Vivons-nous sous l’emprise de l’objet

Débat du 31 janvier 2011 :  animation par Sylvie Petin

 

« Vivons-nous sous l’emprise de l’objet ? »

                            

Voilà la question qui a structuré les échanges de ce dernier dimanche du mois de janvier. L’auteur du sujet a ouvert la discussion en spécifiant « l’objet » du sujet comme objet matériel. Le pouvoir du « matériel »  sur nous. Qui dirige qui ?  Sujet qui a fait évoquer rapidement l’importance de l’objet  « outil »  dans l’histoire de l’humanité, indubitablement induite par les deux citations ayant accompagné l’introduction du sujet du débat : Hannah Arendt: "La machine se distingue de l'outil en ce que la machine guide la main et parfois la remplace tout à fait". Victor Hugo: "Où vont tous ces enfants" extrait de l'oeuvre: "Les Contemplations": "Accroupis sous les dents d'une machine sombre, monstre hideux qui mâche on ne sait quoi dans l'ombre" : deux citations qui alimentent bien l’idée que les objets crées pouvaient mettre en danger son créateur.
 
Le fameux tableau « La révolution mange ses enfants » me vient à l’esprit.  Si Victor revenait : Quel regard porterait-il sur  l’ordinateur et sur ces objets de la technique qui ne remplacent non seulement la force physique mais qui remplacent aussi le travail de traitement d’information de nos cerveaux ?  Que dirait-il de nos enfants qui restent collés à leur jeux vidéo comme les mouches à ces rubans collants qu’on mettait au plafond ? 

Malgré l’effort de limiter le sujet d’emblée à l’objet de la sphère « matérielle », nous avons utilisé beaucoup de temps à définir « l’objet ». Il ne suffit pas d’une matérialité pour acquérir le statut « d’objet ». L’objet émerge sous l’effet du regard de l’homme et  l’ancrage de l’objet se fait dans le désir du regardant.
 
Le zeste psychanalytique a eu la validation des neurosciences et d’Aristote. Il semblerait que celui-ci  ait énoncé quatre critères pour définir un objet : « cause matérielle », « cause formelle », « cause efficiente » et « cause finale » (Il sera utile de trouver les références pour ces définitions ! Je zappe et laisse aux autres le soin de trouver sur internet…)
 
Dans l’idée du regard qui « crée » l’objet, nous évoquons le travail de F. Dagonet qui invite, selon ce que j’ai cru comprendre (c’est un auteur que je ne connais pas) de développer l’attention à l’objet. Dans le processus de l’attention, nous considérons notre capacité de donner « vie » à l’objet : il devient porteur d’un peu de notre âme.
 
J’ai été très sensible à l’évocation de la serpillère, mais j’aurais bien aimé mettre en question l’idée de la volonté  de cet objet culte de  la vie d’une femme (en voie de disparition, celle-ci. L’objet  serpillère, faut-il le préciser ? Au risque de me laisser ranger dans la catégorie des féministes: la serpillère passe, les femmes restent….) La frustration de ne pas avoir eu la parole (inévitable puisqu’il y avait beaucoup de monde ce dimanche !) a été adoucis par la satisfaction   d’entendre de la bouche des autres d’autres éléments qui composent notre « dépendance » à l’objet : le souvenir lie l’objet à une personne, une époque. Celui du moulin à café a eu pour moi l’effet de la madeleine de Proust…
 
Nous avons aussi évoqué  notre vulnérabilité qui nous laisse s’accrocher à l’objet extérieur à défaut de pouvoir s’accrocher pendant des moments de flottement d’insécurité  identitaire. (Nous avons évoqué la frénésie d’achat de vêtement des femmes suscitant dans le groupe un de ces petits moments délicieux de mouvement de réassurance identitaire!). Mais aussi, comment l’utilisation compulsive d’un objet pouvait tuer l’ennui qui, bien souvent, n’est qu’un refus de voir ce qu’il y a à faire dans le monde de peur de ne pas y arriver… Un passe-temps stérile qui va nous dévorer avant d’être né ?  Est-ce qu’on a vraiment dit cela?
 
L’effet « compte rendu » opère : j’ai commencé la troisième mi-temps. Essayons de se recentrer sur ce qui a été évoqué….i l’objet n’est pas utilisé pour tromper l’ennui, il servira de transformer l’impossible en possible. Une affirmation audacieuse cherche à valider que l’objet nous transforme en sujets. Nous sommes dans l’épaisseur du sujet qui dépasse quelque peu ma capacité de travail « d’ordonnateur » que devrait être celui du rédacteur du compte rendu. L’objet rend possible l’atteinte d’un projet qui valide la trajectoire d’un sujet. Pierre-Yves  (je le nomme parce qu’il a été nommé par une intervenante) a réagi magistralement à une tentative de rendre linéaire une séquence sujet – objet – projet compliquée par l’articulation d’espace temps/territoire pour restituer la complexité, la circularité : je regrette ne pas avoir pu noter le début de son intervention qui avait le défaut de dépasser en longueur ma capacité de concentration. Quand le discours parlé est trop dense, je n’arrive plus à suivre s’il est trop long. Or, je trouvais le début de son intervention particulièrement pertinent et je regrette de ne pas pouvoir le restituer. I
 
