Je fais cas d'un philosophe dans la mesure où il est capable de fournir un exemple.

 Débat du 6 février 2011

« Je fais cas d'un philosophe dans la mesure

où il est capable de fournir un exemple.

animation :Daniel Ramirez



En l’absence de compte-rendu,  Daniel étant parti en vacances, je mets sur le site ce sujet de débat pour  en susciter des commentaires

Il s’agit d’une citation  de Friedrich Nietzsche dans « Considérations inactuelles».!.

Il semblerait qu’une part importante des échanges ait porté sur le sens du mot exemple.

ll  peut s’agire de l’exemplarité  du philosophe en tant qu’il articulerait ses thèses et sa vie en toute cohérence ce qui suppose une norme éthique  à ce propos qu’il faudrait  peut- être  justifier.. ( ce n'est   pas  la peine d'assasiner J..J Rousseau :il est déjà mort !)

Mais peut être  le propos vient de  ce que l’auteur de la citation - Nietszche -  est un philosophe de la vie qui metaphorise beaucoup ( c’est le moins ) son  discours sur la vie. Pour  lui, l’exemple en serait l’expérience  pensée, cette derniére étant, dans sa forme langagière,  l’objet d’une méditation sans fin  pour en saisir le sens profond.

On peut ausi penser  à ce qui  rapporte à  une e représentation d'un philosophe  particulier parlant des autres philosophes sachant qu'il s 'agit d'une lignée de producteurs d'idéesdont  l'expression ne s'arrête jamais à une forme donnée comme définitive ou idéale.

Ou enfin …ce que l’on voudra si l’on considére que le sens d’une phrase est ce dont elle « nous »parle.     

Gérard Tissier

LISTE DES COMMENTAIRES...


1. Donner un exemple ou donner l'exemple?
Ecrit par Nicolas. 13-02-2011
Merci à vous Gérard d'ouvrir la discussion grâce à cette petite introduction.

Pendant le débat, on a réfléchi sur le fait de donner un exemple et sur le fait de donner l'exemple.

Le philosophe donne forcément des exemples, d'ailleurs, Daniel nous a demandé: "Connaissez-vous des philosophes qui ne donnent pas d'exemples?"
Je pense que donner des exemples est important pour illustrer ou enrichir une réflexion. C'est le cas de Luc Ferry par exemple: il cite plusieurs "moments" de la genèse dans son livre intitulé: "Apprendre à Vivre" et aussi des philosophes. L'exemple permet de clarifier un propos qui n'est pas toujours clair. Surtout en philosophie: on entend un concept, s'il n'est pas accompagné d'un exemple, on a des chances de ne pas comprendre ou de faire un contre-sens.

Mais le philosophe doit-il donner l'exemple? Alors là, la réponse n'est pas évidente... Mais que signifie l'expression "donner l'exemple?". J'ai évoqué pendant le débat le cas des frères et soeurs: on dit souvent à l'aîné(e): "donne l'exemple!" mais ce serait d'abord aux parents de donner l'exemple...
Et puis, de toutes façons, pourquoi le philosophe donnerait-il l'exemple? Si l'on considère que "donner l'exemple" s'apparente à "donner un modèle, une référence", alors je pense que le philosophe n'incarne pas forcément ce modèle ou cette référence. Même si le philosophe est l'ami de la sagesse, il peut ne pas vouloir donner l'exemple, car on peut dire que globalement il ne constitue pas obligatoirement une référence idéale! Je pense notamment à Rousseau qui a abandonné ses enfants et qui a écrit un livre sur l'éducation: ce qui peut paraître contradictoire... Sur l'éducation, peut-être que Rousseau ne serait pas apte à donner l'exemple?...

Nicolas.

2. Rousseau
Ecrit par Elke. 16-02-2011
Dans le débat, quelqu’un a attiré l’attention sur le contexte dans lequel Rousseau a vécu. Il nous est probablement difficile de se représenter une vie de la société du 18ième siècle. Rousseau, avait-il tout simplement les moyens de donner l’exemple? Quand le « faire » est entravé par une contrainte trop importante, il nous reste parfois que la rêverie, et Rousseau a peut-être eu l’audace de rêver un monde meilleur. Son œuvre, dit-on, a préparé la révolution. Quelque part, il a donné en exemple une alternative possible, même s’il n’a pas mis en acte cet exemple. C’est comme si l’idée avait besoin d’un certain temps de latence avant de pouvoir se concrétiser en action. Mais il se positionne alors presque en tant qu’artiste, en poète. Est-ce encore de la philosophie quand on « rêve » un monde radicalement différent de son expérience propre?

