Toutes nos admirations se valent-elles?
21. on the shoulders of giants....
Ecrit par V. 20-03-2011
Would you like to read it in English Mrs Grün?
Just have a look on the official NASA film of Apollo 17.

22. Apprenez à lire!
Ecrit par Didier. 21-03-2011
Pauvre V. ! Il fait l’idiot du village, il essaye de faire feu de cartouches mouillés. Tout le monde connaît la phrase « des nains sur des épaules des géants », de Bernard de Chartres. Daniel Ramirez l’a écrit entre guillemets, comme il se doit. C’est évidemment une citation. Urbaine l’a parfaitement compris. Ce qu’elle dit avoir la qualité d’un aphorisme, et je suis d’accord, c’est la phrase complète où la citation est incluse et tant que telle, Urbaine l’a cité en entier (V. ne sait pas lire ou il fait comme si nous étions idiots) :
« On peut voir loin étant "un nain sur les épaules des géants", mais pour comprendre la portée de cette vue et la grandeur de celui qui nous porte, il ne faut pas tout à fait rester un nain ».
Ca ne dit pas tout la même chose que la phrase Bernard de Chartres. Il s’agit d’un travail de réécriture au deuxième dégrée. Mais quelqu’un qui n’admire que soi-même est évidemment incapable de le voir. Ce que la phrase explique, d’ailleurs.

23. Le silence = l'expression du plus profond mépris
Ecrit par V. 22-03-2011
Pauvre V., idiot, incapable , qui a même le culot de s'admirer qaund il a fait des choix courageux ? Vite des mots blessants n'est-ce pas : l'injure est l'arme du faible.
Comme disait Schopenhauer "si l'on s'aperçoit que l'adversaire est supérieur (...) et que l'on ne va pas gagner, il faut tenir des propos désobligeants". Relisez l'art d'avoir toujours raison ( je crois que le sous-titre = et de se faire détester de tous).
Je connais 2 réponses possibles aux propos injurieux : l'injure en retour, et le silence. J'opte pour la 2°.

24. Incapacité à admirer et à garder le silence
Ecrit par Un participant. 22-03-2011
Toujours fait-il que Didier à raison. Pas la peine de crier à l'injure, c'est une simple réfutation. Que je sache "faire l'idiot du village" n'est pas une injure.
Quelqu'un qui se croit malin mais qui ne voit pas une citation entre guillemets avant de la dénoncer comme plagiat et qui affirme n'admirer que lui-même (Il affirme qu'il a fait des choix courageux. Mais lesquels? On n'en saura pas plus), est en effet "incapable" de comprendre certaines choses, ce qui n'est pas plus un insulte.
Le "faible", "l'adversaire est supérieur"... vous voyez bien tout ce langage: "que l'on va pas gagner"... Comment comprendre une philosophie de l'admiration quand on est immergé dans des comparaisons de hiérarchie. C'est de là qui viennent les obsessions contre "le maître", "les chefs", etc., et l'aversion lorsque certains expriment leur admiration.
Je crois aussi qu'une telle personne est incapable de s'en tenir à l'option 2 (dixit lui-même) qui aurait impliqué déjà ne pas répondre à Didier. Il ya comme une petite contradiction à rompre le silence pour dire qu'on va garder le silence, non?

25. Dommage!
Ecrit par Elke. 22-03-2011
Voilà que cela dérape encore. Que Didier ou Daniel ou n'importe qui ait "tort ou raison", est-ce intéressant dans l'absolu? La "vérité absolue", l'objectivité irréductible d'un réel qu'on tiendrait une fois pour tout, il n'y a que les mégalos qui y croient encore. Ce qui fait la différence, ce n'est pas le fait de "savoir", mais de "chercher à comprendre". Combien de personnes se fatiguent à porter et à transmettre les cendres d'un savoir devenu stéril et étouffent en même temps la flamme de la soif de connaissance! Tout le monde a un peu raison et un peu tort, et ouvrir l'angle de vue, c'est de savoir inclure plusieurs points de vue. C'est la différence des points de vue qui apporte quelque chose en plus. Pour revenir au sujet: Je peux admirer par exemple la flamme de Daniel qui a su maintenir un engagement professionnel depuis pas mal d'années. Ce n'est pas pour cela que je me sens obligé d'être d'accord avec lui sur tous les points, non? Impossible, rien que du fait de notre différence de genre! Nous n'avons pas approfondi le sujet de l'admiration homme/femme, d'ailleurs. Gérard l'avait évoqué pourtant. La crise du couple, de la famille, c'est peut-être aussi un effet de la crise de l'admiration. Si l'admiration est mutuelle et continue, puisque basée sur des différences irréductibles du genre, c'est elle qui donnerait ce petit plus, ce petie piment à la vie de couple qui fait qu'on en a toujours envie de rester ensemble malgré la source de conflit continuelle qu'est la cohabitation homme/femme?

