Peut-on s’empêcher de généraliser ?

 Café-philo du 14 Novembre 2010

 

Peut-on s’empêcher de généraliser ?

Animation Gérard Tissier


Le sujet que j’ai choisi ce dimanche nous vient de Nicolas, notre benjamin, qui l’a lui-même sans doute emprunté aux annales des sujets de  bac en philo. En tous  cas cela y ressemble puisque l’énoncé comporte un piège : la question est-elle :est-ce vraiment correct, adéquat ou justifié de généraliser ? ( Induit  par s’empêcher de :il ne faudrait pas mais nous le faisons.. )ou bien,  la question est- elle : qu’est- ce qui nous pousse à généraliser soit  parce qu’on ne le devrait pas ,soit, à condition de  le faire  selone une rigueur qui n’en ferait plus un réflexe, une tentdance, un tropisme humain..

Ici, avec  une assistance de plus de 100 personnes, les avis sur la généralisation, ( la bonne, la hative, l’abusive et la manipulatrice) n’ont pas manqués.Toute facilité à sa pente et le consensus y aidant, il y avait peu de risque à parler d’abus, de détournements, de d'instrumentalisation etc..   

Par contre, les rangs étaient comme plus clairsemés s’agissant de savoir si  l’on pouvait  "s’empêcher " de généraliser. Or, il se trouve que la volonté peut s’opposer à la pulsion. Quant  à la critique radicale  de  la généralisation,  elle repose sur une simple généralisation  car si une généralisation n’inclut pas tous  les cas dans sa catégorie, elle n’en est pas infirmée pour autant par les exceptions ou les cas différents.. Il s’agit tout au plus de distributions statistiques dont chacun  sait qu’elles se rangent  généralement  sous la cloche de la courbe de Gauss. Et si la généralisation n’est qu’une catégorie de la pensée qui peut etre subsumée, ( avoir des sous-catégories)  où est le problème que la question ne dit pas ? 

Intuitivement, il ne s’agirait pas de cela, -un énonçé vrai ou pas - mais plutot de savoir si la tendance implicite ( dans la question ) à  généraliser pouvait etre contre-carrée par une domestication de la pensée, une rigueur apprise ou si elle devait s'utiliser simplement en tant que commodité de langage  admise comme rendant  la communication efficace, non dispersée  dans les détails et relativement fluide.

Il a fallu pour cela convoquer les sciences congntives  au cours du débat  : la catégorisation, l’abstraction, la métaphore, l’analogie etc. . En fait doient être considérées en priorité : 1/ l’induction qui va  du particulier au général pour intégrer dans un ensemble d'idées les cas similaires. Ainsi peut- on  généraliser une notion, une idée, une théorie, une observation.2/ l’inférence-notion moins connue- qui consiste à extrapoler une observation à partir d’un  fait retenu pour vrai.( cela sert souvent dans le syllogisme : si.donc. alors et dans les diverses variantes du paralogisme fallacieux.).

Curieusement il ne fut pas question de la généralisation des pratiques comme par exemple le taylorisme en son temps et, par exemple, le téléphone mobile aujourd’hui.( une recherche sur google donne  principalement  cette acception ).

Par contre, il y a eu des propositions sur le bénéfice psychologique à généraliser. :sortir du particulier et accéder à l’universel, faire comme si l’on savait, se rassurer sur la lisibilité des phénomènes etc C’est qu'aussi, le langage est plus que ce que l’on dit, c’est un positionnement sociale et une stratégie identitaire de reconnaissance.( les propos mysogines par exemple, relèvent d'une stratégie d'inclusion dans des groupes machistes)

Mais il y a plus : la généralisation participe d’une présupposition argumentative qui a besoin de poser  un cadre stable pour aller plus loin. Le général est un implicite sur lequel on glisse quand il n’est pas central dans l'argumentation. Tout ceci s’entend  si une discussion ne se résume pas à la guerre des égos.
La réfutation  de la généralisation en tant que telle est une arme favorite pour certains parce que cela est tres éfficace pour détourner le fil et surtout  parce que cela est dans l’air du temps.Il est gratifiant d’arborer ses valeurs. Le  général, l’universel sont mort, vive le particulier car tout est specifique, inviduel et inclassable..  
 