3. Ca semble etre l'ombre du débat
Ecrit par observateur. 17-02-2011
C'est bien dommage de ne pas compter avec un des excellents comptes-rendus de Daniel Ramirez. Ceci est totalement aproximatif, ce qui n'est jamais le cas avec les débats animés par lui.

4. Donner l'exemple...
Ecrit par Nicolas. 17-02-2011
J'aimerais qu'on revienne un moment sur l'expression: "donner l'exemple".

Je reviens sur mon exemple de l'aîné(e) dans une famille qui doit "donner l'exemple" pour instaurer une "morale" pour ses frères et/ou soeurs plus jeunes. C'est à lui (ou à elle), selon les parents, de montrer ce qui est mauvais et ce qui est bon: on est alors sous l'emprise d'une vision manichéenne des actes!

Mais, après réflexion, je me suis dit que "donner l'exemple" signifie peut-être "donner le meilleur exemple": celui qui va éclairer le mieux un propos. Dans ce cas, cela paraît plus difficile, car il faut penser au bon exemple et le mettre à l'endroit le plus judicieux!

La phrase de Nietzsche est bien: "Je fais cas d'un philosophe dans la mesure où il est capable de fournir un exemple", ce qui s'avère être, au final, plus facile à analyser que d'autres phrases où il s'agit cette fois de "donner l'exemple".

Mais, malheureusement pour lui, dans tous les cas, Rousseau ne donne pas l'exemple comme l'a évoqué "V" dans le post précédent lorsqu'il s'agit d'Education. Après bien sûr, il peut donner l'exemple en poésie et même en politique comme l'a évoqué Elke. D'ailleurs, on peut rappeler que la constitution française s'appuie essentiellement sur les idées de Rousseau.

Pour ouvrir le débat vers d'autres horizons, j'aimerais recourir à l'imagination! Imaginons un moment qu'il existe un philosophe qui ne donne pas d'exemple et qui ne donne pas l'exemple! Dans ce cas, on pourrait se demander s'il va rester un philosophe. Le fait de ne pas savoir fournir un exemple, est-ce une condition suffisante pour que quelqu'un ne soit pas un philosophe? (certainement, car la théorie pure ne suffit pas...).

On peut alors s'interroger sur les questions suivantes: Qui est un philosophe? Quels sont les critères permettant de "décider" que quelqu'un est un philosophe? Ces critères, sont-ils objectifs? Et enfin, qui décide que quelqu'un est un philosophe, en s'appuyant sur ces critères?

Bonne soirée à tous!

Nicolas.

