Les forums du café-philo des Phares
 

Article sur le roman philosohique en questions? - _TuePMCESTECEST1JunE Bonjour à tous !
Je vous fais part d'un de mes derniers articles dans le cadre d'une contribution au groupe Philocité de l'Unesco s'intéressant au nouvelles pratiques philosophiques dans la cité.
Je propose comme sujet d'étude " Le roman philosophique en questions". A partir d'un roman philosophique de ma confection et adressé à plusieurs lecteurs dont j'ai relevé le questionnaire, j'analyse le rapport entre affect et raison. Je montre ainsi en quoi le sentiment ou l'émotion peuvent être moteurs d'un intérêt au questionnement philosophique, le rendant beaucoup plus attrayant, réaliste et accessible.
N'hésitez pas à m'en donner toutes vos analyses et impressions! A bientôt !!!


Par Alexandra Ahouandjinou, Docteur en philosophie (Paris I) et Ingénieur informaticienne CNAM Paris.
Fonction: Ingénieur informaticienne chez Accenture. Consultante en philosophie (animatrice d'un café philo, p'tit dej philo en entreprise, conférences...)


Article:
Le roman en questions, une autre approche philosophique ?

Comment favoriser la démarche philosophique dans la cité ? Comment susciter la réflexion chez le plus grand nombre ? Le concept propre à la démarche philosophique souvent par trop aride ne demeure t-il pas stérile dans son acharnement opiniâtre à vouloir faire cavalier seul ? La rigidité froide du logos comme raison ne risque t-elle pas dans sa démarche et son effort à se départir du cœur, à un écœurement collectif irrévocable et décisif ?
Ne peut-on proposer une forme de philosopher qui sache concilier la cœur et la raison ? L'émotion et le concept ? La vie et la pensée ?
Peut-on rapprocher la subjectivité incarnée et singulière du Je abstrait et impersonnel de la rationalité ? Est-il possible de faire s'allier la puissance d'abstraction du concept avec la sensibilité d'une expérience particulière ?
Le roman philosophique dans sa prétention à concilier ressenti et réflexion tente d'y parvenir
en faisant d'une fiction la source d'un questionnement individuel tant sur notre condition humaine que sur nos grands problèmes contemporains. Mais y parvient-il réellement ? Et le cas échéant comment procède t-il pour faire s'articuler ces réalités a priori bien distinctes voire opposées que sont le rationnel par le concept d'avec l'affect par le sentiment ou l'émotion, le singulier et le général, la distance réflexive au monde et l'expérience de sa proximité ?
Nous partirons d'une étude expérimentée à travers un roman philosophique proposé au cours d’ ateliers philosophiques ou lors de notre café philo. L'analyse viendra également se nourrir des différents témoignages recueillis suite à un questionnaire soumis à plusieurs lecteurs.

I) Le Je de la raison et le je affectif : une étroite collaboration ?

Comment permettre une réflexion philosophique à travers le roman ? Comment provoquer un questionnement fondamental à travers un récit de fiction ? En quoi le récit d'une fiction peut-il aller jusqu'à faire s'interroger philosophiquement le lecteur sur sa propre réalité ?

Le roman philosophique que nous proposons œuvre à ce que le lecteur se pose des questions fondamentales tant sur sa condition de personne vivant au XXI siècle que sur la condition humaine en générale. A cette fin, il met en scène un jeune extra-terrestre épris de science, d'art et de philosophie qui découvre un jour une sonde humaine dans son jardin, le discours qui s’y joint et si empreint de sagesse philosophique qu’il décide de partir à la découverte de la petite planète bleue et des ses sages habitants. Un long voyage s'entreprend alors pour UDB-1 qui devra aussi traverser les temps et les civilisations pour braver les calculs d’ une force mystérieuse et malfaisante…

Le choix d'un personnage principal, la mise en œuvre d'une subjectivité singulière et réfléchissante aspire à susciter l'identification du lecteur. Mettre en scène un jeune extra-terrestre permet la distance réflexive et interpelle sur les us et coutumes non uniquement d'une culture donnée mais sur les comportements et la condition humaine dans son ensemble. De plus, le personnage concilie un intérêt tant logico-rationnel au monde qu'une approche émotionnelle et esthétique, on cherche donc à permettre une identification tant affective que rationnelle.
Cependant, y parvient-on ? Quelle sorte d'identification le roman philosophique va t-il réellement provoquer ? Peut-elle être multiple ou rivée à un seul personnage ? Est-elle d'abord d'ordre rationnelle ou affective ? La question est posée au lecteur.


