La nature nous délivre-t-elle un message éthique ?
21. Il n'y a pas que vous, Nicolas.
Ecrit par Caféphiliste. 30-01-2011
Mais Nicolas, vous ne comprenez pas bien. Le cours du soir ou rattrapage de terminale c'est la critique qu'on fait à cette animatrice, qui pense que nous, les participants en aurions besoin. Deuxièmement vous faites le fier, mais vous n'avez pas vu que les intervenants (es) précédents n'ont pas voulu vous dire que vos comptes rendus son mauvais, que vous ne savez pas écrire. Tout le monde a été très accueillant, mais certains le pensons. Désolé. Vous prenez la défense de cette animatrice. Vous avez le droit, mais des cours de rédaction ne vous feraient pas de mal.
Vous n'avez pas voulu comprendre le problème. Tant pis. Laissez les autres discuter sur un problème qui les concerne. Vous réagissez comme Alain, auto-centré : "vous ne m'avez pas bien lu", "relisez mon post N°X". Mais vous n'estes pas le centre du monde parce que vous avez fait "un tel compte-rendu". Ce n'est pas vous le problème.
Et le coup des anonymes, qui n'osent pas s'identifier, nous l'avons déjà connu. Internet permet de débattre avec des pseudonymes. Ce qui compte c'est ce que l'on dit, les arguments, non les noms. S'il y a des attaques ou des insultes, on les "modère". Mais ce n'est pas le cas dans ce fil de discussion. Les plus exposés ici ce sont les animateurs, cette polémique le prouve encore. Mais ils répondent, ils réfléchissent, Sylvie Pétin, non. Ca fait une grosse différence.

22. Je sais très bien qu'il n'y a pas que moi!
Ecrit par Nicolas. 30-01-2011
Comment pouvez-vous connaître les pensées de Sylvie Pétin? Vous êtes dans une interprétation qui vous concerne et que je trouve insultant pour Sylvie. Je fais le fier, car je ne vois pas pourquoi je ne peux pas être fier. De plus, vous me conseillez de prendre des cours de rédaction, mais seulement, avez-vous vu la vôtre?

D'autre part, vous dites que je suis auto-centré, mais quand on me dit que je fais des comptes-rendus à la va vite par exemple, je pense que j'ai de bons arguments pour en faire une "histoire personnelle" ou au moins réagir. Surtout que je ne suis pas si auto-centré que cela, car je réagis face aux critiques portant sur l'animation de Sylvie.

Enfin, je vous pose une dernière question: comment savez-vous que Sylvie Pétin ne réfléchit pas à tout cela? Vous lisez dans les feuilles de thé peut-être? (ou à l'aide des cartes de tarot?).
Je n'ai pas besoin de vos conseils pour rédiger un compte-rendu, si vous vous sentez si cultivé et si compétent, pourquoi ne pourriez-vous pas en rédiger un vous-même? (Seulement, vous l'écrirez sous le nom: "Caféphiliste"? Je fais la même remarque que précédemment: de quel Caféphiliste s'agit-il? Vous savez: vous non plus vous n'êtes pas le seul Caféphiliste sur Terre!).

