Le fait social se réduit-il à l'échange

LE DON ou LE FAIT SOCIAL SE REDUIT-IL A L'ECHANGE ?

Dans le cadre des coutumières Fêtes de l’Eté, ce dimanche 8 Juillet, le Canal de l’Ourcq observait sa pause estivale célébrant la saison reine de l’année avec des tas d’animations, comme du cinéma en plein air, des concerts, des bals et des croisières sur des navettes fluviales, tandis que, à deux pas de là, avait lieu au Café des Phares® le traditionnel débat philo, pour lequel l’animatrice, Alexandra Ahouandjinou, souhaitait un sujet en rapport avec le « Don », ce qui finalement a été formulé par « Le fait social se réduit-il à l’échange ? », la discussion devenant ainsi tout à fait envisageable si l’on se sentait en phase avec la nouvelle interpellation, en un mot, « est-ce que tout est commerce, ou pas ? ».

Dès lors, comme il fallait s’y attendre, il ne fut plus affaire de « Don », « Donation » ou « Legs » et, après quelques minutes de réflexion accordées par l’animatrice, elle-même a convenu qu’il y avait là, dans ce Don, une certaine réciprocité, le cas échéant ce serait une pure question d’intérêts, une différenciation étant dès lors établie entre échange marchand (paiement d’un juste prix) et non marchand (gardiennage de chats, par exemple), après quoi nous nous sommes interrogés sur la distinction entre « troc » (fait social) et « Don » (acte par lequel l’autre, possédant quelque chose de moi, passe à me ressembler), raison plus que suffisante pour que je n’accepte pas l’édredon et encore moins le dentier de ma concierge.

Puis, on a évoqué les contreparties dans les cadeaux de Noël, le potlatch et la surenchère de « Dons » comme il est expérimenté dans les systèmes endogamiques, le « Don » se dissociant ainsi de l’échange et du « donner pour recevoir », avec à la clé les questions « faut-il ‘devoir’ pour ‘donner’ ? », « que peut-on donner ? », « à qui peut-on donner ? », « peut-on tout donner ? » « une fois distingué le ‘don’ du ‘dû’ ».

L’animatrice a consulté sa liste d’interpellations envisagées, et lança finalement que « l’on ne donne pas dans l’échange, que garder pour soi ce n’est pas du ‘Don’, et que même si le ‘Don’ est gratuit, un cadeau n’est pas un ‘Don’, alors que se donner soi-même serait un ‘Don de soi’ ou une ‘satisfaction de besoins primaires’. Dans le même ordre d’idées, pour d’autres intervenants le véritable « Don » est anonyme et que pour être « Don », le  « je » doit disparaître complètement du geste de « donner », allant « jusqu’aux échanges sur le pas de sa porte », « le langage étant profondément lié à la relation avec les autres, comme le préconise Bergson » et « à ‘l’empathie’ », ce que d’aucuns ont qualifié « de dérive hors sujet ». Puis, l’auteur du thème en discussion critiqua « ceux qui, arrivant en retard, s’arrogent la prétention de savoir où l’on en est » et préconisa « que l’on ne néglige pas ni l’amour ni la haine constitutifs de l’émotion et du désir, le ‘thumos’ des grecques », Gilles nous faisant part, enfin, de ses inspirations poétiques, telles que « le véritable don est le don de soi », « le don, le désir et l’amour étant les moteurs de l’existence »

Par circonspection ou désintérêt, nous avons omis, avec précaution, le « don d’agacer », voire « le don d’embrouiller », souvent si présents dans nos échanges dominicales. Et pour cause. Dans ma paroisse, après le sermon, le curé a dit que, le noyer du préau ayant eu beaucoup de noix, il ferait don de ces fruits à « celui qui ne serait pas aux ordres de son épouse ». Un grand gaillard, reconnu dans le patelin pour son fort caractère, s’est présenté et, l’homme de Dieu lui reprochant de ne pas avoir pris un sac plus grand, il s’excusa : « C’est ce que je voulais, mais, ma femme m’a dit que se serait de la goujaterie, alors… ».

