A quoi tient une vie ?
Écrit par Alain Parquet   
31-08-2009

« A quoi tient une vie ? » Telle fut la question choisie par Gérard ce dimanche 23 août, motivée par la perspective d’un retour de vacances un peu angoissant. Vous vous sentez bien sur terre, bien dans votre peau, et puis survient une catastrophe naturelle, un accident, une maladie, voire une pulsion autodestructrice... Alors, quel est exactement le fil conducteur de ma vie ? Pourquoi me lever tous les matins pour aller travailler ?

 

Le sujet fut d’abord relativisé par cette remarque que, dans les pays pauvres, le grand problème est de survivre. Mais nous sommes restés sous des cieux relativement plus cléments pour faire un inventaire de la question.

 

« Une vie », c’est une histoire unique. C’est aussi une mémoire. Ou encore des activités, avec ou sans résultat. Où est la justice ? Quels repères avons-nous aujourd’hui ? Qu’est-ce qui fait qu’une vie est humaine ? L’amour serait-il ce qu’il y a de plus important à vivre ? Au grand dam de notre animateur, cette idée n’a pas été reprise !

Pourtant, une autre question a été lancée : « A QUI tient une vie ? » En effet je ne suis pas seul, et c’est très bien comme ça : besoin d’amour, de reconnaissance, rapport aux autres... sont des facteurs humains essentiels qui me déterminent.

Se greffent comme toujours les inévitables questions de l’égalité : les bien nés ont-ils des problèmes existentiels ? et du libre arbitre : mes rêves, mes représentations sont-ils les miens ou ceux de la société ? Bourdieu parle d’illusion autobiographique.

Avec Epicure, on est heureux si l’on n’a pas de regret pour le passé, ni de crainte sur l’avenir. On évoqua aussi les trois stades de la vie d’après Kierkegaard : successivement les stades esthétique, éthique et enfin religieux introduisant le sacrifice.

Une vie est inscrite dans le temps et dans l’espace. « In te, anime meus, tempora metior » (C’est en toi, mon esprit, que je mesure le temps) dans le fameux livre 11 des Confessions de Saint Augustin. Et si nous étions dans un éternel recommencement ? Pour qui croit en la réincarnation, nous sommes « en transit ». Après le retour à l’origine, il y aura une autre vie, qui sera meilleure (karma).

 

Mais le sujet est faussé parce qu’il crée un rapport de possession avec la vie. Comment, de chaque vie unique, singulière, faire une vision universelle ? Notre « existence » est un bien précieux qui ne demande pas de justification intellectuelle, c’est un « fait ontologique ». Or les questions métaphysiques sur la liberté, la justice, le vrai, etc. n’ont jamais de réponse, c’est pourquoi il faut apprendre à poser des questions plutôt que de chercher à savoir. Néanmoins, les sciences humaines prétendent donner des explications rationnelles.

Trois réponses « universelles » sont proposées pour définir un rapport avec la vie : la peur de la mort ; l’espoir ; la résignation à la médiocrité.

Pour Hubert Reeves, la vie se situe entre hasard (rencontres, accidents) et nécessité. Entre cosmos, nature, société se fraye un devenir mystérieux... Etre contemporain de grands événements historiques procure un vécu subjectif plus intense. Mais, loin des illusions de maîtrise, Thomas Hardy raconte dans « les Petites ironies de la vie » neuf histoires d’amour du siècle passé où de simples détails peuvent changer des vies.

Le sujet serait donc en réalité le destin.

 

Maintenant, que faire ?

Ce que l’on croit juste. (A suivre !)

Faire de ma vie une œuvre d’art, vivre intensément comme si je devais mourir demain... Mais qu’est-ce que ça veut dire ? Qu’est-ce que je fais réellement ? « Vivre le présent », c’est quoi ? D’abord une expression conforme à l’idéologie du moment.

Qu’est-ce qui peut donner un sens à ma vie ? Mon inscription dans le réel, un projet, une passion, le désir... Mais « le dossier est-il clos à notre mort ? » Qu’est-ce qui m’appartient ? Ce que je fais pour vivre est différent de ce que fait mon voisin.

Se poser des questions bien sûr... « Seule une vie examinée vaut la peine d’être vécue » (Socrate). Devrait-on faire des bilans ? En avons-nous peur ? Quelle trace vais-je laisser ?

