Qu’est-ce qui nous empêche d’être nous-mêmes ?

sujet du 2 mai 2010 aux Phares

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Sujet choisi et animé par Daniel Ramirez.

 

La question contient explicitement une affirmation. Mais est-il sûr que quelque chose nous empêche d’être nous-mêmes ? Si oui, il faut en déduire que l’expression « être nous-mêmes » n’est pas évidente, si l’on ne réduit pas le sujet aux sempiternelles aliénations imposées par la société.

 

A propos des obstacles

La filiation transmet des déterminismes, si bien que l’affiliation élective peut sembler infiniment plus souhaitable. Mais est-elle de même nature, peut-elle avoir la même fonction que la première ? Evacuer la parentalité génétique serait une grave erreur ; qui m’a fait est inscrit dans mon être intime, c’est beaucoup plus que de la génétique.

Mes appartenances (sexe, âge, profession, quartier, ville, etc.) font de moi un être à multiples facettes, qui ne peut pas toujours s’y reconnaître. Dans une société ancienne j’aurais été assigné à une place, comme si celle-ci représentait mon essence, tandis que dans la modernité je dois la construire, la conquérir, c’est-à-dire la mériter... Mais ainsi je peux contester celle que j’occupe, déclarer que « je ne suis pas à ma place », à condition toutefois d’avoir une capacité d’affirmation suffisante.

Cela se complique avec le regard des autres. Si je suis conscient de ce qu’ils pensent de moi, puis-je « être moi-même » ? Ce regard m’aliène... à moins qu’il ne me renvoie une part de vérité. Il me fait aussi exister car je représente quelque chose pour l’autre. « L’œil ne se voit pas lui-même, mais par son reflet dans quelque autre chose », c’est Brutus qui le dit (acte I scène 2 du Jules César de Shakespeare) : « (...) for the eye sees not itself, / But by reflection, by some other things ».

Se mettre « hors de soi », c’est aussi se mettre hors de ce qui est acceptable pour l’autre. Mais, contrairement à ce que pensait Rousseau qui y voyait un dédoublement de personnalité, les rôles sociaux ne sont pas nécessairement « inauthentiques », mais simplement partiels et momentanés. Et avoir une identité est nécessaire pour accueillir l’autre. La solution idéale ? Etre avec les autres en restant soi-même : cessez d’être gentil, soyez vrai avec Thomas d'Ansembourg (éd. de l’Homme)...

 

Dans l’absolu, que serait donc « être soi » ? Cela présupposerait l’existence d’une personnalité originelle, portée par une âme individuelle, antérieurement à tout acquis, à toute filiation, à toute dette symbolique. De quoi nourrir un rêve de toute puissance, de liberté absolue destructrice. On peut prétendre se réaliser dans le crime, la volonté de puissance. Quant à la recherche d’un perfectionnisme moral, apportant un « plus éthique » à la tautologie simpliste « je suis ce que je suis », elle peut être l’expression d’un idéal du moi tyrannique.

Mais la quête obsédante d’être soi, implicite ici, avec en toile de fond la notion sulfureuse d’authenticité, a-t-elle un sens après que Freud ait fait irréversiblement notre deuil de la croyance en une unité de l’« appareil psychique » ? Le moi, siège du tribunal de la raison kantien, ne recouvre pas la notion d’« être soi ».

Au fait... est-il possible de ne pas « être soi » ? Transformé, on est toujours « soi-même », suivant ce mot d’enfant rapporté par Jaspers : « J’ai beau essayer d’être quelqu’un d’autre, c’est toujours moi qui suis quelqu’un d’autre »...

 

Ce sujet, comme beaucoup d’autres, « reflète la quête identitaire de notre époque », c’est « une fuite en avant qui ne mène à rien » puisque nous sommes avant tout un projet ; on n’« est » pas, on devient. Loin du souci de soi individualiste, atomisant et mortifère, c’est en situation, en relation, que l’on « sait » quelque chose de ce qu’on est. Etre soi, c’est « trouver sa place pour agir avec les autres ». Le questionnement est quotidien, avec ses risques et ses limites.