5. Le philosophe: au-delà de la personne, une fonction
Ecrit par Elke. 18-02-2011
L’histoire du « grand frère » : le premier niveau d’apprentissage pour chaque être humain est l’imitation. Les enfants en-dessous de 6, 7 ans ne raisonnent pas encore : leur cerveau immature ne leur permet pas. Quand ils imitent le frère, c’est pour être « grand comme lui ». Dès qu’ils y a deux enfants, les parents doivent intégrer ce fait dans leur travail d’éducation. Pas toujours facile, parce que les « grands » frères ne sont pas forcément dans l’âge de la raison non plus, et les rendre responsable voire coupable trop tôt n’est pas forcément bon ni pour l’un ni pour l’autre. Un peu plus tard, les enfants vont sélectionner ce qu’ils imitent : de préférence, ils imitent ce qui les impressionne. L’imitation « prestigieuse ». Les pays en voie de développement sont souvent happés par le même phénomène, V. en parle : faire comme les riches. Ce qu’on appelle la liberté est un concept vide de sens pour ceux qui n’en ont pas fait l’expérience à un moment de leur vie. Un frigidaire, une voiture : voilà le symbole d’une liberté factice. D’ailleurs, il n’y a pas que les Tunisiens qui confondent « richesse » et « liberté ». Pour moi, l’accès à la liberté est toujours un travail d’élaboration individuelle et se traduit par la capacité de dire « oui » ou « non » de façon raisonnée. Passer du langage « perroquet » à la parole propre. Pour moi, la philosophie doit aider le passage d’une parole « étrangère » (plaquée, imposée dans le contexte de dépendance asymétrique) vers une parole « propre » (une parole toujours ancrée dans la reprise, mais validée pour soi, resituée dans un contexte donné dans une situation d’interdépendance « égal à égal », mieux formulé : adulte à adulte (pour éviter le sentiment que « tous les gens naissent égaux », ce qui est faux : nous sommes tous différents, mais « égaux en droit », nuance très importante !) Les « philosophes », entendu comme catégorie professionnelle, devraient aider à la naissance de cette parole propre, base de toute construction de projet de vie. Dans ce sens, ils seraient à ranger dans la catégorie des pédagogues (et l’exemple serait alors un outil pédagogique) plus que dans la catégorie « politicien ». Que Daniel puisse s’enflammer pour la « révolution de Jasmin » en Tunisie est tout à fait compréhensible quand on sait qu’il est Chilien et qu’il a du avoir une expérience directe (non livresque) des effets de la dictature de Pinochet. Donc, la passion peut émerger, ce qui n’enlève rien à son souci d’intégrité intellectuelle. L’agressivité de V. porte aussi un peu de la « passion », il me semble. Le sujet le concerne surement plus « directement » que « nous autres », les spectateurs qui regardent cette révolution comme un feuilleton à la télé. Le feu dégagé par ces deux passions montre bien la complexité des mouvements qui se jouent actuellement au Maghreb.

6. Et si Nietzshe avait raison sur ce qu'il dit ?
Ecrit par Gérard Tissier. 18-02-2011
Je suis très étonné que personne ne veuille s'arrêter sur une ligne interprétative fournie, « délivrée » dans la mini- introduction que je me suis coltinée à faire et qui est « mais peut être le propos vient de ce que l’auteur de la citation - Nietzsche - est un philosophe de la vie qui metaphorise beaucoup ( c’est le moins ) son discours sur la vie. Pour lui, l’exemple en serait l’expérience pensée, cette dernière étant, dans sa forme langagière, l’objet d’une méditation sans fin pour en saisir le sens profond"

Très probablement mal rédigé car semble-t-il non comprise, cette ligne de lecture est très probablement la bonne dans le contexte de discours dont elle. ( je prends le pari ) extraite/

Ce pour plusieurs raisons :

1/ un humain "donne" l'exemple mais ne " délivre" pas d'exemple
2/ on voit mal Nietzsche se placer sur un piédestal pour jauger tous les philosophes d’avant lui à l’aune d’une exemplarité supposée supérieure le concernant
3 / ce fil, sauf à maltraiter, encore une fois JJ. Rousseau que beaucoup de connaisseurs voient comme le fondateur des sciences humaines, ne témoigne pas d’un foisonnement d’exemples de vie de philosophes donnant corps à une hiérarchie de bons ou mauvais exemples dans les esprits et qui mériterait que l'on s'en préoccupe. D’ailleurs qui serions -nous pour juger ? Nous que notre vie n’a pas clôturé en destin et en héritage de pensée pour la postérité - restons modestes.

Ceci dit, je trouve dans un Précis de philosophie –(collection Repères pratiques chez Nathan ) ceci : ( en condensé ) « Nietzsche est un philosophe du soupçon. Il dénonce que la vérité puisse
être au delà de l’apparence des choses. Pour lui, la notion métaphysique de vérité est « une cohue grouillante de métaphores, métonymies, anthropomorphismes.Il récuse la notion traditionnelle d’essence.../..Cette critique passe par une réflexion sur le langage car le langage crée un discours qui invente un arrière monde, celui prétendu des essences."

On comprend mieux ici ce que signifie " faire cas de philosophes délivrant des exemples" - sensibles veut-il dire et relevant de l’intuition au sens de Kant ( une perception empirique réelle ) et non d'une des constructions abstraites de ceux qu’il dénonce.

