Un lendemain de 18 juin, place de la Bastille

 
Appel du 18 juin, prise de la Bastille, voilà de grands symboles légués par l’histoire, qui ont sauvé l’honneur et même plus... Mais les idéaux de démocratie, de liberté et de dignité sont à remettre perpétuellement sur le métier. Dans le fil de discussion « Quel sens donner à l’indignation ? », le coup de force qui eut lieu le 5 juin dernier au café des Phares est décrit et commenté abondamment. Trois des quatre animateurs impliqués depuis respectivement douze et seize ans dans ce café philo se virent exclus, sans discussion ni préavis, par décision d'un animateur réapparu après huit ans d’absence et du quatrième présent ce jour-là dans les coulisses.
S’il existait une communauté des animateurs, comme on dit communauté de travail, de recherche, et ne serait-ce qu’une vague conscience collective dans le réseau des cafés philo et celui-ci en particulier, ce « coup d’Etat » n’aurait pas été possible, ou bien aurait déclenché un tollé et ses auteurs auraient eu à s'expliquer. Mais dans l’anomie et l’indifférence, où rien de tel ne s’impose, on peut faire impunément n’importe quoi. Au coeur de la Mégapole il manque un « regard de l’autre », garantie même incertaine d’un sens moral.
 
Ce dimanche 19 juin, en l’an 01 de l’ère nouvelle, le sujet était-il intéressant ? L’animation fut-elle de qualité ? La réflexion particulièrement riche ? Je n’en sais rien puisque l’illégitimité du pouvoir entraîne l’absence de sens. Je songeais à la séquence d’un film dont l’action se passe dans le Brésil de l’ancienne dictature, où la radio officielle diffusait des phrases comme : « Saviez-vous qu’une mouche vole à la vitesse de huit km/h ? » Heureusement nous ne sommes pas en dictature, et l’armée allemande n’est pas non plus à nos portes, mais le vide de sens et le sans foi ni loi peuvent tuer aussi.
 
Pour un café philo où se réunissent entre cinquante et cent personnes chaque dimanche depuis 1992, réfléchir et proposer quelques changements paraît nécessaire de temps en temps, c’est un signe de dynamisme, le gage qu'il durera encore longtemps. Mais cela est impossible quand des enjeux de territoire et des rivalités de pouvoir prennent le pas sur le projet philosophique comme sur les principes les plus basiques de démocratie et de respect des personnes. Les conflits, phénomènes ordinaires et humains en soi, ne trouvent donc pas de meilleures solutions ici que dans le reste de la société, associations, entreprises privées, institutions, pouvoir politique au plus haut niveau qu’il paraît vain dès lors de critiquer ! Il est vrai que tous les philosophes ne furent pas les chantres de la démocratie, mais les plus grands frayèrent des chemins nouveaux pour la pensée, la connaissance de soi… et la liberté !
 
Une question malgré tout : la perversion du pouvoir peut-elle faire partie de la philosophie, là où l’on se plaît à penser, où l’on aborde les grandes questions de l’être, de la vérité, du sens, d’autrui... ? En fait, pour qui n’est pas philosophe et s’attribue néanmoins le titre, elle représente le discours du maître... et seulement cela, et du coup elle devient son point aveugle. Comme par hasard, le machisme et la misogynie s’y manifestent autant qu’ailleurs, sinon davantage. L’inconscient, en Lacanie, n’est pas à chercher dans la « profondeur » du sujet, qui est une création imaginaire du moi, mais à l’extérieur de lui, dans le langage, l’idéologie, la « culture ». Il reste donc beaucoup d’impensé... Travaillons, prenons de la peine.
 
