La pesanteur et la grâce

- Débat du 27 juin 2010 animé par Daniel Ramirez -

                            

Compte rendu rédigé par Elke Mallem

 

Quelques sujets proposés :

- Aujourd’hui, le soleil est là ; est-ce qu’il fait beau pour tout le monde ?

- Entre le plaisir et la joie, faut-il choisir ?

- Toute civilisation est une vision du temps.

- L’équilibre est-il un remède contre l’extrémisme ?

- Fin du monde ou fin d’un monde ?

- L’arrogance de l’homme.

- Le coup de poing : le dialogue interne.

- Sans l’imagination, la mer ne serait qu’eau salée.

- La pesanteur et la grâce.

- Le langage, un outil de communication et non de réflexion.

 

Sujet retenu : La pesanteur et la grâce.

Il a été motivé par le titre d’une exposition au collège des Bernardins en appui au titre de l’essai de Simone Weil.

Les associations d’idées d’ouverture mettent en discussion le lien qui peut exister entre l’un et l’autre : sont évoqués le travail nécessaire au danseur pour dépasser la pesanteur du matériel afin d’arriver à la légèreté, la grâce du mouvement. Dans la discussion d’un sentiment de grâce possible face à une formule mathématique comme celle d’Albert Einstein (e=mc2) est introduit le lien entre matière et énergie, la transmutation d’une façon d’être vers une autre.

Nous travaillons à mieux définir la « grâce ». L’oscillation va de l’état de grâce de définition théologique, qui « tomberait » dessus sans la volonté express de l’individu, et de l’autre côté l’état de grâce en tant qu’aboutissement d’un travail dirigé et motivé. Le rappel d’expérience d’état de grâce que chacun a pu avoir vécu, tel l’état amoureux, celui des parents qui découvrent leur enfant, situe l’état de grâce dans une acceptation théologique. De l’autre côté, la sensibilité à la grâce d’un mouvement est évoquée, comme pour la feuille tombante de Cyrano de Bergerac dans la scène V : « Comme elles tombent bien ! Dans ce trajet si court de la branche à la terre, comme elles savent mettre en beauté dernière, et malgré leur terreur de pourrir sur le sol, veulent que cette chute ait la grâce d’un vol ! » Dans ce travail de délimitation, nous évoquons les termes d’enthousiasme, légèreté, beauté…

Le mouvement de la feuille d’Edmond Rostand dans son Cyrano de Bergerac invite à chercher à comprendre la différence visible de la chute de la pomme qui ne génère pas ce sentiment de grâce. C’est la pesanteur de la pomme qui induit la chute plus violente de celle-ci. La proximité de la chute et de la grâce a effleuré le débat plusieurs fois sans pouvoir émerger plus distinctement. Le poids, la pesanteur, nous constatons son utilité et nous en dénonçons sa charge. Elle fait évoquer la charge de travail et la morbidité de l’immobilité. Refus de la pesanteur devient alors refus du travail, refus de porter la charge ? Nous jouons avec le mot : intellectuellement, il est amusant de penser qu’on puisse échapper à la pesanteur par l’apesanteur : pourquoi ne pas profiter de l’aubaine ?

Emerge un autre faisceau de préoccupation : la pesanteur et la grâce et son rapport au temps. Nous parlons de la fugacité de l’état de grâce et ses traces dans la mémoire. Le temps de la grâce semble occuper une temporalité autre que la temporalité de la pesanteur. L’un semble ancré dans l’éternité, l’autre tout dans la finitude de l’être.
 
Je vais m’attaquer à présent à la pesanteur du réel : un travail m’attend que j’ai fui bien volontiers mais qui m’attend patiemment. Qui sait, un état de grâce me tombera peut-être dessus ? L’espoir fait vivre et fait avancer quand on ne sait pas toujours si ce qu’on fait aboutira à ce qu’on aimerait qu’il aboutisse !

LISTE DES COMMENTAIRES...


