Être plutôt qu’avoir ?
21. Elle m'énerve
Ecrit par Passante. 01-12-2010
Intelligente ? En tout cas nullement féministe, ni révoltée, juste "navrée" la pauvre qui vient donner des leçons aux internautes et qui oublie Sylvie Pétin au passage. Elle est en pamoison devant quel chef ? En tout cas elle ménage tout le monde. Une neutre qui a l'air de s'y connaitre en patrimoine. A part ça ?

22. Féminisme
Ecrit par Elke. 02-12-2010
Il paraît que j'oublie Sylvie Pétain? Je serais une donneuse de leçons? Je serais en pamoison devant un chef? Bon, je ne sais pas pourquoi j'aurais du évoquer Sylvie Pétain. Et si donner son opinion est donner des leçons: soit. Mais là, ou je tiens à m'affirmer pour que ce soit dit: je suis une femme libre et je n'ai jamais pamoisé devant aucun chef, qu'il soit homme ou femme, d'ailleurs.Si je cherche à ne pas blesser par mes paroles, c'est par conviction et et par respect de l'Homme qui se trouve derrière toute parole et non par soumission. Maintenant je dois vous accorder le droit d'être énervée: Cela m'arrive fréquemment et c'est là que le texte devient intéréssant parce qu'en cherchant en quoi il m'irrite, il m'apprend quelque chose qui me concerne.

23. Pas se faire avoir
Ecrit par Agnès. 02-12-2010
Il ne faut pas faire attention, Elke, cet internaute au ton très méprisant est sans doute le même que traite de plouc Didier, le prof de philo, sous prétexte qu’il habite en province (et de « donneur de leçons » aussi, tiens, ce sont les mêmes termes).
La « technique » en question pour boycotter les débat et le site on la connait, c'est de tout personnaliser et en faire une histoire de chefs. Vous savez bien qu’il n’y a pas de raison particulière de nommer Sylvie Petin ou un autre animateur. En la nommant, « de passage » essaye de suggérer que si nous commentons et nous trouvons stimulant les débats et excellents les articles d’un animateur, c’est forcément que nous n’apprécions pas ceux des autres. Ce qui est parfaitement idiot.
Il m’est déjà arrivé de me faire traiter de groupie ou d’être amoureuse ou autre gentillesse typiquement machiste, par ces même personnages, parce que j’exprime simplement ma satisfaction lorsque ces débats son d’une si bonne qualité. Les différents animateurs apportent chacun ses qualités (et ses défauts, dirait Alain) différentes, une coloration et un style. Il se trouve qu’avec Daniel, le débat c’est plus axé sur la philosophie et sa méthode (en fin de compte nous venons principalement pour ça, non ?), c’est simple, l’ambiance est plus studieuse et concentrée et le rythme plus dynamique, ce qui plait beaucoup à une bonne partie. Mais ça ne plait pas à tout le monde. C’est normal. Et il y a des bons débats et autres moins bons. Et alors. On s’en fiche des querelles de personnes.
Pourquoi faudrait-il s’abstenir d’aimer, d’admirer ou d’expérimenter la gratitude ? Il y a des gens qui détestent ces sentiments. Forcément ils voudront tout rabaisser.
Par exemple, ramener le débat à une discussion de café du commerce, pour ou contre les riches, pourquoi s’en prendre aux rentiers, etc, c’est avec le but de miner la raison même d’aimer ces échanges : le bon niveau. En relisant le compte-rendu, justement, il semble évident que l’intérêt, la richesse et la nouveauté était de ne pas traiter la question de « l’avoir » sur l’angle de riches et des pauvres, mais d’une façon métaphysique, ce qui nous change beaucoup. D’où ma question sur la métaphysique.
Mais il ne faut pas se faire avoir par ce genre d’interventions.

24. Ne mélangez pas tout, Agnès
Ecrit par de passage. 02-12-2010
Non Agnès, vous faites erreur : mon pseudo était "de passage", et je ne connais pas "la passante" qui agresse Elke. Donc je prends donc le temps de remercier Elke de sa réponse .
Mais vous , vous n'avez pas la compétence pour savoir qui écrit, demandez au webmestre si ça vous amuse mais laissez les internautes partager leurs opinions et restez-en à vos questions métaphysiques; merci.