Quand une pratique philosophique se veut agitatrice de citoyens, elle ne peut pas souffrir la violence et l’arbitraire d'un pouvoir. Alors une autre question se pose : comment continuer à venir au café philo des Phares ? Il y a bien un état de CRISE, mais le plus grave serait que tout continue comme si rien ne s’était passé, que cela « fonctionne », croirait-on, parce qu’il y a des animateurs et animatrices (une pléthore annoncée) hautement satisfaits d’être là puisque élus par les nouveaux managers, et des participants qui parlent, c’est le moins que l’on attende évidemment... Quant à la promesse d’un changement salvateur, il s’agit d’une imposture puisque tout ce qui est annoncé reprend, sans le dire, des formules qui ont déjà été expérimentées dans le passé... par les animateurs mis hors jeu.
Afin que ces péripéties ne conduisent pas finalement à la disparition du café philo, il appartient aux plus fidèles et aux plus impliqués d’entre nous de réagir, ainsi qu’aux autres naturellement. En attendant le retour à une situation acceptable, aucun compte rendu ne devrait être publié, à mon avis. Pour les remplacer, des articles « de qualité » feraient très bien l’affaire.

LISTE DES COMMENTAIRES...


1. quelques précisions..
Ecrit par Gérard Tissier. 23-06-2011
L'idée de permettre aux plus impliqués de réagir est bienvenue y compris sur ce site. Il suffit de communiquer un texte que l'on publiera après relecture d'usage( utiliser les adresses- mail des ex animateurs en titre.
Pour ma part, je ne suis pas certain qu'il faille, pour ceux qui aiment le café philo des phares et qui souhaitent le défendre, ne plus publier des compte-rendus..Cela n'a aucun impact symbolique ou protestataire Cela est contreproductif pour la fidélité de l'audience du site et la pluspart des particpants ne fréquentent pas le site.
Entre dimanche et ce matin, c'est près de 4000 personnes qui se sont connectées. Un quart environ ont ouvert la page sur l'indignité ( dernier CR).Les autres, par déduction, ont consulté soit d'autres débats avec leurs commentaires, soit écouté des enregistrements.
Le site est donc une mémoire qu'il faudrait, selon moi conserver et sans forcément tarir les flux qui le nourrissent quitte aussi à l'alimenter avec d'autres types de contribution
Rien n'empêche par exemple, pour les présents aux phares de donner leur appréciation que la qualités des animateurs soit-disant tous reconnus ( y compris la dernière), et sur le fait de savoir s'il s'agit bien d'une dynamisation ( vers un public "ronronnant" ?) ou s'il s'agit du contraire, l'animateur en question ne disposant pas des contenus et des qualités requises pour faire d'un sujet un bon débat.
Quid, par exemple, de la dernière personne désignée par la nouvelle équipe (en la personne de Gunter) à savoir Nadia ?
Dimanche dernier, Christiane, animatrice invitée plusieurs fois par le "feu" collectif d'animateurs, à interpelé Pascal Hardy, présent sur les lieux, sur le fait savoir sil confirmait bien que deux animateurs sur quatre n'avaient pas été tenus au courant de la nouvelle organisation qui s'est préparée sur plusieurs réunions. Sa réponse à été " c'est une longue histoire et il n'y a pas lieu d'en débattre ici ( ou maintenant)
En apprenant cela, je suis conforté dans l'idée qu'il s'agit d'une forme de revanche de Pascal Hardy suite à une opération que pas mal de gens connaissent s'ils ont été adhérents de philos ces dernières années lors d'un précédent coup de force (aujourd'hui reconnu par Pascal Hardy).
C'est en effet une longue histoire, mais qui continue.
PS : d'autres éclairages peuvent suivre sur l'histoire du mouvement et sur celle du café des phares en particulier ( ouvert en septembre 1992 soit 20 ans à la rentrée!!)





2. Et donc?
Ecrit par Un habitué absent. 23-06-2011
Très raisonnable prise de position d'Alain, même si les conclusions ne sont peut-être pas les meilleurs. En effet, la grave de compte-rendu ne nuirai qu'au site, ce qui n'est pas une chose à faire maintenant. Gérard a raison, on peut mettre d'autres matériaux de réflexion, pourquoi pas de compte-rendus d'autres cafés-philo.
Mais la bonne question et la plus urgente est, bien sûr: l'animation de cette dame, était-elle meilleure et plus dynamique? A-t-elle apporté les éléments philosophiques nécessaires pour que le débat soit intéressant? A-t-telle montré une méthode innovante?
A ceux qui ont assisté de nous dire.