23. Faut-il écrire des comptes rendus ?
Ecrit par Alain. 30-01-2011
Cela ne va peut-être pas lui rendre service, mais je voudrais quand même exprimer mon écoeurement en lisant les attaques personnelles écrites contre Nicolas au fil de ces « commentaires » : il fait le fier, il a le droit de s’améliorer... Faut-il en rire ou en pleurer... de la part de personnes n’ayant jamais rien apporté (rédaction de comptes rendus notamment, ou toute autre tâche pour ce café philo) contre un nouveau, et jeune !, rédacteur. Et toujours sans réaction du côté de la modération, qui laisse se développer ce climat malsain.
Comme Elke, Nicolas semble parfaitement disposé à jouer le jeu de la critique (cf. 12), mais qu’importe, la mécanique habituelle, et grosso modo avec les mêmes, s’est remise en marche ; quand il ne s’agit pas de défendre un animateur c’est pour en descendre un autre interminablement... j’allais dire désespérément car, comme d’habitude, le sujet du débat a été oublié.
Ce matin j’y étais (la fois précédente aussi), et il semble que la leçon a été entendue : Sylvie n’a cité ni Ricoeur ni Levinas ni Spinoza, et elle a parlé ni plus ni moins que les autres animateurs. On peut donc la critiquer, dont acte, et puis passer à la suite du programme. Je ne vois pas en quoi la question du « pouvoir de l’animateur » est fondamentalement différente avec elle (seul Daniel donne un droit de réponse).
Maintenant, dois-je rédiger un compte rendu ? S’il doit enclencher une enfilade de commentaires du même type que celui-ci (ou d’autres) et avec les mêmes acteurs, je préfère m’abstenir. Et peut-être même définitivement. Car je ne vois à l’horizon rien qui laisse espérer un redressement de la situation : intervention de l’équipe d’animateurs (au moins Daniel et Gérard, seuls hélas à s’occuper de ce site), intervention massive d’autres participants en désaccord avec ces dérives. J’ai eu simplement plusieurs témoignages de personnes « dégoûtées » qui ont déserté le site.
Tant qu’il n’y a pas de pilote dans l’avion, il me paraît impossible, et de toute façon inutile, de continuer à publier.

24. Tout à fait d'accord
Ecrit par Elke. 31-01-2011
J'amplifie l'appel aux volontaires de s'appliquer à rédiger des comptes rendus. C'est un exercice intéressant pour donner sens à ce qu'on a vécu,cela permet une prolongation des partages pour ceux qui en ont envie et cela inscrit le café philo dans une histoire (sans écriture, on est dans la pré-histoire!) Comme chaque animateur, chaque rédacteur a un style, une écoute des évènements différents. L'intérêt, ce n'est pas le niveau littéraire, mais l'effet inducteur pour provoquer des coomentaires: d'accord, pas d'accord, j'ai compris cela autrement, j'ajouterai ceci, il manque cela. Chacun peut parler de sa frustration de ne pas avoir pu exprimer son idée dimanche et de pouvoir l'exprimer ici. En ce qui concerne dimanche: j'ai en principe la disponibilité pour m'y atteler cette semaine, mais j'aimerais bien que Nicolas puisse me redonner les citations qui ont introduit le débat.

25. C'est tant mieux !
Ecrit par Bernard Lavelle. 31-01-2011
Pour une fois que vous n’étiez pas au centre de l’affaire, Alain, mais sans doute ça vous manquait.
Mais allons aux faits. Vous dites que hier le débat a été normal, que l’animatrice n’a pas parlé plus que les autres, qu’elle n’a cité ni Ricoeur ni Levinas ni Spinoza. Mais, ne voyez-vous pas que c’est une progrès ? Elle a sans doute lu les critiques et évité au moins ça. Qu’elle a parlé ni plus ni moins que les autres, ça reste à vérifier. Mais ne voyez-vous pas que cela montre l’efficacité de la critique. Que les gens en parlent, débattent, ça change quelque chose, personne n’est indifférente. D’autant plus que c’était des critiques fondées, qu’il n’y a pas eu d’insulte… vous demandez la « modération », mais pourquoi voudriez-vous qu’on empêche des gens critiquer un animateur. Vous l’avez fait vous-même (et pour des raisons très proches). Pourquoi voudriez-vous que l’on accepte tout d’une autorité qui ne se justifie pas (pouvoir plutôt qu’autorité, ça a été bien dit) et qui impose une hiérarchie démesurée entre l’animateur et les participants. Heureusement qu’elle a fait des efforts.
Vous dites que Daniel est le seule à donner un droit de réponse au participants, ce n’est pas tout à fait vrai exacte, mais lors, comment se débrouille-t-il, car tout le monde arrive à prendre la parole ?
Et puis le temps de parole de l’animateur, plus que combien de temps la question est pourquoi faire. Si c’est pour orienter le débat, établir SA vérité, ou étaler ses connaissances (ça c’est souvent signe qu’elles sont maigres), il y a un vrai problème.
«Soyons attentifs ensemble», comme dit la RATP, observons et exprimons-nous. Tant que ça reste correct. Il n’y a pas eu le moindre insulte ni d’agression personnelle, ce qui est rare sur Internet, vous devriez le savoir. Alors votre demande de censure est vraiment bizarre. Que certains utilisent la dérision ou l’ironie, tant mieux, ça évite le ton agressif. La personne qui se fait objet de moquerie c’est souvent par un comportement répétitif qu’elle ne veut pas ou elle ne peut pas voir (les «cours de rattrapage» de Sylvie, les «dada», etc). Ne crions pas au lynchage, c’est totalement ridicule, c’était plutôt gentil. Quand des critiques ou des moqueries portent sur des choses totalement fausses et inventées, les gens se rendent compte tout de suite, et il y a un rejet immédiat. Là, tout le monde sait que c’était vrai. Apparemment ça a donné des résultats, non ? Passer à la suite? Bien sûr. Si ça s'améliore, c'est tant mieux, non?