« Vide ton sac, et laisse les noix ici », lui ordonna alors le prêtre, indigné.

NB

Au cours de l’après midi, les cinéphiles ont rempilé, partant zieuter au cinéma de l’Entrepôt, un savoureux film de Fellini, « Amarcor », en romagnol, « Mio ricordo » (je me souviens), musique de Nino Rota et Oscar du meilleur film étranger en 1975, sorti en 1973, et que nous présentait Daniel Ramirez. Il s’agit d’une chronique de vie à Rimini vue par un adolescent, Titta, et parsemée de truculents personnages se débrouillant pour coller au mieux à l’existence, que le destin voulu en régime fasciste. Le débat qui s’en suivi fut tout aussi intéressant, ce qui a fait, de ce dimanche, un singulier concours de dons.

Carlos


LISTE DES COMMENTAIRES...


1. Bienvenue
Ecrit par Gérard Tissier. 11-07-2012
Je salue le retour de Carlos sur ce site. Son talent d'écriture et sa pensée -très- singulières parfois, ne manqueront pas, j'espère, de susciter les commentaires et les échanges. Pour ma part, ce sujet me fait penser à une vidéo de Paul Jorion - un anthropologue-économiste- iconoclaste- que j'ai vue sur son site où il expliquait que la théorie de l'homme mû par son seul intérêt ne pouvait expliquer à soi seul les mécanismes du marché (qui sont réputés donner le prix des choses).
Les exemples qu'il y fournit montre comment les acteurs du marché prennent conscience de la nécessité de la survie des autres-( les contre-parties)e pour que le jeu continue. Cela introduit un correctif riche de sens contre l'absolutisme de la "main invisible" conduite par l'égoïsme(bien compris ) pour toucher soi-disant l'intérêt de tous.
Le marché de l'immobilier locatif montre quelque chose de cet ordre : comment être bailleur si les locataires ne peuvent plus payer le prix du marché et si le statut de locataire devient inaccessible dans des conditions acceptables ? Un autre exemple serait la question de la restructuration des dettes souveraines.. Une dette équivaut- elle qu'à une créance ou est elle de portée toute différente
dans les conséquences de sa résorption ?

Ainsi la nécessité de l'"être-ensemble" ou celle du cercle des intérêts partagés à l'être prévaudrait malgré les rapports de force. Ainsi, la question du lien social est sous-jacente sachant que le lien social (autre que la famille et la communauté) c'est précisément l'échange qui fait lien et donc sa nécessité pour constituer le socle de rapports sociaux.
C'est en tout cas la thèse anthropologique connue de l'interdit de l'inceste émergeant à un stade de l'évolution et rendant possible -et nécessaire- l'échange des femmes sur une base inter-familiale pour éviter l'endogamie et,le lien étant ainsi posé, les formes de dons et de contre-dons qui maintiennent les échanges sur une base égalitaire(opposée plus tard à la vente à vil prix ou encore à l'accaparement).
Beaucoup de ces données seraient à revisiter dans le cadre de la mondialisation. La question du «cercle libéral» qui justifiait les inégalités au XVIII eme siècle par la fonction de la richesse comme pourvoyeuse de travail est à revoir et à critiquer.
Peut-être d'ailleurs que le sujet tel qu'il est formulé est l'expression d'un manque ou d'un regret...



2. Merci Carlos !
Ecrit par don Camillo. 11-07-2012
Le don serait synonyme de fait social ? c'est drôle cela ne me serait pas venu à l'esprit : pour moi un don est un cadeau gratuit, quelquechose que l'on abandonne à quelqu'un sans espoir de retour. Récemment une femme a fait le don de 500 000 € à la ville du Puy qui l'avait cachée pendant la guerre parce qu'elle était juive : elle l'avait écrit dans son testament donc c'était sans espoir de remerciements.
Je ne parle pas des dons que Dieu nous donne, puisque le curé de Carlos dirait que "la foi est un don de Dieu" n'est-ce pas...