Par ailleurs,  les forces en faveur à la généralsiation ont bien fait l’objet du procès en réductionnisme auquel on pouvait s’attendre : de la non-différence, le cantonnement de l’altérité à l’exception voire, le  supposé snobisme d’une connaissance dite  simplificatrice par ceux qui savent que nul ne sait tout.Celui qui dit qu’il ne faut pas généraliser – ce qui est néanmoins et souvent une objection polie – a l’avantage de ramener tout le monde au même plan car celui qui objecte n’a pas fait davantage d’étude statistique sur la question !

De l’abord de la complexite auquel se risque l’aventure conclusive ( un des points-clef de notre sujet ) on est  passé à l’invocation de l’individualité et de la singulartié ( son panache contemporain ) comme l’oméga de la parole vraie.S’agissant du monde et des hommes, il faudrait parler à partir de soi  avec disons le, le risque de glisser de l’argumenation au témoignage ! ( Dans ces temps où la vérité a du mal, ce mot de témoignage monte au créneau, avez vous remarqué?.on n'a plus d'avis ou d'opinion, on témoigne.Imparable !)

Bref, entre le normatif ( peut-on qui renvoie au doit-on )  et l’épistémologique –(  la critique philosophique des conclusions d’une science )  il y avait, et c’est normal,  – ce que je nomme ici philosophiquement la doxa – incarnée  par cette  belle ellipse : « quand  tout est différent, on ne peut rien généraliser"

Si cela  se comprenait rien qu’en le disant c’est que sans doute,  les croyances sous -jaccentes,( le sous- texte)  sont  les  généralisations multiformes et multi-niveaux de la diffférence comme vérité première Oublie t-on que cela découle  de la  société  des individus qui elle se généralise !.

Alors, en définitive, comment à la fois être- raisonnablement s’entend-, contre la généralisation, le global, le grosso modo,( tellement courant dans les média), écouter  les sondages qui sont des généralisations  et vivre au quotidien avec la question de son non- savoir objectif  sur le monde, le autre, la complexité ?

A mons avis, en arretant  à jouer à qui perd gagne ! La multiplication des points de vue sur ce qui est dans le monde, chez les gens  doit àboutir a de la tolérance et non a des objections intempestives.

Dans le débat d’idée, cela doit conduire à une prise de distance et je dirais ici une prise de distance  avec ce qui releve soit de la situation langagière soit du  réflexe arborant la valeur des différences avec un bénéfice évident.

Une objection sur le général peut être ressentie comme un refus buté de le connaissince,sur le monde,  un  jugement implicite d’infériorité vers l'autre, alors autant  y avoir vraiment réflechi ravant de sortir l’arme de son fourreau.

Pourquoi le « il ne faut pas généralser » fait-il  partie de ces interdits normatifs contemporains ? Si les   sciences dures sont des généralisations, en sociologie il est courant et important, de parler de la montée en généralités!...

Pour comprendre, synthétiser et transmettre un savoir. Donc, à réfléchir.. 
 

Gérard Tissier

 

LISTE DES COMMENTAIRES...