26. Merci encore Elke pour votre post numéro 24!
Ecrit par Nicolas. 31-01-2011
Exactement, le compte-rendu est un exercice très intéressant et (que les participantes, caféphilistes et compagnie le veuillent ou non) qui nous fait progresser et apprendre des choses!
Alors, que chacun tente la nouvelle expérience du compte-rendu quels que soient son style d'écriture et son opinion par rapport à l'animateur!

D'autre part, Elke, voici les citations qui m'ont permis d'introduire le débat:

Hannah Arendt: "La machine se distingue de l'outil en ce que la machine guide la main et parfois la remplace tout à fait".
Victor Hugo: "Où vont tous ces enfants" extrait de l'oeuvre: "Les Contemplations": "Accroupis sous les dents d'une machine sombre, monstre hideux qui mâche on ne sait quoi dans l'ombre".

Voilà.
En guise de réponse à Bernard Lavelle, l'animateur est là pour orienter le débat, il n'établit pas SA vérité, il écoute en premier lieu ce que disent les participants (pour après pousser les participants à aller jusqu'au bout de leur réflexion et pour accomplir cela, il faut des connaissances en philosophie!). Et je continue de penser que c'est le cas de Sylvie: elle n'étale pas ses connaissances ni sa vérité, elle oriente le débat de façon à ce qu'il suive un fil directeur, une logique!
De plus, les critiques adressées à Sylvie et à son animation ne peuvent pas être qualifiées de gentilles du fait de l'irrespect de certaines critiques pour Sylvie! Et je pense qu'il est ici légitime de crier "au lynchage"!
Enfin, Bernard, pourquoi vous en prenez-vous à Alain? J'ai remarqué que c'est toujours sur lui que cela retombe, vous n'en avez pas marre de faire votre petite polémique dans votre coin et en plus sur la même personne?!

Cette polémique est selon moi stérile, car elle n'apporte rien d'intéressant: seulement des avis (ou des critiques non constructives) sur l'animation de Sylvie, ainsi, je propose de conclure.
J'ai lu plusieurs avis ou critiques insultantes, vous avez lu mon avis (normalement, j'ose espèrer), donc cela ne sert plus à rien de continuer un débat qui n'a pas de fin.

Par conséquent, je vous souhaite une bonne semaine et j'attends avec impatience le compte-rendu d'Elke!

Nicolas.