Il est des cas exceptionnels de fatum, qui font ou non rêver : Jules César, appelé par l’Histoire, a été ce que le destin a fait de lui. Napoléon le disait pour lui-même.

 

Récapitulons. On ne peut pas faire comme si on savait ce que l’on est... mais, en se remettant en question, est-on davantage ce que l’on est ? Et que prouverait-on en disant « Je sais ce que je ne suis pas » ? Tout peut être suspect d’aliénation, qu’en sait-on exactement ? Alors, rejoignons plutôt « l’universel qui est en nous », « réapprenons à voir » et grandissons grâce à la philosophie. Pour Lacan, la fin d’une psychanalyse devrait consister en un dialogue platonicien sur le beau, le bien, le juste.

 

Ce sujet en contient un autre, la quête très rousseauiste du « sentiment d’exister », cf. les Rêveries du promeneur solitaire (cinquième promenade) et le compte rendu sur le sujet « Est-il donné à tout le monde d’exister ? » Rousseau le décrit comme un sentiment de plénitude d’être au présent, dans une opacité plutôt que dans la transparence car la rationalité critique inscrit le sujet pensant cartésien dans le manque, la division, et rend ce sentiment impossible.

Mais se sentir ainsi « exister » est vécu dans des moments forts, sûrement pas comme un état permanent qui empêcherait... d’exister dans le monde, dans la relation et la conscience de soi. L’altérité, l’obstacle serait donc nécessaire comme véritable source d’expérience de soi, constitutive de notre liberté.

 

Pour finir, réservons cette fameuse citation de Nietzsche pour un commentaire éventuel...

Le gai savoir, § 270, emprunté aux Pythiques de Pindare :

« Que dit ta conscience?

-Tu dois devenir celui que tu es. » [Du sollst der werden, der du bist.]

  

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LISTE DES COMMENTAIRES...


1. Voir différemment pour aboutir à la vérité ...
Ecrit par Saad. 14-05-2010
Bonjour ou bonsoir les amoureux de la Philo...

Ce qui empêche l'Homme d'être lui-même, ce sont les contradictions qui portent en lui à partir de son entourage. Parce que la personne n'est que le fruit d'une éducation…Les tas doctrines qui ont essayé de répondre à la question de l'existence…Qui sommes nous? Et d’où nous venons? Et ou' nous irons? Les contradictions entrent ces doctrines empêchent les gens d'être eux même…La vérité de l'Homme ne peut pas être présenté de différent façon que par l'esprit des gens et, par son créateur c'est une vérité unique…Et c'est à partir de cette véracité que les gens agissent une fois comme si ils sont eux même, et en d'autre cas comme s'ils ne sont pas eux même…


2. Le "moi" sans "l'autre" - Existe-t-il?
Ecrit par Roshan. 15-05-2010
Si non, pourquoi s'emballer avec les questions comme: Pourquoi je n'arrive pas à être moi-même? Qu'est-ce qui m'empêche d'être moi-même? Si oui, alors il faut chercher les réponses à l'intérieur de nous-mêmes: sur nos conflits intérieurs, les pressions extérieures, et même sur l'environnement dans la quelle nous vivons et travaillons.

L'aptitude à être en accord ou en désaccord avec soi ne se relève d'aucune magie ou d'aucun hasard heureux ou malheureux. C'est nous et nous seuls qui peuvent agir et décider en obéissant à nos désirs profonds, nos convictions intimes, nos valeurs et nos principes. En fait, être en accord avec soi-même est une quête permanente. "L'expérience" selon Confucius "est une lanterne que l'on porte dans le dos et qui n'éclaire que le chemin que l'on parcour."

