Le sens des mots

Débat du 28 novembre 2010

 

LE SENS DES MOTS
Animation : Alexandra Ahundjinou


C’est la première fois que j’ai expérimenté le mode de modération d’Alexandra Ahundjinou qui a limité d’emblée le champ à labourer : sujet « langage. Elle a hésité un moment entre deux sujets : « tais-toi et soit belle » ou « le sens des mots » pour opter finalement pour ce dernier.
L’avantage du style d’animation choisi: Indéniablement, il y avait « transfert de connaissances. Quelques piliers étaient posé d’emblée en introduction, comme par exemple les définitions du langage par Saussure. Ensuite, tout au long du débat, elle a su « traduire » l’expression un peu « fouillis » des intervenants dans un discours plus poli, en utilisant des mots plus « justes », mais aussi un peu convenus.
J’ai lutté dans un premier temps contre l’ennui. J’avais déjà eu connaissance des références qu’elle évoquait. La construction de sens, oui. C’est logique, c’est rationnel. L’apprentissage de mots : nous faisons retour en enfance, ou l’expérience partagée mère/enfant introduit l’enfant dans l’art de babiller puis de parler. Nous introduisons le contexte, la situation qui pèse sur l’émergence du sens d’un mot qui peut différer d’un lieu à un autre. Le même mot prononcé par l’un ne veut dire la même chose s’il est prononcé par l’autre.
 
Le sens relatif du mot est constaté jusqu’au verdict d’une voix d’autorité : Daniel Ramirez ose dire qu’un mot n’a pas de sens, il « prend le sens que nous lui donnons». Mon ennui disparaît. Ce discours me heurte, et je vois qu’il réveille quelques dissidents.
 
Qu’est-ce qui me gène ? Frustration de ne pas avoir la parole, envie de meurtre parce que l’animateur reprend le micro, retraduit inlassablement dans quelque chose qui me paraît comme une « répétition du même » et j’ai envie d’avancer. « Ca part dans tous les sens », dit-elle à un moment donné, elle a envie de contenir, de délimiter. C’est agaçant et en même temps stimulant.
 
Elle a peur que nous nous perdons, j’ai peur de ne pas trouver dans son champ ce que je cherche. « L’adversité » se précise. Et chacun des intervenants me donne un petit aliment pour préciser en quoi je suis gênée. Nous tournons un peu autour de la fonctionnalité du langage. L’utilité opératoire, mais aussi poétique.
 
Nous inscrivons le langage dans une histoire, nous cherchons les « origines », parlons de la vie d’un mot qui émerge dans un contexte donné et qui disparaît faute d’avoir été utilisé. Et peut réapparaître quelque temps plus tard, transformé, perverti, pour donner corps à de nouvelles expériences. Quelqu’un nous rappelle un des textes fondateurs de notre civilisation : la création du monde quand Dieu nous invite à « nommer » et pour ma part, je touche le pouvoir qu’est lié à la capacité de donner un nom aux « choses », à ce qui nous entoure.
 
Et puis survient enfin ce que j’aime bien : une parole fait basculer le débat. Après l’horizontalité, il apparaît une verticalité. Alexandra prend peur : elle trouve le discours trop long, elle voudrait le couper. L’intervenant s’affirme, et je suis contente de voir la souplesse d’Alexandra même si je soupçonne son désarroi momentané. Le discours ose nommer le lien entre le mot et quelque chose qui l’alimente en venant des profondeurs, le verbe, logos…. Le sens qui nous échappe et qui nous constitue.
 
Au final, nous ne serions pas « créateur » mais « porte-parole » du sens ? L’un n’empêche pas l’autre. Mais l’éclat du débat philosophique jaillit de cette rencontre entre profane et sacré, entre l’ici et maintenant et « l’ailleurs », c’est-à dire l’avant et l’après. Installé dans la toile d’araignée du présent (« construction en réseau »), nous gardons un lien avec « l’origine » et l’appropriation d’un langage implique la conscience que nous sommes plus que nous disons.
 
Une petite guerre a failli éclater devant mes yeux : le mot écrit, fait-il parti du débat ? Daniel dit que c’est un autre débat. Mais qu’est-ce qui nous pousse à écrire ? Moi personnellement, je me mets à écrire parce que je cherche désespérément les mots justes, pour mettre en lumière ce qui nous relie. Ecrire et lire, cela permet de prolonger le contact.
 
