L’Europe existe-t-elle ?

Débat du 21 mars 2011, animé par Yves Cusset

 

Penser l’Europe est une urgence. C’est ce qui m’a fait proposer ce sujet ce dimanche au Café des Phares. Yves Cusset, animateur invité, homme de théâtre et spécialiste en philosophie politique a sauté sur l’occasion. C’était parti d’un étonnement, comme tout en philosophie, à en croire Aristote : comment cela se fait que nous parlons si souvent de politique, nous évoquons la question du pouvoir, de la démocratie, des droits de l’homme, de la guerre et la paix, mais que nous ne nous arrêtons pas à en penser la réalité et les fondements, l’orientation et la coloration d’un des projets politiques les plus importants de l’histoire humaine?

Le monde change. L’actualité nous le montre. D’ailleurs des sujets en rapport ont été proposés. Crise de confiance du nucléaire par cause de catastrophe, révolutions arabes. Notre pays est engagé dans des opérations de guerre.

Quoi de plus important que de se poser cette question : « L’Europe existe-t-elle ? ». Car s’il y a une instance politique qui a à se prononcer sur ces questions, qui a une chance de changer quoi que ce soit en ces matières, c’est bien l’Union européenne. Il ne s’agit pas, évidemment, de poser la question (métaphysique) de l’existence de l’Europe en tant que continent, mais de questionner le sens, la portée et la légitimité du projet d’Union européenne. L’Europe existe, bien sûr, mais comment? C’est juste une idée? Une utopie? Existe-t-elle dans la tête de certains? Sur le papier?

La plupart des gens considèrent l’Europe d’abord comme un empêchement à la guerre, comme un rempart à la puissance de la Chine, comme une parade à la mondialisation ou autre chose de ce genre. Ils ont donc une vision instrumentale : on fait l’Europe pour obtenir ceci ou pour éviter cela. Remarquez, la paix entre nations qui se sont tant massacrées par le passé n’est pas rien!

Le tout est que cela ne semble pas enthousiasmer grand monde ; on parle assez vite de la bureaucratie, de la machine bruxelloise, voire du « machin », quelque chose de si éloigné des gens, au pouvoir insaisissable. L’Europe existe-t-elle ? 

D’autres cependant pensent que c’est quelque chose de nouveau et d’excitant, un projet unique : réunir presque 30 pays dans un ensemble intégré, par de moyens pacifiques. Les tentatives précédentes ont été des empires militarisés : César, Charlemagne, Charles V, Napoléon, Hitler, chacun a voulu unifier l’Europe à sa façon, mais jamais par décision souveraine des nations démocratiques.

Ce qu’il y a donc à penser c’est ce déficit de légitimité, ce déficit symbolique qui fait que cette si belle et si grande idée ne représente pas grand-chose dans la tête de tant de citoyens européens.

Nous avons ainsi évoqué les origines de notre culture : les racines gréco-latines, l’héritage chrétien, l’Europe des cathédrales et des pèlerinages, termes tous sujets à caution, problématiques lorsqu’il s’agit de les mettre ou pas dans le préambule d’une constitution (même si elle a été rejetée) sans oublier qu’elle a été aussi celle des croisades et des conquêtes. Il faut pouvoir penser tout ceci ; tout ce que nous sommes en l’ayant été, tout ce que nous ne sommes plus en l’ayant été, ce que nous ne sommes pas encore et ce que nous ne voulons pas être (en l’ayant été ou non). Mais que voulons-nous être ?

On commence à voir que la chose n’était pas banale du tout.

Et voilà que les rejets et les méfiances se déchaînent : « mais qu’est-ce que j’ai à faire de l’Europe, qui n’est qu’un instrument de la domination capitaliste ! ». « L’Europe des riches », celle qui ferme ses portes. Quelqu’un se déclare citoyen du monde, d’autres veulent rester entre eux. Les inégalités Nord-Sud, l’exploitation et le pillage des nations pauvres…

Il y a du vrai dans tout cela. Kant avait parlé d’un droit cosmopolite. Pourquoi l’Europe et non le monde ? Que faire des pauvres et des damnés de la terre ? « On ne peut pas accueillir toute la misère du monde ». Pourtant…

Le hasard des choses (ou l’inconscient) fait que j’ai cité cette phrase (tronquée) de Michel Rocard, un des hommes politiques le plus honorable que la France a pu avoir, pour rappeler que l’on oublie toujours la suite : « mais il faut en prendre toute sa part ». J’avais oublié que notre invité avait écrit un livre avec le titre « Prendre sa part de la misère du monde ».

On a alors parlé de la possibilité d’exporter la démocratie, plusieurs personnes ont évoqué l’aide au tiers-monde, notamment « aider ces peuples à s’organiser », « enseigner l’autonomie » (ce qui a eu pour effet de m’agacer sérieusement, mais je ne suis pas ici pour raconter mes réactions subjectives).

Mais de quel droit l’Europe irait-elle exporter un modèle ou aider quiconque à s’organiser ? Ces gens-là n’auraient pas la capacité d’arriver tout seuls à cela ? Ne faudrait-il pas parler plutôt de réparation, voire de dette, lorsque, pendant des siècles, des nations d’Europe se sont enrichies aux dépens de peuples africains, orientaux, sud-américains, en faisant du commerce d’esclaves, du pillage des ressources minérales, des comptoirs des richesses d’ailleurs pour des noblesses et des oligarchies d’ici ?

Oui, on le voit, l’Europe (nous) a (avons) bien des choses à penser !

Mais le rejet persiste : l’Europe est de droite, elle est néolibérale, elle est technocratique, éloignée des gens : « je n’y ai pas la parole ». On ne contrôle plus rien, abandon de souveraineté…

Mais sont-elles des raisons de se désintéresser de l’Europe ? Ou plutôt de se battre ? Car, parlons-en de citoyenneté mondiale ou de cosmopolitisme : ceci est une véritable utopie, tandis que l’Europe est une réalité !  