Le "mal-être" existe en chacun de nous; certes pas au même degrée. Il y a ceux qui arrivent à faire face en combattant la peur de mal faire, de mal dire ou de faire de la peine aux siens. Il y a d'autres qui courent chez les thérapeutes, qui accueillent, chaque jour, comme nous le constatons, les patients hyperanxieux, dépressifs, ravagés par les échecs dans leurs recherches de trouver le "vrai moi", l'harmonie et la paix intérieure - le diapason - pour faire une meilleure connaissance de soi. Car, n'est-ce pas?, mieux nous nous connaissons, plus nous pouvons être en accord avec nous-mêmes.

Il y a, bien entendu, des tas de méthodes psychothérapiques de développement personnel qui nous permettraient d'"être nous-mêmes", d'"accepter ses contradictions et chercher à s'y adapter sans relâche" ou "apprendre à concilier les contraires qui cohabitent en chacun de nous", ou encore, comme nous dit un professeur de chant, de trouver et travailler notre voix. Car, selon lui, "notre voix est un outil extrêmement puissant pour se centrer et agir en accord avec soi, car c'est une vibration qui résonne dans l'ensemble du corps"...et..."qui a surtout la capacité d'établir un lien entre la matière physique, le psychisme et l'âme." Why not?....

Quant à moi, si (et quand) je suis heureuse après avoir fait ou dit quelque chose, peu importe si ça a fait du bien ou du mal à quelqu'un - eh bien - je me sentirai en parfait accord avec moi-même et... avec le poète romantique anglais, Robert Browning, qui dit dans une de ses poèmes merveilleuses:

"God's in Heaven and All's well with the World" !!!

