Apologie du café-philo

Par Daniel Ramirez

Permettez-moi de commencer par un souvenir personnel. En juin 1996, Marc Sautet, initiateur des cafés philosophiques, confronté à une agitation violente, par cause de grosse maladresse de sa part, relayée par les medias sur un sujet tabou, ne voulant pas que cela tourne au règlement de comptes, me demandait d’animer à sa place. Il affirma que j’étais capable de calmer les esprits et surtout de réussir à faire de la philosophie dans ces conditions aussi peu sereines. C’est ce qui est arrivé, en effet. Je lui suis redevable de m’avoir fait confiance. Par la suite il me demanda de rester comme animateur habituel. Il n’aurait pas imaginé que cela donnerait 15 ans (!) d’animation régulière au sein du collectif qui se constitua peu à peu. Il n’avait pas non plus prévu que son histoire personnelle s’arrêterait moins de deux ans plus tard[1].

C’est une assez longue période. Je m’étais promis de réfléchir à la continuation de cette aventure arrivé au cap de 15 ans. Rien n’est permanent ni assuré, surtout lorsqu’il faut se demander s’il est encore lieu de s’améliorer, d’innover, de cultiver un sens de l’autocritique et d’évaluer, dans le dialogue avec autrui, une activité à laquelle nous tenons particulièrement.

Ces quelques réflexions aideront j’espère à comprendre certaines choses, en tout cas à moi cela me sert de les partager.

Qu’est-ce donc qu’un café-philo ?

Souvent on le définit comme « un lieu de parole et de réflexion partagée », un « lieu de philosophie dans la cité » ; l’encyclopédie participative de référence nous donne cette définition : « une discussion philosophique ouverte à tous, organisée dans un café ou dans un autre lieu public »[2]. Je n’ai rien à ajouter à ces définitions, que le mouvement s’est donné lui-même. Une chose que je corrigerais néanmoins : le café-philo n’est pas un lieu ; il a lieu. Le café-philo est un moment. Il a lieu quelque part, mais ce quelque part n’est pas le café-philo. C’est un moment éphémère où se constitue une « communauté de recherche »[3] informelle, bien que programmée dans le calendrier et dans sa durée aussi bien que dans le lieu.

Ceci peut paraître une question de mots. Mais cela n’est pas le cas (généralement une question de mots est aussi une question de compréhension). Car aucun lieu n’est un café-philo : le bistrot qui nous accueille, la médiathèque qui l’organise, la MJC ou l’hôpital, l’association, le collège ou même la prison où il se tient, ne sont un café-philo que les deux heures où cela a lieu, une fois par semaine, quinzaine, mois ou encore moins fréquent que cela. C’est pourquoi le café-philo, moment de liberté de parole et d’ouverture d’esprit, est intimement, essentiellement lié à l’idée d’une totale indépendance par rapport à l'espace qui l’accueille.

Bien entendu, les responsables du lieu quel qu’il soit, ont entière liberté de ne pas vouloir un café-philo dans leurs parages ou d’imposer des horaires et autres contraintes matérielles, usage des locaux, consommation si c’est un commerce, etc. Mais du moment où ils acceptent un café-philo, ils acceptent de ce fait son autonomie radicale et même un esprit de farouche indépendance.

Cette dernière expression n’est pas exagérée, avec toutes les proximités que cela implique avec l’individualisme, bien que cela mérite nuance ; il y a eu aussi un certain esprit libertaire et contestataire dans cette mouvance spontanée et novatrice. Un certain amour de la démocratie aussi, qu’on peut trouver très proche des circonstances qui ont donné lieu à la naissance même de la démocratie, comme aimait à le rappeler Marc. Liberté de conscience et d’expression sont des conditions indispensables, aucune idéologie officielle ne serait compatible avec l’idée d’un café-philosophique [4].

Et cela n’a pas été vain, car cet esprit a permis de décourager des tentatives de récupération qui n’ont pas manqué de surgir ici ou là, de la part de partis politiques, ou même de sectes. Elles se sont avérées infructueuses, se heurtant à cet esprit d’indépendance farouche. Il est ainsi maintenant parfaitement établi qu’accuser les cafés-philo d’être la vitrine de ceci ou de cela est une contre-vérité monumentale. Même une certaine tendance à gauche, qui pourrait être détectée, n’est en rien une norme, des personnes de droite s’expriment régulièrement. Nous sommes, aux Phares, bien placés pour le savoir. Les tendances ne reflètent que celles que la société présente, avec peut-être une déformation normale : on risque de rencontrer un peu plus des gens de culture et de dialogue que dans une brasserie à la sortie des stades.