25. ëtre plutot qu'avoir
Ecrit par caféphiliste. 03-12-2010
"La méchanceté si souvent alimentée par la jalousie" disait Elke dans le débat sur la méchanceté... Agnès est peut-être dans ce cas.
ETRE respectueux des inconnus ou AVOIR le respect de l'autre (de ses idées, de sa façon de vivre etc)finalement c'est pareil : Agnès devrait se rappeler ce principe de base dans tout débat.

26. respect: question d'être ou question d'avoir?
Ecrit par Elke. 03-12-2010
Voilà un filon qui mériterait un peu d'approfondissement: le respect, plutôt du côté de l'avoir ou de l'être? Pas si évident. Sur le pouce, je dirais rapidement: en lien avec la reconnaissance mutuelle, cela penche vers l'avoir. En lien avec l'acceptation de la différence, ce serait plus du côté de l'être?

27. Le respect, c'est ça !
Ecrit par Passager. 04-12-2010
L'intervention 24 est inutile, car même si "de passage" n'était pas la "passante"(qui sait, après tout?), ça veut dire simplement que toute la première partie de la critique d'Agnès, en l'occurrence très pertinente, ne s'applique pas à lui mais la passante, qui essaye en effet de ramener tout à une question de personnes, avec des noms, qui est stupide. Mais la dernière partie, au sujet d'abaisser le niveau du débat au café du commerce s'applique parfaitement à "de passage".
Que dire du "cafephiliste" du 25 ? Cela ne mérite pas d'être mentionné, pour tout dire, je conçois que de telles interventions soient "modérées" : on se contente d'insinuer une attaque personnelle (méchanceté, jalousie) sans aucune raison à une intervenante et ensuite évoquer le respect (ben voyons!).

28. On ne suit pas, alors on boycotte
Ecrit par Adriana Gianni. 06-12-2010
J’habite en Italie, mais je viens quand je peux à Paris et au Phares, depuis longtemps. Permettez- moi de contribuer avec une hypothèse sur ces récurrents sorties du cadre. Il s’agit soit des simples pollueurs (ça va mieux de ce côté-là) soit des utilisateurs qui s’en prennent aux personnes, qui rabaissent le niveau d’une façon flagrante comme ici le fameux « de passage » ou la « passante » ou, encore plus difficile à comprendre, le membre du site qui traite l’animateur et des intervenants d’incompétents. Je ressens chez eux le désir tout simple de couper court à des échanges qui les dépassent.
Je crois c’est ça la clé. Je pense le problème est que Daniel Ramirez imprime, plus clairement que les autres, mais tous le font un peu, une direction aux débats. Attention, je ne dis pas du tout qu’il les manipule, mais ils les conduits vers un niveau de questionnement qui va très souvent à l’encontre de l’opinion générale. Peut-être fait-il cela inconsciemment, mais cela m’étonnerait puisqu’il s’exprime souvent dans le sens de dépasser la doxa.
Ça donne des idées parfois totalement contre-intuitives. Voire choquantes pour certains. Sans aller plus loin, ils vrai que nous avons tendance à penser qu’être est quelque chose d’infiniment plus digne qu’avoir, et que l’avoir est une obsession qui peut arriver à une forme d’aliénation. Et que la société de consommation est bel et bien uns société de l’avoir.
Cet article ne dit pas exactement le contraire mais met tout en question et peut être lu comme un surprenant « éloge de l’avoir ». Il ne peut qu’être mal perçu à la longue par certains, dérangés dans ses habitudes de pensée.
Je suis d’accord, philosophiquement il n’y a rien redire, tout se tient. Mieux encore, il y a tellement de chose à dire parce que c’est stimulant d’être déstabilisé en cela qu’on donnait pour évident.
Mais pour ça il faut aimer la philosophie et je dirais plus, il faut aimer philosopher.
Je sais par expérience que l’attirance pour des discussions, même un certain intérêt pour les idées et pour le débat public n’est pas la même chose que le désir de philosopher. Il y en a qui ne veulent pas remettre des convictions ou des supposés savoirs en question, ils ne veulent que les confronter, les mettre en valeur. Les scientistes et les militants des droits de l’homme sont un bon exemple de ce côté-là. Ils ont raison. Ils ont tellement raison qui ne veulent pas que ses raisons soient mises en question.
D’après ce que j’ai vu, je crois bien qu’en cela un café-philo est un lieu de malentendu. Une partie de la salle veut ça : mettre en valeur ses idées, exprimer ses convictions. Et une autre veut philosopher, et se laisse entrainer, dans votre cas, par la méthode dialectique ou socratique, visiblement très efficace, de Ramirez. Il ne faut donc pas s’étonner que ces premiers soient passablement agacés par la jubilation des derniers.
Et comment contrer une dialectique philosophique puissante ? La meilleure stratégie est d’abaisser le niveau, détourner l’attention vers des échanges de café du commerce (laissons les pâquerettes tranquilles) au plancher des vaches. Ou alors activer les suspicions, les rivalités, donner place au ressentiment, s’en prendre aux chefs. L’attention est très vite attirée vers ce genre de choses et la philosophie est oubliée
Amicalement.
Adriana

