Les hommes au pouvoir sont-ils faibles ?

Débat du 15 mai 20011

Les hommes au pouvoir sont-ils faibles ?

animation Gérard Tissier


   Ce dimanche, la radio nous avait informé au petit matin d’un événemment absolument innatendu. Un homme de pouvoir(DSK) promis à un avenir national était tombé  sous la lumiére des médias et le poids de lourdes accusations...La signification et le sens  d’un tel événement ne  pouvait encore  être mesuré, d’où une concentration de  propositions de sujets largement inspirés de l’évènement avec peut-être, le désir d’en parler comme pour en exorciser la portée.
 
Pour éviter l’effet buzz et des dérives malencontreuses dans l’espace public, j’ai choisi une formulation de sujet restant dans le cadre de notre propos tout en étant relié, par son auteur je suppose,  à cette actualité.   

 Pour un café philo méritant son nom, c’était une occasion d’interroger la notion du pouvoir sous un angle paradoxal : celui d’une puissance qui n’en a, en fait, que le nom  ou sous celui du tragique  propre aux grandes destinées. Car  comme il est dit :  il n’y a pas loin du Capitole  à la Roche tarpéienne (une crête rocheuse, lieu d’exécution capitale pendant l’Antiquité, à Rome) .

 Je retiendrai ici deux  ou trois idées-force  pour éclairer et susciter vos commentaires.  

La première -que l’on doit à  Alain-  est le fait de poser la République (où nous  sommes) sous le regard  d’un  peuple  pouvant  redevenir acteur du politique, en particulier par la révolte  gravée dans le marbre de la déclaration des droits de l’homme. La force du pouvoir est sous cet angle, la  faiblesse du peuple. D’abord  par sa passivité, son absence de vigilance, sa difficulté à investir l’espace public pour exiger sa participation aux processus de décisions (cf. la démocratie participative et autres dispositifs.

Un autre angle a consisté à questionner  le fondement de la légitimité des hommes de pouvoir. La force et la faiblesse du pouvoir relèvent de fondements différents selon qu’on se situe sous la tyrannie, la dictature, le despotisme, la monarchie de droit divin ou constitutionnelle. En démocratie représentative, la force et la faiblesse se trouvent ponctuellement redistribués par le scrutin, l’inertie et l’usure faisant le reste.

Sur le plan de la philosophie du pouvoir, la question  a été brillamment éclairée par un participant qui nous a livré une perspective historique sur les grands penseurs du pouvoir en partant de Machiavel,  jusque Gramsci.

C’est ce dernier - plus proche de nous  et  fondateur du parti communiste italien-  qui me semble le plus intéressant à connaître pour mieux comprendre l’articulation entre pouvoir et « contre- pouvoir «  ( une autre avancée  du débat avec encore plus d’ancrage dans la sitation présente dans divers pays)..

Pour lui,  l’Etat ne se réduit pas à son appareil répressif ;l’armée, la police, la justice.
Fondamentalement, ce dernier organise le « consentement » en  ce qu’il  maintient et renforce une idéologie qui légitimise le rôle, la fonction et la parole de la classe  politique.

L’idéologie - implicite et exlicite- qui soustend ce consensus repose sur des valeures admises par la majorité des citoyens. Sa force vient de ce consensus  mais  sa faiblesse vient de ce que la société civile  (les intellectuels, les syndicats, les institutions religieuses, les associations) peut produire une contre-culture, un réseau d’alternatives et  de finalités autrement construites que par la domination d’une couche sociale sur les autres.  

Bien sûr, dans le débat d’autres facteurs ont été évoqués. Par exemple, l’impuissance  à tenir ses promesses, la mondialisation, la surdétermination d’auto-conservation des hommes politiques. J’ajoute: e contre-pouvoir massif de la bureaucratie et des corporatismes.

Il y a un point que j’aurais aimé voir aborder sous  le tropisme qui m’est propre : la différence  entre régime démocratique et société démocratique avec au centre, la question de l’individualisme et de son rapport au politique.

Que peut-il  juger de la force de l’autre sinon en se projetant lui-même sur la classe politique? Quid  alors de l’incarnation symbolique des valeurs qu'elle exprime? Comment  les groupes d’intérêts peuvent-ils  interpeller  les politiques autrement que dans la confusion  entre bien commun et biens particuliers ? Autre question : qui est l’autre dans ce monde d’égaux et qui est légitime dans sa position relative au citoyen moyen ?

Gérard Tissier


LISTE DES COMMENTAIRES...


