Toutes nos admirations se valent-elles?
41. ça aide... à quoi ? sûrement pas à envisager de vous remettreen question
Ecrit par regards extérieurs. 26-03-2011
Le post 37 n'exprimait aucun "sentiment", il était purement descriptif : il se contentait de vous énumérer différentes étiquettes collées sur le café des Phares.
La liste n'étant pas limitative, vous en voulez d'autres ?
Alors nombreux sont ceux qui pensent le café philo correspond à une mode : après avoir vu la fermeture d'une grande quantité de ces cafés, à Paris ou en province ( à Paris on m'a énuméré le Mazet, le Select, le Jussieu, le Luxembourg etc), ils pensent que les Phares bénéficie d'un passé, de la personnalité de monsieur Ranger, et de sa situation dans un quartier très gauchobobo, donc les guides touristiques continueront longtemps à le signaler.
Vous êtes contents ? Bon alors continuez, n'essayez pas de réfléchir aux questions que cela pose à un oeil neuf. Seul un Saussure peut réfléchir au rôle de la langue maternelle sur la pensée personnelle, se demander si la pensée est subordonnée au langage ou l'inverse.

42. De l'utilité de la parole libre..
Ecrit par René. 26-03-2011
Que le regard de 37 et 41 soit extérieur est plus qu'évident.Qu'il soit neuf l'est moins au vu de leur connaissance de la petite histoire des cafés-philo à Paris.

Ceci dit, un autre que Saussure pourrait dire que la fonction de la pensée est, chez certains esprits, de chercher à contourner une dissonance cognitive entre ce que l'on dit et ce que l'on fait.Ainsi il y a fort à parier que 37 et 41 ne mettent plus les pieds au café des phares.Car ce qu'il en dit n'a rien " à voir" avec ce qui s'y passe.
Mais comme nous pataugeons dans l'aveuglement du poisson rouge dans son bocal, nous allons tous nous repentir. 37 Et 41 seront contents..

43. C'est quoi ça !
Ecrit par Un participant. 26-03-2011
Ce que dit René est évident: "regard extérieur", qui signait "V." juste avant, ne vient pas aux Phares. Ce n'est en rien nouveau, en effet, depuis longtemps de gens qui méprisent l'aventure des cafés-philo parlent de mode, sans jamais avoir mis les pieds dedans. Il est hypocrite (et lâche) de dire que ce n'est que la description de "ce qu'on dit". Quel intérêt de le mettre si ce n'était pas l'opinion de celui qui les rapporte?
Qu'il y ait des cafes-philo qui ont fermé c'est évident, mais il y a d'autres qui ont ouvert, des nouvelles personnes qui s'y mettent, comme Alexandra. Et puis, il n'y a pas que les Phares qui durent depuis longtemps, "Le Bastille" est presque aussi ancien que les Phares, celui de Boulogne aussi, le "ciné-philo" à plus de 12 ans et le café-philo du Forum-104 plus de 10 ans, si je ne m'abuse. En Province et à l'étranger c'est pareil. Des centaines de cafés-philo existent depuis des années.
Que "regard extérieur" ou V. vienne nous dire que c'est à cause de guides touristiques ou à la personnalité de... qui? Ranger? (Là on n'a rien compris, mais c'st pas grave). En tout cas ça représente un grand mépris pour les dizaines, voire centaines de personnes qui viennent aux Phares et dans les autres lieux. Peut-être que c'est son post 37 qui contient la clé: "un nombre incalculable d'étrangers", comme par exemple "le portugais qui critiquait..." ou "le français de souche se sent minoritaire" (vous vous rendez compte du langage que nous devons subir ici?), et ça dérange V. dans ses tripes. La xénophobie a un intérêt: elle est difficile à dissimuler.

44. Comparer pour laisser tomber
Ecrit par Olivier. 26-03-2011
Daniel dit que le post 37 permet de revenir au sujet. C’est très subtil. Moi je pense que les posts 37 et 40 sont aussi un élément de comparaison très riche. D'une part un intervenant qui distille la suspicion et qui utilise le langage des politiciens le plus populistes: "gauchobobo", "trop d’immigrés", etc. (très drôle l’énumération de penseurs « de gauche » cité par Bernard Lavelle !). D'autre part l'animateur, qui ne fait absolument aucun écho au venin de "regard extérieur", nous donne ainsi une véritable leçon philosophique tout en revenant au sujet avec une série d'idées nouvelles qui viennent enrichir ce sujet vraiment très intéressant.
Ce qu’il faudrait faire c’est zapper tout simplement ce genre d’individus. Aucun intérêt à commenter l’aigreur de ceux qui n’aiment pas ni les cafés-philo ni la philosophie, ni la démocratie, en toute évidence : il rapporte sans contexte ni explication ni exactitude, d’ailleurs, cette phrase de Tocqueville « La démocratie est la dictature de la majorité ». Ce n’est pas tout à fait ce qui a dit Tocqueville, mais le problème n’est pas là, car cet individu rapporte sans vergogne des idées FN dans un espace d’échange ouvert. A partir de là, je n’ais pas envie de discuter philo avec un tel personnage.
Je préfère poser à Daniel une question sur les « évaluations fortes », car voilà un véritable apport au sujet : ces évaluations fortes ne peuvent pas être assimilées aux dogmes ou à des postulats métaphysiques ? Ne risquent-elles pas de se soustraire au dialogue démocratique ? Car elles se situent apparemment au-delà ou en amont de nos évaluations faibles ou choix courants. Est-ce qu’il s’agit de choses dont on ne peut pas discuter, car trop importantes pour ceux qui y croient ?