l me semble avoir entendu dans son raisonnement ce que j’apprécie dans la vie : cette circularité « spéculaire » qui fait progresser le monde, ou la rétroaction circulaire, pour utiliser un vocabulaire issu de la physiologie.  Il s’y agissait peut-être juste de la mise en parole en jargon « philo » de ce dont nous a parlé le neuroscientifique au sujet de l’ancrage de l’objet externe dans l’intériorité du sujet regardant, déjà évoqué plus haut.
 
Cela pose donc clairement le problème de la restitution d’une parole et la difficulté à faire des comptes rendus: pour comprendre, je dois faire la traduction de ce que j’ai entendu  dans mon « langage » propre (à ne pas confondre avec la langue, mais un vrai bagage « culturel » dans un sens très large) et puis pour transmettre, on cherche à utiliser les mots qui transmettent sans trahir avec plus ou moins de bonheur …

Après beaucoup de temps utilisé à définir « l’objet », il nous restait peu de temps pour disserter sur l’emprise de l’objet dans et sur notre vie. Mais le mouvement allait clairement vers la relation de pouvoir, Nous avons évoqué rapidement l’asservissement volontaire à l’objet.  A chacun de se poser la question : je possède ou suis-je possédé ?  Nous pouvons donc constater : même la relation aux objets matériels interroge notre capacité d’affirmer notre liberté de choix, notre liberté de sujet pensant. Mais l’emprise inaugurale de l’objet sur son utilisateur, n’est-elle pas nécessaire à chacun pour la prise en main de l’objet? 
 
Nous avons évoqué l’importance de la  «maîtrise »  de l’objet, et cette maîtrise est dépendante de la transmission et de l’apprentissage. La tyrannie de l’objet (« Die Tücke des Objekts », un de ces mots qu’on traduit difficilement !) stimule l’intelligence humaine. Elle donne la butée nécessaire à sa pensée qui l’aide  à pouvoir se dépasser. Pour faire le lien avec l’ennui : l’emprise positive est l’état amoureux d’une relation entre l’Homme et l’outil qui doit pouvoir se transformer en cohabitation créatrice. L’emprise négative, c’est l’isolement dans une captivité à deux, moi et l’objet, ou l’un n’existe plus sans l’autre.  

 Que peut-on ajouter d’autre ?  J’ai assez parlé : à vos claviers !





LISTE DES COMMENTAIRES...


1. sous l'emprise d'un objet
Ecrit par Alain. 04-02-2011
Sous l’emprise de l’objet Internet (ou du compte rendu ?), je n’ai pas pu m’empêcher d’aller chercher des informations sur les quatre causes d’Aristote comme le demande Elke. Pour entendre, lu d’une voix très claire et très posée, le chapitre II du livre Delta de la « Métaphysique » où Aristote les expose, allez à la page http://fr.wikisource.org/wiki/Fichier:Aristote,_M%C3%A9taphysique,_D,_II_Cause.ogg .

Autre référence donnée pendant le débat, ces vers de Lamartine :
« Objets inanimés, avez-vous donc une âme / Qui s’attache à notre âme et la force d’aimer ? » (poème « Milly ou la Terre natale » dans « Harmonies poétiques et religieuses »)
Un objet d’une telle emprise qu’il est difficile de s’en détacher et qui ne donne surtout pas envie de le faire ! Peu importe d’ailleurs ce qu’il veut dire car, si je commence à analyser, à raisonner, je ne partagerai pas son hypothèse animiste... Mais c’est la magie d’y croire, et surtout l’expression d’un rapport affectif à l’objet évoqué dans le compte rendu d’Elke.

Autre référence : le « parlement des objets » de Bruno Latour. Dans un article (le Monde du 26 février 2003) il a en effet proposé la création d’un « parlement des choses » dans lequel les choses seraient représentées par des scientifiques ou des personnes reconnues pour leur compétence dans un champ particulier, au même titre que les députés représentent les citoyens.
B. Latour fait par ailleurs une distinction entre les objets (« ultimes, qu'on peut lancer à la tête du conférencier ») et les choses (« qui s'imposent à nous - les États, par exemple »).

En tout cas, merci Elke pour ce compte rendu, qui donne de quoi continuer à débattre.

2. Vivons-nous sous l'emprise des objets ? 1
Ecrit par Hélène Perron. 05-02-2011
Vivons-nous sous l'emprise des objets ?
Café Philo Le Phare.