Ai-je trouvé les mots justes pour rendre compte du débat ? Mais comme toujours : il n’y avait pas un débat, il y avait autant de débats qu’il y a de participants.
 
Pour ma part, c’était un bon débat.
 
Elke Mallen

LISTE DES COMMENTAIRES...


1. l'usage use, la poésie redonne vie
Ecrit par Alain. 12-12-2010
Merci Elke pour ce compte rendu qui nous donne une bonne vision de ce débat et qui permet aussi d’amorcer un forum sur le sujet. Une réserve malgré tout à propos des nombreuses touches personnelles : elles animent et personnalisent le compte rendu, bien sûr, mais les interprétations psychologiques sur soi et plus encore sur quelqu’un d’autre, ici l’animatrice, devraient inspirer beaucoup de prudence et ne me paraissent pas souhaitables. On doit pouvoir s’exposer librement, en parlant, en écrivant, en animant.
Dans ce débat, on a voulu opposer les mots « sens » et « signification », ce qui a provoqué, il me semble, des malentendus inutiles et infondés. Dans la langue courante les deux mots sont employés l’un pour l’autre et, dans le dictionnaire consulté (le Trésor de la Langue Française en 20 volumes), ils sont également donnés pour synonymes, l’un étant même utilisé pour définir l’autre. Je ne crois pas que ces lexicographes soient des amateurs. Mais le mot « sens » attire davantage car il sonne mieux et plus abstrait et a un champ sémantique beaucoup plus étendu que la lourde et banale « signification ».
Le « sens », ou la « signification », donné aux mots échappe en grande partie à ceux qui les utilisent car un mot a son épaisseur historique et, de plus, il est chargé des connotations de l'époque. Il est évident que chaque utilisateur y met de sa subjectivité, mais l’expression de celle-ci est facilement piégée, et la part de « création » individuelle reste tout de même très limitée. En fait, l’usage commun use beaucoup les mots, leur sens peut s’affadir (cf. ennui, charme, gentil en ancien français !) ou au contraire devenir négatif ou intolérable (ex. : médiocre, nègre), des centaines de métaphores, créatives à l’origine, sont aujourd’hui lexicalisées et transparentes (ex. : montrer patte blanche, éclater de rire), etc., si bien que les poètes doivent remotiver les mots, que pour Mallarmé le poète a pour ambition de « donner un sens plus pur aux mots de la tribu ». Du même : « le sens trop précis / Rature ta vague littérature ».

2. Touche personnelle et interprétation psychologique
Ecrit par Elke. 12-12-2010
Parfois, j’entends au café philo cette revendication de bien séparer « philo » et « psycho ». Puisque nous parlons du sens des mots : Qu’est-ce qu’on entend par « l’interprétation psychologique » ? Dans ce texte, je nomme l’effet que l’échange de mots a eu sur moi, je donne sens à la parole de l’autre en m’appuyant non seulement sur son contenu lexical, mais aussi sur l’observation du langage non verbale. Je témoigne en quelque sorte comment je me laisse travailler par le tissu des échanges. Pouvoir disposer d’un « langage » intérieur (nos émotions ont une valeur informative importante) nous permet, je crois, de passer de la platitude horizontale vers une verticalité. En me relisant, je constate que je parle de la peur d’Alexandra comme d’une certitude : au total, je n’en sais rien, c’est vrai. Mais cette « interprétation » a donné cohérence à la dynamique des échanges. Il serait intéressant de l’entendre à ce sujet. Elle est seule juge de ce qui s’est passé en elle pendant le débat. Maintenant : savoir s’il est souhaitable ou non d’évoquer son intériorité dans un compte rendu ? Je le fais par pur égoïsme. Je viens au café philo avec la même motivation que Gunter Gorhan, « sauver ma peau et mon âme ». Et cela nécessite un aller/retour incessant entre mon intériorité et l’extériorité. Les bons débats traversent tous une période d’émotivité ou tout semble partir à la dérive. Et c’est bien souvent à ce moment que démarre le vrai travail philosophique. Aucun changement ne serait possible si on n’accepte pas un peu le chaos de la de-construction angoissante. D’évoquer le mouvement de déstabilisation de l’animateur, c’est répondre à mon besoin de l’inclure dans ce processus : l’animateur est « dedans », donc, travaillé comme nous par ce qui se dit. Si mon attention va vers sa façon de faire, c’est que je suis particulièrement sensible aux limites qu’une figure d’autorité peut imprimer à la faculté d’expression des individus qui composent le groupe. L’animateur du débat occupe cette fonction dans le groupe du dimanche. Et je découvre, en répondant au post d’Alain, comment cette figure d’autorité est abordée différemment par moi selon qu’il s’agit d’une femme ou d’un homme. J’ai surement une tendance plus critique envers l’animateur « femme » que vers l’animateur « homme ». Et je me rappelle d’une file de discussions concernant la critique des chefs…. On m’avait dit que j’étais trop gentille avec eux. Ah, nous sommes des êtres sexués. La rivalité entre femmes, elle existerait comme la rivalité entre hommes ?
Conclusion : penser sans « psychologie », sans « sentir » ? Tout simplement impossible. Le sujet est largement documenté. Je n’ai pas besoin d’aller plus loin.