Que cherche-t-on dans un café-philo ? Les réponses sont très variées. Moi je donnerai la mienne. On cherche à penser. La position de l’admirable statue de Rodin, n’est pas la meilleure pour exercer l’activité philosophique, la pensée s’exerce plus dans l’échange langagier, dans la confrontation avec autrui, dans la dialectique. Surtout lorsqu'il ne s'agit pas de chercheurs professionnels, mais de simples citoyens, les possibilités de soumettre à l’examen des questions fondamentales ne sont pas légion. Partager des idées, écouter des arguments, questionner et se laisser surprendre par les énigmes de la vie et du monde contemporain, aiguiser sa pensée critique et approfondir sa lucidité, ce sont des biens de première nécessité.  

C’est pourquoi le café-philo se doit d’être animé par une personne aux compétences multiples, mais qui saurait aussi s’astreindre à une éthique exigeante [5]. Il n’est pas question d’utiliser le café-philo ni de se servir de la position d’animateur pour la diffusion de ses idées ou convictions, bien qu’elles ne peuvent pas être totalement exclues d’une discussion. 

L’animateur est au service du café-philo. Il met à la disposition des gens ses compétences philosophiques, dialogiques, et relationnelles (écoute et respect), cognitives (il faut tout écouter et retenir un maximum de contenus), capacité de synthèse et vision d’un parcours de pensée. Son outil par excellence, pour moi, est le questionnement d’inspiration socratique.

Personnellement je définis le café-philo comme une improvisation philosophique orale et collective. Mais j’utilise ce mot emprunté au langage musical : l’improvisation est la pratique qui a le plus besoin d’une (ou des) méthode(s). Il s’agit des variations sur un thème (pour nous, c’est le sujet du débat). Tout jazzman sait que, plus sa maîtrise des modes, des rythmes, des figures de contrepoint et de l’art instrumental est grande, plus il sera créatif. C’est la question des contraintes et de la liberté de création. Les musiciens savent aussi que leurs qualités doivent être partageables, le meilleur est celui qui donne une place la plus grande aux qualités des autres, qui sait les mettre en valeur et  tirer encore plus de leurs apports qu’ils ne l’avaient songé eux-mêmes, les titiller parfois avec des défis, mais non pas les critiquer, les brider, refaire leur éducation ou essayer de les réfuter. Ce serait l’échec assuré d’un concert. 

L’animation d’un café-philo tient ainsi plus de l’art que de la science, de la vertu (disposition acquise vers les fins, d’après Aristote) que de la volonté. Et dans ce sens, elle se doit d’être exercée, pratiquée d’une façon soutenue et approfondie pour s’améliorer. C’est un savoir faire, plus qu’un savoir, qui se nourrit du savoir plus que du faire. Le tourisme, le papillonnage, (l’improvisation dans le mauvais sens), ne peuvent que banaliser ce moment unique.

Il est vrai qu’il existe l’idée que l’animateur ne doit être qu’un distributeur de parole. Le mot « modérateur » est plus adéquat à cette idée ; c’est un choix qui a sa place, sans doute dans des rencontres moins nombreuses. C’est, pour ainsi dire la version minimaliste. Une version maximaliste lui donnerait le rôle d’un chef d’orchestre. Mais comme la partition n’est pas écrite, cette version maximaliste n’est pas non plus la plus pertinente. En réalité ce que nous faisons au café des Phares se trouve quelque part entre les deux.  

Cependant rien de plus éloigné des conditions nécessaires pour animer un café-philo que la passion du pouvoir, le désir de se montrer ou le besoin d’avoir une audience. A chacun de travailler avec soi-même pour dépasser ces tendances assez répandues, et de s’autoriser à animer, là où les gens acceptent qu’il joue ce rôle et prouvent qu’ils y tiennent parce qu’ils y reviennent. C’est pour cela que rien n’est plus contradictoire que d’être mis à cette place par une instance extérieure au café-philo lui-même, qu’elle soit politique, religieuse ou économique. Cela, heureusement, ne s’est jamais vu.

Les « publics », comme tout groupe, sont des entités éphémères et polymorphes mais actives et réactives. Beaucoup d’initiatives disparaissent faute de combattants. La régulation naturelle des ces actions informelles, bien qu’elle précarise l’ensemble, concoure à la légitimité du fonctionnement. Il n’y a pas de « public captif » comme dans les institutions éducatives, par exemple, ni de contrat autre que la reconnaissance tacite d’une communauté de recherche ponctuelle. Quelqu’un qui prend la responsabilité de sa régularité n’est légitime que grâce à son engagement, ses compétences et à l’acceptation de ceux qui y trouvent leur compte. Lorsque c’est fait en groupe c’est pareil. Un collectif d’animateurs, un groupe informel de participants, chacun prend part à un agir commun, qui ne dure que lorsqu’il y a le désir partagé de continuer[6].  

Toute intervention d’un pouvoir quelconque autre que ceux-là et toute mise sous tutelle dénaturerait le café-philo dans son essence même.            