Disons-le gaiement avec Chris Marker : « Dans la vie, on n’a le choix qu’entre ses erreurs. »

 

Rien n’interdit malgré tout de positiver. Travailler sa mémoire enrichit le présent, ouvre des perspectives. Les survivants des génocides se sentent coupables d’avoir survécu, mais ils l’ont fait grâce au souvenir : faire savoir ce qui s’était passé.

Quand on est dans le projet, les événements font résonance. Soyons résilients au quotidien grâce au courage, à la responsabilité. Nous produisons du lien. Les réponses viennent de soi.

Comment construire mon histoire dans la grande Histoire, m’investir dans le monde de façon qu’« une partie du monde fasse partie de moi » ? En situation, je fais des choix et exerce ma liberté (Sartre). Mais je me heurte à un « non-moi ». Vivre, c’est vivre dans le monde et non pas seulement dans ma subjectivité.

Mais attention à ne pas dénier cette subjectivité, comme dans les bureaucraties, le communisme ! Toute époque crée du sens, des normes, des règles, une esthétique de l’existence. Nous sommes donc dans des processus d’évolution avec un horizon de sens lui-même en évolution. D’où la nécessité d’une réponse dynamique pour chacun ; je dois apprendre ce que je « suis » en le distinguant de ce que l’autre dit que je suis. Les questions « subjectives » que je me pose sont universelles.

 

On peut aussi fabriquer l’enfer.

L’obsession de « vivre », d’« exister », d’être dans le « vrai », la vie serait-elle ailleurs, etc. promet plus d’aliénation que de libération. Cf. « la Fatigue d’être soi » d’Alain Ehrenberg.

A quoi Bertrand Russell semble répondre en ces termes : « Il vaut mieux viser la perfection et ne pas l’atteindre que viser l’imperfection et l’atteindre. »

Mais quelle disponibilité au bonheur dans une société où l’on ne parle que de ça ?

 

Et qu’en dit la morale chrétienne ?

Dans la parabole des talents (Evangile selon Saint Matthieu, 25.14 à 25.30), celui qui n’a pas fait fructifier ce qu’on lui a donné se voit accusé de méchanceté et de paresse. La vie, c’est notre héritage, que nous avons le devoir d’utiliser. Ici on prône, non sans brutalité, une morale de la fécondité.

 

Aucune vie n’est facile, mais il y a les moments heureux à saisir. Nous sommes habités en même temps par un sentiment de fragilité et d’immortalité. « Une vie ne vaut rien mais rien ne vaut une vie », disaient André Malraux et Alain Souchon. (Dans sa chanson, il n’y a pas seulement une figure de style mais aussi une réponse à la question...)

Heureusement, le rapport à la vie a sa part d’irrationalité : que l’on puisse sacrifier sa vie pour sauver la vie d’un autre donne foi en l’humanité qui est en l’homme. Y a-t-il nécessité d’un « espoir pour demain » ? Demain c’est aujourd’hui.

 

Maupassant raconte dans son premier roman « Une vie » (sous-titre : « l’Humble Vérité ») l’histoire d’une femme, pourtant bien née, qui a très mal vécu ; il termine par cette réflexion de Rosalie, sa servante et amie : « La vie, voyez-vous, ça n’est jamais si bon ni si mauvais qu’on croit » (et non par « Une vie, c’est beaucoup plus qu’une vie » comme il a été dit).

 

Gérard termina en remarquant que d’autres dimensions du sujet n’avaient pas été abordées : l’espérance, la « production de croyances », le rôle de l’affectif.

LISTE DES COMMENTAIRES...


1. Réduire l'instant présent à une "mode" est une caricature
Ecrit par Jules.LT. 31-08-2009
Merci pour ce résumé, Alain.

Pour moi, le sujet "A quoi tient une vie" posait d'abord la question des événements imprévus qui peuvent changer une vie du tout au tout.
On voit a peu près de quel genre d'événements il s'agit: accidents, rencontres, etc... donc la réelle question est:
"Que faire, puisque nos vies peuvent basculer à tout moment?"

La réponse d'un intervenant et la mienne était "vivre l'instant présent".

Je suis étonné (voire choqué) que Gérard réduise cela à du "présentéisme" et maintenant Alain à "une expression conforme à l'idéologie du moment". C'est aussi caricatural et faux que de traiter les épicuriens d'hédonistes!

