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Article L'obstacle et la résistance positive - _TueAMCESTECEST1JunE Bonjour à tous ! Je vous propose de découvrir un de mes derniers articles sur "l'Obstacle et la résistance à l'obstacle" dans le cadre du réseau des femmes philosophes de l'Unesco, n'hésitez pas à en donner vos analyses et impressions !

Article pour le bulletin de femmes philosophes, UNESCO

Titre : L’obstacle et la résistance positive à l’obstacle.

Par Alexandra Ahouandjinou, Docteur en philosophie, membre du réseau.








L'obstacle et le contour.

L’obstacle, du latin obstaculum, de obstare, «se tenir devant». Cependant, ce qui se tient devant ne fait-il que se tenir ? L’obstacle n’est-il que ce que je rencontre ou ce à quoi je me heurte comme je pourrais me heurter à un tronc d’arbre dressé sur ma route ?
Qu’est-ce l’obstacle pour moi en tant sujet pensant dés le moment où il surgit parce-que et pour l'unique raison que je suis femme et philosophe ?
Cette dénomination que je me donne comme femme-philosophe n’existe t-elle pas de par le seul fait de l’obstacle ? L’obstacle n’est-il pas précisément ce qui au moment même où il se dresse, en plus de vous interpeller, crée votre condition ? N'est-ce pas plutôt à l'instant même où s'érige l'obstacle que se dessine et s'instaure sur la base de deux faits initialement bien distincts femme et philosophe, la condition indistincte et arbitrairement articulée de femme-philosophe ?
Car bien avant l’obstacle, cette condition n’en semblait précisément pas une. Être femme et philosophe n'impliquait en rien la condition femme-philosophe. Rapprochement artificiel s'appuyant sur deux faits n'observant rien pouvant légitimer un lien ou une quelconque mise en commun.
Cet obstacle que je rencontre donc, me détermine, me définie, me pointe, m'agriffe me harponne et se cramponne à cette seule et unique détermination pour me renvoyer une image, une représentation à laquelle je n’avais pas songé et qui l'instant d'avant ne se gonflait pour moi d' aucune densité positive, d'aucune réalité.
Aussi, bien au delà d'une prise de conscience et d'une simple sortie de l'insouciance Édénique, l'obstacle à travers les contours et déterminations qu'il m'oppose semble aller jusqu'à créer, m'imposer une nouvelle condition, celle de femme-réfléchissante.
En ce sens, l’obstacle compris comme ce qui se dresse devant moi interpelle jusqu’à mon intériorité qu’il tord à la réflexion. Ce mur auquel soudainement je me heurte ouvre en moi une nouvelle porte de réflexion.

L'obstacle et la dualité.

Pourtant cet obstacle qui se dresse devant moi en m’inquiétant au sens ou il me sort d'une quiétude préalable ne porte t-il pas la marque d'une contradiction et donc d'une illégitimité inhérente dés lors qu'il pose et m'impose cette nouvelle condition femme-philosophe pour aussitôt s'y opposer ?
«C'est parce que je te vois et te définis comme femme-philosophe que je m'oppose à toi en tant que femme-philosophe».
Autrement dit, nouvellement instaurée, cette condition n'est autre pour lui qu'un fait, celui d'être femme-philosophe. Fait, immédiatement nié dans sa légitimité, attenté qu'il est par l'obstacle dans le déploiement de ses possibilités. L'obstacle pose et impose ce qu'il conçoit comme un fait pour en nier presque aussitôt toute légitimité et par la même décider d'en neutraliser tout déploiement éventuel, tout épanouissement possible.
En ce sens, l'obstacle porte en lui une charge positive et négative, il atteste et aussitôt conteste. Pourtant,dans ce jeu alternatif, s'il ne se neutralise pas lui même c'est parce qu'il s'évite la contradiction, sa dualité n'est pas un assemblage de contraires ; attester un fait « être femme-philosophe » pour ensuite en nier la légitimité n'est pas l'attester pour en nier l'existence.
Ici donc, la contestation n'est pas une contradiction.
En ce sens, l'obstacle ne nie pas la possibilité à une femme philosophe de devenir philosophe, puisqu'en y faisant obstacle, il admet implicitement cette possibilité comme effective. Car à quoi autre s'oppose t-on qu'à ce dont on a préalablement attesté la possibilité ou l'existence ?
Son opposition donc est une attestation. Sa dénégation une affirmation. Ainsi donc, l'obstacle ne peut nier qu'il admet que l'herbe qu'il s'acharne à couper à déjà bel et bien poussé de dessous le pied.
Dans son opposition opiniâtre, bien loin de nier ou de dénier l'existence de ce à quoi il fait front, l'obstacle porte au moins ceci à son actif qu'il atteste subrepticement et à la dérobée la possibilité d'être et le champ des possibles à l'objet de son obstacle. L'obstacle ne s'obstine qu'à empêcher, ne se borne qu'à contrarier ou neutraliser toute possibilité, toute potentialité à se réaliser pour l'objet de son obstination.