1. Lecture "en externe"
Ecrit par Elke. 20-11-2010
Merci au rédacteur du compte rendu d’un débat auquel je n’ai pas pu assister. Ainsi, j’ai l’occasion de donner mon grain de sel…
Un sujet des anales du bac parce qu’il y aurait un piège ? Cela me semble renseigner d’une position perverse des fabricants de sujet de bac, mais je ne vais pas généraliser, puisque je peux ne pas généraliser si je veux. Je suis d’accord de voir l’implication de la volonté dans cette capacité de généraliser, mais la volonté non pour s’opposer à « la » pulsion, mais pour donner à ma pulsion un destin possible. Est-il si difficile de penser la pulsion non comme frein mais comme moteur de notre capacité de penser? Tant que nous continuerons à associer la faculté de penser à l’oppression, comment s’étonner qu’il y a tant d’humains qui cessent de penser ? Rappelons toute même le lien entre savoir et pouvoir dans notre société. Le concept « propriété intellectuelle » montre bien l’intrication dans notre société du savoir et du pouvoir. Maintenant, dans ce cas précis, est-ce que j’ai raison de ne pas généraliser? On pourrait élaborer des statistiques avec les limites qu’on connait à cette science. Cela donnerait une légitimité scientifique à la « généralisation ». Pour ma part, ayant un faible pour le témoignage en tant qu’outil de connaissance et de communication inter-subjective, j’ose exprimer ma motivation égoïste : si je pensais que les profs mettent en général un piège dans les sujets, c’est qu’ils chercheraient à faire « tomber » les élèves, et je veux croire qu’un prof cherche à élever plus qu’à faire tomber. L’inconfort de penser que « les profs cherchent à piéger les élèves » ne suscite pas l’envie de généraliser. Si j’étais concerné par un prof qui m’a fait tomber, et si je n’avais trouvé aucun prof qui m’aurait aidé à me relever, j’aurais surement usé de ma tendance à généraliser pour éviter de nouvelles mauvaises rencontres. Et j’aurais cherché appui sur une autre catégorie de la population pour apprendre à penser. L’imam du coin, par exemple, qui m’aurait dit que je suis quelqu’un de bien, et j’aurais développé ma tendance à en rencontrer d’autres parce que l’imam m’aurait dit que « les musulmans » sont en général plus humains que les profs. Mais bon, l’expérience semble un outil de connaissance inférieur à l’argumentation philosophique.
Etonnant de ne pas avoir relié le terme de généralisation au système taylorien? Je signale mon étonnement : ou est le lien ? La généralisation crée un système de pensée, une cohérence, une prévisibilité du monde. Taylor parcellise, automatise, isole les actes.
Autre étonnement : entendre parler d’une « domestication » de la pensée dans ce contexte. Si j’ai bien compris, c’est le mot choisi pour parler de la compétence d’user du pouvoir de généralisation à bon escient. Mais je ne peux m’empêcher d’entendre là encore un fantasme de soumission de la pensée aux besoins « domestiques » : ne pas faire trop de bruit, ne pas gêner le consensus, celui qu’on ne discute plus. J’entends un « On ne va pas toujours revenir sur les acquis de notre société », une certaine défense de la chose établie. Et c’est justement là le danger qu’il s’agit ne pas perdre de vue. La généralisation, oui, mais sous surveillance vigilante. Elle alimente nos « croyances » dont nous avons besoin pour agir à défaut de disposer du confort de « tout savoir », mais les croyances doivent aider à rester en santé. Chaque fois qu’une généralisation empêche quelqu’un de maintenir sa santé, de grandir, parce qu’elle fige la personne ou un groupe de personnes dans une « catégorie », il s’agit de la regarder plusieurs fois. Restons dans les références domestiques: A reconsidérer certaines généralisations indiscutables, les femmes ont pu ainsi retrouver leurs âmes qu’on avait perdu pendant un temps dans la généralisation des argumentaires philosophiques des hommes d’église. Les idées et l’intérieur d’un placard ont cela en commun, : le système de rangement varie selon la quantité et la qualité des objets qui y cherchent refuge.Plus le placard se rempli, plus c'est difficile de le garder "rangé", et plus on a tendance à jeter.Niveau psychologique: plus la réalité est complexe, plus la tendance à l'ignorance est tendant.