Vivre l'instant présent, ce n'est pas rechercher le plaisir momentané avant tout, c'est surtout arrêter de vivre dans le futur ou de vivre dans le passé!
Nous n'avons le contrôle ni du passé, ni de la plus grande partie du futur: je n'ai à me soucier que de ce sur quoi j'ai une certaine mesure de contrôle (Hume?).
Le passé est une source inépuisable d'enseignements, mais il ne faut pas vivre pour lui: vengeance, regrets, traditions périmées, etc...
Notre action n'a de sens que si elle se situe dans l'axe d'un projet mais, puisque notre vie peut basculer à tout moment, il ne faut pas reporter notre bonheur à demain.

Pour faire face aux hasards de la vie, je me réfèrerai à Machiavel, avec ses concepts de Fortune et Virtú. Les hasards de fortune ont une grande importance dans les succès ou les échecs, mais c'est la "Virtú" de celui qui sait saisir et forcer la chance au moment où elle se présente qui lui permet de triompher, quitte à changer ses plans du tout au tout.
Dans un contexte moins belliciste, il en est de même pour la vie de chacun: il faut savoir prendre des risques et aller chercher la fortune, provoquer les hasards pour se rapprocher de ce qui compte pour nous sans attendre, car demain l'occasion sera peut-être déjà passée.

Ce n'est pas du "Tout tout de suite" *, mais simplement arrêter de procrastiner avec le bonheur.

Que faire pour être heureux? Se connaître soi-même afin de comprendre ce qui nous correspond vraiment, se rendre maître de sa vie, en faire quelque chose qui nous correspond et se débarrasser du superflu. Epicure l'a dit, Spinoza l'a répété, et c'est toujours aussi vrai.
Il ne nous reste plus qu'à essayer de l'appliquer.

Carpe Diem,
Jules.

*Cette formule était évidemment absurde, et formulée ainsi pour choquer. Ce qu'elles signifiait était simplement qu'il fallait arrêter de vivre dans une tradition privatrice de plaisir issue du passé!

P.S: Comme il a été dit durant le café-philo, "Le Hasard et le Nécessité" est d'abord issu d'une citation de Démocrite: "Tout ce qui existe dans l'Univers est le fruit du hasard et de la nécessité".

2. la vie, toujours la vie
Ecrit par Alain. 01-09-2009
Bonjour Jules,
je regrette d’avoir caricaturé votre pensée mais je suis sûr que cette critique a été faite !

Quant au sujet, pris à la lettre il signifie d’abord : A quoi tient que l’on est toujours vivant ? Avec une réponse fortement sous-entendue : à pas grand chose, au hasard...
Un témoignage dans ce sens-là. Je marchais dans une vieille rue de Metz quand j’eus l’idée de changer de trottoir, absolument sans raison. Au moment où je passais à sa hauteur, la corniche d’un immeuble du côté que je venais de quitter s’effondre. Bilan : une voiture en stationnement défoncée et une tonne de pierre au moins sur le trottoir ! Mais cette péripétie ne m’inspire rien, aucune méditation sur le destin ou sur la volonté de « Dieu », aucune croyance en un pouvoir surnaturel qui pourrait me tourner la tête... Il faudrait trouver autre chose, comment philosopher là-dessus ?...
Autre sens possible : A quoi tient que l’on choisit de continuer à vivre ? ou Que faire d’une vie ? ou Qu’est-ce qu’une vie ? Avec la lancinante question du « sens de la vie ». Mon intervention (cf. chapitre « On peut aussi fabriquer l’enfer ») fut d’ailleurs caricaturée et évacuée par l’animateur, je dis cela amicalement..., car je ne suis pas un disciple de la Consommation ! Mais j’ai toujours l’impression que ce genre de question insistante, voire obsédante sur la vie n’est pas un préalable à celle-ci et risque surtout de la plomber. La seule réponse qui s’impose pour moi est le désir, moteur inconditionnel qui porte vers l’autre, le monde. Je ne vois que des problèmes affectifs pour pouvoir nous l’enlever (sans oublier qu’une détresse individuelle peut renvoyer à la société : oppression, fermeture ou anomie).