3. projet de tract
Ecrit par Alain. 23-06-2011
Un projet de texte est publié dans les "questionnements philosophiques" : http://www.cafe-philo-des-phares.info/index.php?option=com_joomlaboard&Itemid=26&func=view&catid=9&id=1015#1015 . Il devrait selon moi être distribué aux Phares et ailleurs.

En effet, il vaut peut-être mieux continuer à faire des comptes rendus (qui les rédigera ? hum...). Mais pour dimanche dernier je me suis refusé à parler du débat parce qu'il n'avait pour moi aucun sens dans ces conditions. Comment continuer à participer à ce café philo ?

4. Mais si les principes comptaient pour quelque chose
Ecrit par Une "ronroneuse". 24-06-2011
C'est vrai que c'est choix difficile: continuer à participer et jouer le jeu? Boycotter ces invités? Mais comment? Simplement ne pas venir? On sera vite remplacés par d'autres, et c'est un de buts de l'opération, non? Puisque c'est nous, les habitués, les endormis et ronroneurs, d'après le diagnostique du "cofondateur" parachuté.
Le plus spectaculaire est comment des animateurs de café-philo peuvent accepter de participer à cette opération. Le désir d'être là, à la place de ceux qui étaient avant, est-il plus fort que les principes? Surtout cette dame, toujours prompte à dénoncer le système, à qui les animateurs habituels ont toujours donné toute sa place, la parole et la possibilité d'annoncer ses activités D'ailleurs pour info: son café-philo n'a pas fait longs feux, vite remplacé par un de ces trucs à invité, like Britt, où on est sur d'avoir de gens qui viennent écouter quelqu'un de connu, une sorte d'anti-café-philo.
Si les invités avaient eux, un sens de l'éthique, ce serait plus simple.
Alors que faire?

5. Petites réflexions
Ecrit par L.. 24-06-2011
Hélas, il est vrai que la force de l'habitude est plus forte que tout et j'imagine que dans quelques mois cette révolte contre ces manières peu éthiques (mais il faut connaitre pour ainsi dire les agents et les enjeux, son histoire et ses méandres humains) sera très amoindrie. Et le pouvoir attire ceux qui s'y soumettent volontiers ici ou ailleurs. Ce qui me semple triste c'est qu'il faudra chercher ailleurs la philosophie dans la cité. Et peut-être que ce qui était révolutionnaire dans les années 90 ne l'est plus. La fin ne justifie pas les moyens. Je n'oublie pas que le ciné-philo est une entreprise révolutionnaire et il faudrait que quelqu'un écrive à ce sujet.
Être ou rester quelqu'un de bien est ce qui compte après tout. Pouvoir se regarder dans la glace n'est pas donné à tout le monde. Le pouvoir corrompt. "Tout ce qu'on peut dire du pouvoir est que sa vocation en est suspecte" disait Jean Rostand. Il vaut mieux peut-être y rester à distance pour être en résistance.

6. Enregistrements et comptes-rendus.
Ecrit par Nicolas. 24-06-2011
En ce qui concerne les enregistrements, je pourrai normalement (sauf si je ne peux pas venir Dimanche au café des phares en raison d'une maladie par exemple) enregistrer le débat du Dimanche 26 Juin.

Je pourrai également faire des comptes-rendus des futurs débats, ce qui me permettra de m'améliorer en philosophie.

Nicolas.

7. L'animation d'un débat-philo
Ecrit par Marie-Sylvie MUGEL. 24-06-2011
En fait la bonne question à se poser est «Qu’attend-on de l’animation d’un Café-Philo ?»
Je suis entièrement d’accord avec l’opinion que Nadia a une écoute, une empathie, une capacité à faire circuler la parole et de plus une voix agréable, cela suffit-il à permettre un bon débat philo ? Cela aide, c’est sûr, mais le sujet choisi l’autre dimanche était éminemment philosophique (quoi qu’en dise Carlos) et pour ma part je n’ai pas trouvé les «billes philosophiques», la rigueur et la structuration de nos échanges qui m’auraient permis de mieux comprendre les tenants et aboutissants de ce sujet.
On ne peut pas juger quelqu’un sur un débat, qui plus est pour une première fois, et je suis d’ailleurs loin d’apprécier toutes les prestations des animateurs jusque-là patentés.
Cependant il me semble que si, plus ou moins, tout un chacun peut se prétendre animateur de débat philosophique cette médiocrité de convivialité de bon aloi deviendra la règle.