La réalité et le renvoi

Cependant cette positivité de ma condition créée de toute pièce et cette illégitimité décrétée sont-elles une réalité ? A quoi l'obstacle fait-il réellement obstacle ?
N’y a t-il pas quelque chose de proprement réducteur dans l’obstacle, cette condition qu’il me renvoie et à laquelle il a décidé de faire obstacle renvoie-elle à ce qui est, à ce que je suis ?
Dans cet entêtement à me faire empêchement, l'obstacle ne dit-il pas aussi son entêtement à s’élever contre la multiplicité, le foisonnement bigarré de mon être voire plus généralement à la diversité infuse et diffuse de l’existence ?

Dans ce cadre, l’obstacle est triplement réducteur dés lors qu’il en vient à s’opposer par le biais d'une définition apriorique et restrictive à tout ce qu'il croit de moi. En ce sens, il ne fait s’opposer qu’ à une partie de moi voire pire à ce qu’il en interprète . Restriction de mon élan donc, sous le motif d'une réduction à une identité à qui fait effroi toute multiplicité.
Trois réductions donc, celle qui d'abord opère une liaison indue entre un attribut essentiel être philosophe et un attribut accidentel être femme. Attribut essentiel car si je considère comme Socrate qu'une vie sans examen, donc sans philosophie est une vie qui me ravale presque au rang de la bête et en ce sens ne vaut pas la peine d'être vécue alors être philosophe est bien un attribut essentiel.
Triple réduction donc : la première, réduire au même plan un attribut essentiel et un attribut accidentel. La deuxième, m'interpréter sous cette réalité réduite. La troisième, réduire le champ de mes possibles.

Dés lors se dessine d’autant plus en moi et s’affirme d’autant plus cette réflexion qui fait de moi le philosophe que je suis. A vouloir m’empêcher comme philosophe, l'obstacle en vient à nourrir, entretenir, susciter ma réflexion. Et bien loin de m’écarter de mon cheminement réflexif, il l’exalte et le provoque.
Plus avant même, plus que de me renvoyer à cette condition factice de femme-philosophe, cet obstacle marqué d’arbitraire, celui qui se dresse devant moi pour ce que je suis, ou plutôt pour ce que je lui représente me renvoie à d'autres arbitraires dans un ressenti à l' élargissement plus fondamental, dans une collégiale commisération.
Ce jugement discrétionnaire, cette condamnation inique me renvoient à l’arbitraire d’autres jugements et d'autres condamnations. En somme donc, il me renvoie à la condition de moi et des autres.
Autrement dit, l' obstacle qui se dresse parce que je suis femme et philosophe m’ouvre à un pluriel, d’autres arbitraire, d’autres iniquités.
Improbité et injustice me renvoient et me rappellent aux autres injustices. L’expérience de cet obstacle m’ouvre aux autres expériences. L’obstacle loin de m’enfermer m'ébrase, m'éveille, m'interpelle dés lors qu’il m’invite à l’autre dans le même vécu de sa discrimination. L’obstacle donc n’invite pas au repli identitaire, non à l’un mais au multiple et fait de moi dés l’instant où il se dresse, le soldat compatissant de tous les autres discriminés.
Ainsi me pointer et s’opposer à moi comme femme-philosophe c’est encore me faire réfléchir et ressentir à l’arbitraire de ce par quoi les autres sont pointés, jugés et discriminés. L’obstacle donc m’ouvre à une universelle sollicitude et tout en me renvoyant à ma condition, il me renvoie à l’autre.
L’obstacle, altérité d'abord perçue comme négative, ce tout autre qui se dresse m’ouvre en réalité à une altérité élargie et enrichie. Ce particularisme enfermant, ce mur en-cloisonnant perce une trouée jusqu'à l'autre.

L’instant de l’obstacle. Un instant privilégié.

