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Les maux tels des miroirs... - _ThuPMCESTECEST1AprE ...Ne renvoient pas toujours à de belles â(r)mes...




Arthur Koestler, The Act of Creation, 1964 ; traduit de l'anglais par Georges Fradier, Le Cri d'Archimède – La découverte de l'Art ou l'art de la Découverte, 2011, Paris :Les Belles Lettres.


Juif hongrois naturalisé britannique pour avoir notamment servi dans le corps des combattants du Royaume-Uni pendant un an, Arthur Koestler fait également figure de « monnaie » d'échange pour ce même pays lorsqu'il est fait prisonnier par le régime franquiste en tant que journaliste couvrant l'engagement espagnol dans la Seconde Guerre Mondiale. Il retourne encore à Londres lorsqu'il fait l'objet d'un internement en France.
Toujours en quête d'une identité, il suit tour à tour des enseignements en ingénierie, en littérature, psychanalyse (parapsychologie) et philosophie.
Au niveau politique, dénonçant la construction d'un état totalitaire soviétique, il va jusqu'à quitter le Parti Communiste en 1938 – sept ans après y avoir adhéré.

Dans ce contexte, cet homme a toujours cherché une Vérité sans équivoque en pointant tout autant les contradictions que les cohérences. Dans cette quête emplie d'espoir, Arthur Koestler va même jusqu'à créer un vocable illustrant une unité métaphysique à part entière, gage d'une certitude basée sur l'expérience.
Alors que chez Marx, l'individu se définit autour d'un ensemble de liens sociaux dans une logique d'interaction entre nombre d'options, intérêts et passions - où le libre arbitre réside essentiellement dans les périodes de développement de son potentiel de talents - Arthur Koestler pointe l'aspect d'hybridation de tout ou partie d'un organisme vivant tout comme d'une organisation sociale. Dans cette perspective, ce n'est pas non plus en adhérant aveuglément aux règles de gestion ainsi qu'aux modalités de leadership de son supérieur hiérarchique que tout un chacun pourra réaliser son rêve, se transcender, tout en participant à l'action collective...
Il peut ainsi dire, en 1980, dans Bricks to Babel, que l' « on ne fait pas de guerres pour des territoires mais pour des mots »...

J'ai, pour ma part, lu la traduction française de The Act of Creation, développement initialement publié en 1964.
Déjà, Arthur Koestler cherche à former une unité systémique résultant de la coordination de différents mots et expressions clefs ; milieu de vie, stratégies, règles, personnalité, inconscience, conscience, inspiration et décharge émotionnelle humoristique, découvertes scientifiques, créations artistiques, …
Dans ce cadre, entre intégration et autonomisation, tout système vivant se trouve hiérarchisé en différents modules alternativement conduits par un désir supérieur de participation ou une aspiration supérieure tenant à l'affirmation de soi. Différents degrés de conscience sont, alors, mis en jeu pour recréer divers cheminements de découverte. L'auteur cherche, aussi, à construire - sur des bases historiques - un contexte synthétique de mise en œuvre de l'acte de création. Pour ce faire, il trouve des éléments de similitude concernant trois espaces de créativité ; le champ d'inspiration comique, l'Art et les découvertes scientifiques.

Selon Arthur Koestler, la créativité résulterait, ainsi, d'un rapprochement de plusieurs niveaux de réflexion distincts permettant de circonscrire le réel. L'aspect imprévisible et original de ces interactions et interrelations - associées à des modèles de raisonnement et de représentations jusqu'alors dissociés - serait, par conséquent, à l'origine de cette action intuitive aboutissant – plus ou moins librement – à l'inspiration créative (qu'elle soit littéraire, artistique, humoristique ou scientifique). Des contraintes théoriques, politiques et religieuses interviennent dans cette structuration par « bisociation », où au moins deux plans de référence en matière de conceptions et de perceptions sont plus ou moins consciemment reliés entre eux – alors que jusque-là distincts – pour aboutir

Soit [à ; S.D] une collision [dont résultera le; S.D] rire, soit [à ; S.D] leur fusion en une nouvelle synthèse intellectuelle, soit [à ; S.D] leur confrontation dans une expérience esthétique.
Les thèmes bisociatifs qui se trouvent en tout domaine de l’activité créatrice sont trivalents : le même couple de matrices peut produire des effets comiques, ou tragiques, ou stimulants pour l’intelligence (p. 31).
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