L’Europe droitière et néolibérale ne vous plaît pas ? Battez-vous pour une Europe social-démocrate, solidaire, humaniste ! Elle est droitière et néolibérale parce que ceux qui voudraient autre chose ont perdu. Abandonne-t-on pour autant le jeu ? C’est le propre des mauvais joueurs. Qui nous empêche de nous battre pour une autre Europe ? De redoubler d’efforts et de créativité pour partir à la recherche du nouveau, des nouveaux horizons, non pas comme les anciens conquistadors ou colons, mais plutôt dans les territoires de l’esprit ! Etre contre l’Europe parce que l’idée que l’on s’y fait est minoritaire est aussi absurde que d’être contre son village parce que le maire qui a été élu est du parti adverse. Déménage-t-on ? Sabote-t-on le feu tricolore du coin ou arrache-t-on les fleurs des jardiniers du maire ? On n’a qu’à mieux se battre la prochaine fois, être meilleurs, plus éveillées, plus intelligents. L’Europe c’est nous. C’est nous qui sommes majoritairement de droite et néolibéraux. Pour le moment ! Mais on a le temps.

Car l’Europe est aussi cela : une histoire longue et principalement de culture : d’écrits, de langues, de philosophie, de musique et de sciences, d’invention. L’Europe de Humboldt, de Goethe, de Kant, celle de Mozart, d’Hugo, d’Einstein, de Husserl, de Picasso, de Kundera, d’Umberto Eco.

Celle des chrétiens, avons-nous dit ? Et bien elle est aussi celle des juifs, des Roms, des Arabes, des musulmans, des bouddhistes, des athées... Et oui ! Celle des Russes comme Noureev, des Chinois comme François Cheng, des Sud-Américains comme Cortázar, des Afro-Américains comme Barbara Hendricks…

Terre d’accueil de l’intelligence, des lettres et des pensées du monde, lieux de la traduction et de la diversité : entre le latin et le « globish » il y a des centaines de langues et de patois, entre l’Acropole et la City, des milliers de terroirs, entre Cadix et Bratislava, des centaines de rythmes. Gare à qui voudrait les gommer pour en faire un Mac Do passe-partout ; ni dans le théâtre, ni dans la danse, ni dans la poésie, ni dans photographie, ni dans l’architecture, ni dans le cirque, aucun fast food ne saurait nourrir ni la curiosité ni la passion de la pluralité. Ni l’élégance d’un Italien, ni la perspicacité d’un Portugais ni la fougue d’une Espagnole, ni l’humour d’un Britannique, ni la culture d’une Tchèque, ni l’intelligence d’un juif, ni la générosité d’un andalou, ni le talent d’un gitan ni la grâce d’une Roumaine, ni l’ouverture d’esprit d’un nordique, ni la dévotion d’un Polonais (ce paragraphe pourrait s’étendre, bien sûr, des pages durant) ne sauraient être remplacés par une efficacité standardisée ni par une norme avalisé par une quelconque institution centrale.

Tout ceci n’est pas un rêve ni une utopie. C’est la réalité.

C’est pour ça qu’il est préoccupant  et un peu triste la place si importante prise dans le débat par la question de l’élargissement, voire simplement par la question de la Turquie. L’opinion très majoritaire est que l’élargissement doit s’arrêter au Bosphore.  Peut-être même la Russie un jour pourrait en faire partie, mais surtout pas la Turquie. Pourquoi ? Ce n’est pas difficile : l’Islam. Comme si notre vue si vaste, si humaniste, celle des Lumières, s’arrêtait d’un coup dans son élan universaliste. Quelques voiles et quelques Djellabas auraient suffit à arrêter cette force exprimée dans l’hymne à la joie, dans la Déclaration universelle des droits de l’homme…

Il y a là quelque chose de décevant, de retour à la petite chapelle, la mauvaise version des « racines chrétiennes ». Car ces racines, si tant est qu’elles soient significatives, ont vocation à grandir et à s’ouvrir dans un grand arbre à fleurs et aux fruits multiples, bercé par vents de l’histoire humaine. Rester au stade de racines ou de tubercule est bon pour la patate, pas pour un grand chêne.     

Ne tire-t-on aucune leçon des révolutions qui secouent le monde arabe, l’Islam incompatible avec la démocratie ? En quelques semaines cette idée reçue a été battue en brèche par un ouragan aux senteurs de jasmin, de Carthage jusqu’à la mer Rouge, dont l’onde de choc a rebondit  du golfe Persique jusqu’à celui d’Aden, et cela continue au sud de la Méditerranée, avec moins de chance, plus de sang et – c’est fort dommage –  des missiles américains et des avions français, ce qui risque de tout compliquer. Mais les préjugés ont cette vie plus dure que les dictatures. Et l’image de cette Europe-forteresse, barricadée contre les pauvres du monde, les attardés de la terre (ceux qu’il faudrait « aider à s’organiser ») persiste dans les esprits, s’accroche aux fondations des cathédrales, aux racines du chêne, risquant, non seulement d’éroder leur noblesse et leur portée d’avenir, mais aussi de fragiliser l’ensemble, de diluer la légitimité et contaminer la substance de ce projet. 

C’est à nous de voir. Même sortir de l’Europe, sortir de l’euro, revenir en arrière, nier la mondialisation, si ce n’était pas illusoire et dangereux, tout est une question de choix.

De tout cela l’animateur a fait une dense et brillante synthèse à la fin, nous indiquant au passage que l’Europe est aussi d’une certaines façon née dans les cafés : en effet, de Sofia à Copenhague et de Moscou à Turin, de Paris à Vienne, les cafés furent le creuset de la culture moderne, des théories littéraires, des mouvements artistiques  et philosophiques novateurs. Dire cela au Café des Phares, le premier café-philo d’Europe, avait quelque chose de jouissif et peut-être de réparateur.

Yves Cusset termina en nous donnant des références bibliographiques pour continuer à penser cette Europe qui nous interpelle. Je les indique ici-bas. Vous pourrez les enrichir, avec vos propres lectures ainsi que ce compte-rendu, des vos propres réflexions.

__________

Rémi Brague, Europe, la voie romaine, Gallimard, 1996.

Marc Crépon, Altérités de l'Europe, Galillée, 2006   

Jean-Marc Ferry, Europe, la voie kantienne. Essai sur l’identité postnationale, Éditions du Cerf, "Humanités", Paris, 2005,

Gérard-Georges Lemaire, L’Europe des cafés, Sand &Tchou, 1991.