Cependant, cette ouverture à l'autre n'est que le deuxième temps de l'obstacle car le premier moment de l'obstacle semble bien lui ne renvoyer à rien ni à personne. S'il n'a été ni pensé, ni anticipé ni devancé, l'obstacle s'interpose à moi dans une violente collision, un choc brutal, un coup assourdissant.
Aussi, l'obstacle, dés lors qu'il contrarie brutalement mon projet, prive soudainement ma pensée d'avenir ; dans l'instant de l'obstacle, ma pensée s'arrête et n'a sujet ni objet de rien. Ou bien plutôt, elle ne prend plus ni sujet ni objet de ce qui est en avant d'elle même mais bien plutôt de ce qui est. L'obstacle donc m'assigne à un présent écourté d'avenir, au présent non de l'étant mais de ce qui sur lui se décline dans le silence, de ce qui éclot dans une imperceptible présence, je veux dire au présent de l'Être.
Dés lors, la pensée ne pense à rien au sens où elle se délivre des accaparements de l'étant pour s'ouvrir à un silence inaugural, à ce qui est, à l'écoute de l'ontologique présence.
Car l'obstacle dés le moment où il ampute le champ de mes possibles, engorge ma perspective, désenchante mon avenir, mure mon horizon, opère un glissement des choses et des étants pour m'ouvrir subitement à une toute autre présence, à une éclosion différentielle, au déploiement efflorescent de l'Être.
Ainsi l'instant de l'obstacle, le heurt primordial, peut se vivre et se penser en deux différentes façons, l'une antichtone de l'autre.
Soit l'obstacle devient en moi par trop présent au point qu' il m'aliène et m'accapare dans son étanchéité ontique. La seule réalité qui dés lors soit et m'envahit devient celle de sa pesanteur épaisse, de son immersion massive. L'étant de l'obstacle est alors l'unique réalité qui m'inonde me submerge et en moi se répand. Il m'estomaque, m'abasourdit, m'hébète, pétrifie ma pensée qu'il immobilise. Dans sa dictature ontique, il laisse uniquement place à sa réalité et à rien d'autre. Et précisément à rien d'autre que lui dans sa gigantesque ontique.
Dés lors, l'obstacle fait en moi trop de bruit, son vrombissement continuel en vient à dissimuler le silence dégagé, libéré par l'effondrement initial dans l'écroulement de tous mes projets, de toutes mes références, de tous mes repères .
Cependant, si je décide que l'obstacle n'en arrive pas jusque là, ne fasse pas en moi tant de bruit, n'en vienne pas jusqu'à m'abrutir, bref si je ne me laisse pas accaparer par l'obstacle, je peux alors écouter s'effondrer et glisser l’étant dans son ensemble pour laisser dans une singulière éclosion se découvrir la présence infime et impalpable de l'Être. L'obstacle devient alors pour moi un révélateur et un révélateur ontologique.

La résistance à l'obstacle, un double dépassement.

Dés lors cet obstacle ressenti et pensé se tourne en résistance. L'obstacle ici permet un double dépassement ; d'abord mon propre dépassement au sens où je le supporte, je «l'accuse», je «l'encaisse» passant outre le moment préalable de la stupéfaction assommante pour me laisser pénétrer du silence qu'il libère.
Puis en le surmontant, je surmonte aussi la réalité diminuée qu'il m'oppose dans son interprétation sommaire et abrégée de mon être car cette condition qu'il m'impose de femme-philosophe et à laquelle il nie toute légitimité n'est qu'une pâle idée, une terne réplique du réel qui à l'inverse de l'idée Platonicienne s'inscrit dans un réalisme appauvri, une conception fadasse, une parodie éteinte et délavée des choses.
En la dépassant donc, j' affirme plus que l'obstacle au sens ou je m'affirme dans la positivité réelle de mon existence.
Au fait contrefait, à l'interprétation rétrécie, j'oppose la luxuriance du réel, le débordement foisonnant, l'exubérance impétueuse de mon être.
Et plus encore, en le surmontant, je donne aussi à l'auteur de l'obstacle l'occasion d'élargir sa vison, d'augmenter son horizon, de dilater ses résistances.
De cette condition qu'il m'impose femme-philosophe, il en est invité à retourner au fait simple et véritable : femme et philosophe. En le dépassant donc, je l'invite encore à se dépasser lui-même, à faire réelle expérience de qui je suis, à surmonter ses pré-jugés ou sa me-science, bref à d'abord vivre la vie avant l'idée.
Plus qu'un double dépassement donc, surmonter l'obstacle peut encore s'avérer devenir un triple dépassement s'il en vient à faire s'étirer et s'agrandir en conscience son propre auteur, bref s'il table sur le fait bien Platonicien cette fois-ci que «Nul n'est méchant volontairement » .

De la réaction à l'action : la restauration des possibles.