Il existe trois mots à définir dans cette phrase :
Vivons-nous, c'est une action, un mouvement, il y a donc une différence avec être.
Emprise, il existe une dépendance et un pouvoir dans ce mot.
Objet, c'est le matérialisme.

Hannah Arendt : "La machine se distingue de l'outil en ce que la machine guide la main et parfois la remplace tout à fait".
Victor Hugo : "Où vont tous ces enfants" extrait de l'oeuvre : "Les Contemplations" : "Accroupis sous les dents d'une machine sombre, monstre hideux qui mâche on ne sait quoi dans l'ombre" : deux citations qui alimentent bien l’idée que les objets créés pouvaient mettre en danger son créateur.

Définition de l'objet : Tout ce qui, animé ou inanimé, affecte les sens, principalement la vue. Chose solide, maniable, généralement fabriquée, une et indépendante, ayant une identité propre, qui relève de la perception extérieure, appartient à l'expérience courante et répond à une certaine destination.
Tout élément ayant une identité propre, produit par un art ou une technique et considéré dans ses rapports avec cet art ou cette technique.

Le pouvoir de l'objet peut aller jusqu'à agir contre la main de l'homme.
L'objet a la même racine qu'objectif, c'est ce qui est posé devant soi.
C'est la main de l'homme qui utilise l'objet.
C'est l'homme qui crée l'objet.

Si nous prenons la création d'une hache dans les premiers temps de la vie humaine. Cette hache est créée pour aider l'homme et le faire progresser. C'est donc penser aussi le progrès et l'avancée moderne de l'homme. Ce qui devient utile et facilite la vie peut nous rendre esclave de cet objet mais l'évolution de l'homme passe par la création.

En psychanalyse, on parle d'objet d'amour, de relation d'objet.

Il faut distinguer la chose et l'objet, il existe une différence entre l'objet et la chose.
Aristote fait cette différence entre l'objet et la chose. L'exemple du marbre qui deviendra une sculpture. Connaître une chose, c'est en connaître les quatre causes :
matériel,
formel,
intentionnel,
efficience.
Hegel décrit une obnubilation de la chose.

Il faut aussi parler du fétichisme et de l'objet qui peut devenir un fétiche comme une protection de l'homme qui croit au pouvoir de cet objet qu'il a défini comme fétiche.
L'objet porte parfois un sentiment ou une histoire. Il peut être transmis autour d'un objet l'histoire d'un travail : une bague peut devenir le lien indéfectible d'une famille par exemple.

Il existe différents aspects d'un objet :
la technique,
la sémantique,
la sémiologie.
Et de ces trois notions nous pouvons en conclure une symbolique de l'objet.

Définir un objet, c'est donc aussi définir la relation d'objet.
Peut-on vivre sans objet ? Sans but ? Sans raison ?

C'est la question du choix ou du non choix de l'objet et cela nous renvoie à notre liberté de choisir un objet ou un autre qui peut donner un sens de l'achat ou non d'un objet. Acheter des produits équitables par exemple peut allier l'objet au sens de ce que nous voulons donner à nos choix de vie.

Dans le livre, « L'art de l'essentiel » de Dominique Loreau, elle nous signifie le sens d'avoir ou de ne pas avoir des objets et la différence des cultures nous amènent à constater que certains pays vivent avec très peu d'objet.

3. Vivons-nous sous l'emprise des objets ? 2
Ecrit par Hélène Perron. 05-02-2011

Il faut comprendre le rapport entre le sujet et l'objet d'aujourd'hui. Exemple donné d'une publicité où ce slogan a été créé : « Il faut augmenter son capital de séduction », la séduction aurait-elle aujourd'hui un capital financier !

Est-ce qu'aujourd'hui l'homme peut vivre sans objet ?
Est-ce que les objets ne nous permettent pas de devenir un sujet parfois ? C'est la question des apparences et de la superficialité de certaines personnes.
Que mettons-nous derrière l'appartenance et du sens de nos achats ?

Pourrions-nous exister sans l'objet ?

La promotion à l'état de sujet d'un objet par l'homme est une maîtrise de l'homme sur la nature. C'est une inversion puisque c'est la nature qui est au dessus du sujet.

La différence, c'est donc la pensée que nous mettons sur les objets. Quelle place donnons-nous à l'objet dans nos vies ?

Alphonse De Lamartine a écrit ceci : « Objet inanimé avez-vous donc une âme ? »

Notre pensée modifie la valeur de l'objet :
par la croyance, l'objet devient objet de culte,
par le sentiment, l'objet offert représente parfois le sentiment que nous portons à quelqu'un,...

L'emprise des objets sur nos esprits...