Dans l'enquête aux lecteurs, la réponse est récurrente, l'identification à UDB-1, le personnage principal, se fait tant sur le plan rationnel que sur le plan affectif. On demande encore aux lecteurs si les passages d'identification affective apparaissent indépendamment des moments de réflexion philosophiques ou parviennent à s'articuler en même temps ?
Les différentes réponses semblent concourir pour l’articulation des deux. Le lecteur est encore sollicité à choisir les extraits qui selon lui ont été les plus manifestes à faire s'opérer cette étroite collaboration.
Nous en avons retenu deux pour l'étude. On demandera au lecteur de l'article ici présent de demeurer attentif à l'un comme à l'autre pour la bonne compréhension de l'analyse, les deux extraits faisant valoir des caractéristiques différentes. Le présent lecteur est aussi sollicité pour l'expérimentation.

Dans ce premier extrait étudié, UDB-1, le personnage principal, après un périlleux voyage dans le temps, se retrouve au royaume du Benin au XIIIe siècle, une maladresse imprudente à provoqué contre lui les foudres de l'Oba, roi du royaume qui pour vengeance, le condamne à la «chambre des ombres», chambre où lors de la lune noire, se rallient les ombres et les esprits les plus redoutables pour rendre culte au Dieu Serpent et préparer les sorts les plus malfaisants. Quiconque, mortel ou demi-dieux ose les offenser de sa présence est voué à un sort de tortures et de damnation que même le repos de la mort ne pourrait venir délivrer.
« Si tu parviens-lui dit l'Oba- à te dissimuler à eux, nous te retrouverons le lendemain comme la veille, mais si tu échoues, seule ton enveloppe terrestre demeurera alors que ton esprit sera livré et enchaîné aux plus terribles supplices ». Udb-1 est alors conduit les yeux bandés à la chambre des ombres.
Attachons-nous désormais à l'extrait de notre analyse auquel il nous faut demeurer attentif notamment pour y découvrir en quoi les moments philosophiques parviennent à s'articuler avec les moments émotionnels ou affectifs. La question au lecteur étant aussi la suivante, avez-vous trouvé un juste équilibre entre logos pour la raison et engagement émotif ou l'un vous a t-il semblé prendre le pas sur l'autre ?

« Bientôt ses pieds étaient retenus par une terre argileuse dont l’attraction persistante pouvait faire croire à des mains sorties du gouffre terrestre agrippant les voyageurs téméraires. De larges feuilles aux contours piquants fouettaient son buste et son visage jusqu’à la brûlure. Au loin perçaient les cris d’oiseaux et de singes pareils à de funestes ricanements. Bientôt plus rien ne paraissait si naturel à UDB-1 « cette impression est-elle l’effet de mon imagination courant sous mon bandeau ou cette nature est-elle réellement traversée de forces néfastes qu’il me semble lui entendre, on croirait la terre vivante et les animaux humains ! Ce ne sont peut-être que des illusions ? Si l’Oba ne m’avait conté toute cette histoire d’ombres et d’esprits maléfiques, j’entendrais probablement la nature telle qu’elle se donne d’accoutumé ! Serais-je victime de mes représentations ? Et pourtant ! Pourtant tout cela semble si vrai a mes oreilles, si palpable à mes pieds, si aigüe à mon intuition ! Quelle est donc la limite entre mon imagination et la réalité ? Peut-être n’est-ce que le fruit de mes angoisses ! C’est étrange, plutôt que de provoquer des images qui me rassurent pour m’engager à braver le danger, mon imagination part dans tous les sens et m’affole en mille et une craintes et confusions ! A l’inverse des animaux qui instinctivement se détournent de leur prédateur, l’homme lorsqu’il se laisse dominer par ses fantasmagories se place bien en dessous de l'animal jusqu'à risquer sa propre perte! L’imagination devient pour lui le premier prédateur qui soit ! ».
Ce faisant alors qu’il cheminait dans les méandres de sa réflexion, il sentit la pente diminuer au terme de laquelle il fût sommé de s’arrêter. Un bruit de clés entrechoquées brisa l’atmosphère devenue muette et stérile... » .