1. Oui, mais pour d'autres raisons
Ecrit par Daniel Ramirez. 08-06-2011
Le jour où tout cet affaire a éclaté, j'ai laissé une petite impression dans la rubrique aphorismes, vous pouvez la trouver facilement, c'est le dernier que l'on y trouve.
Maintenant, si on pose la question dans ces termes (je précise que je n'y était pas présent à ce débat), je dirait que deux raisons peuvent expliquer une réponse affirmative, mais elle ne son pas exactement celles que je retrouve dans le compte-rendu. La première pour moi, est que dans un régime démocratique, le pouvoir n'a pas de légitimité autre que la volonté populaire, exprimée (faiblement) par les urnes; par conséquent, ceux qui ne sont pas élus, peuvent être révoqués à tout moment par des pouvoirs encore plus fortes qu'eux. C'est une société de hiérarchies, dans laquelle une partie est légitimée par le vote, une autre non (même si c'est par mérite, excellence, concours ou cooptation), cette tension crée une faiblesse dans les fonctions non électives, ce qui irait dans le sens du renforcement de la nécessité d'un approfondissement de la démocratie.
Toutefois. Tant ceux qui sont élus comme ceux qui sont désignés ou héritiers d'un pouvoir important, peuvent être considérés faibles par une autre raison: la tentation. L'homme est faible par essence (la tendance augustinienne dans le Christianisme l'a toujours affirmé), mais des situations extraordinaires font qu'il peu l'oublier. Je pense que certaines personnes très puissantes l'oublient; et je ne suis pas augustinien, je pense à la tentation dans un autre sens, laïque. Se croire tout-puissant, invulnérable, indécrottable, se croire à l'abri (tout militaire sait que cela affaibli une position), se croire supérieur (cela rend inférieur, moralement).
Ainsi, l'exercice du pouvoir rend faible et vulnérable, sans doute il préciserait d'un parcours initiatique ou d'une formation et des épreuves spéciales; un peu comme on fait pour les astronautes, pour s'assurer qu'ils ne vont pas déconner, qu'ils ne vont pas faiblir ni s'évanouir si cela bouge trop. On devrait s'assurer que les puissants seront dignes du pouvoir que l'on dépose entre ses mains. Platon l'a envisagé dans sa République, elle serait le gouvernement des meilleurs, dans le sens moral et intellectuel. La nôtre choisi parfois les meilleurs dans le sens intellectuel, souvent les plus haut placés dans le sens financier et les plus proches d'autre déjà puissants, rarement les meilleurs sur le plan éthique. Il faut savoir mentir, savoir trahir, savoir s'encanailler avec celui-ci ou celui-là pour réussir ; être le copain des patrons ça aide énormément.
Conclusion, oui, les hommes au pouvoir son faibles; ceux qui n'on pas le pouvoir aussi, mais ça se voit moins.

2. Pardon?
Ecrit par Une habituée. 08-06-2011
Quelqu'un a compris quelque chose à la très étrange annonce fait au début du café-philo dimanche dernier? Vous n'êtes pas restés avec un goût bizarre?

3. bizarre,bizarre...
Ecrit par un habitué aussi. 10-06-2011
il semble bien que le pouvoir des animateurs ait changé de camp avec l'arrivée de cet homme en fauteuil qui a fait l'annonce.En laissant traîner mon oreille à la fin du débat j'ai compris que la direction avait décidé de changer tout. Pourquoi,je ne sais pas. En tous cas les animateurs qui étaient là,Daniel et Gérard,n'étaient pas au courant.Surprenant.Et je ne suis pas sûr de les revoir..On va voir arriver toutes sortes de têtes nouvelles mais évidemment notre avis, à nous, on s'en fout!

4. Ca sent très, très...
Ecrit par urbaine. 10-06-2011
Une révolution de palais? Que je sache tous les cafés philosophiques ont toujours été indépendants et sous la seule responsabilité de ses animateurs. Et non pas de "la direction". Bien que le patron évidement a le dernier mot s'il s'agit d'accueillir ou pas un café-philo dans son établissement.
Qu'est-ce qui se passe maintenant? Pendant que le monde marche vers plus de justice et de démocratie, le premier de tous les cafés-philo va dans le sens contraire?

5. surréaliste
Ecrit par une autre habituée. 10-06-2011
Il paraît que ça "s'endort" et que nous "ronflons"...d'où la rénovation annoncée par un inconnu ( jamais vu ici) qui dit être co-fondateur et avoir trouvé LA solution ( que nous attendions tous...): 20 animateurs nouveaux choisis par lui même et Gunter. Quelqu'un sait qui est ce monsieur qui ne nous demande même pas notre avis?
Nos animateurs habituels ne seraient plus là qu’une à deux fois par an. Ils sont pour ainsi dire « virés » et n’ont pas eu leur mot à dire dans la « rénovation ». Outre la brutalité de la décision, nous devrons aller ailleurs pour écouter des animateurs qui y œuvraient brillamment depuis des années pour notre plus grand plaisir, si cet ailleurs existe. Un goût très bizarre.

6. Pouvoir et légitimité
Ecrit par Elke. 11-06-2011
La faiblesse de la démocratie consiste à focaliser sur l'exercice du "vote" pour rendre "légitime" le pouvoir. Mais qu'est-ce qui donne finalement légitimité au "pouvoir"? Sa capacité d'assurer le bien collectif. C'est quand le "cadre" n'assure plus la sécurité de l'ensemble qu'un remaniement, qu'une révolution se profile. Le bien collectif implique toujours un travail collectif, impose l'engagement de chacun. Je pense que nous avons perdu la conscience de l'importance de chacun pour que le tout puisse fonctionner. Et c'est ça qui rend le pouvoir "vulnérable": un contenant a besoin du contenu pour exister. En langage métaphorique, je dirais qu'on pourrait attribuer au pouvoir la fonction "peau". La peau est construit par l'organisme. Nous connaissons sa vulnérabilité, l'importance de sa protection. Pour la petite histoire: le cerveau émane du point de vue histologique de la même couche de cellules que la peau.