Yves Cusset : Prendre sa part de la misère du monde, Editions La Transparence, 2010.

Nous conseillons chaleureusement cet ouvrage comme les présentations de théâtre de notre invité (vous trouverez dans les actualités ses informations).

Daniel Ramirez

LISTE DES COMMENTAIRES...


1. Il faut en parler, bien sûr!
Ecrit par Cafephiliste d'aille. 29-03-2011
Merci beaucoup pour cet éloquent plaidoyer pour une autre Europe. C’est vrai que souvent nous nous sentons impuissants et c’est pour ça que nous finissons par nous désintéresser de l’Europe. On dit parfois "un autre monde est possible", c'est rassurant. Mais, une autre Europe, est-elle possible? Que faire pour que nos rêves et nos utopies ne soient pas absorbés par les machines bureaucratiques?
Ce qui est dit ici pourtant est flagrant, si l’on perd on n’a que s’en prendre à nous-mêmes. Avons-nous été suffisamment actifs et suffisamment engagées pour construire une autre Europe?
En tout cas merci aux philosophes des Phares pour le courage d'avoir fait ce débat et à la lucidité de l'animateur de l'avoir choisi. C'est sûr que s'il avait un vote sur le sujet, comme dans d'autres cafés-philo, un sujet sur l'Europe n'aurait jamais été choisi.

2. Limites de l'Europe
Ecrit par . 30-03-2011
"Mais surtout pas la Turquie. Pourquoi ? Ce n’est pas difficile : l’Islam..." Je ne suis pas si sûre de la validité de cette argumentation.Même si la différence culturelle liée à la religion est importante, elle a tendance à s'effacer dans les pays à forte laïcité. Mais un autre argument d'importance égale est à considérer dans la question de l'intégration ou non de la Turquie dans l'Union. Une entité, un objet quelconque, pour exister, doit pouvoir disposer d'une forme, des limites. Historiquement, l'Europe s'est construit au sein de ses frontières naturelles: la mer et l'Oural sont reconnus comme ses limites. Pour faire émerger une communauté culturelle, une cohésion possible autour d'un nombre de valeurs partagées, par des voies de communication doit être possible. Pour parler de l'Europe, on pourrait parler de l'histoire autour de ses grands fleuves, Le Rhin, le Rhone,et, fleuve centrale qui traverse 10 pays,le Danube!!! Ligne de front, voie de circulation des biens: leur fonction était multiple,mais le réseau fluvial complété par les canaux a tissé sa toile bien avant le net! donc, l'emprunte culturelle de l'Europe s'inscrit dans une forme précise, limitée. La situation de la Turquie est particulière. Interface entre l'Europe et l'Asie, elle devrait pouvoir profiter des apports culturels des deux versants, avoir une fonction "pont". Ce qui rend la discussion difficile, c'est que le "refus" de l'Europe est presque ressenti comme "rejet", ce qui n'est pas du tout la même chose. Cela reflète bien le fait que les rapports Europe/Asie sont encore basé sur le modèle infantile de dépendance d'un faible envers un plus fort.

3. Bravo pour le sujet et le résumé
Ecrit par Pirmin. 30-03-2011
Bravo pour le choix de ce sujet. Je regrette vraiment de ne pas avoir été là. Dommage que les sujets proposés ne soient pas plus souvent de cette nature : encré dans les questions politiques et historiques.

Tzvetan Todorov dans son ouvrage "l'esprit des lumières" essaient de définir ce qui fait l'essence de l'Europe. Il y développe l'idée que l'essence de l'Europe c'est la diversité culturelle à l'opposé justement des nationalismes étriqués que certains aimeraient aujourd'hui ressusciter.
http://www.scienceshumaines.com/l-esprit-des-lumieres_fr_15240.html

D'autres sujets du même acabit, évoqués brièvement dans le résumé, pourraient faire l’objet de débats tout aussi intéressants et utiles. Celui, si décrié actuellement, concernant la laïcité et même celui plus délicat qui pose la question de la compatibilité de la laïcité avec l’Islam. Bien entendu que le sujet est délicat et aisément suspecté d'exploitation politique. Pourtant, je crois que cela honorerait le café philo de prouver que l’on peut encore, aujourd’hui en France, débattre de manière civilisée de tels sujets difficiles et délicats sans pour autant tomber ni dans la molle « bien-pensance» qui nie la pertinence de la question par peur de "stigmatiser une partie de la population", ni dans les grossières chausse trappes idéologique d’un certain parti d’extrême droite en vogue.

Sinon une remarque beaucoup plus terre à terre : je trouve bien dommage que la café philo n'ait pas se page facebook. Qu'on aime ou non le réseau social de Mark Zuckerberg, il constitue aujourd'hui un standard de fait en temps qu'un aggrégateur d'information et d'écachange qu'il ne faudrait pas négliger. Cela d'autant plus que cela pourrait peut-être contribuer à amener un autre publique, plus jeune, au café philo. En consultant aujourd'hui ce site que j'ai crée il y quelques années, il m'a subitement semblé avoir pris comme un petit coup de vieux.

4. L’Europe’ existe-t-elle ?, Daniel Ramirez’, Yves Cusset
Ecrit par ROCA. 30-03-2011
L’Europe’ existe-t-elle ?, Daniel Ramirez’, Yves Cusset,