La grande majorité des lecteurs interrogés discerne dans ce passage une empathie éprouvée pour UDB-1 quant à sa situation angoissante, certain vont jusqu'à s'imaginer avoir eux même les yeux bandés. Il y a donc une identification opérée au personnage principal bien qu'elle soit d intensité variable selon les lecteurs. Cet engagement empathique pour le personnage n'en perturbe pas moins la réflexion dans un questionnement philosophique. Bien au contraire, elle semble en constituer la condition de possibilité car selon les lecteurs, c'est parce-que le personnage principal s'inscrit dans cette situation angoissante et déstabilisante qu'il y a ici intérêt à se questionner philosophiquement sur le pouvoir et la force de l'imagination.
L'expérience affective et « la mise en situation » seraient donc des tremplins à la pensée philosophique. Mais comment cela est-il possible ? On affirme bien souvent que l'affect fait obstacle à une réflexion véritable en tant qu'il engage souvent l'individu dans un tourbillon émotionnel l'enracinant dans le présent et faisant rempart à toute distanciation réflexive. Des lors, comment comprendre qu'un sentiment ou une émotion soit à l'origine d'un questionnement ou d'un raisonnement philosophique ?
On observe bien souvent qu'une expérience affective, heureuse ou malheureuse, occasionne chez l'individu une tendance à s'interroger sur le pourquoi de cette expérience, à en rechercher le sens, à trouver un ordre dans le désordre. Cette quête se voit souvent motivée par un souci de maîtrise du réel ou pour s'éviter l'angoisse de l'absurde.
Cependant cette exigence intervient le plus souvent après le vécu du sentiment ou de l'émotion qui en est à l'œuvre, ce que ne semble pas ici exercer le roman philosophique.

A l'analyse de cet extrait, on remarque que le personnage principal bien qu'il s'interroge philosophiquement sur ses impressions n'en prend pourtant pas le temps du recul. On pourrait cependant objecter qu'il s'agit ici non du temps réel mais de celui du roman où la durée des événements s'en trouve généralement écourtée ou étendue. Ce qui constitue aussi le propre du genre. Mais là n'est pas le propos.
Ici, il importe bien plutôt de constater que le lecteur, quoiqu'il s'identifie au personnage dans une durée affective, fait également fi de la distance temporelle nécessaire d'entre le moment de l'émotion et le moment de la réflexion. Bien que vivant les mêmes émotions ou sentiments qu'UDB-1, il parvient autant que le personnage principal à presque aussitôt y réfléchir. Cependant, eu égard aux considérations précédentes sur l'importance d'une distance à prendre dans le temps sur l'émotion permettant d'ouvrir à la réflexion, comment cela peut-il s’expliquer ?
L’explication vraisemblable consisterait en ce que malgré une identification au personnage principal, il y a beaucoup moins de charge affective pour le lecteur à vivre ce que vit UDB-1. L'identification du lecteur au personnage et ses émotions n'est donc pas totale et inconditionnelle. On retrouve par ailleurs le même constat pour tout type de roman; le lecteur fait certes expérience des émotions et sentiments du personnage mais toujours dans la conscience de cette distance presque naturellement instaurée qui est celle de la fiction. Cependant en quoi cela peut-il nous apporter dans cette réflexion sur la contribution du roman philosophique à pouvoir faire s'articuler sentiment et réflexion ?