7. Est’- on faible quand’ on’ est’ Au pouvoir ?, Gérard Tissier
Ecrit par ROCA. 15-06-2011
Est’- on faible quand’ on’ est’ Au pouvoir ?, Gérard Tissier,

Force ... pouvoir ...
théorique ... du peuple’, en République, force ... pouvoir,
de fait’, de L’élite, politique, démocratique’, oligarchique, de têtes’ ... À La tête, force ... rapport(s) de force(s),
force ... montre ... sa force,
La force ... du pouvoir,
Le pouvoir ... de La force,
faiblesse ... de sa force ... qui Va se faire’ Voir ...
pouvoir - incarnation,
pouvoir incarne’...nation,
pouvoir en représentation, pouvoir - délégation,
pouvoir - domination, pouvoir et soumission,
force ... faiblesse ... du pouvoir ...
en jeu, jeu(x) de pouvoir(s), remis’ en jeu_, force ... faiblesse ... du pouvoir - spectacle -
jeu, jusque dans nos cénacles,
en démocratie représentative’, en représentation ... en démocratie d’opinion,
pouvoir de L’opinion,
force ... faiblesse ... des’ institutions - pouvoirs,
À remettre’ en question(s), force ... faiblesse ... du pouvoir ... de L’illusion,
et de L’illusionniste ... pouvoir - illusion,
il faut pouvoir ...
pouvoir,
et faire’ Autorité, et non Avoir Le pouvoir ...
L’Autorité, Le pouvoir ...
de faire’ croire,
Le pouvoir ...
À pourvoir ...
professe ...
sa faiblesse,
pour ...voir ...
si son pouvoir
est ...fort ... face’ Aux contrepouvoirs,
et ...fort’ À faire’, effort ... À faire Voir, force ... faiblesse ... du pouvoir, ...
bien fait ... pour Le pouvoir !,
pas de pouvoir de Vaincre,
sans pouvoir de convaincre, ... Gilles Roca,

Cas-fée-Philo des nés-nus-Phares, 15 mai 2011, ces-jours de Floréal,
force ... faiblesse ... phare ... du pouvoir ... électoral ... G R

8. Pensée philosophique et censure
Ecrit par Nadia. 07-07-2011
Je me demande pourquoi mon texte intitulé "une tempête dans un verre d'eau "a été supprimé. Nadia

9. Nadia mauvaise intention ou mauvais procès ?
Ecrit par Gérard. 07-07-2011
Nadia es-tu sûre d'avoir tapée la touche " entrée" suite à ta " pensée philosophique" dénommée "une tempête dans un verre d'eau".Imagines-tu que nous puissions "modérer" un texte venant de toi alors que tu t'y es exprimé plusieurs fois ?
Je ne peux pas croire -te connaissant- que tu veuilles -dans quel un esprit?- faire d'un simple intitulé (une tempête dans un verre d'eau ) une argumentation contre qui que ce soit, et pire, contre les faits ?
Qui crois-tu pouvoir convaincre ? Sylvie? Daniel? moi? : les exclus du verre d'eau ?
Sur ce thème, une autre personne a avancé une thèse de ce type.Bon.C'est fait. Il n'y a rien à voir! On sait !Mais si tu veux nous envoyer ton texte c'est ok.

Mais, Nadia, permets moi : te concernant et sur le plan éthique, il y a une réflexion philosophique d'un prof de philo (Didier) sur le fil de l'article d'Alain.( 23) Si tu veux, tu peux lui répondre. il pose la question du "d'où l'on parle" et de quel intérêt a-t-on à défendre la position que l'on tient. Un classique. Tes réflexions nous seront précieuses .. !


10. Supprimé? Où ça?
Ecrit par urbaine. 08-07-2011
C'est bien curieux crier à la censure comme ça. Le post "tempête dans un verre d'eau" à toujours été publié et continue à l'être, mais c'est sur un autre fil de discussion. C'est le commentaire 39 du débat "comment la pensée peut s'établir". La preuve, il y a d'autres commentaires qui en font allusion, avec le N° 39 et tout. Crier à la censure devient une véritable tactique pour se poser en victime. N'importe qui peu dire qui a été censuré. Sauf que si c'était le cas, le post où il dit avoir été censuré le serait aussi, non? C'est contradictoire et peu crédible. Au contraire, les gens seraient très attentifs aux explications que les uns et les autres pourraient donner. Evidemment c'est un peu court de dire que c'est une tempête dans un verre d'eau. On est en droit d'attendre des meilleurs arguments pour avoir accepté de participer à une opération que beaucoup de monde trouve illégitime.

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