2. généralisation obigée et critique
Ecrit par Alain. 22-11-2010
Dans certaines situations ou expériences il est difficile de ne pas généraliser. Par ex., dans les professions en contact permanent avec les étrangers (prof de français langue étrangère (FLE), guide touristique), il est impossible de ne pas constater des régularités, même si elles ne sont évidemment jamais généralisables à 100%. Comment ne pas voir les différences de caractère entre des Asiatiques et des Latino-américains dans un cours de FLE ? Il paraît que les touristes français et américains ont la réputation d’être les plus insupportables du monde… Les nouveaux riches russes se sont fait, quant à eux, une solide réputation de vulgarité.
Autre exemple plus grave : un propriétaire qui se sera fait escroquer deux fois par un locataire noir ou arabe ne prendra plus de risque et fera donc de la généralisation, c’est-à-dire ici du « racisme » et de la « discrimination ». S'il se fait escroquer par des Blancs européens il n'en tirera aucune conclusion parce que ceux-ci représentent la majorité à laquelle il appartient lui-même, et de plus il ne louerait plus à personne. La « discrimination » portera alors sur d’autres critères comme la solvabilité, l’apparence physique.

Mais rien de tout cela ne peut avoir de valeur scientifique… ni philosophique, on constate une part de réalité, c’est tout, et les individus qui font l’histoire, la philosophie, les arts, la science ne sont pas concernés par la généralisation (quoique… on trouvera des traits typiquement français chez Boulez : son goût de l’analyse, sa manière de s’habiller…, et Hegel n’était-il pas très « allemand », Monteverdi très « italien » ?...). En refusant de généraliser, se prive-t-on d’une compréhension du monde et de soi-même ? En sociologie on s’intéresse de plus en plus aux individus, mais en même temps comment ne pas repérer, encore une fois et malgré l’individualisme ambiant, des régularités suivant les appartenances (âge, sexe, origine sociale et culturelle, niveau d’études, etc.) ?
Le danger vient alors de l’essentialisation des identités, car on s’en tient à de la description dans un contexte donné sans recherche de compréhension du réel. Par ex., le « care » nous vient des féministes américaines, il est certain que ce mode de pensée attire plus les femmes et que les hommes sont davantage dans la recherche d’autonomie et de puissance. Mais qu’est-ce que ça prouve ? Et qui cela interroge-t-il ? Finalement, le problème c’est peut-être que les hommes ne s’intéressent pas suffisamment au care. Et je trouve lamentable qu’il n’y ait pratiquement plus de garçons pour faire des études littéraires ! Généralisation obligée, mais critique…

3. à manier avec précaution
Ecrit par Jules.LT. 23-11-2010
La généralisation/l'induction est un puissant outil d'accès à la compréhension du monde, et c'est pour ça qu'elle est "généralisée" (au sens courant du terme, probablement moins intéressant philosophiquement). Mais il faut apprendre à le manier avec précaution.

Généraliser est non seulement utile mais carrément incontournable, en premier lieu parce que la connaissance exhaustive est impossible et que n'absolument jamais généraliser revient donc au doute hyperbolique. Comme le dit très bien Gérard, la critique radicale de la généralisation est elle-même une généralisation abusive...

Le plus important est à mon avis de ne pas s'en tenir à un jugement basé sur une généralisation: il faut laisser à la réalité une chance de nous surprendre, et savoir réviser son jugement.

4. S'empêcher avant de se permettre...
Ecrit par Georges. 23-11-2010
Peut-on s’empêcher de généraliser ?

Peut-on se permettre de pêcher d'affirmations imprécises et vagues ?

par Georges de Bruxelles / Geo Brux Belg

5. Précision rapide
Ecrit par Nicolas. 24-11-2010
Pour répondre à Gérard sur la première phrase du compte-rendu, je n'ai pas emprunté le sujet aux annales du Bac. En effet, j'ai commencé par me pencher sur la généralisation abusive (préjugés par exemple) puis sur les généralisations scientifiques (comme en Mathématiques par exemple: on cherche à faire une conjecture générale. Pour cela, on commence par étudier des cas particuliers puis on fait une généralisation que l'on démontre. Si la démonstration est rigoureuse et qu'elle aboutit, on conclut! Et que nous sommes contents de notre trouvaille!).

Par la suite, j'ai pensé au verbe "s'empêcher" qui m'a paru très intéressant et j'ai pu "construire" mon sujet pour après le poser au café des phares!