Définition d'emprise :
- Dans l'histoire féodale : Entreprise, prouesse chevaleresque. Ce fut [la Révolution] une folle « emprise », à la façon des vœux chevaleresques du Moyen Âge (RENAN, Feuilles dét., 1892, p. 244).
- Emprise de terrain. Action de prendre par expropriation, spécialement des terrains indispensables à l'exécution de travaux d'intérêt public. Aucun projet de vue nécessitant une emprise quelconque sur l'hôtel de l'ambassade russe n'a jamais été adopté par l'administration municipale de Paris (Monit. univ., 6 juin 1868, p. 782, 2e col. ds LITTRÉ).
- Ascendant intellectuel ou moral exercé par quelqu'un ou quelque chose sur un individu. Avoir de l'emprise sur quelqu'un.
- Plus rare. Domination physique.

Il faut comprendre le rapport de l'objet à la parole et au monde symbolique : La chose devient objet en étant nommé par l'homme et l'objet entre alors dans notre humanité.

Il faut séparer les objets :
l'objet d'art,
l'objet travail,
l'objet croyance...

La différence des sens de qualification que nous mettons sur les objets :
- selon les croyances : l'objet de culte,
- selon l'argent : l'objet richesse,
- selon l'amour : l'objet peut devenir l'autre que nous aimons, l'objet du désir.

C'est donc quand l'objet devient un sujet que nous sommes sous l'emprise de l'objet. La pensée que nous portons sur un objet renforce l'emprise de cet objet sur nous. Un symbole religieux a une force ou une emprise sur les peuples parce que ces peuples investissent et en grands nombres cet objet comme ayant une force sur eux ou sur le monde (exemple : des livres religieux). Cette pensée collective amène l'objet à devenir sujet.

Le sujet, c'est l'être.


4. Vivons-nous sous l'emprise des objets ? 3
Ecrit par Hélène Perron. 05-02-2011
En psychanalyse, l'emprise des objets peut devenir pathologique pour diminuer les angoisses.
Cette emprise des objets peut se traduire de différente manières :
Les achats compulsifs en témoignent c'est parfois par manque d'amour que l'être humain compense ce manque par des achats. La possession de l'objet devient une compensation de la frustration.
Le pervers chosifie l'autre pour satisfaire ses pulsions. L'autre devient son objet.

« Le terme d'objet doit ici s'entendre en général selon la signification vectorielle de ce qui est visé par une certaine dynamique dont la source est nommée « sujet » : ainsi l'objet du désir, l'objet de la pulsion, l'objet d'amour (on notera toutefois que Lacan parle de « sujet du désir », mais non de « sujet de la pulsion »). Mais, s'agissant du désir, la visée de l'objet implique toujours une médiation qui rende cet objet désirable.
Cette médiation est l'ordre symbolique (la chaîne associative des représentations) par lequel un objet est désiré parce qu'il représente, à l'insu du sujet conscient, un autre objet antérieurement désiré (cf. le désir de Descartes pour les jeunes filles « louches » [Lettre à Chanut, 6 juin 1647]). L'objet empirique du désir n'est donc jamais désirable par lui-même mais toujours en vertu de ce qui l'associe, symboliquement, à un autre objet. Si donc ce que désire le sujet est toujours ce qui lui manque, ce manque que le sujet cherche à combler par l'objet occurrent de son désir est toujours relatif à une expérience de satisfaction antérieurement vécue.
Voilà pourquoi Freud pouvait énoncer cette sorte de théorème : « Trouver l'objet sexuel n'est, en somme, que le retrouver » (Trois Essais sur la théorie de la sexualité, III, 5). Si l'objet du désir est toujours un objet retrouvé, cela signifie que ce qui fait la valeur désirable de l'objet empirique du désir est toujours autre chose que cet objet même ; plus précisément : cette autre chose est le véritable objet du désir, son objet en quelque sorte caché.
Il faut un élément intermédiaire qui soit, d'un côté, de l'ordre de la Chose et, de l'autre, de l'ordre de l'objet sans être pour autant objet empirique, c'est-à-dire sans être soutenu par du signifiant.

Cet élément est ce que Lacan appelle l'objet a (notation qui se lit : « objet-petit-a »). D'un point de vue simplement structurel, cet objet a est le strict équivalent du schème kantien.
Mais, au-delà de l'abstraction structurelle, il faut préciser à quoi renvoie cet objet a. D'un côté, cet objet a peut être dit objet chosique en tant qu'il n'est pas un objet empirique visé symboliquement par le désir ; c'est un objet toujours séparé de l'ordre symbolique où s'articule le désir du sujet, et donc, à ce titre, un objet toujours déjà perdu. D'un autre côté, cet objet a est lié - non pas identifié, mais lié - à ce qui, dans l'ordre empirique, est également de l'ordre de la séparation. Il s'agit d'une part du sein et des fèces, avec lesquels, dans sa vie pré-empirique, le non-encore sujet était confondu, et qui n'ont accédé au statut d'objets empiriques qu'après leur séparation, leur perte (on retrouve là la thèse de Freud sur l'indifférenciation originaire du sujet et de l'objet). Il s'agit d'autre part du regard et de la voix dont se soutient le sujet dans son rapport au monde mais qui ne sont pas eux-mêmes des objets empiriques que le sujet puisse viser comme tels (le regard est ce qui ne peut pas se voir ; la voix est ce qui ne peut pas se dire). L'objet a est donc ce singulier objet non objectivable, par la médiation duquel la dynamique de la pulsion (le pur manque qu'est la Chose) peut se rapporter à des objets empiriques de désir. »
« Le concept d' « objet » en psychanalyse : Bernard Baas, professeur de philosophie. »