L’innovation, l’invention et la créativité sont aussi des qualités de certains membres de tout groupe, mais ne se décrètent ni ne se commandent. Elles ne peuvent non plus, sans contradiction être prétexte à des emprises ni à des contraintes. Elles se prouvent dans la pratique, lorsque le reste est assuré (légitimité, reconnaissance, responsabilité) ; la culture actuelle regorge des slogans d’innovation, du renouveau et de la diversité du choix, souvent pour vendre du superflu ou de l’invendable.   

Qu’est-ce que n’est pas un café-philo ? Une conférence, même rebaptisée « conférence-débat »[7] n’est pas un café-philo. Des nombreuses activités « à invité », de mise en valeur des figures connues, écrivains, philosophes, chercheurs, en sorte qu’ils rencontrent un public, son utiles, louables, riches, mes elles ne sont pas un café-philo. Lorsqu’elles ont tendance à devenir envahissantes, et à récupérer le public des cafés-philo, elles deviennent moins louables. Les gens s’habituent facilement à aller écouter un expert, un savant… cela est bien, mais, malheureusement, très vite accompagné d’une attitude bien plus passive (même si être « réceptif » c’est déjà positif), voire infantilisée quand il s’agit d’une personne célèbre. J’ai l’habitude de dire qu’au café-philo, l’invité c’est vous, c’est nous.

Le café philosophique a acquis une spécificité assez grande et est devenu une réalité suffisamment connue mondialement, pour qu’il ne soit pas nécessaire de le mélanger avec ceci ou cela ou de lui injecter quelques vitamines de synthèse ou des hormones de marchandisation.

Bien sûr, les méthodes d’animation peuvent varier et évoluer (elles l’ont déjà fait) ; l’idée de départ pour un débat peut être un sujet décidé sur le coup ou annoncé, voté ou tiré au sort, cela n’est pas essentiel, elle peut être aussi un support hétérogène (un film, un texte, une image, une scène de théâtre, une danse ou autre) ; mais on se doit de respecter la dynamique groupale participative et la visée philosophique interrogative et rigoureuse.

Aucun divertissement ne peut suppléer à la profondeur des idées (qui ne sont jamais gagnées d’avance) ni à la construction collective de la pensée. Je souscris à la phrase assez pascalienne de Pasolini : « la culture est une résistance contre la distraction »[8]. Beaucoup de choses voudraient nous distraire de l’essentiel dans l’actuelle société du spectacle, remplacer la création par la variété, et in fine, éviter la pensée. Des espaces de réflexion si rares méritent et demandent souci et protection contre des idéologies managériales, tentatives de récupération, marchandisation et instrumentalisation, qui sont toujours à l’œuvre et qui sans vigilance et résistance banaliseraient ce qui nous est le plus précieux et jusqu’à la philosophie elle-même. 

Personne n’est le gardien du café-philo, mais seuls ses protagonistes et ses publics fidèles en ont assuré la survivance et le développement. Toute mise sous curatelle, administration, parrainage ou prise en charge extérieure, fusse en échange d’une subvention, irait à l’encontre de la nature même du café-philo. Si de telles tendances venaient à s’imposer, l’élan et le besoin vital qui ont inspiré son éclosion chercheraient alors tôt ou tard ailleurs leur accomplissement.   

                                                                                                                                                                                                               30 juin 2011 



[1] Marc Sautet est mort en mars 1998. Pour l’hommage, je renvoie à mon article ici-même du 04/2008, « Marc Sautet, 10 ans déjà ». Ce site d’ailleurs lui rend hommage permanent dans sa page d’accueil… 

[2] Wikipédia, article « café philosophique ». 

[3] J’emprunte cette expression à Mathiew Lipman, théoricien canadien qui l’a forgée pour les atelier de la philosophie avec les enfants.

[4] Des exceptions sont concevables, pourtant. Un café-philo a été organisé à Cuba. Vous pouvez consulter le compte-rendu du 10/05/2007 sur ce même site. 

[5] Je me suis expliqué sur ce point dans l’article « Pour une éthique de l’animation du café-philo » (15/02/2007) disponible sur ce même site. Je renvoie à cet article, bien que j’aie moi-même évolué dans certains des éléments soumis à la discussion à ce moment, en partie grâce aux observations et critiques des participants.

[6]  Pour paraphraser Renan, le café-philo, plus que la nation, est « un plébiscite de tous les jours ».

[7] « Conférence-débat » n’est d’ailleurs qu’un pléonasme, une « conférence » c’est une instance ou des conférenciers  s’entretiennent, comme dans la « conférence de Postdam » ou dans le titre « La conférence des oiseaux » (Mantiq at-Tayr) de  Farid Oud-din Attar.

[8] Pier Paolo Pasolini,  Dialogues en public, Sorbier, Paris, 1980.

LISTE DES COMMENTAIRES...