27. La nature en tant que "source morale"
Ecrit par Daniel Ramirez. 31-01-2011
La question de la nature en tant que source d’inspiration d’une éthique est évidemment bien plus importante que ce que la fixation sur la question métaphysique de la différence entre l’homme et la nature peut laisser paraître. Savoir si la nature peut (ou veut) nous envoyer un message, c'est-à-dire si elle a ou pas une intelligence langagière doublée d’une volonté de communiquer, autrement dit, si on parle d’une divinité, est une question oisive. Ce sujet a une grande importance, mais il aurait fallu sortir de ce faut problème. La vraie question est : si nous pouvons nous inspirer ou pas de la nature pour en tirer nous-mêmes (autonomie morale oblige) un message étique.
C’est la question des « sources morales » dont parle le philosophe Charles Taylor, c'est-à-dire l’origine, la notion ou la valeur clé et fondement de nos compréhensions et conduites morales. Il se trouve que pendant des millénaires, l’une de ces « sources » les plus importantes était justement la Nature (« Phusis », ce qui naît ou ce qui surgit). Parfois on l’appela « le cosmos », parfois « le ciel » (Ouranos) ; d’autres l’appelèrent « le Tao », « le logos ». Une autre de ces sources bien identifiées fût Dieu, bien entendu. Puis ce fût la Raison.
Les éthiques de la Nature les plus importantes furent celles grecques classiques : Platon, Aristote, Épicure, les Stoïciens. L’œuvre la plus importante de Lucrèce (le plus grand épicurien) s’appelle De Natura Rerum, « De la nature des choses ». Les idées d’ordre, d’équilibre, de mesure et de loi et d’harmonie de la nature étaient parfaitement courantes. Une action humaine que ne s’inspirerait pas de la Nature serait logiquement mauvaise ou dangereuse pour les anciens.
Que nous soyons venu à nous considérer comme parfaitement extraits de la Nature et étrangers à elle n’est qu’un épiphénomène de la philosophie des lumières, dérivée du cartésianisme et de l’empirisme. Cela a eu son époque de gloire, cet élan prométhéen dont on adore parler au café-philo, important à son époque, mais soumis à dure épreuve et passé par le filtre de la plus sévère critique dans la philosophie du Xxe siècle. L’anthropologie philosophique et les sciences humaines postérieures n’ont eu de cesse que de réintroduire l’homme dans la nature, dans son contexte. Continuer à l’interpréter comme « un empire dans un empire » est un aveuglement philosophique que ne peut s’expliquer que par le dogme monothéiste de l’homme fait à image et ressemblance du Créateur et placé au centre du jardin d’Eden.
La philosophie de Hans Jonas, l’éthique de la responsabilité envers les générations futures, les éthiques environnementales, l’écologie, l’éthique animale, peuvent toutes être appréhendées sous l’angle d’un message éthique que la nature nous délivre (intention ou pas).
En outre, les Indiens d’Amérique, les Aborigènes d’Australie, et bien d’autres peuples considèrent la Terre (« PachaMama ») comme un être vivant, voire une divinité, qui mérite du respect et des égards, et qui s’exprime en permanence pour nous délivrer de messages. Le mépris, le refus dogmatique d’envisager cette hypothèse, même pas en tant que jeu de langage sensé (encore une fois, la question métaphysique n’est pas le problème), est un peu triste à une époque où l’on ferait bien de s’inspirer des peuples qui n’ont pas fait les bêtises que nous avons fait en rapport aux équilibres de la nature.
Des clés et de solutions se cachent dans notre monde pluriel actuel, mais pour les approcher et pour les lire il faut abandonner bien de préjugés et bien sûr, toute philosophie primaire et toute conception de l’homme bonne pour des époques révolues (comme « le roseau pensent », par exemple). Il faut être capable de mettre en question la primauté de l’homme, sa souveraineté sur le règne de la nature, sa centralité. La nature ne sera pas à nouveau une « source morale » de la façon quelle l’était pour les anciens, ce n’est pas ça. Mais elle devra faire partie des sources morales sur lesquelles une nouvelle éthique pourra surgir. Être à l’écoute de ces nouvelles vibrations du sens de l’homme, de ces nouveaux langages, est une des vocations de la philosophie.