3. Pourquoi dire nous, au lieu de je ?
Ecrit par Gérard. 18-05-2010
Notre contemporain se coltine un réseau d'injonctions existentielles assez pernicieuses. On lui dit « soyez vous-même » et cela se traduit par : je suis moi d'accord mais est-ce que je le suis totalement ? Et, pire encore, : puisque ce n'est pas moi qui ne veut pas être moi ( au passage exit l'inconscient) qui m'en empêche?
Dans un ouvrage à succès « l'intelligence affective» j'avais été frappé de lire que le sujet égoïste ne se satisfait pas de seulement penser d'abord à lui. Il est dans un rapport de pouvoir en s'assurant qu'il est bien dans son désir et non dans celui de l'autre. Être davantage soi, c'est pour lui, être en tension dans cette frontière avec l'autre comme si le non-moi allait l'envahir au lieu, simplement, de le délimiter, de lui fournir une structure. L'égocentrisme, selon la même référence, est celui qui a fait un pas de plus. Il sait qu'il doit négocier son désir Bref, il sait ce qu'il veut mais , passe des compromis. et ne confond pas son identité dans ses transactions avec les autres. Bref , il n'a pas de problèmes. Il est simplement frustrant pour les autres -qui voudraient bien qu'on les écoute Quant à l'altruiste il est encore plus épanoui, puisqu'il prend plaisir à donner- quand il le veut (sinon il serait dépendant ) .
Ces questions classique de maturation psychologique sont selon moi , faussées dans leur perception, par le substrat individualiste de notre société Il y a ici un glissement du psychologique au philosophique. Poser la question c'est lui donner un statut universel alors qu'Alain le montre bien, et le débat, l'a aussi, bien montré, la question du « être soi » n'a pas vraiment de sens profond au plan conceptuel.
Évaluer les grandes questions de l'existence en partant de soi et inclure de ce fait les autres dans une problématisation toute personnelle rend la solution pour soi pratiquement impossible Il faudrait changer les autres qui sont alors , pour soi, dans le déni ou pire, dans «le mental». Il faudrait changer la société qui empêche d'être soi -même sans voir que ce pré-supposé est typiquement libéral (la société se pense alors en partant de l'individu ) ..
Alain, ici encore, a raison :- le « soyez plus gentil, soyez vrai» est typique du temps. Cela peut s'entendre par « soyez gentil et vrai (authentique ) dans votre gentillesse au lieu de courir après l'amour des autres par manque d'amour pour vous» .
Mais beaucoup, malheureusement, vont comprendre dans le titre du livre (sans le lire plus avant )que la société me dit d'être moi ( parce que je le vaut bien ) d'écouter mes envies et surtout de penser mon bonheur maintenant ( surtout si vous êtes dans un hypermarché ) .Ces injonctions purement marchandes, ils vont les transposer au plan personnel dans un enfermement égotique. Ce mouvement , cette aliénation rend selon moi, la société et les rapports humains de plus en plus difficile et c'est là que se pose peut-être, le vrai problème philosophique
Ainsi, chez les psy pour vous aider à en sortir des désirs des autres ( forcement totalitaires puisque les autres veulent aussi étre libres d'être eux-mêmes ) on vous apprend un truc efficace: pour gagner cette bataille (de tous contre tous ) apprenez à dire non. C'est très facile. Par exemple, ce soir, pourquoi n'auriez- vous pas la migraine?
Dans un texte sur le net je trouve : " Sartre parvient à donner un sens à la phrase : « je ne suis pas ce que je suis », qui est une reformulation littérale, de l’expression « je ne suis pas moi-même ». Ainsi, il dit que je ne suis pas ce que je suis, au sens où « ce que je suis » désigne « ce que j’ai été ». Je peux par conséquent être aussi ce que je ne suis pas, si par « ce que je ne suis pas », j’entends « ce que je serai ». Par conséquent, je peux ne pas être moi-même, au sens je ne suis pas ce que j’ai été (réductible à…, prisonnier de mon passé) et où je suis ce que je serai (me ferai être, cf. projets, etc.) ».
Ce qui est important à mon sens de souligner ici c'est que « ne pas être ce que nous somme», signifie que nous sommes libres, que nous pouvons à tout moment choisir ce que nous voulons être. Puisqu'en n'étant pas soi-même, nous pensons savoir ce que nous ne sommes pas, plus , oupas encore . En somme, soit ce non-moi s' intégré à nous ( nous nous acceptons dans une totalité en devenir ) soit nous changeons au présent. Et alors, qu'est -ce qui nous en empêche ?
Autrement dit la quête de soi est infinie. Il suffit de ne pas s'arrêter en chemin. Et je dirais, essayons de cesser d'accuser les autres puisque, grâce à Sarte, nous savons que c'est tout bonnement de la mauvaise foi !
Comme quoi, bien souvent , le problème dans un café philo,n'est pas la réponse à trouver mais la bonne question à se poser. Pendant et après. C'est rassurant. Non ?

4. pas si libre
Ecrit par Alex. 04-08-2010
pour me réaliser personnelement je suis souvent limité par l'affectif que je ne contrôle pas
on difficilement; leadership confiance en soi, empathie sont des qualité qui ne se décrète pas
il faudra beaucoup de courage et de persévérance ; de bouquins et de stage pour progresser
ce qui m"empeche d'etre moi meme; ce que je voudrait être; ce sont mes propres limites; je suis donc d'une autre façon prisonnier de ce moi m^me, de mon "naturel" selui que je ne voudrait plus être et qui revient au galop a l'occasion; mais c'est aussi les autres qui peuvent me rendre prisonnier d'un moi même avec lequel je voudrait tourner la page; le criminel restera toujours un criminel et pourtant il l'au été une fois et il nr récidivera pas ; on ne lui accordera pas le droit de sortir de cette étiquette; et pourtant nous sommes tous des criminels en puissances; notre avenir pour les plus jeunes en tout cas nous défini mieux que notre passé;
derrière remarque sur le regard des autres ; il peut aussi nous empecher d'être nous même ; exemple des homosexuels qui prefere ne pas vivre leur véritable aspirations.

