Le fait de vivre dans l’immédiateté s’oppose-t-il à l’éthique ?

Café philo du 16 Mars 2013, Forum-104, animé par Daniel Ramirez

Notes prises par Marie-France Cano

 

La question de l’Immédiateté est posée en pensant au  court terme, la dictature des bourses, s’en tenir à l’émotionnel, au tapage immédiat, l’événement, (empathie avec les victimes, par exemple). Le temps de l’émotion est court, celui de la pensée est long.

Il y a 2 vécus parallèles : l’immédiat et la trajectoire. On peut être soumis à 2 impératifs : traverser la rue immédiatement, devoir être à l’heure à un rendez-vous. Cela peut conduire à traverser la rue sans prudence. On est toujours dans la négociation.

L’éthique est indispensable à une vie qui mérite d’être vécue. Dans l’immédiat, il peut y avoir une quantité d’émotions telle que la réflexion ne peut plus se faire. Il faut donc temporiser, mais prendre son temps est considéré réactionnaire. Faut-il résister à la pression ?

Immédiat : le mot renvoie à la temporalité, au « tout de suite », certes, mais aussi à l’absence de médiation. On peut avoir une connaissance médiate des corps célestes qu’on ne peut pas voir. L’immédiat, c’est la perception. La connaissance médiate passe par l’interprétation, la pensée.

Dans la logique économique, l’épargne et l’endettement sont d’une certaine façon 2 façons de considérer le futur. Faut-il sortir de la logique économique ?

Si vivre dans l’immédiat fait partie de la condition humaine, vivre dans une projection temporelle, c’est la liberté. L’homme, à la différence de l’animal, a la possibilité de prévoir un futur assez lointain. Mais seul le présent est réel, dit-on souvent. Le futur, c’est l’illusion et la spéculation.

Pourtant le sujet fait penser aussi à Hans Jonas, qui parle d’une éthique pour ceux qui viendront après nous, une éthique de responsabilité vis-à-vis des générations futures. Le « principe responsabilité » : la conscience morale est à l’origine de la peur de laisser un monde épouvantable après nous et cette peur nous mène vers l’action responsable.

Ontologiquement, nous sommes dans la réflexivité, toujours dans l’après coup, dans la rétention du passé et dans la projection. On se pose toujours dans une médiation avec soi-même.

L’immédiateté, c’est la pulsion. Bien que la pulsion pure soit rare.

Cf : Bergson : données immédiates de la conscience.  La mémoire, c’est la continuité dans la durée. Et Husserl à la même époque, la phénoménologie de la conscience du temps.

La conscience comporte les perceptions (empirisme) et les pensées, les idées qu’on confronte aux émotions. Quand on a la tête remplie d’histoires, on ne perçoit pas le monde, on le façonne, on l’interprète. L’immédiateté puer est-elle possible ?

Dans l’immédiat, l’alliance de la tête et des mains produit le geste juste, celui du musicien, celui du sportif. Mais même pour le sportif, il y a une anticipation du futur, par exemple de la trajectoire de la balle.

Une métaphore plus belle est celle du jardinier. L’art du jardinier inclue la patience et une médiation par rapport au temps, l’acceptation des aléas, des délais, des moments et des durées.

Peut-être que dans l’immédiateté, un peu comme dans la vitesse on perd la vision latérale, la médiation est plus difficile.

Pourtant l’immédiat peut conduire à une ouverture, par exemple dans la méditation. La méditation peut conduire à une médiation entre nous et nous-même.

Et c’est la médiation qui constitue l’éthique.

L’éthique, ce n’est pas ce qui est bon ou ce qui est mauvais, c’est les considérations et idées sur le caractère bon ou mauvais des choses et des actions. Il faut distinguer le moment où on passe de la vie éthique à une morale spécifique. L’éthique, c’est la médiation, ce n’est pas juste agir mais donner un sens aux actes.

Il peut y avoir de l’éthique dans l’immédiateté ? Horace : Carpe Diem. Le philosophe encourage à « cueillir les fruits de chaque jour ». On entend souvent : vivre l’instant présent. Mais « carpe diem » n’est pas exactement l’immédiateté. Cueillir le jour est différent de vivre dans l’instant. Cueillir, cela implique que l’on soit capable de tirer les leçons, cueillir ce qui est fécond, donc discriminer, choisir. C’est à la fin du jour que l’on reconnait les fruits que l’on a cueilli.