L'échange en revanche est un lien : qu'il soit amical ou familial ou social, le lien est plus ou moins solide et l'échange plus ou moins calculé. Je ne comprends pas à quoi pense Carlos quand il évoque une histoire de ressemblance, les étrennes à la concierge ont un double but : la remercier de ses services et l'encourager à continuer. Gratification entre pourboire (remerciement) et pot de vin (pour la suite) .
L'échange amical est plus spontané, un ami étant celui qui peut compter sur moi, quel que soit le contexte.

L'"être ensemble" et le "vivre ensemble" sont des notions mille fois entendues au café-philo, mais je doute fort que le mélange des genres soit très constructif. La jalousie des uns et les intérêts divergents des autres dressent des murs entre tous, ne soyons pas naïfs.
La simple évocation du marché immobilier par le 1° débateur en est une preuve : ce doit être un locataire. Un propriétaire aurait dit "qu'est-ce que c'est que ces lois qui vont bloquer les loyers, avec tous les travaux qu'on se tape dans les appartements, les normes européennes qui s'accumulent sur les ascenseurs etc etc, les taxes d'habitation qui ont doublé en 2 ans, et tous ces locataires que la loi protège quand ils ne paient pas, on n'a plus de bénéfice et on s'enquiquine pour rien ! On ne loue plus . Dehors les râleurs.
Mais il serait prudent que le 1° débatteur développe son "cercle libéral" responsable de je ne sais quoi et justifiant la pourvoyeuse de quoi déjà ?

3. merci "DON" Camillo
Ecrit par Gérard. 13-07-2012
Merci de ne pas me considérer comme «débatteur» et de ne pas voir un exemple donné en éclairage à une thèse défendue par un tiers comme une position subjective qui défendrait mon intérêt.Cela revient à poser des prémisses relativistes et libérales que je tente, tout au contraire, de contre argumenter dans mes propos.
En tant qu'ex-animateur, je tentais d'éclairer le sujet introduit ici par Carlos, sujet dont la problématique n'est pas tout à fait claire.
Sur la question des pauvres que les riches font travailler, je vous propose - puisque vous m'y invitez- de vous éclairer par un rapprochement avec la crainte aujourd'hui, de voir les riches s'exiler fiscalement. Que perdrions nous à les voir partir?
Qu'en savent les gens sinon qu'en se raccrochant à des vieilles idées? Ainsi, dans la théorie des sentiments moraux, Adam Smith, un des fondateurs de la pensée libérale au XIXeme, défend l’argument selon lequel la richesse des uns donne du travail aux autres.
Je cite dans le texte : « l’estomac du riche n’est pas en proportion avec ses désirs, et il ne contient
pas plus que celui du villageois grossier. Il est forcé de distribuer ce qu’il ne consomme
pas [à ceux qui travaillent pour lui] ; et tous ceux qui satisfont à ses plaisirs et à son luxe,
tirent de lui cette portion des choses nécessaires à la vie, qu’ils auraient en vain attendu
de son humanité ou de sa justice. […] Ils [les riches] ne consomment guère plus que le
pauvre ; et en dépit de leur avidité et de leur égoïsme (quoiqu’ils ne cherchent que leur
intérêt, quoiqu’ils ne songent qu’à satisfaire leurs vains et insatiables désirs en
employant des milliers de bras), ils partagent avec le dernier manœuvre le produit des
travaux qu’ils font faire».
C'est cela, Don Camillo, le «cercle libéral ». Cercle libéral qui est remis en cause dans la
mondialisation puisque les riches peuvent faire travailler des pauvres, mais ailleurs que dans le cercle délimité par le pays et l'appartenance à la nation de sorte que le lien social n'est plus aussi évident comment ciment de la communauté.
L'échange,en arrière plan, pose donc la question des inégalités sociales et économiques En cela, c'est bien "un fait social" (au sens sociologique, en termes de contraintes, de fait de culture et d'institution).
Dans sa dimension morale, la question serait de savoir si l'économie politique – la science économique en débat Entre Marx et Smith au XIXeme- doit être neutre.
En opposant l'égalité de l'échange et la capacité plus ou moins grande à échanger, je voulais simplement pointer la question du soi-disant "juste prix" de l'échange donné par le marché et l'exclusion par les prix- cas du logement). La question des pauvres telle qu'elle se pose aujourd'hui témoigne bien de ce fait si l'on considére l'économie comme moyen de diffuser la prospérité et la redistribution comme moyen d'y parvenir.
Mais ce n'était qu'une piste dans "l'échange", bien entendu.