28. emblèmes des pays
Ecrit par villageois. 31-01-2011
Il n'est peut-être pas anodin que les états choisissent un emblème végétal ?
Je n'ai jamais beaucoup réfléchi au cèdre du Liban ni au chardon d'Ecosse , les tulipes sont aux Pays Bas ce que les ajoncs sont à la Bretagne, mais vous savez quelle fleur a été choisie par le Japon il y a 30 ans ? C'est le laurier rose, parce que c'est premier arbre qui ait fleuri après la bombe d'Hiroshima :
le message me parait clair, = soyez vigilants, les hommes sont capables de tout détruire sur la planète .
(Bernard Lavelle ayant fini ici son travail de dénigrement /Sylvie + Nicolas + Alain, l'idiot du village lui souhaite une nuit réparatice avant ses nouvelles attaques).

29. L'Homme et le monde végétal
Ecrit par Elke. 01-02-2011
Merci, Nicolas, pour les citations. Merci pour la nouvelle alimentation du sujet, Daniel ! Ce qui me semble intéressant de relever après la lecture de ce texte, c’est la juxtaposition de l’idée « source » et « lieu » en considérant la nature. Celui qui privilégie la « source » s’inscrit dans un mouvement linéaire, et l’idée du « dépassement » peut germer. Celui qui privilégie le « lieu » va être plus inspiré par le souci de « maintien ». Or, les deux forces interagissent et je partage votre vue : nous vivons probablement un temps de « retours de pendule » qui fait après un grand temps d’expansion (alimentée, qui sait, par la « source » nature !) de nouveau une place au « lieu ». L’important, c’est de ne pas confondre « retours de pendule » et « retours en arrière ». Pour utiliser les images mythiques de notre humanité : Le retour au paradis est impossible. Si les anciens ont cru nécessaire de placer Gabriel devant les portes du paradis, c’est qu’ils ont bien compris que le confort de rester « enfant » (qui se distingue de l’adulte par sa faible capacité de décentration) pouvait séduire plus d’un. Or, la flèche du temps mène bien vers devant. Maintenant que nous ne pouvons plus nous considérer comme « cerise » sur le gâteau de l’évolution, comment allons-nous nous placer ? En lisant le commentaire des emblèmes de plantes de villageois, j’ai pensé à la lecture d’un livre d’une botaniste (trouvé à la bibliothèque et malheureusement, je n’ai pas noté les références!) qui parlait de la distinction entre le monde végétal et le monde animal. L’un a un axe de développement verticale, l’autre un axe horizontal. L’humain, n’est-il pas cette troisième espèce qui retrouve la verticalité des plantes ? Changement de tropisme : l’axe de développement de la plante se fait par tropisme solaire. « L’axe » de l’homme irait vers la « connaissance » qu’on appelle les « lumières » ? Donc, « le roseau pensant » me semble toujours pertinent. Maintenant, pour répondre à la « vraie» question en ce qui concerne l’inspiration qu’on pourrait ou non tirer de la nature concernant notre agir : d’où pourrait nous venir l’inspiration si elle ne venait pas de « la nature »?