L’éthique, c’est une réflexion pour vivre mieux. Pour soi ? Pour les autres ? Dès qu’on considère l’autre, c’est différent. Pourquoi agir ? Pourquoi faire ceci ou cela ? C’est la délibération qui est éthique.

L’immédiateté comporte toujours une projection dans l’avenir avec une échelle variable. Mais on peut tout aussi bien tenir compte du passé. On peut aussi tenir compte de la vie éternelle. Il y a des choix à faire sur un autre plan, celui du salut de l’âme. Pour le karma, chaque action dans cette vie est bonne ou mauvaise dans une autre vie. L’action immédiate n’existe pas. Les faits sont des effets. Ce que je ferai sera déterminé par ce que je fais.

Lorsqu’on prend le temps d’être présent au présent, le temps se dilate.

Dans le bouddhisme, l’accent  est mis sur le présent. La vie est souffrance et la cause de la souffrance, c’est la peur de la mort et les désirs (projections de futur).

Quel est le rapport entre l’immédiateté et le principe de réalité ?

Dans l’immédiat, il y a à la fois la temporalité et l’absence de médiation.

On ne sort jamais de la sensation, mais elle est toujours accompagnée d’une pensée imprégnée de ce qu’on a vécu auparavant.  On encombre aussi notre perception du monde avec tout çà (exemple des goûts culinaires).

 

Dans les media, on est dans l’immédiat (remarquez la proximité des mots). Il y a jugement trop rapide, réactivité, reflexe. Non pas réflexion.

La vie éthique, c’est mettre en question ses goûts, ses réactions.

Aristote pensait la vertu (excellence) comme force et comme habitus : disposition, seconde nature. La sagesse et le savoir. La vie éthique est du côté du savoir et du savoir vivre, avec les bonnes dispositions, cultiver les bons habitus. Mais l’habitude trompe aussi, on est habitué à dire, penser, faire... On doit pouvoir mettre en question nos habitudes. Le jugement éthique est toujours nécessaire. L’éthique, c’est la possibilité de se remettre en question. La patience est le propre de la vie éthique : c’est l’action et la réflexion sur l’action.

Quel est le bon « tempo » de la vie éthique ? Il y a un jugement sur nos actes, par rapport au passé. Il peut y avoir un basculement, des conséquences involontaires. Exemple : on ne donne pas d’armes à la Syrie et on tarde à agir parce qu’on a agi trop vite en Lybie.

Vivre dans l’immédiat s’oppose-t-il à la création artistique ? La perception d’une œuvre d’art, elle,  se fait dans l’immédiat, mais sa conception et sa création ont pris du temps. C’est par la médiation de l’œuvre que l’on a accès immédiat à certaines dimensions de notre propre vie.

Le présent est un cadeau. Mais il est rempli de ce qui n’est pas présent.

La politique étant un des domaines de l’éthique, l’immédiat s’oppose aussi à la vie politique. L’image (et son immédiateté) hypnotise et paralyse. Le court terme (le raccourcissement des échéances électorales, par exemple). Il y a des décisions qui vont frapper les esprits. On est dans l’image. L’habitude d’être dans l’immédiat se généralise : il y a une forme de bêtise généralisée, qui est contraire à l’essence du politique.

Le tempo de la politique exige une durée qui doit être respectée. Il en va de même pour la justice. On peut regretter ses délais, mais lorsqu’elle est appliquée rapidement, avec « comparution immédiate », par exemple, elle conduit à une justice expéditive…

Nos réflexes sont un révélateur en bien ou en mal. Dans le réflexe, il n’y a pas de délibération. Si c’est naturel, spontané, on n’est pas encore dans la vie éthique ou on n’y est plus. Le jugement moral doit inclure tout ce qui a été pris en compte dans la délibération.

Les décisions ont besoin de médiations. La culture, la mémoire, l’esprit critique vis-à-vis de l’histoire, le jugement rétrospectif, sont des éléments de médiation.

Vivre au présent, c’est un bien. Mais il ne faut pas exclure les prévisions. Les expériences d’extase ne sont pas du domaine de la vie éthique. La vie est intégrée dans la temporalité. Si l’on peut vivre le plaisir de l’instant c’est parce que l’on compte sur la continuité : un pas après l’autre. C’est parce que la prévision existe qu’on peut profiter de l’instant.