sert’- il, Au monde’, À L’Autre’, À Soi,
À L’Europe, d’exister ?, est-ce’ une passerelle’, Union européenne’,
européenne citoyenneté, de L’universelle ... humaine ...
citoyenneté ?, L’ identité européenne’,
euroméditerranéenne’ ?,
un chemin de Passion, de Passage ... ma foi !
Le Passage ... du Lien, d’humanité, qui Vient ?, de La diversité, marche ... chemin,
Vers L’unité, Vers L’Europe’ unifiée, nationalisme(s) dépassé(s),
L’Europe’, une’ Avancée,
des peuples ... pacifié(e)s, européenne’ Histoire’,
et, d’À-Venir, mémoire’,
un sentiment, d’ Europe’, À se sentir européen, un Lointain, un prochain,
contenant, enveloppe’, un contenu, humain, commun, demain,
en partage de ...mains,
une communauté, de convivialité, « La Voie », d’ Edgar Morin,
« c’est’ ici Le chemin », du Lien, humain, Le Lien européen,
Lien d’Amour d’Amitié,
« Vingt fois, sur [ L’Amitié ],
remettez Votre’ ouvrage’! »,
européen(ne)’ ouvrage’,
européenne’ essence ... d’existence’, et ...sens’, d’une naissance ... renaissance ...
L’être’ humain ... carbure’ Au sens’, désir ... moteur, et ...sens’,
en Volonté, de création,
de construction, cocréation,
Aux radicales’ ... Ailes,
Europe’ universelle, Gilles Roca,
*
L’Europe’ A Lieu ... commun, milieu,
Aux mille’...lieues, Aux mille’...yeux,
pas’ un Lieu pieux,
pas’ un Vœu pieux ...
de Rémi Brague ... sur L’Europe, « La Voie romaine »,
d’ Étienne Balibar, La « Leçon de civilité,
d’européanité »,
de Jacques Derrida, de La déconstruction ... À « L’Autre cap », où L’Europe nous ...mène,

*

Cas-fée-Philo des nés-nus-Phares, ce 20 mars 2011’, brin-temps Ventôse – Germinal,
L’Europe sert’- elle de phare’ ?, il est bien temps, ose ... L’Europe germinale !, G R

5. Cela méritait mieux non?
Ecrit par Quelqu'un. 31-03-2011
MMMMouais...

6. Comte-rendu un peu trop beau pour etre honnete
Ecrit par Visitant assidu. 31-03-2011
Je m'excuse pour les accents, je suis oblige d'ecrire avec un clavier anglais. Excellente idee de prendre ce sujet. J'y etais las, c'etait tres interessant. Mais le debat n'etait si coherent que ca,l'animateur invite, malgre ses evidentes capacites, n'intervenant presque pas. Il est tres doue pour la sinthes finale, en effet, on avait seulement vu M. Ramirez faire ca. Mais le compte-rendu ce ce dernier parait bien plus structure que le debat. On a passe beaucoup de temps a se repeter, autour de la Turquie. Tant mieux, finalement que le compte rendu soit un peu arrange.Ce qui compte est que ce soit dit: que l'Europe est un sujet tres important!

7. On ne peut "arranger" que ce qui est déjà bon.
Ecrit par Daniel Ramirez. 01-04-2011
Ce que notre ami américain dit est en parti vrai, mais en partie exagéré. D’abord il n’est exacte qu’Yves Cusset n’intervienne presque pas pendant le débat. En homme de théâtre, il sait que les rythmes, même les regards comptent, une blague, une attitude corporelle... Une extrême attention est ainsi nécessaire et parfaitement maîtrisée par lui pour que notre petite pièce de théâtre fonctionne. Et le café-philo en est une, d’une certaine façon. Il y a de la représentation, du rituel ou bien de la cérémonie dans notre routine collective. Nous mettons en scène ensemble un sujet, et des personnages conceptuels et des tensions (dramatiques) argumentaires déplient autour, vivent leur « drame ». Tout ceci tient aussi un peu de la comédie. Qu’on me comprenne bien, c’est un genre tout à fait honorable et cela ne veut pas dire qu’on se moque de quelqu’un. Je veux dire qu’il y a des méprises, des travestissements, des erreurs, des fausses pistes, de faux raccords, qui forment le piquant et la fraicheur de la comédie. (Cela tient aussi du polar, sans doute, non pour trouver le coupable mais pour résoudre une énigme).
Toute cette dramaturgie va bien à un philosophe comédien. Il est vrai que je préfère intervenir par le questionnement, et prévenir certaines répétitions et signaler certaines contradictions ; organiser un peu le jeu des personnages. Mais chacun sa méthode. Stanislavski, Brecht, Grotowski, Beckett, l’actor’s studio, Pina Bauch (voyez-vous, je ne cite pas là Kant, Descartes, Hegel ou Husserl). Chacun aborde ses moments dramaturgiques différemment.
Pour ce qui est de la synthèse, et encore du compte-rendu. Evidemment que c’est « arrangé ». Mais j’utilise le concept d’« arrangement » en tant que musicien. On sait « arranger » un prélude de Bach ou « The Man I love », pour des instruments, ou pour l’orchestre ; mais tout arrangement bien fait doit aller exactement dans le sens que la pièce originale ; autrement cela ne marche pas.
Ce qui est stimulant en tant que défi pour l’animateur, tout au moins pour moi, et c’est pourquoi je tiens à cette synthèse finale, c’est d’en faire un tout avec des matériaux si disperses et par parfois disparates apportés par les participants, un tout de pensée dans un parcours collectif, une mise à l’étude en commun de quelque chose qui nous concerne.
Le seul regret, et en cela je partage un peu le sentiment du visitant (N°6), c’est que la question des limites extérieurs de l’Union Européenne, envisagée presque uniquement sur l’angle de la Turquie, prenne autant de place. Visiblement nos concitoyens son sensibles au battage médiatique par rapport à l’Islam. Encore une fois, puisque je l’ai dit pendant : même des racines judéo-chrétiennes et gréco-romaines assumées ne seraient en rien contradictoires avec l’intégration de ceux qui n’on pas les même racines. Je pourrais le démontrer très spécifiquement par rapport au christianisme. Dans une prochaine intervention, s’il y a intérêt.

8. D'accord, mais encore !
Ecrit par Olivier. 02-04-2011
C'est vrai que le commentaire au débat, arrangé ou pas est très brillant. J'apprécie les précisions apportées. Considérons-le comme une orchestration d'une jam session, même si elle était plus chaotique. Pour revenir donc à l'Europe, Daniel Ramirez semble privilégier et avec beaucoup d'éloquence, l'aspect richesse de la diversité à l'unité du projet, autour de l'identité européenne. L'accueil de tous (différents) est très beau sur le papier, mais comment l'appliquer? Justement, à propos du livre (je ne l'ai pas lu) de Cusset, allez-vous nous dire qu'on peut accueillit toute la misère du monde?