4. parDON d'y revenir
Ecrit par Gérard. 13-07-2012
La thèse de Marcel Mauss sur le don et le contre-don pointe pertinemment que l'acte fondateur du don est la reconnaissance de l'alter égo.
S'y ajoute que la valeur accordée par le donataire et par le donateur n'étant pas subjectivement la même, la valeur de l'échange matérielle est éliminée.Seule sa valeur sociale a du sens.
On peut donc penser avec lui que le socle du don repose sur une valeur de socialité primaire: la réciprocité.

C'est pourquoi, dire que le «fait social» se réduit à l'échange fait question et pose question dans sa réduction. Si l'échange suppose une égalité de valeur entre ce qui s'échange (la quantité de travail selon Marx),le don suppose, lui une "humanisation" de la socialité au delà de sa nécessité ( l'être ensemble en tant que fait indépassable dans l'organisation sociale).
Par exemple, dans la charité chrétienne, la dimension morale du lien social est patente puisqu'il n'y a pas possibilité de contre-don de la part des pauvres qui en font l'objet.
Cela suppose aussi que le bonheur personnel passe par le bonheur des autres. Une idée assez simple au demeurant...

5. merci d'avoir développé votre notion de "cercle libéral"
Ecrit par 2. 13-07-2012
Si vous parlez de "cercle libéral" en pensant à la planète entière, mondialisation et Marx compris ( c'est libéral en Chine ?) je décroche prudemment : pas question d'introduire ici un débat politique. J'étais resté en France, entre le canal de l'Ourq et la concierge de Carlos.

"Nulle haine n'est aussi implacable que l'envie" disait Schopenhauer...... donc nous serions obligés de rappeler aux philosophes du dimanche que les doctrines collectivistes reposent sur la jalousie sociale , ce qui les conduit de façon nihiliste à préférer la pauvreté pour tous plutôt que la richesse inégalement partagée.
Je dis inégalement car l'égalitarisme à la française est aussi une forme de jalousie sociale, tous les sociologues vous le diront.

Après avoir entendu Yannick Noah nous bassiner avec ses idées pseudo-prolétariennes ( bravo l'exilé fiscal) , c'est au café-philo que j'ai mesuré le niveau d'hypocrisie des donneurs de leçons. Donc je me contentais de vous dire qu'en lisant "libéral" je pensais aux "libéralités" , ces dons généreux et le plus souvent gratuits.
Savoir si le bonheur personnel passe par le bonheur des autres, c'est un autre débat.

6. Tout ça pour ça?
Ecrit par internaute. 14-07-2012
Un peu bizarre cette formulation. Si on voulait s'interroger sur le don en relation à l'échange, comme le voulait l'animatrice invitée (qui ne peu pas s'empêcher d'imposer au moins la thématique, tant elle a besoin de potasser avant), il aurait fallu au moins dire "Tout fait social se réduit-il à l'échange?" Car il est assez évident qu'il y a de faits sociaux où il s'agit d'échange, la question est de savoir si la gratuité existe quelque part. Le "don de soi" dont on parle, ne prouve pas grand chose, dans l'érotisme il y a don de soi et échange aussi, l'autre se donne aussi lui-même. Mais laissons la précision philosophique pour des animateurs plus éveillés. Gérard parle de charité chrétienne comme exemple de don. Il faudrait savoir si l'obtention du paradis après la mort,"en échange", n'annule pas la gratuité de ce don. Apparemment c'était cousu de fil blanc depuis le début, mais s'il s'agissait de conclure que l'échange n'est pas le don, alors il faudrait être admiratif pour tant de sagacité.

7. Gratuité du don
Ecrit par don Camillo. 14-07-2012
Si le problème est de savoir si la gratuité existe quelquepart , je réponds oui : quand vous faites un sourire à quelqu'un qui n'a plus la force d'en donner, vous lui faites un beau cadeau. Non seulement il est gratuit, mais en plus l'à propos est important :
il faut savoir donner au moment où l'autre en a besoin.