29. Ceux qui suivent
Ecrit par Lambda. 07-12-2010
J'imagine qu'Adriana fait partie des personnes qui "suivent". Du moins, cette vision des choses l'inclut dans l'élite dont elle croit être en sympathie. C'est rassurant. Je trouve un peu méprisants et pas vraiment de haute voltige ses propos. Il y a peut-être d'autres explications. La pollution, le hors-cadre, les paquerettes, les humeurs font tout simplement partie de la vie. Les théories du complot sont drôles. D'ailleurs le "bas de gamme" de ces affreux, laborieux commentaires du café de commerce qui rabaissent la vraie pensée ne mettent-ils pas en valeurs tous ces commentaires intelligents, fins, qui dérangent la pensée comme celui, éclairant, d'Adriana ?

30. L'anti-philosophie dans une site de philosophie?
Ecrit par urbaine. 09-12-2010

Je ne suis pas d’accord, Adriana fait un diagnostic très intéressant. Et, nulle trace de théorie du complot là-dedans. L’argument que dit que le mauvais niveau sert à mettre en valeur le bon est risible. Ca revient à dire à peu près: que seraient les philosophes sans les cons, on ne les trouverait pas si intelligents. Entourez Victor Hugo de la pire littérature rose, il n’apparaîtra que plus génial. C’est parfaitement l’envers qui arrive, la stupidité ambiance empêche de penser et l’industrie culturelle de masses empêche de voir et d’apprécier les œuvres d’art. Qui aurait envie de s’emmerder avec La princesse de Clèves… ça vous rappelle rien ?
Une vraie philosophie ne peut être comparée qu’à une autre vraie philosophie. Pas à un bla bla pour ou contre les rentiers. Ceux qui n’aiment pas la philo son forcément agacés et ils sortent plus vite que leur ombre la notion d’élite, d'élitisme, etc, et que vive le bon peuple! Représenté sans doute par un digne héritier de Pierre Poujade.Les humeurs font partie de la vie, certes, mais la bêtise et la démagogie ont peu de place dans la philosophie.
Agnès

31. La philosophie dans un bocal ?
Ecrit par Lambda. 09-12-2010
Agnès, Urbaine, passager etc, (voyez votre style aussi est très facile à décrypter, avez-vous parfois une parcelle d'humour ? J'en doute. Vous n'intervenez ici que pour faire l'éloge de Daniel Ramirez. En a-il vraiment besoin ? Ses papiers sont déjà brillants. Que proposez-vous de faire ? De faire le tri entre les bons et les mauvais commentaires ? La seule chose possible est d'ignorer les commentaires "non-philosophiques" et de continuer la discussion. Je ne vois pas en quoi des interventions non-philosophiques empêchent le débat. Vous même, au lieu de nous faire part de vos lumières, vous vous étendez sur la médiocrité de l'humanité. Hélas, vous en faites partie. Voilà pourquoi, je ne vais plus au café, je vais au Collège international et je n'y rencontre aucun gueux. Je ne prends plus le métro. Marre de voir la plèbe, je prends le taxi. Qui vous empêche de philosopher dans un bocal ?

