En quoi la vie nous tient si nous y tenons tant ?

Cet article fait référence au café-philo que j’ai animé le 31 août 2009 (Voir le compte- rendu d’Alain et les  commentaires qui s’y rapportent.

 

Ce qui  fait que nous nous gardons en vie -ou que la vie nous garde,-est pour moi ce qui la tient ensemble. Au sens large, je veux dire son englobant ;  sa structure, sa force unificatrice, sa capacité à se transcender au-delà du présent, à sublimer ses passions, à nourrir son vécu de la force des émotions mais aussi de ses faiblesses face au devoir d’exister. L’incomplétude et l’inachevé en sont le lot. Autant s’en consoler, ne pas s’en flageller, puisqu’au pire de nos turpitudes, les moments d’une vie ne sont  toujours que des essais et qu’une suite nous est souvent  offerte pour que nous ayons le temps d’apprendre à vivre.  

Mais  «  une vie »  n’est pas –évidemment et j’y insiste - une suite d’instants qu’aucune  mémoire ne saurait restituer et mettre en ordre. C’est, à cette échelle de temps, un parcours, une trajectoire dotée d’une visée soit consciemment  présente à l’esprit ou connue rétrospectivement au point d’arrivée de l’examen, du retour sur soi. Ce peut être aussi, c’est selon,  un chemin vécu comme tel,  fait d’allers-retours, de bifurcations, de points d’arrêt et d’envolées. 

Quoiqu’il en soit, comprendre une vie et sa vie en tant que biographie, en appréhender le sens, c’est exister en esprit. C’est-à-dire, et par-delà un corps qui nous parle dans l’instant, notre capacité à  produire le sens de ce que nous vivons. Non  pas en termes de bon ou mauvais pour nous, mais dans le  rapport au temps d’une vie. C'est se plonger dans un bain de sens dès que nous regardons  dans le puits sans fond des pourquoi. Cette vie pensée – même par fragment - situe chaque évènement, grave ou exaltant, dans une histoire. Et cette histoire n’est pas vraiment la nôtre puisqu’elle est intriquée avec le monde, c’est en fait  notre historicité, notre capacité à produire du soi.Par le sens que nous donnons à notre histoire. C’est dans la  profondeur des réseaux de significations que nous émergeons en tant que singularité d’un soi-sujet ou encore un ego - soi (selon la tradition brahmanique). 

Ce soi-sujet ou cet ego-soi est pleinement conscient d’être acteur de sa vie dans l’accomplissement de sa liberté (et non l’individu lambda aussi égal en droit soit-il)  Est-ce que cette conscience  incarnée, cet être en train d’actualiser son essence (ce par quoi il ne serait pas ce qu’il est) se pose la question de « à quoi ma vie tient- elle ?  

Non. Ce sujet-soi est la vie elle-même et la vie est en lui. Je veux dire en vérité de lui-même, dans sa vie incarnée, et en esprit. Je cite ici Karl Jaspers dans son " sens philosophique de la vie" : « Si nous ne voulons pas que notre vie se dissolve et se perdre, il faut qu’elle se saisisse elle-même au sein d’un ordre, qu’elle coordonne en une structure, le travail, l’accomplissement et l’éclat d’instants privilégiés, enfin qu’elle s’approfondisse par la répétition ». 

Pourquoi les individus d’aujourd’hui supportent-ils l’obscurité de leur finalité une fois leur énergie détournée des réalités tangibles, leur anonymat sous  le règne  de la technique, ou des travaux absorbants ou vides qui les rendent complices malgré eux d’un monde absurde qui nie leurs aspirations  humaines ?Je propose une clef fournie par les sciences humaines : la dynamique identitaire. Elle alimente  un moteur puissant de quête de reconnaissance pour le sujet-individu- contemporain. Associé en couple et en miroir à l’envie, ces deux vecteurs du désir de vivre ont la vertu d’être sans limites. Pas de satiété, pas de repos et donc aucune raison que cela cesse… Cela nous tient. 

Une autre polarité  de l’existence –disons plus pleine et plus généreuse -serait la prise  au sérieux des échanges humains  autant que l’expérience du bonheur et de la peine. Une vie se tient alors et aussi d’une représentation bonne de soi pour soi et de soi pour les autres. Sa trame  se tisse  des appartenances multiples, des liens, des solidarités, des fonctions  sociales, de ses engagements pour des valeurs, le tout constituant un«  contenant ». Là aussi identitaire, d’un certain point de vue, mais pour une visée humaine : la relation aux autres - et j'ajoute- dans des institutions justes  (cf. Paul Ricœur : la visée éthique d’une vie bonne) ce qui suppose un minimum d'engagement.