Autre exemple; j'ai donné mon corps à la science, c'est-à-dire que si je me tue en voiture mes organes vont sauver la vie de quelqu'un qui attend une greffe . C'est gratuit puisque sans espoir de retour n'est-ce pas. Et comme je suis agnostique, je n'attend rien de personne après ma mort.
L'internaute 6 a donc tout à fait raison de dire que la formulation du sujet portait à confusion.

Mais si Gérard veut bien nous parler de ce Mauss que peu de gens connaissent (pour moi il est quelquepart entre Bourdieu et l'Huma, donc dans des théories fumeuses très éloignées de la réalité que je traverse) on apprendrait peut-être quelquechose de nouveau ? Si sa théorie du contre-don implique que l'on doit attendre quelquechose en retour quand on est généreux............... c'est d'autant plus naïf que dans la vie il y a ceux qui donnent (les généreux) , il y a ceux qui prennent ( plus on leur en donne plus ils en réclament) , ce sont 2 catégories de personnes très différentes .
Les stoïciens n'attendaient rien de personne je crois, c'était la preuve de leur grande sagesse.

8. donner et recevoir
Ecrit par observateur. 16-07-2012
C'est marrant, Don Camillo dit "si vous parlez" en prenant soin de faire dire autre chose au "vous". Ou encore "si la question est " en partant sur une toute autre piste. En plus, il invite Gérard a expliquer ce qu'il a déjà expliqué clairement. C'est quoi ? Un jeu ? Si oui, il devrait savoir qu'on ne peut pas tirer plus de deux fois sur la même corde en attendant la même coopération de la part des autres.
"On" lui conseillera au moins de faire semblant d'avoir compris ce que les autres disent.C'est la moindre des corrections pour que les autres aient envie de continuer

9. le don du don c'est pas le contre-don
Ecrit par Gérard. 16-07-2012
Marcl Mauss parle de "socialité primaire" fondée sur le réciprocité.C'est ce qui est dit.Pas autre chose.
Le don c'est d'abord : ce qui m'appartenait, t'appartient maintenant.
Rien à voir avec la gratuité ou le désintéressement.Il faut éviter la psychologisation et d'attribuer aux autres des motivations que l'on ignore.Soit il s'agit de "faits sociaux" (voir la sociologie) qui dépassent les individus, soit c'est la supposée subjectivité de l'autre qu'on ne peut pas lire à partir de la sienne.

Dans le don il ya une dimension d'échange (le donner, rendre et recevoir dans la société) à une dimension - la reconnaissance de l'autre en tant que tel ( déjà dit)
Quand le don n'a pas de retour des donataires (cas de la charité aux pauvres )il a une dimension morale. Point La gratuité est ce qui n'a pas de sens, d'utilité et ou ce qui ne se paye pas.!
Et si le prix du don c'est que l'on donne alors le don est par essence non-gratuit ! Et si c'est ce que l'on reçoit en retour c'est un échange et pas un don!
Pour dire qu'un chretien n'est charitable que pour gagner le paradis, il faut être athé et se projeter soi sur ce chretien comme étant lui intéressé.Mais si on est athé, le paradis n'existe pas. Donc si un chrétien donne alors que soi on sait qu'il n'aura pas le retour qu'il attend, c'est donc admettre qu'il y a forme morale du don. Ce que j'ai dit (avec Marcel Mauss).
Cela veut dire quoi ? que le retour du don est en esprit.C'est ce que pense le chrétien de ce qu'il doit donner (car il y a un vouloir-devoir qui est libre et le fait de donner aux pauvres et dans nombre de cultures -c'est le fait social du devoir sans retour)
Paul Diel (le créateur de la psychologie de la motivation) a écrit " le don du don c'est le don.Autrement dit :le retour du don dans son essence c'est l'accès psychique et spirituel à une dimension infinie(le propre aussi de l'amour)
La générosité est un "plus de don" dans le pouvoir-vouloir donner. Etre généreux gratuitement (sans raison)serait de la vanité à montrer son pouvoir.
Ceux qui ont accès à la générosté du coeur -c'est-à- dire sans calcul- peuvent comprendre son essence. Les autres, pas encore car ils ne veulent ou ne peuvent pas faire le cheminement qui y conduit.
Bref, on ne nait pas humain. Depuis Aristote,au mieux,on le devient.

