Les hommes et la nature
Écrit par Carlos Gravito   
19-03-2007

Le temps s'étant rafraîchi, attiédir les idées des hommes devant une boisson chaude au café des Phares, c'était quelque chose dont ils sentaient le besoin pour offrir un peu d'allant à leur nature, sous la houlette de Sylvie Petin, l'animatrice qui, justement, ce 18 Mars, a été séduite par le thème « La nature a-t-elle besoin des hommes ? », et vas-y que je te pousse à tchatcher, car on ne se rend pas au théâtre que pour assister aux représentations.

Alfred, qui avait proposé le sujet, argua qu'il s'agissait d'un constat qui remonte à des millénaires. « L'homme est là, a-t-il dit, pour régner sur la terre et la nature est soumise à ses besoins, alors que les perspectives d'évolution ne sont pas toujours les mêmes. » D'où, une dichotomie entre l'humanité (la civilisation que nous connaissons) et la nature qui, à notre insu, transforme en gaz le carbone présent dans tous les corps vivants. La nature nous trompe-t-elle ? S'interrogeait-il.

La théorie de l'évolution- Tu as l'air de considérer, supputa Sylvie, que la nature et l'humanité suivent des chemins parallèles, sans que la première en souffre les conséquences.

- Il s'agit de se situer dans tout ça, insista Alfred.

- Cherchant une définition ou une identité ? Demanda l'animatrice, ajoutant que les deux sujets sont liés.

On a, alors, cherché à savoir si les besoins de l'homme suivent des chemins parallèles, divergents ou croisés avec ceux de la nature et Michel cita Darwin, rappelant que « la nature a besoin de l'homme comme de toutes les espèces, sauf qu'il est, peut-être, trop intelligent et donc dangereux ». Son intervention a suscité chez la modératrice la question de « savoir, si en dehors des créationnistes et évolutionnistes, il y a une prévision ou une finalité dans la nature » et Irène, se référant à Gaïa et au culte de la déesse mère, préféra déduire que « si Dieu a besoin des hommes, il y a un projet de la nature, alors qu'une intentionnalité se dégage avec l'apparition de la vie dont, selon Mizrahi, l'humanité est le cancer ».

- Au-delà de la vie, c'est à l'émergence de la conscience que l'on assiste, nota Sylvie.

On passa ensuite en revue Jonas et le « Principe responsabilité » d'où l'on infère que, si l'on doit protéger la nature, c'est pour qu'elle « permette à l'homme d'exister », Kant et son idée qu'elle est « au travail au-dedans de nous », Husserl de l'avis qu'elle « n'est pas dans la conscience parce que de genre différent », Hegel qui y voit une « amante et une rivale », Marcella Yacoub, sur qui s'appuya Gunter, pour affirmer que « les espèces diminuent si l'on ne s'en occupe pas ».

Tout compte fait, les hommes adorent se donner des responsabilités valorisantes et rendre les autres responsables de ce qui peut être considéré comme pernicieux. Ils aiment rendre les vaches et les voitures coupables des trous dans l'ozone, ainsi qu'un météorite de la disparition de tous les dinosaures ou attribuer à l'appétit d'une pomme la cause de tous nos malheurs, mais ils considèrent surtout avoir la responsabilité de la nature comme s'ils en étaient les métayers. Etant donné que Dieu et la nature c'est du pareil au même, d'après le bon mot de Spinoza « Deus sive natura », ils pensent ainsi être les bras droits du créateur. Que le Seigneur me pardonne mais, à l'inverse de Pierre Yves qui s'imagine modestement comme mouche, je dois dire qu'il m'arrive à moi-même de me prendre pour Dieu, lorsque je pense que sans moi rien n'existerait, ni la terre ni l'univers (plus catégorique), et je comprends bien que cela puisse arriver aussi à mes semblables si l'on accepte que « Je suis l'autre ». Ceci dit, je ne sais pas ce qu'il en pense, l'autre, mais je prendrais bien pour mon compte quelques menues altérations dans la création. Ainsi, j'éliminerais volontiers de nos corvées la nécessité de causer et celle de se nourrir, ce qui diminuerait déjà bon nombre de nos encombrantes responsabilités.