Il me semble que c'est quand nous faisons de l'objet un sujet que nous sommes sous l'emprise de l'objet. L'analyste selon la pensée lacanienne et la philosophie nous amène à mettre en interaction le savoir, le réel et la vérité pour comprendre et pour analyser :
Savoir l'objet : c'est penser l'objet,
Le réel : c'est se cogner à l'objet,
La vérité : c'est l'existence ou l'absence de l'objet.

Le 5 février 2011,
Hélène Perron.

5. une petite contribution
Ecrit par gtissier. 06-02-2011
Tous cela est fort intéressant. Je veux juste ici dire que si l'objet est objet tel que défini, il est aussi « mémoire sociale» en ce qu’il témoigne et porte aussi la chaine signifiante qui préexiste au moi et qui lui survivra.

D'une certaine manière, il y a donc du "nous" c'est à-dire aussi de la dette et une perte (que Lacan nomme castration) dans l'identité en rapport aux choses du monde vues sous cet angle. C’est pourquoi plutôt qu’à l’ être, ce sujet me semble t se rapporter à l'identité, question lancinante reposée sans cesse à nos contemporains sous l’impératif catégorique d’être soi et forcément autonome!

Ce dernier n'est plus (ou beaucoup moins dans l’ensemble) un donné de structure ( un statut, un rôle social ) mais le champ d'une gravitation symbolique en miroir dans un monde de signes et d'objets.

Comme il est enjoint de se définir de manière auto-référentielle, la question de l'entrave à cette émergence du moi autonome se pose de multiple manière. D'où sans doute ce sujet aux phares avec en sous- texte cette question lancinante de l'ego focalisé sur son autofiction et cherchant l’emprise du non- moi pour la dénoncer, la mettre à distance et construire ainsi sa « libération »
Il y a ici toute la différence ( sans valorisation de ma part ) entre la visée d’une construction imaginaire de soi et l'oppsé son inscription dans un registre symbolique.De ce dernier, l’identité est confirmée et sanctionnée par autrui. Le monde des objets participe du filtrage des informations par laquelle l’identité pour autrui (dont l’ego se moque ) cherche sa reconnaissance.

Mais peut être pourrions- nous faire en sorte que la question des objets soit posée au niveau qui éclairerait sa portée existentielle comme par exemple le traçage biographique, généalogique, culturel etc. ( le « d’où je viens en et où vais-je en philosophie )

Cela demanderait un approfondissement que chacun peut glaner ici et là sans refaire un café -philo. Ainsi la fonction des systèmes d’objets dans la sphère sociétale ( il en est d’éclairants chez Baudriard). Oui, des pistes qui vont bien au delà du sens des mots car enfin : irait- on définir le sens de l’emprise de la drogue sans se poser la question du pourquoi un drogué se drogue ?

Pour rebondir sur le propos précédent, je crois que la terminologie psychanalytique a entretenu une certaine confusion en faisant frontière entre sujet et objet.( la visée scientifique de Freud en tant que sujet historique l’imposait) Si l’on s’en tient l’interactionnisme symbolique (JC Kaufmann et d’autres ) )dans les théories de l’identité, ou encore au Self de la Gelstat on peut entrevoir le jeu d’un entre-deux psychique ou encore celui des cadres sociaux de la socialisation qui sont les situations vécues physiquement dans l'institution du monde des objet ( ex la mairie, le maire et son écharpe pour se marier). Ailleurs, le rapport aux choses signe la distinction sociale et les réseaux appartenances avec leur cortège de capitaux :culturels, sociaux,symboliques ..( le pavé de la Distinction Sociale de Bourdieu dans la mare sociologique )

Juste à titre anecdotique, je souligne l’existence de la psychométrie qui porte sur la mémoire des objets.Ceux qui nous entourent sont continuellement bombardés par nos ondes cérébrales (alpha, beta et gamma). On suppose que ces ondes sont stockées d'une manière ou d'une autre par les objets inertes. Cela permettrait d'expliquer que partiellement certains phénomènes..et, en tous cas, à invalider une hypothèse animiste dans la question « et vous, objets inanimés, avez- vous donc une âme ?" cité plus haut. Il est clair – en tout cas pour moi - que la beauté de la métaphore est dans l’opposition/rencontre entre inanimé et âme qui suggère davantage l’Esprit que la volonté.




6. Bon travail!
Ecrit par Elke. 06-02-2011
Ce serait super de voir votre travail en "compte rendu", pour ouvrir la file, Hélène. Qu'en disent les web master?