3. Avec des mots simples
Ecrit par Elle. 12-12-2010
J'ai beaucoup apprécié le compte-rendu d'Elke qui rendait compte de "l'ambiance" (mais je n'y ai pas participé) avec un style simple. Justement, ce que j'ai aimé c'est qu'elle ne s'est pas mise entre parenthèse et qu'elle n'a pas mis entre parenthèse l'animatrice. C'est romancé donc et ce n'est pas un rapport. Le café-philo n'est pas une conférence. C'est ce qui est ennuyeux parfois et ce qui fait son charme, parfois.

4. Pas de parenthèse, heureusement.
Ecrit par . 12-12-2010
Oui, parfois. Le compte rendu est subtil, en effet, car il montre des tensions qui étaient bien réelles. Mais bien courtoisement. L'animatrice, que Daniel Ramirez à présenté chaleureusement, par des raisons qui lui son propres, manque pas mal d'expérience. Elke dis: "Qu’est-ce qui me gène ? Frustration de ne pas avoir la parole, envie de meurtre parce que l’animateur (devrait-elle dire l'animatrice) reprend le micro, retraduit inlassablement dans quelque chose qui me paraît comme une « répétition du même » et j’ai envie d’avancer". C'est bien ça le problème, cette manie de tout redire, apparemment dans des termes philosophiques, mais qui n'apporte pas grande chose et qui ralentit terriblement les échanges. Le moment le plus tendu à été quand elle a essayé de couper la parole à Pierre -Yves...
Elke conclut que c'était un bon débat. Ce jugement lui appartient. La jeune animatrice avait peur qu'on tourne en rond? C'était le cas.
Bon, le manque d'expérience n'est jamais un péché, elle peut s'améliorer, c'est normal, mais la modestie devrait être de rigueur quand on commence, non?

5. Méthode bienveillante ?
Ecrit par Bernard Lavelle. 13-12-2010
Ce n’est pas la même Alexandra dont Alain nous vantait la "méthode bienveillante" qui ne met pas l’animateur en valeur ? Rappelez-vous, quand Alain a piqué une crise. Article "c’est bon pour le moral", il a commencé en critiquant l’animation de Günter, devenue, c’est vrai, une moralisation interminable où les participants n’ont pas beaucoup la parole.
Mais très vite, comme pour s’excuser, Alain s’en est pris à Gérard et à tous les autres, sur le même ton : interventions dirigistes, "mise en représentation de l’animateur", que vive le "maître ignorant","l’égalité des intelligences"(Rancière, apparemment ?), et autres formules démagogiques. Vous pouvez voir encore le forum ouvert ici, puis abandonné par lui : "Réflexions sur l’animation".
Dans les échanges, effacés depuis (pourquoi ?), Alain nous parlait de la "méthode d’Alexandra", non dirigiste. Alors ce n’est peut-être pas la même, car d’après ce qu’on a vu, elle fait exactement pareil, intervenir autant que possible, mais en plus scolaire. Son modèle ne serait pas Sylvie (féminisme oblige) et ses mini-cours sur Ricoeur ? Alexandra cite Saussure, ça nous change un peu, elle a d’autres références. Mais elle essaye tout autant d’arrêter les intervenants, arracher les micros, tout en se donnant pour elle le droit de parler autant qu’elle veut. Et ça donne quelque chose de tendu, évidemment, de pas très bienveillant et très éloigné de l’égalité des intelligences qui prônerait un Ranciere (je ne l’ai pas lu, désolé).
On tournait vraiment en rond, c’était laborieux et elle se dépatouillait plus qu’elle ne "problématisait", mais ce n’était pas nul ni inintéressant. Comme dit l’intervenant précédent, elle a le temps de s’améliorer. Mais pour la "méthode bienveillante" il faudra repasser.