J'admets que je suis dans un monde que je crois faire, toutefois, je ne le fais pas en raison d'une nécessité déterminée, mais selon mon désir, qui demande de l'énergie. Elle n'est rien d'autre que le moteur de mon action dont les résultats ne peuvent être que catastrophiques, si l'on se réfère au deuxième principe de la thermodynamique : « L'univers ne peut être efficace sans entropie (principe de la dégradation de l'énergie) et sans entropie l'évolution serait impossible ». Dès qu'il y a de l'énergie quelque part, les êtres vivants se font remarquer, que ce soit par la présence de la moisissure ou par le bruit de bottes de la merveille du sixième jour.

Omnipotente et transcendante, la nature me détient et me dépasse ; lorsqu'elle me fera signe d'avoir besoin de mes dernières pincées de carbone, j'accours.

 

Écouter le débat : c'est ici.

 

LISTE DES COMMENTAIRES...


1. no comment ?
Ecrit par Invité/Visiteur. 23-03-2007
. . . . . ? . . . . . !

2. réponse au commentaire n° 1
Ecrit par Carlos. 23-03-2007
Oh, dis donc !!! Je te ferai un dessin, la prochaine fois.

3. Je decouvre une nouvelle forme de rhetorique ...
Ecrit par Invité/Visiteur. 06-04-2007
dommage que ce court article ne soit suffisamment debatut. C'est assez scolaire ce que je vais vous dire mais ça donnerait plus de poid a votre discours en proposant deux points de vues ( these et anthitese ) et faciliterait je pense la comprehension pour certain. J'imagine que la seance eut été tres dynamique et tres riche en "pensée". je suis de marseille il est regretable de ne pas avoir de café philo dans la ville. A moins que je ne sois pas informée je vais consulter le web

4. web ?
Ecrit par un ancien. 07-04-2007
A la marseillaise je réponds que sur le web, les trois quarts des infos sont périmées. A Paris par exemple, on va t'énumérer la rue Mazet, le Jussieu, le Select, 3 cafés philos qui n'existent plus depuis longtemps. Il se trouve que la clef de voûte d'un café philo, c'est l'animateur. S'il s'en va, ça ferme. Le café des Phares est une exception, la clef de voûte étant un homme décédé il y a presque 10 ans maintenant. Les nombreux animateurs qui se relaient là tous les dimanches matins, et qui parlent souvent de Marc Sautet (voir icone sur l'écran) essaient désespérément d'éterniser ce café. Bien sûr, de plus en plus de participants se rendent compte que beaucoup de débats flip-floppent complètement. Mais c'est un peu comme une drogue dure . . . difficile de s'arrêter quand on est accro n'est-ce pas ? Moi qui essaie d'arrêter de fumer, je sais de quoi je parle. Et puis ça donne peut-être une éternité à l'ami Marc Sautet. Je ne sais pas. Enfin je pense que le café philo a été une mode, je ne sais pas si elle va continuer. Les habitués du café des Phares ont déjà tellement de mal à accepter ceux qui ne pensent pas comme eux. . . tu aurais peut-être dû signer ton commentaire : voir les vives réactions sur un autre sujet. Ce site internet n'est pas acessible à n'importe qui, il est maintenant conseillé de s'inscrire au forum pour s'exprimer. Par solidarité avec toi je ne signe pas non plus. Si je signe Archimède, ça va faire pas vrai; si je signe avec un nom banal, ceux qui portent ce prénom sur place risquent d'en prendre plein la figure. J'en ai eu des échos = honte sur les philosophes du dimanche.

5. question à l' "ancien"
Ecrit par Invité/Visiteur. 08-06-2007
"les philosphes du dimanches" c'est un bien grand mot. J'ai entendu quelqu'un les qualifier de trissotins de la philosophie. Leur prétention est telle que ce n'est pas seulement "ils ont du mal à accepter ceux qui ne pensent pas comme eux" qu'il faut écrire, c'est "ils injurient copieusement ceux qui ne pensent pas comme eux". Ils vivent en autarcie, se congratulent mutuellement dans leurs commentaires et éjectent tout point de vue dérangeant ce ronron tranquille. L'"ancien" ça correspond à combien d'années là-dedans ? merci.

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