9. un grain de sel ou de sable ?
Ecrit par gtissier. 03-04-2011
Avec toutes mes excuses de parler ici à partir mon opinion de citoyen mais je crois que le sujet s’y prête. Je fais partie des 49,80 % de Français qui ont voté non au traité de Maastrich en 1992 et de ceux, majoritaires en voix et militants en nombre, qui ont porté le « non » en 2005 contre une constitution voulant inscrire définitivement dans le marbre le marché sacralisé sous couvert d’aménagements de gouvernance rendus nécessaires par un élargissement non maitrisé.

Ce que je lis ici sur ce débat est selon moi, très éloigné des clivages qui ont traversé mon pays en 2005 avec un débat généralisé dans nombre de foyers et d’une profondeur inégalée en termes de niveau d’information de la part des « nonistes. Ce réveil démocratique a été pour moi un grand moment, riche d’espoirs pour d’autres rendez-vous.

Ceux qui postulaient que l’Europe « c’est bien, c’est mieux, c’est pour la paix, le rapprochement des peuples, l’édification d’une culture commune, d’une puissance pouvant rivaliser avec les grands blocs grâce à une monnaie forte etc ; » n’ont pas compris et continuent de professer de belles pensées avec la certitude d’avoir raison avec l’histoire. Grand bien leur fasse ! Les questions d’appartenances, de nation, de souveraineté, de capacité d’initiatives communes dans le monde et de solidarité entre les peuples européens devraient pourtant les alerter contre l’inanité de la fuite en avant.Celle qui consiste à vouloir plus de ce qui ne marche pas et à refuser de voir ce que l’on avait pas prévu comme un symptôme d’une mauvaise vision du réel.

Pour moi la question de ce débat aux phares est carrément «hors sol». L’
Europe existe-t-elle sur le plan politique ? Non. Sur le plan culturel ? Cela est plus que discutable, l’identité de citoyen européen n’ayant pas émergée.Bref, oOn voudrait nous mouler dans un fond commun de ..on ne sait pas quoi pour un bénéfice de moins en moins démontré dans les faits.L'idéalisme a bon dos.

La communauté européenne s’est construite dans un processus juridique dans le but d’associer, d’élargir et d’approfondir un projet pourtant clair : le libre-échange intra-européen et l’harmonisation nécessaire qui en découle, l’Euro venant boucler la boucle, par la suppression du risque de change, principal obstacle aux échanges et par l’impossibilité de fait de procéder à des « dévaluation compétitives » ( pour baisser ses prix à l’export)

Ce projet est central dès le début (traité de Rome 1957) et par suite d’une série d’avancées par voie de traités non ratifiés par les peuples, le processus institutionnel a abouti à concentrer la production du droit selon des principes figés entre les mains d’une instance non démocratique ( la Commision) alors que la partie démocratique (le Parlement)avait une fonction réduite.

Suite au rejet de 2005, Sarkosy a fait supprimer la formule « de la concurrence libre et non faussée» dans le traité simplifié actuel.ll n’en reste pas moins que la Commission considère que le dernier traité ne remettrait pas en cause ses pouvoirs dans ce domaine, qui lui est garanti par l’édifice juridique des traités précédents.

Ainsi, cette construction européenne s’appuie sur un principe majeur dont découle tous les autres.Cette règle, ce dogme, avec la formule citée plus haut, c’est l’instauration d’une « société de marché (la formulation était dans le traité « constitutionnel » de 2005)


10. la suite ...
Ecrit par gtissier. 03-04-2011
Qu’est ce que cela signifie ? Cette « société de marché» est de fait ce qui va permettre de déposséder le politique d’une marge de manœuvre alternative. La concurrence est la norme d’intégration européenne et l’Europe sociale des origines ( via les fonds dits structuraux permettant de rééquilibrer les développements économiques et sociaux) est passé au second plan pour les derniers arivants .

Je cite ici un article du Monde Diplomatique "La dépossession du politique » éclairant sur la question,

« Parmi les mots tabous du social-conformisme figurent en priorité «Etat» et «citoyen», remplacés par «société de marché» et «individu» : en deux décennies, la vision du monde que se font les dirigeants a été pervertie par l'idéologie libérale. La politique ne semble plus avoir d'autre objet que de détruire le politique et l'action publique.

Les explications les plus courantes renvoient généralement à la « crise » de l'Etat social . Elles sont cependant insuffisantes pour comprendre les mécanismes d'auto-dépossession de la puissance publique mis en oeuvre par les dirigeants de la plupart des pays.La liberté de circulation des capitaux leur a retiré la maîtrise de la monnaie. La mondialisation des échanges commerciaux, des firmes et des structures de production a dévalorisé l'espace économique national.

Les vagues de déréglementation et de privatisation de pans entiers de l'économie ont été le résultat de cette libéralisation.( et des injonction de la commission européenne légiférant à partir du principe sus- nommé de la concurrence non faussée qui a remsi en cause, entre autrres, l’idée d’un monomole public de services publics )

Ce modèle l'emporte sur les autres dispositifs - coopératives, mutuelles, solidarités communautaires, Etat, gratuité - car, pense-t-on, il permet de trouver, entre les individus, des points de consensus sans cesse adaptables (par les prix) en matière d'allocation et de redistribution des ressources.

Voilà ce qui reste du devenir d’un idéal de paix et dépassement des identités nationales porté par l’europe des années 50. : le credo libéralo-individualiste dominant Je ne souhaite pas rentrer ici dans des argumentation de valeur dont l’objet n’est pas selon moi, en prise avec le réel. L’europe est un champ politique, philosophique si l’on veut traiter des affaires du monde sous son regard avec la position de Sirius.

L’Europe est-elle notre seul devenir alors que d’autres valeurs que celles du bonheur matériel émergent, alors que la crise est ouverte, que les masques tombent et que des millions de gens souffrent pour une Europe qui leur impose des larmes et des sacrifices insensés au point que les chefs politiques élus refusent de les accepter pour leur peuple et protestent en démissionnant !( cas de la Grèce et du Portugal).Cette Europe là est moribonde ou sans avenir en tout cas pour de nombreux experts et ce, depuis longtemps.