Nous l'avons vu, si l'implication affective est trop grande, elle fait mur à toute distance réflexive. La vertu du roman philosophique consiste en ce qu'il opère un dosage équilibré entre affection et réflexion. La part affective dans laquelle s'investit le lecteur n'étant pas celle d'une identification émotionnelle totale, connu qu'il s'agit d'une fiction, permet presque aussitôt la distance nécessaire à l'amorçage d' un questionnement philosophique.
Ainsi, loin d'une réflexion asséchée de l'existence, telle que bien souvent le concept seul nous la propose, le roman philosophique introduit à un ressenti affectif pour d'autant mieux faire retentir la question.
Le roman philosophique, quoique fictif, n'est-il pas dés lors plus à même d'initier à une réflexion sur l'existence dans le pas qu'il propose d'emboîter à l'affectivité ? Et à travers une subjectivité singulière dans une d'identification faisant écho à toutes les autres, n'invite t-il pas d'autant mieux à une réflexion sur notre condition humaine ?

II) Une double maïeutique : de la question explicite à la question implicite.

Toujours au travers de cet extrait, il est encore à noter une particularité du roman philosophique; les questions que se posent le personnage principal sont explicites. Udb-1, n'induit pas la question sur l'imagination mais la formule directement. Autrement dit, un itinéraire réflexif est proposé au lecteur, le plus souvent sous forme de pensée interrogative.
Mais doit-on considérer cette démarche comme vice ou vertu ? N'y a t-il pas plus de pédagogie et de philosophie à laisser le lecteur faire totalement travail et trouver ses propres questions ?
En réponse, on pourrait objecter que si on considère la philosophie comme une maïeutique, c'est-à-dire comme l'art de faire accoucher la réflexion ou les idées, ne devient-il pas nécessaire de mettre à l'œuvre la question ainsi que procédait Socrate tant pour faire grossir que pour accoucher d'idées son interlocuteur ? Le travail du lecteur ne doit-il pas s'accompagner d'un guide pour s'éviter le dogmatisme et ses enfantements monstrueux ?

Cependant, la question demeure t-elle la seule forme adéquate qui dans le roman philosophique semble la plus à même de susciter la réflexion ?

Soyons pour cela attentif au second extrait sélectionné par les lecteurs comme moment le plus évident à concilier émotion et réflexion mais également comme réconciliation entre expérience singulière et réflexion générale sur la condition humaine. Nous avons délibérément choisi un extrait conséquent afin que le lecteur s'imprègne au plus du texte avant toute analyse. Il comprendra que cet article se veut à son tour quelque peu expérimental. Dans ce passage, UDB-1 traverse des fonds abyssaux.

« Cependant, alors qu'il traversait un endroit désert, sa pensée s'interrompit subitement; n'ayant plus matière à s'accrocher à la chaine logique d'une quelconque spéculation. Il sentit soudain une profonde angoisse l'envahir, despotique, opprimant sa poitrine dans une terrible sensation d'étouffement. La raison en était ce silence, un silence de plomb et de mort. Aucun bruit ne venait contrarier ces fonds sinistres et sourds. La vie paraissait s'être arrêtée, entraînée toujours plus vers les fonds obscurs et putrides de la mort.
Sa respiration rapide et haletante d'angoisse tonnait comme les derniers tambours d'un condamné à mort emporté dans ce linceul fluide et mortuaire. Dans ces fonds perdus, il ne s'était jamais senti aussi petit, un microorganisme balloté dans l'infini, une fibre de poussière que personne ne pourrait venir secourir. Sa respiration se faisait de plus en plus difficile, pris d'étourdissements, il se sentit bientôt complètement défaillir dominé par l'angoisse, prédatrice indomptable. Pourtant, il ne pouvait se résoudre à remonter à la surface, quelques mètres encore et il tiendrait le bouclier des vents !
Dans un ultime effort, résolut à poursuivre, il fut arrêté par un spectacle éblouissant. Devant lui, de mystérieuses ombrelles transparentes et lumineuses glissaient dans un ballet éthéré et gracieux il s'oublia un long moment, captivé par cette grâce harmonieuse, elles glissaient avec tant de légèreté et d'aisance qu'elles paraissaient s'être affranchie de leur élément. L'eau ne semblait plus avoir aucune prise sur leur corps transparents et subtils qu'on pouvait croire nés d'une immatérialité pure.
Bientôt il voulut les rejoindre, se fondre dans cette danse immatérielle animée d'une profonde quiétude, d'une totale sérénité. Il se dirigeait vers elles quant subitement l'alarme fût donnée sur ces lunettes, le processus de reconnaissance des formes vitales inscrivait « Danger mortel, groupes de méduses Atolla »
Reprenant immédiatement ses esprits, il s'arrêta aussitôt «Danger mortel !» – s'exclama t-il derrière son masque- Comme c'est inattendu pour des créatures si gracieuses ! Quoique, tout bien considéré, cela n'a rien d'étonnant- poursuivit-il songeur- elles paraissent si fragiles que leur système de défense doit en être que plus redoutable à qui s'en approcherait de trop prés ! Enfin elles auront au moins eu pour vertu de me libérer de cette affreuse angoisse, un véritable pharmacum de beauté ! Et puis, je devrais me méfier un peu plus à l'avenir, dans ce monde, rien ne semble coller aux apparences ! ».