Un autre plan d’explicitation - plus psychologique et affectif - est celui des  étayages ; compter pour quelqu’un, être aimé, accepté, pardonné et compris, permet de se nourrir d’une réciprocité dans condition et une nature humaine partagée. Cela  nous vaut les uns pour les autres, compassion, sympathie et fidélité, capacité de résistance et estime de soi.  Ainsi, s’il n'est pas faux de se poser la question du "à quoi tient une vie" dans le registre de l’angoisse, de se dire que dans sa vie d’Homme « rien n’est  jamais acquis » (Aragon), il est aussi juste et vrai de penser que nombreux sont ceux pour qui l’espoir est son exact contraire et qu’il tient, lui,  d’une  promesse et non d’un simple constat : l’espérance et l’idée de Dieu.

Philosopher c’est apprendre à vivre et à mourir a-t-on dit. Mais si philosopher n’est qu’apprendre à mourir, la condition en est alors une vie droite. Ainsi, selon Jaspers que je cite à nouveau : « Apprendre à vivre et à savoir mourir, c’est la même chose ». C’est pourquoi je propose l’idée que la vie qui nous tient et à qui nous tenons tant, c’est l’Homme en nous ; celui  qui veut savoir qui il est et qui ne peut le comprendre qu’en marchant.

LISTE DES COMMENTAIRES...


1. idéaux et présence à soi
Ecrit par Jules.LT. 01-10-2009
Gérard, la question que vous posez ici est littéralement celle du sens de la vie. La perspective historique et la vision future donnent en effet de la puissance au vécu présent. C'est l'axe, la direction de notre vie. Les finalités qui nous sont proposées sont cependant nombreuses, et souvent peu fiables. L'âge des grandes idéologies est révolu, et tout semble incertain. On se fixe donc les idéaux qu'on peut, mais on ne vit pas par et pour eux. Plutôt que d'aller à marche forcée vers un objectif, il vaut mieux profiter du simple plaisir d'avancer. Se fixer une orientation générale, et s'autoriser à en dévier si les conditions changent.

Votre métaphore du chemin me parle, mais il ne s'agit pas pour moi seulement d'une suite d'embranchements et de manœuvres diverses, mais aussi d'un beau voyage qu'il faut savoir apprécier. Tenter de comprendre sa vie est essentiel, mais ce n'est pas le tout. S'absorber dans l'interprétation de sa vie ou de la vie en général, ce n'est pas vivre, et à force de chercher un but on finit par ne plus exister, en esprit ou ailleurs... Repousser sans cesse sa vie au lendemain est absurde, de même qu'une vie vécue uniquement dans l'instant sans conscience du lendemain.

Je suis bien d'accord avec vous pour dire que la vie est une longue quête de soi, où on apprend à se connaître et à être plus fidèle à nous-même. Un élément essentiel de cette justesse consiste pour moi à être à ce qu'on fait dans le moment présent. Au moment de prendre la décision de faire, il s'agit bien sûr de se placer dans la continuité de sa vie pour prendre une décision juste et cohérente avec soi-même.

P.S: serait-il possible d'effacer ma tentative de poésie? Elle serait probablement plus à sa place dans les aphorismes (et j'aimerais y mettre une version un peu retravaillée)