1. Des idées claires, ça aide beaucoup!
Ecrit par Participante. 02-07-2011
Voilà ce qu’on appelle prendre de la hauteur ! Merci à Daniel Ramirez de nous donner cette vision toute en nuances, à la fois personnelle et réfléchie d’un café-philo. Il est toujours plus stimulant de prendre des positions par rapport à des idées et des arguments que par rapport à des opinions sur des goûts et de couleurs. En l’occurrence, nous comprenons pourquoi l’indépendance du café-philo par rapport à des institutions ou des entreprises qui l’accueillent c’est essentiel. Questions de principe et questions de légitimité. A nous de voir le lien entre ces idées et la situation actuelle, Daniel ne se donne même pas la peine de le mentionner(!). La philo sert à penser, en effet. Et penser sert à juger.
En tout cas je ne raterais pour rien son animation de demain. J’ose espérer qu’elle ne sera pas la dernière.

2. D'un monde à l'autre
Ecrit par urbaine. 02-07-2011
Trop subtil peut-être l’article de Daniel, dans un monde où des gens arrivent avec ses gros sabots pour dire, me voilà, je vous amène un "projet", je vais vous régénérer, je vais vous changer, que j’ai raison ou pas, c’est pas grave, que le diagnostique soit vrai c’est pas grave non plus parce que je suis soutenu par le patron. Vous n’avez qu’à le prendre ou à vous casser ailleurs. Mais attention, je me tiens à disposition de vos propositions pour l’améliorer (comme c’est gentil !) et vous serez "consultés". C’est tellement gros, que je trouve une double ironie (elle est à peine perceptible dans l’article de Daniel) à répondre par une réflexion aussi mesurée. Ca montre l’écart qui existe entre la philosophie et tout usage du pouvoir (sans même parler du pouvoir arbitraire et illégitime).

3. Mais pourquoi ce serait la dernière?
Ecrit par Bernard Lavelle. 02-07-2011
Moi non plus, je ne manquerais pas cette animation. Il faudra se rappeler de comment c'était d'avoir un animateur de ce niveau-là quand on nous imposera des tas d'autres. On verra alors s'il viennent "innover", ou "régénérer" le café-philo et avec quelles méthodes... Si on veut que ce ne soit pas la dernière, et bien il faudra le dire.
Si tout dépend ce celui qui a le soutien des patrons, dans quel monde on vit? Peut-on encore parler de "café philo"?
Sommes-nous devenus des moutons?

4. Merci pour ce café-philo!
Ecrit par Participant fréquen. 03-07-2011
Je voudrais rendre un vibrant hommage à l’animation de Daniel Ramirez d’aujourd’hui. Il y avait une ambiance de dernière fois. j'espère ne soit pas le cas. Daniel nous a rappelé les principes d’un café-philo depuis ses débuts, la difficulté qu’ils ont eu à se faire une place et la victoire sur le mépris que cela a constitué son affirmation et sa multiplication dans le monde. Il a mis l’accent sur l’importance de ces moments de parole dans la société actuelle. Un peu dans l'esprit de cet article, il nous a aussi rappelé que cela fait 15 ans qu’i anime ce café-philo.
Puis il a conduit de mains de maître ce débat autour de la question « La volonté est-elle forcement défaillante ? ». Nous avons assisté alors à un vrai moment de philosophie collective. A l’heure actuelle je ne vois personne capable d’animer un café-philo avec une méthode si précise et de réunir tous les éléments du débat dans une synthèse finale comme il l’a fait.
Quand on connait la manœuvre qui est en cours, on peu se demander quand est-ce qu’on reverra cet animateur ?
C'est trop bête!

5. La différence peut expliquer bien de choses
Ecrit par Bernard Lavelle. 03-07-2011
Ouim surtout quand on a vu la rigidité de l'animation de Pascal Hardy, qui réprimande les participants : "trop général", "infondé", etc. Rien de tel chez Daniel Ramirez, il n'a pas besoin de ça pour nous embarquer dans un véritable voyage philosophique d'une heure 45.
Merci Alain, de mettre le texte du douteux projet à disposition, vos objections sont claires et nettes, mais il faut faire un petit effort pour les différentier du texte. Dommage que sur internet souvent on n'a pas la possibilité d'une typographie différente.

6. petit changement de place
Ecrit par l'administration du. 04-07-2011
Le dernier texte public de Pascal Hardy et les commentaires d'Alain s'y rapportant se trouvent maintenant et avec son accord dans le fil de commentaires de l'article " un lendemain de 18 juin. ")cette place étant plus appropriée eu égard à la teneur de l'article de Daniel.