On peut comprendre aussi que critiquant la métaphysique – le monde des concepts et de « l’idée » ( le vrai absolu pour Hegel )il se soit orienté vers l’art qui joue lui, sur les apparences et les significations.D'où
à la fois un sens jamais clos pour le méditer et le refus de tout argument ontologique et toute tentative e de déduire l'existence de la pensée.Tout est sensibilité car il y a du hors-concept, ou si l'on veut du non rationnel.
Certes, on n’est pas obligé de se livrer à une exégèse de toutes les citations proposées comme sujet aux phares mais on peut aussi parler de ce qui lui ressemble. Entre l’exemple- signification et l’exemple- à -reproduire, il y a non pas un pas de coté mas carrément un demi-tour !

Mon expérience personnelle du café des phares en tant que participant à été pendant des années de relire les débats en ouvrant des livres sur les notions évoquées. Mais je suis sûrement un mauvais exemple. A preuve je peux donner celui de vouloir réprimer ici l’imagination ou l’esprit d’a propos. Qu’on veuille bien m’en pardonner..

7. Avoir confiance en les révolutions
Ecrit par urbaine. 20-02-2011
Par rapport au post 4 et 6. Il y a une chose que des gens comme V. ou l’idiot du village ne peuvent pas comprendre. Elke a bien vu mais seulement une partie : au fait, Daniel Ramirez n’ pas seulement subi la dictature de Pinochet, mais il l’a combattu bec et ongles (pour ne pas mentionner les armes) durant des années. Les personnes qui ne la connaissent intimement pas ne peuvent pas le savoir, car, par pudeur, il n’en parle pas.
Donc, s’il s’enflamme, comme dit Elke pour la révolution tunisienne, c’est qu’il sait de quoi ça retourne. C’est bien pour ça que derrière l’apparence d’un philosophe très rationnel, se cache un combattant passionné pour la justice.
Il y a pas mal de gens qui sont là, prêts à déceler la petite bête, les signes de radicalisation… Daniel préfère être optimiste, faire confiance au peuple, à la pensée. Il croit même que l’Islam n’est pas entièrement fondamentaliste, connaisseur des textes sacrés qu’il est, comme il a eu forcément confiance en l’église catholique qui a défendu des résistants au Chili. Il pense que les tunisiens et les égyptiens sauront combattre les récalcitrants comme les chiliens ont su se battre contre la dictature, même s’ils n’ont pas eu le même succès.
C’est pour ça que Daniel cherche les forces spirituelles à l’intérieur comme à l’extérieur des religions, qui peuvent faire partie d’un monde futur.
J’espère qu’il ne sera pas gêné par ce que je révèle en le connaissant d’un peu plus prêt. Sinon, je ne protesterais pas si ce post est supprimé.

8. Révolution, évolution....
Ecrit par Elke. 21-02-2011
Urbaine valide donc une hypothèse de travail: la passion est ancrée dans nos vies "réelles" et faire de la philo son métier peut manifestement s'alimenter d'un besoin personnel plus fort d'avoir "à comprendre". On fait de la philo pour sauver sa peau, aime nous répéter Gunter. Pouvoir penser par exemple l'impensable que celle de la violence faite à l'homme par un autre homme. Tu ne tuera point... sauf si.... Le sujet de dimanche 20 février prend alors un poids tout particulier. Et la polémique suscitée par l'exemple "Nietzsche" me parle de plus en plus et devient un instrument de connaissance ...
Bonnes vacances, Daniel.