32. Peut-on choisir ?
Ecrit par linda. 09-12-2010

Etre ou avoir. Pour Eric Fromm, philosophe et psychanalyste américain, c’est du choix entre ces deux modes d’existence que dépend notre avenir. Il détermine notre rapport au réel et notre identité. Ainsi dans notre société matérialiste, il semble que certains ont besoin de la possession de biens pour se sentir exister, être des individus importants. Est-ce parce qu’on possède une Rolex qu’on peut être un publicitaire célèbre, ou est-ce parce qu’on est un personnage médiatique que l’on doit montrer sa Rolex et affirmer ainsi qu’on a réussi sa vie. On a ce que l’on mérite non pas par ce que l’on fait mais par ce que l’on est. Les salaires les plus élevés ne sont pas offerts à ceux qui travaillent le plus !…
Il semble que ceux-là sont dans la posture du recevoir plutôt que du donner et ils ont besoin de recevoir toujours plus pour valoriser leur « être » social. On peut les considérer comme animés par l’égoïsme, la vanité et le goût du pouvoir et c’est cet esprit de possessivité et d’accumulation qui caractérise plutôt nos sociétés capitalistes. Mais cela n’empêche pas que l’on admire toujours ceux qui ont le courage de renoncer à leurs biens, à rêver au détachement bouddhiste ou au dépouillement monastique. Et pourtant, que devient l’homme lorsqu’il a perdu son travail, son argent ou sa maison ? Il « n’est » plus rien aux yeux de ses enfants, de ses amis et pour son estime personnelle.
Alors, le choix posé par Eric Fromm entre être et avoir est-il un véritable choix ? Ceux qui sont dans l’esprit de possession de biens ont peur de les perdre et de perdre en même temps leur sécurité et leur liberté. Ceux qui ne possèdent rien désirent gagner pour se sentir protégés et plus libres d’agir. Confiance ou illusion, aliénation ou inconscience. L’homme n’est pas condamné à ce dilemme. Si certains biens sont indispensables à l’homme pour survivre, comme le dit Daniel, la vie offre à l’être d’autres biens non consommables ou non consumables, la pensée, l’amour, l’amitié… et la beauté du monde…



33. L'aliénation de l'avoir: Fromm après Marx.
Ecrit par Daniel Ramirez. 10-12-2010
Merci, Linda ! Évidemment, Erich Fromm, c'est la référence qui nous a manqués lors du débat. C'est lui qui a divulgué cette conception de l'être et de lavoir comme de modes d'existence : "To have or to be?" (Harper & Row, 1976). Il a été très influent lors des années 60 et 70. Très lu en Amérique latine lors dès décennie des luttes, j'ai dévoré ses livres dans ma jeunesse, ainsi que ceux de Marcuse. Injustement oubliés de nos jours, je crois qu'ils ont été quand même bien moins diffusé en France.
Mais je dis bien "divulgué", et non pas inventé. Car, à tout seigneur, tout honneur, c'est Marx qui en a parlé le premier dans ce sens (on trouve ça avant chez Hegel, mais bien moins clair, et ce Marx-ci est encore très hégélien). Il s'agit des fameux Manuscrits de 1844 :
« La propriété privée nous a rendus tellement sots et bornés qu’un objet est nôtre uniquement quand nous l’avons, quand il existe pour nous comme capital ou quand il est immédiatement possédé, mangé, bu, porté sur notre corps, habité par nous, etc., », et en peu plus loin : « À la place des tous les sens physiques et intellectuels est donc apparu la simple aliénation de tous ces sens, le sens de l’avoir » (Troisième Manuscrit, VII).
Un autre paragraphe remarquable autant par sa belle écriture que par son message :
« Moins tu manges, bois, achètes des livres, moins ut va au théâtre, au bal, au cabaret, mois tu penses, aimes, réfléchis, moins tu chantes, moins tu peins, moins tu fais de l’escrime, etc., plus tu épargnes, plus tu augmentes ton trésor que ne mangeront ni les mites ni la poussière, ton capital. MOINS TU ES, MOINS TU MANIFESTES TA VIE, PLUS TU AS, plus ta vie aliénée grandit, plus tu accumules des éléments de ton être aliéné » (Troisième Manuscrit, XV. C’est mois qui souligne).


34. Doxa marxiste?
Ecrit par Robert. 22-12-2010
Si j’ai compris quelque chose, Daniel Ramirez explique, compte-rendu de café-philo à l’appui, que la critique qu’on fait d’habitude (« doxa » idéologique, pour faire écho aux autres échanges) à la société de l’avoir est trop simpliste, qu’il y aurait une dimension authentique de l’avoir qui est occultée. Mais il cite in extenso ce passage de Marx qui montre bien l’origine marxiste de cette critique. Le passage est saisissant. On n’arrive pas donc à savoir si Daniel partage cette approche marxiste ou pas, dans lequel cas il se contredirait lui-même…