7. café philo et démocratie
Ecrit par Ecrit par Linda. 04-07-2011

Merci Daniel pour cet article très clair et exigeant qui rappelle à la fois le sens de cette pratique démocratique (inventée par Marc Sautet) et l’évolution qu’elle a connue au Café des phares au cours des quinze années écoulées. Il peut expliquer et faire comprendre à ceux qui ne connaissent pas cette histoire l’enthousiasme et l’attachement manifesté par beaucoup d’entre nous. D’où la stupeur et la colère ressentie après la décision brutale du 5 juin de bouleverser la forme de cette rencontre philosophique en remplaçant les animateurs habituels (deux surtout) par une équipe inconnue de 20 à 25 « innovateurs ». Cela fait sans information préalable et sans concertation de l’ensemble des animateurs. Je me réjouis que de nombreux « ronronneurs du dimanche » (dixit Pascal Hardy) aient ressenti l’injustice de cette décision et l’illégitimité de ce « décideur ». Pas tout à fait illégitime, parce que Pascal Hardy est à l’origine de la création du Café philo des Phares avec M. Sautet, mais après s’être éloigné depuis 6 ou 7 ans de ce lieu et de cette activité, son intrusion subite « pour reprendre le pouvoir » est tout à fait inadmissible. Qui plus est, en appliquant la méthode sauvage des nouvelles directions du management et en brandissant la menace de la fermeture du café philo. Il y a bien longtemps que nous ne croyons plus à « un homme providentiel » en politique ou ailleurs.
S’il en était encre besoin, la qualité du débat du 3 juillet, animé par Daniel Ramirez, justifierait encore notre protestation. Et si nous sommes « volonté » de résister, nous pourrons peut-être espérer que l’intelligence et la raison l’emporteront.

8. "L'écart entre l'être et le devoir être".
Ecrit par urbaine. 05-07-2011
Merci à Linda. Des mots précis et justes. Ce débat était passionnant. Une véritable leçon d'animation d'un café-philo.
La vulgarité d'un sauveur managérial est évidente. Ce qui est le plus terrible est que cela arrive à une activité dont le cœur est la philosophie. Si c'était un syndicat de dentistes ou un groupement d'agents de la bourse, cela passerait mal, mais ça finirait par passer. Mais en philo c'est ridicule et insultant, suggérer que les gens auraient besoin d'un administrateur qui déciderait pour eux. Que ceux qui étaient responsables seront désormais "consultés". Ca parait tellement gros que je crains que beaucoup de personnes le croient carrément pas et se laissent faire par manque de vigilance.

9. Spectacle navrant
Ecrit par Une participante de. 05-07-2011
A propos des patrons, pendant le débat, j’ai aperçu Nadia, connue désormais comme la première animatrice du patronat. Elle avait le grand sourire, quand elle ne riait pas carrément, ou bavardait avec des voisins de table. Coutumière de l’arrivée en retard et du départ à la moitié du débat, changera-t-elle ses habitudes désabusés envers le café-philo ? De quoi riait-elle? Goûtait-elle par avance la petite prébende que le DRH de l’animation lui offrira à la rentrée? Sans doute ne se rendait-elle pas compte que le défi ce serait d’animer avec le même niveau qui nous a montré Daniel Ramirez ce dimanche, puisqu’elle accepte de prendre une place sans l’avoir mérité par des apports intellectuels. Si c’est des personnes comme ça qu’on aura maintenant comme animateurs, c’est un triste destin pour le café-philo.
L’article de Daniel montre la noblesse de cette activité, malgré les problèmes qui ont pu et qui peuvent exister. Rien ne peu justifier d’Infliger au café-philo une thérapie de choc issue des méthodes du patronat (et avec le soutien des patrons). « L’écart qui sépare l’être du devoir être c’est l’espace de la volonté ». C’était dans la conclusion du débat de dimanche, j’imagine que c’est pour ça qu’Urbaine le rappelle dans son titre.
Ce sera pour nous une occasion d’avoir une ferme volonté de ne pas se plier à une telle mascarade et le rejet des personnes qui pérorent sur l’éthique et la justice sociale mais qui n’hésitent pas une seconde à se plier à une équipe nommée par les patrons pour obtenir un petit bénéfice minable. C’est navrant ! Comment croire maintenant à sa parole?

10. Les phares c'est aussi de l'histoire..
Ecrit par gtissier. 05-07-2011
http://wtrns.fr/4GGpZ-b_7pg-_X
Attention durée de validité du lien de téléchargement dure environ 10 jours

Ce lien vous conduit à l’enregistrement d’une émission de France Culture consacrée au café- philo des phares en 1994

Tout y est : l’enjolivement médiatique, le récit la création, le témoignage du patron, l’ambiance du café, les motivations du fondateur du Marc Sautet qui ne pensait pas à l’époque qu’un véritable mouvement en découlerait.
Dans ce document d’archive, on entend Marc Sautet expliciter sa démarche, son projet ( un cabinet de philosophie) et justifiant sur le plan sociétal l’émergence du phénomène café –philo.