1. Quelques compléments
Ecrit par Alain. 04-07-2010
La conjonction « et », très polysémique, peut opposer ou bien associer les deux mots. Ces derniers se regardent peut-être.
Le quotidien semble pencher incontestablement du côté de la pesanteur. Mais on peut renverser la donne. Le travail, l’argent, soit on est « crispé dessus », soit on les conçoit comme don, comme don d’amour.
Le sujet ne se réduit pas à une opposition duale entre terre et ciel. Différentes attitudes sont possibles avec le terrestre : on s’en libère, on l’accepte, et dans deux cas on se rend plus léger.
Ainsi, la pesanteur semble moins encombrante. Mais elle n’est pas seule à s’opposer à la grâce. La « condition humaine » faite de perpétuelle incomplétude et d’inachèvement donne une gravité parfois excessive à la vie. L’humour est un secours. Mais penser la finitude, la mort, ne donnerait-il pas de la grâce ?...
Au fait, celle-ci peut-elle être appelée ? On a dit qu’elle était « donnée », gratuitement, par Dieu.
Dans la religion tout n’est pas grâce,loin de là... Les mystiques, dans leur recherche de pureté et de sainteté, se mortifient jusqu’à la destruction du corps. C’est une autre version de l’accès au divin, loin d'être donné, celui-là... Le christianisme peut être vu comme « une dramaturgie de la souffrance humaine ».
L’acte sexuel, un refuge pour la grâce ? Il serait engendrement, création d’âme. La grâce alors fait rêver !
Pourquoi donc une feuille qui tombe a-t-elle de la grâce ? Est-ce définitivement de l’ordre du mystère ? Une réponse a été proposée : c’est une écriture qui ne laisse pas de trace, ne paye pas sa dette au temps. Contrairement à l’écriture besogneuse des hommes...
Pourquoi donc avoir besoin de l’art ? Du « divin Mozart » ? Pourquoi passer du parler au chanter ? Pour moins de matérialité ? Pour s’élever ? Michaël Jackson sur scène était « aérien ». L’humanité tente depuis ses origines de s’arracher de la pesanteur (matière, corps, réalité quotidienne) comme d’une fatalité, pour atteindre l’esprit. Et pour cela la grâce permet de dépasser la dualité esprit / corps.
Dans une sculpture sont associées la pesanteur (la matière qui a été taillée) et la grâce (l’oeuvre d’art produite par la main de l’artiste).

2. Recherche de complétude
Ecrit par Elke. 04-07-2010
Alain, vous complétez si bien les contenus de ce débat que j'avais trouvé particulièrement riche. Ce serait super si le jeune homme qui avait lu sa contribution pouvait mettre ce passage par écrit ici. C'est toujours frustrant de ne pas pouvoir retenir toutes des richesses de la pensée émergente d'un groupe dans le bruit inévitable des pensées qui s'entremêlent, parfois s'entrechoquent.

3. pour ne pas oublier Saint Augustin..
Ecrit par Gérard Tissier. 06-07-2010
Merci Elke d'avoir alimenté notre site de ce compte-rendu

A le lire, je me désole que la dimension, essentiellement religieuse du mot grâce n'apparaisse pas. Quoi qu'il en soit, le livre de Simone Weil (qui a le titre du débat) est un recueil de pensées nourrissant le rapport dual entre une pesanteur métaphysique et le processus par lequel il est possible de s'en détacher en partie, pour atteindre une certaine qualité d'âme. Bien entendu, je fais confiance à Daniel pour avoir donné des éclairages mais ce fût, à ce qu'il semble,sans écho.

Heureusement Alain vient à notre secours en invoquant la grâce comme une modalité du salut, salut qui pendant environ 17 siècles, l'épistémé de l'occident-croyant. Ouf !

Dans cet horizon de sens, la pesanteur serait ce qui nous pèse, savoir la culpabilité,cet écartèlement entre nos valeurs et ce que nous sommes.
Et à un niveau équivalent que serait la grâce? Non la légèreté mais ce verdict à soi donné et inattendu qui, renversant l'ordre logique des choses, permet à celui qui en est l'objet de recommencer à vivre comme un innocent. C'est le pardon.

La grâce ce serait ce qui efface tout le contentieux séparant le ciel de la terre Et aussi ce qui ne nous sépare plus du tout de l'autre pour donner lieu à des moment de communications authentiques.

Deux citations issues de « La pesanteur et la grâce »   pour éclairer le propos :  

«La beauté séduit la chair pour obtenir la permission de passer jusqu'à l'âme.»

«L'homme voudrait être égoïste et ne peut pas. C'est le caractère le plus frappant de sa misère et la source de sa grandeur. »

Cela fait penser à de la sublimation, cela y ressemble, mais cela n'en est pas car il s'agit ici d'une dimension de l'humain à laquelle peu accèdent mais qui existe par l'expérience :celle de l'esprit en soi nous ouvrant par l'intuition ou par la croyance à un au-delà de soi.
En un mot, passer de la pesanteur à vivre à la grâce d'exister. Retirer du plein le lourd pour ne garder que le léger.