Je veux bien voter pour celle qui suivra et à condition que les libéraux impénitents cessent de me servir leur soupe plus que refroidie depuis la crise financière et cessent aussi de me croire assez naïf pour ne pas voir que leurs discours ne sont que les caches-sexe de leurs prébendes.

s .

11. à ces "amis" américain et chilien, l'avis d'un européen concerné.
Ecrit par . 03-04-2011
A 5 l'Europe aurait pu être le plus beau bateau du monde
A 10 ça sentait déjà la galère......
A 27 c'est le Titanic.

12. Un grain de folie
Ecrit par Daniel Ramirez. 04-04-2011
Gérard s’inquiète que le débat du café-philo ne reflète pas celui qu’on a eu lors du référendum (N°10). Cela est possible. Mais cela prouve que probablement nous avons fait, avec Yves Cusset, ce qu’il fallait, justement : ne pas coller aux débat mal posées, manipulés, manichéens, voir stupides de la vie politico-médiatique. Songez à la question de la laïcité aujourd’hui, par exemple. Pirmin, qui pense le contraire de Gérard sur ce débat et nous suggère que nous devrions l’aborder. Il pose assez bien le défi des cafés-philos, me semble-t-il : « prouver que l’on peut encore, aujourd’hui en France, débattre de manière civilisée de tels sujets difficiles et délicats sans pour autant tomber ni dans la molle « bien-pensance» […], ni dans les grossières chausse trappes idéologiques »
Et puis, les moments changent, nous ne sommes plus en 1992 ni en 2005 non plus. Même les derniers mois avec les révolutions arabes et avec la catastrophe nucléaire et donc des défis énergétiques redoutables, ont changé a donne. Qui pourra répondre ? Les Etat-nations ? La France peut-être, avec ses Rafales et ses 80 réacteurs nucléaires ? L’Allemagne avec son un coup je sort du nucléaire, un coup je ne sort plus, je sors à nouveau, histoire de sauver les meubles d’Angela ?
Les positions « nonistes », dit-il étaient profondes et bien informées ? C’est tant mieux, cela explique pourquoi ils ont gagné. Qu’après, le président et les autres responsables du coup de Lisbonne aient choisi de passer outre un des votes les plus clairs de la vie démocratique de la France, c’est beaucoup moins bien, évidemment, évidemment. Cela a donné comme résultat qu’au lieu du projet constitutionnel assez ambitieux en matière de droits de l’homme et au préambule très profond et, on ait eu la même chose en moins ambitieux, moins politique, moins démocratique et tout aussi néolibérale.
Que le débat ait été « hors sol », en revanche, parce qu’il ne persiste pas dans les même positions « nonistes », ou parce qu’il ne reflète pas le débat qu’on a eu dans la politique et la sphère médiatique, je ne suis pas du tout d’accord. « Persister en plus de ce qui ne marche pas » ? Cela n’a nullement été la teneur du débat.
Nous avons essayé de PENSER UNE AUTRE EUROPE. Et oui ! Que veux-tu ? Celle qui en même temps n’est pas nouvelle : histoire et héritage civilisationnel et en même temps, philosophique, celle de Humboldt (je sais, ce n’est pas la plus connue, ce n’est pas dans la vulgate caféphiliste), de Kant, de Husserl, maintenant celle de ses philosophes que nous avons mis en biblio, celle de S. Todorof aussi (merci Pirmin), celle G. Steiner, d’Habermas, mais nous avons donné assez de noms. Oui, ça change des Chevènement, Barnier, Mélenchon, Bayrou, Sarkozy, Cohn-Bendit (encore c’est un des plus sympathiques), Le Pen, etc.
Nous n’avons pas les mêmes références, on dirait.
Utopique ? Hors sol ? Au moins ça ne resta pas dans le plancher des vaches. La proposition serait laquelle, sinon, Gérard ? Sortir de l’Europe ? Revenir au Franc ? Engager massivement des gardes frontières à nouveau ? (cela donnerait des emplois, je sais) ? Interdire l’achat en France d’autres voitures que Renault, Peugeot, Citroën ? Interdire les vêtements indiens, les appareils chinois ?
Je tiens à dire que tout cela doit rester une option possible. Toute union doit reposer sur la base du droit de faire sécession. Mais il faut assumer. Et ensuite se battre pour convaincre.
C’est tout l’enjeu de notre débat, d’ailleurs, même si la position n’a pas été la même. Poser l’Europe sur des bases philosophiques, humanistes, sociales, universalistes et cosmopolitiques est aussi quelque chose qui reste à faire. Là je suis obligé de me répéter : si l’on perd est qu’on n’est pas bon (ou alors il y eu de la triche : le « coup de Lisbonne » peut être vu quelque part ainsi). Il faut donc être meilleur, plus aguerri, plus fort, plus intelligent. Est-ce la faute aux libéraux qu’ils aient étés meilleurs, plus convaincants en Europe ? Je me répète aussi en cela : débattre philosophique dans la cité, de cette façon-là (sans coller au débats médiatiques, où des contributions comme la N°11 sont possibles) nous permet peut-être d’être moins mauvais à l’avenir et aux débats même d’être moins mauvais : rôle politique et mission citoyenne des cafés-philo.

13. réponse du marin n° 11
Ecrit par 11. 04-04-2011
Si le modérateur efface les sujets de réflexions philosophiques pour ne garder que 3 lignes d'humour, c'est un choix qu'il faut assumer.
Ceci dit j'ai du mal à comprendre qu'un chilien appelle les français ses concitoyens, et qu'en tant que philosophe il se mêle de politique européenne. Le café-philo n'a aucun "rôle politique" et aucune "mission citoyenne".

14. Sujets de réflexion philosophique? Tu parles!
Ecrit par Un observateur. 04-04-2011
Rien n'a été effacé, la preuve, même la bêtise N° 11 et celle, passablement xénophobe N°13 sont là. Ca permet de se rendre compte la différence abyssale de niveau intellectuel entre les créatures humaines.
Que Daniel Ramirez, qui doit avoir d'ailleurs la nationalité française, quelles que soient ses origines, parle de concitoyens est parfaitement normal. D'autant plus que s'il y a un "citoyen du monde" ici c'est bien lui. Ca parait aussi cohérent qu'il exprime des idées pro-européennes et cosmopolites. Vous n'êtes pas d'accord? Alors réfutez tout ça. Opposez des arguments, comme Gérard Tissier. Mais le "marin N°11" ne réfute ni discute aucune des nombreuses idées de l'article, ni de l'argumentée contribution de Tissier ni encore de la réponse de Ramirez.
Que vous n'aimiez pas le café-philo, on s'en fous, on est très nombreux à penser qu'il a justement un rôle citoyen très important. Quand c'est bien fait, évidemment. Et c'était le cas.