6. Papa parle, maman boit les paroles
Ecrit par 3. 13-12-2010
Hé oui, certains messieurs aiment penser que les femmes n'aiment pas le pouvoir. Mais ils se font cruellement avoir. Les femmes peuvent avoir un égo monstrueux comme n'importe quel mâle. Et après ? Ce qui est drôle, c'est que certains mâles honnêtes pensent que la femme est l'avenir de l'homme, qu'elle est tout sourire et tout accueil et douceur et amen. Et surtout qu'elle est dans l'écoute comme toutes les gentilles mamans. C'est un discours encore bien plus misogyne celui qui met en respect la femme par ces discours angéliques.

7. oubli du sujet (suite)
Ecrit par Alain. 14-12-2010
Et c’est reparti avec l’aigreur, la malveillance, les attaques personnelles... et l’oubli du sujet.
Je suis d’accord avec certaines critiques de l’animation d’Alexandra, mais j’ai connu sa « méthode » en petit groupe où les défauts de l’animation ne sont pas amplifiés par le nombre et restent secondaires par rapport à l’intérêt du débat. Cela dit, je trouve les egos masculins beaucoup plus lourds à supporter que les "egos" féminins, qui ne sont pas pour moi de même nature. Les seconds (en ce qui concerne Alexandra et Sylvie au moins) sont plutôt dans le désir de transmettre, un peu comme à l’école peut-être, mais je préfère ça à l’exercice d’un pouvoir, à une volonté de briller ou de faire de la morale.
Il faudrait aussi clarifier les choses du côté du public. Il est plus difficile d’être animatrice qu’animateur, le public se permettant avec elles des réactions (y compris des attaques personnelles) qu’il ne se permet pas avec eux. Il est arrivé qu’un animateur, qui n’était pas d’accord avec mon point de vue, m’interrompe et m’arrache pratiquement le micro des mains, à tel point que je suis parti avec pertes et fracas, mais personne n’a bronché, alors qu’il y a eu des remous et même quelques huées quand Alexandra l’a fait pour interrompre des monologues interminables ou abscons. Dimanche dernier Gérard a été très directif, interrompant même plusieurs interventions, sans que personne ne réagisse. L’orientation du débat était en jeu, mais Alexandra n’aurait jamais pu s’imposer de cette manière. Elle a seulement réagi à des comportements.
Une question donc : interrompre un intervenant, de la part d’un animateur, est-ce toujours un acte de pouvoir ? Tant que nous sommes entre nous, nous réagissons comme dans un village : tout le monde se connaît (pour ceux qui parlent souvent au moins), on s’habitue à nos défauts, on les accepte et on finit par en perdre l’esprit critique. Or, il faudrait savoir si l’on est au village ou dans un groupe ouvert, réuni pendant deux heures pour avoir un débat. Vue de l’extérieur, et aussi de l’intérieur même si on l’accepte ou on ne s’exprime pas ! (là encore, à voir), un monologue interminable ou abscons est ressenti comme pénible, stérile, il n’a pas de valeur d’échange, en ce sens il ne respecte pas son auditoire et doit être arrêté. Il mettrait d’ailleurs en échec le principe de Rancière qui implique une tout autre qualité d’implication de la part des "égaux en intelligence".
Cette fonction d’interrompre certaines interventions est en tout cas celle de l’animateur, cela n’a rien à voir avec du pouvoir et il/elle s’en passerait bien, je pense.

8. Encore !...
Ecrit par . 14-12-2010
N'importe quoi !.. Alain est le chargé de com d'Alexandra? Il y a des femmes qui ont une autorité naturelle et qui s'imposent partout mieux qu'un homme. Ses problèmes psy avec les hommes qu'il les règle. Il y a des femmes qui n'ont pas pour vocation de transmettre. Et je ne crois pas qu'Alexandra apprécie d'être protégée. Elle n'en a pas besoin. Il se permet de critiquer le compte-rendu d'Elke. Il va continuer longtemps à se prendre pour une quelconque autorité ? Pénible !...

9. autorité ???
Ecrit par Alain. 14-12-2010
Il faudra expliquer en quoi je me prends plus pour une autorité que les autres intervenants de ce forum, vous par ex.