Plusieurs remarques de ma part :

1/ : il s’agit de philosophie et de questionnement sur l’avenir de la société et de "l’époque" que l’on vit. ( comparable à la fin des grecs ) Pas du tout quelque chose en rapport avec le moi, l’autre et ce que l’on pense en tant qu’individu. L’évolution, la demande et les attentes de certains ne sont plus dans cette ligne d’action et dans cette volonté.
2/ ; il n’est pas question d’un Pascal Hardy « co-fondateur du café-philo» Comme dit Marc, le débat lui est tombé dessus sans l’avoir cherché. Pour le tenir de sa bouche, je sais qu’à la suite d’une interview sur France Inter en septembre 1992, des auditeurs ont cru qu’il y avait un débat philosophique aux phares le dimanche matin (en fait une réunion des amis de Marc autour de son projet )
Quand ces personnes sont arrivées ( une trentaine ) il a été décidé de répartir les gens en deux groupes- pas de micro à ce moment-là ? ? L’un étant animé par Marc, l’autre par Pascal Hardy qui oeuvrait efficacement pour son projet de cabinet.Ce dispositif a duré quelques semaines et on a vite organisé le débat dans toute la salle autour de Marc Sautet.
3/ la question de la rémunération de l’animation ( par le café ) s’est vite posée. Marc à préféré l’indépendance mais a vite trouvé d’autres moyens de rémunérer se talents en dehors du café.I lest vrai que c’était aussi un pro de la philo (maitre de conférence à Science Po et directeur de collection)

Pour ma part , j’ai vécu cette histoire depuis le 7 janvier 1993. Le mouvement qui s’est déployé à partir de fin 1995 sur une initiative de Marc Sautet, à fait que la pratique du café philo a irradié Paris et les régions .D’autres animateurs sont apparus , chacun défendant sa vision et ses finalités quant à l’objet « café-philo »

Personne n’a voulu et a réussi à fédérer les animateurs dans une structure. Pas davantage Pascal Hardy devenu président de l‘association Philos après qu’elle ait changé de nom ( ex les amis du cabinet de philosophie )

Par une sorte d’histoire fonctionnant à contre-courant ce dernier voudrait faire des phares un lieu de référence et y rassembler nombre d’animateurs . Pourquoi y viendraient-ils, eux qui ne l’ont jamais fait sauf à être invités par le collectif des animateurs ? s .

Mais selon mon vécu d’acteur ( j(anime depuis 1995 – le Bullier, puis le Sélect Montparnasse) et j’ai été membre et au CA de Philos ), le changement ne se décrète pas.
Tout au plus il se construit pas à pas par compromis successifs et surtout dans la transparence des intentions finales de ceux qui en parlent. Forcer le mouvement n’a jamais fait avancer plus vite et le violenter, encore moins.



11. Cherchez l'erreur.
Ecrit par Sherlock Holmes. 05-07-2011
Merci Gérard pour cet historique. J'ai devant moi le livre de Marc Sautet "Un café pour Socrate", paru en 1995, 3 ans après le début du café-philo. Dès la préface jusqu'à la page 47 il fait le récit des premières séances du café-philo des Phares. Pas de trace d'un Pascal Hardy ! Les chapitre suivants, il traite de son cabinet, des séminaires et autres activités du philosophe en libéral qu'il se voulait. Pas plus de Pascal Hardy dans ces pages. Il n'apparaît nulle part pour tout dire, dans les 312 pages, un quelconque "cofondateur". Comme expliquer un tel "oubli"?
Quand on cherche une fausse légitimité de cofondateur de quelque chose c'est triste, ça ne marche pas. Il n'y a qu'une solution: naître de nouveau et fonder vraiment quelque chose. A condition de se réincarner en créateur et non en apparatchik.

12. Confiance
Ecrit par Cécile. 06-07-2011
"Des personnes qui pérorent sur l’éthique et la justice sociale mais qui n’hésitent pas une seconde à se plier à une équipe nommée par les patrons pour obtenir un petit bénéfice minable", c'est vrai je suis d'accord avec la participante en 9, mais je ne suis surprise en rien. Ce sont souvent les personnes à l'éthique ostentatoire qui ont l'éthique à géométrie variable. Pas la peine de citer des noms mais ceux qui balancent leur amitié à longueur de posts et envisagent la société de manière binaire ont souvent des comportements pas très en accord avec leur discours. Cela se nomme l'hypocrisie.
Je fais confiance au discernement des personnes qui découvriraient ce nouveau management du café.