15. Quelle Europe ?
Ecrit par Ecrit par Linda. 04-04-2011

Une belle utopie qui devait assurer la paix entre des nations longtemps ennemies, devenir une terre de solidarité, de civilisation, un modèle pour le monde…
Force est de constater que la désillusion est considérable et que l’on peut craindre qu’elle devienne le « machin » que prévoyait De Gaulle.
Si les guerres entre les nations ont disparu, la suppression des frontières, l’effacement des Etats et le développement de la mondialisation ont exacerbé des patriotismes régionaux, religieux ou ethniques qui peuvent être sources de conflits. Cette construction progresse par la destruction des identités sans proposer une vision commune pour un développement humain. Loin de devenir une fédération capable de faire face aux Etats-Unis et aux grands pays émergents, elle n’est qu’un conglomérat de pas désunis, sans direction efficace.
Mais c’est surtout sur le plan économique et social que le projet s’est fourvoyé. Les institutions dont l’Europe s’est dotée et les traités qu’elle a adoptés sont de plus incompréhensibles et éloignées des conditions de vie des citoyens.
Comment s’en étonner quand le traité constitutionnel, voté en 2005 est fondé sur le principe de « la concurrence libre et non faussée », érigé en dogme, ce qui induit une réduction des coûts de la production, c’est-à-dire des coûts sociaux. Concurrence libre, c’est « le renard libre dans le poulailler libre » ! Belle hypocrisie. Non « « faussée » alors que l’on connaît l’influence des lobbys dont les scandales de corruption font souvent les titres des médias. Et ce processus a été encore aggravé par le traité de Lisbonne fondé sur la compététivité, la lutte de tous contre tous…
Alors, il est bien facile, Daniel, de prétendre que si l’on ne veut pas de la politique néo-libérale (adoptée après les expériences Reagan – Thatcher), il faut se battre. Lorsque les peuples sont consultés et qu’ils expriment leur opposition dans plusieurs pays, leur vote est ignoré ou les citoyens doivent revoter – sous la menace..
Une autre Europe est possible. On peut toujours rêver de plus de démocratie, de plus d’harmonisation des politiques nationales et se souvenir que l’un des pères de ce projet, Jean Monnet, souhaitait que l’Europe soit lancée par la culture et non pas par l’économie.

16. non Linda, Monnet n'a pas lancé l'Europe dans un rêve de culture
Ecrit par 11. 05-04-2011
Jean Monnet a lancé l'Europe économique ; ça s'appelait la CECA ( communauté européenne du charbon et de l'acier ) C'est un breton, René Pleven, qui a envisagé une Europe commune sur le plan de la défense. Tout a foiré, et Monnet a démissionné.
Mais devant "la différence abyssale entre mon cerveau et celui du grand Daniel" (que vous osez critiquer Linda ? il prétend quoi déjà ?) je ne vais pas continuer sur le sujet. Sylvie Petin et Gunter Gorhan ont animés de bons cafés-philo depuis ce café-citoyen, les comptes-rendus seraient les bienvenus.

17. réponse à Daniel
Ecrit par gtissier. 05-04-2011
Je ne critique pas le débat auquel je n’étais pas.Ni d’avantage le sujet qui se devait d’être « politque » pour notre invité. De la part de Y.Cusset qui pratique le troisième degré à ce que je j’ai pu voir à « ce soir où jamais », cela ne pouvait être un vrai débat ancré dans la complexité et des choix concrets qui se décident(comme le acte de compétitivité tout dernièrement).

Je persiste dans la métaphore du hors sols c’est-à- dire selon moi
sans racines (et sans que cela soit péjoratif.) L’argumentation que je développe sur l’objet de l’Europe le démontre suffisamment.

En quoi « le débat » participe-t-il du débat qui existe intensément sur l’Europe.Actuellement ? En quoi, dans ces commentaires ici dans ce fil, le point de clivage est le débat?Dire qu’il est hors sol n’est pas dire qu’il est bon ou mauvais.
Tu dis « nous avons essayé de PENSER UNE AUTRE EUROPE.» Mais Daniel, c’était la position des nonniste ! en 2005, à part le FN, tous les votant étaient « pour l’Europe.
Et puis, ce n’est pas « stupide ou médiatique » les traités, le droit, les règles de gouvernance, c’est l’Europe, la BCE c’est l’Europpe, la règle de la majorité qualifiée c'est l’Europe !
C’est quoi la « bien-pensance » sinon ce discours que tu tiens à l’intérieur su débat sans dire que tu en es puisque tu reprends les arguments des ouitistes de 2005 ? As- tu répondu à un seul des faits et des analyses dont je parle ?
De plus, Daniel,je suis encore désolé, ce type de critiques ( contre le réductionnisme économique c’EST philosophique. le refus du néo libéralisme ont des références humanistes.Auss.Absolument !
.
« Nous n’avons pas les mêmes références, on dirait ».Sur ce sujet oui.Je lis la plus la presse que Kant et son texte sur la paix universelle.

Ce soir, dans le Monde de l’économie, je lis des choses qui me permettent de comprendre les enjeux de la période. La démocratie et peut- être la philosophie de la démocratie c’est faire que l’on se sente concerné et citoyen. Comme si nous avions à décider. Je lis entre autres « La BCE devrait pouvoir refinancer lesdettes des états fragiles../.., l’euro devrait être dévalué../.. et la zone euro, plutôt que de punir ses mauvais élèves, ferait mieux de remettre ses dogmes en question».

Pour moi, un café philo citoyen serait de considérer l’argument « quoi d’autre ? » comme un non-argument Pire ici, sur ce sujet le déni de la possible révision des choix antérieurs,c’est précisément, le faisons plus de ce qui ne marche pas, l’argument (non dit mais chéri) des libéraux.