Par sa réflexion chaque participant contribue à la construction commune du débat mais cela se fait d’autant mieux que la personne qui est en position d’animatrice ou animateur a la capacité et les connaissances pour pointer les pistes proposées par les commentaires, en ouvrir de nouvelles, synthétiser et proposer éventuellement quelques lectures. C’est à ce compte-là qu’un débat de Café-Philo n’est pas juste un lieu de jouissance de la prise de parole à tout prix dans une assemblée.
Et qu’on ne vienne pas me dire «au lieu de critiquer, tu n’as qu’à le faire» (comme cela a été répondu à certains), étant exigeante sur la qualité je suis très consciente que je n’en ai pas les compétences nécessaires, cela n’annihile pas mon droit à protester haut et fort.


8. C'est dit
Ecrit par Participante. 24-06-2011
J'ai eu honte vraiment ce jour-là d'être là. Ca ne m'a élevée en rien. Il ne s'est rien passé. J'ai juste entrevu Le Monsieur Hardy Un vrai malaise. J'avais le sentiment de voir un producteur. Où était la philosophie ? J'ai cherché. Le sujet était formidable pourtant.

9. " l'esprit des phares" selon Pascal Hardy
Ecrit par Gérard. 25-06-2011
Je suis d’accord avec Marie Sylvie sur la fonction de l’animation, sur ce qu’elle peut apporter pour produire un bon débat.
Dans le document, comment dire, de cadrage(?) distribué par Pascal Hardy aux animateurs convoqués le 5 juin par la direction, on peut lire à propos de l’animation :
« L’esprit des phares demeure : modération modeste,le modérateur œuvre pour l’expression de pensées variées et originales sur le sujet plutôt que sa propre pensée Le dispositif évite toute forme de bachotage »

Je me demande comment ce qui est dit ici est en conformité avec la pratique des animateurs habituels depuis 10 ans et des invités tel Christian Godin qui lui, joue le jeu d'animer. D’où sort cette normalisation?Et comment un renouveau peut–il sortir de tout cela ?
Les 20 à 25 animateurs prévus vont tous accepter de se mettre dans ce moule pour faire plaisir à Pascal Hardy et gommer leur personnalité, leur contenu., leur histoire, leur fonction d'acteur de la "philo dans la cité". ( à moins qu’on ne veuille faire venir des gens nouveaux par leur intermédiaire et changer le public qui « ronronne »? ) .

Quelle est la fonction de la philo dans tout cela, de la question de la justice dans la cité ( l’idée du fondateur Marc Sautet) la trilogie classique : moi,le monde et autrui,comme connaissance et comme conscience ? Non, non, dit Pascal Hardy, des "pensées variée et originales".
Alors un café-philo ce n'est plus un débat ? une élaboration de sens ? un dévoilement ?,la rencontre d'une problématique ? Non une succession de « pensées variées et originales ».
Que veut-on flatter ? La prise de parole singulière dans une société individualiste ou le retour d’une agora, d’un être ensemble, par le plaisir de la discussion, et par la nourriture qu’elle produit dans les esprits.
En quoi un homme, –un ex-animateur des phares,il est vrai- se voudrait, face à tous les autres animateurs, actuels ou à venir, gardien de «l’esprit des phares ».Tout cela est vraiment étonnant..
Et ce mot de "modérateur", c’est l’esprit des phares ? Mais comment donc tout cela est-il possible ? Franchement je m’y attendais pas.C’est proprement incroyable..