3. pourquoi ne pas croire ce que l'on croit puisqu'on y croit ?
Ecrit par gtissier. 01-09-2009
Je cite Jules « je suis étonné (voire choqué) que Gérard réduise cela à du "présentéisme" et maintenant Alain à "une expression conforme à l'idéologie du moment". C'est aussi caricatural et faux que de traiter les épicuriens d'hédonistes! »
En lisant cette remarque et après une recherche sur google, je m'aperçois que le sens courant de « présentéisme » est le fait d’être présent à son poste de travail sans y être vraiment (car souffrant ou peu investi ) .Par glissement on peut aussi comprendre le sens sociologique : une vie non investie par le sujet mais simplement portée par ce qui est là, la situation, le contexte, la structure et sans volonté particulière..
Comme le dit Alain, le présentéisme - en tant que prosélytisme de la vie au présent - est une position fortement idéologisée par la société marchande et individualiste et hédoniste et par les dérives actuelles de l’économie (le court-termisme, le fait de privilégier les investissements donnant un retour très rapide, la spéculation etc.) C’est peut- être philosophique chez les antiques mais dans ce cas il faut aller chercher loin des racines très éloignées des nôtres.

Comment s’en sortir ? Revenir aux choses mêmes ! Peut- on vivre l’instant ? Non. Pouvons- nous vivre un temps qui serait expurgé du passé ? Non.Un temps sans futur au sens de l’a -venir ? Non. Faut-il polémiquer la- dessus? Pas davantage.

Si cela intéresse, je suggère ce lien avec des textes de Bergson relatifs au « présent comme un perpétuel devenir. »

http://www.philosophie.ac-versailles.fr/bibliotheque/E.Rogue.Bergson.pdf

Bien entendu, la question de savoir si vivre au présent ( dans le sens courant de l’expression c’est à dire au quotidien sur un plan psychologique ) est une bonne règle de vie est un très classique sujet de bac. On peut creuser la question mais cela a peu de rapport avec ce, ou
à quoi ou à qui tient une vie ?

Je ne crois pas du tout que ce sujet se résume aux accident de la vie comme le débat l’a montré.Il ne s’agit ici que d’une entrée dans le questionnement. Je déposerai très
s prochainement un article sur ma vision de la problématique.A bientôt donc.


4. les mots savent de nous plus que ce nous savons d'eux.( R.Char)
Ecrit par gtissier. 01-09-2009
L’expression « une vie » (‘ A quoi tient une vie ?et non la vie .. ) se rapporte- selon moi- à la vie vécue au plan existentiel et non à ce qui la maintient ou la ruine au sens physique . La somme des vies vécues et à vivre constitue la condition humaine dont les figures sont trans-personnelles voire trans-historiques. C’est l’objet des sciences humaines, des sciences humaines, des traditions spirituelles ou ésotériques ,de la littérature, des mythes etc..Le singulier vécu est donc immergé dans un universel car c’est cet universel qui en donne la lecture.Via le langage et les représentations, bref la culture dans laquelle chacun choisit son interprétation,les modalités de sa mise en récit.. Comment affirmer que ces questions n’ont pas de réponse ? non seulement il y en a de multiples mais pour pouvoir le dire, il faudrait connaître cette réponse qui n’est pas celles déjà connues ou démontrer que cela n’est pas possible.Non ?
PS Si le sujet est une question cela signifie que la question n'est pas de savoir si c'est lourd ou léger de se la poser dans sa vie.Ce n'est qu'un caf philo et y entre libre et on en sort vivant.Alors..

5. "LA VIE" ou "une vie"?
Ecrit par Jules.LT. 01-09-2009
Vous avez raison, Alain, la critique a été faite et il est bon de la rapporter dans votre compte-rendu. La caricature n'est pas de vous et j'aurais dû le voir immédiatement. Toutes mes excuses.

A Gérard: je sais bien que le "présentéisme" est une mauvaise chose. Cela n'a rien à voir avec vivre l'instant présent de manière saine, et vous êtes à nouveau en train de les assimiler l'un à l'autre.

Je ne suis pas d'accord avec votre interprétation du sujet:
Ce n'est pas "A quoi tient LA Vie?" avec un grand V, au sens existentiel de la vie en général, mais "une vie" individuelle, humaine...