30. Suite du post 7, en écho à Daniel et au-delà
Ecrit par Alain. 01-02-2011
En effet, la nature a servi au cours de l’histoire et dans des cultures diverses à représenter l’ordre, l’équilibre, l’harmonie et une source pour la morale... mais c’était ne pas la connaître. Les « équilibres de la nature » n’ont jamais existé, sinon il n’y aurait pas aujourd’hui d’humains sur terre pour en parler. Elle est au contraire dans un état d’instabilité et d’évolution permanente, non sans violences et ruptures du point de vue de l’homme en tout cas (cf. post 7 : 90% des espèces ayant existé ont disparu). La nature ne délivre aucun message... sinon, en fait d’éthique, celui d’assurer notre propre survie et surtout celle de nos enfants, c’est l’éthique de la responsabilité de Jonas (cf. Linda dans le post 2).
Et puis, essayez de passer une nuit dehors en plein hiver, même en climat tempéré et sans risquer d’être dévoré par un prédateur. L’homme est bel et bien sorti de l’état de nature, d’où peut-être un sentiment d’incomplétude insupportable ? J’aime beaucoup me promener dans la « nature »… c’est-à-dire, sauf sites naturels, des paysages créés par le travail des hommes. Leur milieu, environnement, « contexte », c’est la culture et la société qu’ils ont eux-mêmes créées, et ceci est un produit de l’évolution, c’est tout, rien d’arrogant ni de dominateur dans le principe, rien de divin non plus sauf si l’on croit au grand Créateur.
Le problème c’est que nous manquons de sagesse, nous abusons de notre force artificiellement acquise. Alors, en guise d’appui pour nous imposer un sens moral, imposons-nous donc des limites... qui ne seront que les limites étroites d’un regard naïf et ignorant sur la nature. Cela a-t-il un sens, et cela est-il même encore possible ? Quelle illusion et quelle tristesse de toujours revenir à ce que l’on connaît déjà, à ce que l’on a déjà fait dans de tout autres contextes, la sagesse ancestrale par ex. quand en effet, gravement démunis face à la nature, les hommes la craignaient et la sacralisaient. Or la sacraliser, ou en faire de la philosophie, et la respecter ce n’est pas la même chose. La morale commence quand on a le choix, un minimum de connaissance, quand le champ des possibles est ouvert, indéterminé voire comme aujourd’hui infini. Autre chose est non seulement possible mais nécessaire, encore faut-il l’imaginer.
Comme toujours la science reste désespérément absente, et pour cause quand on s’en débarrasse avec la même attitude que celle des laïcards ignorants et sectaires vis-à-vis de la religion, que Daniel critique par ailleurs si volontiers avec mépris. Non, les « préjugés », « philosophies primaires » et autres « époques révolues » ce n’est pas seulement les autres ! Du coup, je suis de plus en plus convaincu que les vrais philosophes sont à chercher du côté des scientifiques, ceux qui font de la recherche, ou au moins de ceux qui ont une culture scientifique, autre chose qu’un horizon hérité de dogmes théologiques, d’un monde fini et d’une morale moralisante.
Car il faudrait aussi arrêter d’inverser les rôles. C’est grâce aux progrès de la science qu’il est devenu impossible de cautionner une idéologie réactionnaire au nom de la nature. Au contraire, tout est toujours possible quand on est dans l’irrationnel, c’est-à-dire le non discutable ; le nazisme fut la conséquence d’un ratage de l’entrée dans la modernité, comme les fondamentalistes religieux le sont à nouveau aujourd’hui.
(...)

31. Suite du post 7, en écho à Daniel et au-delà
Ecrit par Alain. 01-02-2011
(Suite)
Et c’est ce même progrès qui a rendu obsolète la trop fameuse expression « maître et possesseur de la nature » (citation tronquée de Descartes qui est précédée de « comme »). Un physicien quantique ne peut pas penser comme ça, voilà une expérience assez extraordinaire de l’histoire humaine où le progrès de la « connaissance », avec toutes ses questions, a entraîné dans une grande aventure de la pensée et généré du même coup un progrès moral.
Quelle éthique de la nature adopter aujourd’hui ? Le risque est encore et toujours le ratage de ce qui ouvre des horizons, qui pense contre les doxas y compris celles de philosophes, qui se confronte à l’inconnu (pour les sciences de la nature 90% du réel ou plus), de ce qui signifie à travers l’aspiration au progrès le refus de la condamnation au Péché originel. Cela tombe bien car il semble que le monde globalisé soit maintenant à un point de basculement où il paraît possible à de plus en plus de gens d’en finir avec la fatalité de l’ignorance, de la misère et de l’oppression. Veut-on passer à côté de l’histoire ?
Les mises en procès postmodernes du progrès (ère du soupçon, confusions entre science et scientisme, entre science et rationalisation-technicisation…) me paraissent toujours stériles et ne risquent pas de sauver le monde. Se prendre pour Prométhée ? Mais c’est dans la pensée magique, dans le vitalisme si cher à certains philosophes qu’il y a fantasme de toute puissance, et non dans la pensée scientifique qui les a rendus caduques depuis longtemps. C’est aussi la renaturalisation de l’homme qui légitime, à nouveau !, les pires régressions (darwinisme social, racialisation). Si l’on met en avant les dérives et les perversions du progrès, il faudrait, dans un souci de méthode et d’honnêteté intellectuelle, les comparer avec celles engendrées par l’anti-progrès, SVP ne pas renverser les rôles…
Rien ne me paraît plus nécessaire aujourd’hui que de préserver une liberté de l’esprit chèrement conquise, de refuser de voir imposés à nouveau des cadres de pensée finis et bornés comme au Moyen Age. Entre l’horizon qui a produit Galilée ou Giordano Bruno et celui qui a produit les juges qui les ont condamnés, je préfère le premier.

