Celui qui aime l’humanité ne peut aimer les hommes.

Débat du 8 janvier 2011


«Celui qui aime l’humanité  ne peut aimer les hommes »
Animation :Gérard Tisiser

 

Faisons court et allons droit au but  : l’explication -arrivée en fin de débat grâce à Kosmas, l’auteur du sujet : « celui qui aime  l’humanite ne peut aimer  les hommes » est plus un sujet psychologique que philosophique.

En effet, ce cas de figure tiendrait de la projection de soi sur les autres. Les défauts ou les faiblesses des hommes sont attribués à la nature humaine mais ce sont les siens ou ceux qu'il nous tente d'avoir ou de vivre. Ce faisant, l‘amour de l’humanité renvoie l’image idéale de ce que l'on  pourait être, de ce que l’on voudrait être. L'amour de l’humanité se résume alors à l’amour de soi ou plus précisément à l'amour propre de JJ Rousseau.  

Comme souvent, au café-philo des phares, on se trouve un peu « piégé "par des formulations enigmatiques qui font "philo" dans un sujet. Et ce qui est dommage, c'est que souvent cette  formulation devient un carcan mental : une part importante du temps est dépensée dans une  sorte d’ «exégèse tout azimut  avant que le sens advienne, qu'une problématique soit posée, puisque si débat, il doit y avoir, il faut bien que des thèses contradictoires puissent se présenter.  

En fait, puisque d'une citation il s’agissait, il aurait fallu qu’elle nous soit soumise telle qu’elle est en réalité à savoir :« plus j’aime l’humanité en général, moins j'aime les hommes en particulier» De la part de Dostoïevski,l'auteur annonçé,c'est beaucoup plus clair !

Eh bien ce sens dévoilé, cette articulation homme-humanité intermédiée par l'amour, c’est en gros le sujet qui a été traité ce dimanche et je m’en réjouis !
 
Quelqu’un a repris à juste titre une idée de Graham Green : on ne peut pas aimer l’humanité, on ne peut aimer que des gens. D’autres ont opposé l’abstraction au corps, à la vie incarnée.D'autres ,enfin, ont dit des choses interessantes, ont trouvé des angles créatifs.. Comment s’y retrouver sans s'y perdre ?

Peut-être en suggérant que l’humanité  comporte plus de morts que de vivants, que c’est  un mouvement perpétuel d’évolution qui n’exclut, certes pas, la régression à un stade antérieur ,mais que l'on peut aimer parce qu'il  fonde un  sentiment d'appartenance dans la chaîne des générations,qu'il installe notre finitude dansl 'étrernité. L'amour  de l'humanité dans ce qu'elle a pu inventer de sublime existe parce que l'on y croit, parce que nous ne désespérons pas des hommes.
 
Alors peut-on dire, ont demandé certains, que  l'on  aime plus ceci et moins cela quand il s'agit presque de la même chose? Difficile à dire en effet. D'ailleurs  "combien"  aime-t-on ? Et comment  aimons-nous vraiment? Le sait-on jamais? 
 
L'amour de l'humanité est peut-être un sentiment abstrait soit ,mais reste un sentiment. L’important  serait  que nous ayons conscience de cette humanite pour tous les hommes, que nous  la portions au plus profond, que nous en  ayons la mémoire généalogique, le savoir civilisateur et la responsabilité citoyenne.

En tout cas, il faudrait au moins s'entendre sur le fait que l’humanité en l’Homme c’est  un  peu  plus que la  "vie" l'idole que certains vénère en oubliant un peu vite le devoir-être exsistentiel equi est le pendant de notre liberté. Qu'elle  est  la voie  par laquelle  le coeur et l'esprit trouvent leurs raisons de vivre sans lesquells tout est vanité et insignifiance.
 
Et n’est-ce pas ici  une des raison suffisante pour aimer, à  la maniere de Dostoïevski, un peu plus le général que le particulier ?

Gérard

LISTE DES COMMENTAIRES...