5. cela pose question..
Ecrit par Gérard. 04-08-2010
"c'est aussi les autres qui peuvent me rendre prisonnier d'un moi même avec lequel je voudrait tourner la page";qui vous oblige à rester dans le même personnage ?

"Pourtant nous sommes tous des criminels en puissances"cela arrive à tous et donc c'est oublié??

"notre avenir, pour les plus jeunes en tout cas nous défini mieux que notre passé;"( quand on est jeune )Serions-nous,alors,non pas nous-même, mais notre projet? un être en devenir et non un présent-passé?

merci de nous éclairer.

bien cordialement.

6. Explications
Ecrit par Alex. 04-08-2010
Qui nous oblige à rester nous même ?
J’avais pris l’exemple d’un criminel qu’on regarde toujours comme un criminel potentiel alors qu’il a purgé sa peine; c’est un mauvais exemple ; dans ce cas les autres le rendent prisonnier de son image et non de lui m^me. Le regard méfiant des autres ne l’aidera surement pas mais la porte reste ouverte au changement.
Par contre il y a peut être les parents et leur éducation qui nous contraigne à une certaine personnalité ; surtout dans la mesure ou notre aspiration originelle est de vouloir leur plaire ; sous somme pris au piège de la séduction pour être aimé ; nous sommes prêt à faire beaucoup de compromis. Mais c’est peut être le signe que nous restons dans cette logique que nous ne sommes pas encore adulte.
Tous criminels en puissance…
Je crois qu’un criminel a le droit à une seconde chance ; qui n’a jamais fait d’erreur ?l’erreur ou la faute commise permet pas de juger de façon définitive une personne ; c’est acte qui peut être jugé
La personne reste libre, sauf si elle est malade bien sur, de partir sur une nouvelle voie.
Ne suis-je que mon Présent et mon passé ?
je me dis que celui qui veux savoir à qui il a affaire a peut plus intérêt à connaître les intentions de cette personne plutôt que son passé justement parce que nous sommes relativement libre et donc suceptible de ne pas continuer à être celui qu’on a été et à forciori pour les plus jeune parce ceux qui n’ont pas de passé ou tres peu. Mes intentions, mes projets surtout lorsque je change de vie me définissent mieux que mon passé.

J’ajouterai à « ce qui nous empêche d’être nous même «
La sphère du travail compte tenu des enjeux peut conduire à ne pas respecter mes valeurs; le travail nous engage dans un autre système de valeur (logique économique, la productivité, la rentabilité …) ; la vie contraint à hiérarchiser nos valeurs ; nous sommes obligé de faire des compromis. Cela dit le travail peut aussi me pousser à me dépasser à aller au dela de mes limites, à m’ épanouir.
Pour revenir aux compromis, la vie à deux oblige aussi souvent à des compromis qui nous transforme malgrè nous ; l’état amoureux conduit souvent à de grand changement de personnalité ; Les attentes de l'autres ne sont pas forcément toujours les nôtres et pourtant nous y répondons et si cela ne nous coute pas au contraire si cela nous réjouit c’est surement qu'il y a de l'amour.
En conclusion
Platon pensait prouver l’immortalité de l’âme en la définissant comme source de son propre mouvement : ce mouvement me m’apparaît pas ci libre et indépendant que cela ; cela remettrai- il en cause notre immortalité ?

7. Pas si libre ...suite
Ecrit par Alex. 07-08-2010
racisme, radin, égocentrique, ... est il facile de changer d'attitude et de pensée?

8. Besoin d'aide
Ecrit par Elodie. 07-11-2013
Bonsoir à tous,
J'ai un devoir de philosophie sur le sujet "Qu'est-ce qu'il m'empêche d'être moi ?" . Ma dissertation est rédigée, cependant ma grande difficulté reste l'introduction et la conclusion... Si vous pouviez m'accorder un peu de temps afin de me donner quelques idées. Merci d'avance !

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