Comme tu dis, cher Daniel « il faut assumer».

18. L'Europe, coupable ou bouc émissaire?
Ecrit par Elke. 05-04-2011
Dans la pensée de l’homme, la recherche du coupable soulage de nos propres imperfections et notre incapacité de résoudre nos problèmes. L’Europe, responsable de l’effacement des Etats et l’exacerbation des patriotismes régionaux, religieux ou ethniques comme le suggère Linda? Primo, soyons fières de nos régions : aucune démocratie ne saura exister sans la démocratie locale, premier maillon de la chaîne décisionnelle. Maillon oh combien manquant dans le paysage politique français, en tout cas celui du monde parisien, le seul que je fréquente. Pourquoi il manque ? Ce n’est pas la faute de l’Europe, mais, pour ce qui concerne la France, d’une tradition ancrée dans une élite quasi de « droit divin » très coupée de la base. Le fonctionnement tel que je l’observe dans beaucoup d’équipes au travail se base encore sur le modèle du 19ième siècle avec une obéissance toute infantile aux directives qui tantôt marchent, tantôt mènent au fiasco. Ce qu’a toujours sauvé la France, c’est le fameux système D qui compense le manque de concertation libre et éclairée, système très couteux qui ne tient pas la concurrence. Si l’Europe ne fonctionne pas comme on voudrait, c’est en grande partie à cause du non respect des directives établies par un laborieux travail de concertation et de recherche de consensus. La dernière crise financière a validé la pertinence du modèle européenne qui cherchait à limiter l’endettement des Etats. Mais pour certains, l’accès au pouvoir est plus important que d’en faire bon usage : promettre avant de réfléchir, s’endetter ensuite pour tenir les promesses. Notre vie politique est polluée d’une campagne électorale qui dure environ 4 ans et demie, remplie de promesses démagogiques pour la « majorité », des électeurs bien souvent jugé « faible d’esprit ». Les faibles d’esprit ne votent plus…. J’ai une carte d’identité française, mais j’aime mieux me référer à l’élite française qui a su rêver et qui continue à rêver d’une Europe telle que décrit par Daniel qu’à celle qui voudrait faire croire que la France ne peut survivre au marché libre. Si, nous avons des idées, nous avons des richesses à échanger. Notre jeunesse « bleu blanc beur » tissée de fils arc en ciel pétille de créativité. Mais faudrait-il encore des adultes qui les aident à mettre le pied à l’étrier plutôt que de les assommer avec le pessimisme qui traverse l’air du temps et qui passe son temps à accuser « l’organisation », ce monstre à tête insaisissable plutôt que de faire de sorte que l’organisation se transforme et s’adapte aux enjeux de notre société. Oui, Gérard, nous devons nous sentir concerné. Ici, à chaque instant. L’Europe, cela donne le cadre, mais si nous ne faisons pas, il ne faut pas prétendre que c’est la faute de l’Europe. Lutter contre la mondialisation, c’est une lutte perdue d’avance puisqu’elle est un état de fait. Vouloir fermer nos marchés pour maintenir l’unilatéralité du 19ième siècle serait une folie. La concurrence libre et non faussée, c’est le défi qu’une égalité en droit puisse exister. Cela met les entreprises au défi de rester ouvert au monde qui change, de s’adapter aux besoins des populations, du collectif. Car l’entreprise doit être au service du collectif, et non l’inverse. Le protectionnisme du marché agricole, quelle conclusion à tirer de cette expérience ? Je sens que la passion monte. Je vais m’arrêter là. Je sens à plein nez les résidus de l’Ancien Régime dans les commentaires qui critiquent Daniel qui n’est pas de « souche » française. Ma souche allemande prend racine dans les terres de Kant au moment ou Napoléon y a trainé se guêtres et les soldats y ont fait d’autres conquêtes que celles mentionnées dans les livres d’histoire. Si Daniel cherche suffisamment longtemps dans son arbre généalogique, il aura surement un marin espagnol qui lui donnera légitimité pour défendre comme moi une Europe unie dans les valeurs humanistes et non aliéné par une pensée unique.

19. Encore un mot: BCE et journalisme
Ecrit par Elke. 05-04-2011
La BCE est une institution européenne importante, je suis d'accord avec Gérard. Ces directives sont décidées en comité d'expert, et si un journaliste du Monde dit ce qu'elle devrait faire, cela ne prouve rien. Les enjeux monétaires sont d'une complexité inouie et je rend hommage au travail de cette institution qui est peut-être imparfaite, mais dont l'intégrité éthique me semble mieux assurée que celle d'autres institutions bancaires de grande rénommée.

20. inquiétude devant la montée des extrémismes en Europe
Ecrit par 11, 13. 06-04-2011
La question philosohique que je posais, et qui fut effacée bien sûr ( quoi qu'un en dise monsieur-je-sais-tout-n° 14 ) concernait la montée des extrémismes en Europe : si vous réfléchissez à ce qui se passe en Autriche, aux Pays-Bas , enfin je ne vais pas énumérer les Geert Wilders et autres Vlaams Belang... mais cela ne vous pose aucun problème ? Les valeurs humaines me paraissant un sujet de réflexion chez tout philosophe digne de ce nom, plutôt que de faire un cours d'histoire ( tronqué comme d'habitude, voire inexact) j'aurais préféré que l'on se penche sur l'évolution des mentalités, en Europe en général et en France en particulier.
Maintenant mes lectures de votre site ne me laisent aucune illusion, on ne se pose pas de questions ici, on donne un point de vue en béton . Eh oui l'argumentation béton est la seule admise, et toute question qui dérange est censurée : exemple anodin, on appplaudit un livre qui conforte vos idées ( l'enfantin "indignez-vus" de Stéphane Hesel) mais on ignore ostensiblement le livre d'Orimont Bolacre ( "j'y crois pas").
Autre exemple, on applaudit Obama, et quand l'obamania n'est plus de mise vite on efface les enthousiasmes de Pirmin. Bon enfin si le basculement actuel de l'Europe vous échappe, mieux vaut effectivement éviter de parler politique ici.



 
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