9. L'engagement ou la passion ne sont pas des arguments
Ecrit par Bernard Lavelle. 21-02-2011
L’idiot du village (ou Expat’) tente d’exister, comme d’habitude. C’est humain mais insignifiant. Mais, Agnès est drôle, je la croyais plus discrète. Elle pense que parce qu’elle connait un peu (trop ?) intimement l’animateur philosophe, elle comprend mieux les idées…
Par contre, j’ai entendu Daniel Ramirez dire qu’il ne s’intéresse qu’aux pensées. Moi, c’est pareil. Changer le monde ou « sauver sa peau » me semblent des exagérations romantiques bonnes à exciter son monde, mais qui ne correspondent à rien de réel. Je ne crois pas que l’engagement personnel ou la passion soit des arguments. Qu’el que soit le passé révolutionnaire ou de résistant de Daniel, qui est connu, en effet.
C’est pour ça que je voudrais bien qu’on m’explique ce que ça veut dire des « nouvelles équations de laïcité et de spiritualité ». Formule séduisante mais que je crois chargée d’ambigüités.
Je ne pas pu assister à sa conférence sur la laïcité. Dommage, ça promettait. Sa conférence sur le multiculturalisme, l’année dernière, même si c’était très brillant, comme d’habitude, présentait des aspects très discutables. Le plus français des philosophes chiliens penche pour une vision pas très républicaine de la tolérance, il pense à une société très ouverte à la diversité culturelle. Malheureusement, les objections qui lui ont été faites à cette occasion, n’étaient pas de taille à l’ébranler. Moi non plus, j’avoue que je n’ai pas trouvé mieux. Il est extrêmement bien préparé quand il donne une conférence, ce qui n’assure pas pour autant qu’il ait raison.

10. Payer de sa personne pour l'exemple
Ecrit par Karine. 21-02-2011
Je remercie Agnès de nous livrer, quand même assez discrètement, des infos personnelles sur Daniel. Je ne lui ferais pas la reproche d'être impudique. On s'en fous. Si Daniel est assez secret dans ses relations, on n'est pas obligées de garder tout comme un secret d'Etat. Agnès est une des seules personnes à l'avoir approché de près.
Et puis, s’il s’agit de rapprocher cela de la question d l’exemple, voilà un bon démenti à cette idée des philosophes déconnectés des événements, qui ne prennent pas position. Les philosophes nous aident à penser des événements comme ces révolutions. Ils ne veulent pas donner l’exemple, évidemment, même s’ils s’engagent, car ils s’engagent comme n’importe quel citoyen, mais ils montrent qu’ils ne sont pas au-delà des événements, ni « en surplomb », comme les accusent certains. Si un philosophe est lui-même un exemple, c’est qu’il essaye de penser ce qu’il fait ou ce qu’il ne fait pas. Même s’il se trompe, il ne se trompe pas par manque de pensée ni par paresse intellectuelle. Daniel risque des positions multiculturalistes, c'est tout à son honneur, car rien de plus vulnérable en France que ces positions, qui tout le monde s'empresse de réfuter, même sans arguments. Ca me fait penser à une époque ou toute philosophie devait commencer par une réfutation de Spinoza.

11. Bravo d'entretenir l'ambiance du site, Bernard (13)
Ecrit par V. 22-02-2011
Je ne fais pas cas d'un philosophe dans la mesure où il me fournit un exemple de méchanceté.
Mais je rassure le Bernard Lavelle qui aimerait tant me faire mal, sa méchanceté ne m'atteint pas : j'existe dans les yeux des gens que j'aime et qui m'aiment et tout va bien pour moi.
Sur un site virtuel je me contente d'échanger des idées, des points de vue (domaine du rationnel), je ne cherche aucun lien humain (domaine de l'affectif).

12. Les pieds dans le plat
Ecrit par Elke. 23-02-2011
S’intéresser qu’aux pensées ? Séparer l’affectif du cognitif ? Messieurs, un peu de retenus dans vos délires ! Quel intérêt à vouloir ressembler à un ordinateur ou à robocop ? Le déni est un mécanisme défensif des plus archaïques. Donc : reconnaissez l’immaturité de vos interventions pseudo-intellectuelles pour pouvoir enfin donner l’espace à votre potentiel d’évolution. Considérons ces phrases sybilliques telles que « des choses que untel ne peut comprendre… » Le secret rode, accessible qu’aux initiés? Non, Bernard, la passion n’est pas « argument » mais « moteur » de notre soif de comprendre. L’absence de passion rend stérile et vieux avant l’âge. « « Nouvelles équations de laïcité et de spiritualité : Formule séduisante mais que je crois chargée d’ambigüités. » Lancez-vous, Bernard : quelles sont les ambiguïtés selon vous? « Malheureusement, les objections qui lui ont été faites à cette occasion, n’étaient pas de taille à l’ébranler », écrivez vous au sujet d’une conférence sur le multiculturalisme. Et vous soutenez d’être sans passion ? Cela vous aurait tellement fait plaisir de voir tomber le « maître » …. Mais cela nécessiterait peut-être de sortir du chaud de son lit. On devient frileux quand on n’est plus chauffé par les passions…. Et quand on ne bouge pas.