A quoi tient une telle vie? Comme le dit Alain, et c'est bien le cœur du sujet: à pas grand chose.
Pour ne pas s'arrêter là, l'étape suivante et naturelle me semble être "quelle est la conséquence pratique de cette affirmation?".
La conséquence la plus évidente est celle-ci: on peut très bien mourir demain.
Mais alors, et c'est le second questionnement qu'amène Alain, à quoi tient que l'on choisit de continuer à vivre?
Il y a bien les projets, le futur, mais nous ne pouvons pas compter dessus.

Le sujet serait alors "peut-on faire des projets? / se projeter dans l'avenir?"
Hume répond à cela que l'avenir est inconnaissable, mais qu'il faut bien se baser sur ce que nous pouvons en deviner pour continuer à vivre.
On fait donc des projets, on se projette dans un avenir hypothétique et on tente de tendre vers ce que l'on croit juste.

Mais ce que le sujet nous enseigne, c'est que cela ne suffit pas.
Puisque nous pouvons mourir demain, il faut vivre aujourd'hui. Nous ne pouvons pas laisser notre bonheur présent dépendre de nos projections dans l'avenir.
On ne peut pas se contenter d'aller vers un but, il faut vivre intensément le présent.

Une autre conséquence de "une vie ne tient à pas grand chose" est qu'à tout moment votre vie peut se transformer, peut-être en bien.
Il faut donc savoir agir, saisir sa chance au vol et transformer sa vie dans un sens positif; c'était le sens de mon paragraphe sur la Fortune et la Virtú.
Et le temps de l'action est le présent.

C'est pourquoi "vivre l'instant présent" me paraît être complètement dans le sujet.


Quant à votre problématique, j'avoue ne pas bien la comprendre... mais votre exigence de preuve ne me paraît clairement pas valable.
Aussi complexes que soient vos constructions ésotériques, pourquoi aurait-on à *prouver* qu'elles n'existent pas quand la tendance naturelle de l'homme à s'inventer des histoires suffit à expliquer leur apparition?

Je suis peut-être un horrible empiriste, mais pour moi la philosophie a un intérêt pratique. Je ne recule ni devant les questions "lourdes", ni devant les statuts, et j'accueillerai avec plaisir des arguments convaincants qui pourraient me faire réviser ma position.

Je me suis imprimé le texte de Bergson et je vais prendre le temps de le lire et de l'assimiler avant de répondre là-dessus.

6. A quoi tient une vie ?
Ecrit par Robert Hamm (remis e. 01-09-2009
Ce qui est typiquement anti-philosophique, actuellement, est cette attente des réponses qui fassent uniquement plaisir... Même source de déplaisir est cette attente du discours sécurisant ou d'une attente
de l'enjeu zéro, d'un point d'interrogation futile ou même arbitraire…
En un mot.... Il est devenu "coutume" de fuir les difficultés... Bêtise, mensonge ou souffrance ne sont jamais l'objet du débat... A la limite avec quelques insultes ou grossièretés toute franchise est balayée
vite fait... au moyen d'un mensonge encore plus grossier...
Derrière ce macabre jeu se cache ni plus ni moins un refus de soi totalement inconscient et incontrôlé...
Nous avons à faire à des individus incapables de savoir qu'ils sont contre eux-mêmes, uniquement fixés sur un point: pour soi, psychologiquement, rien ne doit changer... Qu'ils fassent de la philosophie n'est, en fait, qu'une erreur regrettable, quelque chose qu'ils ne peuvent en aucun cas utiliser...
Pour la preuve de ce que je dis on n'a pas besoin d'aller très loin... Sur internet peut-on lire, relire et cela toujours de nouveau le même plaidoyé hypocrite : Un "philosophant quelconque" attaquant l'urilitarisme,par exemple... Rendre la philosophie inutile ou poser la question de son utilité ou nier avantage, exactitude ou nécessité d'une telle définition... Poster, par exemple, une sémantique à la place pour inventer une différence... En principe, donc, ignorer le mot connaissance pour s'évaser dans un relativisme
tout aussi insipide qu'insignifiant...
Principe central; que de la "considération",s'il vous plaît... Voilà donc l'essentiel du fil fort ténu auquel se tient plus malencontreusement que volontairement l'homme moderne, souvent... Et avec cela voudrait-on faire croire que faire la taupe serait une variante du colin-maillard en toute simplicité... Inventer de faux problèmes, trouver des solutions bidons, s'acharner à éviter les difficultés psychologiques concrètes, tourner en rond, et vouloir convaincre avec des évidences déplacées, sans cause efficiente, sans efficacité...
Ne rien faire comme d'habitude ou contre-dire sans le savoir ou réflexion le vieux principe de Mr. Théron: FAIRE ET DÈFAIRE CE N'EST PAS TRAVAILLER... Si le gouvernement de la France connaissait ce vieil adage alors et peut-être seulement, alors, arriverait-il à comprendre ce que veut dire: travailler....
Travailler ce n'est pas seulement le fil normal de la vie quotidienne pour presque chacun:
c'est un mode de progression qui, pour être rentable, doit être irréversible... Car, sinon, pourquoi travaille-t-on? Pour faire et refaire toujours la même chose?
De quel genre de bêtise parle-t-on là? D'un monde qui ment lorsqu'il est question de la définition d'un travail rationnel, efficace... D'un monde qui souffre d'une définition du travail volontairement stupide....
A quoi donc tient une vie, en conséquence?