Voilà toute l'histoire! Merci en tout cas pour ce compte-rendu que j'ai beaucoup apprécié! Le fait de lire des comptes-rendu m'assure plus de méthode et de rigueur si j'en rédige un après, selon moi!

6. Peut'on s'empêcher de généraliser ... Gérard ?
Ecrit par ROCA. 30-11-2010
Peut'on s'empêcher de généraliser ... Gérard ?,
-- j'ai rare',

État des Lieux ... comme'...un " on " ...
général, commun ... " on " ...
généralise ... déjà ... et, s'en' empêche-t-on ?,
pour ...quoi ?, pourquoi pas ?, on'
A Le droit ... on
juge', et, on
préjuge', on'
en' use', en' Abuse', on
règle ... statistique', on
sonde', on
communique', et, on
généralise ... singulièrement, on
généralise ... particulièrement, on
complexifie ... simplement, on
simplifie ... complexement, on
prête', on'
interprète', on
s'y piège', et, on
s'y entrave', on
se représente ... manège', on
s'échantillonne ... s'enclave', on

se force' À ... s'efforce ... de ... s'étiqueter, se catégoriser, se spécifier,
diversifier, s'identifier, se codifier, se classifier',

et, de cause' en' effet, on'
en Vient' À philosopher' ... on
compense', et, on
contrepense, pense ... raisonne, déconstructionne', esprit critique', on
décortique', on

ne peut s'empêcher ...
de généraliser, sans ...pêcher,
sans ...brochet, c'est " péché " ...

s'idéaliser', on

ne peut s'en' empêcher ... Gilles Roca,






Cas-fée-Philo des nez-nus-Phares, 14'. 11'. 2010', en ces-jours de Brumaire,

de généralisation phare', et, sans s'en' empêcher', indice, de L'éphémère, G R

7. Alors bac ou pas bac ?
Ecrit par gtissier. 30-11-2010
Nicolas, oK cela et un sujet de ton cru ce qui, pardonne--moi, le rend plus égnimatique en déifnitive car je ne suis pas sûr que tu en vois toute la portée.
Le rapprochement avec un sujet de bac vient de ce qu’il demande une analyse de la problématique et que le risque d’être hors sujet existe bel et bien.

Le bac étant une évaluation, cette dernière consiste aussi a évaluer la capacité à ne pas répondre à côté.Comme par exemple disserter sur le bien ou le mal qu’il y aurait à généraliser des attributs (un peu comme dans le racisme) ou faire appel à un fond idéologique propre à l’individualisme dominant qui veut que la singularité étant un absolu, aucune observation commune ne puisse s’appliquer à une population (comme si les attributs en question la réduisait à cela !)
Ou encore, argumenter sur le rapport de pouvoir de celui qui dit ce que. les autres sont ce qui l’exclut de fait de l’observation ( sauf à l’opposé, à dire le nous communautariste qui lui, érige la différence en rampart d’une singularité essentielle et partagée.
Non Nicolas, si le sujet avait été un sujet de bac et si tout le monde l’avait traité comme s( il l’était, il y aurait eu une interrogation sur le « Peut- on s’empêcher de « . La généralisation serait alors une inclination dont il aurait fallu extraire les raisons objectives ( methodologique et pratique )sauf à poser un absolu éthique ou épistémologique du refus de la généralisation (ce qui renvoie à des catégorie au cœur de la critique de la généralisation..
Un autre champ (Elke ne voit pas le rapport ) est que la généralisation s’entend principalement comme l’élargissement d’une mesure. Soit dans le sens d’un bien particulier qui serait un bien général ( les congés payés) soit parce que la contextualisation ou une conditionnalité spécifique amènerait une pondération de la généralisation qui enfreindrait un principe supérieur ( comme l’égalité d’accès aux droits)
On voit ici en négatif le système de justification bureaucratique qui consiste à inventer des mesures générales pour éviter aux acteurs de devoir rendre compte ou d’assumer des responsabilités. Cela s‘appelle le syndrome Eichmann ( j’exécute des ordres..)
Le dernier exemple de ce tropisme est constitué par l’ordre de refuser dans les centres d’hébergement d’urgence les sdf sans papiers et dont la demande d’asile a été rejetée.Ce, si les SDF de « droit commun » n’ont pas assez de place pour eux.Bien entendu cet ordre de priorité la conduit à un rejet systématique ( une généralisation) puisque une « sdf français » peut toujours arriver
Pour terminer Nicolas cette observation :je dirais qu’il est tentant dans un café philo d’enfoncer des portes ouvertes ( combien de fois l‘ais constaté après 15 ans d’animation ).Il y a un bénéfice, des gratification à se mettre en résonance avec le fond ambiant(on ne risque pas le rejet ou l’incompréhension)