2. Un vie qui ne tient pas à grand chose
Ecrit par Daniel Ramirez. 03-10-2009
Peut-être, Gérard, le problème posé ainsi est bien trop abstrait. Je vois bien, en relisant le compte-rendu d’Alain, que tu essayais de contrer la tendance individualiste, moi et ma vie, ce que tu appelles ici le sujet-ego, en insistant sur le côté relationnel de notre existence (le souci des autres). Je suis entièrement sur cette ligne : notre vie ne tient pas à quelque instinct ou intérêt, encore moins à des besoins (la fameuse pyramide tellement surestimée), elle se tient dans des réseaux d’interlocution et ne se comprend qu’immergée dans une culture et un monde humain de significations. Et, justement, elle ne se réduit pas, même philosophiquement, à « une quête de soi » (comme si le soit était quelque part et que nous devions le découvrir), mais à un travail de soi avec les autres, à des jeux avec autrui et avec le monde (de jeux de langage et des jeux du désir), à des intellections et des volitions, des choix et des hasards des illuminations et des mirages, des longues « marches » et des impasses (donc pas réductible non plus à des métaphores faciles de l’ordre du « le chemin se fait en marchant »)…
La question du « sens de la vie », Jules, est trop vaste et polysémique (j’ai eu besoin de tout un livre pour l’expliciter juste un peu). Se demander à quoi elle tient, c’est un peu plus précis : puisqu’il est possible de répondre que parfois elle ne tient pas à grand-chose ou qu’elle ne tient qu’à un fil… le fil de la vie, qu’en effet a vocation à ne pas être perdu, d’où le rejet de Gérard à ce qu’il nomme le présentisme. Pour ne pas perdre le fil il faut tisser dans une continuité temporale, d’où le recours à une « identité narrative » (Ricœur : Temps et récit, I).
Comme je n’ai pas assisté à ce débat, je ne saurais pas développer tout cela. Mais une chose, quand-même par rapport à cette histoire d’apprendre à vivre ou apprendre à mourir. Je n’ai jamais vraiment vibré avec ces idées (je préfère apprendre à murir), mais il est évident que si nous devons assumer la mort, une certaine compréhension de notre parcours de vie est indispensable pour l’aborder avec lucidité. Ce n’est pas parce que nous nous mettons à réfléchir notre vie qu’elle s’arrête, comme le suggère Jules, car « s’absorber dans l’interprétation de notre vie » est encore vivre et s’il s’agit de philosopher cela équivaut à vivre plus intensément encore puisque la conscience que l’on rajoute est un surplus de vie, les philosophes étant rarement des sujets rétifs et séparés de la vie comme le veut une certaine imagerie populiste (j’ai développé cette idée dans l’article « philosopher serait se gâcher la vie, digression animalière à propos du "rat de bibliothèque", à trouver au début de la liste d’articles). La mort est peut-être simplement incompréhensible mais en tant que terme d’une vie réfléchie elle est peut-être moins opaque qu’en tant que fin tout court d’une vie tout court, vécue au jour le jour (si tant est que cela puisse exister), qui s’épuiserait dans l’immédiateté, même « en marchant ». Car une telle vie, si Socrate a peut-être exagéré en disant qu’elle ne mérite pas d’être vécue – nous pourrions dire qu’elle ne tient vraiment pas à grand-chose.

3. naïveté du philosophe du dimanche
Ecrit par Vincent. 04-10-2009
Ne pas oublier les mécanismes de survie instinctifs. Seul l'homme qui va contre cet instinc animal réusssit à se suicider, ou déjà à éviter la reproduction de l'espèce (suicide collectif).
Si les tsunamis de la semaine ne vous permettent pas de conclure que la vie tient aussi aux hasards extérieurs, c'est vraiment la preuve que ni le café des phares n'a pas grande envergure philosophique.

4. Bêtise et malveillance
Ecrit par Françoise K.. 04-10-2009
Qui est-il ce Vincent qui sur un ton assez agressif se permet de dire qui a ou qui n’a pas de l’envergure philosophique ? Et avec quels arguments ? C’est bien curieux que quelqu’un qui croit pouvoir apporter une idée nouvelle, au lieu de l’apporter simplement (d’ailleurs sans le moindre développement) se permette de dire que les autres, puisqu’ils ne l’on pas trouvé son nuls (le titre « naïveté du philosophe du dimanche », laquelle ?) ou qu’ils n’on pas d’envergure. Imaginez si chacun qui aurait quelque chose à apporter (mais a-t-il vraiment quelque chose à dire ?) s’en prenne aux autres qui ne l’ont pas encore apporté… C’est comme ça peut-être qu’il montre que lui a de l’envergure ?

5. précisions
Ecrit par Jules.LT. 04-10-2009
La vie est infiniment complexe, mais garde une continuité ne serait-ce que par le compte du temps. La métaphore est par définition déformante, mais elle a son utilité: "Le but est dans le chemin" a l'avantage d'exprimer clairement que ce qui compte n'est pas un objectif final qu'on pourrait avoir dans la vie mais ce qu'on fait du temps que dure cette vie. Je sais bien que le mot "sens" de la vie recouvre de nombreuses significations, c'est pourquoi j'ai précisé que je parlais de son sens littéral de "direction" (peut-être pas assez clairement?) car Gérard parlait ici de la continuité entre le passé et le futur dans laquelle s'inscrit le présent. Je reprenais et réinterprétais là son propos sans le contredire.