32. demande au webmestre, selon codes de déontologie
Ecrit par 28. 01-02-2011
Le villageois (évoquant les emblèmes végétaux) qui écrivit aussi dans "le village lobal" (pseudonyme l'idiot du village) serait reconnaissant au webmestre de bien vouloir supprimer ses posts et oublier son passage sur ce site.
Remerciements anticipés.

33. équilibre et harmonie
Ecrit par Elke. 01-02-2011
Pas d'équilibre dans la nature? Si, mais ce sont des équilibres "dynamiques" et "cycliques". Ceci donne ce sentiment d'instabilité et de chaos, mais la nature est l'inverse du chaos: elle lutte contre l'entropie, comme un chacun de nous. Et cette lutte, ce travail pour la survie,mais aussi pour l'ordre (défense de son territoire propre, développer son potentiel de croissance), cela s'appelle vivre. Lutter contre l'entropie, toujours et toujours. Dès qu'on lâche un peu, le chaos prend le dessus. Tant d'espèces ont émergé et ont disparu. Nous sommes d'accord. Les individus meurent, pourquoi ce serait différent pour les espèces? Il y'en a aussi qui apparaissent. Tous les ans, on en dévouvre. La nature, sourd et muette? Ce qu'elle communique est pourtant parlant. Justement, les scientifiques nous traduisent de mieux en mieux les "bruits" de la nature. Je ne les trouvent pas "si absent", et leur discours, c'est vrai, alimente parfois mieux notre capacité de penser le demain que certains philosophes. Mais je dirais qu'on peut observer chez "les" scientifiques le même phénomène que chez les curées: il y en a qui servent la cause et d'autre se croient "le bon dieu en personne".

34. Restez, villageois!
Ecrit par Elke. 02-02-2011
Quelles peuvent être vos motivations pour vouloir vous "effacer"? Nous avons besoin des uns et des autres. Même si c'est pour se chamailler.... Je ne sais pas si votre pseudo est en lien avec votre localisation: si vous êtes vraiment "villageois", une raison de plus de rester avec nous. Les citadins et les parisiens en particulier perdent facilement pied et doivent réglulièrement être rappelé "à l'ordre" ... des choses, de la vie. L'élégance de la tournure n'est pas garant du contenu. Et le bon sens a toujours un effet raffraichissant, même si au départ, le cocorico réactionnelle de "l'intelligence supérieure" semble l'étouffer.

35. Gaia?
Ecrit par Une participante. 02-02-2011
"les Indiens d’Amérique, les Aborigènes d’Australie, et bien d’autres peuples considèrent la Terre (« PachaMama ») comme un être vivant, voire une divinité, qui mérite du respect et des égards", nous dit Daniel Ramirez en 27. Ca c'est l'hypothèse Gaia, il me semble, et Daniel la cite comme quelque chose qui mérite considération. Mais ceux qui étions là au café-philo nous avons entendu l'animatrice écarter cette idée d'un revers de la main en disant "on voit bien ce que ça donne quand des gens comme Hitler s'en emparent". Surprenant déclaration, qui, parmi tant d'autres ne pu être contestée manque de possibilité de prendre la parole. Quand et comment Hitler s'en est emparé? Alors, que peut dire Daniel par rapport à ça? Est-ce que c'est une hypothèse si dangereuse?