4. Dimension religieuse
Ecrit par Elke. 06-07-2010
La dimension religieuse me semble alimenter souvent une polémique dans le café philo, donc, je l'ai mis un peu en sourdine, c'est vrai. En y réflichissant bien, je constate qu'il y a le "Marie, pleine de grâce" qui a du m'en empêcher aussi un peu pour un motif beaucoup plus égoiste. Je m'insurge actuellement intérieurement à l'idéalisation en outrance de la figure maternelle qui a donné trop bonne conscience à tant d'hommes à laisser les femmes seules dans leur travail d'éducation. Rien avoir avec la grâce,donc, mais c'est ainsi qu'on écarte tout un pan de la réalité pour ne pas trop se déranger! L'intérêt du debât, c'est justement de pouvoir croiser les regards et considérer les points aveugles de nos vies.

5. pour ne pas oublier St Augustin
Ecrit par Dupont Jacques. 07-07-2010
J'habite,justement, rue St Augustin et là justement avons nous toujours le même problème....
A quel arrêt de bus faut-il sortir?
L'un est trop loin mais en ligne droite et celui qui est plus proche nécessite un détour à cause du paté de maison.....
Quel grâce donc d'avoir toujours le même problème,avec sa lourdeur habituelle et sa tentative toujours râtée de l'oublier....
En un mot:son camembert(du même nom) manque de matière gasse,est dur et seulement difficilement digérable,quelle lourdeur....
je ne vois donc rien dans les représentants du St Augustin qui mériterait qu'on le retienne,qu'on fasse abstraction de sa famille matérielle.....

Qu'il s'agisse du lycée St Augustin où mon fils fait ses exutoires latinisants,cancre parfait et imméritant
Ou du café St Augustin où j'ai rencontré ma derniére copine(celle qui m'a plaquée) je ne vois nul part une raison pour laisser un seul cheveu sec à votre Auguste....

Aucune légéreté,aucune grâce,il ne ressemble,très souvent,jusqu'à sa dépouille mortuaire:d'où vient cette poussière passée,ce trépassement de la raison sans âme ni chaire?....

Regardez le donc comme moi-même d'un point de vue"théosophique":ne pourrais-je pas êttre sa réincarnation?
Ne pourriez-vous pas m'appeler"Monsieur St Augustin"?

En parlant de lui,ainsi,votre "affaire intellectuelle deviendrait beaucoup plus facile....
Au lieu de parler de St Augustin pour vous cacher derrière lui,vous pourriez en faire votre propos direct."Je lui sous-entend ce qui me fait plaisir",je ne comprend rien à sa philosophie mais je peux en parler comme si je vivais chez lui,comme s'il était un de mes grands ancêtres cognitifs,une sorte de père spirituel.....

St Augustin,dans ma vie,ne fait pas bonne figure:dans mes prières il ne m'écoute pas,m'oublie aussi longtemps que possible....Mais,passons....
Ainsi,comme parlant de mon fils,en toute grâce et sénérité,je lui adresse ,parfois la parole ainsi:alors,mon vieux St Augutin,comment as-tu,cette fois-ci,râté ta malversation latine?
Et lui,sachant que je ne lui refilerai jamais une baffe,me dit,gogenard:sans doute mieux que la dernière fois....
Est-ce lourdeur ou grâce que d'être un augustinien,d'après la lettre ou seulement en "pensée",mon brave
saint des augustes et autres légères babioles?

6. Religion encore
Ecrit par Daniel Ramirez. 07-07-2010
La grâce peut parfaitement être évoquée dans un contexte laïque, et cela n'a pas manqué d'être fait losrs de notre débat: la gratuité affecte de nombreuses dimensions de nos vies: rapports amoureux, amitié, initiatives militantes, geste généreux, politesse, sourire dans la rue... Elke a raison, la question religieuse devient envahissante et par trop polémique; trop de simplifications et de raccourcis donnent envie de ne pas l'évoquer pour pouvoir faire de la philosophie tranquillement. Mais c'est une erreur de céder à l'intolérance et de plier face à l'ignorance. C'est pourquoi je me force, par le questionnement, d'exercer un peu de pression sur les intervenants pour qu'ils ne se contentent pas de "dire ce qu'ils pensent mais aussi de penser ce qu'ils disent" - c'est un mot de Marc Sautet.
Des philosophes comme Simone Weil, ont vécu le drame intérieur de devoir choisir, de prendre des options fortes en matières qu'aujourd'hui sont renvoyées d'un revers de la main par des esprits trop sûrs d'eux-mêmes.