Une "quête de soi" (Daniel, vous savez très bien de quoi il s'agit; prendre l'expression littéralement pour la critiquer n'est pas digne de vous) recoupe largement "l’Homme en nous qui veut savoir qui il est et qui ne peut le comprendre qu’en marchant" dont parlait Gérard. "Connais-toi toi-même" n'est pas un énoncé individualiste. L'homme est (entre autres) un animal social, et se connaître implique bien sûr de trouver sa place dans la société, de voir quels liens humains nous enrichissent, de comprendre d'où on viens et de décider où on veut aller ("comprendre notre parcours de vie").

Sans métaphore animalière, il existe des personnes qui passent leur vie en thérapie ou qui sont si absorbées par la théorie (philosophique ou autre) qu'ils en oublient la pratique. C'est de ce risque que je parlais en parlant de "s'absorber" dans l'interprétation. A moins d'avoir une philosophie bien étrange, vivre sa philosophie implique en effet de sortir de la mécanique philosophique: lorsque nous sommes dans l'action, nous n'avons pas à être dans l'analyse de cette action. Philosopher n'est pas en soi vivre intensément, car une vie intense ne peut pas se juger sur la base d'une seule activité; par contre, philosopher permet de vivre plus intensément en élargissant notre conscience et en nous permettant de travailler sur les principes qu'on souhaite appliquer dans le reste de sa vie. Il faut réserver son attention à ce qui concerne la tâche en cours, que ce soit l'instant et le geste ou la continuité de la vie entière. La perspective la plus générale est par exemple essentielle au moment de prendre des décisions importantes ou quand on philosophe, mais n'a pas lieu d'être dans la plupart des situations. C'est ce que je voudrais qu'on ne perde pas de vue.

De même, les relations humaines sont essentielles mais n'ont pas à être érigées en "visée" de l'existence. Nous n'avons pas à justifier de notre existence par notre participation à la société, on se rapproche là dangereusement de la morale du sacrifice telle que dénoncée par Nietzsche.


@Françoise: Vincent pourrait être plus aimable, mais il vaut mieux ne pas répondre à l'incivilité par de l'incivilité. Ce n'est pas une règle facile à appliquer, mais il faut essayer...
Il est vrai que Gérard a tout fait pour éviter que le sujet "A quoi tient une vie" s'oriente vers le thème du hasard, bien que ce soit à mon avis le cœur de la question posée (comme je l'ai expliqué de manière argumentée sous l'article).

@Gérard: Quelles sont ces institutions "justes" dont vous parlez? Tout groupement humain comporte ses injustices. Si vous voulez ainsi exclure le monde de l'entreprise, rappelez-vous que celui-ci a tout de même bien des vertus pour ce qui est de la création des richesses dont notre société a besoin (et de celles dont elle n'a pas besoin, bien sûr).

6. "Intéressant" et autre
Ecrit par Alain. 04-10-2009
Moi qui ne parviens décidément pas à « penser ma vie », je me demande : est-ce normal ? Comment est-ce possible d’en dire tant sur la question ? En fait c’est plutôt ma vision de l’homme et du monde qui me guide, je choisis celle qui est susceptible de me rendre plus riche et plus heureux.
Que l’homme puisse être « mauvais », je le sais parfaitement mais cela ne m’intéresse pas, et je ne sais pas d’où me vient cet engagement intellectuel pour la défense des Lumières et de la modernité, attachées à l’idée, au désir !, d’un progrès humain. Car je ne vois que le désir comme moteur, avec en perspective la recherche de vérité (humaine) et de liberté. Donc, l’Histoire m’intéresse, et comme on l’a dit ce matin au débat, selon qu’on pense que l’homme est bon ou mauvais on peut le rendre (plus ou moins) bon ou mauvais. La Rochefoucauld, qui n’était pourtant pas un grand optimiste, dit quelque part que penser du bien de quelqu’un peut le rendre meilleur.
Cela dit, je ne fais pas non plus de miracles en ce domaine, je ne suis pas idéaliste et ne crois pas à la perfectibilité d’un Fourniret, de tant de criminels et de tortionnaires obscènement fiers de l’être, voire de beaucoup de pervers ordinaires. Je pense qu’ils ne renonceront jamais à leur jouissance car il leur manque quelque chose qui leur ferait préférer l’humanisation, ou un « progrès » dans l’humanisation. C’est le versant pathologique de la finitude humaine. Bref, je ne suis pas dans l’illusion, mais simplement guidé par de la pulsion, du désir, du besoin évidemment, en fonction d’aspirations plus intuitives que réellement décidées ; peu importe la réalité qui est, de toute façon, affaire d’interprétation : pourquoi penser que l’homme est mauvais plutôt que le contraire ? Sinon pour se retrouver isolé, malheureux, infirme, à nourrir du ressentiment ou de la haine...
Mais rendre la vie, le monde, l’homme « intéressants », est-ce suffisant ? Il faut une dimension autre. La seule chose extra-ordinaire que je connaisse, qui sort de l’Histoire et « donne un sens » à la vie, une véritable raison de l’avoir vécue, c’est l’amour comme promesse.