On notera que cet extrait ne comporte aucun questionnement philosophique explicite. Cependant à la question posée aux lecteurs «Ce passage suscite t-il pour vous une quelconque réflexion ? Laquelle ?»
La réponse des lecteurs la plus récurrente est qu'il y a bien réflexion notamment sur le rapport de notre finitude à l'univers infini, donc sur la fragilité de notre condition. L'expérience singulière d'Udb-1 en ces fonds abyssaux invite à des considérations sur la condition humaine.
Il apparaît encore que ce qui conditionne une telle réflexion est la mise en situation du personnage, inscrit dans une expérience sensible. Le sensible est donc tremplin à l'intelligible, l'émotion à la réflexion.
Ainsi, à l'instar du mythe comme le précise Michel Tozzi dans l'une de ses études , le roman philosophique dispose d'une source implicite de questions essentielles sur la condition humaine. Partant d'une condition et d'une subjectivité singulière il rend plus accessible la réflexion. Cependant, il dispose encore d'un atout supplémentaire par rapport au mythe en ce qu'il peut également interroger sur les expériences de son époque. Il inscrit ainsi le questionnement dans une expérience temporelle.


Prenons pour l'occasion un dernier exemple où le jeune Ourian UDB-1, est arrêté par la police, avec ses compagnons d'infortune, Mous et Mamadou. L'action se déroule en France, à notre époque.

« Tout de même, ils pourraient nous accueillir autrement !- se fit réfléxion Udb-1- C’est peut-être qu’en nous trouvant, comme ça, à marcher en pleine nuit, ils pensent que nous sommes des ennemis de l’ordre de la justice et de la paix ? Ca doit certainement être ça ! ; il s’agit juste de les rassurer !».
Enthousiaste et confiant, il tenta de prendre la parole. «Apaisez-vous ! Ne craignez rien, nous sommes avec vous, nous aussi nous défendons les valeurs d’ordre, de paix et de justice ! ».
Mous le fixa ahuri, figé dans une expression lui faisant signe de se taire.
«Mais qu’est-ce que tu racontes, tu te fous de notre gueule ou quoi ! Joue pas au p’tit malin avec nous ! -répliqua l'un des policier- Et qu’est-ce que vous foutez là ? En pleine nuit ? » Demanda t-il encore.
« Euh... on revient de boîte », répliqua Mous à court d’arguments.
« Ah oui ? Tu m’en diras tant ! Toi là, le beau parleur ?-Dit le policier s'adressant à UDB1- t’as tes papiers ? »
« Oui bien sûr ! répondit le jeune Ourian qui ne comprenant pas exactement le sens de la requête, chercha à trouver un papier vierge dans son sac. « Tenez en un voilà un ! » fit-il d’un sourire soulagé.
« Tu te fous vraiment de notre gueule pt’it con ! Allez hop ! On vous embarque et ramassez moi celui là avec vous ! fit-il désignant Mamadou d’un geste expéditif. » »

Dans ce court extrait, le personnage principal est impliqué dans notre époque et aux questions qui peuvent y avoir trait. C'est en ce sens que le roman philosophique apporte une dimension supplémentaire au mythe dés lors qu'il peut inscrire la réflexion au sein même de notre époque.