26. mon point de vue..
Ecrit par Gérard Tissier. 22-03-2011
Merci Elke de rappeler mon intervention aux phares selon laquelle les soubassements de l'admiration d'une femme vers un homme sont parfois de nature « psy » et projective ce qui ne permet pas de la mettre au même niveau spirituel, moral, éthique etc, que d'autres admirations ( le sujet étant la valeur différentielle ou non de notre admiration- n’est-ce pas?

Maintenant, je suis forcément d'accord avec Daniel pour réfuter tout lien logique entre la confiance et l'admiration. Par ailleurs, je trouve que l'auto-référencement n'est jamais un argument. Cela dévie facilement en opinions identitaires ( Marcel Gauchet) qui minent à la fois toute discussion et plus loin, la démocratie et le lien social et humain (Robert Cassel).

Dire qu'il n'a pas de vérité absolue est une opinion absolue et ce n'est pas le propos. Il y a au moins en gros, un consensus entre contemporains de même culture, sur la nature de nos émotions, des valeurs et des sentiments. Cela participe d'une condition humaine ressentie comme partagée ce qui entraine une certaine dose de compréhension pour son prochaine et une certaine tolérance. Cette « vérité » de l’humain en nous le renforce notre proximité affective et surtout permet l'empathie.C’est cette disposition qui nous permet de nos décentrer, de vivre en nous une chose que l’autre vit (Sheller). Tant que nos vivons les choses dans un rapport à soi, nous ne pouvons pas vraiment admirer l’amirable pour ce qu’il est..

Revendiquer sans cesse un point de vue issu de son intériorité et non de la raison ( terrain d' une entente possible selon les Lumières) entraine des dérives qui souvent confinent à l'extimation. C'est à dire, et cela est nouveau gräce au Net, la mise en discours de ses obsessions intérieures.
En fait, cela ne concerne ici que ceux qui s'y complaisent et irrite ceux qui sont condamnés à les lire.A moins qu'ils ne se découragent ce que l’on peut craindre si rien n’en est dit de temps en temps.(pardon de le dire mais moi je le "ressens" comme cela )

Donc, personnellement, j'aimerais bien qu'on identifie la nature ici des "dérapages". ET puis, la contribution de René, à la lire devrait nous épargner des évidences sur l'aspect partiel de l'admiration.(chercher " à comprendre", c'est aussi lire..)

Et s’il y a une "crise" de l'admiration telle que Daniel l'a entendue aux phares c'est avec regret tant selon moi, l'air du temps marqué par la montée de l'égocentrisme et des égoïsmes de tous bords ( cf le rapport Delevoy )ressemble fort à la crise du sens et du devenir de l'humain dans un société dénaturée par la pesanteur de son scepticisme.

Ce scepticisme aux phares est endémique dès que l'on touche aux vertus et à la grandeur du genre humain) Cela me désole.

Moi je postule que ce qui est admirable dans l’admiration, c’est qu’il existe des gens admirables! C'est une admiration qui en vaut bien d'autres. Non?.


27. urbaine pas prof de philo
Ecrit par pascal. 22-03-2011
"regardez cette phrase de Daniel, elle mériterait d'être dans ses aphorismes" a dit la urbaine. C'est pas un aphorisme , ça. Si elle sait pas faire la différence entre une métaphore et un aphorisme , faut pas s'étonner que on comprenne plus rien ici, c'est nul.