7. Merci beaucoup ;)
Ecrit par Hélène Perron. 06-02-2011
Je vous laisse mon blog où il y a d'autres textes, la passion de la psychanalyse lacanienne...
http://hypocampe2011.over-blog.com/

8. Remerciements + un petit ajout.
Ecrit par Nicolas. 06-02-2011
Merci beaucoup Elke pour ce compte-rendu qui nous permet en effet de poursuivre la discussion! (Que je trouve très intéressante!).
Merci beaucoup à tous pour vos commentaires sur le sujet, notamment à Hélène. Je trouve moi aussi que les écrits d'Hélène pourraient être mis en compte-rendu! Ainsi, je suis tout à fait d'accord avec Elke!

J'ai proposé ce sujet, car je trouve que l'Homme est en quelque sorte dépendant des objets. Pourtant, dans un premier temps, cela peut paraître illogique, car c'est l'Homme qui fabrique les objets, donc il est censé avoir une totale maîtrise sur ce qu'il fait!
Cependant, après l'avoir construit, je me suis dis qu'il ne peut plus s'en séparer! C'est vrai que cette idée peut paraître un peu bizarre au départ: on n'a pas l'idée de dire qu'une table est indispensable, pourtant elle l'est...

J'ai également évoqué la beaufitude: en effet, plusieurs personnes se vantent d'avoir les objets "à la mode", ceux qui sont considérés comme les plus performants et les plus "chics". Cela montre l'immense pouvoir que les objets ont sur les personnes, car ils peuvent même les monter les unes contre les autres et ainsi créer des rivalités!
On peut également penser au fétichisme... Un film que j'ai vu récemment et que j'ai beaucoup aimé m'y fait penser: "Le Parfum" d'après le roman de Patrick Süskind. En effet, dans ce film, on voit la passion du meurtrier pour le parfum des femmes et c'est là qu'on voit le pouvoir de l'objet créé par l'Homme!
D'ailleurs, le meurtrier accomplit son objectif: il fait le meilleur parfum du monde en mélangeant l'essence de chaque parfum de chaque femme qu'il a tuée. A la fin, il ouvre le flacon, l'ultime objet qui laisse éclore les passions et le spectateur assiste à une scène magnifique marquée par l'amour. Mais ce pouvoir est tellement grand et le parfum dégage une senteur tellement puissante qu'un groupe de personnes dévore le meurtrier lors de la dernière scène! (Au sens propre: on assiste à une scène de canibalisme à la fin).

Je finirai ce commentaire par l'évocation de "L'enfant et les Sortilèges" (qu'on a évoqué dans le débat) mis en musique par Maurice Ravel. Dans cette oeuvre, on voit que l'animation des objets est une punition infligée à l'enfant. On peut citer le fauteuil et la chaise qui n'accueillent plus l'enfant sur leur siège! L'enfant a causé des torts aux objets en les frappant et il doit s'attendre à des représailles. On a dit pendant le débat que les arbres notamment souffraient de leur blessure faite avec le couteau. Enfin, l'enfant peut paraître assez ébranlé sur son acte méchant notamment avec la tasse chinoise, car il dit: "Oh, ma belle tasse chinoise".

Nicolas

9. suite à la demande au post ( 6 )
Ecrit par un responsable du si. 07-02-2011
Euh..je ne comprends pas bien.Un compte-rendu de débat doit rendre compte d'une manière plus ou moins large de son contenu et être rédigé par une personne présente.Cela ne semble pas être le cas. Et puis, de compte-rendu pour ce débat, il en existe un de publié (merci ElKe au passage).Que dire d'autre ?

10. L'âme d'un tube de rouge à lèvre...
Ecrit par Georges. 07-02-2011
>Lamartine : Objets inanimés, avez-vous donc une âme ?
>Hélène Perron: C'est l'homme qui crée l'objet.

L'âme d'un 'tube de rouge à lèvre' n'est-il à celui qui l'a crée, qui se colle sur les lèvres de ses utilisatrices ? L'homme crée l'objet du plaisir et la femme procrée la finalité de celui-ci.

par Georges de Bruxelles / Geo Brux Belg

11. Bizarre idée.
Ecrit par Ancien nouvel observ. 07-02-2011
Bien étrange la proposition en 6 et en 8. Si ça se trouve, Hélène Perron était présente, mais ça saute aux yeux que ce n'était pas le contenu du débat parce qu'il n'y a presque aucun rapport entre la formulation d'Hélène et le Compte-rendu d'Elke. Une contribution significative comme celle-là a toute sa place en commentaire. Pourquoi devrait être "mis en compte rendu"? Dans d'autres articles, Daniel Ramirez a fait des contributions très riches, qui enrichissent vraiment le fil de discussions. Celle de Gérard Tissier, ici, me semble importante, il apporte avec un langage bien plus compréhensible, l'approche social et collectif qui manquait. D'ailleurs ça manque souvent dans les approches lacannissants. Le livre que Gérard Tissier cite est "Le système de objets" de Jean Baudrillard (Gallimard, 1968). Comment débattre sur la question de l'objet, sans faire allusion? On aurait pu faire aussi référence aux "Mythologies" de Roland Barthes (Seuil, 1957). C'est vieux, mais toujours brillant. Et écrit en français, à différence de Lacan.