35. Et alors, qui a peur de se contredire (ou d'être contredit)?
Ecrit par Daniel Ramirez. 24-12-2010
Je tiens à rassurer Robert, si l'on fait de la philosophie, ce n'est pas pour les mêmes raisons que l'on milite, que l'on défend ou que l'on combat des positions. Il ne s'agit donc pas d'avoir raison, d'imposer ses opinions (doxoi), d'être parfaitement cohérent. Il s'agit d'explorer, de rechercher, d'investiguer. Si on se contredit ce n'est pas un drame. Je vous rappelle (je croyait que c'était inutile) que je ne suis pas là en train d'exposer mes idées, mais d'animer un débat et de rendre compte de ce dont il a été question.
J'ai toujours admiré ces textes de jeunesse de Marx (plus que les postérieurs, comme Le Capital, admirable par ailleurs). Cela ne m'empêche pas de voir qu'il sont pleins de problèmes et qui posent plus de questions qu'il n'en répondent.
Lorsque Marx parle ici de "manger", "boire", "acheter des livres", "aller au théâtre","danser", "penser", "aimer", "peindre", il parle de ce que les grecs appelaient "praxis", une action qui a son bien en elle-même et non pas dans son produit, une "energeia" et non pas un "ergon" (oeuvre). Lorsqu'il détecte une aliénation de l'avoir, il le dit dans des termes plus profonds et plus humanistes que la doxa actuelle ne le fait: il s'agit d'une dégradation de la praxis en "poiesis", production d'objets, en l'occurrence des marchandises. C'est pourquoi il m'a paru pertinent de les citer ici. Non pas parce qu'ils représenteraient mes idées. Ces dernières importent peu, et elles peuvent supporter la contradiction, le débat, le dépassement; mais parce qu'ils peuvent "donner à penser".

36. Je tiens à avoir mon mot :une façon d'être sans doute..
Ecrit par gtissier. 25-12-2010
Oui,très intéressant tout cela. Surtout que la fameuse production d'objets s'est détournée de la satiété comme fin absolue de la libération du travail et de l'esprit mais vers la production de signes dans une société de consommation.(cf Baudrillard)

La société renvoie, dans ce que l'on consomme, non plus seulement à son statut mais à la manière dont on est. ( Son look, son dressing code, son social make-up etc) L’objet et ce que l’on en fait devient une part de soi. En ce sens l'avoir renseigne sur l'être, dit de l'être.

Chacun peut parler de ses achats, de son mode de vie et enfin, parler de soi un partage des " moi et toi ?" en miroir.Les thèmes de conversations sont indicatifs de ce processus.L'astuce souvent ( surtout chez les classes moyennes supérieures) consiste à parler des ses enfants comme souci- de-l’autre étant entendu que l’enfant est une projection de soi ( mais cela tout le monde le sait mais fait avec.. ).

On est passé d'une logique de distinction sociale plus ou moins reliée à une hiérarchie des appartenances et des supposés atouts-privilèges-justifications à un individualisme narcissique. Mon être c'est l'avoir qu'il A en soi ( l’intuition si j’ai bien compris de Daniel mais aussi celle d’Erich Fromm sous un registre langagier)

Plus besoin de "capitaux" Bourdieusiens -symboliques, culturels, économiques- mais un capital bien plus conséquent MON MOI dont la principale fonction serait en somme de pouvoir ME connaître et de cultiver MA singularité..( j’en parle dans un journal intime -rédigé par plus de 5 millions de personnes)

Je consomme et je crée un monde d'objets pour la production de mon SOI. Comme dit la pub "parce que je le vaux bien " ou bien parce que je dois répondre à l'impératif catégorique du " étonnez-vous" ou encore parce que les envies de céder à mes envies me taraudent comme les fraises,, une femme enceinte en hiver.

Le mode de l'être/avoir étant dans le présent, le plus d'être et le plus d'avoir se situent dans le no-limit, dans l'illimité, le maximal bref dans la boursouflure du présent lui même connecté au présent des autres "moi-avoir-être" par la connectivité généralisée.

Plus d'inscription spatiale mais du nomadisme par la médiation d'objet encore plus nomades qui me mènent tout droit à vouloir avoir le monde dans ma main Je sais qu’un jour prochain, un seul battement de cils vers mon « I pod..ium » et tout le monde saura qui je suis : un arti..iiiiisste !! ( si,si)

Mais attention le monde de l'avoir-comme-être à le souci du temps ( comme Heiddeger?) Il n'est pas statique. Il ne se répète pas dans une éternité qui le fige mais IL BOUGE s’il vous plait. Selon un mode chaotique (comme le climat).Ainsi plus besoin de projet de soi dans une accumulation de sédiments et de micro-–histoires mais de la réactivité. Ou plutôt,de la retro-réactivité réactive.