13. Billet d'humeur
Ecrit par Christiane G. 07-07-2011
Développement rigoureux, probité intellectuelle, ce texte offre une bonne base pour un concept de café-philo, qui pourrait être mis en débat . Ci-dessous, quelques passages commentés, à la lumière de ce qui est paru sur ce site pendant mon récent séjour à l'étranger.
« le café-philo n’est pas un lieu ; il a lieu. Le café-philo est un moment... moment éphémère où se constitue une « communauté de recherche »[3] informelle »
- animateurs et participants, ont une pratique collective de questionnement sur un sujet donné;ils vivent de ce fait une expérience démocratique, dans ce lieu emblématique de La Bastille, depuis 20 ans, avec un beau symbole « les phares » . Fallait-il interrompre cette expérimentation permanente, cette tentative de réflexion éclairée, par un « passage en force » pour en modifier les modalités de fonctionnement ? La concertation serait-elle impossible?Changer la forme aurait à voir avec le fonds?
Il me vient à l'esprit que l'Impératif catégorique, La Règle d'or, si souvent cités sont devenus... paroles, paroles... enfuies comme le courant de liberté propre au lieu, inaudibles dans l'air du temps !
-«  autonomie radicale »...  « un certain amour de la démocratie »
Nous sommes, apparemment soumis à des  décisions qui s'imposent dès juillet, à nous, participants depuis une ou deux décennies ou nouveaux venus dans les débats et à deux animateurs non consultés et engagés depuis 15 ans. Que dois-je en penser ? que je ne suis pas sensée penser ! Paradoxal, non?
«  On cherche à penser...Il (l'animateur) met à la disposition des gens ses compétences philosophiques, dialogiques, et relationnelles (écoute et respect ) »
- Nous aurons désormais 20 à 25 animateurs. Belle promesse de qualité d'animation ! nous avons droit à la logique quantitative; selon quels critères d'appréciation ? Auront-ils, ces 25 animateurs à coeur de s'engager? Plutôt que des débats meilleurs, la dégradation se profilerait-elle à l'horizon?
- Et quand aux invités de marque prévus dans le récent projet de changement ?
nous pouvons recevoir d'éminents philosophes de temps à autre tels que Christian Godin, Edgar Morin ou encore Jean Marc Levy-Leblond pour conforter la vocation philosophique des Phares. Au rythme d'une fois par trimestre, pourquoi pas ?
Mais ce n'est pas le principe du débat, qui est de risquer sa parole à l'épreuve de celle de l'autre.
Rien ne nous empêche d'assister ailleurs à des conférences, de lire livres et revues et de revenir vers nos camarades, pour de nouveaux débats avec eux, enrichis de nouvelles connaissances, pour une meilleure réfléxion. Et de retrouver nos animateurs, aptes à recentrer, recadrer, articuler les interventions.
Quand aux événements qui auraient un caractère « paillettes » , qui pourraient s'en satisfaire ?
« Toute intervention d’un pouvoir quelconque autre que ceux-là et toute mise sous tutelle dénaturerait le café-philo dans son essence même » 
-Cela va de soi. C'est pourquoi depuis le début de cette lamentable affaire, je me demande « Que dois-je faire? », vieille question kantienne et je ne peux pas faire autrement que dire que je réprouve une façon d'agir d'autant plus inacceptable qu'elle se noue au sein d'un collectif de 5 animateurs. Manque d'imagination de ma part doute ou vieux reste d'éthique... je laisse chacun juge.
« L’innovation, l’invention et la créativité sont aussi des qualités de certains membres de tout groupe »
- Alors, « Que pouvons-nous espérer ? 
Créativité, désir et volonté de perpétuer la réflexion philosophique en nous y essayant de notre mieux.
Si  «... tout ce qui est très précieux est aussi rare que difficile », comme dit Spinoza dans sa dernière phrase de L' Ethique , gardons la parole, sauvegardons-là. C'est infiniment précieux aujourd'hui.
Sur ce, je vais me mettre au vert. Bon été à tous et dans l'attente d'une pacification des esprits.
Amicalement
Christiane G






14. Haine et censure
Ecrit par nadia. 08-07-2011
Daniel, je viens de t'envoyer un mail. Pourrais-tu me répondre stp ?Je ne suis pas intervenue jusque là mais trop, c'est trop. J'aimerais que nous débattions des idées et non des personnes. Ce déferlement de haine depuis des semaines est tout simplement inadmissible. Par ailleurs, si mon nom de famille continue à circuler sur le site sans mon consentement et à être traîné dans la boue sans aucun droit de réponse, je n'hésiterais pas à porter plainte. Ca suffit !!!
P.S. ; en vérité, tout le monde s'attendait à ce que je me prenne les pieds dans le tapis que je trébuche et que je tombe. Ca ne s'est pas passé ainsi et tout ceux qui sont honnêtes le reconnaissent. L'animation s'est très bien passé et ce vieil homme , agrégé de philo et ancien prof de mathématique dont le sujet a été choisi, s'est montré à la hauteur des attentes des participants. Je n'ai été qu'un passeur et je n'ai fait que passer ( je le répète pour les anxieux )

15. suite
Ecrit par Nadia. 08-07-2011
Je suis tellement en colère que je ne me suis pas relue " s'est bien passée" et "mathématiques". A rectifier !!! Merci Nadia