7. Précisions, envergure et indignité
Ecrit par Daniel Ramirez. 05-10-2009
C'est très sympa tout ça : Vincent dit que le Café des phares n'a pas d'envergure philosophique, merci ! Jules fait la leçon à Vincent et à Françoise sur l'incivilité mais n'hésite pas à me répondre que ceci ou cela "n'est pas digne de vous", merci ! Figurez-vous, Jules que je sait très bien ce que j'ai écrit : je peut soutenir et démontrer (tout le monde peut être en désaccord, évidemment) que l'expression « quête de soi » n'est pas pertinente pour exprimer la vie humaine, que tout en ayant passé comme une lettre à la poste à l'époque de « l'individualistic turn » (env. années 80), elle concentre, sans que l'on se rende trop compte, une sorte de solipsisme nombriliste, atomisant et démobilisateur, vaguement teinté de « new Age » et de nouvelles thérapies, bon pour Paulo Coelho, et sans doute très accommodante pour l'état du monde post-politique, conformiste et indifférent. Comment diables la quête de Dieu au moyen âge, la quête du salut, ou la quête de la vérité des métaphysiciens du XVIIe, la quête de la liberté des lumières et des révolutionnaires, la quête d'un monde meilleur des progressistes, socialistes et marxistes du XIX siècle, en sont venus à devenir la « quête de soi », est une histoire qui reste à faire.
Sur ça, je vous laisse, car ce n’était pas non plus le centre de la discussion.
Mais se tromper ou être en désaccord, passer à côté des idées importantes ou omettre quelque chose reste une condition humaine, voire un droit dans une éthique de la discussion, je ne vois pas le digne ou l'indigne là dessus. Je commence à avoir marre du ton de ces échanges.
Bonne semaine.

8. On peut être en désaccord et débattre de manière constructive, non?
Ecrit par Jules.LT. 06-10-2009
L'expression "quête de soi" peut ne pas vous plaire pour de multiples raisons très valables, mais je ne m'attendais pas à lire un "argument" comme "comme si le soi était quelque part et que nous devions le découvrir" de votre part. Sans verser dans l'agressivité, je vous faisais part de cette déception. C'est l'argument que je qualifiais d'indigne, pas vous. Comme vous le dites, on a tous droit à l'erreur. Je signalais simplement cet accroc en passant, sans en rajouter.

L'individualisme est un des travers courants de notre époque. Comme toujours, il y a à prendre et à laisser.
Nous sommes des individus, et notre propre personne est tout naturellement le centre de nos intérêts et l'élément sur lequel nous pouvons le mieux agir dans ce monde. Ce serait mentir que de le nier. Ou bien se renier, ce qui n'est pas mieux: la morale du sacrifice a vécu, et n'a plus lieu d'être. Être un être sain, conscient et engagé est le meilleur cadeau qu'on puisse faire aux autres et à la société, mais tout d'abord à soi-même.

Je le répète donc: la bonne vie commence par une compréhension de soi-même et la recherche de notre place dans le monde et dans la société. Les grands philosophes n'ont pas attendu "l'individualistic turn" pour le dire.

Le monde politique s'est décrédibilisé, mais il existe d'autres voies d'engagement possibles (associations, commerce équitable, débats en ligne et hors ligne, etc). Il ne tient qu'à ceux qui ont une conscience politique de faire partager leurs interrogations et leurs convictions à ceux qu'ils rencontrent, et de provoquer des débats qui vont plus loin que le "tous pourris" qu'on entend partout.

P.S: J'ai énoncé une des règles élémentaires qui permettent le bon fonctionnement d'une communauté en ligne. Tant pis si ça fait de moi un "donneur de leçon": il faut que ce genre de choses soient dites.