1. « Celui qui Aime L’humanité n’Aime pas Les’ hommes », J J Rousseau, Dostoïevski, Gérard T
Ecrit par ROCA. 23-01-2011
« Celui qui Aime L’humanité n’Aime pas Les’ hommes », J J Rousseau,
Dostoïevski, Gérard T,

L’humanité ...
rêvée,
L’homme ...
réalité,
quand L’homme deviendra, ce qu’il n’est pas, humain,
humanisé, L’humaine’ humanité sera réalisée ... sera Le genre’ humain !,
sauvée, demain, À naître’, ... À être’, ... Au monde’,
et, en beauté, « La beauté sauvera Le monde »,
Dostoïevski, La beauté de L’humain, de La femme, homme, humain,
en Lien,
d’humanité,
d’une amitié ...
qui Vient,
concrète ... corps – esprit, qui naît ...
intime’, universalité, charnel(le), spirituel(le), Lien d’Amour d’Amitié,
de ... L’Esprit, Incarné,
de L’homme’, en ...fin, humain,
de part en part, ... humanité,
tout, de L’Amour, humain,
« Vingt fois, sur L’Amitié ... »
un métier ... quel chantier !
L’un Vers L’Autre’, étrange’...et différent, Le chemin ...
« Chemin, de moi À moi, chemin de moi À toi, de toi À moi, de moi
À chaque’...une’, À chaque’...un,
de chaque’...une ... chaque’...un,
hors de sa « chacunière », œillères’ en’ ornière’, À moi ... »
Jean Cardonnel – J C,
« L’humanité, ce beau nom, ce beau don, féeminin, singulier,
des’ êtres’ À Li-er,
du couchant’ Au Levant, femmes’ hommes’ enfants, des peuples’ Au pluriel,
êtres, humains, pluri-Ailes,
EnVol d’humanité »,
J C – G R, du FiliAgapÉros’,
jusques’ Au Thanatos’,
Aimer L’humanité,
tout’ homme’, et tous Les’ hommes, tout L’homme, humanité ... Gilles Roca,

Cas-fée-Philo des nés-nus-Phares, 9’ janvier 2011’, en ces-jours de Nivôse’,
en’ humanité, d’hommes de femmes phares, on s’ fout de L’homme’ qui ose, G R

2. Des phrases qui ne disent pas ce qu'elles disent
Ecrit par Daniel Ramirez. 25-01-2011
« Plus j'aime l'humanité en général, moins j'aime les gens en particulier, comme individus », Les Frères Karamazov (1877). C'est encore plus clair comme ça, puisque l'auteur précise bien « comme individus ». Je partage l'inquiétude de Gérard par rapport à l'exactitude des citations. Mais une fois qu'elles sont lancées, même sur une forme erronée, elles constituent LE sujet de notre débat.
La raison pour laquelle cette phrase s'est déformé de la sorte dans la mémoire collective est que les gens l'ont comprise à l'envers ou de façon simpliste. L'Humanité c'est quoi ? C’est un idéal, avec tout ce qu'il y a d'humain chez l'homme (d’humain en tant qu’adjectif). Tandis que les hommes que l'on connaît ont plein de défauts, il a été dit... Une autre interprétation, encore plus "lieu commun" est celle-ci : elle viserait ceux qui sont prompts à se mobiliser pour une famine ou une catastrophe au bout du monde (parce qu'il aime l'humanité) mais incapables d'aider sa voisine de palier à monter ses courses ou qui enjambent le SDF à l'entrée de son immeuble. Un refuge dans le général par peur ou aversion du particulier et du proche.
La vraie phrase dit quelque chose de différent, c'est parce que j'aime cette humanité (idéale) que je vois et que je peux critiquer les manquements à l'universalité de cet idéal de chacun en tant qu'individus. Mais, pourquoi "on peut" ou "on ne peut pas" aimer ? Cela pose la question de l’amour : quel amour ? Sans éclaircir cette question, on est condamnés au simplisme (je sais qu’il plait à certains).
En générale on s'accorde à dire que c'est l'amour "agape" qui s'adresse à l'humanité, une sorte de bienveillance ou de compassion universelle, et l'amour "éros" et "philia" s'adresseraient aux personnes individuelles. Je pense que c'est à l'envers: l'Humanité (le grand h est de mise) n'est qu'une idée régulatrice, un horizon lointain, l'humanité, on ne la possède pas, on aspire à elle. Platon a bien montré que cet amour c'est "l'éros", le désir de ce que nous ne possédons pas. C'est ainsi que la phrase complète pourrait se transformer ainsi: « plus j'aime l'humanité avec un "éros philosophique" (désir ou passion de l'universel), plus je m'ouvre à l'amour de mes amis ("philia"), et la bienveillance généreuse ("agape") envers l'autre, le lointain, l'étranger ». Je peux critiquer ceux qui s’éloignent de l’idéal parce que je peux me critiquer moi-même lorsque je m’en éloigne ; cette critique n’est utile que si elle s’adresse aux amis. C’est pourquoi la "philia" est la clé de cet amour érotique de l’idéal, et l’"agape", la seule parade à l’interprétation vulgaire : celui qui se réfugie dans le générale pour dissimuler sa misanthropie.