28. Le ridicule ne tue pas, n'est pas Pascal?
Ecrit par urbaine. 22-03-2011
Voilà qui est franchement ridicule ! Bien sûr que je ne suis pas prof de philo. Je n’ai jamais rien prétendu de tel. Mais il ne faut pas autant pour savoir ce que c’est un aphorisme. C’est un morceau d’écriture condensée, qui peut inclure ou non, évidemment, une métaphore, qui est, en revanche, une figure littéraire, comme la métonymie, la litote ou n’importe quelle autre.
D’ailleurs quelle importance ce point académique ? Pourvu qu’on écrive bien. Je me suis limité à utiliser le terme aphorisme dans le sens de la rubrique « aphorismes » de ce site.
A voir à ce sujet l’explication de Marc Goldstein au début et aussi l’intervention N° 101, de Daniel Ramirez sur la même rubrique (vous allez me traiter de groupie, je le sais), une mise au point très pertinente. Vous verrez que tout n’est pas de la même qualité ou aussi intéressant que la phrase que j’ai cité. Mais ce n’était qu’une suggestion. Je trouve que ceux qui ont le talent pour ça n’utilisent pas assez cette rubrique.
Maintenant, si on peut passer à autre chose, je ne comprends pas non plus ce relativisme d’Elke, selon lequel ce n’est pas important que l’un ou l’autre ait raison. Je croyais que la philosophie était quand même la recherche de la vérité. On n’a pas besoin de parler de « vérité absolue » pour chercher la vérité. je ne crois pas que toutes les opinions soient équivalentes.
J’ai aussi une question pour Gérard Tissier : pourquoi parler de l’admiration de femmes vers les hommes, quelle qu’elle soit sa valeur, et non pas de l’admiration que des hommes auraient pour des femmes ? Ou alors vous ne concevez pas que cela existe ? Ce n’est pas un peu dépassé ?

29. Réponse
Ecrit par Gérard. 22-03-2011
J’ai juste voulu, lors du débat, trouver un angle d’attaque à la question « est-ce que des admirations se valent. Gunter est venu me glisser l’oreille « ce sont maintenant les hommes qui ont «besoin» d’admirer.( ce n'est pas quelle que soit la valeur de la
personne.Que les choses changent, c’est sûr mais je crois ce n’est ni un problème, ni une polémique.
En tout cas, Urbaine, si vous avez un autre exemple d’une admiration qui vaudrait moins que d’autres, allez-y et je reconnaitrais volontiers que mon exemple est moins pertinent. Mais peut être ais-je mal lu ou entendu, mais je ne vois aucune démonstration sur le fondement de la question. Pourtant, il ne s’agit pas d’admirer plus ou moins, longtemps ou un moment, d’être proche ou lointain.C’est autre chose et sur un autre plan.Ne croyez-vous pas ?

30. urbaine cherche LA vérité , allélouilla
Ecrit par in vino veritas. 22-03-2011
La vérité c'est seulement la certitude d'un moment.
Vérités d'aujourd'hui erreurs de demain, et "vérités en deça des Pyrénées erreurs au-delà".
Je suis sur la même longueur d'ondes que Elke, chacun croit ce qu'il a intéret à croire, et à chacun sa vérité en l'instant T.
Seuls les imbéciles ne changent jamais d'avis.

Concernant les aphorismes, Marc Goldstein insistait pour que ce soit des phrases personnelles, pas des citations pompées ailleurs, aussi intéressantes soient-elles.