Car , dans ce "upcoming in live" des news (24/24) qui m’enjoigent de savoir à quoi réagir, je me dis que je suis le seul point fixe.C’est un point fixe qui, produit de mon fauteuil, devant le TV, un moi qui fait sens car cela produit MON opinion.( Cela aussi c’est " à moi" sur le mode avoir et c’est moi-je suis libre de mes opinions, non ? ) Mais voilà moi .. ( l’individu hyper- contemporain je le rappelle, pas vous ) je réagis en ne réagissant pas. Plus dirais-je , je résiste car je reste moi-même et en cela je suis fidéle à mes opinions ( qui justifient que je n’ai rien fait depuis longtemps ).

D’ailleurs au-delà de mon opinion que pourrais faire? Le temps va beaucoup trop vite pour y réfléchir !

Conclure ce petit billet d’humeur moqueuse? Je propose ceci :dans tout cela, au fond, je crois que l'aliment du- temps- de -l’être-avoir c'est l'action. Non plus le stock mais le flux.Et ce flux Celui de mes rêves quand je pense à moi.

Bref le monde est «I». Il est «Me» Il est «Myself. J’en ai plein mon Etre !

Avant que tout cela ne s'arrête.Parce que la fête, çà s'arrête.On se demande bien pourquoi.


37. "plein mon Etre "
Ecrit par Sartre. 28-12-2010
Et " Le plein d'être, c'est le salaud" disait Sartre

38. Avoir des cadeaux à Noël?
Ecrit par Observateur. 28-12-2010
Cette suite de méditations métaphysiques de Daniel Ramirez à propos de l’avoir, à part le mérite de l’écriture et l’audace des idées permet à Gérard de se défouler dans un petit délire personnel auquel je ne comprends pas grand-chose. A part le fait que si l’avoir est aliéné, comme le pense Daniel et ses « philosophes improvisateurs » il reste le moi-je comme centre de référence. Rien de nouveau, on passe vite à la critique du narcissisme, comme ça tout le monde sera d'accord.
Daniel pense je crois que nous devrions retrouver un sens perdu de l’avoir et utilise la vielle antienne de Heidegger à contre-sens. Heidegger parle de l’oubli de l’être, Daniel détourne la formule en « oubli de l’avoir, selon l'explication de l'intervenant N°2.
Tout ça est très philosophique, mais que dire après Noël ?
Après un tel déferlement de consumérisme et une telle fête de l’avoir-acquérir-vendre-acheter, faire de profits à tout va. Apparemment il y a de plus en plus des gens qui vendent leurs cadeaux de Noël sur e-bay dès les lendemains de fêtes. Tout est fric, frime et profit.
On n’a pas plutôt et plus simplement besoin d’un retour à l’être ?

39. Après la fête
Ecrit par . 28-12-2010
C'est clair qu'en continuant ainsi on vendra sa grand-mère sur ces sites et d'un autre côté on cherchera des boucs émissaires à cette société ultra-libérale, en trouvant que Marine respire la démocratie, que Soral dit des vérités... et hélas l'histoire bégaye. Noël, fête où il y a une place pour le pauvre ? Non, moi j'ai entendu des gens "très bien" durant cette période vouloir exclure l'Autre sous prétexte de laïcité. Non, l'homme n'est sans soute pas méchant mais trop médiocre pour ne pas devenir aigri avec le temps. Enfin pas tous les hommes.

40. Nouvelle année
Ecrit par Elke. 02-01-2011
Suite à ce débat, j'ai pris Fromm dans mon sac à main lors d'un déplacement et j'ai relu son texte "être ou avoir" de 1979. Il s'attaque bien moins à l'avoir dont il reconnait la fonctionalité qu'il en veut à notre rapport à la propriété qui fige l'avoir et interrompt la danse de la vie. Noel, fête de consumérisme? Noel est ce qu'on en fait. Opportunité pour les familles dispersées de créer l'occasion de se retrouver, et par le rituel d'échange de cadeaux, les membres se sentent concrêtement "faisant parti" d'un clan. L'escalade des cadeaux suit la même courbe que les cours en bourse: les bulles spéculatives font partie du fonctionnement psychique de l'humain.Il est bon pour certaines familles de remettre les compteurs à zero. Quand la bulle éclate enfin (cadrer, lors de l'invitation pour Noël: plus de cadeau au-dessus d'un certain prix!), tout le monde est soulagé. J'adore les dessins de mes petits enfants assemblés en calendrier, le porte-clé en pâte à sel...



 
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