13. Petit réctificatif
Ecrit par Bernard Lavelle. 23-02-2011
Non, je crois que vous vous trompez Elke, sur mes intentions, c'est parce que je considère Daniel Ramirez comme un vrai philosophe que je me permet d'objecter quelque chose et surtout demander des explications sur ces points obscurs. Par rapport à séparer l'affectif du cognitif, non plus. Dire qu'on s'intéresse aux pensées ne veut pas dire que l'on se desintéresse à l'affectif, mais que l'on voudrait pas mélanger la biogrphie de gens à ses arguments. je crois que Daniel serait dáccord avec moi si j'affirme que le fait d'avoir été résistant contre Pinochet ne le rend pas plus apte que quiconque à parler des révolutions arabes. C'est là qu'on peut dire que ce sont les idées qui comptent. Je suis d'accord par contre avec vous sur la passion comme un moteur. C'est ce que l'on ressent avec le post très personnel (je la taquinais un peu) d'Agnes, Karine a raison, qui connait Daniel ailleurs qu'au café-philo.
Et, croyez-moi, je voudrait bien savoir ce que sont ces fameuses "équations" de laïcité. Je ne crois pas que l'on puisse "faire tomber le maître", d'ailleurs, je suis sûr que Daniel ne se pense pas comme un maître. Mais simplement débattre, objecter quelque chose ou demander des explication à un chercheur que je respecte. D'autant plus qu'il a un pensée propre, ce qui n'ést pas le cas fréquemment dans le milieu des cafés-philo.

14. Intentions et effet
Ecrit par Elke. 24-02-2011
Comme chacun de nous, je fais des hypothèses sur l'état interne des uns et des autres, mais je ne voudrais pas donner l'impression de connaître les "intentions" des uns et des autres. J'ai déjà du mal à définir clairement les miennes. Mais les phrases comme "L’idiot du village tente d’exister, comme d’habitude. C’est humain mais insignifiant", cela me met en colère et réveille "Zorro" en moi. Exister comment, voilà la question qui nous taraude, non? L'humain insignifiant? Certainement. Nous sommes si peu de chose. Mais l'idiot du village n'est pas plus insignifiant que Daniel. On ne peut pas faire tomber le maître? Qu'est-ce qu'ils cherchent à faire, les libyens? Parfois, c'est une nécessité vitale quand le maître donne des lois en contradiction avec les besoins et les droits des humains sous sa juridiction. Parfois, Daniel peut être humiliant (comme chacun de nous) quand il juge violemment une intervention comme "débile". Il a suffisamment d'intelligence pour se raviser si l'interlocuteur résiste. Parfois, l'interlocuteur ne résiste pas et se tait. Je trouve cela dommage parce que ce qu'on se dépêche de traiter comme "débile" porte souvent un zeste de quelque chose qui nous dérange, et voilà ce qu'il nous faut pour progresser, non? Mais combien de coups d'état visaient juste la place lucrative du chef (prestige, jouissances): qui n'a jamais rêvé de rayonner, de faire mieux que le "chef", de profiter des largesses de la cour ? C'est humain, ça aussi. Et c'est moteur, comme la passion! Pour ce qui est la laïcité et la spiritualité, pourquoi ne pas en faire un sujet à débattre dimanche prochain?

15. le sujet, svp
Ecrit par gtissier. 24-02-2011
Je ne crois pas inutile de rectifier: C'est l'ambassadeur de France à Tunis qui a traité des questions de journalistes de " débiles".!Ce mot exprime la faiblesse ( ex :un enfant débile, un vieillard débile) On peut en effet penser " qu'ici et là "des s interventions manquent de puissance, de force,d'incarnation ou d'originalité et ce,quel que soit son rôle. Moi, je ne comprends pas pourquoi il n'est pas possible de parler de la puissance de la débilité de l'exemple en philosophie. Pardon de le dire.. mais c'est quand même la règle du jeu.Non?