31. de la nature de dérapages
Ecrit par Elke. 22-03-2011
Identifier la nature des dérapages? J’appelle « dérapage » les attaques personnalisées sur la qualité de la personne qui s'exprime. « Pauvre V. » « V. n'a qu'un but: semer le doute » …. Le confort de lecture serait nettement mieux, me semble-t-il, sans la chasse au mauvais objet (tantôt Alain, tantôt moi, tantôt Nicolas, ici V.) Il m’arrive comme à tout le monde d’être irrité par une opinion, de ne pas comprendre un post. J’essaie pour autant de ne pas disqualifier l’auteur.
Gérard et urbaine ne sont pas d’accord avec mon « relativisme ». J’essaie de m’expliquer un peu mieux. « La vérité », celle qui ne laisse plus aucune place au doute, qui contient toutes les vérités partielles de la faculté d’entendement de l’homme, on ne peut que l’approcher. Cela m’apparaît comme une évidence. Donc, il est vain de vouloir prétendre de la posséder, non ? Pour l’approcher, (oui, c’est un des objectif de la philosophie !), il y a à raisonner, et ne pas « avoir » raison. Quand Gérard dit par exemple: « il n’y a pas de lien logique entre confiance et admiration », il argumente : « je suis forcément d’accord avec Daniel » qui lui, a mis le sujet « de côté » en stipulant que la confiance « éloignerait » du débat. D’accord, pas d’accord : au fond, il n’y a pas de raisonnement dans ce cas précis ni chez l’un ni chez l’autre. En appui sur quel critère je vais « changer d’avis »? Chacun reste sur sa position, personne ne bouge. Juxtaposition stérile de points de vue, rien de plus. Maintenant, j’ose dire, personnellement : je n’ai pas encore fait l’expérience d’admirer quelqu’un qui ne m’inspire pas confiance. Mon expérience, l’intériorité, dit Gérard, n’est pas un outil de jugement valable. Sur quel critère me proposez-vous alors d’appuyer mon raisonnement pour alimenter mon jugement? Sur le consensus culturel qui aurait valeur de vérité? « On » pense comme si, « on » pense comme ça ? Donc : pas besoin de philosopher. Demandez à Gérard, Daniel ou un autre animateur, ils vous diront ce qu’il faut penser. Autre exemple : L’admiration ne s’applique jamais à soi même, affirme Gérard en fin de son post, sûrement pour prendre partie dans le débat concernant l’aveu de V. de s’admirer de temps en temps. Là encore : une affirmation fait office de vérité, sans argumentation. Consensus indiscutable ? J’ai dit, donc, c’est. Exemple d’argumentation possible : Je ne me dis pas d’emblée que V. a eu tort de dire ce qu’il a dit. Je fais un effort de décentration, j’imagine ce qu’il a voulu dire, je me remémore des situations analogues et je viens à la conclusion : Je pense que le mot plus juste pour exprimer ce sentiment évoqué par V., c’est la « fierté », ne pas à confondre avec l’orgueil, mais je peux reconnaître à ce sentiment une certaine proximité avec l’admiration. J’aurais pu aussi, en absence d’expérience analogue, m’attacher à la signification du préfix « ad » qui interdirait l’utilisation du mot « admirer » pour la personne propre puis qu’il suggère une direction, une projection. Voilà la différence que je vois entre "avoir raison" et "raisonner" Est-ce que je me suis fait mieux comprendre ?

32. Mais on est où là? De quoi on parle?
Ecrit par Un participant. 23-03-2011
Qu'est-ce que vous essayez de suggérer à la fin, Elke? Que "Gérard, Daniel ou un autre animateur" vous disent "ce qu'il faut penser"? Mais que voulez-vous dire en vérité?
Croyez-vous que pour dire aux gens CE QU'IL FAUT PENSER, ces personnes choisiraient d'animer un café-philo pour le faire? Juste le lieu où tout le monde conteste ou peut tout contester, car justement c'est un lieu où l'on prend la pensée et la parole des gens au sérieux?
On a du mal à y croire lorsqu'on vous lit: toute la dernière partie de votre post est une tentative d'expliquer que seule vous argumentez! Que les autres veulent juste "avoir raison" mais que vous vous raisonnez, que vous seule faites un effort de décentration. Et le café-philo entier dont Alicia a fait un beau compte rendu, animé par Daniel Ramirez, ne croyez-vous pas que c'est un énorme exercice de "décentration"?
Ou j'ai mal compris?

