne dit rien de l’être qui, pour Sartre ,est ce que le sujet auteur de choix fait de ce qu’il est " en situation."

Si nous sommes multiples en nous, alors nous sommes bien dans ce que nous faisons puisqu’il y a un seul auteur qui est acteur de sa vie dans ses rôles. C'est un « pour soi » au centre duquel la conscience est, en tant que telle, l’unité de son identité ( je pense donc je suis ) Si l’homme est soumis aux incohérences de sa multiplicité interne, il est " un " et unique pour le monde en tant qu’auteur de ses actes. Encore une fois, le "connais-toi toi-même "ne sert pas à grand chose pour assumer la cohérence de sa responsabilité qui est non discontinue et entière dans la part qui lui revient.
Sartre écrivait dans Huis clos: "Seuls les actes décident de ce qu'on a voulu." Dîtes vous ? Alors s’il est ce qu’il fait en tant que volonté d’être c’est donc à un autre précepte de Socrate auquel il faudrait se référer, savoir : « aucune vie ne mérite d’être vécue si elle n’est pas examinée »

Ainsi c’est en explorant sa vie que l’on se trouve. (je suis mon projet et mon destin est ce que j’aurais fait dans l’interface des deux, entre moi et le monde.) La cohérence est alors ce fameux fil rouge ( le fil d’Ariane du labyrinthe) qui fait que de sa vie on peut faire une histoire, un récit, une intrigue dont nous sommes le héros. Qu’en pensez vous ?
Cordialement . Gérard ( dans sa posture d’animateur des phares et du site )

8. Plus proche de Spinoza que de Sartre (suis-je une fashion victim?)
Ecrit par Jules.LT. 12-08-2009
J'avoue ne pas bien connaître Sartre. C'est sa mention dans votre intervention précédente qui m'a intrigué et m'a fait chercher une citation qui se rapporte au propos que je voulais tenir. Pour moi, cette citation était une façon de dire que le fond de la volonté d'une personne et ses actes sont nécessairement cohérents. C'était assez mal dit de ma part...

Ce n'est pas d'une analyse a posteriori de la vie d'un individu que je souhaitais parler mais de la conquête d'une connaissance des principes qui sous-tendent l'action du sujet.

Ces principes sont la cause dont nos actes sont les effets, et ce système est à mon avis nécessairement cohérent (j'avoue me sentir plus proche de Spinoza que de Sartre sur ce point). On peut voir la cohérence de sa vie à la fin, elle n'en a pas moins toujours été là...

Je ne vois pas d'incohérence dans notre multiplicité interne. J'ai des pulsions contraires les unes aux autres, mais mon individu les englobe dans un tout cohérent. Mes actes sont la résultantes des diverses pulsions qui m'animent.

Le "connais-toi toi-même" a pour objet de dévoiler les principes qui sous-tendent notre action. Il permet ainsi de devenir plus conscient de la cohérence de notre individu et permet tout à fait de tenter de prédire ce que l'on fera "en situation".
Il dévoile nos limites (qu'on peut tenter de repousser) et ce qui nous fait réellement du bien ou du mal (joie et tristesse).
On peut ainsi se rendre un peu plus maître de son trajet dans le labyrinthe...

Cordialement,
Jules

9. pas de réponse... :(
Ecrit par Jules.LT. 16-08-2009
Vous ai-je paru sec ou discourtois?
Si c'est le cas, je m'en excuse. J'exprime ici ce que je crois juste mais je reste tout à fait ouvert à la contradiction.
Je l'espérais, même... Peut-être considérez-vous que je pars d'un point de vue trop déterministe pour que nous puissions nous rejoindre?

Dans l'attente du plaisir de vous lire,
Jules.

10. doit'- on rechercher La cohérence ?, Sylvie Pétain
Ecrit par ROCA. 17-08-2009
doit'- on rechercher La cohérence ?, Sylvie Pétain,

Pensée, Parole', Action, en cohérence', ou, omission, de cohérence,
La cohérence' Avec Le monde L'Autre Soi,
La cohésion, de bonne foi,
penser ce que L'on dit, dire ce que L'on pense, faire ce que L'on dit, faire ce que L'on pense',
en fondement, questionnement, en développement,
de nos comportements, en mouvement, dépassement,
en' Apparence', en' émergence', en ...prise de conscience', en ...prise de confiance', en réciprocité, complémentarité, en concrétisation, d'une' organisation, d'un' ordre chaotique cosmique basique', en partition, d'inconnu, un ...connu, incohérent, un ...cohérent, en' Articulation, un' Art, Acté, " Discours ..." Acté, Descartes' ... À jouer, " ... de La méthode ", À proposer, Louer, de commencement' en commencement,
de cheminement' en cheminement, Marguerite Yourcenar, " il faut bien Longtemps, bien Lentement,
pour devenir un' homme ", un chemin, marche Lente', en recherche', Aboutie,
d'un projet, résultante ... de DÉCONSTRUCTION en [ sa ] reconstruction,
d'humble Lucidité, Volonté, Assortie,
concrétisé(e)s, réalisé(e)s ... dans La Cité,
intérieure ... citée, en multiplicité, en pluralité, d'unités,
de différance, a, Derrida, en diff'...errance, de co-errance' en cohérence, pacifiée, unifiée, cohérente démarche, du Un Au Tout, du Tout' Au Un, montée des marches, de La grande' Arche ... d'Alliance Pente ...
côte', Ascension, Longue ... marche', intime', universelle', À La recherche ... cohérente ...
de son' " Autre' intime " ... fraternel, Levinas', en partage', Autre', un Visage' Autre qui nous hante
de son' " être "', À-Venir, son' " être "', en devenir, en plénitude', empli, plénitude', Accompli(e), Edgar Morin, " complexité " ... " du plus' Au mieux "' ... être', et, " de L'Avoir À L'Être " ... mieux, en' un,
sens',
" L'humanité de L'humanité ", " Justice Vérité, quoi qu'il doive' en coûter ", T C, en cohérence ... sens',
Gilles Roca,
Cas-fée-Philo des Phares, 26'. 7'. 2009', ces-jours de Thermidor,
en recherche phare de cohérence phare', un' éveil neuf', en nous' en recherche', où La cohérence dort,
c'est chaud ... chaud ... Thermidor ...
c'est beau ... beau ... mais non, mais non ... mais ...si ...d'or ! G R