La vie éthique, c’est la vie proprement humaine, celle de la liberté. Et si l’éthique est médiation, c’est donc elle qui permet de jouer l’instant et pas l’inverse. C’est la continuité temporelle qui permet de vivre l’instant et la médiation qui permet de jouir de l’immédiat.

LISTE DES COMMENTAIRES...


1. Un bon résumé
Ecrit par Daniel Ramirez. 10-04-2013
Merci, Marie-France, pour ces notes. Il y a tant de choses évoquées dans un café-philo qu'il est difficile de toutes les retenir; ici il y a au moins l'essentiel de ce qui a été dit. Il m'a paru, en effet, très important d'aborder cette question de l'immédiat et l'immédiateté, qui hante notre culture actuelle. L'éthique étant caractérisée, par contraste, comme médiation (de la pensée, des langages, des échanges significatives et délibératifs entre personnes), mise à distance, délai et réflexion.

2. L'immédiat rend stupide
Ecrit par un lecteur. 12-04-2013
Quand il y a du contenu ça se voit tout de suite. Même si ce n'est pas rédigé comme article, ces notes posent pas mal de problèmes. Notre société de l'immédiat détruit peu à peu la politique elle-même. La véritable médiation est la pensée elle-même.

3. Une matinée perdue au café
Ecrit par visiteur qui se fera. 14-04-2013
Quand on voit le débat qu'il y a eu aujourd'hui au café des phares, une pénible litanie de lieux communs autour de la violence, on reste songeur. Heureusement qu'il y a d'autres cafés-philo comme celui-ci pour se frotter à des idées. La prochaine fois, je ne le manquerai pas.
Juste une question: il n'y a pas quand même quelques avantages à l'immédiateté, par exemple la rapidité de réaction à l'urgence, agir par instinct, la spontanéité?

4. précipitation? immédiateté?
Ecrit par Un observateur malin. 15-04-2013
Je trouve dans ces notes cette phrase particulièrement adéquate à l'actualité "Le tempo de la politique exige une durée qui doit être respectée. Il en va de même pour la justice". Que penser de l'idée du gouvernement d'accélérer le passage à l'assemblée du texte de loi sur le mariage gay? Que dirait Daniel Ramirez, auteur d'un article sur le sujet qu'on peu trouver ici même sur le blog philo?

5. " accélération du passage à l'assemblée du texte de loi sur le mariage gay " ? ( = post précédent
Ecrit par ?. 16-04-2013
Une procédure d'urgence sur une loi non-conventionnelle révèle bien le comportement dictatorial de l'amateurisme de gauche.
Le conseil constitutionnel pourra toujours rétorquer cette loi imbécile qui divise les français au moment même où tant de problèmes sérieux ébranlent la France , mais les applaudissements de la pensée unique des Phares confirme bien l'étroitesse d'esprit des idéologues locaux. Idéologues dits bien-pensants évidemment. CQFD .

6. Un peu de calme
Ecrit par une lectrice. 16-04-2013
Je ne sais pas ce que vous appelez la pensée unique des Phares. En l'occurrence, ce café-philo n'a pas eu lieu aux Phares, mais au Forum-104, animé par Daniel Ramirez, qui ne se caractérise pas particulièrement par la pensée unique. Lisez son article sur le sujet, vous n'en trouverez pas beaucoup.

7. idéologie de gauche bien-pensante.
Ecrit par toujours calme. 16-04-2013
Ce site étant intitulé "café des phares", avouez que les internautes de passage ne peuvent deviner vos subtilités de forums .
Et quand je dis que le conseil constitutionnel peut retoquer une loi non-convetionnelle, cela suppose que celle-ci passe, et ce n'est pas fait.

Ceci étant dit, reconnaissez que toute personne exprimant un point de vue différent de la majorité se fait éjecter des lieux. Simple constat.
Quant aux propos pro-mariage-gay de Daniel Ramirez sur son blog, reconnaissez qu'il ne fait pas dans les subtilités juridiques, économiques et autres , univers qui lui sont manifestement inconnus. Ou qu'il préfère ignorer, c'est son choix.

8. Où ça?
Ecrit par Une lectrice. 17-04-2013
Il me semble au contraire que l'article est plein de distinctions subtiles qui son bien utiles pour réfléchir aux questions posées. Ramirez ne parle pas seulement du mariage, qui ne semble pas lui poser de problèmes, car à l'époque la PMA n'était pas séparée du projet. Et ce qu'il dit par rapport à ces autres sujets ne correspond pas du tout à une opinion majoritaire et encore moins à une gauche bien-pensante. Quant à la supposée majorité ou pensée unique avec laquelle on ne pourrait pas être en désaccord, c'est ridicule. Il suffit de lire les très nombreux débats, où il y a des centaines d'échanges de points de vue, parfois très vifs, et souvent en complet désaccord les uns avec les autres.