Ainsi, à travers l'enracinement d'une subjectivité singulière, le roman philosophique semble parvenir à réconcilier sensible et intelligible. Le sujet qui questionne n'est plus le sujet froid et impersonnel de la démonstration rationnelle ou de l'argumentation rigoureuse. Car à trop vouloir évacuer l'individu singulier, le sujet sentant et ressentant, l'idéal ascétique du logos et du concept n'en vient-il pas à évincer les questions les plus représentatives de notre condition ?

Message modifié par: Alexandra, à: 15/06/2010 12:03

Message modifié par: Alexandra, à: 02/08/2010 12:15

Message modifié par: Alexandra, à: 02/08/2010 12:15
  | | _VIEW_DISABLED
Re:Article sur le roman philosohique en questions? - _TuePMCESTECEST1JulE Bonjour Alexandra,

J'apprécie aussi beaucoup cet article. La philosophie doit être partagée et le roman philosophique est une très bonne initiative parcequ'il combine les sentiments et le questionnement.
Les extraits de votre roman démontre encore une réèlle qualité d'écriture. Faites nous savoir quand il sera publié!
Bonne continuation,
Michel
  | | _VIEW_DISABLED
Re:Article sur le roman philosohique en questions? - _WedAMCESTECEST1JulE Enfin ma réaction, un peu tardive, à l’interrogation d’Alexandra.
L’identification au personnage romanesque passe classiquement par l’affectif, et elle est inconsciente, on peut même dire que l’écriture littéraire manipule son lecteur et que celui-ci en jouit, qu’il est consentant... L’irruption de la réflexion intellectuelle brise donc ce processus littéraire, processus qui n’est pas « sans sujet », loin de là !, mais qui échappe à la maîtrise du lecteur.
Y a-t-il identification intellectuelle possible à un personnage ? Bien sûr, mais elle est d'une autre nature, je pense qu’on sort du processus romanesque dès lors qu’on commence à penser (je veux dire, avec une conscience réflexive). Le genre romanesque étant le moins défini des genres, il permet tout, alors pourquoi pas ? on est toujours dans un roman. Mais le « roman philosophique » pose une hiérarchie entre le philosophique et le littéraire : la finalité du roman est la réflexion philosophique, et le littéraire est au service de la philo pour la faire passer d’une manière plus plaisante et efficace.
A moins qu’il y ait des implications philosophiques au fait d’exposer les idées philosophiques d’une manière littéraire ?... Alors l’écriture littéraire se trouverait partie prenante, et au même niveau, dans le travail philosophique. Mais cela doit aller plus loin que simplement partir du subjectif individuel (traitement littéraire) pour accéder au général (niveau philo) ce qui fait toujours hiérarchie.
Le grand art de Flaubert était de faire sentir l’ennui sans le nommer, simplement par le style. Il en a fait un roman entier ! Mais est-ce possible avec des idées philosophiques ? Alors on ne parle plus de roman philosophique mais de philosophie dans le roman, plus ou moins intentionnelle et consciente de la part de l’auteur. Et la hiérarchie s'inverse : "le littéraire" est aussi philosophique (ce qui bien sûr suppose qu'il ait la qualité nécessaire), c'est la même chose pour les oeuvres d'art.

Message modifié par: Alain, à: 14/07/2010 01:10
  | | _VIEW_DISABLED

Inscription

Votre inscription vous donnera un accès en écriture aux forums de discussion.






Mot de passe oublié ?
Pas encore de compte ?
S'inscrire

Qui est connecté

Il y a actuellement 1 invité en ligne

Lettre d'information

Recevez par courriel la lettre d'information hebdomadaire. Vous avez la possibilité de vous désabonner à tout moment.




personnes ont visité ce site.