3. petite interprétation
Ecrit par Elodie. 22-07-2011
Aimer l'Humanité car la confiance en l'Homme demeure. Faire confiance en étant persuadé du meilleur de l'Homme et de ce qu'il peut faire pour les autres, la Terre, les êtres et pour lui.
Ne pas forcément aimer les hommes car déceptions et expériences nous montrent que l'image de l'Humanité tant aimée et espérée peut parfois ne rester que très loin des chemins que l'on emprunte.
Ce n'est que mon avis.

4. Aimer, oui !
Ecrit par Observateur. 22-07-2011
Mais Elodie a raison! eelle dit que "ce n'est que son avis", peut-être parce qu'elle est modeste, mais c'est quelque chose! Aimer l'humanité n'est qu'un acte de foi, parfois en face de l'absurde; ça ne peut être réalisé que parce qu'on a eu de belles expériences avec des êtres humains, que ce soit dans l'érotisme, dans la générosité, dans l'amour, tout simplement. Sinon, on sombre dans le cynisme, on résonne avec des entreprises comme le coup de force aux Phares... Avoir confiance dans l'humanité est le privilège de ceux qui ont été bénis des dieux, favorisés par le destin, pointés par des flèches de cupidon... tous les tâcherons, les serviteurs des pouvoirs, les préposés du patronat, les émissaires du ressentiment, ne peuvent que pester dans leurs coins et comploter dans des obscures officines. Les pauvres! Ils sont tellement loin derrière le mouvement de l'histoire, ils n'auront que leur capacité de se mentir pour justifier leur existence.
En attendant, aimer l'humanité ne sera que le privilège de ceux qui n'ont pas besoin des obscures manoeuves pour exister.

5. amour universel
Ecrit par katia. 26-07-2011
Pour ma part, je pense que l'amour universel permet de faire tomber beaucoup de barrières.
Grace au pardon, "aimer malgré"...on avance sans rancœur, on aime tout simplement...donc on aime aussi les êtres humains même s'ils peuvent être parfois décevants, qu'ils ne font pas preuve d'humanité... nous ne sommes que des être humains, pas des saints !!
j'ai en exemple dalaï-lama, soeur Emmanuelle et bien d'autres encore..

cela reste mon avis...comme Elodie

6. Amour universel suite
Ecrit par Rez. 14-12-2012
Salut ! La pensée de Katia me fais écho. Je pense que l'essence du débat tiens en deux questions : Qu'est-ce l'humanité ? Qu'est ce être homme parmi celle ci ? Pensons nous de manière dite "rationnelle" si chère à notre culture, ou de manière spirituelle ? L'homme est une machine fruit du hasard ? Sommes nous un esprit incarné dans un corps avec un sens commun à tous mais avec une avancée et un chemin particulier ? Sommes nous déterminé par notre environnement ou sommes nous le fruit de notre libre arbitre que nous tentons d'expérimenter ? Le bien et le mal sont-ils déterminé par le facteur de la survie programmé par le hasard de l'existence (nature, vie) ? OU le sentiment du bien, de l'amour est-il au plus profond de nous, nous dévoilant à son écoute les meurtrissures de son absence ?

7. Univers amoureux de lui même !! mais.......
Ecrit par Habitant de la " ter. 23-03-2013
L’humanité est née, avec la naissance des hommes..
Elle est donc à la base..
La mort est née, à la naissance de la vie !! tout homme n'y peut rien
L'homme se cramponne à la vie terrestre, c'est bon pour mourir au terme de son age
Mais, c'est très nocif, quand il veut dépasser les limites de la vie "individuelle" !!
Confondre la vie des hommes, avec la vie de l'humanité... C'est très grave et peut détruire aussi bien les fruits que les racines de l'arbre...!
L'homme est malade (...), l’humanité en souffre !
En reniant l'humanisme fondamental,porté en soi, l'homme "ignorant" s'auto-détruit sans le "savoir"?
Peut être ......

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