7. pas de grâce sans pesanteur
Ecrit par . 08-07-2010
font équipe
sans pesanteur notre univers ne ressemblerait à rien; pas d'étoile possible pas de planete pas de vallée; pas de rivière ; pas de cohérence globale; cette force qui défi des alpinistes les plus chevronnés
de mettre le pied sur les hauteurs de notre monde les récompense à l'infini quand il y parviennent;
s'oppose
la pesanteur accèlère alors que la grâce ralenti; elle ralenti parfois jusqu'à tout arrêter; avec la grâce le temps disparait; vous êtes encore dans l'espace mais le temps c'est mis à tourner à sa propre vitesse; vous entrez dans un monde parallèle; on ne vous reconnait plus; la feuille ne respecte plus les règles elle fait sa proche trjectoire; plus personne ne peut la prévoir; elle est unique infalsibiable;
lors de l'ascension; la pesanteur accèlère notre rythme cardiaque; il faut pourtant trouver une parade pour éviter la chute; l'encordement en est une bonne les apics sont effraynts; la terre en a une autre rour résister à la pesanteur; elle tourne autour du soleil; éviter la confrontation directe; parfois malgrè toutes notre vigilence la chute est engagée; on s'enfonce très bas ; parfois jusqu'à la dépression; le trou noir de notre finitude ; de nos fragilités n'en fini pas de nous déconstruire;
comment se relever comment sortir de la disgrâce?

8. Disgrâce
Ecrit par Elke. 08-07-2010
Intéressant d'introduire la disgrace qui donne un relief tout autre à la grâce. Par la possibilité d'une disgrâce, la dépendance de la grâce à quelque chose qui n'est pas sous notre contrôle ma paraît plus marqué.

9. lois fondamentales
Ecrit par Alex. 12-07-2010
la pesanteur & entropie ; les lois physiques se suffisent pas à tout expliquer;
la grâce est peut bien plus qu'un état éphémère que nous traversons parfois
elle est peut être aussi fondamentale que la pesanteur pour caractériser notre monde
ne serait elle pas une loi physique à part entière?
La grâce n'aurait elle opéré des l’origine de notre univers pour fixer les constantes fondamentales de notre univers?
Si le monde devrait se réduire à pesanteur et entropie/désordre comment la matière aurait elle pu se libérer d’elle-même en donnant la vie et en donnant la pensée.
Les scientifiques doivent revoir leur copie ; le monde n’est pas que pesanteur et désordre.
La grâce a été oubliée elle est pourtant omniprésente.
Ne serait elle pas à la fois une donnée/réalité fondamentale de notre univers mais aussi une qualité fragile qui dépend de nous ; de notre regard ; de notre désir d’harmonie.
la grâce est dans notre regard ; et que peut être que la réalité et sa pesanteur n’a plus trop d’importance ; si l’on parvient à se détacher ; seule compte alors l’impression que l’on a de cette réalité.
la disgrâce n'est plus alors qu'une illusion; et même si elle est réelle; nous avons sur elle un pouvoir inattaquable ; celui de notre propre regard avant celui du regard des autres;

10. De la loi
Ecrit par Elke. 14-07-2010
"Les lois, dans la signification la plus étendue, sont les rapports nécessaires qui dérivent de la nature, des choses. Les lois sont les rapports qui se trouvent entre elles et les différents êtres, et les rapports de ces différents êtres entre eux." C'est Montesquieu. Puis, je pense aussi à la parole d'Einstein que tout est lié dans l'univers. S'en détacher serait donc impossible. Notre rapport au tout change, mais au total on y est toujours intégré.
Puis, en lisant le dernier post, je me rends compte une fois de plus de la difficulté de s'extraire du jugement qui donne toutjours une connation bon ou mauvais à un état de chose. On devrait pouvoir avoir l'honnêté de dire "bon pour moi", "mauvais pour moi". Cela eviterait beaucoup de malentendu. Le "dys" est plus contraignant parce qu'il est désagréable, inconfortable.