36. A chacun son délire.
Ecrit par La participante.. 02-02-2011
Par rapport au supposé "villageois", l'idiot du village, en fait, pas d'accord avec Elke, nous n'avons pas besoin de lui. Il persiste dans son délire nombriliste. Il imagine qu'après avoir posté tant de bêtises, le webmaster, qui est bénévole, va prendre de son temps pour aller chercher les bêtises postées dans plusieurs fils pour les effacer.
Au fait, cet individu fait ça de temps en temps, si on lit des débats anciens, il a déjà pollué des fils de discussion et démander ensuite qu'on l'efface. C'est une habitué du nombrilisme.

37. Echo?
Ecrit par Bernard Lavelle. 02-02-2011
On ne voit pas très bien en quoi le long post d'Alain ferait écho au très dense post de Daniel. Outre le fait qu'il y aurait des idées réactionnaires que le science rend obsolètes. Les scientifiques devraient remplacer les philosophes, c'est sympa. Et que Daniel aurait critiqué je sais pas qui "avec mépris". Ca m'étonnerait. On a entendu Daniel Rmairez critiquer, exprimer des idées fortes, des convictions, mais je ne me souviens pas du "mépris".
On peut penser que l'hypothèse Gaia, dont parle la participante doit être une de ces idées réactionnaires, bête noire de de tous les scientistes.

38. Réclamation auprès du webmestre
Ecrit par 28. 02-02-2011
Bénévole ou pas, il incombe au webmestre d'effacer des propos injurieux sur son site. Le villageois ne délire pas, et le nombrilisme me semble être le propre des participants ( je vous laisse voyager autour de leurs nombrils, ça leur fera effectivement du tourisme pas cher).

39. Petite mise au point
Ecrit par Les responsables du. 03-02-2011
Les propos véritablement injurieux sont retirés, en effet de la publication, et gardés en archive (au cas ou il y aurait contestation), si toutefois nous nous apercevons. Il ont été retiré ainsi pas mal dans le passé. Rien de tel dans les derniers échanges, des personnes qui ne sont pas d'accord, c'est tout. Si chacun demandait la censure pour ses adversaires, il ne resterait pas grand chose publié nulle part. Le petit jeu qui consiste à se donner de l'importance en demandant que ses propos soient retirés, on l'a déjà connu, en effet, comme dit le post N°36. Ce n'est qu'un jeu comme un autre. Il faudrait commencer par s'identifier clairement, c'est à dire avec nom et adresse e-mail vérifiée, car vous imaginez bien que quelqu'un pourrait, sous pseudonyme demander à la place d'un autre que les propos d'un tel soient effacés.
Bonne journée.

40. Questions d'animation ?
Ecrit par Daniel Ramirez. 03-02-2011
Comme certains ont pu observer, je ne me mêle pas de polémiques de personnes. Si mon article « Pour une éthique de l’animation a été cité », je constate qu’il date de plusieurs années. Si je devais le réécrire (je le ferai peut-être, dans quelques mois: il fera bientôt 15 ans que j’anime le café des Phares), je serais un peu plus bref et je mettrais peut-être un peu d’eau dans le vin de la neutralité, qui me semble maintenant un peu difficile à atteindre. Encore que comme orientation méthodologique et en tant que posture cognitive, elle reste un horizon qui me semble difficile de ne pas viser si l’on veut animer un débat philosophique. En revanche ce que j’ai dis à l’époque à propos du questionnement, du droit de réponse et de s’abstenir de faire la promotion de ses idées, c'est-à-dire la position éthique qui seule légitime pour moi l’exercice d’autorité sur la distribution de la parole (ne pas se l’approprier) et sur le sens général du débat, je souscris encore totalement. J’y reviendrais, donc. Il me semble indispensable de se remettre en question, d'y réfléchir et de soulever ces questions de temps en temps.
Il n'est pas très productif, en revanche, de les mêler aux débats eux-mêmes, qui on vocation à ce centrer sur ses sujets.
Pour un autre point, qui soulève Bernard Lavelle: en effet, je ne crois pas critiquer qui que ce soit « si volontiers avec mépris ». Pourquoi quelqu'un ressent le besoin de dire ça? Mystère. Mais cela ne semble pas non plus avoir de rapport avec le sujet. Donc passons.



 
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