12. ça se discute...
Ecrit par Elke. 07-02-2011
Oui, cela se discute si Hélène aurait pu figurer en compte rendu. En lisant Hélène, j'ai trouvé justement beaucoup de références au débat, et elles me paraissaient pour certaines plus fidèles au débat que les miennes qui sont toujours "arrangées à ma sauce". Mais je dois avouer d'avoir été guidé aussi par le désir de trouver de nouvelles vocations pour faire des comptes rendues. Pour éviter la surexposition médiatique aux habitués et parce que chacun apporte une nouvelle richesse. Ici, une grille de lecture lacanienne, pourquoi pas? Oui, les voies de Lacan sont bien impénétrable... Sa pensée, vaut-elle l'effort qu'elle demande? Je m'y prête à dose homéopathique. Et dans ce texte, c'est bien à dose homéopathique.
En ce qui concerne le film de Süsskind: j'ai lu le roman il y a quelque temps déjà. Si mes souvenirs sont bons: l'héro n'avait pas d'odeur propre. Donc, il cherchait dans l'objet "parfum" à combler son manque. De la même façon, les vêtements, les objets "fétiches" pendant l'adolescence remplacent bien souvent un manque de solidité intérieur, bien normal dans cette période de grande transformation. Si c'est transitoire et raisonnable, pourquoi pas? Là ou il y a sujet à discussion: le marketing exploite totalement ce mouvement naturel et a su en faire un marché qui renforce ce qu'au départ a été bien moins marqué qu'aujourd'hui. Le jeune doit se dégager de sa jeunesse et de l’emprise du marketing et du regard des adultes grincheux et désabusés (j’ai lu en passant le titre sur le Point : on n’aime pas les jeunes en France !). Pour retrouver la place "juste" à l'objet, il y aurait peut-être tout un travail à faire dans le domaine de la publicité. Il en faut, mais pourquoi pas développer un marketing éthique, moins à la matraque. C'est un changement qui va se faire parallèlement au changement des consommateurs. Je ne regarde plus aucune publicité pour éviter d'inonder mon cerveau d'informations inutiles pour ne pas le saturer. Parce que nous savons: le nombre traitable d'information est limité. Faut digérer tout ce qu'on ingurgite. Quand j'ai besoin de quelque chose, je vais chercher l'information en temps voulu. Dernier aspect concernant l’objet pendant l’adolescence : une forme de lutte contre l’angoisse, ce sont les comportements grégaires. L’mimétisme en fait parti. Il y a la bande des accros au portable, des fanas de ceci, des inconditionnels de ça. Cela renforce les sentiments d’appartenance. L’objet le plus destructeur des jeunes, ce sont peut être les consoles de jeu. Ont-ils encore la capacité de s’investir dans leur rôle dans la société ? D’où vient la contestation quand les jeunes restent collés sur leur canapé ? J’entends beaucoup de jeunes femmes désespérer. Les hommes ne font plus rêver… Enfin, c’est un autre sujet, celui-ci.
Pour résumer : je ne fais que souligner ce qu’a déjà été évoqué en d’autres termes. L’objet est indissociable du lien que chacun entretient avec soi et le lien qui le relie aux autres.

13. Vivons-nous sous L’emprise des’ objets ?, Sylvie P
Ecrit par ROCA. 08-02-2011
Vivons-nous sous L’emprise des’ objets ?, Sylvie P,

« Objets’ inanimés’ ... Avez-Vous donc une’ Âme ? »,
Lamartine, de La matière ... L’...âme’...à ...tiers, L’objet, qui modèle ... La chose’,
objet’ « intelligent’ » À L’Âme’,
où Loge ... L’ « éloge ... de L’objet », forme ... de La chose’,
et Le nom de La chose’,
et Le mot de La chose’,
outil, instrument’, un moyen,
machine ... désirée, « machine ... désirante’ », À L’objet d’Attention,
du désir, objet d’Amour, jusqu’À L’objet Vénéré, mode ... de relation,
d’utile ... Lien,
d’Amour, fin, de sujet’ À objet, de sélection, de séduction,
d’emprise ... de maîtrise, Le trajet, du projet, de soumission, domination,
de jardinier, des cœurs,
Pensée(s), Souci(s), deux fleurs,
de La troisième ... L’Immortelle’, emprise, hors de L’espace - temps,
des choses ... des’ objets, de notre’ espace-temps,
de choix, de possession, de Liberté, Valeur, objet, de création, de réalisation,
matérielle, naturelle, culturelle ... spirituelle, de L’hominisation À L’humanisation,
objet(s) formé(s), objet(s) nommé(s), objectivé(s), concrétisé(s),
« effectivé(s) », réalisé(s),
« sensé(s) », Au « sens’ ... d’ultime ... sensation », objet / sujet ... intime’ modulation,
de conscientisation, de L’objectivation, Leur inter’- relation, inter’- émulation ...
d’objet, Avoir, À sujet, Être’,
À Venir, et À naître, .. . Gilles Roca,