11. Bon ou mauvais?
Ecrit par Alex. 18-07-2010
...de ce monde fondamentalement interdépendant décrit par les physiciens l’homme est apparu revendiquant sa liberté, sa capacité à se détacher des lois de l’instinct naturel qui lui donnerait justement cette aptitude à la grâce; "la volonté parle encore quand la nature se tait » Rousseau

je ne comprends pas ... à quel propos aurais sombré ds la classification "bon ou mauvais"?

12. " La pesanteur et La grâce ", Simone Weil, Daniel Ramirez
Ecrit par ROCA. 21-07-2010
" La pesanteur et La grâce ", Simone Weil, Daniel Ramirez',

L'Attraction terrestre ... plaisir, et La mer', eau salée, L'Aspiration
céleste ... joie, et imagination,
L'homme ... dans L'eau salée ... roseau pensant ... L'onction,
La grâce ... Vocation,
entre ... ciel et terre ... danse ... L'homme', Au milieu,
enracinement, terre', et ciel, élévation, terrien, et, Aérien, et, d' essieux'
Aux cieux,
L'eau, mes' Aïeux ! Le feu, de Dieu ... Aux mille'...yeux,
La ...pesanteur, L'A ...pesanteur, des racines, et des' Ailes,
des radicales' ... Ailes,
" [ mon corps et La Loi morale',
Au fond de mon cœur ], [ mon' esprit, Les' étoiles,
Au-dessus de ma tête, ] ", d'Après Kant', La pesanteur ... Lame ... de fond ... et La grâce ... L'...âme ... de fond, La forme', état de grâce ...
du fond, en surface,
" La forme ... c'est Le fond qui monte' À La surface ",
Victor Hugo /
Alter' Hugo,
en forme', Au fond de soi,
dépassement, de soi,
et, d'Après Jacques Prévert, " de deux choses ... L'une, L'Autre ... Le Soleil " ...
Weil,
À La bonne ... fortune', À La grâce ... de Dieu,
tout Le monde' Au milieu ...
inertie, prophéties ... Liquéfaction, sublimation ... et, " L'insoutenable Légèreté, de L'être ", Milan' Kundera, de La transmutation,
La transfiguration,
de La matière', Athée, spiritualité ... et, de L'Avoir, et, du Paraître', et, du Néant, À L'Être,
transcendance', immanence, pesanteur, finitude' Attitude, grâce ... finalité, créActée,
du poids de La ...Cité ...pesanteur ... gravité ... À La grâce ... citée, façon de L'...éviter ...
Chemin de La Passion,
Pente ...côte', Ascension,
du temps, et de L'espace,
Le Passage ... La grâce,
Comme'...union de L'Esprit,
dans Le corps, Incarné, et du corps, en L'Esprit,
qui Était, Est,
Vient, naît ...
où À ...fleur, de Lotus', ... ma feuille', en tourbillon,
et son' effet " cactus' ", son' " effet papillon " ... ( merci, Alfred' ! ), Gilles Roca,