Pourtant dans ma réaction à l'obstacle, il me faut éviter l' écueil chafouin et sournois, le risque subreptice et obreptice de rentrer à grands pas furieux et furibonds dans son jeu. Faire le jeu de l'obstacle c'est se jeter tête bêche dans sa visée restrictive, c'est vouloir subitement affirmer cette visée réduite, cette condition fictive qu'il m'impose à la fois qu'il me refuse. Tomber dans le piège de l'obstacle, c'est vouloir mordicus rendre légitime une condition qu'il aura créée de toute pièce et de toute fiction.
Ainsi, par réaction, si je m'affirme devant lui comme femme-philosophe, je ne cherche dés lors qu'à retrouver ou conquérir la légitimité d'une condition indue et arbitraire et par là j'affirme implicitement à mon tour et à mon insu que je suis femme-philosophe.
Je consens donc à cette définition étroite et rétrécie, dictée, imposée et opposée par l'obstacle.
Donc réagir à l'obstacle certes mais ne pas s'entêter dans son jeu ni se limiter à sa visée, surmonter l'obstacle c'est aussi pouvoir aller au delà de sa visée restrictive, voir au delà et par delà le bout son nez. La revendication donc ne doit pas limiter l'intention.
Pour passer outre l'obstacle, la revendication femme-philosophe ne doit pas trop s'attarder, s'enraciner dans une rigidité revendicatrice et piétinante elle doit vite s'étendre et s'étirer d'une visée plus vaste prenant son élan sur le fait bien réel celui ci, que je suis femme et philosophe, autrement dit d'abord philosophe.
Aussi donc, à la réaction doit pouvoir succéder l'action, s'en tenir à la réaction serait faire d'elle une fin et non un moyen. Au déséquilibre occasionné par l'obstacle, au champ des possibles dont il me prive, il me faut trouver l'action renouvelante ou innovante permettant à les retrouver, à les restaurer, à les reconquérir voire à les créer. Car l'obstacle dispose encore de cette vertu dés lors que je le surmonte qu'il me pousse tant à l'action qu'à l'invention, à la confrontation qu'à la création. Tenter de restaurer les possibles abrégés par l'obstacle provoque le plus souvent mon innovation. L'obstacle donc suscite mon imagination pour permettre à l'institution d' une nouvelle combinaison d'avenirs.


Le partage des possibles.

Cette mutilation des possibles opposée par l'obstacle, cet amoindrissement d'être qu'il veut m'infliger n'est en réalité qu'une exhortation au plus être, une invitation à la persévérance.
L'obstacle, dés lors qu'il m'ouvre à la réflexion suscite en moi un surcroit d' être, une impétueuse ardeur, un emballement vivace à être qui je suis. L'obstacle d'autant qu'il tente à me diminuer, d'autant me fait persévérer dans l'être. Plus encore, cette ouverture, cet accroissement d'être peut s'étendre à l'autre. Car à le surmonter, j'invite encore l'auteur de l'obstacle à s'affranchir, à se délivrer de son jugement asservissant.
Surmonter l'obstacle implique donc non seulement moi mais l'autre et bien plus encore, non seulement moi mais les autres car dans cette conquête ou reconquête du champ des possibles mutilés, dans cette tentative de restauration d'un équilibre troublé, la résistance à l'obstacle ouvre encore aux autres la possibilité d'être qui ils sont ou dans le cas qui nous occupe d'être qui elles sont.
Ainsi toute femme et philosophe qui aura percé un plafond à la cynique transparence, décloisonné un système tendancieux, démonté des préjugés obturant, défié des regards diminuant, ouvrira pour elle comme aux autres un horizon de possibles rayonnant, une aube bigarrée d'aventures et d'espérances, une joie à persévérer dans son être le plus intime, dans son être de philosophe.
Dés lors il faut l'attester, «qui ne me tue aussi à être me renforce» en moi comme dans l'autre et bien au delà donc «qui ne me tue aussi à être nous renforce».
En cela, résister à l'obstacle, c'est m'engager moi et les autres, accroître et épanouir ma survivance singulière à une survivance collective. Surmonter l'obstacle donc ne devient plus un souhait mais bel et bien un devoir car se laisser abattre, c'est laisser s'abattre le champ des possibles tant pour moi que pour les autres, c'est consentir à voir mourir et se dissoudre la pointe inaugurale des espérances. Résister donc, surmonter l'obstacle devient la seule chose qui impérativement et catégoriquement à moi s'impose autant que s'impose à moi l'évidence claire et lumineuse que l'obstacle s'il est aussi le mien, est aussi le notre.
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Re:Article L'obstacle et la résistance positive - _TuePMCESTECEST1JulE Bonjour Alexandra,

L'article est long mais il vaut vraiment la peine d'être lu.
Pour ne pas me fatiguer les yeux je l'ai copié-collé sur Word. Un peu compliqué sur les premières lignes, il prend ensuite une véritable envolée.
Votre style est magnifique, précis,vivant, coloré et épicé, vous savez aussi garder une grande rigueur de raisonnement. Surtout votre invitation à la résistance devient toujours plus émouvante, j'adore notamment le dernier paragraphe qui déborde de style. vous raisonnez avec beaucoup de résonnance et de vécu.
En somme, vous êtes véritablement un philosophe.
j'espère qu'un jour on pourra vous lire encore plus longtemps
Bien à vous,
Michel
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