33. J'essaie encore un coup
Ecrit par Elke. 23-03-2011
Je ne veux rien suggérer du tout. J'essaye désespérément de ramener le débat sur une base de raisonnement et de quitter enfin ce tribunal des bons, des méchants et des bruts. Avez-vous lu le début du débat? Nous sommes tous d'accord su la qualité du débat du dimanche. Dans le post 31 j'ai essayé d'utiliser un exemple concret pour illustrer la différence qui consiste entre "avoir raison" et raisonner. La phrase qui vous fait croire que je fais un procès aux animateurs n'est pas à lire séparément de ce qui précède. Le contexte: la divergence de points de vue entre Gérard et moi illustre deux postures existentielles: le jugement, est-il alimenté par le dehors ou par le dedans? Il est irrité par la tendance, selon lui, excessive d’appuyer son jugement sur l’intériorité. Moi, je suis irritée par sa tendance à mon avis aussi excessive d’appuyer le jugement sur l’extériorité. Or, le fait de réfléchir sur ce fait m’a amené de me dire qu’un bon jugement se fait dans la circularité extérieur/intérieur. Pour mobiliser la posture de mon discutant, je tente la stratégie de pousser au bout son raisonnement. Si je dois renoncer à mon intériorité, je devrais m’appuyer uniquement sur l’extériorité. "Sur quel critère me proposez-vous alors d’appuyer mon raisonnement pour alimenter mon jugement? » et je continue avec la représentation de la conception de sa réalité tel que j’ai pu la comprendre par son post : Sur le consensus culturel qui aurait valeur de vérité. Et alors, dans ce cas, le poids de la parole du philosophe expert étoufferait la parole du philosophant qui cherche. J'ai exprimé à plusieurs reprises mon respect pour le travail des animateurs qui, chacun avec sa personnalité, leurs limites personnelles, sa tâche aveugle, tendent d'animer ces débats le mieux possible depuis tant d'années. J'en tire du bénéfice: je ne reviendrais pas sinon. Leur implication sur le forum ne fait que confirmer leur engagement. Mais sans l'effort de réflexion propre de chacun, tout cela n'est qu'un passe temps stérile. Or, j'ai l'impression que le café philo pourrait remplir une vraie fonction dans notre société, celle d'aider à développer la capacité des uns et des autres de penser et de mettre cette capacité en réseau qui l'amplifie énormément. Une vraie démocratie a besoin d’adultes qui prennent le risque de penser par eux-mêmes. Cette une de mes convictions profondes. Est-ce que ce post vous éclaircit? Soyez assuré que j'ai en tout cas essayé de clarifier ma pensée pour la rendre plus communicable.

34. "Pourrait", mais il manque quoi?
Ecrit par le participant. 23-03-2011
La phrase "j'ai l'impression que le café philo pourrait remplir une vraie fonction dans notre société, celle d'aider à développer la capacité des uns et des autres de penser et de mettre cette capacité en réseau qui l'amplifie énormément", est au mode conditionnel: "pourrait remplir une vrai fonction..." etc. En français cela veut dire qu'il ne le rempli pas (jusqu'à là). Que faut-il pour qu'il la remplisse, cette fonction?
Moi j'ai l'impression que le café-philo REMPLI (à l'indicatif) cette fonction. Tout au moins celle de "d'aider à développer la capacité des uns et des autres de penser". Pour ce qui est de mettre en réseaux, je n'en sait pas trop ce que cela veut dire des pensées en réseaux, et en tout cas ce serait l'affaire de ce site ou de l'internet en général, donc un autre sujet.

35. pourrait, pourrait pas...
Ecrit par Elke. 23-03-2011
Le conditionnel exprime dans mon cas une certaine modestie: je ne saurai définir l'effet réel du café philo sur les autres. Mais j'aimerais bien que cela soit ainsi, et cela me ravit d'entendre que cela ne fait pas de doute pour vous.