Ps :bravo pour la visite de Carlos sur notre site :

10. Fonction du café philo
Ecrit par Elke. 25-06-2011
Pour moi, la fonction du café philo est clair: aider à renouveler notre capacité de penser. Ce n'est pas la transmission d'une pensée prête à l'emploi, mais retrouver notre capacité de s'interroger, de se laisser surprendre et ne pas tourner en rond dans du réchauffé.Sortir du cul de sac du cadre de référence de notre civilisation qui a atteint ses limites, pour le dire clairement. L'autoritarisme genre 19ième siècle ne peut plus tenir lorsque seul l'élite avait le droit de penser et le peuple devait se crèver à la tâche pour la porter. Je perçois parfois un certain mépris de cette "élite" pour le peuple qui s'exprime au café philo. Et à chaque fois, cela me met en colère, surtout quand cela vient de "l'élite" des philosophes. La voix du "peuple" est parfois moins polie que celle des intellectuelles, mais si on cherche à comprendre, il y a parfois (pas toujours: je n'idéalise pas le "peuple", loin de là!) le plaqué or qui brille d'un côté et la roche diamantaire de l'autre. Plus l'animateur se positionne en tant que "celui qui sait", moins ce travail qui permet de distinguer le plaqué or du diamant, la recherche du "vrai", du "raisonnable" peut avoir lieu . Je renvoie au style d'animation de M. Crusson: il a su peu intervenir, très bien écouter et finir sur un résumé du débat qui a mis en lien, ordonné le chaos des associations en quelque chose de plus cohérent. "Une pensée originale": je m'en méfie un peu. Certaines pensées peuvent devenir de vrais pièges. Et pour sortir de ces pièges, il est utile de les mettre en travail. Et c'est à ça que peut servir le café philo. Je me rappelle du débat sur l'avoir et l'être: après la diabolisation de l'avoir (idéologie capitaliste), nous avons aussi vu l'aspect positif de l'avoir. Pour certains, c'étaient une révélation. Le café philo ne doit pas servir à maintenir coûte que coûte un ordre établi, il doit servir à s'interroger, à éprouver l'ordre établi. J'ai hâte de revenir demain après quelques semaines d'absence pour vérifier par moi-même le climat du lieu. Ce que je découvre via le site me laisse un goût amer. Ce n'est pas le changement imposé qui me choque, mais le négativisme des participants habitués. Chacun a sûrement un "animateur préféré" et l'idée de le voir moins souvent génère une frustration. Est-ce pour autant une raison d'accueillir les nouveaux animateurs avec si peu de bienveillance?

11. Usurpation n'est pas "changement" Elke
Ecrit par Un ancien ronroneur. 25-06-2011
Il ne s'agit pas de "changement" mais d'usurpation. Et psychologiser la réaction d'indignation de gens qui réagissent à un abus illégitime est méprisant: "L'idée de le voir moins souvent génère une frustration".
Vous ne vous rendez pas compte Elke jusqu'à quel point vous vous laissez infantiliser. Les gens qui ont préparé cette manoeuvre dissent que les habitués (dont vous) ronronent, qu'il faudrait les remplacer par des nouveaux. Oui, cela a été dit, les "nouveaux" animateurs sont sensés amener des nouveaux participants.
On ne sais pas de quel M. Crusson parlez vous... Mais lorsque vous citez le débat sur l'avoir, où on peut identifier des véritables "moments philosophiques" (c'est comme ça qui s'exprimait Marc Sautet), c'est Daniel Ramirez qui l'a animé.
Je pense que Marie-Sylvie a dit à peu près l'essentiel: "...je n’ai pas trouvé les «billes philosophiques», la rigueur et la structuration de nos échanges qui m’auraient permis de mieux comprendre les tenants et aboutissants de ce sujet". Ce n'est pas une question "d'animateurs préférés", Elke, mais d'animateurs tout court. Je continue la citation: "...il me semble que si, plus ou moins, tout un chacun peut se prétendre animateur de débat philosophique cette médiocrité de convivialité de bon aloi deviendra la règle".
Pour finir votre phrase terrible: "Ce n'est pas le changement imposé qui me choque..." dit large sur vous. Que deviendra notre civilisation si un changement imposé ne choque plus? Savez-vous que le langage du "changement" ne veut rien dire en lui-même? De Franco à Pol Pot, de Mussolini à Berusluconi (pour ne pas parler de celui qui a mis à la mode "la rupture"), tous ont parlé de "changement" et évidemment accusent de conservatisme les autres.
Dans les moments de crise la nature morale des personnes se révèle. S'accommoder avec celui qui semble avoir plus de pouvoir ne mérite pas de justifications philosophiques, c'est une réaction normale. Résister par contre, demande une force morale. On ne peut pas l'exiger de tout le monde.
Parler du changement c'est oublier qu'ici c'est le soutien des patrons qui seul fait office de légitimité... Très joli pour "servir à s'interroger, à éprouver l'ordre établi"! (la c'est vous qui je cite).