7. Dans la poésie, la vie est encore plus vie que la vie même (Vissarion Biélinski)
Ecrit par . 02-09-2009
Le verbe "tenir" me gêne même si je comprends ce que signifie cette expression et surtout si on a compris ce qui la sous tend. En vérité, on existe et on meurt mais il arrive parfois que la vie prenne tout son sens mais, d'après moi, ce sont des cas d'exceptions car c'est un luxe suprême que de dire comme Néruda "j'avoue que j'ai vécu ". Vivre a une tonalité bien particulière celle de Modiano , par exemple, lorsqu'il raconte un de ses rares moments de Bonheur, peut être le seul, nous dit il, lorsqu'il évoque sa rencontre avec Rigaud et Ingrid. La vie tient aux rencontres heureuses ou malheureuses, aux évènements dont on n'est pas toujours maîtres, à notre détermination et à notre énergie si on ne l'a pas épuisée en cours de route. Amitiés Nadia

8. Des vies ....
Ecrit par Crémilde. 02-09-2009
La vie tient à la découverte de sa face cachée ; à sa banalisation, même si l’être est unique, mais la vie ne l’est pas ; à la dissuasion d’un individualisme ; à la dissuasion d’une originalité extrême ; à la banalité d’un instant ; à l’aventure de la raison.
La vie tient à plusieurs vies à plusieurs morts.

9. la vox populi pense -t-elle par elle- même ?
Ecrit par gtissier. 12-09-2009
je reviens taper sur le même clou au risque d'etre la mouche du coche de la caravane qui passe ( en fait du rouleau compresseur de l'idéologie "présentiste" qui sévit souvent le dimanche.) D'abord sur la notion du temps et de la vie dans le sujet.Si une vie se vit au présent alors ce qui la tient est-ce ce qui n'arrive pas comme évènement mortifére ?La question est-elle cela ? Non.puisque qu'une vue se vit dans la durée avec des mutations ,de transformations,des metamorphoses, des âges différents et que ce qui la tient peu changer subjectivement dans une vie.
Sur le presentisme contemporain ( et non le présentéisme-pardon ) je tente ici d'en donner un éclairage iré du net "Il y a crise du temps quand on passe d'un régime d'historicité à un autre (par exemple des temps modernes axés sur le futur aux temps contemporains axés sur le présent). Le présentisme nie le temps un peu comme Proust dans " A la recherche du temps perdu". Il ne considère le passé qu'à partir des besoins du présent et le futur que par ses anticipations (qui ne sont que des projections du présent). La lumière projetée depuis le futur s'assombrit, l'imprévisibilité de l'avenir augmente, le passé récent est compulsivement visité et revisité, et le présent devient la catégorie prépondérante"
Sur le fait qu'un présent sans aucun rapport avec le passé ou l'avenir en tant que pure abstraction- j'insiste lourdement- je suggère ( apres le lien donné plus haut sur un texte de Bergson )de s'intéresser à la réflexion de saint Augustin qui proposait que le présent est une arête en lame de couteau entre le passé et le futur, et ne pouvait contenir une quantité étendue de temps. Cela semble évident puisque, si le présent est étendu, il doit avoir différentes parties - mais celles-ci doivent être simultanées si elles sont vraiment des parties du présent. Ainsi il y a le présent du passé et le présent du futur.
Enfin, aux adeptes de la vie au présent je suggère que la répétition mécanique du passé -le quotidien- mène au retrait de la conscience par les apprentissages d'automatismes qui déchargent la conscience de devoir être mobilisée pour agir et faire.
Si la question se déplace du temps à une philosophie de la vie
-pourquoi pas ? -j'invite à réfléchir sur le comment on peut être autonome et acteur de sa vie en ne décidant que de ce qui est limitée à la journée ou au moment.A quelle réalité cela correspond ?