9. où ? où sont les débateurs sur ce site ? qui est intervenu sur le blog de Daniel Ramirez ?
Ecrit par 5 et 7. 17-04-2013
Les "très nombreux débats" que vous évoquez sont terminés, faute de débateurs ( tous virés par le modérateur)
Les distinctions prétendues "subtiles" de Daniel Ramirez aboutissent à des réflexions dites philosophiques sur une prétendue égalité, qui nie carrément les différences, conclusion "le mariage ne lui pose pas de problème'".
Il en pose aux juristes, qui refusent de changer le code civil pour 1 pour cent de la population, il en pose aux médecins, qui connaissent le cout ( matériel pour la société et psychologique pour les enfants) d'un filiation artificielle, il en pose aux femmes des pays en voie de développement, qui savent que leurs familles leur imposeront de porter des enfants pour ces nouveaux mariés, il en pose à tant de gens que l'énumération serait trop longue . Réfléchissez seulement au fait que 2 semblables s'appellent des "paires" ( de chaussures, de couilles ou de ce que vous voulez) , pour qu'il y ait couple il faut une différence ( sexuelle par exemple), tous les linguistes vous le confirmeront.
Pour en revenir au sujet du jour : un telle urgence pour faire passer cette loi est une violence qui rappelle les comportements des dictateurs, ne vous en déplaise.

10. blog
Ecrit par un internaute. 18-04-2013
en effet, le blog n'admet plus de commentaires depuis un certain temps (?). Mais je confirme l'intérêt de cet article, bien placé pour le dire puisqu'on l'a utilisé pour alimenter un débat dans un groupe de discussions sur des questions éthiques que je fréquente.

11. Immédiateté et politique
Ecrit par Daniel Ramirez. 18-04-2013
Je réponds aux questionnements sur le calendrier politique, problème touchant directement à l’objet de ce café-philo.
Il est dit dans le notes, et c’était une des conclusions fortes de ce débat, que la vie politique, comme celle de la justice, a de rythmes, des délais, bien qu’ils puissent paraître longs, parfois, surtout pour la justice, quand ils sont évacués, le résultat est pire : justice expéditive, manque de sérieux et de la sérénité nécessaire à la justice. Il faut le temps de la réflexion.
Cependant, le débat parlementaire ne devrait pas être le seul débat. Il devrait être d’une certaine manière le reflet du débat dans la société. Mais le débat dans la société a-t-il lieu vraiment ? Il y a de prises de position, de déclarations, par moyen de presse interposés ; certaines sont entendus, en général de personnalités connues, déjà médiatisées ou ayant un accès aux médias. Mais le citoyen a une fois de plus l’impression de ne pas avoir la parole. On trouve là une des raisons profondes de l’existence des cafés philosophiques. Donner la parole à ceux qui en ressentent la privation. Remplissent-ils cette mission ? C’est un autre problème. Lorsqu’on débat sur des sujets produits par un jeu de mots, cela peut être amusant une ou deux fois, mais quand ça se généralise ou pire quand il s’agit simplement de sujets mal formulés sur de thèmes classiques et scolaires, on peut dire qu’on gâche une opportunité de débattre sur ce qui intéresse vraiment.
Le débat parlementaire est trop souvent réglé d’avance, majorité et opposition connaissent déjà le sens de leur vote, sauf exceptions honorables. Le minimum aurait été de maintenir le calendrier normal des assemblées, cela aurait donné un peu plus de temps au débat dans la société. L’accélérer est une maladresse et un manque d’assurance politique. Le gouvernement craint la radicalisation des mouvements contestataires, déjà annoncée d’une certaine façon.
Si les manifestations des « anti » sont si importants est parce qu’il y a une véritable opposition à ce projet. C’est normal. Ce sont des questions importantes. Pourquoi les manifestations « pour » ne mobilisent pas autant ? C’est la vraie question.
On a raison de protester si le politique donne l’impression de manipuler le bon tempo des décisions. Même en étant d’accord avec le projet (je l’ai écrit, en effet), je suis contre cette frénésie. Légiférer vite, avant que cela devienne plus compliqué c’est un manque de confiance en la démocratie qui se traduit par un appauvrissement de la démocratie. On vit dans l’immédiateté. Pour reprendre les termes de ce débat, c’est contraire à l’éthique du politique.
Mais, même en respectant le calendrier, le citoyen n’a pas et il ne se donne pas les moyens de participer au débat. Le débat dans la société n’a pas lieu et cela parce qu’il n’y a pas de lieux pour ça (ce n’est pas une tautologie).On se laisse allègrement confisquer le droit à la parole et quand on l’a on l’utilise pour pas grand-chose, pour s’amuser, pour brasser des opinions.