11. Je crois savoir de quel côté Roca se place dans le débat
Ecrit par Jules.LT. 18-08-2009
Je pense que sa contribution est un argument très fort *pour* la recherche de cohérence.

12. Doit-on rechercher la cohérence?
Ecrit par Hamm Robert. 18-08-2009
Cette question me rappelle celle d'un autre Satyre,qui,planté sur son armoire, semblait montrer vers son intérieur et demander,goguenard:qui y-a-t-il là dedans?

Rien,bien sûr....
Quelques cartes á jouer dont l'une ou l'autre manque, des
habits laissés là,abandonnés;quelques livres usés par le temps des vieilles estampes
qu'ils représentent....

Rien,assurémant, qui puisse briller,attirer ou encore servir actuellement...
Aucune cohérence....
Ici,donc,peut-on se représenter une des définitions de ce mot,une de ces cartes à jouer
avec lesquelles on peut penser ou concrètement,rechercher ici ce qui correspond à son sens-là....

La taxinomie, ou science des classifications est,par exemple,un de ces lieux géométriques,qui permettrent d'organiser un tel rapport,de montrer un pont entre cohérence et cohésion,un trait d'union entre savoir et faire....

Sous ce rapport la cohérence à son image première dans la tautologie,dans la relation
entre l'image qu'on en a et une autre perdue....
Mais,laquelle,pourtant?.....

Selon ce dernier sens notre satyre montre bien ce rien,cet ici comme là,ce moyen d'échange qui fait de la comédie une escroquerie.....

Mais il ne fait que montrer ce qu'on voudrait bien qu'il dise;il reste,ainsi,une de ces images utopiques d'autrefois,une dont on disait déjà, alors:elle n'est même pas une chimère, elle est un rêve....

Ainsi,l'anthropologie reste-t-elle veuve de son représntant le plus illustre,peut-être,le dernier n'ayant pas encore su ce que veut dire: mentir....
Ou n'était-ce pas lui,justement, qui apprit à tous,en premier,mêmes aux plus bêtes,le comment conter ce qui ne sert à rien?

Qui sait?

De toute manière savons nous que là ou l'ignorance prend sa source une forme de cohérence disparaît,la cohésion d'une certitude,par exemple...
Car,ainsi, même la perte du paradis céleste ne pouvait ressembler qu'à celui du terrestre:une forme de cohérence disparaissante....

Mais,qu'importe?

Car avec l'intérêt s'efface aussi la certitude comme une chimère ayant perdue toute
unité.....
L'évidence,de même,fait suite à la connaissance pour en prendre la place, silencieusement...

Mais qui donc veut le remarquer?

Qui veut,donc, encore croire en ces grandes histoires mythiques des temps antédiluviens,lorsque la grande guerre entre les Dieux grecques fût
représentée sur ces vieilles estampes emmurées dans le silence des armoires .....
Ainsi la cohérence s'efface aussi avec ses souvenirs,ses regrets oubliés,sa recherche....
Car elle est un ordre des choses,son rêve,son idée....
Quoi d'autre?
Car parler de cohérence est ,toujours, parler d'un ordre de grandeur,d'une règle de proportionalité ou d'une mesure....

Nous voilà donc revenu,enfin, à la question centrale de l'anthropologie utopique:
comment l'homme est-il sa propre mesure ou comment rechercher sa cohérence ?

Est-ce un devoir ou une évidence?

Que sais-je?

13. Merci
Ecrit par Louise. 27-09-2010
Merci à tous pour ce petit débat philosphique, actuellement en classe de Terminale S , je me débas pour comprendre la philospohie. J'essaye de comprendre les sujets donnés par le professeur et essaye tant bien que mal de constituer un plan et d'assembler le peu d'idées que j'ai. Mais vos inetrventions et vos citations m'ont beaucoup aider et m'ont éclairer sur la cohérence et l'incohérence. Alors merci à tous :)

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