10. ..alain, merci de ne pas répondre;
Ecrit par gtissier. 14-12-2010
Je rappelle à Alain que la règle pour un animateur aux phares depuis que je le pratique ( 17 ans) et de ne pas laisser s'instaurer un débat sur le débat.( pour l'interruption..)

J'ajoute que je suis fatigué de ses commentaires sur le style des uns et des autres, qu'il n'a pas de légitimité supérieure aux autres participants pour en juger et que les internautes suivent en général mieux que lui le code implicite qui consiste à faire des commentaires sur le débat ouvert par un compte rendu sachant que sa forme et son registre peuvent revendiquer une subjectivité que lui même revendique. Pour être plus clair, j'ajoute que le subjectif peut être respectueux et non normatif, notion que je l'invite à étudier de près pour lui éviter d' y tomber.

Comme précisé plus haut, il a ouvert un forum dans la rubrique "forum" sur la question de l'animation.Pourquoi ne pas s'en tenir à cette contribution et ne pas l'enrichir chaque semaine de quelques enrichissements ?

Je comprends qu'il puisse se sentir concerné par le compte-rendu de Elke (très joliment écrit)parce que lui-même en a produit.Mais voilà - mon coté "directif" revenant au galop- j'ai très envie de lui dire qu'il glisse très souvent dans le hors sujet. J'ai le droit ?

11. Le sens à donner: Effet ou intention?
Ecrit par Elke. 14-12-2010
Pouvons-nous accepter tout simplement que "nobody's perfect" et parler de l'effet qu'un comportement a sur soi plus que des intentions à son origine? L'effet sur notre capacité de penser, et non sur notre ego? Le sens des mots, rappelons le sujet, et non le QI de l'un ou de l'autre. Nous sommes tenus dans des stéreotypes culturels, c'est une évidence. Un homme a tendance à vouloir protéger une femme, un homme a tendance à vouloir imposer son pouvoir... Mais nous sommes assez adulte pour identifier ces "excès" parfois charmants, le plus souvent exaspérants et de faire l'effort de pondérer. C'est dans la critique fait par les internautes que je découvre ma capacité de me mettre en rivalité avec les femmes, c'est un vrai bénéfice de sortir de l'ignorance de cette capacité, non? Là, cela devient un acte de volonté et le débat sera enrichi de nos différences qu'elles soient d'ordre sexuel, générationnel ou culturel. Si je heurte quelqu'un par mes paroles, c'est la personne heurtée qui doit se manifester. C'est un des basiques de la bonne communication, il me semble.

12. un rappel quand même !
Ecrit par Alain. 14-12-2010
J'ai justement ouvert ce forum en traitant du sujet ! Ensuite, on s'est mis à traiter exclusivement de l'animation, d'où d'ailleurs le titre de mon post 7 : "oubli du sujet (suite)".
D'accord, je n'aurais pas dû entrer dans le jeu, mais la modération arrive bien tard, quand la critique porte sur... Au fait, je n'ai pas critiqué l'interventionnisme de Gérard pour dimanche dernier : dire que l'orientation du débat était en jeu, c'est plutôt être dans la compréhension et l'acceptation de ces interventions, il me semble !