Cas-fée-Philo de Phares, 27'. 6'. 2010', ces-jours de Messidor,

peasanteur, grâce ... phare,

pesanteur, grâce', indice',
et, mais non, mais non, Mais ...si ...d'or !
G R

13. réponse à la réponse de Daniel
Ecrit par Gérard Tissier. 22-07-2010
"La grâce peut parfaitement être évoquée dans un contexte laïque, et cela n'a pas manqué d'être fait lors de notre débat:(6)" écris-tu.C'est une évidence et personne ne songerait à condamner une vision non pas "laïque" mais prosaïque de la grâce.Car, sur un plan religieux, la grâce n'est pas la gratuité mais c'est plutôt, la grace qui est gratuite( cette grande nuance vaut surtout pour les protestants).
Ce que je tenais à relever et auquel tu ne réponds pas,Daniel, c'est que sur un sujet qui est le titre d'une oeuvre (La pesanteur et la grâce de Simone Weil ) il n'apparait pas que l'on se soit attaché au sens de l'articulation d'origine. On a le même phénomène avec le sujet " C'est bon pour le moral ".On part d'une formule restée dans les mémoires ( là une chanson qu'un participant nous a donné sur le site ) et les gens partent dans autre chose.
Je connais tes exigences,là n'est pas là n'est pas la question. Mais tu le sais, la philosophie consiste aussi à explorer le sens profond des termes, à nous dire "qu'est ce que nous voulons quand nous employons tel ou tel terme? ". Quels sont ses implications.S'agissant de la pesanteur et la grâce, il y a entre autres,une thématique de la chair et de l'esprit, de la culpabilité et du pardon, de la dépendance et de l'autonomie.
Tout cela fait partie des grands questions de la vie.Se priver du terreau philosophique que constitue le corpus des religions sous prétexte que cela fait polémique est s'amputer soi même d'un large champ de compréhension vers une vison englobante et non personnelle de l'humanité.Comme l'écrit Marcel Gauchet, la religion n'est pas une évolution mais dans sa pureté primordiale, le commencement du monde (comme représentation).
L'athéisme de bon aloi qui n'a peur de rien pour s'affirmer avec plus ou moins d'arrogance sinon de suffisance, ignore totalement la spécificité révolutionnaire du christianisme et son rôle à la racine du développement occidental.Or,pour Marcel Gauchet, nous allons vers un monde "hors religions " ce qui veut pas dire sans religions. La spiritualité est devenu l'affaire de chacun dans un monde " désenchanté"
Dés lors que son développement personnel, psychique et affectif permet d'y accéder, il y a une manière de vivre les grandes questions dans un autre plan de conscience, dans une affectivité réaménagée vers une plus grande maturité avec un meilleur accés à l'altérité.C'est une autre manière de vivre la philosophie :penser qu'un part de nous relève d'un universel incontournable car nous ne sommes pas auto-créés
Je crains que pour beaucoup d'athées- en tout cas pour les moins respectueux des autres, leur athéisme ne renvoie pas au fait de ne pas croire mais plutôt à celui de ne rien savoir.C'est vraiment dommage et ce n'est pas inutile, comme je le fais avec toi, de le leur dire ici.

14. Réponse à Alex
Ecrit par Elke. 23-07-2010
A vrai dire, je n'arrive plus à trés bien comprendre non plus. Il me semble que je pensais devoir donner ma faveur plus à la grace qu'à la pesanteur, et dans ton texte, on voit bien que l'un n'est pensable sans l'autre. Je parle de la difficulté de s'extraire du binaire. Rien à voir, finalement. Ou si. Enfin, je ne sais pas bien.

15. L'oeuvre de l'origine
Ecrit par . 23-07-2010
Gérarde, "Se priver du terreau que constitue le corpus des religions...": je n'ai jamais voulu suggérer cela. Ce que je crains, ce sont les polémiques, l'utilisation qu'on fait des contenus religieux pendant les débats. La personne qui avait proposé le sujet l'a bien signalé au départ: elle n'avait pas lu le livre. L'origine du débat est induit par la proposition des participants qui apportent une pluralité de réseaux de références. On fait avec ce qu'on peut trouver dans le groupe. A vouloir aller trop dans une direction pré-conçu, on peut parfois perdre plus qu'on ne trouve.
Pour une flanerie du dimanche, on a peut être le droit d'aller un peu n'importe ou?

Ceci dit: vous aurez aimé entendre quoi par rapport au sens de l'articulation avec l'origine?

16. Don gratuit
Ecrit par Alex. 30-07-2010
L'origine de la notion de loi est théoloqique. les premières lois étaient les lois de Dieu : la table des loi de Moise; Pour Spinosa les lois de Dieu et celles de la nature se confondent ; pesanteur et grâce avait une articulation;
Le siècle des lumières a cru pouvoir tout décrire tout comprendre tout prévoir ; on établissait des lois sur tout; trop simplistes, rapidement violées ; on les adaptait ; on reduisait leur domaine d'application, on les associait à une speudo-réalité (loi des gaz parfaits)
Les scientifiques reconnaissent aujourd'hui que les lois ne représentent pas la complexité des interactions spatio temporelles. La pesanteur est un bon exemple.
Newton a découvert la loi de la gravitation universelle
Nous pensions avoir tout compris sur la gravitation en identifiant une relation mathématique qui fonctionne souvent assez bien mais en fait pas toujours (ex: la rotation de la planète Mercure n'était pas parfaitement corrélée de même pour les grosses planètes du système solaire )
Eintein a enrichi le sujet avec sa théorie de la relativité générale ; la rotation de mercure est alors correctement prédite; on prévoit même la déviation de particules sans masse, des rayons lumineux au passage à proximité des grandes masses (soleil) ; pour einstein la gravitation n'est pas une force mais une déformation de l'espace; en parallèle on cherche désespérément des traces de gravitons ;
En fait la pesanteur reste un mystère que la science nous donne l'illusion momentanément de bien comprendre par quelques formules ; mais dans l'étant actuelle de nos connaissance nous somme obligé de reconnaitre que l'action à distance de la pesanteur est "magique"; répétable mais magique! en fait la pesanteur n'est qu'une propriété notre réalité dont nous ne savons rien de la nature profonde ; finalement la pesanteur par son pouvoir d’action très lointain a permis de transformer le chaos originel du bing bang en un univers organisé ; étoiles planetes systemes solaires galaxies amas… ; même si elle peut se mettre en équation , n’est elle pas aussi un don grâtuit sans parler de dieu mais de la nature comme la grâce ? et la grâce n’est pas parfois aussi prévisible que la pesanteur ? Un seul exemple mais il y en a mille autres : La maternité