12. Immédiateté-éthique des acts politiques...
Ecrit par Geo Brux Belg. 19-04-2013
« Dans le bouddhisme, l’accent est mis sur le présent. La vie est souffrance et la cause de la souffrance, c’est la peur de la mort et les désirs (projections de futur) ».

Paradoxalement, Bouddha n'a pas dit que la vie est souffrance à l'interieur de son palais, mais une fois sortit à l'extérieur. Ensuite, il a été le seul à être capable en se débarrasser du désir, car au palais il a bien experimenter tous les positions du kama-sutra et manger à sa faim.

L'ambiguïté de la structure du mot souffrance est très éloquente car il y a deux ffrance(s); la France Monacogasque sans souffrance et l'autre france. Ce n'est pas la peur de la morte qui détermine l'homme politique à détourner l'argent de la collectivité, mais la peur d'une pension de retraite qui l'oblige de vivre en l'autre france, plutôt que dans la France sans souffrance !

En conclusion je dirais, que l’immédiateté des acts politiques ne s’oppose pas à l’éthique de leur retraite, mais à celle des autres.


13. Critique du café-philo?
Ecrit par Un visiteur. 22-04-2013
Très clair, comme d'habitude, le Geo de Bruxelles! Quant à la réponse de Daniel Ramirez, très nuancée, comme toujours, ça me va. Partisan du projet, il est très critique de la manière. Ce post implique aussi, si je bien lu, un constat d'échec pour les café-philo. Car quel ce lieux de débat qui manque à la démocratie, ça devrait être les cafés-philo, non? Par contre, si on lit bien, ce lieu "on l’utilise pour pas grand-chose, pour s’amuser, pour brasser des opinions"

14. ...et quand la dernière impression est toujours aussi mauvaise !?!
Ecrit par Jacques. 22-04-2013
Ne s'oppose vraiment à l'éthique que son contraire...qui pourrait être l'incohérence dans la pensée et dans la conduite.
Les grands esprits se distinguaient certainement par la capacité d'être éthiques tout de suite : les impulsifs ou les ratiocineurs ne sauraient comprendre ni, surtout, le souffrir !?!
Avaient également-certainenemt besoin de temps, pour peaufiner leurs réponses, les menteurs !...

15. impulsif? les menteurs?
Ecrit par l'internaute de 10. 23-04-2013
"Ne s'oppose vraiment à l'éthique que son contraire" Quelle trouvaille! Jacques a du passer très longtemps à réfléchir à la question pour pondre une vérité si profonde!
"Etre éthiques tout de suite"? Etrange phrase. Je crois que cela n'est valable que dans le cas du réflexe: sauver une vie, plonger dans le fleuve parce que quel'un est tombé. On est rarement dans cette situation. Le reste, c'est peut-être justement, n'être ni impulsif ni ratiocineur, c'est à dire délibérer, penser, choisir et agir. Agir tout de suite, c'est aussi la meilleure façon de se tromper.
Par contre "les menteurs", on ne comprends pas de qui parle Jacques.

16. pourquoi tant d'urgence dans le passage en force d'une loi clivante, onéreuse, sans lien avec les
Ecrit par 9. 24-04-2013
Devant la cassure anthropologique, sociologique, provoquée par cette loi votée EN URGENCE hier soir ( pourquoi tant de temps d'énergie à s'occuper d' un pour cent de la population alors que la France croule sous les problèmes sociaux et économiques) , je me pose 2 questions :
les chômeurs se multiplient, les retraités aussi, les investisseurs quittent la France et les créateurs de richesses ne seront plus là pour payer la facture : les ravis du vote sont prêts à payer les PMA des homosexuels ?
A tous ceux qui râlent déjà devant l'augmentation de leurs impôts, je rappelle que la facture pour la collectivité va atteindre plusieurs millions d'euros.