13. Peut-on vraiment animer les Phares?
Ecrit par Une participante. 14-12-2010
La tentative de « couper » un intervenant trop long est légitime, si fait avec respect et autorité naturelle. Tout le monde sait que c’est ennuyeux ceux qui s’éternisent en l’occurrence Pierre-Yves parfois ne sais pas où il va. Je ne crois pas que ce soit ça qui a déçu chez cette jeune animatrice, sympathique par ailleurs, mais le fait de se poser en prof. (Elke dit « il y a transfert de connaissances ») D’où la comparaison faite avec Sylvie. Je ne crois pas non plus que ce soit une question de genre. Alain dit qu’il « préfère ça à l’exercice d’un pouvoir, à une volonté de briller ou de faire de la morale », que, sois disant, serait l’attitude des hommes (tous ?).
Je crois que nous venons au café-philo ni pour le « transfert de connaissances » (prof en mal de cours) ni pour écouter ceux qui se prennent pour des gourous (tribun en mal d’audience). Nous venons pour faire de la philosophie. C’est mon cas, au moins. J’aime donc que l’animateur nous aide à ça, avec le questionnement et la mise en perspective des problématiques philosophiques.
Alain dit que c’est mieux ce qu’elle fait « en petit groupe » ? C’est fort probable. Et si elle a été invitée c’est bien que les animateurs ont eu confiance en elle. Daniel Ramirez fait un atelier avec elle eu Forum-104 et il l’a présenté très amicalement (« par des raisons qui lui sont propres », dis malicieusement le commentaire N°4). Mais c’est justement là le problème. Ce n’est pas comment animer un café-philo, beaucoup en sont capables « en petit groupe », le problème c’est d’animer le Café des Phares. Avec des dizaines de débatteurs aguerris, avec une facilité de parole bluffante et une culture, certes plus littéraire et politique que philosophique. Il faut concevoir que tout ce monde-là impressionne. Comment faire ? Ramener des contenus connus (c’est peut-être pour ça qu’Alexandra demande de choisir un sujet dans une thématique connue) rassure, sortir à toutes les sauces son philosophe fétiche aussi (la méthode Sylvie). Peut-être que les Phares est un café philo impossible à animer, tout simplement, il met l’animateur (trice) dans un seuil d’incompétence.
L’alternative serait de ne rien faire ? On a vu ça, si on lâche prise, ça « tourne en rond » très vite. Et l’attention fout le camp, d’où l’angoisse de l’animateur, attitude dirigiste, interventions de ça part interminables, parfois maladroite et « exaspérante » comme dissent certains.
Conclusion, c’est plutôt difficile. Mais les échanges à ce propos ne gagnent pas à devenir de querelles de personnes, moi-je, je-moi… ça aussi c’est exaspérant.

14. Proposition
Ecrit par Café-des-phariste. 16-12-2010
Il semblerait que les échanges dérivent très vite sur la question de l’animation quand on n’a pas grand-chose à se mettre sous la dent sur le sujet. C’est visiblement le cas avec ce débat, malgré la bonne intention d’Elke. Le sujet du langage est un peu technique, et mériterait mieux que quelques citations de Saussure et quelques généralités. C’est pour ça que l’intervenante précédente a raison, pour animer les Phares il faut beaucoup d’expérience et d’autorité, il ne suffit pas de potasser un peu ses classiques sur un sujet annoncé. On a du mal alors à comprendre la cabale d’Alain et d'autres contre les animateurs attitrés des Phares qui ont cette expérience. Même si on avoir des préférences et parfois il peut avoir lassitude et usure. Il semblerait plus raisonnable que ceux qui ont une autre idée d’un café-philo (petite atelier, groupe de libre parole, etc.), visiblement incompatible avec l’affluence des Phares et sa dynamique, aillent ailleurs, fonder des nouveaux cafés-philo ou soutenir ceux qui parfois se meurent, faute de public, justement. Alain, qui semble si au fait de la bonne méthode d’animation serait un bon candidat pour fonder un, non ?

15. réponse
Ecrit par Alain. 16-12-2010
J'en anime un par roulement le samedi, justement pour le soutenir et éviter qu'il ne disparaisse. Et j'ai animé pendant près de 10 ans un café socio hebdomadaire, variante de café philo (quoique les cafés « philo » ressemblent souvent à des cafés socio ou psycho...). Maintenant (en supposant que votre suggestion soit sérieuse), serait-il opportun de créer un café philo de plus, dans Paris en tout cas ? A moins de trouver une formule originale, mais l’originalité n’est pas forcément intéressante.
Quant au cas particulier des Phares, où il peut y avoir lassitude et usure, comme vous dites, il met sans doute l'animateur à l'épreuve de l'impossible, comme dit « une participante », et c'est justement cela qui fait un café philo. Marc Sautet, qui n’était pas un démagogue !, cherchait peu à « animer » et attendait surtout que la réflexion émerge. Or la pratique de ses successeurs, qui donne un rôle central à l’animateur garant-de-la-qualité-du-débat face à la « doxa » de participants beaucoup moins éclairés que lui (comme on nous le serine presque tous les dimanches), occulte cette nature « impossible » de l’animation… y compris en petit groupe !, qui justement peut faire un collectif et un débat sans l’artifice d’un gourou, d’un prof, etc. (d’après mon expérience). Bien sûr c’est un pari, trop oublié et qui n’est peut-être plus dans l’air du temps…, mais qui est au cœur de cette formule, unique en son genre, du café philo.