17. La gravité
Ecrit par Nadia. 30-07-2010
La vie pèse de tout son poids, un "poids mort"(quelle drôle d'expression et pourtant ça me semble assez juste). La vie devrait être allégresse, émerveillement devant ce qui se présente d'éblouissant à nos yeux dans la nature ( la lumière , le soleil , la "sieste à l'ombre d'un arbre mais aussi la rencontre, les échanges , les découvertes aussi infimes soient elles ..... Et pourtant !!!Le monde est complètement dingue.Il pèse par la faute des Hommes, leur inconscience et leur cupidité. Que reste-t-il à ceux qui ne peuvent s'en satisfaire ? le retour aux vrais valeurs, la spiritualité, le combat.... Peut être tout cela à la fois. Amitiés Nadia

18. Réflexions sur l'animation réfugiées ici
Ecrit par Alain. 31-07-2010
Comme il n'est plus possible d'ajouter un commentaire au forum du sujet "C'est bon pour le moral", je me permets de squatter ici en demandant la compréhension de Daniel qui a animé ce débat. En fait, ces "réflexions" devraient faire l'objet d'un forum, mais je ne suis plus autorisé à en créer.

Demain Gunter anime et je ne ferai pas de compte rendu. Après une semaine de coups de force et de contre-coups de force, puis-je avoir l’air d’accepter finalement le principe « fais le travail et tais-toi » ? Un compte rendu doit pouvoir être critique quel que soit l’animateur (en respectant la personne et sans tout démolir). A défaut, on se vend.

Et puis c’est insupportable d’être obligé de choisir entre Daniel et Gérard d’un côté et Gunter de l’autre. Cela pourrit à coup sûr l’esprit et l’atmosphère du site ! Je vois, comme d’autres, des défauts chez Gunter (ce que j’ai expliqué) et souhaite qu’il ne les aggrave pas et même les corrige... Mais lui n’aurait jamais provoqué la confusion de cette semaine folle.

J’avais sur le feu quelques REFLEXIONS SUR L’ANIMATION (inspirées aussi par mon expérience), qui sont à peu près au point maintenant.
Il y a co-responsabilité de l’animateur et des participants pour assurer la qualité d’un débat, mais les deux responsabilités sont de niveaux différents. C’est d’abord l’animateur qui crée les conditions du débat suivant la conception qu’il a de l'animation. Or différentes conceptions existent.
Longtemps je n’ai juré que par la méthode « dirigée », maintenant je me demande si cette méthode, qui donne un rôle central à l’animateur et intériorise une hiérarchie intellectuelle entre lui et les participants en prétendant garantir ainsi la qualité des débats, ne les appauvrit pas au contraire. Jacques Rancière, dans « le Maître ignorant », parle d’égalité des intelligences. L’« intelligence », faculté humaine universelle, ne doit pas être confondue avec les « compétences », capacités acquises au fil de l’histoire, des expériences, des rencontres, des hasards, des intérêts et des désirs. Cette égalité est, me semble-t-il, un postulat pour les café philo. Or, on a dérivé de telle façon que l'idée de compétence domine au détriment de la communauté des intelligences. .....