L'Espagne qui a été parmi les premiers pays à voter cette loi se voit en difficulté grave : l'émigration des espagnols vers l'Amérique du sud s'accélère, et les couples traditionnels ne font plus d'enfants.
Ce que vous appelez un progrès me rappelle étrangement la FABLE DES ABEILLES , de Bernard Mandeville . Relisez-là et vous verrez combien des actes dits altruistes peuvent nuire à la société, voire lui être fatale . La moralité de la fable est à retenir par tous ceux qui applaudissent le vote.
(J'en connais qui ont beaucoup applaudi l'élection de FH, et qui s'en mordent les doigts maintenant........fallait réfléchir avant).



17. Cassure de la logique, oui.
Ecrit par Daniel Ramirez. 24-04-2013
En réalité, il n'y a pas de cassure anthropologique ni sociologique (qu'est-ce que cela signifierait déjà?). C'est simplement une évolution dans la société, précédée par l'évolution des mœurs. Bref, une institutionnalisation de quelque chose qui existe déjà. Le fait d'avoir retiré le PMA du projet, peut signifier deux choses, une légitime volonté de séparer des questions très différentes (c'est ce que j'ai argumenté dans mon article, écrit avant que cette question soir retirée du projet. Je n'ai pas cru pertinent de change mon article pour autant, car il s'agit de réfléchir en philosophe et non de coller à l'actualité). Cela peut être aussi une façon de gagner du temps et de refiler la patate chaude au Conseil consultatif national d'éthique, ce qui serait moins digne. On verra.
L'amalgame que vous faites avec l'Espagne, qui avait voté la loi bien avant et que se retrouve dans la crise, est absurde. Voulez-vous suggérer que c'est à cause du mariage gay que l'Espagne est surendettée? Et qui a jamais pensé que la PMA, si jamais elle est accordée aux couples du même sexe, serait financée par la sécurité sociale? Actuellement, pour les couples hétérosexuelles, peu de choses sont remboursées et rien à 100% dans ces matières.
Une autre contradiction majeure, mais là je pense que les lecteurs l'on vite vue, tant elle est flagrante: vous parlez d'un 1 pour cent de la population, pourquoi faire tant de bruit pour ce qui concerne si peu de personnes, il y a de questions plus importantes: les problèmes sociaux, etc. Soit. Mais de deux choses l'une: si cela est si marginal et concerne si peu de monde, où peut-elle être la cassure anthropologique, sociologique, voire la fin d'une civilisation?

18. excuse, où-quand-comment-pourquoi...plutôt que qui
Ecrit par Jacques. 24-04-2013
Les menteurs...on n'a pas vu de qui je voulais parler...comme si c'était à moi, ici, de dire des noms !?! Maintenant, s'il fallait vraiment donner des pistes, je dirais que le menteur est quelqu'un de très drôle, de très intéressant : il apporte au réel, là où le scientifique ferait voir que tout est banal-et-téléphoné.
Personnellement environné de menteurs qui mentent comme ils respirent, je m'étonne qu'il n'en soit pas de même pour tout le monde !...?
Sans doute pouvait-on trouver des menteurs compulsifs mais il était admis qu'un gros mensonge demandait du temps ...et de la persévérance et de l'organisation.
Ici, le mensonge n'est pas toujours illégitime : il peut relever de la légitime défense.

19. éticktoudessuite...et maintenant temzélastic
Ecrit par Jacques. 24-04-2013
Pour être éthique-tout-de-suite fallait-il sans doute y être entraîné ou alors avoir grandi dans un milieu particulièrement propice ou avoir un don particulier, comme Mozart dans son domaine ; oui, j'avoue : avoir autant de talent que Mozart était tout-à-fait "étrange"...et même scandaleux..pour les concurrents !
Le temps-long, en comparaison, ne me semblait nullement gage de qualité : c'était le terrain de la sclérose idéologique : pour redevenir fécond, le temps se devait de redevenir élastique !?

20. si, voyager le cerveau léger, c'était possible
Ecrit par Jacques. 24-04-2013
Les débatteurs du 16 mars dernier semblent avoir confondu entre scélérité de la pensée et nécessaire autonomie de la volonté : que nous ayons à peu près tous la cervelle sur-encombrée n'empêchait pas le cerveau d'être un organe admirable...un peu fragile...mais admirable.



 
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