16. l animateur, doit-il donner un exemple?
Ecrit par Un participant ce jo. 24-02-2011
Jamais,mais vraiment jamais Daniel Ramirez n a traité une intervention de débile, ni s est montré humilliant. Ceci est une simple invention. Il est critique et exigent, comme chacun sait, mais jamais humilliant. Quel est le but de cette continuelle comparaison avec les chefs? Pour revenir au sujet, on a eu ce jour un vrai exemple: de droit de réponse, Daniel a redonné sans broncher la parole a un prétentieux qui s en est prit a lui. Et il a continué comme si rien n'était.

17. Proposition
Ecrit par Bob. 24-02-2011
Ceci dit, Madame Elke devrait tenir un journal intime, on se passerait de connaitre ses bouffées de chaleur, son changement de job, son intériorité très intérieure etc. Si elle parle comme elle écrit, le parler pour ne rien dire, faire des associations d'idées idiotes je comprends Ramirez, s'il se permettait de qualifier ses propos de débiles.

18. Quelques exemples de philosophes donnant des exemples...
Ecrit par Nicolas. 24-02-2011
Comment pourrions-nous maintenant illustrer la puissance de l'exemple (ou des exemples) en philosophie?

Il me semble que certains philosophes deviennent pédagogues grâce à leurs exemples et de plus, les exemples fait parfois autorité par rapport à la théorie.

Premièrement, j'aimerais évoquer Aristote. Dans l'oeuvre intitulée "Les parties des Animaux", Aristote dit: "c'est parce qu'il est le plus intelligent qu'il a des mains" ("il" remplace "l'Homme" bien sûr). En effet, la main semble être bien plus utile que certains moyens de défense possédés par les animaux. Aristote donne plusieurs exemples pour illustrer son propos: les animaux ne peuvent pas déposer l'armure qu'ils ont autour de leur corps (s'ils en ont une) alors que la main de l'Homme peut être "griffe, serre, corne, lance ou épée ou toute arme ou outil".
Ainsi, on voit bien que le philosophe a besoin d'illustrer ses propos par des exemples, dès la Grèce antique!

Ensuite, passons au XVIIIème siècle (et au tout début du XIXème siècle) avec Kant. Kant a dit que par le "je", "l'Homme se pense". C'est un pouvoir qui élève l'Homme par rapport aux autres êtres vivants et choses. Dans chaque langue, l'Homme se pense, il pense à lui-même sans pour autant que le "je" soit exprimé avec un mot particulier.
Dans une partie de l'oeuvre: "Anthropologie du point de vue pragmatique", Kant exprime cette idée et donne même un exemple. En effet, il s'intéresse à l'enfant qui, au début, ne "faisait que se sentir", car il parlait de lui à la troisième personne du singulier. D'ailleurs, Kant devient de plus en plus précis en redonnant un exemple: "Charles veut manger, marcher, etc" pour illustrer le fait que l'enfant s'exprime à la troisième personne du singulier pour parler de lui. Par la suite, l'enfant va dire "je" et cette fois, "il se pense" et ce phénomène est irréversible: une fois que l'enfant se pense, il ne peut pas arrêter de se penser. On constate ici qu'il y a une sorte de mise en abyme de l'exemple chez Kant qui donne un premier exemple: celui de l'enfant, puis qui donne un deuxième exemple contenu dans le premier: "Charles veut manger, marcher, etc". Cette mise en abyme de l'exemple permet au lecteur de comprendre encore mieux le propos du philosophe.

Puis, on pourrait continuer avec Heidegger (fin XIXème siècle - XXème siècle). En effet, il dit que "la science ne pense pas" et que nous devons la penser à la manière d'une interrogation philosophique. Heidegger donne un exemple: la physique. On n'explique pas la physique en utilisant les méthodes de la physique, mais en réfléchissant de façon philosophique!
Ainsi, cet exemple permet d'illustrer ce que veut dire le philosophe, et en plus, il permet au lecteur de comprendre le mieux possible le raisonnement de Heidegger sur une idée, dans une partie de son oeuvre: "Qu'appelle t'on penser?".