12. attentat à la pudeur
Ecrit par Alain. 26-06-2011
La vraie question qui s’impose aux Phares maintenant, c’est le plus PRIMAIREMENT qui soit la question du POUVOIR ! Comment un espace de questionnement, de réflexion, etc. bref « philosophique » peut-il continuer à exister après ce coup de force ??? Le problème n’est pas la qualité de l’animation ; on est en droit de trouver insatisfaisantes ou même médiocres des animations de l’ancienne équipe, tandis que certaines animations parachutées par la nouvelle « équipe dirigeante » ( ???) seront peut-être de bonne qualité. Et puis, il y a des gens bien et des gens pas bien partout, etc. etc. Mais comme ça on noie le poisson, on se dilue dans l’insignifiance. Il y a des problèmes de nature POLITIQUE à RECONNAITRE et à assumer, mais n’aurait-on pas les couilles pour le faire ???
Ce dimanche j’irai aux Phares, ce serait une erreur de ne plus y aller, mais en même temps C’EST LA HONTE (cf. post 8), c’est obscène « quelque part », oui finalement il y a ATTENTAT A LA PUDEUR, que ça continue comme ça !!!
Que les animateurs et animatrices enrôlées dans cette forfaiture s’informent de la situation s’ils ne le sont pas (car la résistance passe par eux d’abord). S’ils le sont déjà et qu’ils trouvent cela très bien ou que cela ne les gêne pas, dans ce cas je préfère ne pas me mettre dans l’illégalité pour dire ce que j’en pense.

13. rectification
Ecrit par Alain. 26-06-2011
Au début de l'article, une information devait être rectifiée : ce sont 3 des 4 animateurs qui furent mis sur la touche par le 4ème et Pascal Hardy. L'animatrice concernée, elle, a exprimé son accord (ou plutôt consentement) avec ce qui s'est passé.
Parlons clairement, de toute façon tout le monde le sait : le 4ème est Gunter Gorhan, les autres sont Daniel Ramirez, Gérard Tissier et Sylvie Pétin.

14. Après la tempête
Ecrit par Elke. 27-06-2011
Ouf! Tant de turbulences pour si peu. J'apprends que Daniel va animer dimanche prochain et espace lui est donné pour qu'il puisse proposer une méthode d'animation un peu différente. Tous ces délires d'exclusion étaient donc bel et bien des délires. Dommage que je ne pourrai pas être là. Oui, j'ai osé évoquer l'éventualité d'un pouvoir dictatorial de la figure d'autorité (ce qui est devenu dans la tête de mes lecteurs assidus Daniel=dicateur!) et je peux apprécier le mode d'animation de Daniel malgré le fait que sa façon de provoquer puisse heurter parfois ma sensibilité qui a tendance d'y voir une forme de mépris de la pensée de l'autre (et le lecteur attentif lira bien "sensibilité" qui est bien consciente de la part subjectif dans cette appréciation. Mais je dois reconnaitre l'effet parfois positif de la provocation sur la progression du débat. J'ai fait la connaissance de Pascal Hardy qui a animé avec engagement le débat sur l'individualisme et l'égoïsme. Était-il "meilleur" que les autres? Fallait-il l'être? Il a fait, je suppose, comme tous les animateurs, je l'espère du moins, avec la volonté de bien faire. Il a expliqué la démarche de réforme du fonctionnement café philo et chacun est invité à y participer. Si la maladresse de sa première intervention a pu générer l'impression d'un coup d'état dictatorial, cette deuxième invite au renouveau et à la participation de tous. Mise à part l'accueil particulièrement désagréable par une participante qui visiblement ne tenait pas à échanger avec moi, j'ai passé un bon moment "café philo" et j'espère qu'il y en aura d'autres. L'appel au boycott n'a heureusement pas été suivi.