10. un modérateur digne de ce nom supprimerait le commentaire 8
Ecrit par 2 et 5. 16-07-2012
Malgré l'agressif numéro 8, qui doit bien se douter que ce sont des commentaires comme le sien qui font fuir le site, je prends quand même le temps de développer ma pensée.
Je doute que les adeptes du "bénévolat" dont parle Gérard soient des gens très généreux. Tous ceux que j'ai rencontrés m'ont expliqué qu'ils redoutaient la solitude, qu'ils avaient peur de la retraite (sans emploi du temps ils étaient perdus), qu'ils avaient une espèce d'envie de reconnaissance sociale ou de je ne sais plus quel retour en leur faveur, bref cela n'avait rien à voir avec un don, au sens où je l'entends. C'était "oh quelle chance d'avoir trouvé cette association pour exister encore un peu !" . C'est l'association leur permettant de faire du bénévolat qui était un cadeau pour eux, pas l'inverse.

Alors pour en revenir aux gens qui donnent et aux gens qui prennent, ce n'est pas à Marcel Mauss que je pensais , mais à un autre Marcel : monsieur Hibert. C'est après avoir étudié les comportements des autistes ( générosité zéro puisque l'autre est inexistant) et les comportements des mères Thérésa ( comportement opposé) , il a fini par mettre en évidence les bases moléculaires responsables de cette absence ou prédisposition à l'altruisme. Les chimistes connaissent mieux que moi l'ocytocine alors je les laisse réfléchir à ce point de vue.
Evidemment Aristote ne connaissait pas les différences génétiques...... si vous préférez philosopher à l'ancienne je vous laisse à vos certitudes.

11. Quelques précisions
Ecrit par Daniel Ramirez. 18-07-2012
Bonjour N°2 et 5 et 10 (jolie identification), il n'y a aucune raison de supprimer des contributions qui ne contiennent aucune injure ni attaque personnelle. Il faut se débrouiller avec des arguments. Il est vrai que parfois on n'est pas très surs que les uns et les autres aient lu tout l'argumentaire.
Je commenterai 3 choses, car il me semble que le centre de la question du don n'a pas été vraiment traité, ce qui n'est pas bien grave. Mais…
1) Que les gens qui font "don de soi" (du temps, des gestes, de la relation, des actes), que ce soit dans l'humanitaire ou dans la charité ou simplement comme ça, en aidant quelqu'un dans la rue, obtiennent une auto-reconnaissance positive et se voient eux-mêmes comme étant meilleurs, ne peut être assimilé à une sorte de rétribution qui annulerait le caractère gratuit du don (comme dans le potlatch), c'est la moindre des choses, on fait quelque chose en accord avec l'image qu'on se fait de la personne que l'on veut être.
2) Si M. Hibert ou un autre auraient étudié les molécules de mère Theresa (comment a-t-il fait?), ça se saurait. Je suppose que c'est une extrapolation. En tout cas c'est l'éternelle question des supposées "bases moléculaires" (on dit plutôt fondements génétiques)d'à peu près tout: l'amour (c'est de phéromones), la délinquance (souvenez-vous de Sarko et ses Inserm boys, qui voulaient débusquer les méchant à la maternelle!), l'homosexualité, le tabagisme, etc. Que le corps et sa chimie joue un rôle -comment n'en jouerait-il pas?- c'est évident, que ce soit déterminant, c'est indécidable, car nous sommes autant corps que âme (certains ajoutent l'esprit, l'inconscient, les astres et que sais-je), et donc non pertinent pour l'interprétation éthique d'attitudes comme le don, des vertus comme la générosité ou l'altruisme.
Une dernière Votre phrase "Évidemment Aristote ne connaissait pas les différences génétiques...... si vous préférez philosopher à l'ancienne je vous laisse à vos certitudes" contient pas moins de 3 contresens (bravo pour l'esprit de synthèse): 1) Qu'Aristote n'ai pas connu la génétique n'annule en rien du tout la richesse de ses distinctions et éclaircissements. 2) Utiliser les notions de la tradition philosophique (comme tous les philosophes) ne correspond en rien à « préférer philosopher à l’ancienne ». 3) Quand bien même quelqu’un préférait philosopher à l’ancienne, cela n’implique pas du tout qu’il serait « dans ses certitudes », car à l’ancienne cela pourrait être à la façon sceptique, pyrrhonienne, socratique, à la Montaigne ou même à la Descartes, qui n’ont pas cessé de combattre les certitudes…
Bien cordialement !