Alain fait une remarque de bon sens.( ci- dessus) Oui, nous généralisons.c’est en gros naturel ou courant dit-il Car nous jugeons selon un degré variable d’exigence et selon ce dont on parle.La généralisation perverse ( car elle entraine la déliaison sociale tout en étant élitiste sur un plan existentiel) est d’ériger des dogmes généraux au nom d’un paradigme ( la singularité ) qui n’ont pas plus de valeur anthropologique et civilisationnelle que les précédents historiques (le scientisme et l’universalisme)

Il se trouve que nous vivons notre temps et qu(il reste bien difficile de s’en extraire..

8. Peut-on s'empêcher de généraliser?
Ecrit par Robert. 15-01-2011
Pour répondre à cette question il faudrait d'abord répondre à celle qui la précède "logiquement"(qu'est-ce que généraliser?) pour faire voir"par exemple" COMMENT de la première réponse l'on pourrait déduire la seconde.

L'avantage d'une telle méthode serait ,d'abord, l'élimination systématique des opinions arbitraires,ce qui était un sens(ou,du moins,un des sens) du système de Platon.
Ainsi,ce philosophie, selon lui, ne défendait pas une opinion mais un savoir....Et,comme chacun sait,le propre d'une gnose est de prouver sa validité par celle des généralisations qu'elle permet non contradictoirement....

Or la généralisation,qu'on le veuille ou non, pose aussi la question du type de synthèse qu'elle implique,du type de simplification qu'elle induit.
Un concept,par exemple,est à la fois

- un type d'objet,
-une synthèse(si non il ne pourrait être une somme),
-une implication(c'est-à-dire une exclusion de la notion d'exception),
-une simplification (permettant de faire l'économie d'une exposition exhaustive de son contenu)
- et une induction,ce qui est le présupposé pour une généralisation....

Par contre prétendre qu'une induction,en tant que synthèse, est la seule forme possible pour une "généralisation quelconque" serait trop simple...
De tels mots comme définition,modèle,représentation,genre
ou même concept "représentent" chacun un type de généralisation ou d'interprétation différent,une forme d'extrapolation à jauger contextuellement....

Là se trouve,en effet,presqu'une propriété centrale du langage:
on ne peut parler singulièrement du singulier.....

Tout se "présente" donc,lorsqu'on s'exprime, comme si le comparatif était un mode de conjugaison....

Qui,ainsi, ne connaît pas ,par exemple, au moyen de son passage par l'école primaire,secondaire ou même supérieure ces brillants soulignemants au stylo rouge réalisés par les professeurs.... Le mot souligné est bien écrit,adéquat dans la phrase et même bien posté....Alors....Alors est-il question,parfois, de son ISOLEMENT
dans l'ensemble du texte,du fait qu'il n'a ni un synonyme,ni un antonyme,ni un complément distinctif suffisant dans son contexte.

Ainsi permet de faire voir cette règle que dans sa constitution "syntaxiquement compréhensible"
les déterminations ne doivwent pas rester"en deçà " d'un certain degré d'extrapolation logique....

La possibilité de s'empêcher de généraliser est donc une impossibilité comme le sens d'une singularité le serait de même.


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