15. L'animation était prévue dans l'ancien planning
Ecrit par Un proche. 27-06-2011
On avait compris que c'était déjà "si peu" pour Elke. Si peu que quelqu'un vienne prendre le contrôle sans légitimité autre que le soutien du patron, si peu qu'il fasse un diagnostique du déclin du café-philo sans voir par lui même (!). (Entre parenthèse, c'est pour Nicolas "Délire" et "délire d'exclusion" est du langage psychiatrique! Elke y a-t-elle droit et les autres non?)
Ce qui est choquant c'est au'au lieu de s'en réjouir du maintien d'une animation qui était prévue dans l'ancien planning (celui fait par le collectif), elle se permette de dire qu' "espace lui est donné pour qu'il puisse proposer une méthode un peu différente". Comme c'est gentil et généreux!
C'est d'un ridicule spectaculaire! Vous pouvez penser ce que vous voulez, mais s'il y a parmi les animateurs un qui vraiment "une méthode", c'est Daniel Ramirez. Il n'a pas cessé de proposer des innovations tous ces années, avec Gérard Tissier, d'ailleurs, ils on mis en place des disputations philosophiques et autres dispositifs. Au Forum-104 nous avons pu participer à des débats sur un texte et même sur une image, plusieurs fois...
Sans commentaire l'association honteuse de la question du "dictateur". Mais ne voyez-vous pas que le terme s'applique à ceux qui font de coups d'Etat et non pas à ceux qui les ont combattus par le passé? Il est vrai que cela ne vous touche pas, mais, n'y a-t-il pas erreur sur la personne à qui cela pourrait s'appliquer la question du "pouvoir dictatorial"?
Maintenant, avec toute la bienveillance qu'Elke manifeste pour l'animation de Pascal H (auto programmé hier dimanche), a-t-il apporté "une méthode un peu différente"? la question n'est pas "était-il meilleur que les autres?" Encore s'il l'avait excellent, ça aurait change un peu le choses, non? Mais s'il s'agit de faire "comme tous les animateurs", c'est à dire "avec la volonté de bien faire" (C'est bien peu ce que vous lui demandez), il est évident que tout le monde peu en faire autant. Mais s'il s'agit d'améliorer les débats (encore une fois, qui a fait le diagnostique?), de réveiller certains ronroneurs, ou même d'innover, ça paraît "si peu", justement.
Vous lui demandez presque rien pour son animation, vous avez le droit. Mais ne faut-il demander bien plus pour la conduite éthique? Ne faut-il bien plus que l'intention de bien faire pour avoir le droit (moral) de chambouler une conduite social innovante en elle-même, pérennisée et assurée pendant des années par la responsabilité partagée d'autres?
Ca ne vous plaisait pas? Vous y ronroniez? Pourquoi n'avoir pas cherché à aller dans d'autres cafés-philo? Pourquoi ne pas l'avoir écrit?

16. vous avez dit "coup de force" ?
Ecrit par maki. 30-06-2011
Trop récent participant au café-philo des Phares, je n’ai pas pris conscience du « coup d’Etat » (à prendre entre ses guillemets !) qui avait lieu le 5 juin. Qu’il soit initié par Gunter Gorhan me sidère, j’apprécie cet animateur qui m’a toujours semblé modéré, vraiment à l’écoute, sans à priori, des philosophes en herbe.

Par contre, j’ai une conscience aiguë d’un certaine agressivité de Pascal Hardy pour les intervenants qui ne le satisfont pas : « trop général », « infondé », « ne fait pas avancer le débat », autant de remarques qui paraissent destinées à pousser au dehors ceux qui ne « font pas l’affaire », dont j’ai le sentiment de faire partie. Cela ne m’incite pas à prendre la parole, sauf à le faire pour provoquer, ce qui n’est pas dans mon tempérament. Je ne suis pas encore un « habitué », alors je ne serai pas trop frustré si je déserte les lieux. Toutefois, cette désertion en rase campagne semble indigne, je n’y recourrai donc pas.

J’espère que les participants qui « ont de la bouteille » sauront montrer à la nouvelle équipe, indigne pour avoir écarté les 3 précédents animateurs, qu’elle n’a pas vraiment de légitimité.

Ce n’est donc pas dans les cafés-philo que nous trouverons la sagesse ; d’ailleurs, cette dernière existe-t-elle, peut-elle exister dans l’esprit humain ?