Cas-fée-Philo des Phares, 30 janvier 2011’, en ces-jours de Pluviôse’,
et d’emprise’, objet, phare’, et d’emprise’, objet, ose !, G R

14. L'enrichissement.
Ecrit par Hélène Perron. 09-02-2011
L'enrichissement est la discussion que nous avons là maintenant.
Elle est là, la clé de toutes nos réfléxions sur ce sujet bien interessant et surtout bien présent dans notre vie d'aujourd'hui.
Jacques Lacan est difficile à lire mais plus on s'y interesse et plus on se rend compte de son génie.
Il a réinventé la psychanalyse, il a mobilisé des foules 1500 personnes à son séminaire ! Il a aussi été très critiqué. Il a relu Freud et a fait avancé la psychanalyse d'un grand pas.
A lire : "Il n'y a pas de rapport sexuel. Deux leçons sur "L'Étourdit" de Lacan" de Barbara Cassin et Alain Badiou.
Dans ce livre qui explicite deux textes difficiles de Lacan on comprend ce qu'il a voulu nous faire découvrir, c'est à dire qu'il faut mettre en interaction le savoir, le réel et la vérité de chaque être humain pour le comprendre. C'est un principe assez étonnant à utiliser sans modération me semble t'il.
Faut-il réécrire la pensée lacanienne pour la rendre plus explicite ?
Bonne journée à tous et merci pour ces échanges.

15. et si l'on parlait de la customisation ?
Ecrit par gtissier. 20-02-2011
Bonjour, je reviens à la charge sur le thème non pas de la possession par les objets mais la dimension identitaire qui me parait centrale. Je veux parler du lien qui s’opère entre les objets et la signature identitaire de ceux qui les portent ( ceci restant bien sur une généralisation avec les limites que cela comporte )
Pour comprendre le monde actuel et le paradigme individualiste il faut se faire à l’idée que de plus en plus, l’apparence témoigne moins de sa position sociale que de sa singularité.
J’en ai trouvé un exemple ce matin en ouvrant un magazine (pour personnes matures ) nommé « Pleine Vie
Le numéro commence par « Envie d’une touche perso ? > » En chapeau, je lis « Il suffit souvent d’un petit truc en plus pour ne pas ressembler tout à fait à ses voisins. Une pointe de poésie ( si.. si.. ) et d’originalité bien agréable ».
On nous parle de la « la customisation, une tendance de fond » en se référant à l’Etude sur customisation de masse » de l’Institut de français de la mode. Plus loin je lis « On a envie d’une marque connue mais avec un produit unique »
Dans « l’individu hyper moderne ( chez Eres 2004 ) P-l L Assoun, tente de décrypter le discours actuel sur la jouissance. Pour lui, à chaque époque son montage de jouissance collective.. Tout se passe comme si l’hypermodernité se caractérisait par un surenchérissement utilitariste, par une forme de démesure qui se traduit par « un au-delà du principe de plaisir au plan collectif ».
Je propose de voir cette démesure non pas seulement dans l’intense, le maximal et l’illimité mais aussi dans la jouissance d’être soi et dans ce jeu hyperbolique et un tantinet fétichiste à se faire unique par la chose qui signe sa différence. Cocktail explosif de la singularité à vouloir être soi par ce qui n’est pas soi ( l’objet- signature de soi ) contre les impératifs de la production de masse ( sans laquelle l’excès de consommation n’est pas possible de part l’effet d’éviction par le prix ) .
Je soutiens que la symptomatologie hypermoderne oscille entre jouissance et déjouissance, celle-ci n’étant pas indexée à l’objet mais à un individu tendu par la jouissance d’être soi grâce à l’affichage permanent de sa singularité.
P-L Assoun nous dit « Tant que l’utilité est régulée par une clause symbolique-qu’elle est prescrite par un père, pour le dire de façon sommaire, elle produit un discours et des pratiques qui se maintiennent dans l’optique du plaisir légitime. C’est pourquoi un inter-titre de Pleine Vie peut dire sans complexe de la customisation« plus qu’une tendance, une affirmation de soi »
L’emprise du sujet sur le développement de son périmètre subjectif marque son auto suffisance.Libéré et ayant « retourné » l’objet à son profit, il peut enfin se retrouver selon l’expression de Tocqueville,« tout entier dans la solitude de son propre cœur».

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