10. la question de quoi
Ecrit par vox populi. 12-09-2009
présentisme, présentéisme, c'est quoi la différence. c'est pas clair ce qui est limité à la journée ou au moment du passé du présent ou du présent du futur c'est quoi ça.

11. Ni présentéisme ni présentisme: "vivre l'instant présent"
Ecrit par Jules.LT. 12-09-2009

Le sujet dit qu'une vie ne tient pas à grand chose. C'est à dire qu'un événement peut la changer du tout au tout du jour au lendemain, en bien ou en mal (et pas uniquement en mal). L'idée que quelque chose "tienne" la vie est un autre sujet.

Comme disent Bergson et St. Augustin, l'instant présent n'a effectivement pas plus de réalité pratique que le point ou le cercle parfait. Considérez donc que le présent duquel je parle n'est pas l'idée mathématique du présent mais l'équivalent d'un cercle dessiné au crayon: l'épaisseur de la ligne dépasse un peu dans le passé et/ou dans le futur, et cela permet d'appliquer ce concept à la réalité de la vie, qui est un processus et ne peut donc être considérée hors du temps. (J'ai fini de lire le texte sur le temps bergsonien après avoir écrit ceci, et j'y lis un raisonnement analogue p.5)

Le présentéisme/présentisme en tant que valorisation de l'éphémère ou rejet absolu de ce qui n'est pas ici et maintenant est une mauvaise chose. Il faut évidemment faire des projets au-delà de la journée ou du moment pour être acteur de sa vie. J'ai déjà dit que j'étais d'accord avec vous sur ces points et que cela n'était pas contradictoire avec mon propos. Vous enfoncez le clou au cas où on ne vous aurait pas bien lu, je vais donc faire de même:

Hume répond à cela que l'avenir est inconnaissable, mais qu'il faut bien se baser sur ce que nous pouvons en deviner pour continuer à vivre.
On fait donc des projets, on se projette dans un avenir hypothétique et on tente de tendre vers ce que l'on croit juste.

Mais ce que le sujet nous enseigne, c'est que cela ne suffit pas.
Puisque nous pouvons mourir demain, il faut vivre aujourd'hui. Nous ne pouvons pas laisser notre bonheur présent dépendre de nos projections dans l'avenir.
On ne peut pas se contenter d'aller vers un but, il faut vivre intensément le présent.

Etre acteur de sa vie, c'est à la fois faire des projets en considérant ce qui arrivera le plus probablement et agir maintenant en fonction de l'inattendu.
Il faut se saisir de l'inattendu, c'est ce que Machiavel entend par la "Virtú". Cela ne remplace pas les projets: il s'agit de prendre conscience des insuffisances des projets et de faire quelque chose en plus. Je ne nie pas le passé ni le futur, je dis que le présent est premier car c'est le temps de l'action.

Je ne suis à nouveau pas sûr du sens de votre "message aux adeptes de la vie au présent", je vais donc répondre aux deux sens possibles que je vois:

Dites-vous que la répétition mécanique est une bonne chose car elle libère la conscience pour autre chose? Mais dans ce cas vous n'êtes pas à ce que vous faites, et ne le faites donc pas de manière satisfaisante. De plus, votre pensée est dérangée par vos action, car on ne peut pas complètement désolidariser sa pensée de son corps. C'est un jeu perdant-perdant.

Si vous êtes en train de critiquer les automatismes du quotidien, je vous rejoins: il ne s'agit pas de se transformer en automate mais au contraire de tenter d'être pleinement à ce qu'on fait et de retirer de la satisfaction de chaque instant sans que cela dépende du but de l'action. Avez-vous un message à ceux qui pensent ceci?

P.S: Quoiqu'en dise Bergson, nous ne sommes pas notre passé mais le résultat de notre passé. Nos souvenir ne sont pas des fragments de temps mais des marques des événements passés retenues de manière sélective et déformée par notre esprit. Il ne faut pas confondre l'ombre avec l'objet.