17. Pascal Hardy aggressif ?
Ecrit par promeneur ex "du dim. 30-06-2011
Maki, le "pourquoi" des choses de la part de Pascal Hardy se trouve peut ête sur un autre site ( celui attribué à Gunter), à propos de la sa "démarche initiée il a quelques semaine".

Un extrait de ce qu'il dit : " En l’état actuel des "consultations", voici les principes sur lesquels je travaille actuellement :
" Renforcer la spécificité et les enjeux de participation à un tel café philo pour les participants : les phares comme lieu symbolique de l’engagement de chacun dans le débat philosophique, très différent de la philo-spectacle des plateaux télé ou de la philo-consommation des conférences-débat "

Alors les "trop général », « infondé », « ne fait pas avancer le débat »,cela se comprend mieux.Comme disait Nadia:" tout ce qui ne régénère pas, dégénère !


18. Faire avancer le débat?
Ecrit par Karine. 01-07-2011
Est-ce que c'est à l'animateur de juger les interventions? "Ne fait pas avancer le débat"? Mauvais point! "Trop général"? Mauvais point! Fondé? Bon point! Ne vous sentez pas dans un processus d'infantilisation?
Mais nous connaissons un animateur qui "fait avancer le débat" en faisant de liens entre les interventions, et quand il veut tirer plus des intervenants utilise le questionnement. Je ne vous dirait pas le nom, car cela déclenche illico la rage de V, l'idiot du village. Mais cela répond parfaitement à ce que Maris-Sylvie demande dans son post 7.
Si on croit le post précédent, PH serait en train de "travailler actuellement" pour nous régénerer ou pour nous éviter de "dégénèrer", c'est gentil, mais non, merci.

19. Karine a appris la philosophie des phares : l'attaque ad hominem
Ecrit par caféphiliste. 02-07-2011
V. n'a aucune rage. Il a toujours donné un point de vue personnel sur les choses. Le café-philo a toujours eu besoin d'un bouc émissaire (la dernière en date était Elke) pour éviter d'assumer ses reponsablités, pourtant il est urgent que vous compreniez qu'il faut évoluer pour survivre :
"tout ce qui ne se regénère pas dégénère", excellente formule merci Nadia.

20. mais de quoi nous parle-t-il ?
Ecrit par Gérard. 02-07-2011
je n'ai pas retrouvé où V.( faites un effort pour les pseudos svp). a donné un point de vue personnel ce qui parait en effet un argument péremptoire dans la société individualiste et forcément convaincant pour échapper à quelque contre- argument que ce soit !
Caféphiliste sait-il ce qu'est un bouc émissaire,et a- t-il vue ses cornes au café- philo des phares? Peut- être souhaite-t-il régénérer la crise sacrificielle (cf Réné Girard- la violence et le sacré ) en s'exposant lui même à des réactions désagréables en lançant des formules que l'on dirait tirées directement du discours managérial et néo-libéral? ( survivre, évoluer, bref la guerre de tous contre tous et les winners au pouvoir)
Il y a des gens, comme cela, qui préfèrent exister sur le mode minoritaire et provocateur. Maso, parano, où au moins le croit-il,redresseur de tort ? Difficile à dire..
Pour avoir écouté des milliers d'intervenants en animant des débats ( environ 200 depuis 1995 ) je n'échappe pas aux questions que se posent souvent d'autres écoutants : pourquoi dit-il cela, avec quel bénéfice? est-il conscient de.. ? a -t-il au moins entendu l'argument qui annule déjà ce qu'il dit etc..).
Mais si caféphiliste, parle des animateurs qui seraient responsables, c'est sûr que, même avec le peu qu'il dit,je me sens déjà coupable!
Mais peut-être parle-t-il des participants).. C'est vrai que si tous le monde s'exprimait comme lui, sur ce mode accusateur,c'est sûr qu'il faut changer de formule.A moins, pour chacun d'endosser le rôle de bouc émissaire ..devant la clairvoyance de ses jugements.
Bon, en tout cas, moi j'attends son prochain post., Pour me régénérer!
Vivement demain.



 
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