36. L'effet (psychologique) ou la fonction réelle du café-philo?
Ecrit par Une participante de. 23-03-2011
L'effet du café-philo sur les uns et les autres est de plus varié. Il y a beaucoup de séances ratées, certes, mais quand c'est correctement animé, le café-philo rempli réellement sa fonction.
Les séances ratées? Elles le sont, soit parce que le sujet est bidon, soit parce que nous-mêmes nous sommes pas à la hauteur, soit parce que l'animateur(trice), je ne donnerais pas des noms pour ne pas énerver les uns ou les autres, s'occupe plus de ses propres opinions ou de son image que des idées des participants, ou ne comprend pas les enjeux du sujet, trop occupé à faire bonne impression en sortant ses références préférées. Cela arrive souvent. Mais le fait que nous le percevons, que nous ne sommes plus tout à fait dupes de ces petites fêtes personnelles, montre que c'est déjà un succès, un acquis.
Il eut un temps où nous avalions tout, des interminables interventions de l'animateur(trice). A Marc Sautet on lui acceptait tout, même ses délires. Nous sommes devenus critiques et (un peu plus) exigeants. C'est ce que voulait Marc Sautet lui-même. Donc, c'est son succès. Même si le bougre n'a pas eu à le subir pour lui-même, en étant parti trop tôt de ce monde. Nous avons appris, même si pas tous (il y a toujours des applaudissements après des débats parfaitement nuls), à faire le différence et à détecter les faux savoirs, les impostures, les discours répétitifs et le politiquement correct à toute épreuve de certaines, la démagogie d'autres.
Oui, je crois, en effet, qu'après des années de café-philo, il a été une véritable école de démocratie, de prise de parole, d'écoute (puisque nous avons appris à distinguer la non-écoute) et d'éthique de la discussion, pour utiliser cette expression de Jurgen Habermas.

37. le café des Phares a de nombreuses étiquettes
Ecrit par regard extérieur. 24-03-2011
Quelle est la "fonction" du café-philo ? Il est parfois considéré comme une secte, dont le gourou serait indéboulonable. Le premier qui le contredit se fait fusiller ( nombreux sont les ouailles qui prennent la défense de Ramirez, pendant ou après la grand messe, voyez les propos réitérés d'une urbaine limite-lavage-de-cerveau). L'endroit n'étant pas fait pour écouter mais pour prendre la parole, on n'y entend tant de propos gauchistes donc j'en arrive à la 2° étiquette:
loin d'être une secte (pas d'argent à extorquer...) les Phares serait un café citoyen. De gauche bien sûr, bien-pensance oblige. Déconnecté de la réalité économique ( " le cerveau n'est pas un porte-monnaie" ), il joue avec les mots avec un sérieux limite prétentieux. Dès qu'un nouveau se pointe, il lui est demandé d'adhérer (ou de faire mine)aux idées du chef sous peine d'exclusion rapide ( Elke a fait une énumération des derniers fusillés). Rappelez-vous que l'animateur dimanche dernier a exigé que le débat soit politique.
Last, but not least,devant le nombre incalculable d'immigrés ( le portugais qui critiquait "le partage dans la maison France" oublie de dire que chez lui on ne partage rien du tout, on mendie chez les voisins : Tixiera dos Santos va venir nous demander de l'argent )le café des Phares est considéré comme un point de rencontre pour déracinés de tous horizons. Le français de souche s'y sent minoritaire, et il lui est fortement conseillé de se taire : d'où la dernière étiquette, café limite raciste-anti-français.
Après ces 3 étiquettes, je garde mon point de vue et je me contente de vous citer une phrase qui m'a fait rire ( je sais que l'humour est mal reçu au café philo mais le modo fera ce qu'il voudra) :
"dommage que l'admiration de soi -qui aide à vivre- ne débouche que sur le mépris des autres-qui assombrit l'existence.
(je pense, Elke , que la fierté est ressentie après qu'on ait fait quelquechose de bien, mais normal, alors que l'admiration correspond à qqchos au-dessus de nos moyens habituels. Les "braves gens" pendant la guerre se sont avérés tantôt des salauds, tantôt des héros, nul ne sait de quoi l'homme est capable et personne n'est jamais à l'abri du pire; combien de collabos pour 1 monsieur Batignolle).
Pour répondre au post 36 je dirais que le café des Phares illustre bien la définition de Tocqueville : la démocratie c'est la dictature de la majorité.

38. Français de souche?
Ecrit par Elke. 25-03-2011
Un sujet à proposer, peut-être? La française étrangère que je suis se demande: Ou sont-ils? Que font-ils? Y-en-a-t-il encore? En voie de disparition ou en état de siège? Autre question: Paris, est-ce la France ou un monde à part? Le café des Phares, représentatif de la cité ou enclave?