19. Réflexions sur l'animation réfugiées ici (suite)
Ecrit par Alain. 31-07-2010
(suite)
Qu’est-ce que l’animateur doit attendre des participants ? Qu’ils fassent des efforts de réflexion pour nourrir le débat et assurer sa qualité. Qu’est-ce que les participants doivent attendre de l’animateur ? Qu’il crée les bonnes conditions et les soutienne dans leurs efforts, sachant que leur présence atteste a priori qu’ils sont disposés à les faire. Sans ce présupposé, un café philo n’a pas de sens !
Quelles bonnes conditions ? Plutôt que d’accorder une importance primordiale à l’animation et d’intérioriser une inégalité de statut (voire d’intelligence) entre animateurs et participants, il vaudrait mieux la considérer comme une FICTION NECESSAIRE. Quand Yves Cusset est venu animer, il n’a pas beaucoup parlé, et le débat ne fut ni plus ni moins intéressant et riche qu’un débat « dirigé ». Dans le cadre d’un café philo, car nous ne sommes pas à la fac, rien de ce que peut dire l’animateur ne pourrait pas être dit par un participant, s’il fait bien sûr le travail nécessaire. Car cette méthode est exigeante.

Il me semble que beaucoup de participants, individuellement, sont de bonne volonté (ils pourraient faire autre chose le dimanche matin !). De plus le café philo des Phares est sûrement celui qui favorise le plus le renouvellement du public ; les nouveaux et les jeunes y sont relativement plus nombreux qu’ailleurs... même s’ils sont un peu noyés. Alors, pourquoi cela ne se traduit-il pas par une dynamique ?
Il se trouve que, pour un animateur, s’affirmer plus éclairé que les participants permet d’abord que chacun reste à sa place. C’est pourquoi je trouve particulièrement déplacés les jugements méprisants portés en 27 par « René » (c’est-à-dire Gérard..., désolé, je n’y peux rien).
Il faudrait donc que cesse la mise en représentation personnelle de l’animateur. Et proclamer haut et fort que celui-ci n’a aucune légitimité pour juger la qualité et le contenu des prises de parole des participants. C’est finalement une forme d’immaturité politique, sorte de « passion de l’inégalité » (Rancière), que d’attribuer à l’animateur une « compétence », réelle ou non, qui empêche la communauté des intelligences.

Tout cela paraît-il utopique ? Sans doute, parce que les débats sont vampirisés par les interventions d’animateurs et d’habitués qui parlent trop et, en plus, se répètent ! Les nouveaux risquent fort d’être plombés par l’ambiance et ne persévèrent pas longtemps. L’animateur a donc un rôle important à jouer, pour valoriser les autres, le débat et non sa personne.

Il existe, malgré tout, au moins un autre modèle de café philo, celui que j’ai vanté et dans lequel l’animateur intervient pour problématiser et conceptualiser les prises de parole des participants et les intégrer ainsi dans une réflexion philosophique. J’ai oublié d’ajouter : sans que le débat soit corseté et dirigé. Car cette animation est très présente sans jamais juger et sans rien imposer, on suit le fil des idées des participants. De plus, la bienveillance, loin d’être un principe mou et superficiel, « féminin » au sens machiste, est la condition pour que les participants se sentent légitimes à prendre la parole et, pour les plus timides ou les moins « cultivés » (notion assassine pour l’égalité des intelligences), s’autorisent à penser qu’ils sont capables de penser.
Une autre vertu de cette bienveillance est de rester étrangère aux enjeux de pouvoir et autres maladies de l’ego.
Je suis donc prêt à défendre ce modèle aussi, quand ces différentes conditions sont remplies.

20. sommes nous encore entre la pesanteur et la grace ?
Ecrit par le moderateur ( ici. 31-07-2010
je ne comprends pas pourquoi Alain dit" Comme il n'est plus possible d'ajouter un commentaire au forum du sujet "C'est bon pour le moral", ... je ne suis plus autorisé à en créer ( un forum) .
ben entendu que si; le fil de discussion en question est ouvert. il vient d'être relançé par Gunter C'est en somme un heureux hasard que ce long texte d'Alain ne vienne pas, de fait, s'intercaler.lain à mal
Bien entendu le texte ci dessus trouverait sa place dans le forum il suffit pour cela de scinder le texte à la suite pour tenir compte des limites de longueur de texte.
C'est perturbant pour moi de lire "coup de force " je ne sais pas si mettre " ses "réflexions" des endroits où on ne les attend pas sont des coups de force mais au moins cela perturbe grandement des gens (dont moi) qui cherchaient à réfléchir sur la pesanteur et la grâce. Pourrait -on y rester ?

NB :Les nouveaux posts d'Alain sur ses réflexions seront modérées ici pour " hors sujet".
Je signale que les 600 000 visites sur ce site viennent à 99% de gens qui ne fréquentent pas les phares et qui s'intéressent assez peu au fait de savoir si les participants sont égaux aux animateurs ou vice et versa.



 
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