45. Un effort à faire justement
Ecrit par Elke. 27-03-2011
L'histoire de la querelle entre "barbares" qui viennent d'ailleurs et "autochtones" est un conflit vieux comme le monde. Et celui qui vient d'ailleurs est parfois admiré et idéalisé, parfois disqualifié et diabolisé. "Ce qu’il faudrait faire c’est zapper tout simplement ce genre d’individus": je ne suis pas du tout d'accord: au contraire, il faut dialoguer aussi avec ces "individus-là". Chercher à comprendre un point de vue différent, même et peut-être surtour quand il dérange. Le respect, c'est dans la mutualité. Et l'histoire nous a montré que ce type de discours émerge dans l'expérience répétée de mépris que trouve dans le mépris de l'autre une sorte de "justice" pour dommage subi antérieurement.

46. Changer ces évaluations fortes
Ecrit par Daniel Ramirez. 28-03-2011
On peut aussi choisir de répondre à ceux qui s'en tiennent au sujet. Ce qui "dérange" est intéressant surtout lorsqu'il dérange par rapport aux idées philosophiques. Le bruit d'une moto dérange aussi une conversation (et je ne parle pas des moustiques); ce n'est pas pour ça que je vais essayer de dialoguer avec le bruit de la moto.
Ainsi, je voudrais répondre à Olivier:
Non, les "évaluations fortes" ne sont pas nécessairement des dogmes. On peut en changer. Ce sont des conceptions de ce qui vaut la peine ou pas d'être vécu (c'est de là qui vient notre ses de ce qui est admirable). On n'en change certes pas comme on peut changer notre goût pour la glace à la fraise ou à la framboise, mais on peut le faire. Il y a maintes cas de personnes qui perdent la foi par ex., ils abandonnent une religion qui représentait beaucoup pour eux, choisissent d'autres centres pour leur vie morale et spirituelle. On peu aussi se convertir à une autre. Il y a des cas ou des hommes d'affaires arrêtent tout et deviennent artistes ou explorateurs, militants humanitaires ou moines. Il y a aussi de révolutionnaires qui deviennent farouchement contre-révolutionnaires, suite à une déception de ses anciennes évaluations fortes.
Cela peut arriver aussi pour toute une culture. C'est ce que Nietzsche appelait une "transvaluation » des valeurs et même de toutes les valeurs (Umwertung aller Werte). C’est le cas du passage des éthiques guerrières de l’antiquité à celles chrétiennes, ou pour Nietzsche l’invention des idéaux ascétiques. Le moment de la Reformes, corresponde en quelque sorte aussi à cette dynamique-là. Les critères de ce qui vaut la peine d’être vécu changent.
Analyser les transformations culturelles de notre monde sur le signe des « transvaluations », ou des déplacement des sources de la vie morale, nous permet une lumière différente sur des choses fondamentales. Il est possible que nous soyons soit en train de changer de critère de ce qui est admirable, même si cela prend du temps, et parfois est peu perceptible.

47. Pas admirable!
Ecrit par Un participant. 14-06-2011
Question d'admiration. Ca tombe bien ce compte-rendu. Nous assistons à une action parfaite pour distinguer, sur les sentiment moraux ce qui est admirable de ce qu'il ne l'est pas du tout, voire ce qui est méprisable.
Qu'un patron impose son pouvoir n'a rien d'extraordinaire. Mais s'il est vrai qu'un des animateurs est dans le coup (ça reste à vérifier) ou si c'est un ancien animateur qui n'anime plus depuis des années (pourquoi a-t-il arrêté déjà?) qui aura la responsabilité de l'animation, on est très loin de l'admiration. Normalement celui qui s'impose dans une idée innovante comme le café-philo, si jamais il y en a un qui s'impose, il faudrait qu'il le fasse par son talent et ses capacités d'animateur. Ceux qui s'emparent de "la chose" aujourd'hui, se sont-ils imposés par le talent?

48. Sujets et prémunitions
Ecrit par Caféphiliste. 14-06-2011
La petite réflexion du participant (48) me fait penser à quelque chose: depuis quelques semaines les sujets choisis préparent l'état d'esprit à la situation actuelle. Comme unis par un fil invisible et mystérieux, il nous disent quelque chose. Je sais, les sujets sont pris chaque fois à l'improviste et aucun plan n'est préétabli, à moins de croire à l'harmonie préétablie de Leibniz. Mais quand même:
Commençons par celui-ci, bien sûr: "Toutes nos admirations se valent-elles?" Bien sur que non! Je dirait même que certaines personnes qui suscitent l'admiration par leur qualités génèrent des sentiments de fort rejet chez d'autres et peuvent motiver des actions très violentes. Puis, "Qu'est-ce qu'être mature?" Il semble bien que c'est une affaire de maturité ou plutôt de très grande immaturité de penser que parce qu'on a le pouvoir on aurait l'autorité (voir A. Arendt). Ensuite: "Les hommes au pouvoir sont-ils faibles?" C'est parfaitement pertinent: c'est sont les hommes faibles que visent par dessus tout le pouvoir (voir Nietzsche: la morale du ressentiment: ils feront tout pour se venger de leur manque de talent, par exemple). Et pour finir, évidemment "Quel sens donner à l'indignation". Mais là plusieurs l'ont saisi tout de suite, je renvoi à ce fil de discussion. Le sens de l'indignation est très facile à trouver dans cette histoire.

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