39. On croit rêver, Marine ici?
Ecrit par Bernard Lavelle (de. 25-03-2011
Le post 37 est à peine croyable ! D’où ça sort cette histoire des français de souche ? « le nombre incalculable d'immigrés (ah bon ?)… le café des Phares est considéré comme un point de rencontre pour déracinés de tous horizons. Le français de souche s'y sent minoritaire », dit l’intervenant. Ca ne vous rappelle aucun parti transmis de père en fille ? Et aucun discours présidentiel pour essayer de récupérer les voix du dit parti ?
Accuser le café-philo de repère de gauchistes n’es pas du tout nouveau. Ca revient périodiquement. Qu’il y ait une majorité de gauche c’est possible, mais dans quel domaine de la culture il n’y en a pas ? La passion pour la philosophie qui fait que beaucoup revenons au café-philo, ainsi que pour la culture littéraire (il n’y a pas que des philosophes au café des Phares) ou scientifique, la critique du primat de l’économie et du profit sont peut-être plus rependus à gauche. Mais des idées libérales et individualistes ainsi qu’une forme de pensée d’ingénieurs s’expriment en permanence au café-philo.
Les références ? Copernic, Descartes, Newton, Kant, Nietzsche, Heidegger… qui d’autre ? Ah oui : Ricœur, Finkielkraut… Ce sont de philosophes de gauche ? Ravi de l’apprendre. Entendez-vous beaucoup citer Marx, Sartre, Bourdieu ? Une exception peut-être : Badiou, mais il est un peu seul quand même et il est à la mode.
Bref, cet accès de nationalisme vielle France qui fait passer en douce une forme évidente de xénophobie ne sent pas bon. Les étrangers dont parle ce sont des français d’origine étrangère, donc des français. Il faudrait m’expliquer l’importance de la souche. Et s’il y a qui ne le sont pas, il se trouve qu’ils apportent de l’intelligence, de la culture et du talent. Ils sont universalistes, humanistes, cosmopolites et polyglottes, et en général connaissent la philosophie française des Lumières bien mieux que nous-mêmes. Chacun sait que la richesse culturelle de la France a été faite ainsi : par importation des talents, que cela vienne de l’Italie, de la Russie, de la Hongrie ou de la Pologne, ou bien de la Chine, de l’Inde, de l’Amérique du Sud ou de l’Afrique. C’est ça aussi la France, pas seulement les cathédrales, Clovis, Luis XIV et Maurras.
Mais je m’aperçois que je me sent devoir enfoncer des portes ouvertes. C’est toujours l’effet de ce genre d’interventions.
Que l’ensouché s’exprime au café-philo. Il constatera d’abord qu’il a tout à fait le droit à la parole. Daniel Ramirez, donc certains ne se laissent pas de parler de chef ou de gourou, dont on n’aurait pas le droit de s’y opposer, insiste même pour un droit de réponse des intervenants quand ils sont contredits ou questionnés par l’animateur.
Oui, le café-philo est un instrument citoyen. Je suis d’accord avec la participante de 36.
Venez nous dire, l’ensouché, ce que vous avez derrière la tête. On verra bien avec quels arguments vous allez nous expliquer qu’il faut chasser les étrangers.