9. Ah, mais on a un nouveau chef ici : c'est Jules !
Ecrit par Toujours pas inscrit. 06-10-2009
Parce que c'est à Jules maintenant d'énoncer les règles... bravo ! C'est bien ce qu'on appele nombrilisme, non ?

10. pfff...
Ecrit par Jules.LT. 06-10-2009
C'est une règle quasi-universelle dans les communautés en ligne qui marchent. "Assume good faith" sur wikipedia, "do not feed the troll" pour les cas extrêmes, etc... Je ne fais que la dire.

11. et s'il était question d'un café philo ?
Ecrit par fatigué de la bouill. 06-10-2009
je suis venu aux café des phares,on nous invite à venir sur ce site et puis je constate que cela rien à voir.c'est affligeant.Est-ce que Jules ou un autre aurait la possibilité de monopoliser la prise de parole ,de parler d'autres choses que du sujet, de distribuer les bons et mauvais points, d'interpeler les uns et les autres, de dire que ce n'est pas un café philo mais "une communauté " ? .C'est qui ce Jules ?

12. En quoi la vie nous tient si nous y ternons tant?
Ecrit par Hamm Robert. 06-10-2009
Par Exemple....
La philosophie n'est pas un humanisme existentiel ou une historiette biologiquement épicée selon le mode: tel est le sens des choses "selon" le fil qu'elles prennent, à la longue... Et mieux que l'expliquer on ne peut le faire, de toute manière..... Elle n'est pas non plus dépôt, ignorance ou résignation où "personne" n'arrive à comprendre de quoi il est question..... Enfin elle ne doit pas coïncider avec l'art de "SE" tromper soi-même ni pour cause d'ignorance, ni pour cause d'un opportunisme"FACILE"....
Ainsi faut-il voir les problèmes de "face" pour les résoudre, faute de quoi la situation"psychique" ne va pas changer,FORCÉMENT..... Il est donc questions de deux malaises,au moins,un psychique,un physique...
Psychiquement le plaire et le déplaire,physiquement la souffrance et le plaisir....
Ici les solutions possibles(et non les modalités résolutoires qu'il faut trouver soi-même).....
A)Modérer le plaisant pour ne pas en devenir dépendant....
B)Ignorer le déplaisant pour ne pas réagir fonction de lui....
C)"Se" rendre sa propre souffrance supportable et acceptable pour pouvoir perdurer comme elle....
D)Modérer le plaisir pour rester,"en acte", indépendant de lui....
Ainsi l'objectif de la vie n'est pas de "se" tromper plus ou moins "inconsciemment" par sentiment d'impuissance ou de capitulation selon le modus vivendi "qu'y peut-on?(Au singulier ou au pluriel,d'ailleurs ?)"...... De ce point de vue une philosophie "sémantique",ce qu'elle est toujours n'en plaise
ou non à l'auteur de son texte,doit toujours,existentiellement,être rentable selon un but précis: résoudre le problème de la confrontation avec la souffrance.... Personnelle...!!!
Tant que ce problème reste irrésolu ,tant l'éternité reste inaccessible.... Car seul ce qui ne change plus est éternel et reste,ainsi, exact....
Conclusion: Avec un existentialisme "philosophique"(ou historique,comme vous voulez) on n'en sortira jamais du marasme psychique de la nature humaine"normale",comme "cliché"....
.....La vie nous teint parce que nous ne pouvons la "lâcher"...."Pourquoi"? Est,bien sûr, la question exacte....
C.Q.F.D.

13. Robert, la vie nous tient aussi pas nos idées. Pas pour vous ?
Ecrit par gtissier. 06-10-2009
N'en déplaise à Robert, la philosophie peut être " rentable"- disons bénéfique-,du point de vue de la confrontation à la souffrance "personnelle " puisque,au lieu de la subir simplement,elle la questionne et même, elle peut en explorer les finalités,les causes et surtout sa propre responsabilité à la vivre telle comme souffrance de souffrir bref de ce qui viendrait de sa manière de la penser ( voir le livre de Job dans la bible et plus près de nous, le beau livre de Paul Vergely : La souffrance.
Ceci dit, du point de vue de votre trouvaille de la "philosophie sémantique",c'est assez osé de votre part de faire suivre une question ( la seule la vraie, bien sûr ) de la mention "CQFD".
je serais tenté d'imiter la méthode en vous en posant encore plus ultime: pourquoi Robert plutot que rien ? ( avec le sourire, bien sûr ! )

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