16. De la haine? Mais de qui?
Ecrit par Bernard Lavelle. 08-07-2011
Après le très post très pesé de Christiane, il est surprenant de trouver ces plaintes éplorées. Trop facile de se plaindre de "la haine" quand on est critiqué. Cette dame s'est prêté à animer avec l'équipe du patronat. C'est un fait. QU'est qu'il y aurait de diffamatoire à le pointer? Et pourquoi elle dit ne pas avoir droit de réponse? Elle n'a pas répondu jusqu'ici. Elle le justifie en disant qu'elle est "pour le changement", point. Elle fait fit de la légitimité. "l'animation s'est bien passé", c'est vous qui le dites, déjà, c'était fade et superficiel. Mais le problème n'est pas là, ça tout le monde l'a compris. le problème est de quel droit M. Hardy se permet de prendre le contrôle de l'animation, mettre cette dame (et une foule d'autres) à la place des animateurs qui ont assuré le succès du café-philo pendant des années. Et le problème (éthique) est de ceux que s'y prêtent allègement à cette manipulation. Si critiquer ça est "de la haine", je vais bien faire l'objet d'une plainte.

17. Haine et censure
Ecrit par . 08-07-2011
Je vais de ce pas porter plainte au commissariat Nadia

18. faut il censurer les dénonciateurs de la censure ou passer à autre chose ?
Ecrit par le modérateur. 08-07-2011
8. Pensée philosophique et censure
Ecrit par Nadia. 07-07-2011
Je me demande pourquoi mon texte intitulé "une tempête dans un verre d'eau "a été supprimé. Nadia
9. Une tempête dans un verre d'eau
Ecrit par Nadia. 29-06-2011
Comment la pensée philosophique peut elle s'établir ? Nous devons tenter de réfléchir au "mieux vivre ensemble". L'honnêteté intellectuelle voudrait que chacun pense à l'intérêt commun. C'est pourquoi la pensée doit se distancier et s'acheminer vers une plus grande intégrité. Il nous faut optimiser toutes nos ressources afin d'accroître notre liberté d'expression et d'action dans un souci de justice et de vérité. La formule proposée par Pascal Ranger me semblait intéressante dans la mesure où peuvent émerger des esprits libres encore inhibés. Ce vieil homme, timide, agrégé de philosophie, ancien prof de mathématiques a apporté au débat un savoir encyclopédique et pour cause, le sujet qu'il avait proposé l'a tenu en éveil pendant 10 ans.Je n'ai été qu'un passeur et je n'ai fait qe passer (ceci pour rassurer les anxieux)Je reprends à mon compte la citation d'Edgar Morin "tout ce qui ne se régénère pas , dégénère". Expérimenter, ce n'est pas exclure. Bien au contraire!!! Amitiés et bienvenue à tous Nadia

19. "Censurés toujours publiés", suite et fin?
Ecrit par Surpris. 09-07-2011
Mais enfin! Ce post a toujours été en ligne! C'est le grand n'importe quoi. On a déjà discuté de cette "pensée philosophique" si profonde et si respectueuse. (Et si humble! : "je n'ai été qu'un passeur", comme c'est bien dit!).
Mais attention, les dégénérés, vous serez régénérés par les expérimentateurs. Là c'est moins humble tout d'un coup.
Il n'on jamais expérimenté auparavant? Ne vous inquiétez pas, ils vont se mettre expérimenter rapidement pour rattraper le temps perdu tous ces années.
Mais, tant qu'on y est... Nadia a-t-elle "expérimenté" une nouvelle méthode d'animation?

20. Que faire ?
Ecrit par Alain. 09-07-2011
Parmi les animateurs et animatrices qui accepteront d’entrer dans la nouvelle « équipe », il y en aura sans doute qui animeront assez bien ou bien, pourquoi pas ? La question est de savoir si un café philo n’est pas assis sur du vide après être passé par un coup de force comme celui-ci. De l'illégitimité au non sens et à l’insignifiance il n’y a qu’un pas. De plus, quelle démocratie est possible avec 25 animateurs dispersés qui ne se connaissent pas et ne se rencontreront jamais ?
Mais il y a un contraste inquiétant entre la condamnation quasi unanime du coup de force sur ce site et l’attitude silencieuse où se tiennent les participants du café philo. Pour eux c’est une révolution de palais, dont ils restent spectateurs. C’est bien la limite du système réseaux : très efficace pour transmettre de l’information, pour lancer un mouvement de révolte... à condition que les gens se retrouvent sur le terrain ! Et pour cela il faudrait que ce soient les mêmes. Or ce n’est pas le cas, à 90% au moins.
Alors... même pas besoin de brûler les livres quand un coup d’Etat peut rester insensible à la plupart des citoyens. Dans l’anomie et la dépolitisation ambiante, le pire serait qu’on se contrefiche de l’illégitimité du coup de force, cela montrerait qu’on peut instaurer une dictature sans que les intéressés s’en aperçoivent... ou avec leur assentiment.
J’avais l’intention de diffuser un tract aux Phares mais cela n’a guère de sens de le signer personnellement. Il faut donc trouver le moyen de s’organiser.



 
< Précédent   Suivant >

Qui est connecté

Il y a actuellement 1 invité en ligne

personnes ont visité ce site.