Enfin, on peut également réfléchir à une idée de Merleau ponty (XXème siècle) concernant le sens du travail. Il dit que l'Homme, à la différence de l'animal, est capable de créer d'autres structures à partir de celles qui existent à l'état de nature. Pour "guider" le lecteur et pour lui permettre de comprendre la logique, le fil directeur de l'idée, il compare cette faculté de l'Homme à celle du singe en utilisant la branche d'arbre. (D'ailleurs, ici, le philosophe a recours au "double-exemple": le singe et la branche d'arbre pour en quelque sorte "plonger" le lecteur dans une situation supposée connue).
Merleau Ponty dit ici que le singe prend une branche et peut l'utiliser à des fins précises, mais le singe ne peut pas aller au-delà de la simple utilisation (et encore précaire), il ne peut même pas créer d'autres objets analogues à la branche d'arbre. D'ailleurs, le singe voit un bâton et pour lui, la branche d'arbre est supprimée. L'Homme, au contraire voit "une branche d'arbre devenue bâton" et il peut, par conséquent, l'utiliser en considérant plusieurs fonctions de la branche. Il peut également construire des objets plus perfectionnés à partir d'une simple branche d'arbre!
Cet exemple nous montre les limites de l'animal par rapport à l'Homme et confère au philosophe une clarté dans son explication et une autorité à l'aide de son exemple précis et concret!

J'ai évoqué ces philosophes pour montrer que l'utilisation d'exemples en philosophie est obligatoire pour illustrer un propos et que l'utilisation d'exemples s'avère être finalement une condition nécessaire et suffisante pour être philosophe, mais ce n'est pas la seule condition nécessaire et suffisante...




19. pour répondre simplement
Ecrit par Elke. 24-02-2011
On me demande quel était le rapport entre la Lybie et le café des Phares: Bernard, au post 13, se plaint de ne pas avoir pu ébranler la position de Daniel. J’ai posé l’hypothèse qu’il en avait peut-être drôlement envie, que cela pouvait être une sorte de jouissance de faire vaciller une autorité telle que Daniel Ramirez. Bernard m’assure que je me trompe. « Je ne crois pas que l'on puisse "faire tomber le maître" », dit-il, à quoi je réponds : qu’est-ce qu’ils font en Lybie ? Pour le reste: Daniel n'aurait jamais humilié personne? Je me rappelle d’une intervention de Daniel en réaction au sujet du Big Bang que je n’ai pas trouvé des plus élégants. Je voulais exprimer l’idée qu’une parole vaut bien une autre et que personne n’est à l’abris de l’erreur et que je n’aime pas entendre parler d’insignifiance quand il s’agit de l’expression d’un autre humain. D’imaginer qu’un animateur ne puisse jamais glisser sur une peau de banane (il est humain, comme nous tous !), c’est une affirmation un peu excessive, non ? Que mes bouffées de chaleurs n’intéressent personne ainsi que mon intériorité et mon job : soit. Cela étaye une des hypothèses fondamentales que je me fais de la vie, celle à savoir que nous sommes profondément égoïstes, tous, les uns et les autres. Quand deux intériorités se livrent, cela donne parfois l’impression d’être un peu moins seul. Donc, j’essaie avec la mienne, puisque je ne peux pas faire sortir l’intériorité des autres. Pour ce qu’est de la fréquence que je parle des chefs : Le pouvoir et l’autorité, cela fait partie de ce monde. Une certitude : je ne suis pas un mouton. Et je tente de ne pas crier avec les loups.

20. Si j'avais lu...
Ecrit par Elke. 25-02-2011
...Nicolas avant de poster ma contribution 25, je ne l'aurais pas posté, parce que Nicolas a recentré bien comme il faut sur le sujet. C'est plus constructif de lire son texte que de vouloir argumenter face à des critiques lancées à la va vite. Retracer l'émergence de la pensée à travers le chemin de développement de l'intelligence de l'enfant permet de resituer notre patrimoine culturelle dans une histoire. Rien ne vient de rien: la main nous a permis de réaliser beaucoup de chose avant de décoller dans les sphères qui nous ont permis d'aller visiter Mars. A la base de toute pensée: l'expérience. L'exemple, c'est finalement une mise en lien de la pensée avec l'expérience. D'où l'absence totale de compassion possible de la gente masculine pour mes bouffées de chaleurs. Jamais, cette expérience traversera vos vies! Veinards. Mais bon, il y a des expériences bien plus importantes dans une vie d'Homme, je vous l'accorde!



 
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