12. merci ...de changer de ton
Ecrit par Gérard Tissier-co an. 12-09-2009
Comme indiqué plus haut 3 ".. le sens courant de « présentéisme » est le fait d’être présent à son poste de travail sans y être vraiment (car souffrant ou peu investi )Quant au présentisme il est un courant philosophique qui tient pour vrai que le passé et le futur n'existent pas.Pour le reste - pardon de le dire - mais je ne suis pas responsable des capacités de compréhension des uns et des autres.Ne pas connaitre ou ne pas comprendre ne donne aucun droit à exiger des explications ou à prendre les choses de haut et ce,quand bien même la "vox populi" serait "la vox Dei" Merci.

13. Je n'exige rien, et je ne crois pas adopter un ton virulent
Ecrit par Jules.LT. 12-09-2009
Je vous prie de m'excuser si je vous ai paru user d'un ton déplacé ou trop sec, mais je vous assure faire tout mon possible être constructif et éviter d'offenser.

Comme indiqué plusieurs fois, je ne vous parle ni de présentéisme, ni de présentisme, et vous voir critiquer ces façons de voir comme si elles étaient les miennes me blesse.
Vous semblez méconnaître la pensée de ceux qui disent vouloir "vivre l'instant présent", et je pense que je vais renoncer à vous la faire connaître.

J'introduis souvent une note d'incertitude dans ce que je dis, mais en l'absence d'argument contraire cela reste ce qui me semble le plus juste. Je n'exige rien, j'espère un débat constructif car j'ai entendu et lu de vous des arguments qui me l'ont fait espérer.

14. À quoi tient' une Vie ? Gérard Tissier
Ecrit par ROCA. 23-09-2009
À quoi tient' une Vie ? Gérard Tissier,

" Sur Le fil dérisoire ", Vincent Roca, d'une Vie, humaine', une Vie tient' À ce fil, qui nous ...mène,
nous' Autres phénomènes, fil qui nous mène, fil que L'on mène', Allah ... petite' semaine',
et, À ce qui La tient ... son' histoire ... son sens', ce qui La remplit, Lien, de L' existence', essence,
mémoire ... souvenir, d' À ...Venir, ce qui Vient, tout', et rien, c'est tout ... c'est tout !, une' esthétique',
éthique', unique', À qui tient' une Vie ? À celui, celle qui La Vit, À ...qui il La dédie ... présence', Absence,
physique, métaphysique, biologique, mystique, basique, cosmique', ...
Âme', et corps, cœur, esprit, " présent passé / passé présent ", Eugène Ionesco,
par quoi, par qui est'ce'...pris ?, Vie d'Artiste ... Vie d'Artisan ... être présent Au présent, un cadeau,
un présent ... " En' Attendant Godot ",
être', ici, partisan ... Amour, don, Amitié, " Le grand fil, mystérieux, du Labyrinthe, humain ",
" Un seul fil, remué, fait sortir L'Araignée ", Victor Hugo,
fil rouge ... conducteur, d'une marche ... chemin,
projet, raison, Passion,
Pente ...côte', Ascension ...
Passage ... sillage ... marche ... démarche ... marche' À marche ... grande' Arche', Arche d'Alliance d'une Vie, Nouvelle' Alliance de sa Vie,
Vie qui Vient, c'est Le Lien, Le destin, qui se fait, qui nous tient,
Le destin, que L'on fait, que L'on tient,
illusion, et Vision, du monde ... L'Autre ... Soi, L' humaine condition, L'humaine Vie, ma foi !
" Hasard / Nécessité ", Né ...cécité, d' humanité ... À ...Voir ... La foi !
" Ne Vous résignez jamais ! ",
Gisèle Halimi, " Sous La terre ... je ne serai jamais ..."
J C - Jean Cardonnel, " ... je suis Vent de Liberté ",
Vassili Grossmann, c'était :
" je ne crains rien,
parce que ton' Amour est' Avec moi,
et parce que mon' amour est' Avec toi,
pour L'éternité " ... qui Vient ... Gilles Roca,

Cas-fée-Philo des Phares, ces-jours de Fructidor, 23' Août' 2009',
À quoi tient' une Vie sans fard ?, une Vie sans fruits d'or ?, une Vie sans fruits neufs ? G R

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