12. le N°2 avait un pseudo
Ecrit par don Camillo. 18-07-2012
Quand je parlais des mères Thérésa c'était un terme générique bien sûr, en référence à toutes les icônes de la générosité . J'aurais pu écrire les abbés Pierre si vous préférez.
Et si vous pensez qu'un autiste n'est pas généreux parce que sa mère a raté son éducation, bravo la culpabilisation. Le neurotransmetteur est malheureusement déficient ( voir sérotonine ) et je doute que les principes d'Aristote puissent y changer grand-chose.
Mais je n'ai aucune certitude vous savez, je ne crois pas au "on ne nait pas homme on le devient ", " on ne nait pas femme on le devient", et pourquoi pas supprimer le mot race du dictionnaire pour que le racisme disparaisse pendant que vous y êtes ! J'ai peu d'espoir dans l'amélioration des être humains.

13. Que dire ?
Ecrit par Gérard. 18-07-2012
"Je doute que les adeptes du bénévolat dont parle Gérard soient des gens très généreux".Où ais-je parlé de bénévolat ? (je crois qu'observateur -l'agressif- a bien observé ce procédé )
Vous croyez qu'un don et le bénévolat c'est la même chose.Puis que le bénévolat n'est pas généreux car il y a des motivations pour soi et que donc le don - que vous persistez a associer à la générosité- cela n'existe pas parce que ce serait une question de molécules que n'ont pas les autistes. Est ce que j'ai bien compris ?
Ne m'en voulez pas, mais moi, je suis pour le maintien du mot sophisme dans le dictionnaire.Cela peut encore servir!(cordialement)

14. C'est quoi ça!
Ecrit par observateur. 19-07-2012
Si Don Camillo apprenait à s'éclipser? On se porterait sans doute mieux. Le post N° 12 est un concentré de lieux communs et de mélange de tout et de n'importe quoi.

15. pour sortir du "moi je"..
Ecrit par grain de sel. 21-07-2012
Il y a des sujets où la réponse semble assez claire si on dépasse le strict point de vue des individus (en tout cas pour moi )
Si le fait social ( la société au sens large) ne se réduit pas à l'échange ( la question ) c'est que le don -peut et est déjà- une économie.
Voir par exemple cet extrait tiré de :
http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89conomie_de_don
"L'économie de don se présente actuellement sous de multiples noms dans la société actuelle. Le nom reste indéfini (on parle très peu de l'économie de don). Une économie de don (culture de don...) est une idéologie naturelle de l'être humain et une organisation sociale dont les membres font des dons aux autres, sans formellement et explicitement rechercher de réciprocité immédiate ou future. C'est une société sans argent, sans échange, fondée sur la conscience individuelle, l'amour et la confiance. (Lorsque l'on parle d'échange, ce n'est plus de l'économie du don. Cette pratique est aux antipodes du marché ou du troc). Néanmoins, la réciprocité existe indirectement au niveau mutuel de la communauté, au sein de laquelle circule un flux continu de dons. Dans certaines cultures, le don peut être une norme sociale.
Les "économies du don" peuvent coexister, au sein de certains milieux, dans une économie. Différentes explications à l'existence de telles organisations dans nos sociétés sont proposées : altruisme, solidarité ou entraide, investissement ou assurance, prestige; occasion et support dans les relations entre groupes sociaux (Potlach), entre personne (lien social); ou encore moyen pour les individus confrontés au déclassement, à la pauvreté, au chômage, de résister aux difficultés économiques (autonomisation); enfin comme moyen d'expression politique parfois radical postmoderniste".

