Les forums du café-philo des Phares
 

Peut-on dire la vérité (sur Socrate) ? - _TuePMCETECET0MarE (suite au débat du 9 mars : « Se cache-t-on toujours quelque chose ? »)

Pour moi, la quête rationnelle d'une « vérité », comme d'ailleurs d'une raison de vivre ou de faire des enfants, ne conduit qu’au néant ou à l'absurde. Ce que le champ philosophique nous cache, c’est un « principe premier » qui donne la vie, irréductible à la rationalisation, et que le rationnel qu’on voudrait lui appliquer ne peut que détruire.
Mais je ne songe pas à une transcendance. Ce « principe » se trouve pour moi dans le monde terrestre. D’un point de vue anthropologique, une société humaine ne peut pas exister sans ce point d’irrationalité qu’on qualifie de sacré, de magique ou, plus contemporain, de symbolique, qui fait de nous des êtres de désir et, virtuellement, d’amour. L’amour comme un dieu intérieur ? Sans dieu transcendant, et peut-être avec ?, qu’est-ce qui nous PORTE dans le monde, dans l’histoire, vers l’autre, avec quoi assumons-nous les questions du sens et de la vérité ? Et je ne crois pas à la volonté, on ne peut pas décider, comme le prétend Nietzsche, de renverser les valeurs, de positiver le néant et la mort ! Pour moi, nous serions là dans une désespérante et dangereuse illusion. La « volonté » cache, justement, autre chose.
L’ironie socratique est l’exemple célébrissime de cette prétendue recherche de vérité que je considère comme destructrice. Nous avons beaucoup parlé de Socrate. Relisons donc Le Banquet. Agathon fait un bel éloge du dieu Eros par qui arrivent la beauté, la paix et la justice. Un peu idéaliste, certes, mais, encore une fois, qu’est-ce qui porte notre être humanisé ?... Socrate, quant à lui, « ne [sait] comment il faut louer quoi que ce soit » car il « ne [s’attache] qu’à dire des choses vraies ». Tout en ne cessant de confondre désir et amour, il démontre donc à Agathon qu’il se trompe : on ne désire que ce dont on manque, donc Agathon, qui aime en fait la beauté de l’amour, dit que l’amour manque de beauté !
Et d’affirmer sans sourciller : « C'est à la vérité, mon cher Agathon, qu'il est impossible de résister. »
J’ai du mal à comprendre le prestige attaché à cette philosophie. Non seulement l’ironie socratique me paraît, dans son principe, désincarnée, sinistre et nihiliste (au sens le plus négatif), mais elle dysfonctionne, elle n’est qu’artifice rhétorique, pure et simple manipulation ! Une nécrose de vieux célibataire qui n’a rien vécu. (Et qui aurait peut-être mieux fait de s’intéresser aux femmes... Un peu de Foucault pour la route : quelles sont les conditions de production de cette philosophie ?...)

Message modifié par: Alain, à: 11/03/2008 16:28
  | | _VIEW_DISABLED
Re: Y a-t-il une autre vérité ? - _WedPMCETECET0MarE Pour produire de la philosophie positive il suffit de remplacer l'ironie par le cynisme, le cynisme étant le faux semblant de l'ironie.

"donc Agathon, qui aime en fait la beauté du cynisme, dit que l’ironie manque de beauté ! "

par Georges de Bruxelles / Geo Brux Belg
  | | _VIEW_DISABLED

Inscription

Votre inscription vous donnera un accès en écriture aux forums de discussion.






Mot de passe oublié ?
Pas encore de compte ?
S'inscrire

Qui est connecté

Il y a actuellement 1 invité en ligne

Lettre d'information

Recevez par courriel la lettre d'information hebdomadaire. Vous avez la possibilité de vous désabonner à tout moment.




personnes ont visité ce site.