40. Comparaison n'est pas raison mais ça aide.
Ecrit par Daniel Ramirez. 25-03-2011
Pourtant le post N° 37 est un bon moyen de revenir au sujet. J’avais fini ma contribution N° 7 d’une façon exprès un peu abrupte : « Ainsi, toutes nos admirations ne se valent pas ». Je m’attendais à que certains remarquent que c’était un peu trop conclusif. Quoi qu’il me semble bien être ce que ce suit de notre débat. Revenons-en donc.
La question de comparer et évaluer nos admirations (qui sont une forme d’évaluation) a été soulevée. En effet, l’admiration peut être évaluée : ainsi tout le monde s’accorde à dire que l’admiration que l’on ressent pour un petit (ou grand) dictateur, relève plutôt de la servitude volontaire, ce qui est bien peu digne. Nous ne dirions pas que l’admiration que l’on exprime envers un héros de la liberté, un dissident dans une dictature ou un grand humaniste, comme Lincoln ou Mandela (c’étaient les exemples) soient de la même sorte. Ces dernières admirations seront appréciées et considérés normales.
Mais ce qui est normal ou bon n’est pas forcement admirable. Existe-t-il des admirations admirables ?
Peut-être bien : celle d’un guerrier envers son ennemi, lorsque qu’elle est possible, c'est-à-dire dans un contexte éthique comme celui de la Grèce ancienne. C’est l’admiration d’Achille envers Priam, que l’on trouve dans l’Iliade (Chant XXIV). Cette admiration a quelque chose d’admirable. Il est évident que certains Anglais avaient de l’admiration envers Gandhi. Cela les grandissait.
Maintenant, comparons : ceux qui s’en prennent aux étrangers, qui distillent la peur et la méfiance, qui voient de l’invasion partout et qui rêvent de "reconquista" et des croisades, méritent-ils une quelconque admiration ?
Si oui (de la part de ses partisans, évidemment), nous pouvons facilement voir que cette admiration qui projette de la haine et du mépris ne rempli pas la caractéristique que nous avions défini lors du débat : que l’admiration nous tire vers le haut, par désir d’être à la hauteur. Elle peut tout au plus, en rabaissant les autres, donner l’illusion d’une certaine hauteur. Mais cette illusion d’optique est de courte portée (C’est pour ça aussi qu’il ne faut pas s’affoler de certains sondages).
L’admiration que nous inspirent les techniciens japonais qui tentent par tous les moyens, au dépit de leur propre santé, de réparer des circuits de refroidissement des réacteurs en perdition, elle semble toute naturelle. Elle a quelque chose à voir avec notre désir d’être à la hauteur si une telle catastrophe se présentait à nos portes. Accorder honneur et rendre hommage à de tels hommes ne rend en rien inférieur ou supérieur quiconque. La véritable grandeur ne rend personne inférieure car elle est au-delà de l’inférieur et du supérieur.
Ceci étant dit, les sentiments moraux, pour être de sentiments, ne sont pas moins susceptibles d’être évalués, pondérés, et donc appréciés ou rejetés. Car nous sommes en bonne mesure responsables de nos sentiments moraux : nous pouvons les cultiver. L’admiration pour certains, le rejet et le mépris pour d’autres, nous pouvons favoriser la honte de ce qui est honteux, la fierté de ce qui rend digne, accueillir et cultiver ou plutôt apaiser l’indignation. Ce sont des choix. Avec des pensées, des mots, des discours, des attitudes, nos sentiments moraux grandissent ou s’amoindrissent. J’ai connu des racistes qui, à force de penser, car ils savaient que quelque part c’était mal de l’être, à force de s’exiger de connaître, de lire, de se familiariser avec ceux dont ils se méfiaient, ont fini par vaincre ses reflexes racistes. Là c’est Kant qui aurait raison : ne pas se laisser mener par ses inclinaisons. La raison a un pouvoir et l’individu peut être autonome. C’est ça qui le rend admirable, car capable d’une vie morale.
C’est tout le travail de la propre vie éthique. Travailler à cultiver ses sentiments moraux. Ne pas seulement agir bien, mais expérimenter la joie du bien.
Encore une chose : Ce qui rend admirable une admiration ou qui rend bon un jugement sur le bon, ou préférable un choix sur le préférable (préférer l’accueil à la xénophobie, par exemple, préférer la générosité à la construction d’une forteresse autour de ses biens) est qualifié par certains philosophes actuels d’une éthique substantielle ou épaisse. Ce ne pas ce qui nous fait apprécier un geste ou un acte, mais ce qui nous fais nous considérer bons nous-mêmes parce que nous l’apprécions. Ce sont des « évaluations fortes » (Voir Taylor, Ch. : « Les sources du moi », ch.1) ;, qui donnent sens à nos évaluations courantes. Elles ne nous font pas désirer ceci ou cela mais juger nos désirs de ceci ou cela.
Toutes nos admirations ne se valent pas car elles tirent leur sens d’évaluations fortes qui nous font, non pas seulement agir ou sentir, mais aussi être d’une façon ou d’une autre et juger cette façon d’être.
Et cela n’est point équivalent, comme le montre bien le contexte culturel et les sentiments exprimés par celui qui a posté la « contribution » N° 37.



 
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