16. Question
Ecrit par . 16-12-2010
C'est le blog d'un animiteur ici ?

17. réponse
Ecrit par Alain. 16-12-2010
Ce sont des réponses (plus raisonnées que polémiques) à des questions, attaques ou critiques (pas toujours élégantes). Si cela n'intéresse personne, pourquoi continue-t-on à m'interpeller ? En même temps je fais le pari (car j'aime bien parier sur les hommes) que d'autres, bien qu'ils ne s'expriment pas, y pêchent quelque chose qui peut les intéresser et les inspirer, pourquoi pas ?...

18. Pourquoi on parle?
Ecrit par Elke. 17-12-2010
Le sens des mots...
Si chaque mot peut trouver un référencement dans un dictionnaire, l’ensemble des mots que je lis dans les derniers posts donne plus d’espace au non-sens qu’au sens. J’ai du mal à comprendre, à trouver une cohérence dans les échanges. Que se cherche à s’exprimer par ses écrits ? J’ai l’impression que la lutte contre l’expression ou la prise de conscience d’un sens quelconque prenne le dessus. Nos sens (émotions) participent à donner du sens. On aime, on n’aime pas. Certains aiment l’expression teintée de subjectivité, d’autres affectionnent l’idée pure. Pour ces sensibilités puristes, un dictionnaire ou les modes d’emploi d’un appareil électronique sont probablement meilleure lecture que mes comptes rendus « témoignage ». Mais de là à s’étonner d’un Alain qui ne devrait pas se sentir concerné par mon compte rendu puisqu’il en écrit lui-même? Pourquoi il n’exprimerait pas qu’il se sent heurté par le côté trop « psychologique » ? J’ai posé la requête de mieux définir ce qu’il entend par « trop psychologique » pour que je puisse mieux comprendre sa critique. Mais si j’écris, c’est pour qu’on me lise, et que je suis en attente de réponse, et que j’accepte et revendique même qu’on puisse critiquer mon post. Comment voulez-vous progresser sans avoir un retour sur vos réflexions ?

19. Le Langage … Le sens’ des mots, Alexandra
Ecrit par ROCA. 17-12-2010
Le Langage … Le sens’ des mots, Alexandra,

« Je Vous’ Ai compris … », C d G, naissance, du mot,
Le « mot » …
naît …sens’,
existence’, essence, des mots,
qui connaissent’…sens’,
prennent’ … un sens’,
du monde … L’Autre … Soi, des ...mots
qu’…on ...pense …mots
qu’on’ A, de jeu en …jeu, du Langage …
des ...mots,
La transmission, de L’information, par Les …sens’,
Le Langage …
de La nature … des ...mots …
du cœur, « Les mots’
et La chose » …La genèse … du sens’,
du Langage …
des ...mots,
Le Langage …
des fleurs, de La musique’ Au cœur, et …sens’,
dans Le contexte’, intelligence,
du cœur, intelligence …
du contexte’, et, comme’…une’ entente … commune, partagée, construction, expression, communication, explication, et, convention …sociale … signification, dénotation, connotation, une … disposition À une … certaine … plasticité, des mots,
Leur Acception, compréhension, Leur Variation …
Voire … « Les Variations …
Iceberg’ », du sens’,
des …mots,
suscité(s), re - suscité(s), Le rôle …des paroles’
À La Parole’,
Au Verbe’,
et …cri, des ...mots’,
écrits, immatériel(s), spirituel(s), Victor’ Hugo, dit mon’ Alter’ Hugo : « Les mots
sont Les passants, mystérieux, de L’Âme », « Car Le mot,
qu’on Le sache’, est’ un’ être … Vivant, Car Le mot,
c’est Le Verbe’,
et Le Verbe …
c’est Dieu », Le Souffle … de L’Esprit, et, Vie …Vent, de La flamme ... du mot …
sur La Langue,
Langue …
Langage …
Des’ oiseaux, Les mots … Gilles Roca,


Cas-fée-Philo des nez-nus-Phares, 28’. 11’. 2010’, en ces-jours de Frimaire’,
Et du sens’, des mots, phares, indice(s), ou, éphémère(s),
De jadis’ … et naguère’,
Eurydice … ma sœur, ton frère, G R

20. Petit complexe
Ecrit par Café-philiste. 18-12-2010
Peut-on savoir, Alain, qui vous "serine presque tous les dimanches", comme vous dites en 15, que vous êtes moins éclairé que les animateurs parce que vous seriez dans la doxa? Ne feriez-vous pas un petit complexe?



 
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