16. le don et l'amour
Ecrit par un chrétien. 21-07-2012
Aimer vraiment l'autre,c'est recevoir la grace de son existence car chaque être est sa perfection dans l'amour que nous lui portons. Et si cet amour devient réciproque, il y échange des dons de soi. Chacun se comble par le don de l'autre en lui et ce qui est donné ne luis appartient plus. Il reste alors le lien d'amour.. Il est le "nous" d'où nous parlons et d'où notre amour parle à la face du monde.
Ce lien est notre identité dans le cercle d'une promesse réciproque. C'est l'essence du monde et aussi son commencement puisque la création y trouve sa justication et son projet.(l'alliance)
Si la vie nous a donné de l'avoir touché ou que notre esprit a pu percevoir le lieu de sa rencontre, alors il nous est possible de penser le "ceux qui ont faim seront rassasiés ..")
Car alors, l'espérance d'une humanité plus fraternelle fondée sur le plus d'humain qui sommeille en nous peut se lever à chaque rencontre. Au détour d'un visage, d'un regard ou d'une parole vraie.


17. ...le don du contraargument
Ecrit par Geo Brux Belg. 23-07-2012
Ecrit par Gérard. 13-07-2012
>Ainsi, dans la théorie des sentiments moraux, Adam Smith, un des fondateurs de la pensée libérale au XIXeme, défend l’argument selon lequel la richesse des uns donne du travail aux autres.

Il faut défendre aussi le contraargument selon lequel le travail (la main d'oeuvre bon marché) des autres donne de la richesse à quelqu'uns.

18. un argument peut en cacher un autre
Ecrit par Gérard. 24-07-2012
En quoi est-ce un contre argument à l'utilité des riches pour ceux qui ne le sont pas ?(ce que défend Adam Smith) Est-ce que les 17000 milliards dans les paradis fiscaux (derniére étude parue) produisent de la richesse pour des non-riches? La question n'est-elle pas de savoir si la richesse en produit pour les seuls riches(par la spéculation, l'accumulation de plus-values) ou si cette richesse irrigue au moins en partie l'économie et est, de ce fait, utile- et morale ?
Est ce que l'argument "les riches risquent partir ailleurs si on les ponctionne trop" est totalement faux ou cela vient'il de cet argument libéral et utilitariste datant du XIX eme?
Et accessoirement,(le sujet) qu'est ce que le don de la part es riches à avoir la-dedans.. Par exemple, la philantropie, les fondation,le mécénat...

19. brux c'est en Belgique ?
Ecrit par provocateur. 24-07-2012
Geo, son contre-argument, c'est éradiquer les riches en faisant qu'ils ne gagnent rien en faisant travailler les autres.En fait, si on comprend bien, le mieux, c'est que les travailleurs deviennent patron et se payent bien en travaillant. Il me semble que cela a existé à l'Est.Je pense à un dicton de là-bas à l'époque:"tant qu'on fera semblant de nous payer, on fera semblant de travailler "
Geo,son contre-argument,c'est pas un cadeau.On est loin du don !

20. ...le DON via les deux clases sociales
Ecrit par Geo Brux Belg. 25-07-2012
> On est loin du don !

Oui, il faut s'éloigner d'un argument pour mieux s'approcher de lui avec un contre argument.
J'ai trouvé dans le dictionnaire un 2ème sens au don gratuit.

Au masc. Don _ Seigneur, sire; titre d'honneur précédant le prénom des nobles d'Espagne et du Portugal. (Le roi don Carlos)
− HIST. Don gratuit. _ Don que les assemblées du clergé, ou les états des provinces, faisaient au roi, pour subvenir aux besoins de l'État (Ac. 1835, 1878).

En conclusion, je dirais que le DON a deux clases sociales, le fait (don désintéressé) et le contrefait (imité avec une intention frauduleuse).



 
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